CONSTRUCTION
DE CELLULESRONDES
ET DE
CELLULES IRRÉGULIÈRES
CHEZApis mellifica
F’9R
M. VUILLAUME G. NAULLEAU Station de Recherches
Apicoles,
Bures-sur-1’wetteCollège Scientifique
universitaire,Angers
Un rayon
régulier, idéal,
de cellules d’ouvrières ou de cellules de mâles necomporte
que des celluleshexagonales.
De tels rayons sontrares dans les ruches et, en observant
soigneusement ceux-ci,
il est tou-jours possible d’y
trouver des anomalies : cellules de formesquelconques,
cellules à ouvertures rondes. Ces dernières sont
fréquentes
dans les ruches où une reine bourdonneuse estremplacée
par une reine féconde. Enpré-
sence de la reine
bourdonneuse,
les Abeilles ont modifié les cellules d’ou- vrières en cellules demâles,
lesadaptant
à la nature des larvesqui s’y développent,
enélargissant
les cellules des rayonsprimitifs.
I,a modifi-cation inverse
(adaptation
de cellules de mâles à des larvesd’ouvrières)
donne naissance à des cellules à ouvertures rondes
(D!RCHE:!,
Vizii!R etV
UILLAUME
).
Nous avonsessayé
d’obtenir de telles constructions irré-gulières
encagettes
avec un nombre restreint d’Abeilles( 100 ).
CONSTRUCTION DE CELLULES RONDES.
Modification des rayons.
Les faits mentionnés ci-dessus ont été observés dans des ruches
garnies
depopulation normale,
sans l’intervention d’unexpérimenta-
teur. Ce sont, par
conséquent
desphénomènes
naturels. Nous avons réussi à lesreproduire
dans descagettes
enprésence
d’une centaine dejeunes
Abeilles seulement. Nous choisissons desjeunes
Abeilles car cesont les
plus aptes
à la construction. Il suffit alors deplacer
desjeunes
larves d’ouvrières dans
sept
cellules de mâles. Les larves sontdispo-
sées comme il est
indiqué
sur lafigure
i. l,es résultats observés sontidentiques
à ceux obtenus dans les ruches àpopulation normale,
c’est-à-dire que les abeilles réduisent les ouvertures des cellules de mâles
qui
contiennent les larves d’ouvrières(fig.
ibis)
par un débutd’oper-
cule faisant le tour de
chaque
cellule.I a
’opération inverse, qui
consiste àplacer
des larves de mâles dans des cellulesd’ouvrières,
amèneégalement
les Abeilles àadapter
la tailleet la forme des cellules à la nature des larves
qu’elles
contiennent. Les modi- fications aboutissent à unélargissement
des cellules initialesd’ouvrières,
devenuestrop
étroites pourloger
les larves de mâles. Dans noscagettes,
les cellules voisines étantvides,
c’est à leursdépens
que sontagrandies
les
loges
des larves mâles.Ces
simples
observations nous mènent à une conclusionimportante :
le stimulus
qu.i
amène les abeilles àmodifier
les rayons est donc laprésence
de larves de caste
différente
de celle àlaquelle les
cellitles soiit destiiiées. Nous observons en effet que les cellules vides situées à côté de celles pourvues delarves,
ne sont pas modifiées dans lepremier
cas(larves
d’ouvrièresplacées
dans des cellules demâles).
Dans le second cas, les modifications affectant les cellules vides voisines des cellules contenant leslarves,
sont secondaires. Elles sont dues à lapression
exercée sur elles au moment del’élargissement
des cellulesoccupées
par les larves mâles.Modification des
cupules
aberrantes.Étudiant
la construction des cellulesroyales
parélongation
decupules artificielles,
nous avons été amenés àenvisager
les modificationsapportées
par les Abeilles à descupules
de forme et de dimensions anor-males
(V UILL A UM E 1959 ).
Nous avons vu les Abeilles réduire considé- rablement l’ouverture de certaines cellulestrop grandes
ouplacer
undébut
d’opercule
à mi-hauteur de cellulestronconiques ;
dans un travailplus récent,
nous avons observé les modificationsapportées
à descupules
de
grand
diamètre( 2
cm au lieu de 8mm)
et à des« barquettes » (grandes cupules allongées
divisées ou non par descloisons).
Nous avonsrepris
ce travail dans des
cagettes
contenanttoujours
le même nombre dejeunes
Abeilles
( 100 ).
La construction étant alorsbeaucoup
moinsrapide
que dans desruches,
nous avons pu la suivre debeaucoup plus près
et enobserver les différentes
phases.
Nous avons
repris également
notre étude de l’action du bord libre(V
UILLAUME 1959 )
en divisant lescupules géantes
et lesbarquettes
nonplus
par des cloisonssimples,
mais par des doubles cloisons. Les résultatsobtenus,
comme nous allons levoir,
renforcent leshypothèses
que nous avions émisesauparavant.
a) Cupules
géantes sans cloison.I,es modifications
apportées
à cescupules géantes
par les Abeilles d’une ruche onttoujours
étéfaites
en l’abse-!ace de Lnr!!es. Nous n’avonsjamais
pu en effet faire élever des larvesroyales
dans de tellescupules, qu’elles
soient cloisonnées ou non, même si les larves étaientdéposées
sur des
quantités importantes
degelée royale.
C’est donc descupules
vides que les ouvrières modifiaient.
En
cagettes
à l’étuve( 32 °- 35 °)
les Abeillesauxquelles
nous distri-buions miel et
pollen
àvolonté,
travaillent lacupule
en forme decylindre
enrongeant
un côté et en étirant l’autre. Les cellules construites sontgénéralement hexagonales
avec de nombreuses cellulesirrégulières.
Cette
irrégularité
estimposée
par la courbure du rayon(fig.
2 A et B etphoto ri° I ) (VUII,7:1UVI! I95(!).
b)
Cupules géantes cloisonnées.Cloisons
s-iria!les.
- Les Abeilles arrondissent les 4 cellules initialescomme dans la ruche
(photo n° 3 ).
Cloisoazs do2tbles. -
(I,es
cloisons étant distantes de moins d’unmm). —
Cetteexpérience
n’a pas été faite en ruche.Ici,
les Abeilles secomportent
tout autrement que dans le casprécédent (fig.
3,A,
B,C).
Que
nous divisions en 3 ou 4parties
lacupule géante,
lepremier
travail des Abeilles consiste à ronger les
parties
externes reliant 2 cellulespartielles
voisines(photo
n° 2 etfig.
3 B etC)
de telle sorte quechaque partie
devienne totalementindépendante,
alorsqu’initialement
ellessont toutes « enfermées o dans la
cupule géante. Ouand
ces « liens externes »sont
supprimés,
les Abeillesréagissent
comme elles le fonttoujours de-
vaut des cellules
trop larges.
Elles arrondissent l’ouverture en construi-sant un
opercule partiel
pour aboutir à une ouverture voisine de 5 mm : taille normale de l’ouverture d’une cellule d’ouvrière. D’une celluleroyale,
les Abeilles font alors une cellule
d’ouvrière,
comme elles le font àpartir
de cellules de mâles. Ces
cupules
cloisonnées sont sans doutetrop
aber-rantes pour
qu’un élevage royal
y soitentrepris,
car toutes les larves que nous y avons introduites onttoujours
étéexpulsées
par les Abeilles.On
pourrait
s’en étonner car nous avonspourtant
vu les Abeilles élever des reines et construire des cellulesroyales
à l’intérieur de manchonstronconiques trop larges,
d’une formeégalement
bienéloignée
de lanature. Elles en réduisaient alors le diamètre et construisaient à
partir
de la
cupule aberrante,
et sur cette ouvertureréduite,
une celluleroyale
aux dimensions normales
(!’L-Wr,.!u!z!, 1957 ).
Mais remarquons que l’intérieur de la cellule n’est pas modifié par les Abeilles dans le cas des cellulesprovenant
decupules
cloisonnées : celles-ciprésentent
intérieu-rement deux
angles
inférieurs à90 0 (fig.
3bis).
Or les manchons
tronconiques,
eux, sontrégulièrement
arrondis à l’intérieur. Est-ce la raison pourlaquelle
les Abeillespeuvent
lesaccepter
alorsqu’elles
refusent les cellulesqui présentent
à l’intérieur desangles
trop marqués ?
Nous avons vu
qu’il
étaitpossible
de faire élever des larvesroyales
dans des
cupules
à sectioncarrée,
mais lespourcentages
obtenus étaienttoujours
très faibles(quelques
p. 100seulement).
Ces mauvais résultatspourraient provenir
de la même cause. Si les Abeilles élèvent des reines dans descupules rondes,
c’estqu’elles
rencontrent là des conditions natu-relles ;
toutes les cellulesroyales
étant en effettoujours
à section ronde.Cette section ronde semble être d’ailleurs une forme
primitive,
car nousla retrouvons chez les
Bombus,
les.1,Iéli’Poizes, qui
ne construisent que des cellulesrondes,
cellules individuelles chez les1B11 éliPones,
collectives chez les Bombus(plusieurs
larves étant élevées dans la mêmecellule).
Les
Polistes,
de même, construisant lapremière
cellule de leurnid,
lafont ronde. Ce n’est
qu’à l’adjonction
des voisines que les cellules pren- nent leur formehexagonale (DEi<EURANCE). Après
les modifications aboutissant à la formation dequatre
cellules rondes àpartir
d’unelarge cupule cloisonnée,
notons que les Abeillesajoutent fréquemment
unecinquième
cellule au centre de la construction(fig.
3,C ; photo
n°3 ), juste
entre les cloisons initiales. Elles détruisent alorspartiellement
cescloisons pour
agrandir
le méat initial et en faire une celluleronde,
sem-blable aux
quatre
cellules latérales. le fond de cette cellule n’estjamais
au même niveau que celui des
quatre
autres cellules : il esttoujours
au-dessus,
àquelques
millimètres du fond de lacupule
initiale.Si les cloisons initiales sont
placées
d’unefaçon irrégulière,
de tellesorte
qu’une
cellule soit un peuplus large
que les autres, les Abeilles divisent cette cellule endeux,
et au lieu dequatre
celluleslatérales,
c’estcinq
que les Abeillesconstruisent ;
la cloisonajoutée
par les Abeilless’appuie
sur le fond de lacupule
initiale(photo
n°3 ).
Ces observations sont
toujours
valables si l’édifice ne demeure pastrop longtemps
au contact des Abeilles( 4 8
heures dans uneruche ;
8jours
dans une
cagette).
Il est évident que cette construction élaborée àpartir
d’une
ébauche,
que l’on ne trouvejamais
en cet état dans laruche,
va subir des modifications. Nous avons peu de données concernant laphase
suivante.
Il
apparaît
toutefois que l’ensemble est remanié en deuxétapes.
Dans une
première étape,
les Abeilles divisent les cellulesinitiales, rongent
certainesparties
descloisons,
et étirent des cellules rondes beau- coupplus nombreuses, verticales,
leur ouverturedirigée
vers le bas.Dans une deuxième
étape,
ellesdéplacent probablement
de lacire,
en la
prenant
en certains endroits du bord de la construction. Si nousregardons
lacagette
par ledessus,
nous observons les modifications relatées dans lafigure
q.( 1 ,
2, 3, q. etphoto n 0 4 ).
C’est en C et D que lesprélèvements
sontmaximum,
ils sont nuls en A et B ; c’est entre Aet B que les Abeilles viennent
déposer
les morceauxprélevés
en C et D,si bien que l’édifice
s’allonge
sensiblement par son milieu(axe A B),
tandis
que’
les bords(C D)
diminuent delongueur.
Pendant cetemps,
les Abeilles modifient le sens d’orientation des cellules. Celles-ci s’ouvrant
en dessous au cours de la
première étape,
vontprogressivement
s’ou-vrir latéralement. Nous verrons dans le
chapitre
suivant parquel
méca-nisme,
en étudiant les modificationsapportées
auxbarquettes.
c) Barquettes.
Au cours de la
première phase,
nous avons vu les Abeilles modifier la structure de l’ensemble en divisant les cellules endeux,
dans le cas ,debarquettes
cloisonnées par des cloisonssimples (V UILLAUM E
M.1959 ) ;
avec des doubles cloisons
initiales,
ellesn’ajoutent plus
ces divisions mais font directement une cellule à ouvertureronde,
avec chacune desparties
de la
barquette (photo n!3).
S’iln’y
a pas de cloisonsinitiales,
elles édi- fient des cellules rondesirrégulièrement disposées,
et de taille variable(photos
n° 5 et6).
Au cours de la
phase suivante,
nous assistons à un transfert decire, ayant
pourconséquence
ledéplacement
de l’ouverture des cellulesqui
d’abord
dirigées
vers lebas,
vont devenir latérales(fig.
5 etphotos
6 biset 6
ter).
I,apartie
AB va êtrerongée,
àpartir
de A et la construction vase réaliser d’abord en C. Puis
quand
lechangement
d’orientation des cellules sera suffisamment net, les Abeilles vont étirer en D lapetite
ébauche de rayon
qui
s’amorce(i
cellule à ouverturelatérale).
Arrivéeau stade q., la construction va se
régulariser
parl’adjonction
sur l’autreface,
d’ébauches de cellules. Les cellules de lapremière rangée
sont trèsirrégulières,
mais dès la deuxièmerangée,
il y arégulation importante
et construction de cellules
hexagonales
normales.C’est exactement par le même processus que les Abeilles modifiaient
nos
cupules géantes
non cloisonnées. Nous n’avions pas laissé suffisammentlongtemps
lescupules géantes
sans cloisons enplace
dans laruche,
mais làencore, un des côtés était
toujours beaucoup plus
vite etplus longtemps
étiré et
construit,
et en C(fig. 6)
les Abeilles tendent à construire unrayon,
qui,
s’il a encore sur une courte distance une courbure trèsnette,
doitrapidement
devenir un rayon normalplan.
Ceci tend à nous montrer que la celluleronde, primitive,
comme nous l’avo!asdit,
esttoujours pour l’A beille,
une construction transitoire. Elle
n’adapte
queprogressivement
la structurehexagonale définitive
à uneforme initiale quelconque.
Elle en inscrit d’abord lasurface
dans un cercle oit dasasPlusieurs
cercles de rayon variablequ’elle modifiera
ensuitepour
abotttir aux cellules et aux rayonsparfaits
que to7tt le monde connaît.CONSTRUCTIONS ABERRANTES
DIRIGÉES
Les Abeilles
réagissant
comme nous venons de levoir,
nous avons voulu leur poser certainsproblèmes
à résoudre. Enparticulier,
commentutilisent-elles des ébauches de cellules ou des rayons, celles-ci étant
pla-
cées dans des conditions que nous allons
préciser ?
1
0
Ébauches
de rayons naturels.a) Ébauches
entièressuspendues
à lapartie supérieure
de lacagette
(fig. 7 ).
- Dans ce cas,qu’il s’agisse
d’ébauches de rayons de cellules d’ouvrières ou demâles,
celles-ci sontadoptées
par les Abeilles et étirées normalement(D AR C H E N ).
b) Ébauches
de rayons dont les cellules sont détruites sur uneface (fig. 8).
- Ces ébauches sont collées contre une vitre de lacagette
par la face dont les cellules ont été détruites. Ces ébauches sontacceptées
etétirées normalement sur la face restée libre.
c) Ébauches
de rayons dont les cellules d’zmeface
et lefond
des cel-lacles ont été détruits
(fig. 9 ).
-Ébauches
collées sur ciregaufrée
ouplane.
Dans les deux cas, les ébauches sont
acceptées
et étirées normalement.d) Ébauches
de rayons(cellules
sansf ond) appliquées par
leurs extré-mités seules sur une cire
gaufrée
ou!lane :
«!oyats
»(fig. io).
- Danstous les cas, la
partie
centrale de l’ébauchequi
n’a aucun contact avecla
cire,
estdétruite,
et des constructions normales sont alorsentreprises
surchacune des deux
parties
extrêmes de l’ébauche non détruite : on aboutit alors à la formation d’uneplage unique
de cellule par la réunion progres- sive des deuxparties
initiales.2
° Rangées de cellules.
Pour cette
expérience,
nousdisposions
troisrangées parallèles
de5
à 8 cellules de mâles ou d’ouvrières. L’axe des cellules est
perpendicu-
laire à la cire
qui
lessupporte (cellules
sans fond sur ciregaufrée
ouplane).
La facteur le
plus important
dans cetteexpérience
est lalongueur
descellules. Les cellules courtes, d’environ i mm, sont
toujours
détruitesalors que les Abeilles conservent les
rangées
de celluleslongues qu’elles
raccourcissent
toujours plus
oumoins,
mais enrespectant
la base. Ellessont réunies pas des constructions
régulières
ouirrégulières
suivant l’écar-tement des
rangées
de cellules.La
longueur
dont ces cellules ont été raccourcies n’a pas été déter- minée. Dans le cas de destructioncomplète qui
ne seproduit qu’avec
les cellules courtes, d’environ i mm de
base,
nous sommesprobablement
au-dessous d’une
longueur
limitecorrespondant
au raccourcissement de toutes les cellules par les Abeilles. Pour lesAbeilles,
une cellule n’est maintenue commetelle, qu’à partir
d’unelongueur
d’environ 2 mm ;celles du bord des rayons en construction dont la
longueur
est inférieureà 2 mm sont modifiées sans cesse : les Abeilles retirant de la cire d’un endroit pour la
déposer
ailleurs.Les cellules sont traitées de la même
façon, qu’elles
soient de mâlesou d’ouvrières.
1 /
écartement entre les
rangées
des cellules n’a d’influence que dans larégularité
oul’irrégularité
des cellulesqui
relient cesrangées.
Les cellulesédifiées entre les trois
rangées
sontrégulières
si l’écartement est conve-nable
( 5
mm oumultiple de mm), irrégulières
dans le cas contraire.Ceci tout au moins dans une
première étape ;
en effet nous n’avons laisséces
rangées
de cellules quependant
6jours,
onpeut
penserqu’il
y aurait par la suite destruction et remaniement des cellules pour former uneconstruction normale.
Pour des
rangées
de cellules dont l’axe fait unangle
d’environ 60°avec la cire
gaufrée (fig. 11 ),
la destruction esttoujours
immédiate ettotale. Il nous reste à voir ce
qui
se passe pour une inclinaison vers le haut ou vers lebas,
variant de 60° à90 °.
Nous avons
également placé
une ébauche de deuxrangées
decinq
cellules mâles de 2 mm, le fond
reposant
sur de la ciregaufrée aplatie.
Dans ce cas, la destruction est totale. Sommes-nous
toujours
ici au-des-sous de la
longueur
limite dont nous avonsparlé?
Remarques
Des larves
placées
dans ces cellules avec unmélange
degelée royale
et d’eau sont
toujours rejetées (alors qu’elles
sont très bienacceptées
dansles mêmes conditions dans des ébauches de
rayons).
C’est la raison pourlaquelle
ces observations onttoujours
été faites avec descupules (cloison-
nées ou
non)
ou des cellulesdépourvues
de larves.3
°
Ébauches
de cellules isolées.Après
avoir isolé des cellules àpartir
d’un rayon, nous les décou- pons en« prismes hexagonaux » plus
ou moinslongs
et les soudons sur de la ciregaufrée
ouplane, perpendiculairement
à celle-ci. Cette ébauche artificielle de construction est ensuiteplacée
enposition
normale(ouver-
tures
latérales)
dans unecagette
enprésence
de 100jeunes
Abeilles(fig. 12 )
à l’étuve à 32-3!!. Plusieurs facteursimportants
semblentrégler
le
comportement
constructeur des Abeilles devant ces ébauches.a)
Nature de la cire.Dans le cas de la cire
gaufrée (plaque
de cire où les fonds des cel- lules sont creusés à lapresse),
ilimporte
que les ébauches soientplacées
de telle sorte que les bords de
chaque
cellule isolée soient enposition normale,
le fond artificiel des cellulescorrespondant
exactement à l’ébauche de lacellule,
sur la ciregaufrée.
Dans le cascontraire,
les «prismes
»sont
rapidement
éliminés par lesAbeilles ;
elles construisent alors des cellulesnormales,
de toutepièce,
comme elles le font àpartir
d’une ciregaufrée
ordinaire(DARCH!N).
I,epremier temps
a été enquelque
sortedu «
nettoyage
;!. Si un ouplusieurs « prismes
» sont enposition normale,
ils sont conservés et les Abeilles construisent un rayon normal autour deceux-ci ;
les autres sont éliminés.b) Longueu y
des cellules.Nous n’avons pas sufhsamment de données concernant ce pro-
blème,
il semble toutefois que les ébauches courtes(moins
de 5mm)
sont mieux
acceptées.
Un facteur trèsimportant
interfère d’ailleurs aveccelui-ci,
c’est l’écartement entre les ébauches des cellules.c) Écartement.
Pour un faible écartement : i à 2 mm, il y a un début de destruc- tion mais il reste
toujours
une ébauche de cellules initiales autour delaquelle
la construction sembles’organiser.
Pour un écartement de 2 à 3mm, la destruction estbeaucoup
moinsrapide.
Nous n’avons pas d’autresdonnées,
pour le moment, mais il estprobable
que pour un intervalle- d’environ
5 mm(intervalle
normal des cellulesd’ouvrières)
iln’y
aque peu ou pas de d2struction des ébauches initiales. Les Abeilles utili- seront ces ébauches pour établir une construction normale.
4! Baguettes recouvertes d’une couche de cire
(sur
sa faceinférieure)
et garnies de cupules de 8 mmde diamètre
(fig. 13).
Ces
baguettes
ne sont autre chose que cellesportant
les cellulesroyales
lors d’unélevage
artificiel. Lescupules (ébauches
artificielles de cellulesroyales)
sontsoudées,
l’ouverturedirigée
vers lebas,
sur 2 rangsen
position
alternée.Avant d’introduire des larves d’ouvrières dans ces
cupules,
il estimportant
pour la bonne réussite del’élevage royal,
de faire « familiari-ser » ces cellules. Cette « familiarisation » s’effectue en les introduisant 24
heures au maximum dans une ruche
quelconque.
La « familiarisation a esttoujours accompagnée
d’un remaniementplus
ou moinsrapide
descellules. Il consiste ici en un raccourcissement des bords des
cupules (i
mmenviron)
et endépôt
de contreforts decire,
à labase, qui
les conso-lident sur la
baguette porte-cellules.
le raccourcissement des cellulesau moment où l’on
oblige
les Abeilles àaccepter
un matériel autrequ’un
rayon normal ou une ébauche de rayon, semble être un
phénomène- général.
Le travail de cc familiarisation » est
parfois
trèsrapide
et ilarrive,
au.cours du
séjour
dans la ruche que lescupules
subissent des modifications trèsimportantes,
pouvant allerjusqu’à
l’édification d’une ébauche de rayon, où des celluleshexagonales
se dessinent sur les 2faces. Descupules initiales,
il ne reste alors que peu de traces. Ce travail s’effectueprogressi-
vement et nous pouvons y trouver les
phases
suivantes :Ire
éta!e :
raccourcissement descupules.
2
e
étape:
l’ouverture descupules
est ferméepartiellement
par une ébauched’opercule.
3
e
étape :
surl’opercule,
les Abeillesdéposent
de la cire defaçon
àédifier la base de 2cellules dont la forme n’est pas
régulière.
4
e
étape :
les cellules d’abordrondes, s’allongeant,
se transformenten 2 cellules
hexagonales ;
leur ouverture,dirigée auparavant
vers lebas,
a tendance à devenir
latérale,
comme nous l’avons vu dans le cas des.modifications des
barquettes.
Au cours de ces 4
premières étapes,
lescupules
sont soudées entreelles,
par des contrefortsverticaux,
renforcés. Ces contreforts finissent par constituer des o murets» disposés
enzig-zag
sur toute lalongueur
de la
baguette porte-cellules (fig.
rq. etphotos
n° 7 et 7bis).
5
e
étape :
les « murets » sont étirés et nous assistons à la formation d’une tranche de rayon continu reliant toutes lescupules
2 à 2.Les ouvertures des cellules
qui
semultiplient
sont alors latérales.6 e
et dernière
étape :
des ébauches de rayons deplus
enplus
nombreusessituées entre les
cupules
vont sedessiner ;
ellespeuvent
êtreparallèles
entre elles
(AB, A’B’, fig. 15 )
ou bien faire unangle (x) égal
à celui des2 droites reliant 3
cupules
voisines(C
DE, fig.
i5 etphoto
n° 7ter).
Toutes ces ébauches de rayon, courtes
(moins
de 2 cm dehauteur)
sont ensuite
modifiées,
tordues et reliées entreelles,
pour donner un rayonparallèle
aux rayons situés depart
et d’autre du cadreporte-cupules.
On assiste alors à l’édification d’un rayon
normal, parallèle
auxvoisins.
CONCLUSION
Ces observations nous ont montré comment l’Abeille utilise des
frag-
ments de cire de différentes formes.
Dans le cas des
cupules
soudées sur une couche de cireépaisse
ellesne trouvent là
qu’un
amas de cirequ’elles
remanient oudéplacent
àleur convenance, pour en faire un rayon normal. Les bords externes des
cupules
sontrongés ;
les Abeillesdéposent
la cire ainsirécupérée
ou de lacire nouvellement
sécrétée,
sur les bords internes des mêmescupules.
Lerayon se forme alors et les cellules
hexagonales
situées sur ses 2 facess’ouvrent en
position
normale. Le mêmephénomène
seproduit
avec lesbarquettes
et lescupules
de 2 cm dediamètre, qu’elles
soient cloisonnéesou non. Le stade des « cellules rondes »
précède toujours
ces modifi-cations.
Dans le cas des
fragments
de rayons,rangées
de cellules ou cellulesisolées, après
raccourcissement de 2 mm aumaximum,
les abeillesadop-
tent ces édifices et construisent autour, des cellules dont la forme varie en
fonction de l’écartement
séparant
les cellules ourangées
de cellules.Le
support
de ciregaufrée
surlequel
ces ébauches sont fixéesjoue
un rôle
important
dans le cas des cellules isolées. Celles-ci sonttoujours
détruites si les faces de la cellule ne
s’adaptent
pas exactement au fond d’une cellule de lagaufre.
Lephénomène
semble moinsrigoureux
si lesgaufres
sontremplacées
par desplaques
de cirelisses,
lalongueur
descellules devient alors le facteur le
plus important.
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