Intitulé :
Architecture et aménagement des lieux liturgiques. Cours principal Programme annoncé :
En découvrant, au fil des grandes étapes de l’histoire de l’architecture, l’utilisation variée de l’espace liturgique en fonction des célébrations liturgiques, des époques et des pays, les participants sont invités à s’approprier des critères de discernement pour l’utilisation, l’aménagement et la rénovation de nos églises d’aujourd’hui, cathédrales, paroissiales ou chapelles, en fonction des traditions et des règles liturgiques de l’Eglise catholique aussi bien que des diverses nécessités pastorales.
Bibliographie sélective (feuilles) En résumé :
PGMR
3294 (anc. 257) : Le peuple de Dieu, qui se rassemble pour la messe, forme une assemblée organisée et hiérarchique, qui s´exprime par la diversité des ministères et des actions selon chaque partie de la célébration.
Il faut que le plan d’ensemble de l’édifice sacré soit conçu de manière à offrir en quelque sorte l’image de l’assemblée qui s’y réunit, à permettre la répartition harmonieuse de tous et à favoriser le juste accomplissement de chaque fonction.
Les fidèles et la chorale auront une place qui facilite leur participation active.
Le prêtre célébrant, le diacre et les autres ministres prendront place dans le sanctuaire. On y préparera aussi les sièges des concélébrants, à moins qu’à cause de leur grand nombre on ne dispose leurs sièges dans une autre partie de l’église, mais toujours auprès de l’autel.
Ajout de la 3
èmeédition :
Ces dispositions, tout en exprimant l’ordre hiérarchique et la diversité des fonctions, devront aussi assurer l’unité profonde et organique de l’édifice, qui mettra en lumière l’unité de tout le peuple saint. La nature et la beauté du lieu et de tout le mobilier favoriseront la piété et manifesteront la sainteté des mystères qu’on y célèbre.
Limites de ce cours
Questions et défis aujourd’hui
La place de la cuve baptismale
RICA nn° 19 [= CE n°995 suite] et 25 [= CE n° 995] = Rituel du baptême des petits enfants nn° 19 et 25.
Cérémonial des évêques [CE] n° 52. 995. 356.
52 : ”L’église cathédrale aura un baptistère, même si elle n’est pas paroissiale, au moins pour célébrer le baptême au cours de la nuit pascale. Ce baptistère sera construit selon les normes données dans le Rituel romain”.
995 (Chapitre 15 : Bénédiction d’un nouveau baptistère [nn° 995- 1010]) : ”Le baptistère (ou « fonts baptismaux ») est un lieu : c’est là que jaillit la fontaine baptismale ou que la cuve baptismale est établie. Il doit être réservé à la célébration du baptême et bien mis en valeur, car c’est là que les chrétiens renaissent de l‘eau et de l’Esprit saint. Qu’il soit situé dans une chapelle ou bien dans un autre endroit de l’église, en vue des fidèles, son aménagement doit être adapté à la participation d’un grand nombre. . . .
La place du tabernacle
PGMR3 315 (nouveau !)Les images et l’art figuratif
Cf. PGMR3 117 (anc. 79) : sur la croix qui doit porter l’effigie du Christ crucifié.
Le bâtiment église n’est pas seulement le lieu de l’eucharistie
Si l’église-bâtiment est l’image de l’église en prière,La ”participation active”, c’est-à-dire ? Articulations du cours
A. Données bibliques (et prébibliques) B. Les grandes étapes au cours de l’histoire C. Questions particulières à travers l’histoire D. Quelques réalisations pour exemple
E. Vers un cahier des charges . . . (1) Pour l’aménagement d’une église ancienne - (2) Pour une nouvelle église paroissiale
F. Les défis qui demeurent
G. ”Nouer la gerbe” (éventuellement, reprise des pistes suivantes :) Pour nourrir la réflexion, quelques catégories inévitables :
- ”présence” (cf. les réflexions de Duthilleul, Sambor) : e.a. comment articuler la présence réelle, permanente du Christ dans le Saint-Sacrement et les autres modes de présences (cf. e. a. Mt 18,20 : Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux). Lien avec ”communion”, avec
”hospitalité” (Geldhof, Klasen, et L’espace liturgique, p. 102. 266), etc.
- ”symbole” (cf. Cassingena-Trévedy, L’Eglise maison de Dieu 23.25s.) : e.a.
l’église-bâtiment, de quoi est-il symbole ? (l’église cruciforme symbole du Christ en croix ?, l’église-bâtiment symbole de l’église-communion des saints, réplique du sanctuaire du ciel, symbole du cosmos, etc.) ; l’église-assemblée de quoi est-elle symbole ? (de l’église communion des saints, du Christ en son humanité, etc.).
- ”espace” (cf. Duthilleul, Klasen, etc.) et ”temps” : leurs rapports réciproques,
et en quoi ”le temps est-il supérieur à l’espace” ? Citation du pape François,
évoquée dans : L’espace liturgique, pp. 9. 127. 199s. 205. 216. 260.
- quel troisième terme, en plus de l’espace et du temps ? la vie, le mouvement, le ”passage” (cf. Ph. Barras sur l’”espace transitionnel”, Praud) : les processions, déplacements etc. ne sont-ils pas l’expression de notre condition
”pascale” au sens où le mystère pascal est mystère du ”passage” ?, sans oublier, liée au ”passage”, la notion chrétienne d’initiation (cf. Prétot).
Données prébibliques Les lieux sacrés . . . (cf. Clasen, a.c.)
Les temples, par ex. le temple de Zeus à Olympie (avec la statue de Zeus) Données bibliques
Ancien Testament : des temps et des lieux pour la prière
Des temps : cf. Gn 1,14 : 14 Et Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu’ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années ; 15 et qu’ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi.
Des lieux où on invoque le nom du SEIGNEUR (cf. Is 56,7 : ”Ma maison sera appelée maison de prière”)
Des lieux signes de la présence divine . . .
Le Temple de Jérusalem
He 9 : Le Saint et le Saint des saints
He 91 La première Alliance avait donc ses préceptes pour le culte ainsi que son Lieu saint dans ce monde [hagion kosmikon]. 2 Une tente [skènè] y était disposée, la première, où se trouvaient le chandelier à sept branches et la table avec les pains de l’offrande ; c’est ce qu’on nomme le Saint [Hagia]. 3 Derrière le second rideau, il y avait la tente appelée le Saint des saints [Hagia Hagiôn], 4 contenant un brûle-parfum en or et l’arche d’Alliance entièrement recouverte d’or, dans laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’Alliance ; 5 au-dessus de l’arche, les kéroubim de gloire couvraient de leur ombre la plaque d’or appelée propitiatoire. Mais il n’y a pas lieu maintenant d’entrer dans les détails.
Cf. Ex 26, 33-36
Des réserves :
A. Pas d’image de Dieu, sinon . . . :
Gn 1, 27 : 27 Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.
B. Maison et maison, église et église . . .
2 S 7,1-17 : Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ?
C. Et s’il s’agit d’élever un bâtiment, c’est Dieu qui donne le modèle :
Ex 25,9 : 9 Je vais te montrer le modèle de la Demeure et le modèle de tous ses objets : vous les reproduirez exactement.
Ex 25,40 : 40 Regarde et exécute selon le modèle qui t’a été montré sur la montagne.
Le Nouveau Testament s’en souvient :
Ac 7,44 : 44 Nos pères, dans le désert, avaient la tente du Témoignage. Elle avait été faite d’après les ordres de Celui qui parlait à Moïse et qui lui en avait montré le modèle.
He 8.5 : 5 ceux-ci rendent leur culte dans un sanctuaire qui est une image et une ébauche des réalités célestes, comme en témoigne l’oracle reçu par Moïse au moment où il allait construire la Tente : Regarde, dit le Seigneur, tu exécuteras tout selon le modèle qui t’a été montré sur la montagne.
Particulièrement la lettre aux Hébreux et l’Apocalypse
La liturgie s’en souvient :
La PE I ou Canon romain : ”. . . sur ton autel céleste . . . ”
Nouveau Testament : ”Vous êtes corps du Christ”
La nouveauté du N.T. : La communauté Corps du Christ . . .
(cf. Reichert, a.c.) 1 Co 3,11 : La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’ytrouve : Jésus Christ.
1 Co 3,16s. : Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? 17 Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous.
1 Co 6,15 : Vos corps sont les membres du Christ.
1 Co 6,19 : Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu . . .
1 Co 12,27 : Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.
Cf. Rm 8,11
2 Co 6,16 : Nous, en effet, nous sommes le sanctuaire du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit lui- même : J’habiterai [cf. Lv 26,11] et je marcherai parmi eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.
Ep 2,20 : . . . vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. (Cf. Reichert, a.c.
41s.)
1 P 2,4s. : 4Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante rejetée par les hommes (Ps 117,221), mais choisie et précieuse devant Dieu. 5 Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ.
1La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle.
He 3,5s. : Moïse, lui, a été digne de foi dans toute la maison de Dieu en qualité d’intendant, pour attester ce qui allait être dit. Mais le Christ, lui, est digne de foi en qualité de Fils à la tête de sa maison ; et nous sommes sa maison, . .
.
Ap 21,22 : ... son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau.
Jn 2,19.21 : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » . . . Il parlait du sanctuaire de son corps. (Cf. Reichert, a.c., p. 44s : ”Hieron ou le corps du Christ”)
Jn 4,23 : Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité.
Jusqu’à Constantin
Le mythe des catacombes . . .La maison-église de Doura-Europos, vers 230
- seule pièce à usage liturgique caractérisé : le baptistère
- sinon pièces à usages multiples, type de la ”maison-église” (avec atrium) - sinon déplacements et pas de mobilier fixe . . .
- 1er exemple des maisons-églises (cf. les églises romaines qui portent le titre des propriétaires qui ont mis leur maison à disposition) et ensembles épiscopaux reconstituées et pris comme modèles au 20ème s.
Deux questions :
1. Comment représenter la célébration de l’eucharistie au 2ème siècle ?
(Cf. C. Metzger, 31s.) : La table d’autel ”prolonge celle de la mensa de salle à manger, avec cette différence qu’elle n’est pas placée à la même hauteur. Quand elle se trouvait au centre d’un triclinium ou d’un stibadium (lit de repas semi-circulaire …), la table supportant les mets qui devaient être atteints sans difficulté, était placée entre 50 et 80 cm de hauteur. Dans le cas de l’autel, l’officiant étant debout, la hauteur moyenne du plateau de l’autel se situe entre 1 m et 1 m 10 – Sinon la typologie est la même, ce qui explique la difficulté à déterminer l’usage d’un plateau de marbre parvenu sans contexte archéologique et dépourvu d’inscriptions ou de signes chrétiens.”
2. Quelle continuité entre la synagogue et l’église ?
Cf. la ”fiction géniale” (Drouin, L’espace liturgique, p. 25) de Louis Bouyer.