HAL Id: tel-00747906
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Terre à haute résolution par utilisation de méthodes
markoviennes
Aurélie Voisin
To cite this version:
Aurélie Voisin. Classification supervisée d’images d’observation de la Terre à haute résolution par
util-isation de méthodes markoviennes. Traitement des images [eess.IV]. Université Nice Sophia Antipolis,
2012. Français. �tel-00747906�
ÉCOLE DOCTORALE STIC
SCIENCES ET TECHNOLOGIES DEL'INFORMATION
ET DE LA COMMUNICATION
T H È S E
pour obtenir letitre de
Do teur en S ien es
de l'Université de Ni e - Sophia Antipolis
Spe ialisée en : Automatique, Traitement du Signal et
des Images
Présentée et soutenue par
Aurélie Voisin
Classi ation supervisée d'images d'observation
de la Terre à haute résolution par utilisation de
méthodes markoviennes
Thèse dirigée par Josiane Zerubia
préparée à INRIA Sophia Antipolis Méditerranée, Équipe Ayin
soutenue le17 o tobre2012
Jury :
Président : Mar Berthod - INRIA
Rapporteurs : PaoloGamba - Université de Pavie
GrégoireMer ier - Tele omBretagne
Dire tri e : JosianeZerubia - INRIA (Ayin)
Examinateurs : Roger Fjörtoft - CNES
Je tiens en premier lieu à remer ier ma dire tri e de thèse Josiane Zerubia, le
présidentdujuryPrMar Berthod,lesrapporteursPrGrégoire Mer ieretPrPaolo
Gamba pour leurs orre tionset leurs onseils avisés, ainsique lesautres membres
du jury,DrRogerFjortoft etDrVéronique Serfaty.
Je remer ie également la DGA pour son soutien nan ier, ainsi que l'INRIA
pourle soutienàlafois nan ier etmatériel.
Jeremer iebeau oupGabrieleMoseretPrS.Serpi opourleuraidepré ieuseau
oursde estroisannées,pourletempsqu'ilsm'ont onsa ré,etpour leurprésen e
pendantlasoutenan e.Jeremer ie ZoltanKatopoursonaide on ernant les
graph- uts, et Dr Hervé Yesou pour ses ommentaires surmon manus rit. Et bien sûrje
n'oublie pasVladimir, qui m'a tellement aidée! Mer i pour tout, pour es voyages
inoubliables, sans oublierlesépagneuls, Clo loet ette bonne vieilleBonnie.
Remontons letemps etpartons aux origines de ette thèse, ar un peu plus de
troisansenarrière,quiauraitimaginéquemonstageme onduiraità emanus rit?
Guillaume,grâ e àtoi, je suis désormaistitulaired'undo torat!
Unepenséemaintenantpourtousmes ollègues,partisouen oreprésents,qu'ils
soientarianautes,ayiniens,morphemiens,ou mêmegeometri a iens :Saima,
Chris-tine, Guillaume, Sylvain, Alexis, Adrien, Ikhlef, Yuliya, Xavier (pour m'avoir à
moitié adoptée hez Morpheme), Florent (et ses meubles Ikea), Yanni k, Ahmed,
Aymen,et tousles autres :). En repensant à es troisannées é oulées, je me
remé-more toutes les personnes que j'ai pu ren ontrer au ours des é oles d'été et des
Do toriales, etquim'ont faitpasser detrès bonsmoments. Bien sûr, jeme doisde
remer iermes hères oquillesSaint Ja quespour avoiro upémesmidisetmes21
juin:Maxime, Mar o,Lu , AnnyetFred. Et lemeilleurde tous,Clément,à quije
ne vaispeut-êtrepas onsa rer
6
lignes, arça risque de faire unpeu long. Longuevie àAkustrix/Elektrix (ou pas).
Mer iàma ousineSophieetàMarie-Sophie d'avoirétéprésentes, etunepetite
pensée pour les toulousaings Thomas, Lu , Inès, Jérme et Katia, et pour le JB
orléannais Nayaz.Sansoublierde remer ier mamaman et mamamiepréférées.
Aurisquedemerépétersurlesremer iementsde ertainespersonnes,jesouhaite
du ourage à tous eux qui n'ont pas en ore soutenu leur thèse, et qui arrivent au
bout,dou ement maissûrement!
Enn, lekoala remer iesabran he d'eu alyptus qu'ilatrouvée surson hemin,
1 Introdu tion 1 2 L'imagerie satellitaire 5 2.1 L'imagerie RSO . . . 7 2.1.1 Le radar . . . 7 2.1.2 Le satelliteCOSMO-SkyMed . . . 17 2.1.3 Le satelliteTerraSAR-X . . . 19 2.2 L'imagerie optique . . . 20 2.2.1 Le satelliteGeoEye . . . 20 2.2.2 Le satellitePléiades . . . 21 2.3 Con lusion. . . 22
3 Modélisation statistique des images 23 3.1 Modélisation statistiquedesprobabilités marginales. . . 25
3.1.1 Modélisationstatistiquedesimages optiques. . . 25
3.1.2 Modélisationstatistiquedesimages RSO. . . 26
3.1.3 Modèlesde mélanges nis . . . 30
3.2 Leslimitesdesimagesmonorésolution à polarisationsimple et intro-du tion desattributs detexture . . . 37
3.2.1 Attributsde texture . . . 41
3.2.2 Modélisationstatistiquedesattributs de texture . . . 44
3.3 Modélisation desstatistiques jointespar utilisation de opules . . . . 46
3.4 Con lusion. . . 50
4 Classi ation supervisée d'images RSOmonorésolution 53 4.1 Étatde l'art . . . 55
4.1.1 Lesméthodessupervisées . . . 55
4.1.2 Lesméthodesnon supervisées . . . 57
4.1.3 Lesméthodessemi-supervisées . . . 58
4.2 Méthode proposée . . . 58
4.2.1 Champsde Markov. . . 59
4.2.2 Lesméthodesd'optimisation . . . 60
4.3 Autresméthodes utiliséespour la omparaison . . . 67
4.3.1 Les
K
-plus pro hesvoisins. . . 674.3.2 L'algorithme ATML-CEM . . . 67
4.3.3 LesSéparateurs àVastesMarges . . . 68
4.4 Analyseursde performan e des lassieurs . . . 71
4.5.2 Comparaisondenosrésultatsave d'autresméthodesdel'état
de l'art . . . 75
4.5.3 Généralité du modèle. . . 79
4.5.4 Leslimites du modèle . . . 80
4.6 Con lusion. . . 80
5 Classi ationsupervisée d'imagesmultirésolutionet multi apteur 83 5.1 État del'art . . . 84
5.1.1 Classi ation d'images multirésolution . . . 84
5.1.2 Classi ation d'images multirésolution issues de diérents apteurs . . . 85
5.2 Généralités sur la lassi ation supervisée in luant des hamps de Markovhiérar hiques . . . 88
5.2.1 Notations etquelquesdénitions préalables . . . 89
5.2.2 Graphes hiérar hiques . . . 89
5.2.3 Lesavantages etles in onvénientsd'un tel modèle . . . 90
5.3 Méthode markoviennehiérar hique ave miseà jourde l'a priori. . . 91
5.3.1 Lesprobabilités de transition . . . 92
5.3.2 Lesprobabilités a priori . . . 93
5.3.3 Les probabilités a posteriori etleur estimation - Méthode de Laferté etal. [Laferté 2000℄ . . . 93
5.3.4 Lesprobabilitésaposteriorietleurestimation-Méthodeave miseà jour de l'apriori . . . 95
5.3.5 Lesprobabilitésaposteriorietleurestimation-Versionnale de laméthode proposée . . . 97
5.4 L'intégration desdonnéesdansle quad-arbre . . . 98
5.4.1 Le re alaged'images . . . 98
5.4.2 Dé omposition en ondelettes . . . 98
5.4.3 La fusion optique . . . 100
5.5 Résultats expérimentaux . . . 101
5.5.1 Inuen edu paramètre
θ
n
desprobabilités de transition . . . 1035.5.2 Inuen edu paramètre
β
desprobabilités a priori. . . 1035.5.3 Inuen ede ladé omposition enondelettes . . . 105
5.5.4 Résultats pour diérentsjeuxde données . . . 105
5.5.5 Dépendan e desdonnéesetvalidité des opules . . . 114
5.5.6 Post-traitement . . . 117
5.5.7 Pré-traitement . . . 118
5.6 Con lusion. . . 120
B Expression générale de la densitéde la opule de Clayton
multiva-riée 131
C Étude de la robustesse de la lassi ation par rapport à la base
d'apprentissage 133
D Formations,séminaires ettransfert de logi iels 135
E Publi ations - Conféren es et Journaux 137
E.1 SPIERemote Sensing 2010 . . . 137
E.2 ICIP2011 . . . 137 E.3 Gretsi2011 . . . 137 E.4 IS&T/SPIE 2012 . . . 138 E.5 GTTI2012 . . . 138 E.6 EUSIPCO 2012 . . . 138 E.7 ICIP2012 . . . 138 E.8 GRSL2012 . . . 138 E.9 TGRS2012 . . . 138 Bibliographie 141
1.1 Première image satellite a quise en
1959
par le satellite améri ainExplorer
6
. . . 11.2 Cartede zonesinondées dansle nord delaFran e(
SERTIT). . . . 2
1.3 Cartedesbâtiments endommagés dePort-au-Prin e (
SERTIT). . . 3
2.1 Spe tre éle tromagnétique.. . . 6
2.2 Système d'a quisitionradarà visée latérale. . . 8
2.3 S héma d'imageur RSO. . . 10
2.4 Polarisation desondes émisesetreçues par l'antennedu radar. . . . 11
2.5 Modesd'a quisition dessatellitesRSO.. . . 16
2.6 SatelliteCOSMO-SkyMed.. . . 17
2.7 Modesd'a quisition de COSMO-SkyMed. . . 18
2.8 SatelliteTerraSAR-X. . . 19
2.9 SatelliteGeoEye. . . 21
2.10 SatellitePléiades. . . 21
3.1 Évolution de la densitéde probabilité de ladistribution Gamma gé-néralisée en fon tionde ha unedesvariables. . . 29
3.2 Modélisation statistiquede l'image optiquede Port-au-Prin e. . . 37
3.3 Modélisation statistiquede l'image RSOdePort-au-Prin e. . . 38
3.4 Modélisation statistiquede l'image optiquede Amiens. . . 39
3.5 Illustration de la fenêtre glissante pour l'estimation desattributs de texture hoisis. . . 41
3.6 Image RSO de Cavallermaggiore et ses attributs de texture extraits par semivariogramme etave MCNG. . . 42
3.7 Attributs de texture de l'image de Cavallermaggiore pour diérents paramètres d'Harali k. . . 43
3.8 Modélisationstatistiquedel'attributdetextureextraitdel'image de Amiens. . . 45
4.1 Prin ipe duSVM. . . 69
4.2 Inuen ede l'attributde texturesur l'image deCavallermaggiore. . . 74
4.3 Résultats de lassi ation obtenus pour l'image de Lombrias o. . . . 76
4.4 Résultats de lassi ation obtenus pour l'image de Rosenheim. . . . 78
4.5 Résultats de lassi ation obtenus pour une oupehistologique. . . . 79
5.1 Stru turequad-arbre dumodèle hiérar hique etnotations utilisées . 90 5.2 S héma de l'algorithmeMPMproposé par Laferté. . . 94
5.3 Modèle générique duquad-arbre I. . . 96
5.5 Modèlegénérique duquad-arbre II. . . 97
5.6 Exemple de dé omposition en ondelettesd'une image RSO. . . 99
5.7 S héma représentatif de la dé omposition en ondelettes pour une é helle de
2
. . . 1005.8 Inuen ede
θ
n
surletaux globalde bonne lassi ation. . . 1025.9 Inuen e de
θ
n
sur la arte de lassi ation pour l'image de Caval-lermaggiore. . . 1025.10 Inuen ede
β
surletaux globalde bonne lassi ation. . . 1035.11 Inuen ede
β
surla arte de lassi ation pour l'image de Cavaller-maggiore. . . 1045.12 Inuen edediversesfamillesd'ondelettessurletauxde lassi ation global. . . 104
5.13 Résultatsde lassi ation obtenus pourl'image deCavallermaggiore. Comparaison entre les CMhiérar hique etnon hiérar hique. . . 107
5.14 Résultatsde lassi ationobtenuspourune oupehistologique. Com-paraisonentre lesCMhiérar hique etnon hiérar hique. . . 108
5.15 Images multirésolution RSOd'Amiens. . . 109
5.16 Résultats de lassi ation obtenus pour les a quisitions d'Amiens données Fig. 5.15. Comparaison entre les CM hiérar hique et non hiérar hique. . . 110
5.17 Résultats de lassi ation obtenuspourles a quisitionsmulti apteur de Port-au-Prin e. Comparaison entre les CM hiérar hique et non hiérar hique etun SMV. . . 113
5.18
χ
-plot pour la lassezone urbaine de l'image de Cavallermaggiore. 116 5.19χ
-plot pour la lassezone urbaine de l'image de Port-au-Prin e. . . 1175.20 Inuen edu post-traitement surles artesde lassi ation. . . 118
5.21 Eetsd'un pré-traitement surla lassi ation.. . . 119
6.1 Diérentsvoisinages adaptatifs. . . 126
C.1 Diversesbases d'apprentissage. . . 133
3.1 Équations MoLC pour les familles paramétriques du di tionnaire.
Ψ(·)
estlafon tionDigamma[Sneddon 1972℄etΨ(ν, ·)
estlafon tion polygamma duν
e
ordre [Sneddon 1972℄. . . 34 3.2 Paramètresd'Harali k al ulésàpartirdelamatri ede o-o urren e
ande dé rirela texturede l'image. . . 42
3.3 Copules onsidérées,
θ(τ )
,etintervalles de validité pourτ
etθ
. . . . 494.1 Résultats numériques de lassi ation obtenus pour l'image de
Ca-vallermaggiore. . . 75
4.2 Résultats numériquesde lassi ation obtenus pourl'image de
Lom-brias o. . . 77
4.3 Résultats numériques de lassi ation obtenus pour l'image de
Ro-senheim. . . 77
4.4 Taux de bonne lassi ation pour ha une des lasses de la oupe
histologique. . . 79
5.1 Résultats numériques de lassi ation obtenus pour l'image de
Ca-vallermaggiore. Comparaison entre les CM hiérar hique et non
hié-rar hique. . . 106
5.2 Tauxdebonne lassi ationpour ha unedes lassesdela oupe
his-tologique.Comparaison entrelesCMhiérar hique etnon hiérar hique.108
5.3 Taux de bonne lassi ation pour ha une des lasses de l'image
d'Amiens.ComparaisonentrelesCMhiérar hique etnonhiérar hique.112
5.4 Tauxde bonne lassi ationpour ha unedes lassesdu jeude
don-nées de Port-au-Prin e. Comparaison entre les CM hiérar hique et
nonhiérar hique. . . 114
5.5 Valeurdu
τ
deKendallobtenueexpérimentalementpour ha unedes lasses del'image de Cavallermaggiore (Italie). . . 1165.6 Eetsd'unpré-traitement surles tauxde bonne lassi ation. . . 119
C.1 Résultats numériques de lassi ation obtenus pour l'image de
Γ
G GammagénéraliséeACP Analyseen ComposantePrin ipale
ASI Agen eSpatiale Italienne
CEM Classi ationEspéran e-Maximisation
CM Champ deMarkov
CNES CentreNational d'Études Spatiales
CSK COSMO-SkyMed
DLR Deuts hesZentrumfür Luft- undRaumfahrt (Agen e SpatialeAllemande)
FDP Fon tion deDensité de Probabilité
ICM ModesConditionnels Itérés (Iterated Conditional Modes)
MAP MaximumA Posteriori
MCNG Matri esde Co-o urren ede Niveauxde Gris
MMD Dynamiquede MetropolisModiée
MoLC Méthode desLog-Cumulants
MPM Mode de laMarginalea Posteriori (Marginal PosteriorMode)
MV Maximumde Vraisemblan e
PPV PlusPro hesVoisins
RADAR RAdioDete tion And Ranging
RSO RadaràSynthèse d'Ouverture
RVB Rouge Vert Bleu
SEM algorithmeSto hastique d'Espéran e-Maximisation
SVM Séparateurà Vaste Marge
Introdu tion
Motivations et obje tifs
Les premières photographies satellites de la
Fig. 1.1 Première image
satellite a quise en
1959
par le satellite
améri- ain Explorer
6
. [Sour e :http ://grin.hq.nasa.gov/℄.
Terre ont été réalisées le
14
août1959
par lesa-tellite améri ain Explorer
6
(voirFig. 1.1).Depuislors,lesavan éesdansledomaine satellitairen'ont
essé, de sorte qu'il existe à e jour un nombre
in- al ulablededonnéesdetélédéte tion,en onstante
augmentation. Rien que pour le programme
OR-FEO,plusde
2000
imagesd'observationdelaTerresont a quises haque jour, in luant
450
imagesa quises par un seul satellite de la onstellation
Pléiades [CNE 2012℄, et
1800
images a quises parla onstellation COSMO-SkyMed[CSK 2007℄.
La di ulté prin ipale du traitement d'image
estd'arriveràinformatiser equenotreoeilest
a-pable de voir naturellement, voire de déte ter des
hoses que l'oeil ne peut per evoir. Le but est de
pouvoir extraire des informations souhaitées dans
les diverses a quisitions de manière automatique,
an de pouvoir traiter la multitude d'images disponibles sans systématiquement
re ourir à une expertise humaine. Les appli ations sont multiples, mais elle qui
nous intéresse davantage est la artographie. Selon les résolutionsdes a quisitions,
les informations à extraire sont diverses, etpeuvent aller de la déte tion de zones
vastes (forêts, o éans...), à des zones plus petites (routes, bâtiments...). De telles
informations sont parti ulièrement utiles dans les diérentes phases de traitement
d'une atastrophe naturelle : de la prévention à la re onstru tion, en passant par
l'assistan edurant l'évènement. Au ours de ettethèse, uneattentiontoute
parti- ulière a été portée surles zones urbaines, qui sont a tuellement les zones les plus
ritiquesfa eàdes atastrophesnaturelles, arellesregroupent unemajeurepartie
de lapopulation.
Parmi les observations possibles de la surfa e terrestre, les images radars sont
parti ulièrement adaptéesauxzonesurbaines, arellesprésententunfort oe ient
de rétrodiusion au niveau de es zones, qui apparaissent don de manière assez
italienne(ASI)dansle adred'unprojetdanslequell'équipeAriana/Ayindu entre
INRIA-SAMétait partenaire.
Les images radars présentent aussi de
Fig. 1.2 Carte de zones
inon-dées dans le nord-est de la Fran e
(
SERTIT) établie sur une image
RADARSAT omposite a quise en
o tobre
2006
. [Sour e :sertit.u-strasbg.fr℄.
bonnes propriétés pour les atastrophes
na-turelles, arellespermettent,parexemple,de
déte terdeszonesinondées,quiapparaissent
de manière plus sombre sur les images. Le
SERTIT (Servi e Régional de Traitement
d'Image et de Télédéte tion) a exploité de
telles propriétés pour établir leslo alisations
desinondationsdanslavalléedelaMoselleen
Fran een o tobre
2006
(Fig. 1.2).Les zonesinondées sont plusdi ilesà déte tersurles
images optiques, ar l'eau peut être plus ou
moins boueuse, et le ourant plus ou moins
fort, e qui donne des olorations etdes
tex-turesvariables, ontrairementàl'imagerie
ra-dar.
La très haute résolution est
parti ulière-ment utiledansle adrede tremblements de
terre, arellepermetdedéte terleszones
ur-bainesendommagées, omme elaaétéfait,parexemple,par leSERTITsurlaville
de Port-au-Prin e (Haïti), suite à l'important séisme de janvier
2010
(gure 1.3).Unteltraitementrelèvedavantagedela onsidérationdedonnéesmultitemporelles,
etd'unproblème de déte tionde hangements, en parti ulier pour desa quisitions
radars. Au ours de la thèse, nous avons travaillé sur des a quisitions de
Port-au-Prin e faitesaprès leséisme, en établissant des artes d'o upation dessols, étant
donné la résolution desimages disponibles (
2, 5
mètres) et lemanque de vérité deterrain en notre possession. Une telle démar he entre dans une problématique de
surveillan e post-sismique, et peut déjà onstituer une sour e d'information, de la
mêmefaçonqueleprojetKal-Haïti(http://kal-haiti.kalimsat.fr),initiéparle entre
nationald'étudesspatiales(CNES),viseàexploiterdesdonnéesdetélédéte tionan
de fournir une multituded'informations utiles àla re onstru tionhaïtienne.
Nous avons aussi voulu travailler sur la fusion de diérents types de données
an d'améliorer les artesde lassi ation qui peuvent être parfoisimpré ises.Une
telle onsidérationpermetdeprendreen ompte simultanémentunnombrevariéde
donnéesdediérentstypesàdiérentesrésolutionsandetirerpartidelamultitude
d'informations disponibles pastoujours misesà disposition malheureusement.
Organisation du manus rit
Lathèses'arti uleautourdelaproblématiquedela lassi ationd'imagesradars
Fig.1.3 CartedesbâtimentsendommagésdePort-au-Prin e(
SERTIT)établie
surune image GeoEye-
1
(résolutionde50
m) a quisele13
janvier2010
.[Sour e :sertit.u-strasbg.fr℄.
tique possible la façon dont sont forméesles images que nous traitons.Ces images
sont des photographies de la surfa e de la Terre réalisées par des apteurs a tifs
(RSO) etpassifs (optiques). Nous présentons également en détail les satellites qui
ont a quis les images réelles sur lesquelles nous avons appliqué les algorithmes de
lassi ation quenousavonsdéveloppés.
Ces algorithmes, reposant sur la théorie bayésienne, ont pour point ommun
de requérir un apprentissage des statistiques desniveaux de gris pour ha une des
lasses.Ilfaut don trouverlameilleuremodélisationpossibledesimagesprésentées
dansle hapitre 2.Lesa quisitionsàhauterésolution onstituent unavantagedans
la re onnaissan e de petits objets. Cependant, elles augmentent la omplexité du
traitement par l'apparition de zones extrêmement hétérogènes, d'autant plus
di- iles à modéliser statistiquement. Comme nousle verrons dansle hapitre 3, ette
hétérogénéité intrinsèque requiert une modélisation statistique elle-même
hétéro-gène, hoisie omme un mélange pondéré de fon tions statistiques adaptées, dont
lesparamètres sontestimésautomatiquement àpartird'unevéritédeterrain. Cette
modélisation de la vraisemblan e statistique est ensuite intégrée dans des modèles
de lassi ation bayésienne markoviens.
Dansle hapitre 4,noustraitonsd'imagesessentiellement monorésolution.Nous
utilisons, pour e faire, un hamp de Markov. Il s'agit de trouver le maximum a
posteriori onnaissant la modélisation statistique de la vraisemblan e, sous
hypo-thèse d'un a priori markovien. Le modèle ontextuel est développé pour faire fa e
au bruit de hatoiement du radar, mais nousavonsmontré qu'il s'adapte très bien
à des données optiques dans le adre d'autres appli ations. La lassi ation des
images radars, qui sont, dans notre as, des images monobandes, est améliorée,
dépendan e statistiqueentre les observations.
Dans le hapitre 5, nous traitons d'images essentiellement multirésolution,
a -quises ave lemême satellite(mono apteur) ou ave diérentssystèmes
(multi ap-teur). Voulant tirer parti de la multirésolution inhérente à es a quisitions, nous
avonsprisen ompteunmodèlemarkovienhiérar hique,danslequellesimagessont
intégréesdanslesdiérentsniveauxdugraphe. Nousavonsoptépourune
représen-tation en quad-arbre,an debéné ierdesbonnespropriétés quilui sont relatives,
en parti ulier sa ausalité, qui permet d'appliquer un algorithme d'estimation des
étiquettes nonitératif. Enoutre, le ontexte est,dans e as,en é helle, e qui
per-met de tirer parti simultanément desdonnées détaillées (haute résolution) souvent
bruitées, et de données à moins bonne résolution, mais en général moins ae tées
par lebruit.
Pour terminer e manus rit, nousdonnons, dansle hapitre 6,des perspe tives
possibles, quipermettraient d'améliorer potentiellement e travail de thèse.
Contributions
Pournir etteintrodu tion,voi iunelistedenosprin ipales ontributionsdans
ette thèse :
1. Modélisation statistique des diérentes lasses, adaptée à diérents types
d'images a quisesà hauterésolution (Chap.3);
2. Modélisationdesstatistiques jointespour ha unedes lasses parlebiaisde
opulesmultivariées, hoisies ommeextensionde opulesbivariées(Chap.3);
3. Introdu tion d'un attribut de texture pour améliorer la lassi ation des
zones urbaines: hoix etmodélisation (Chap.3);
4. Intégration de es diversesstatistiques dans un hamp de Markov, etétude
du paramètredu hamp(Chap.4);
5. Intégration des diérentes statistiques dans un hamp de Markov
hiérar- hique, fondé sur un modèle en quad-arbre, et intégration d'une mise à jour
spé iquepour augmenterlarobustesseaubruitde l'algorithmede
lassi a-tion (Chap.5);
6. Tests des diérentes méthodes sur diérents jeux de données réels
L'imagerie satellitaire Sommaire 2.1 L'imagerieRSO . . . 7 2.1.1 Leradar . . . 7 2.1.2 LesatelliteCOSMO-SkyMed . . . 17 2.1.3 LesatelliteTerraSAR-X . . . 19 2.2 L'imagerieoptique . . . 20 2.2.1 LesatelliteGeoEye. . . 20 2.2.2 LesatellitePléiades . . . 21 2.3 Con lusion . . . 22
Fig. 2.1 Spe tre éle tromagnétique [d'aprèswww.sura.org℄. Lesbandes d'intérêt
pournosappli ationssontsituéesautourduspe trevisible,ainsiquedanslesbandes
mi ro-onde (mi ro-wave).
Dans e hapitre, nous présentons les systèmes satellitaires d'a quisitions
d'images terrestres, ave une fo alisation parti ulière sur eux ayant donné
nais-san eauximagesquenousavonstraitées.N'ayantpaspour butdefournir uneliste
exhaustivedel'intégralitédumatérielgravitant autourdenostêtesterriennes,nous
ex luonsdèsàprésentla atégoriedessatellitesnon-délants.Lessatellitesdélants
sont appelés ainsi ar eux- i ee tuent letour de la Terre en une entaine de
mi-nutes,et ommelaTerreelle-mêmeestmobile(rotationd'environ
25
degréspendantette durée), à l'issue de e tour, le satellite ne repasse pas au-dessus d'un même
lieu. La période de passage sur un même endroit, appelée temps de revisite, varie
selonlessatellitesmaisatteint,engénéral,plusieursjours.Pourlessatelliteslesplus
ré ents, ette période peut être inférieure à un jour, en parti ulier dans le as de
onstellations desatellites.Lessatellitesdélantsévoluentsurdesorbitesqualiées
de basses, de l'ordre de
600
à800
km en moyenne, altitude ompatible ave unedurée de vie qui ne soit pas trop ae tée par les frottements atmosphériques. En
outre, ette altitude relativement peu élevée permet de onférer aux imageurs, en
parti ulier auximageurs optiques,une bonne aptitudeà distinguerdesdétailsdela
surfa e terrestre.
Les instruments embarqués à bord de es satellitesopèrent dans diérents
do-maines delongueur d'onde(Fig. 2.1).En général,les imageursde typeoptique
uti-lisent des ondes on entrées autour du spe tre visible, tandis que les autres plages
de fréquen es sontplus ouramment utilisées pour desappli ationsplus spé iques
qui né essitent de déte ter des objets qui ne sont pas for ément visibles, tels que
la vitesse des vents, les u tuations de température, et . Cela onfère un nombre
onsidérabled'a quisitionspossiblesetdon d'appli ationspossibles.Engénéral,les
satellites detélédéte tion sont utilisés en météorologie,en limatologie eten
arto-graphie.Commenousl'avonsdéjàévoquédansl'introdu tion générale(Chap.1),et
ommelesous-entendletitremême de ettethèse,lesappli ations artographiques
nousintéressentdavantage, equinousrestreintà ertainssatellitesbienspé iques,
Une des ara téristiques importantes liée aux a quisitions d'images est la
no-tion générale de résolution. Il y a quatre types de résolutions possibles lorsque
nous traitons d'images de télédéte tion : spe trale, temporelle, radiométrique et
spatiale [Campbell 2002℄. La résolution spe trale orrespond au nombrede bandes
spe trales a quises par le apteur, lorsque elui- i est passif, et dépend de la
lar-geurdesbandes.Larésolution temporelleestlenombredejoursé oulésentredeux
a quisitions d'une même zone. Par défaut, il s'agit du temps de revisite, mais
er-tains satellites susamment mobiles peuvent être orientés depuis des plateformes
de ommande et, de e fait, le temps é oulé entre deux a quisitions dépend de la
mobilité(agilité)dusatellite.Par ailleurs,larésolution radiométriqueestlenombre
deniveauxdegrisdesimagesa quisesparle apteur,mesuréesouventennombrede
bits.Parexemple,
8
bitséquivautà256
niveauxdegris.Enn,larésolutionspatiale,à laquelle nousnous réfèrerons ultérieurement omme résolution de l'a quisition,
estla tailledu pluspetitélément observable surl'image.
Maintenant que nous avons détaillé les deux termes importants que sont les
notions de spe tre éle tromagnétique etde résolution, nouspouvonsnous fo aliser
davantage sur le ontenu des diérentes parties de e hapitre. Les images traitées
dans ette thèse sont essentiellement de deux types : des images optiques et des
images radars. Pour e dernier type d'images, une te hnologie spé ique, la
syn-thèse d'ouverture, est employée. Nous allons don nous fo aliser dans e hapitre
sur la des ription des imageries optiques et radars à synthèse d'ouverture (RSO),
aussi ouramment ara tériséparl'a ronymeanglo-saxonSARpourSyntheti
Aper-ture Radar.Enparti ulier, nousdonnonsles ara téristiquesdessatellites
COSMO-SkyMed,TerraSAR-X, GeoEye etPléiades, qui orrespondent auximagesquenous
avonsutilisées au ours de ette thèse.
2.1 L'imagerie RSO
Le premier système imageur onsidéré est un système radar. Nous allons don
expliquer equ'estunea quisitionradar,ainsiquedénirdestermesspé iquesque
nousutilisonsdemanière ourantedanslesautres hapitresdumanus rit.Nousnous
fo alisonsensuitesurlasynthèsed'ouverture,puisqu'ils'agitdelate hnologie
utili-séeparlesré entssatellitesCOSMO-SkyMedetTerraSAR-X,dontnoustraitonsles
images.Nousavonsfaitlasynthèse,pour ettepartie,deplusieursréféren es
biblio-graphiques[Oliver2004,Polidori 1998,Dupont 1994,Ri hards 2006,Cheney2009℄,
ainsiquededivers oursd'é olesd'ingénieursfrançaises (ENSEEIHTToulouse, T
e-le omBretagne, ISAE-SUPAEROToulouse).
2.1.1 Le radar
Le radar,del'anglaisRAdioDete tion And Ranging,estunsystèmea tif,
'est-à-dire qu'il émetetreçoitles ondesrétro-diuséespar les obsta les.Ces ondessont
Fig. 2.2 Système d'a quisition radar, i i à visée latérale [d'après le ours
EN-SEEIHT de Thierry Amiot disponible sur la plateforme Moodle℄. Nous appelons
l'axe en distan e l'axe perpendi ulaire au ve teur vitesse, l'axe azimut l'axe
paral-lèle au ve teur vitesse du porteur et dirigé dans le même sens, et l'axe d'altitude
l'axe dirigé vers lehaut. L'antenne du radar on entre l'onde émise dansune zone
donnée.
Dans le asde satellitesradars d'observation delaTerre notreprin ipal intérêt
les obsta les peuvent avoir plusieurs origines,selon labande defréquen e hoisie :
obsta le detype interfa e air-surfa e, par exemplepour lesplans d'eau;
obsta le sous une surfa e, pour des observations dans un milieu donné (type
o éanoudésert de sable);
sommetvégétal ( anopée)ouobsta leprésentdanslevolumedelavégétation
(houppier).
Un gros avantage est la quasi-insensibilité aux onditions atmosphériques et à
l'illumination solaire, e qui permet, ontrairement aux images optiques, de
pou-voir faire des a quisitions de jour omme de nuit, et ave tout type de ouverture
nuageuse.
Le prin ipe du radar est assez simple : l'émetteur lan e des impulsions d'une
ertainefréquen eàintervallesréguliers,parexempletouteslesmilli-se ondes.
L'an-tenne du radar, qui agit ommeun proje teur, on entre l'émissiondans une zone
très étroite de l'espa e (voir Fig. 2.2). C'est ainsi que sont illuminées les ibles
si-tuéesdansle hampdel'antenne,et e,d'autantplusfaiblementqu'ellessontsituées
loin.La tra eau soldulobe d'antennedé ritune bandeappeléefau hée. Les ibles
réé hissentlessignauxreçusetl'antenne apte essignauxréé his,appelésé hos,
ave un dé alage d'autant plus grand queles iblessont lointaines.
Larésolution en distan e
R
,aussidénomméedansl'introdu tion de e hapitrerésolutiongéométrique, orrespondàla apa itéduradaràdistinguerdeuxpoints
très pro hes. En théorie, un système radar devrait être apable de distinguer des
ibles espa éesd'un temps égal àune demi largeur d'impulsion :
R =
cT
où
c
estla éléritéetT
laduréedel'impulsion.Une impulsionlaplusbrèvepossiblepermetdon d'avoir lameilleurerésolution possible.Maispour avoir unsignal
or-re t,ave unrapportsignalsurbruitraisonnable(pastroppetit), etteimpulsionne
doitpasêtretrop ourte.Un ompromisestpossiblemaislimitant.Ilest ependant
possible de re ourir à une astu e du traitement du signal, qui onsiste à moduler
le signal émis via la te hnique de ompression d'impulsion [Klauder 1960℄, e qui
permetd'augmenter la résolution en distan e de la mesureainsi que lerapport
si-gnalsurbruit.Pourréaliserla ompressiond'impulsion,unsignaldetype hirp est
émis,signalpseudo-périodiquemoduléàlafoisenamplitudeetenfréquen esurune
bande de fréquen e
B
autour d'unefréquen e porteuse. Le signal reçupar le radarest une opieretardée, atténuée et éventuellement déphasée (par eet Doppler)du
signalémis. Pour déte terle signalreçu, un ltrage adapté estutilisé, équivalent à
un al uld'inter orrélation.Pour
B
bien hoisi,letemps del'impulsionserade1/B
( hoisi ommeinférieur à
T
), etlarésolution en distan eseradeR =
c
2B
.
(2.2)La formation des images est la tradu tion en terme de pixels du signal reçu
par l'antennedu radar. Le radarmesure l'amplitude omplexe du hampéle trique
rétrodiusé
E
r
parla surfa e illuminéeS
.On exprime l'image omplexe de haquepixel par
A · exp(iΦ)
,oùΦ
estla phase etA
l'amplitude.A cos(φ)
estmesurée parle anal enphase duré epteur, et
A sin(φ)
par le anal enquadrature.Cetteamplitude omplexedépendd'unnombredeparamètresassez onséquent,
à ommen erparlespropriétés physiquesintrinsèquesdesobjetsobservéstellesque
leurforme,ouen oreleur(s)matériau(x) onstitutif(s),quiinuent surlavaleurde
lapermittivité diéle trique. Il est don avantageux d'avoir quelques informationsa
priori sur l'observation pour traiter l'image, et éviter de potentielles
indétermina-tions.L'amplitude dépend ausside l'angled'in iden e durayonnement,de lapente
lo ale de la surfa e observée et de la longueur d'onde d'émission. Typiquement, si
ette longueurd'ondeest beau oupplus petitequelatailledesélémentsde lazone
observée (surfa elisse à l'é helle de lalongueur d'onde), omme par exemple dans
le as d'une étendue de sable, d'eau ou de gla e, l'onde émise estalors totalement
réé hie.Àl'inverse,silalongueurd'ondeestbeau oupplusgrandequelatailledes
éléments observés, les atomes de eux- i sont polarisés, 'est-à-dire queles harges
négativesetpositivesdanslesmatériauxsontséparées.Ce iestdé ritparlemodèle
de ladiusionde Rayleigh [Strutt 1899℄,quiprédit notamment lebleu du iel etle
rouge d'un ou her de soleil. Enn, quandles deux longueurs sont omparables, il
peutseproduire des résonan es entreles atomes de la ible etla réexion se
om-porteselon lathéorie de Mie[Stratton 1941℄, rendant le diagramme de ré-émission
très variable.
2.1.1.1 Un radar spé ique : le radar à synthèse d'ouverture
Les images que nous avons traitées (voir hapitres ultérieurs) sont des images
Fig. 2.3 S héma d'imageurRSO(
Wikipedia).Le satellitesedépla eselon une
traje toire parallèle àl'axe azimutal, permettant ainsià un point P d'êtreilluminé
plusieurs fois par le fais eau du radar. La transformée de Fourier inverse de la
sommation ohérente des ondes reçues pour un même point P ane les résultats.
L'a quisitionaprèspost-traitementestmieuxrésoluegrâ eàlasynthèsed'ouverture.
dont les apteurs radars sont à synthèse d'ouverture [Oliver2004, Polidori 1998,
Massonnet2008℄. Ce sont des radars à visée latérale, 'est-à-dire, xés sur la fa e
latérale d'unporteur(avion ousatellite).De efait,l'antenneembarquée émet
per-pendi ulairement auve teur vitesse. La synthèse d'ouverture estune te hnique qui
s'applique spé iquement à e type de radars an d'améliorer la résolution
géo-métrique en azimut, axe horizontal projeté à la surfa e de la Terre et parallèle à
la traje toire du satellite (Fig. 2.3). Con rètement, une image ayant une meilleure
résolution est obtenue en simulant une antenne large tout en onservant une taille
physique d'antenne raisonnable. Ce traitement de synthèsed'ouverture, qui repose
sur une transforméede Fourier, est appliqué en n de haîne (post-traitement) au
signal brut reçu par le radar. En utilisant une antenne pla ée sur un porteur en
mouvement,lasommation ohérentedusignalreçu orrespondant àunmême point
de l'espa e est réalisée, sur plusieurs instants su essifs, en s'arrangeant pour que
l'objet reste dansle lobe prin ipal de l'antenne sur ette durée. Il repose don sur
le faitquele radarsedépla e physiquement ave le porteur, e quiimplique quele
même point estilluminé plusieurs fois(Fig. 2.3). Latransforméede Fourier inverse
de ette sommation ohérente aboutit au al uld'un nouveau point, virtuellement
a quis par une grandeantenne, donnant ainsiune image nalede meilleure
résolu-tion. Le résultatestdépendant dedeuxhypothèses,assez fa ilesàobtenir pourdes
porteurs de type satellite. La première est que le vol du porteur est parfaitement
stable:vitesse onstante,altitude onstante, et .La deuxièmeestune parfaite
sta-bilité desos illateursde démodulation du signal(nousavonsvuquelesignalradar
Fig. 2.4 Polarisations verti ale et horizontale des ondes émises et reçues par
l'antennedu radar.
Malgré la présen e du bruit de hatoiement (sous-partie 2.1.1.4), qui dégrade
visuellement les a quisitions RSO, es systèmes radars possèdent de nombreuses
qualités, notamment liées au fait que les a quisitions se font en bandes
hyperfré-quen es (ou de manière équivalente mi ro-ondes). Dans ertaines appli ations, la
apa ité de pénétration des ondes à travers des arbres, des murs, ou des surfa es
de sablepar exemple,permetunélargissement du hamp d'observations.En outre,
lapolarimétrie apportede nombreuses informations omplémentaires, ommenous
allonsvoir danslasous-partiesuivante.
2.1.1.2 Polarisation
Les hamps éle triquesin ident
E
i
etréé hiE
r
sont polarisés, 'est-à-dire queles ondes se propagent dans desdire tions bien dénies. Les polarisations sont
gé-néralement hoisies omme verti ales et horizontales, et toujours perpendi ulaires
à la dire tion de propagation de l'onde (Fig. 2.4). On parle alors de radar
polari-métrique [Lee 2009℄. En pratique, jusqu'à quatre images simultanées peuvent être
générées suivant les diérentes ombinaisons de polarisations (horizontale et
verti- ale) en émissionetenré eption.
Lapolarisationtraduitlastru tureoulevolumed'unes èneetpermetdemettre
en exergue les diérentes propriétés polarisantes des ibles observées. Il est ainsi
possible de rehausser les ontrastes de ertains détails non visibles sur des images
lassiques(non polarimétriques), ou dedéduire des propriétés de la ible telles que
le type de végétation. Typiquement, l'observation d'une stru ture horizontale est
plus adéquateave une émission/ré eptionHH, 'est-à-dire, hamps
E
i
etE
r
hori-zontaux.Par exemple,ellepermetdedistinguerl'eaudelagla e.Pourlesstru tures
verti ales, de type arbres ou ultures hautes (blé...), une polarisation VV est plus
adaptée. Lapolarisation HH passe au travers de telles ultures verti ales, et
per-met par exemple de mesurer la teneur en eau du sol. Lespolarisations HV ou VH
2.1.1.3 Autres types de radars
Nous onsidérons dans ette thèse uniquement les apteurs radars de type
po-larimétrique, arils sont bien adaptés à l'utilisation que nous souhaitons en faire,
à savoir établir des artographies de zones. Cependant, d'autres types de données
radars peuvent êtregénérées pour d'autres typesd'appli ations, omme
l'établisse-mentde modèles numériques deterrain [Noferini 2007℄,la artographie de
dépla e-ments de plaques te toniques [Madsen2001℄ou bien la modélisation de prévisions
météorologiques [Meis hner2010℄.
Leradarinterférométrique(InSAR)estimeladiéren edephasepourunemême
ible observée par deux radars à synthèse d'ouverture ou bien un même radar
uti-liséàdesinstantsdiérents[Ketelaar 2010℄.C'estunete hnologietrès utiliséedans
la onstru tion de modèles d'élévation de terrain. Par exemple, en zone urbaine,
les modèles d'élévation sont utilisés en vue de déterminer des hauteurs des
bâti-ments [Soergel 2010℄. La tomographie RSO [Reigber 2000℄, permet de gagner une
pré ision supplémentaire par rapport à l'InSAR ar elle peut être utilisée pour la
séparationetlalo alisationdire tedediuseursauseind'unemême ellulede
réso-lution. De e fait, il est possible de gagner unepré ision auniveau de larésolution
en altitude. La tomographie RSO équivaut don à une modélisation
3D
ee tuéegrâ e àune synthèsed'ouverture en dire tion del'altitude.
Les impulsions émises par un radar peuvent être modiées (durée d'émission,
temps entreles impulsions)andedonnernaissan eàdesdonnéesné essairespour
ertaines appli ationsspé iquestellesquelaradiométrieoul'altimétrie radar. Ces
diverses appli ations ont largement étéexploitées dansle adre de lamission ERS
(European RemoteSensing Satellite) [Prata 1990,Eymard 1994℄.
2.1.1.4 Bruit de hatoiement
Enpratique,lesimagesradarssontae tées parunbruità texture,ditepoivre
et sel, omniprésent sur l'a quisition, et qui, de fait, dégrade la qualité de elle- i.
Il s'agit de bruit produit par un système ohérent que l'on appelle phénomène de
hatoiement etqui dépend des paramètres du système radar etde la nature de la
surfa e imagée. Le modèle du hatoiement lassique présume de la présen e d'un
grandnombre derée teurspon tuelsindépendantsrépartis aléatoirement etayant
des ara téristiques de diusion semblables à l'intérieur de la ellule de résolution.
Lorsqu'illuminéeparleradar, haque iblerétrodiuseunepartiedel'énergiequi,en
plus des hangements dephase etde puissan e, est additionnée defaçon ohérente
pour tous les diuseurs. Cette variation ou in ertitude statistique (lavarian e) est
asso iéeà labrillan ede haque pixeldel'image radar. Par exemple,sansl'eet de
hatoiement une iblehomogène( ommeunegrandeétenduedegazon)apparaîtrait
entonsplus lairs.Maislaréexionprovenantde haquebrind'herbeàl'intérieurde
haque ellulederésolutionproduitdespixelsplus lairsetd'autresplussombresque
lamoyenne,desortequele hampapparaîtta heté.Eneet,selonleurempla ement,
Lespro éduresd'analyseetdetraitementsd'images lassiques onsidèrent
habi-tuellement le hatoiement ommeun élément indésirable ontenant peu
d'informa-tion. Deux te hniques permettent de réduire le hatoiement :le traitement
multi-vues (plus onnu sousleterme anglo-saxonmulti-look) et leltragespatial.
Le traitement multi-vues onsiste en un dé oupagedu spe tre azimuth (ou
dis-tan e) en plusieurs vues, qui sont ensuite sommées de manière in ohérente. Dans
ertains as parti uliers, e traitement peutaussi onsisteren l'a quisition de
plu-sieurs images d'une même s ène [Bruniquel1997, Xia1997℄. Comme le suggère le
nom de e traitement, haque visée produit sapropre image de la s ène illuminée.
Cha une de esimagesestaussisujetteau phénomène de hatoiement,maisen
fai-sant la moyenne de toutes les images pour obtenir une image nale, il est possible
de réduire globalement les eets du bruit.Ce traitement estappliqué par défautà
ertaines desa quisitionssur lesquellesnousavons travaillé (voir Annexe A).
La rédu tion du hatoiement par ltrage adaptatif [Lee 1994℄ est un
post-traitementqui onsisteàappliquerunefenêtreglissantedequelquespixelsà haque
pixel de l'image, et à moyenner les pixels de ette fenêtre suivant une ertaine
pondération. L'eet de lissage obtenu réduit visuellement le hatoiement. D'autres
méthodes de ltrage plus omplexes mais plus adaptées (et don moins lissantes)
peuventaussiêtre utilisées [Gagnon 1997,Fou her2001,A him 2006,Xia1997℄.
Cependant,detelstraitementsonttendan eàdégraderlarésolutiongéométrique
à ausedulissage,oubienàintroduiredesartéfa ts.Ainsi,siuneimageàbasse
réso-lutionestsouhaitée,alorslarédu tiondu hatoiementpeutêtretoutàfaitindiquée.
Enrevan he,sil'appli ationrequiertdesdétailsnsetunehauterésolution, omme
dansnostestsoùl'obje tif estde lassierdesimagesàlameilleurerésolution
pos-sible, la rédu tion drastique du bruit de hatoiement n'est pastrès appropriée ar
elle diminue la résolution. En outre, le bruit de hatoiement est orrélé au signal
(bruitmultipli atif),etdon àhauterésolution,ilpeut ontenirdesinformationssur
las ène observée qu'il peutêtre utilede onserver [Dell'A qua 2003,Oliver2004℄.
2.1.1.5 Autres spé i ités
D'autres spé i ités ompliquent d'avantage l'analyse desimages radars, et
né- essitent parfois un post-traitement. Nous proposons i i d'en établir une liste non
exhaustive :
Distorsion oblique : elle est due au fait que les a quisitions sont faites
selon un ertain angle. Les éléments dans le plan de fau hée (Fig. 2.2) le
plus pro he dit portée proximale (near range) sont ompriméspar rapportà
eux qui sont présents dans la portée distale (far range) à ause de la
non-linéarité de l'é helle des distan es. Ce i requiert une onversion de l'image
en distan e-sol, onversion qui est dire tement assimilable à une proje tion.
Cette onversion peut être faite par le pro esseur radar lors du traitement
desdonnées, ou par transformation géométrique de l'image. Dans la plupart
Distorsion géométrique : un autre type de distorsion est le phénomène
de repliement lié aufaitqueles objetsen hauteurrépondentavant desobjets
situés au sol. Par onséquent, leur réponse est mélangée ave elle d'autres
pointsdusol.Celapeutêtre ontraignant,en parti ulieren zonesurbaines,et
tendà générer des onfusionsdanslale ture del'a quisition.
Variation en intensité (teinte) à travers l'image : une antenne radar
transmet plus d'énergie dans lapartie entrale du ouloir balayé que dansla
portéeproximale ou laportée distale.Cet eetest onnusous lenomde
dia-gramme d'antenne etdonneune rétrodiusion plusforteen provenan e dela
partie entrale du ouloirquedes tés.Ces eetsse ombinentpourproduire
uneimagedontl'intensité(teinte)variedelaportéeproximaleàlaportée
dis-tale. Un pro édéappelé orre tion de diagramme d'antenne peut s'appliquer
pourproduire une tonalitéuniformemoyenne ande fa iliterl'interprétation
visuelle. En outre, les systèmes radars peuvent diéren ier jusqu'à plus de
10000
niveauxdegris.Puisquel'oeilhumainnepeutper evoirsimultanémentqu'environ
40
niveauxd'intensité[Gomaras a2009℄,ilya tropd'informationpour l'interprétation visuelle. Ainsi don , la plupart des données radars ont
une résolution radiométrique de
16
bits (65536
niveaux d'intensité) que l'onréduit à
8
bits (256
niveaux) pour l'interprétation visuelle et l'analyse parordinateur. Nous avons eu re ours à un tel pro édé pour les images traitées
parlasuite.Celaest, ertes,dis utabledanslesensoùunetellenormalisation
rée une distorsionnon linéaire (au mieux unseuil) etune quanti ation des
distributionsinitialesquipeuvent dégraderlesinformationsprésentesdansles
images. Cependant, nous avons étudié les histogrammes des niveaux de gris
dediversesimagesRSO
16
bits,etavonspu onstaterquelamajorité (99.9%
)des informations relatives auximages est on entrée sur les
256
premiersni-veaux de gris.Nous onsidérons dèslors que laportion d'information perdue
parla onsidérationd'uneimageà
8
bitsestnégligeableparrapportautempsde al ulquisera
2
8
plus onséquent si l'image onsidérée en entrée estde
16
bits.
Mauvais étalonnage du radar : l'étalonnage est un pro édé qui assure
que le systèmeradar et lesignal qu'il mesuresoient aussi onsistantset
pré- is que possible [Freeman 1992℄. La plupart des images radars requièrent un
étalonnagerelatifavant d'êtreanalysées.Cet étalonnage orrigeles variations
onnues de l'antenne et la réponse du système, et assure que des mesures
uniformes etrépétitivessont possibles.Cette opération permetd'ee tuer en
toute onan edes omparaisons relativesentrelaréponsedesélémentsdans
unemême image,etentred'autresimages. Cependant,sidesmesures
quanti-tativespré isessontrequises,représentantl'énergievraimentretournéeparles
diérentes stru turesou iblespourdesns de omparaison, alors un
étalon-nage absoluestné essaire. L'étalonnage absoluestun pro édébeau oupplus
laborieuxquel'étalonnagerelatif.Il tentede relierlamagnitudedusignal
radar sont requises, ainsique des mesures quantitatives au sol faitesà l'aide
de ibles alibrées. Aussi, des appareils appelés transpondeurs peuvent être
pla és ausol avant l'a quisition desdonnées pour alibrer l'image. Ces
appa-reils reçoivent le signalradar, l'amplient et leretournent vers le radar ave
uneintensitédéterminée. En onnaissant l'intensitéde e signaldansl'image,
laréponsedesautres stru turespeutêtretrouvée par extrapolation.
Erreur de démodulation : les imageurs radars sont aussiae tés par des
erreursdedémodulationtemporellesauniveauduré epteurradar,duesàdes
retardsindéterminés danslesignalreçu.Celagénèreuneimage radarae tée
par deserreursmultipli ativesau niveau de laphase[Morrison2006℄.
Présen e d'é hos parasites : desé hosparasites, aussiappelés fantmes,
ou lutter,peuventapparaîtreà ausedesréexionsmultiples.Typiquement,
ils proviennent du sol, de l'eau, des turbulen es atmosphériques, et peuvent
sérieusement ae terlesperforman esdessystèmesradars,notammenten
o - ultantdespoint- ibles.Ceseetspeuventêtreévitésgrâ eàdespolarisations
bien hoisies [Unal 2009℄, ou bien par ltrage numérique [Banjanin 1991℄. Il
peutêtreintéressant desupprimer lesé hosparasites naturelstouten
onser-vant les é hos parasites relatifs aux onstru tions de l'humain, qui peuvent
ontenirdesinformationsintéressantes(parexemple,lesé hospon tuels
pro-venant des immeubles). Une telle appli ation est explorée dans [Fogler1994℄
enprojetant lesimages dansledomaine log-magnitude.
Mouvement de ibles : lemouvement des ibles, telles quelesvoituresou
lesbateaux, peuvent modier les observations [Raney1971℄.
Ombres : le phénomène d'ombres peut se omprendre fa ilement puisqu'il
apparaîtaussidansle as ourantdel'imagerieoptique.Ildépendnotamment
de l'angle d'illumination de l'antenne du radar. En général, les régions
om-bragées apparaissent plus sombres sur une image, ar il n'y a pas d'énergie
disponiblepourlarétrodiusion,etne ontiennentquetrèspeud'information
sur la zone observée. Cependant, es ombres peuvent être exploitées à bon
es ient,ets'avérertrès utiles dansleszones urbaines,soit pour aiderà la
dé-terminationdelahauteurd'unbâtiment, soitpourdéte terlesbâtimentspar
utilisation d'images radarsinterférométriques [Tison 2003b℄.
De nombreux autres éléments peuvent ae ter les données à pleine résolution
( ompression, bruit de apteur...), maisnous avonslisté i i eux qui, à notre sens,
sont les plus importants étant donné le problème onsidéré dans e manus rit de
thèse.
2.1.1.6 Les images RSO en pratique
Dans ette brève sous-partie, nousallons dé rire les allures desa quisitions au
vudesdiverseszonesobservéesdansles imagesRSOquenousavonstraitées.
Lazonelaplusimportantepournousestlazoneurbaine,surlaquellenous
(a)StripMap (b)Spotlight
( )Balayage
Fig. 2.5 Modesd'a quisitiond'unradarRSO, i iillustré ommeradaraéroporté
[www.radartutorial.eu℄.
omme des oins rée teurs. Ainsi, l'allure générale d'une zone urbaine est un
en-semble de points très lumineux assez irréguliers, ar entre oupés, en général, de
zones d'ombres( f. 2.1.1.5). Onparlerapar lasuite d'hétérogénéité de eszones.
Dans un ontexte de atastrophes naturelles, les images RSO ont leur
impor-tan e [Boni 2007℄. En eet, dans le as d'une inondation, ou même plus
générale-ment de présen ed'eau, le oe ient de rétrodiusion, en général, diminue, e qui
se traduit sur l'image par des zones sombres. Ainsi, il est plus aisé de relever des
zoneshumidesgrâ eàdetelles ara téristiquesphysiques,pluttquesurdesimages
optiques,pourlesquellesnouspouvonsavoirdesérieusesindéterminations.Eneet,
visuellement, dans les images optiques, la ouleur de l'eau lors d'inondations peut
varier entre plusieurs bleus, du vert ou du marron si elle- i est boueuse. Dans le
as de feux de forêts, le oe ient de rétrodiusion augmente, générant des zones
plus laires quelamoyenne.
Enn, leszones de végétation, quenousavonspré édemment évoquéesen
illus-tration des eets du hatoiement (voir 2.1.1.4), sont des zones ta hetées dans des
niveaux de gris intermédiaires entre les zones d'eau sombres et les zones urbaines
assez laires.
2.1.1.7 Les modes d'a quisition
Trois modes d'a quisition sont généralement possibles (Fig. 2.5) par les radars
à synthèse d'ouverture.Jusqu'à présent,nousavonsparlé dumode en bande,aussi
d'uti-Fig.2.6 Vue d'artisted'unsatelliteCOSMO-SkyMed[www.mitsubishi orp. om℄.
ousatellite,età unanglexed'in iden everslesol.Ilbalaie ainsiun ouloirayant
omme largeur elledufais eauet ommelongueur letrajetee tuéparleporteur.
Le mode de saisie hyperne, désigné par le terme anglais de Spotlight, permet
d'obtenir une haute résolution (dans la dire tion azimutale) omme son nom
l'in-dique.Ils'agitd'orienterleradartoujoursverslamêmezonelorsdudépla ementdu
porteur.Dans emode,uneantenneréseauà ommandedephasedontlefais eauest
orienté grâ eàun logi ielestutilisée. Celapermet d'obtenirunplus grand nombre
de balayages de la zone d'intérêt que dans le mode lassique et don plus
d'infor-mations, e quiapour eetd'augmenterlalongueur del'ouverture synthétique.Le
toutsefait ependant aux dépends dela ouverture spatiale [Wahl 1996℄.
Le dernier mode est le balayage, onnu aussi sous le nom de S anSAR, pour
lequellefais eauradaree tueunbalayageangulaire entrelepoint sousleporteur
(lenadir)etunangledonnéd'in iden eausol.Commeleporteur,avionousatellite,
sedépla e,le ouloirsondéprendralaformed'unesériedebandeenzigzagssil'angle
varielinéairement du nadirversl'extérieur, puis l'inverse.
2.1.2 Le satellite COSMO-SkyMed
COSMO-SkyMed(COnstellationofsmallSatellitesforMediterraneanbasin
Ob-servation) (CSK) est un ensemble de satellites d'observation de la Terre italien, et
est exploité onjointement pour des appli ations iviles et pour la défense. Cette
onstellation est formée de quatre satellites (Fig. 2.6) à orbite basse, eux-mêmes
baptisésCSK, ha un étantéquipéd'unsystèmeRSOmultimode opérantenbande
X(
9.6
gigahertz).Unetelle ombinaisonpermetune ouvertureglobaledelaTerre,et un temps de revisite faible. Ce dernier est de
12
heures, e qui signie qu'unemême zonepeutêtre balayée deuxfoisdanslamême journée. Ce iestun avantage
onsidérabledansle adredesrisquesnaturels,pourlesquelsuneobservation
multi-temporellerappro hée estné essaire, typiquement pour la oordinationdesse ours.
Lesdeuxpremierssatellitesont étélan ésen
2007
,letroisièmeen2008
etlederniermoduleen
2010
.Comme illustré dans la Figure 2.7, les a quisitions peuvent se faire selon trois
modes(voirlasous-partie 2.1.1.7),selon larésolution souhaitée :
Fig. 2.7 Les trois modes d'a quisition du apteur COSMO-SkyMed
[www.eurimage. om
/
produ ts/
pdf/
sk−
user_g uide .pdf℄,dumoinsrésolu(àgau he)au mieuxrésolu(à droite).
(
10 × 10
km).ModesStripMap,pourdesrésolutionsdeplusieursmètrespermettant
l'a qui-sitiondezonesdeplusieurs dizainesde kilomètres(autourde
30 × 30
km) :unmode HImageà polarisation simple derésolution
3
mètres, etun modePing-Pongderésolution
15
mètres,quipermetd'a quérirdesimagesàpolarisationmultiple ( ombinaisons HH, VV,HV etVH,voir lasous-partie2.1.1.2).
Modes S anSAR pour des résolutions moyennes à faibles (
30
mètres à100
mètres)permettantl'observationdezonestrèsétendues(zonesdeplusde
100×
100
km). Ils sont désignés par WideRegion etHugeRegion. Nous n'entreronspas dans les détails on ernant e mode d'a quisition étant donné que les
résolutionssont beau ouptropfaibles,etquenous her honsàtravailler ave
desimages àhauterésolution.
Le mode StripMap HImage, étant le mode par défaut, nous avons travaillé
essen-tiellement sur e type d'a quisitions. Dans les sous-parties suivantes, e mode sera
simplement désigné omme mode StripMap. Le as multipolarisation sera désigné
ommemode PingPong.
Outre les a quisitions polarimétriques, qui sont parfois utilisées dans ette
thèse, la onstellation permet l'a quisition de données interférométriques
(sous-partie 2.1.1.3), appelé mode Tandem.
Laplupartdesimages-testsprésentéesdansles hapitre suivantssontdesimages
obtenues grâ e à l'agen e spatiale italienne (ASI) dans le adre du projet
Déve-loppement et validation de méthodes d'analyse d'images multitemporelles pour la
surveillan e multirisques de stru tures ritiques et d'infrastru tures (2010-2012).
De plus amples informations on ernant la mission COSMO-SkyMed sont
dis-poniblessurlesite web www. osmo-skymed.it.
2.1.3 Le satellite TerraSAR-X
Fig. 2.8 Vued'artiste dusatellite TerraSAR-X (
EADS-Astrium).
TerraSAR-X(TSX)estunefamille desatellitesradars d'observationde laTerre
allemandsdéveloppéedansle adred'unpartenariatpubli -privéentrel'agen e
spa-tialeallemande(DLR)etEADSAstriumAllemagne.LepremiersatelliteT
erraSAR-X a été lan é en 2007. Il a été rejoint en 2010 par un satellite jumeau T
anDEM-X (TerraSAR-X add-on for Digital Elevation Measurements) en vue d'obtenir des
imagesinterférométriques.Les ara téristiquesdusatelliteTSX(Fig.2.8)sont
simi-laires à elles dusatellite CSK. En parti ulier, omme sonnoml'indique, labande
d'a quisitionest labande X.Quatre modesd'a quisition sont possibles:
ModeSpotlightàhauterésolution,pourdesrésolutionsde
1, 1
mètreenpola-risationsimpleet
2, 2
mètresenmultipolarisation,surdespetiteszones(5×10
km).
Mode Spotlight pour des résolutions de
1, 7
mètre en polarisation simple et3, 4
mètresen multipolarisation surdespetiteszones(10 × 10
km).ModeStripMap,pourdesrésolutionsdeplusieurs mètres(autourde
3
mètresenpolarisation simple,
6
mètres en modePingPong) permettant l'a quisitiondezones de plusieurs dizainesde kilomètres(autour de
30 × 30
km).ModeS anSARpourdesrésolutionsde
18, 5
mètres,permettantl'observationdezones très étendues (zones deplus de
100 × 150
km). Unfois en ore,nousnedétaillerons pas emode d'a quisitionétant donnéqueles résolutionssont
beau oup trop petites, et que nous her hons à travailler ave des images à
hauterésolution.
LemodepardéfautestlemodeStripMap.Unedesdiéren esnotablesave le
satel-liteCSK estla possibilité d'a quérir desimages SpotLight à polarisation multiple,
làoù CSK neserestreint qu'à uneseule polarisation.
a quisitions les plus simultanées possibles( ondition sine qua non pour établir les
modèles d'élévation ave les données interférométriques), le temps de revisite est
plus long, à savoirde
1
à3
jourspour des zones spé iques,jusqu'à11
jours pourdeszones situées àl'équateur.
2.2 L'imagerie optique
Unsystèmed'a quisitionoptiqueestunsystèmeditpassif, aril aptelesondes
émises naturellement par lemilieu observé. Ce type d'images est moinsae tépar
le bruit queles images radars arl'illumination in ohérentene génère pas de bruit
de hatoiement.Lesbruitslesplus ara téristiquessont lebruitthermique, lebruit
de apteur et le bruit atmosphérique, qui inuent sur les a quisitions. Ces deux
derniers peuvent être ompensés,etne dégradent quepeul'image.En revan he,les
onditions météorologiques ont un fortimpa t, e quidonne en général desimages
partiellement a héespardesnuages.Enoutre,lesprisesdevuedenuitnesontpas
exploitablesen général.
Lefon tionnementdusystèmed'a quisitionestfondésuruntéles opeembarqué
àbordd'unsatellite.L'obje tifdutéles opeest omposédedeuxmiroirs,unmiroir
dit primaire etun miroir se ondaire. La lumière émisepar lazoneobservée atteint
le miroir primaire, qui fo alise elle- i en un point appelé foyerimage. Ce fais eau
onvergentpeutêtrerenvoyéversuno ulaireàl'aidedumiroirse ondaire.L'o ulaire
est la partie de l'instrument qui permet d'agrandir l'image produite par l'obje tif
au niveau dufoyer-image, en sommeil s'agitd'une loupe.Nousne détaillerons pas
davantagelesprin ipesdestéles opesspatiaux, eux- in'étantpasunpoint lédans
ette thèse.Nous proposons de nousfo aliser surles satellites Pléiades et GeoEye,
qui sont deux satellites optiques haute-résolution spé iques dont les a quisitions
nous ont permis d'établir des tests de lassi ation sur des images multi apteur.
D'autres missions de e type sont en ours, notamment, Qui kBird, IKONOS et
WorldView,que nousneprésentons pasdans ette thèse.
2.2.1 Le satellite GeoEye
Le satellite que nous dénommons de manière abusive GeoEye est le satellite
améri ain GeoEye-1, qui aété lan éen
2008
.Il est notamment un desfournisseursd'images pour les sites Google Maps et Google Earth. Son homologue GeoEye-2
est prévu pour
2013
. Ce satellite possède deux modes, un mode pan hromatique(niveaux de gris) pour lequel la résolution est de
41
entimètres et un modemul-tispe tral pour lequellarésolutionspe trale estmeilleureaudétrimentd'unemoins
bonnerésolution (
1, 65
mètre). Enpratique,legouvernement améri ain imposequeles images pan hromatiques soient ré-é hantillonnées à
50
entimètres en ayantre- ours àune onvolutionbi- ubique pour laventeen dehors duterritoire améri ain.
Les diérentes bandesmultispe trales sont lesbandes bleue, verte,rouge etpro he
Fig.2.9 Vue d'artistedu satelliteGeoEye[www.satimaging orp. om℄.
2.2.2 Le satellite Pléiades
Fig.2.10 Vue d'artistedu satellite Pléiades(
CNES).
Pléiades est un ouple de deux satellitesoptiques d'observation de laTerre
dé-veloppé notamment par l'agen e spatiale française (CNES) dans un but à la fois
iviletmilitaire(dual).Pléiadesaétémis aupoint onjointementàla onstellation
COSMO-SkyMedsousl'égideduprogrammeORFEO(Opti alandRadarFederated
Earth Observation) en vue d'une oopération spatiale fran o-italienne. Pléiades-1
a été lan é n 2011, et Pléiades-2 sera lan é d'i i 2013. Par abus de langage, nous
parlerons du module satellitaire Pléiades-1 ommeétant le satellite Pléiades. Tout
omme GeoEye, e satellite possède deux modes, un mode pan hromatique et un
mode multispe tral. Cesdeux modessontpossiblesgrâ eàdeux déte teurs
embar-qués, l'un permettant la déte tion pan hromatique et l'autre plus petit en terme
de nombre de pixels, mais plus évolué (assemblage de lignes photosensibles), qui
permet d'a quérir quatre bandes spe trales (bleu, vert, rouge, pro he infrarouge).
L'obje tif du programme Pléiades est de fournir une nouvelle génération d'images
multis-pe tral. En outre, après traitement par des stations au sol de l'agen e spatiale, la
tailledespixelsestde
50
entimètresenmodepan hromatiqueet2
mètresenmodemultispe tral.Le hampdevue enviséeverti ale peut s'étendrejusqu'à
20
km.Enombinant mathématiquement des mosaïques d'images, il est possible d'élargir le
hampde vueà
100 × 100
km.Selonl'anglede laprise devue, letemps de revisiteest inférieurà une journée, maispeuts'étendre à plusieursjours.
2.3 Con lusion
Nousavonsprésentédans e hapitrelate hnologieRSO,quiestunete hnologie
radarévoluée,munieàlafoisd'une ompressiond'impulsionetd'unesynthèse
d'ou-verture qui visent à apporter une bonne résolution en distan e et en azimut tout
en minimisant le bruit thermique inhérent à e type d'images. Ces systèmes
per-mettent d'obtenirdes images d'unezonequelles quesoient l'illuminationsolaire et
les onditionsmétéorologiques.Cependant,lebruitde hatoiementestomniprésent,
enparti ulierdansleszonesàfort oe ientderétrodiusion,etrendletraitement
de es images plus ardu. Ce hatoiement est un phénomène physique qui ne peut
être réduitsansdégraderlarésolution initialedel'image.Nousavons,ensuite,
briè-vement évoqué les imageurs optiques, dont les a quisitions sont moins bruitées et
mieux résolues,maisbeau oupplussensibles aux onditions extérieures.
Dansles hapitressuivants(Chaps.4et5),nous her honsàétablirdes artesde
lassi ation d'imagesRSOetégalementsurdesimagesmulti apteur. Lespremiers
tests ont été réalisés sur des images RSO à polarisation simple, ave une possible
extension à des images multipolarisées. Puis, nous avons her hé à étendre notre
ontribution à l'étude de données multirésolution en ayant re ours à des modèles
markoviens hiérar hiques. Enn, reétant l'intérêt de programmes tels que le
pro-gramme ORFEO, nous avons pu souligner une ertaine omplémentarité entre les
a quisitionsoptiquesetradar.Ainsi,ilestimportant,dansun ontextede
lassi a-tion, de pouvoirtrouverdesméthodesqui sontsusamment généralespour traiter
indépendamment ou de manière simultanée es types d'a quisition. L'exploitation
de la omplémentarité peut avoir un impa t positif sur les résultats naux
atten-dus. Nous avons don pour but nal de ette thèse la mise en pla e de méthodes
de lassi ation qui seveulent relativement générales pour permettre de traiter un
Modélisation statistique des
images
Sommaire
3.1 Modélisationstatistique des probabilitésmarginales . . . . 25
3.1.1 Modélisationstatistiquedesimages optiques . . . 25
3.1.2 Modélisationstatistiquedesimages RSO . . . 26
3.1.3 Modèlesdemélangesnis . . . 30
3.2 Leslimitesdesimagesmonorésolutionàpolarisationsimple
etintrodu tion des attributs de texture . . . 37
3.2.1 Attributsdetexture . . . 41
3.2.2 Modélisationstatistiquedesattributs detexture . . . 44
3.3 Modélisation des statistiques jointes par utilisationde
o-pules . . . 46