HAL Id: hal-00895912
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00895912
Submitted on 1 Jan 1990
HAL is a multi-disciplinary open access
archive for the deposit and dissemination of
sci-entific research documents, whether they are
pub-lished or not. The documents may come from
teaching and research institutions in France or
abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est
destinée au dépôt et à la diffusion de documents
scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
émanant des établissements d’enseignement et de
recherche français ou étrangers, des laboratoires
publics ou privés.
Production laitière et fonctionnement des exploitations :
facteurs de variations dans les exploitations du Pays de
Thônes (Haute-Savoie) (1)
J.B. Coulon, D. Roybin, B. Cristofini
To cite this version:
J.B. COULON, D. ROYBIN*
B. CRISTOFINI*
INRA
Laboratoire de la Lactation
et de
l’Elevage
des RuminantsTheix,
63122Saint-Genès-Champanelle
* INRA-SAD Route deSaint-Cyr
78000 VersaillesProduction laitière
et
fonctionnement
des
exploitations :
facteurs de
variations
dans
les
exploitations
du
Pays
de Thônes
(Haute-Savoie)
(1)
Les
exploitations
laitières du
Pays
de
Thônes
sont
homogènes lorsque
l’on
considère les
animaux
et
les
fourrages
utilisés. Elles diffèrent
cependant
les
unesdes
autres par
leur
structure
(taille,
main
d’oeuvre,
système
fourrager...)
et
leur fonctionnement.
L’objectif
de
cette
étude
est
de
préciser
si
unetypologie
basée
sur cesvariables
permet
ou nond’expliquer
les
différences,
importantes,
de
performances techniques
des
troupeaux.
La
production
des vaches laitières varie enfonction de facteurs liés à l’animal
(type
généti-que,
âge,
étatsanitaire...)
ou au milieu(climat,
alimentation...)
qui
ont été trèslargement
étu-diés de manière
expérimentale.
Au niveau del’exploitation,
ces facteurs sontcependant
aussisous la
dépendance
de contraintesplus
glo-bales,
subies ou voulues parl’éleveur,
liées à lastructure de
l’exploitation,
à des critèresécono-miques
oupsychologiques...
Ces contraintespeuvent
représenter
des freins à l’amélioration desperformances
par l’effet de certains des fac-teurs deproduction
directs citésprécédem-ment. Il est donc
important
depréciser
dansquels
cas ces contraintes de structure ou defonctionnement sont effectivement limitantes.
C’est
l’objectif
de cetteétude,
réalisée àpartir
de
l’exemple particulier
desexploitations
lai-tières duPays
de Thônes. Eneffet,
celles-ci ontfait
l’objet d’analyses
détaillées(Roybin
etCris-tofini
1985)
qui
ontpermis
de mettre enévi-dence les
principales caractéristiques
de leur fonctionnement. Ondisposait
donc de données nombreuses etorganisées qui
ont été enrichiespar une
enquête
complémentaire
axéeprincipa-lement sur la conduite des animaux et leurs
performances. L’objectif
de ce travail a donc été :1 / dans un
premier
temps de décrire les varia-tions de laproduction
laitière en fonction del’ensemble des
renseignements
disponibles
d’après
lesenquêtes
effectuées et de mettre enévidence des facteurs
techniques
discriminantspour la
production
laitière,
2
/ dans
un secondtemps,
d’analyser
ces varia-tions, ens’appuyant
sur unetypologie
defonc-tionnement des
exploitations proposée
parRoy-bin et Cristofini
(1985).
1
/ Conduite de
l’étude
1.
1
/
Origine
des données
67
exploitations
laitières duPays
deThônes,
adhérentes au Contrôle Laitier etdisposant
detroupeaux de 4 à 80 vaches
(29
enmoyenne)
ont fait
l’objet
de cette étude. Ce canton estcaractérisé par une altitude variant de 600 à
1800 m
(le
siège
desexploitations
se situant(1) Etude réalisée dans le cadre du Programme de
Recherche-Développement des Alpes du Nord.
Résumé
________________________La
production
laitière(kg/vache/an)
de 67exploitations
duPays
de Thônes adhérentes au Contrôle Laitier a étéanalysée.
Cesexploitations
avaient faitl’ob-jet
d’une étudepréalable
détaillée de leurscaractéristiques,
aboutissant à unetypologie
de fonctionnement(12 types
différents).
Les variations de laproduc-tion laitière
(1 800
à 6 220kg/vache/an
selon lesexploitations)
n’ont pas été liéesà la structure des
exploitations (taille, système
fourrager)
mais à la maîtriseplus
ou moins
complète
des facteursgénétiques
et de conduite dutroupeau
(conduite
desvêlages,
alimentation hivernale etestivale).
Lesexploitations
lesplus
pro-ductivesprésentent
aussi une meilleure valorisationéconomique
dulait,
liée enpartie
à une meilleurequalité
desfromages produits.
Lorsque
l’onanalyse
lesdifférences de
production
laitière entre les différentstypes
d’exploitations,
et à l’intérieur desprincipaux
types, ons’aperçoit qu’il
existe des fonctionnements : 1 /plus
favorables que d’autres àl’expression
de cetteproduction,
2 / dansles-quels
iln’y
a pas cohérence entre les 2principaux
facteurs d’amélioration(géné-tique
etalimentation)
de cetteproduction,
3 / pourlesquels
laprise
encompte
de ces seuls facteurs s’avère
inopérante
pourcomprendre
les variations de laproduction
laitière. Parailleurs,
tous lestypes
d’exploitations
neprésentent
pasles mêmes marges de
progrès.
Ces résultats sont discutés en fonction de laentre 600 et 1 300 m, et les
alpages
au-dessus),
l’importance
des pentes dans les surfacesagri-coles et une
pluviométrie
annuelle élevée(1 700 mm).
L’activitétouristique
y est trèsdéveloppée
et fournit un débouchéimportant
auxproduits agricoles
dont leprincipal
est lefromage
Reblochon. Lamajorité
desexploita-tions sont en effet à vocation laitière et
valori-sent leur
production
par la transformation(très
souvent
fermière)
du lait enfromage.
Laquasi-totalité des vaches est de race Abondance. Sur
chacune de ces
exploitations,
des donnéesrela-tives :
1 / à la structure de
l’exploitation,
2 / à la conduite dusystème
fourrager
et del’alpage,
3 / aux
caractéristiques
du troupeau,4 / à l’alimentation hivernale et estivale des
ani-maux,
5 / à la fabrication et à la valorisation du
fro-mage,
ont été recueillies au cours d’une
enquête
réali-sée au
printemps
1987 et concernant l’année1986.
1.
2
/
Analyse
des
données
L’analyse
de ces données a été réalisée àplu-sieurs niveaux :
Dans un
premier temps,
on a cherché à met-tre en évidence lesprincipaux
facteurs de varia-tion de laproduction
laitière. Pourcela,
on aréalisé une
analyse
factorielle descorrespon-dances
(AFC)
sur les 67exploitations
et les dif-férentes variablesprécisées
en annexe 1. Laproduction
laitière moyenne par vache au coursde la campagne 85-86
(variable
àexpliquer)
aété introduite en variable
supplémentaire
danscette
analyse.
Nous avons ainsi pu mettre enévidence des situations
(définies
par desasso-ciations de
facteurs)
favorables ou défavorablesà la
production
laitière. On a alors étudiéplus
précisément
lesexploitations
lesplus
représen-tatives de ces associations de facteurs. Elles ont
été choisies à
partir
de leurposition,
laplus
Dans un second
temps,
les variations de laproduction
laitière ont été étudiées dans le cadre de latypologie proposée
parRoybin
etCristofini
(1985),
basée sur la notion defonc-tionnement
d’exploitation.
Le fonctionnement traduit ici un niveaud’organisation
desdiffé-rents facteurs de
l’exploitation (pratiques,
structures,fonctions,
mécanismes)
et un étatd’équilibre
assez stable dans le temps, maisrelatif et
susceptible
d’évolution à moyen etlong
terme(Cristofini 1985).
Latypologie
estconstruite à
partir
d’unjeu
d’axes traduisant dans ce casprécis l’augmentation
des intransdans
l’exploitation
(aliments
concentrés,engrais)
et l’intensificationprogressive
dusys-tème
fourrager ;
elleorganise
les différentsfonctionnements rencontrés dans une
région
sur une
diagonale générale
du tableau étiréeentre 2
pôles :
lepôle
A1B1,traditionnel,
carac-térisé par des
exploitations
assezautarciques
etextensives ; le
pôle
A7B7, intensif et novateurdans les
pratiques
mises en oeuvre(figure
1).
Cette
diagonale
se scinde en 2 filièresd’évolu-tion des
exploitations :
filière A :logique
de forte croissance des effectifs de troupeau(avec
des achats de foin dans unpremier
temps)
etde
spécialisation
desproduits
élaborés ;
filièreB :
logique
d’autosuffisancefourragère
(limitant
la taille dutroupeau)
et de diversification desproduits
et des activités(vente
directe,
travailen station
...). Une
présentation rapide
de cettetypologie
est faite en annexe 2. Sur 7fonction-nements différents de cette
typologie
(figure
1)
nous avons d’abord observé les variations de la
production
laitière d’untype
à l’autre et ensuiteanalysé
les variations de cetteproduction
àl’in-térieur de chacun des
types
les mieuxreprésen-tés.
2
/
Résultats
En moyenne la
production
laitière par vache et par lactation a été de 4 120kg.
Elle acepen-dant été très variable d’une
exploitation
àl’au-tre
(de
1 800 à 6 220kg).
Les tauxbutyreux
etprotéique
du lait ont été en moyenne de36,4
g/kg
et 31,4g/kg,
et le taux de cellules de178 000/ml.
L’analyse
détaillée des variationsde ces taux et de leur évolution au cours de
l’année a été
présentée
par ailleurs(Coulon
etal
1988).
2.i
/
Analyse
des différences
de
production
laitière
entre
les
exploitations
Le
premier
axe de l’AFC caractériseprincipa-lement la structure des
exploitations
et leursys-tème
fourrager.
Il opposeschématiquement
(figure 2)
lesexploitations disposant
degrandes
surfaces fortement fertilisées enbas,
etautosuffisantes en
fourrages,
auxexploitations
de
petite taille,
sansfertilisation,
achetant laquasi
totalité de leur foin à l’extérieur etréali-sant un
déprimage
important
et une fauche trèsprécoce.
Cet axen’explique
cependant
pas lesvariations
de laproduction
laitière entreexploi-tations.
En
revanche,
les 2ème et 3ème axes de l’AFCpermettent
de mettre en évidence 2 associa-tions de facteurs(groupes)
discriminantes auregard
de laproduction
laitière(figure
3).
Lechoix d’un échantillon
d’exploitations
repré-sentatives de chacun de ces groupes(13
exploi-tations par
groupe)
nous apermis
d’analyser
endétail les
caractéristiques
de cesexploitations.
Les
exploitations
du groupe 1(production
laitière faible : 3 242kg/vache/an)
sont caracté-risées(tableau
1 etfigure 3)
essentiellement pardes
vêlages répartis
sur toutel’année,
unemaî-trise
approximative
de l’alimentation(faible
complémentation
de la ration debase,
complé-mentation minérale limitée à lapériode
hiver-nale,
peu ou pas de distribution de foin et deconcentré à
l’alpage,
peu ou pas de transitionentre l’hiver et
l’alpage),
une faible attentionportée
à lagénétique
et unaménagement
glo-bal des bâtiments
(y
compris
des locaux de fabrication dufromage)
médiocre. Celles dugroupe 2
(production
laitière élevée : 4 813kg/
vache/an)
pratiquent
desvêlages
d’automne,
maîtrisent bien l’alimentation hivernale et
esti-vale du
troupeau,
font un effortparticulier
surla sélection des animaux et
disposent
debâti-ments bien
aménagés.
Ces facteurs entraînentnon seulement des écarts
importants
depro-Les
productions
slaitières
individuelles
sont tles
plus
élevéesdans
les
exploitations
maîtrisant
bien
à
la
fois les facteursduction laitière mais aussi de richesse du lait
en
protéines (+
1,8g/kg
en fin d’hiver pour legroupe 2,
figure 4),
dequalité
desfromages
et de valorisationéconomique
du lait. Celle-ci estainsi
supérieure
de 44 centimes dans legroupe
2 (+
13%).
2.
2
/
Analyse
des différences
de
production
laitière
à
partir
de la
typologie
de fonctionnement
des
exploitations.
a / Difi‘’érences de
production
laitière
d’un
type
àl’autre
La
typologie (figure 1)
permetd’opposer
lestypes A3 et B5
(respectivement
4 652 et 4 626kg/vache)
auxtypes
A2 et B3/B4(res-pectivement
3 560 et 3 205kg/vache).
Lespre-miers recherchent clairement à améliorer leurs
produits,
tant par laproduction
laitière que parune excellente valorisation du
fromage ;
lesseconds tendent
plutôt
à limiter leurscharges
(peu
d’achat de concentré etd’engrais,
achat de foin bon marché enA2),
quitte
àcompromettre
la
production
laitière,
et sontpénalisés
sur lemarché par un
fromage
dequalité irrégulière.
Le fonctionnement A2 est celui
qui
échelonne leplus
lesvêlages
sur l’hiver et leprintemps
(figure 5),
cequi
conduit à uneproduction
lai-tière stable de décembre à
juillet.
La chute bru-tale deproduction
observée àpartir
d’août estsans doute à
rapprocher
dutype
d’alpage,
extensif,
caractéristique
de ce fonctionnementet des faibles apports de concentré au cours de
cette
période ;
les lactations devêlages
d’hiver et deprintemps
sont ainsi fortementpénali-sées. D’autre part, si les
pratiques
d’alimenta-tion hivernale et de sélection semblent
proches
de celles du fonctionnement A3, elles sont en
fait moins
performantes
(le
foin y est moins souvent distribué àvolonté,
le foin acheté estde moins bonne
qualité,
les animaux derenou-vellement sont achetés à moindre
prix).
La faible
production
laitière du fonctionne-ment B3B4(3
205kg/vache/an)
s’analyse
selon des mécanismes différents : laprincipale
diffi-culté de cesexploitations
est degérer
leurslac-tations, souvent débutées à l’automne et en
hiver,
sur depetites
structures foncières tout enproduisant
lamajorité
dufourrage
nécéssaire :le
chargement global
(vaches
laitières+
génisses/surface
totaledisponible)
est trèsélevé,
alors que l’intensificationfourragère
estfaible. Il en découle une forte concurrence
fauche-pâture
sur les surfaces : en débutd’été,
il y a une diminution des surfaces
pâturées
auprofit
de la surface de fauche enpremière
coupe, ce
qui
conduit à une baisseimportante
de la
production
laitière(figure 5) ;
puis,
en coursd’été,
il y a extension des zonespâturées
au détriment des surfaces fauchées en secondecoupe ; la part de
regain
dans la ration hiver-nale est donc faible et laproduction
laitièrehivernale peu élevée, d’autant
plus
que lacom-plémentation
en concentré est faible. Parcontre, ce fonctionnement
apparaît
mieux armédu
point
de vuegénétique :
l’inséminationarti-ficielle est
généralisée,
certainement parce queDes
exploitations
ayant
des fonctionnementsdifférents
peuvent
présenter
des
niveaux deproduction
très voisins.les étables traditionnelles excluent de fait
tau-reau et monte naturelle.
Les types A4, A5 et A7B7,
qui regroupent
près
de la moitié desexploitations, présentent
des résultats intermédiaires et très voisins(res-pectivement
4 009, 4 138 et 4 272kg/vache).
A4apparaît
clairementpénalisé
par une faiblecomplémentation
de la ration de base hivernaleet estivale. Les
vêlages
d’automnedominent,
mais contrairement au fonctionnement A3, ont
tendance à déborder sur l’hiver : en
présence
d’alpages
à très fortchargement
animal et enl’absence de surfaces de recours
importantes
dans la vallée
(entraînant
des descentesd’al-page
tardives),
lesagriculteurs
de A4 sont contraints à limiter leursvêlages
d’automne et d’été et à augmenter laproportion
d’animauxtaris en
septembre-octobre.
Lagénétique
est une autre faiblesse de cetype :
gros acheteur defourrage,
il s’estspécialisé
sur le lait et lefro-mage, et délaisse toute activité
d’élevage
degénisses.
Celles-ci sont achetées sur des critèresessentiellement
morphologiques.
A7B7pré-sente un
profil particulier
en étantperformant
dans les
pratiques
mises en oeuvre(système
fourrager,
conduite desvêlages,
alimentation,
génétique),
sans enexprimer
lepotentiel
laitier.Ceci
peut
être dû :1 / aux tarissements anormalement
longs (99 j
en
moyenne) provoqués
en fin deprintemps
pour restreindre l’effectif du
troupeau
laitierpendant
lapériode
de fenaison(disponibilité
de travail enmai-juin)
et pourdécharger
lessurfaces du bas
(mise
enalpage
des vachestaries),
),
2 / à l’avancement des
vêlages
enété,
cequi
permet de situer le minimum de
production
lai-tière
pendant
lapériode
defenaison,
mais peut être limitant pour laproduction
en début delactation,
notamment lors de la conduite sur lespâturages
d’août et d’octobre. Parailleurs,
la faible valorisation du lait observée dans cefonctionnement résulte de la substitution du reblochon par des
produits
peuexigeants
entravail
(tomme,
livraison delait),
maiségale-ment moins rémunérateurs.
Parmi les fonctionnements les
plus
produc-tifs,
l’analyse
de l’évolution de laproduction
laitière au cours de l’année met en évidence unpic
deprintemps
particulièrement
important
enB5
(+
2kg/j
entre mai etjuin,
figure 5),
mais inexistant en A3, alors que les stades delacta-tion sont
comparables.
Ceci est à relier à la conduiteparticulièrement
réfléchie destransi-tions alimentaires en B5
(note
laplus
élevée de latypologie)
lors de lapremière
mise à l’herbeet de
l’inalpage : plus
de 60 % desagriculteurs
de B5 distribuent du concentré ou de lapulpe
b / Différences de
production
àl’intérieur
de
chaque-type
A l’intérieur de
chaque
type, la variabilité de laproduction
laitière est faible en A2, A4 etA7B7
(écart-type
inférieur à 500kg),
moyenneen B5 et A3 mais
particulièrement
importante
en A5 et B3B4
(écart-type
de l’ordre de 800kg).
).
Dans ce dernier
type
(B3B4),
cette variabilité résulte de laprésence
detroupeaux
très peuproductifs
(3
troupeaux
inférieurs à 3 000kg/
vache/an).
Pour étudier les causes de cettevariabilité,
lestypes
suffisammentreprésentés
pour que l’on
puisse
isoler dessous-échantil-lons
d’exploitations
faibles ou fortesproduc-trices ont été
analysés
en détail. C’est le cas destypes A3, A4 et A5
(n=
14, 12 et13)
dansles-quels
nous avonscomparé
lescaractéristiques
des 4
exploitations
lesplus
productives (types
A3+, A4+ et
A5+ )
et des 4exploitations
lesmoins
productives (types
A3-, A4- etA5-).
Dans les
types
A3(4 656
± 610kg/vache)
etA5
(4 138
± 774kg/vache),
l’effortgénétique
etla maîtrise de l’alimentation
(part
deregain
dans la ration, distribution de concentré àl’al-page)
associés(A5)
ou non(A3)
à lapériode
devêlage (automne)
et à une certaineintensifica-tion du
système fourrager
(production
du foinen
A5)
caractérisent lesexploitations
lesplus
productives
(tableau 2).
Parailleurs,
l’utilisa-tion par A3 de
grands alpages
peu intensifiés(tableau
1)
entraîne des contraintessupplémen-taires pour la
production
laitière estivale : ainsiles
exploitations
les moinsproductives
de cefonctionnement sont
pénalisées
par desalpages
d’altitude élevée
(1 480 m
en A3- contre 1 260 m enA3+ )
et depotentiel fourrager
moindre,
et par un doublement destemps
dedéplacement
des animaux entre le sitepaturé
etle chalet
d’alpage (44
mn en A3- contre 21 mn en A3+ pour letrajet
leplus
long).
Lesexploi-tations les moins
productives
desfonctionne-ments A3 et A5
présentent
d’autre part des durées de tarissement très élevées(97 j
enA3-et
119 j
enA5-),
décidées par l’éleveur enA3-(évolution
de A2 vers A3 : manque deplace
dans les
étables,
et mise enplace
devêlages
d’automne)
ou subies en A5-(chute
deproduc-tion, mauvaise
appréciation
des dates devêlages).
La valorisation du lait est nettementsupérieure
dans lesexploitations
lesplus
pro-ductives(+
34centimes),
en liaison avec unemeilleure
qualité
de fabrication desfromages,
mais
également
avec une mise sur le marché auxpériodes
lesplus
favorables(automne
ethiver),
favorisée par lapolitique
devêlages
d’automne.Par contre, dans le fontionnement A4, le
plus
homogène
pour laproduction
laitière(4
009 +413
kg/vache/an),
ce sont d’abord les facteurs de structure et de fonctionnementqui
différen-cient les
exploitations
sur leurproductivité.
Dans ce
système,
les surfaces du bas sont fai-bles engénéral
et le foin est enmajorité
acheté.C’est la
période
estivalequi
devient donclimi-tante de la croissance des effectifs du troupeau,
et
implique
une intensification del’alpage.
Dans cette
logique d’organisation,
lesexploita-tions les
plus productives (4 428 kg/vache/an)
sont celles
qui
disposent
desplus
grands
alpages
leur permettant de rester dans deslimites de
chargement
«acceptables
(1,3
3vache/ha),
contrairement auxexploitations
lesmoins
productives (3
600kg/vache/an)
où la taille dutroupeau
sembledisproportionnée
relativement aux surfacesd’alpage
disponibles
(1,8 vache/ha), malgré
une lourdeintensifica-tion du
pâturage.
L’effortgénétique
estlégère-ment inférieur chez ces dernières
exploitations,
mais la maîtrise de l’alimentation y semble
meilleure
(tableau
2).
Dans cetype,
il est doncpro-Certaines
exploitations
présentent
undéséquilibre
entre la maîtrise des facteursgénétiques (bonne)
etalimentaires
(faible).
ductives soient limitées par la
production
àl’al-page, et que les
plus productives
n’extériorisent pas leurpotentiel
faute d’effort suffisant surl’alimentation hivernale et estivale. Ainsi,
parmi
lessous-types
lesplus productifs,
A4+est celui
qui
distribue le moins de concentré aupâturage
alors mêmequ’il
pratique
descharge-ments animaux
plus
élevésqu’en
A3+ et A5+ ;en
conséquence,
laproduction
moyenne nevarie pas d’août à octobre
(13,2
kg/j)
alors que le mois moyen de lactation passe dans le mêmetemps de 6,4 à 4,7.
Pour confirmer ces résultats et compte-tenu
de l’influence
conjointe
de lagénétique
et de l’alimentation sur laproductivité (mise
enévi-dence dans la
première partie
de cetravail),
nous avons cherché à élaborer un indexsynthé-tique,
construit en faisant la somme1)
d’unenote
génetique
variant de 1 à 9 etintégrant
les critères de sélection des femelles et de choix des taureaux et le pourcentage d’inséminationartificielle,
et2)
d’une note alimentaire variantde 1 à 11 et
intégrant
la part deregain
dans la ration, lacomplémentation
de la ration de base,le rationnement minéral et
vitaminique,
lamaî-trise des
périodes
de transition et ladistribu-tion de foin et de concentré à
l’alpage.
Sur l’ensemble des
exploitations,
on observe une bonne relation entre cet index(qui
varie de6 à
19)
et laproduction
laitière : celle-ci aug-mente d’environ 100kg
parpoint
supplémen-taire d’index(figure 6).
L’influence de cet indexsur la
production
laitière estcependant
diffé-rente d’untype
d’exploitation
à l’autre : elle estimportante
dans les types A3, A5 et B5(+
110kg
parpoint
d’indexsupplémentaire),
et faible et nonsignificative
dans les types A2,A7B7 et A4
(figure
7).
Sous réserve que l’index élaboré soitpertinent,
ceci confirme que danscertains types, ce ne sont pas les facteurs
géné-tiques
et alimentairesqui
sontprédominants
pour la
production
laitière.Le type B3B4 est
particulier :
il est caractérisépar une note
génétique
élevée(6,4/9)
mais unenote alimentaire très faible
(3,9/11).
Le poten-tielgénétique
n’est ainsi pas extériorisé et laproduction
laitière est très faible(3
205kg/
vache enmoyenne).
Discussion
Cette étude montre que,
malgré
descondi-tions de milieu relativement
homogène (zone
géographique
limitée,
animaux d’une seule race, ration à base defoin,
valorisation du lait par laproduction
defromage),
lesexploitations
laitièresprésentent
des différences trèsimpor-tantes tant dans leur fonctionnement que dans
leur
productivité.
Lorsque
l’on considère l’ensemble desfac-teurs et contraintes intervenant sur ces
exploi-tations, on
s’aperçoit
que ce ne sont pas lesfac-teurs
qui
expliquent
le mieux la variabilité deces
exploitations (facteurs
de structure et defonctionnement, qui
sont à la base de latypolo-gie
proposée)
qui
expliquent
le mieux la pro-ductivité des animaux. Les différentes sapproches
réalisées(hors typologie
ou intratypologie)
montrent clairement que cette pro-ductivité est d’abord liée à l’effortgénétique
età la maîtrise de
l’alimentation,
ainsi que d’unemanière
plus globale
à lapériode
devêlage.
Cedernier facteur n’est pas un facteur direct de la
production
laitière ;
ilintègre
en fait tout unesérie de facteurs de maîtrise de la conduite du
troupeau et vraisemblablement de
l’alimenta-tion. Ce résultat confirme les observations faites dans la
région
(Coulon
et al1988)
oudans d’autres situations
(Chauhan
et Hill 1986 ;Contrôle laitier 1989 ;
Agabriel
et al1990)
et montrant l’intérêt desvêlages
d’automne sur laproduction
laitière. Ces résultats tendent doncà montrer que, dans une certaine mesure, les
contraintes de fonctionnement et de structure
ne sont pas les
premiers
facteurs limitants desperformances techniques,
et confirment les observationsdéjà
faites dans ce sens, enpro-duction laitière
(Dobremez
et al 1989 et1990)
ou en
production
de viande(Liénard,
commu-nication
personnelle).
Au-delà de ce
premier résultat,
l’intérêt decette étude a été de
dépasser
ce constatglobal
et moyen pour raisonnerplus
finement lesmécanismes de variation de la
production
lai-tière au sein des fonctionnements
d’exploita-tion. Cette
approche,
qui
avaitdéjà
été utiliséepour
analyser
la formation des résultatsécono-miques
desexploitations (Roybin 1987),
permeten effet
d’exprimer
les effetsspécifiques
dufonctionnement sur les
pratiques
d’élevage.
Elle met en lumière les « canaux
d’adaptation
»propres à
chaque
type de fonctionnement parlesquels
vonts’exprimer
lesprincipes
actifs et les effets des loisgénérales
de lagénétique
etde l’alimentation.
Les relations obtenues entre l’index
synthéti-que
(génétique
+alimentation)
et laproduction
laitière,
différentes d’un type àl’autre,
mon-trent
qu’il
existe des fonctionnements :1 /
plus
favorables àl’expression
de cettepro-duction
(A3,
A5 etB5)
qued’autres,
2 / dans
lesquels
iln’y
a pas cohérence entre les 2principaux
facteurs d’amélioration de la pro-duction(B3B4),
3 / pour
lesquels
des facteursexplicatifs
sim-ples
liés à l’alimentation et à lagénétique
s’avè-rent
inopérants
pourcomprendre
les variationsde
production
laitière(A2,
A4 etA7B7).
Pources
derniers,
il semble nécessaire deprendre
encompte
des mécanismes fonctionnelsplus
complexes : analyse
des durées de tarissementen fonction du
système
fourrager
et del’organi-sation du travail
(A7B7), adéquation
des effec-tifs avec les surfacesd’alpage,
lesbâtiments,
lapolitique
desvêlages (A4).
Par
ailleurs,
selon leurs atours et contraintes propres, tous lestypes
d’expluitations
n’ont pas les mêmes marges deprogrès :
dans le type A4, laproduction
laitière sembleplafonner (A4+
présente
uneproduction
inférieure de 965kg
àcelle d’A3+
).
Comparativement
auxtypes
A3 etB5, le fonctionnement A5 semble moins favora-ble à la
production
laitière,
et pour un même niveau d’indexsynthétique produira
moins de lait que les 2 autres fonctionnements. Ceci n’estpas contradictoire pour autant avec l’existence
d’une forte marge de
progrès
au sein même deD’autre part, si
l’augmentation
de laproduc-tion laitière
s’accompagne
en moyenne d’uneamélioration de la
qualité
de fabrication desfromages
et, dans une certaine mesure, de la valorisation dulait,
cette relation n’est pas véri-fiée dans tous les cas. Les fonctionnements A3et B5
présentent
ainsi à la fois une bonnemaî-trise alimentaire et
génétique
(note
de 13,1 et14,1/20
respectivement),
uneproduction
élevée(4
656 et 4 626kg/vache)
unequalité
defro-mage excellente
(3,4/4)
et une valorisation dulait la
plus
élevée(3,76
et 3,80F/1).
Dans cesfonctionnements,
l’ensemble de la filièresem-ble donc bien maîtrisée. Ce n’est pas le cas en
A5 où des
productions
assez élevées(4 138 kg/
vache/an)
sont associées à une maîtrise de lafabrication
fromagère
moyenne(2,7/4).
Lefonctionnement A4 est là aussi
spécifique,
puisqu’il
peut associer une faibleproduction
laitière et une bonne maîtrise de la fabricationfromagère :
les contraintes propres à ce types’exerceraient donc assez
inégalement
sur lafilière
(fortement
sur laproduction
laitière,
fai-blement sur la fabrication
fromagèr(!).
D’un
point
de vueméthodologique,
cetteétude montre l’intérêt et les limites des
diffé-rentes
approches
réalisées,
en fonction desobjectifs
fixés. Si l’on cherche à définir lessituations les
plus
favorables à laproduction
laitière dans un milieudonné,
la démarche« AFC » permet de constituer des groupes
d’ex-ploitations
homogènes, indépendamment
deleur niveau de
production.
La caractérisationde ces groupes
s’appuie
essentiellement(et
logiquement)
sur des variables de conduite detroupeau, de
techniques
d’alimentation et degénétique,
trèsexplicatives
des variations desperformances
laitières,
mais insuffisantes pour isoler dessystèmes
d’exploitations
cohérentsavec une
image
claire de leurorganisation.
Parexemple,
si laqualité
de la ration hivernaleapparaît
comme un élément discriminantimportant
pour laproduction
laitière dansL’AFC, celle-ci rassemble dans le même groupe des
exploitations produisant
enmajorité
leurfourrage
et d’autresprivilégiant
les achats de foin. Dans un cas l’amélioration de la ration debase renvoie directement au
système
fourrager,
dans l’autre elle
s’analyse
en terme destratégie
d’achat et de trésorerie. Ainsi, si l’examen attentif desexploitations
dans un groupe donnépeut permettre de mettre en évidence des
marges de
progrès
possibles (c’est
le casd’ex-ploitations produisant
peu de lait alorsqu’elles
se trouvent dans un
système favorable),
cette démarche ne permet pas d’en raisonner lesconditions de mise en oeuvre dans
l’exploita-lion.
Dans une
première phase
de cette étude etdans le
prolongement
de cette AFC, uneclassi-fication
automatique
avait été réalisée pour ten-ter de former des groupesd’exploitations plus
homogènes (non présentés
dans cetarticle).
Lenombre de classe défini
(4)
restaitcependant
insuffisant pour bien
appréhender
la diversitéanalysée,
et cette classification semblaitmon-trer certaines limites pour traiter
d’objets
«sys-tèmes » :
problèmes
de contrôle desobjectifs
de classification
(que
classe-t-on ’?),
depondé-ration de différentes variables
explicatives,
deprise
en compte de l’informationqualitative.
Cetype de difficulté reste
présent
lors de laconstruction d’une
typologie
defonctionne-ment
d’exploitation,
mais le choix d’une méthode de traitement de l’informationnon-automatique
permet de raisonnerplus
facile-ment les choix
qu’elle
suppose deréaliser,
avec un contrôle aposteriori
par ledegré
d’homogé-néité des groupes obtenus
(Cristofini 1985).
Latypologie
de fonctionnement desexploitations
s’avère ainsi apte à mettre en évidence des
groupes
d’exploitations
cohérents quant à leur moded’organisation
qui
est engénéral plus
contraignant
pour l’éleveur que certainesvaria-bles
techniques (alimentaires
ougénétiques).
Cette étude montre que certains types sont
plus
propices
que d’autres à uneproduction
laitière élevée, mais le choix d’une entrée
« fonctionnement » permet alors de raisonner
de manière cohérente les causes de cette
varia-bilité
(intra
et intertype)
etd’adapter
ensuiteles
logiques
de mise en oeuvre des marges deprogrès.
Les écartsinter-type expriment
desmarges de
progrès
àlong
termegénératrices
d’un
changement
de fonctionnement del’ex-ploitation
tandis que les écartsintra-type
s’ana-lysent davantage
comme des marges deprogrès
à court et moyen terme. On retrouve alors unenotion de maîtrise du fonctionnement par
l’agriculteur :
ajustement
de mécanismes fonc-tionnels etoptimisation
d’unelogique
d’organi-sation
(Roybin
1987 ;Roybin
et al1989).
Parailleurs,
le fonctionnement peutapparaître
comme un bon détecteur de
problèmes
sur lesexploitations,
comme l’illustre la forte réactionde la
typologie
à l’indexsynthétique.
Cettetypologie
peut donc êtredéveloppée
commeoutil d’aide au conseil sur les
exploitations
(Roybin
etal 1989).
Références
bibliographiques
AGABRIEL C.. C!0111,ON LB., MARTY G., CHENEAU 1!’..
1990. Facteurs de variations du taux protéique du lait de vache : étude dans le département du Puy-de-Dôme. INRA Prod. Anim., 3, 137-15(1.
CHAUHAN V.HS., IIILL W.(,., 1986. Seasonal grouping
in a heard-vear-season mode! of sire évaluation. Anim.
Prod., 4:1. fi3-71.
Contrôle Laitier, 1989. Résultats de Contrôle Laitier,
France 1988. 149 rue de Bercy. 75595. Paris cedex 12. 140 pp
.
_
GRIS T
OFtNI B., 1985. La petite région vue à travers le tissu de ses exploitations : un outil pour l’aménagement
et le développement rural. Etudes et Recherches, 6, 1-43. COUEON J.B.. ROY131N D.. CONGY E.. CARRET A.. 1988.
Composition chimique et temps de coagulation du lait de vache : facteurs de variations dans les exploitations du
Pays de Thônes. INIZA. Prod. Anim. 1, 253-263.
DOBKEMG7 L., BAUD G., BARRET M., ROUSSEL M., LIENiBRD G., LHERM M.. PIZAINE M.C., 1989. Etude
économique de la production laitière en moyenne
mon-tagne dans les exploitations de Haute-Loire. Campagne
1986-87. Etude concertée 126, CEMAGREF (63200 Riom), INRA Economie de [’Elevage (63122 Theix) et CERHE
(43000, Ee Puy).
DOBREMEZ L., BAIID G., BARRET M., POUSSEE M., UENARD G.. LHI:7tM M.. l’IZAIIv’E M.C., 1990. Etude
économique de la production laitière en moyenne
mon-tagne dans les exploitations de Haute-Eoire. Campagne
1988-89. Elude concertée 135, CEMAGREF (63200 Riom),
INRA Ec:onomie de l’Elevage (63122
Theix)
et CERHL (43000, Le Puv).Selon
leur
fonctionnement,
lesexplbitations
ont une margede
progrès
FLEURY P., 1985. La variabilité micro-climatique en
montagne : son expression par la phénologie du dactyle
des prairies permanentes. Etudes et Recherches n&dquo; 5. 42 p o.
ROYBIN D., CRISTOFINI B., 1985. Diversité et évolulion de l’activité des exploitations agricoles du Pays de Thônes. INRA SAD, Route de St-Cyr, 78000 Versailles. 164 pp.
ROYBIN D., 1987. Typologie de fonctionnement cles exploitations : quelles applications pour le
développe-ment? Un exemple, l’étude de groupe pratiquée par les centres de gestion. GIS Alpes du Nord, 1, rue du château,
73000 Chambéry. 45 pp.
ROYBIN D., FOLLIET X., LEDUC L, MARAIS J., PHILIP-POT L, 1989. Utilisation d’une typologie des
exploita-tions pour comprendre leur fonctionnement et proposer des évolutions. GIS Alpes du Nord, 1, rue du du château.
73000 Chambérys
Summary
- _!&dquo;--_-_4!_!!--’!’-!&dquo;,.=!,.!q._-! ...- !-,.!----,
Milk
production
andfunctioning
of the farm : factors of variation in the farms ofPays
de Thones.An
analysis
of milkproduction (kg/cow/year)
was conducted in 67
dairy
farms,
located inthe
Pays
de Th6nes(Haute-Savoie, France)
andregistred
with the Milk Control Board. Thesefarms had
already
beenclassified,
in anotherstudy,
into 12 differenttypes,
on the basis oftheir
functioning.
Milkproduction
in the dif-ferent farms varied between 1 800 and 6 220kg/cow/year.
This variation was not due tofarm structures
(size,
forage
management
sys-tem)
but to the control on thegenetic
factorsand herd
management
(calving
management, winter and summerfeeding).
The mostpro-ductive farms were also those which
presented
the best economic valorization of
milk,
partly
because of the
production
ofgood quality
cheeses. Milkproduction
results have beenanalysed
between as well as within farmtypes.
The conclusions were as follows: 1 /some farm
types
are better than another toexpress milk
production potential,
2 / there was, in some cases, a lack ofconsistency
between the main factors of milkproduction
improvement (genetics
andnutrition),
3 /genetics
and nutrition alone did notalways
account for the differences in milkproduction.
In
addition,
the different farm types did not allpresent
the same progressmargins.
Theseresults are discussed on the basis of the
analy-tical methods used and their
importance
indevelopment strategies.
COULON J.B., ROYBIN D., CRISTOFINI B., 1990. Production Iaitière et fonctionnement des
exploita-tions : facteurs de variations dans les