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TRAVAIL D INTERET PROFESSIONNEL

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Academic year: 2022

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INSTITUT DE FORMATION DE MANIPULATEURS D’ELECTRORADIOLOGIE MEDICALE

CHU DE MONTPELLIER

Institut de Formation et des Ecoles 1146, Avenue du Père Soulas 34295 MONTPELLIER CEDEX 5

DIRECTEUR : Georges BOURROUNET CONSEILLER SCIENTIFIQUE : Dr Joseph PUJOL

TRAVAIL D’INTERET PROFESSIONNEL

D’ANDREA AURELIE PONCET MARION VAN DER WILDT SOPHIE

PROMOTION 2007/2010

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INSTITUT DE FORMATION DE MANIPULATEURS D’ELECTRORADIOLOGIE MEDICALE

CHU DE MONTPELLIER

Institut de Formation et des Ecoles 1146, Avenue du Père Soulas 34295 MONTPELLIER CEDEX 5

DIRECTEUR : Georges BOURROUNET CONSEILLER SCIENTIFIQUE : Dr Joseph PUJOL

TRAVAIL D’INTERET PROFESSIONNEL

D’ANDREA AURELIE PONCET MARION VAN DER WILDT SOPHIE

PROMOTION 2007/2010

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REMERCIEMENTS

Dans un premier temps, nous souhaitons remercier toutes les personnes qui ont participé à l’élaboration de notre mémoire de fin d’études.

Tout d’abord nos remerciements s’adressent à notre Directeur de Recherche le Docteur JUAN Josette, médecin du travail au CHU de Nîmes, pour nous avoir aidées et conseillées quant aux différentes étapes des démarches de recherche.

Nous tenons particulièrement à remercier Madame BRENGUES Christine et Monsieur PERRIN Cédric, cadres formateurs à l’IFMEM de Nîmes, pour nous avoir guidées et supervisées dans la rédaction de ce projet.

Nous sommes reconnaissantes envers,

- Monsieur MARTINEZ et Madame CHABALIER, respectivement cadres des services de médecine nucléaire et de radiothérapie au CHU de Nîmes,

- Madame BILLIET cadre du service de médecine nucléaire au CHU de Montpellier,

- Messieurs MAZET et MICHEL, cadres du service d’imagerie médicale du CH d’Avignon, - Monsieur FARGIER, manipulateur référent de la Polyclinique Grand Sud,

- Madame MAUREL, manipulatrice responsable référente de Valmedica, pour nous avoir permis de distribuer notre enquête au sein de leur service.

Nous n’oublions pas non plus tous les professionnels de santé qui ont accepté de se soumettre à notre étude.

Enfin nous tenons à remercier,

- Madame MANIVEL Brigitte Psychanalyste et rédactrice en chef de la revue Psy-cause (revue professionnelle en psychiatrie, psychanalyse et psychologie),

- Monsieur PONGY Philip Psychiatre et Psychosomaticien,

- Monsieur HEBERT Ergonome, pour nous avoir consacrées du temps lors de nos entretiens avec eux et nous avoir aiguillées dans le contenu de notre mémoire.

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SOMMAIRE

INTRODUCTION ………. page 7

Chapitre I - Le constat ……….. page 8

1 - Le vécu de stage 2 - La question de départ 3 - Le choix des hypothèses

Chapitre II - Les lombalgies ………. page 9 1 - Les rappels anatomiques ………. page 9

1.1 Le contenant du rachis

1.2 Composition d’une vertèbre lombaire type 1.3 Le contenu du rachis

1.4 Les fonctions du rachis

2 - Les lombalgies ……… page 11

2.1 Définition de la lombalgie 2.2 Classification des lombalgies 2.3 Les différents types de lombalgies

Chapitre III - La société actuelle ………. page 14 1 - Les accidents du travail et les maladies professionnelles ……….. page 14

1.1 Accident de travail 1.2 Maladie professionnelle

2 - La législation et les coûts pour l’individu et l’établissement ……. page 16 2.1 La législation

2.2 Les coûts pour l’individu et l’établissement

Chapitre IV - Le mal de dos et ses origines ………. page 19 I - Le mal de dos : origine personnelle ……… page 19

1 - Les facteurs physiques 2 - Les maladies congénitales 3 - Le tabac

4 - La sédentarité et l’activité physique 5 - Les moyens de prévention

II - Le mal de dos : origine psychosociale ………. page 24 1 - Les facteurs psychosociaux ……….. page 24

1.1 Les facteurs relatifs à la demande de travail 1.2 Les facteurs relatifs aux contrôles du travail 1.3 Les facteurs relatifs au soutien social 1.4 Les facteurs relatifs au stress

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2 – Mécanismes d’actions possibles des facteurs psychosociaux au travail… page 26 2.1 Accroissement des contraintes mécaniques du travail

2.2 Accroissement des souffrances musculo-tendino-ligamentaire du rachis

2.3 Les symptômes de stress

2.4 Schéma physiopathologique et psychopathologique

3 - Les études ……….……… page 27 3.1 Etudes sur les facteurs psychosociaux au travail

3.2 Etudes sur les effets du stress

4 - Les moyens de prévention ………... page 30 4.1 La gestion du stress

4.2 La psychothérapie cognitivo-comportementale 4.3 La relaxation psychosomatique

4.4 L’organisation au travail

5 – Conclusion………... page 32 III - Le mal de dos : origine professionnelle ……… page 33 1 - Les facteurs de risque au travail ………. page 33

1.1 La manutention à risque 1.2 Le port de charges

2 - Les moyens de prévention ……….. page 35 2.1 L'ergonomie au poste de travail

2.1.1 Les formations 2.1.2 Le matériel

2.1.3 L'organisation au travail

2-2 Les techniques de manutention des patients 2-3 Les postures et les mouvements

LA PROBLEMATIQUE ………... page 42 Chapitre V - L’enquête ………. page 43

1 - La méthodologie 2 - L’enquête

3 - Les résultats et les analyses 4 – L’entretien

CONCLUSION ……….. page 55 BIBLIOGRAPHIE ……… page 56 ANNEXE ……… page 58

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ABREVIATIONS

ANAES : Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation En Santé CHU : Centre Hospitalier Universitaire

CH : Centre Hospitalier

CRRMP : Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles IRM : Imagerie par Résonance Magnétique

EIFEL : Echelle d’Incapacité Fonctionnelle pour l’Evaluation des Lombalgies EHAD : Echelle Hospitalière d’Anxiété et de Dépression

IFMEM : Institut de Formation des Manipulateurs en Electroradiologie Médicale INSERM : Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale.

IMC : Indice de Masse Corporelle (correspond au rapport du poids sur la taille au carré) JASP : Journées Annuelles de Santé Publique

MERM : Manipulateur d’Electroradiologie Médicale

TASPAAT : Travaux d’Appel de la Sécurité Professionnelle et de l’Assurance contre les Accidents de Travail

TMS : Troubles Musculo-Squelettiques

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INTRODUCTION

Le mal de dos frappe de manière alarmante notre société.

Ce mal peut avoir un grand nombre de causes différentes, certaines mineures en comparaison de la douleur et du handicap qu'elles génèrent, d'autres plus complexes et plus profondes.

Les rachialgies peuvent également n'être que la manifestation d'une maladie ou de problèmes physiques qui n'ont pas de lien direct avec le dos.

Les lombalgies en quelques chiffres

D’après les données de « La lombalgie c’est quoi ? » du site LaNutrition.fr les lombalgies représentent :

- 70% des maux de dos - 20% des arrêts de travail

- 1ère cause d’invalidité pour les moins de 45 ans

L'incidence du mal de dos est en constante augmentation ces vingt dernières années dans les pays industrialisés ce qui pose un problème majeur de santé publique.

Mais d’où vient ce mal de dos ?

Cette question est le fil conducteur de notre mémoire. En effet, nos recherches et notre développement sont en relation avec ce questionnement.

Selon l’expertise collective de l’INSERM, la lombalgie est un symptôme multifactoriel.

Effectivement, les causes de ce mal sont multiples :

- Cause personnelle c'est-à-dire qui dépend de l’individu et de son mode de vie extra-professionnelle.

- Cause psycho-sociale au travail c'est-à-dire qui agit dans le milieu professionnel d’un point de vue psychologique et physique.

- Cause professionnelle c'est-à-dire toute la pénibilité qu’il peut y avoir dans son travail.

Toutes ces causes sont intéressantes à étudier, c’est ce que nous allons voir par la suite.

Certaines réponses pourront s’avérer surprenantes.

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CHAPITRE I : LE CONSTAT

1 – Le vécu de stage

Au cours de nos stages, nous avons régulièrement été interpellées par le nombre de manipulateurs touchés par le mal de dos ainsi que par leurs conseils répétés sur les gestes et postures pour nous protéger.

En effet, les manipulateurs sont, pour la plupart, soucieux de leur dos. Il nous ont permis de prendre de bons réflexes devant certaines manipulations comme par exemple, monter le brancard à notre niveau, ou s’asseoir lorsque l’on fait un soin.

Malgré la connaissance de certains gestes, les lombalgies sont très présentes chez les MERM. Il nous a donc semblé intéressant d’approfondir ce sujet en trouvant toutes les causes possibles de ces lombalgies et en identifiant les moyens de prévention.

En tant que futurs professionnels, il est nécessaire de connaître les gestes adaptés mais surtout de pouvoir les appliquer dans un service afin de nous protéger et donc de travailler dans de meilleures conditions.

Nous avons remarqué que les lombalgies étaient plus fréquentes que les cervicalgies ou les douleurs dorsales. De ce fait, et pour des raisons de clarté, notre mémoire développe uniquement la lombalgie.

2 – La question de départ

A quoi sont dues les lombalgies dans notre profession ?

3 – Le choix des hypothèses

Le mal de dos pourrait être la conséquence de multiples facteurs : - Ports de charges important

- Formations de manutention peu renouvelées et pas assez appliquées - Mauvaises postures au quotidien

- Le stress

- L’organisation au travail

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CHAPITRE II : LES LOMBALGIES

1 – Les rappels anatomiques

1 . 1 - Le contenant du rachis

La colonne vertébrale est une architecture complexe. Elle correspond à un empilement de 33 vertèbres qui comprend :

Un segment mobile

Ce segment est composé par sept vertèbres cervicales (C1 à C7), douze vertèbres dorsales (D1 à D12) et cinq vertèbres lombaires (L1 à L5).

Ces vertèbres non soudées sont séparées les unes des autres par des disques intervertébraux.

Ces disques sont constitués d’un anneau fibreux et dense appelé « annulus fibrosus » entourant un noyau central gélatineux appelé « nucléus pulposus ».

Leur rôle est de permettre à la colonne vertébrale d’acquérir sa souplesse et d’amortir les chocs.

Ces vertèbres sont maintenues entre elles de façon rigide mais souple par des ligaments qui enveloppent en avant et en arrière l’ensemble du rachis.

Ce sont les ligaments longitudinaux antérieur et postérieur, sus et inter-épineux, et jaune qui permettent le renfort des structures et la jonction des vertèbres entre elles.

De nombreux muscles viennent s’attacher aux vertèbres assurant ainsi leur stabilité et permettant la mobilité de la colonne.

Un segment fixe

Ce segment est composé de cinq vertèbres sacrées soudées (S1 à S5) et de trois à cinq vertèbres coccygiennes soudées.

Tandis que le rachis est rectiligne dans le plan frontal, il présente 4 courbures dans le plan sagittal : une lordose cervicale, une cyphose thoracique, une lordose lombaire, ainsi qu’une cyphose sacrée.

Ces courbures vertébrales ne se développent qu’en raison des contraintes imposées par les stations debout et assise : elles conditionnent l’équilibre.

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1 . 2 - Composition d’une vertèbre lombaire type

Cf annexe 1 page 59

1 . 3 - Le contenu du rachis

Au sein du rachis on retrouve :

- le canal rachidien qui contient la moelle épinière, les méninges, les racines nerveuses et les vaisseaux.

- les foramens intervertébraux qui livrent le passage aux racines nerveuses et aux vaisseaux.

La moelle épinière, qui passe dans le canal rachidien, s’étend de la première vertèbre cervicale à la deuxième vertèbre lombaire, et se termine par la queue de cheval.

Les racines nerveuses partent de la moelle épinière, traversent le canal rachidien et sortent de la colonne vertébrale à leurs niveaux respectifs.

La moelle épinière et les racines nerveuses baignent dans le liquide céphalorachidien et sont recouvertes d'une fine membrane interne, l'arachnoïde et une membrane externe plus épaisse, la dure-mère.

Les trous de conjugaisons sont formés par la face inférieure du pédicule de la vertèbre sus-jacente et la face supérieure du pédicule de la vertèbre sous-jacente.

Ces derniers correspondent au passage des nerfs rachidiens (réunion des fibres sensitives et motrices).

1 . 4 - Les fonctions du rachis

De par ces rappels anatomiques on peut en conclure que le rachis assure trois fonctions essentielles :

- Statique : assurée par les structures osseuses, discales, ligamentaires et musculaires.

Permet le maintien de la station debout.

- Dynamique : assurée par l’articulation des vertèbres entre elles.

Permet le mouvement rachidien (la flexion et l’extension).

- Protection : du système nerveux central (moelle épinière) et des organes thoraciques (bloc cardio-pulmonaire).

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2 – Les lombalgies

Le vieillissement du rachis correspond à un lent processus naturel de dessèchement des disques intervertébraux.

En effet, au fil du temps, les disques perdent progressivement leurs qualités hydrauliques.

Le nucleus pulposus subit une perte hydrique, entraînant ainsi une réduction de l'espace discal séparant les vertèbres adjacentes.

Conséquences au niveau de la vertèbre

La diminution de pression du liquide, au sein du noyau du disque, entraine une perte de hauteur du disque.

Ainsi on a une augmentation des contraintes sur les « glissières » articulaires postérieures entrainant :

- Une diminution de la mobilité : La colonne devient ainsi plus rigide.

- Un risque plus élevé de lombalgies :

Les apophyses de deux vertèbres successives étant plus proches, elles risquent lors d’efforts de s’accrocher (douleurs) ou de se bloquer (lumbago).

Toutes les vertèbres ne sont pas sollicitées de la même façon, tant par le poids du corps que par le port d’éventuelles charges.

L’importance de ce processus sera fonction de l’étage de la colonne vertébrale qui sera concerné.

Conséquences au niveau de la colonne Certaines vertèbres deviennent plus rigides.

Pour palier à ce problème, la colonne se structure en créant des zones de mobilité plus importante, ou zones charnières, entre ces zones rigides.

La mobilité globale est préservée, mais au lieu d’être répartie sur toutes les vertèbres, certaines deviennent plus rigides tandis que d’autres subissent des mouvements plus importants.

Ces zones charnières sont fréquemment le siège de douleurs par sollicitation excessive des structures articulaires postérieures.

2 . 1 - Définition de la lombalgie

Sous le terme de « lombalgie » est désignée une douleur située au niveau des vertèbres lombaires pouvant évoluer vers la région fessière, l’arrière des cuisses, et même atteindre l’arrière des genoux.

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2 . 2 - Classification des lombalgies

Les lombalgies communes ne sont pas secondaires à une pathologie spécifique sous- jacente de type infection, tumeur, affection rhumatismale inflammatoire.

Elles peuvent être douloureuses, invalidantes et nécessiter l’intervention d’un médecin voire une chirurgie spécifique.

C’est le type de lombalgie la plus fréquente (90% des cas) à coût socio-économique très important.

On distingue trois profils évolutifs de lombalgie commune :

On parle de lombalgie aiguë si la douleur dure moins de 7 jours, et de lombalgie chronique si la douleur évolue depuis plus de trois mois.

La lombalgie récidivante est une suite de phases aiguës, survenant de façon plus ou moins régulière, à quelques mois ou années d’intervalles.

Les lombalgies symptomatiques sont, elles, secondaires à une maladie grave de type infection, tumeur, fracture ou malformation.

C’est le traitement de la maladie associée à la lombalgie qui permet de faire disparaitre les douleurs.

C’est le type de lombalgie la plus grave mais aussi la plus rare (10% des cas).

2 . 3 - Les différents types de lombalgies

Le lumbago

La douleur survient brutalement en bas du dos, après un effort qui peut être, soit violent et inhabituel, soit banal après un « faux mouvement ».

Ces douleurs sont fortes, interdisent tout mouvement du dos, et sont soulagées par le repos et un traitement médicamenteux adapté.

Les lumbagos représentent les causes les plus fréquentes de lombalgie mécanique aiguë.

La hernie discale (cf annexe 1 page 60)

Sous l'effet des sollicitations excessives le disque intervertébral peut souffrir, l'annulus va alors progressivement se fissurer et le nucléus s'infiltrer dans la fissure.

Du fait des pressions le nucléus va faire saillie dans l'espace intervertébral : c'est la hernie discale.

La hernie discale peut entrainer soit des douleurs lombaires si la hernie ne vient pas au contact du nerf soit une sciatique si la hernie arrive au contact d’une racine du nerf.

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La sciatique

La douleur lombaire s'accompagne d'une douleur qui descend le long des faces

postérieures de la cuisse et de la jambe. Cette douleur est provoquée par l'irritation des racines du nerf sciatique secondaire à une lésion d’un disque intervertébral (type hernie discale).

Le nerf sciatique est constitué des racines L5 et S1.

Si la racine S1 est irritée alors la douleur descend sur le derrière de la cuisse et du mollet puis sur le coté extérieur du pied.

Si la racine L5 est irritée alors la douleur descend sur le coté externe de la cuisse et de la jambe pour se terminer vers le gros orteil.

La cruralgie

La douleur lombaire s'accompagne d'une douleur qui descend le long de la face antérieure de la cuisse, et qui peut même atteindre le genou. Cette douleur est provoquée par l’irritation d'une ou plusieurs racines du nerf crural.

Le nerf crural est constitué des racines L3 et L4.

Si la racine L3 est irritée alors la douleur est ressentie en haut et sur le coté externe de la fesse, puis passe devant sur la cuisse et se dirige vers la face interne du genou.

Si la racine L4 est irritée alors la douleur descend le long de la fesse et reste plutôt sur le coté externe de la cuisse avant de passer sur le devant au dessus du genou et de continuer vers le devant et l'intérieur de la jambe jusqu'au cou de pied pour se terminer parfois au bord interne du pied.

Tassement vertébral et pincement discal (cf annexe 1 page 60)

Le tassement concerne la vertèbre, il correspond à une fracture de celle-ci.

Sur les radiographies de profil, la vertèbre est déformée avec le bord supérieur qui s'incurve.

Le pincement concerne le disque qui va perdre de son épaisseur, donc de sa hauteur.

Il est transparent sur les radiographies et son atteinte se traduit par une diminution de l'espace entre les deux vertèbres.

Les lombalgies sont très diverses et peuvent se présenter sous différents types.

Ces lombalgies sont à l’origine de problèmes pour les personnes mais aussi pour les établissements de santé, car elles engendrent d’importantes dépenses de santé.

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CHAPITRE III : LA SOCIETE ACTUELLE

1 – Les accidents de travail et les maladies professionnelles

D’après les résultats publiés par La prise en charge kinésithérapique du lombalgique lors de la conférence de consensus de l’ANAES de 1998.

« Plus d’un français sur trois déclare avoir souffert de maux de dos au cours des douze derniers mois. »

« Le mal de dos est responsable en France de 110 000 arrêts de travail d’une durée moyenne de 33 jours, soit 3,5 millions de journées perdues ! »

Les lombalgies représentent la première cause d’invalidité au travail chez les personnes de moins de 45 ans.

1 - 1 Accident du travail

« Est considéré comme accident du travail, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail, à toute personne salariée ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs. »

D’après les statistiques annuelles, les lombalgies sont à l’origine d’environ 176 000 accidents de travail avec interruption d’activité.

La durée moyenne de ces arrêts de travail est en croissance constante ces dernières années.

Cf annexe 2 page 61 : Durée moyenne des arrêts de travail pour « lumbago » par rapport à l’ensemble des accidents du travail.

1 - 2 Maladie professionnelle

« Est considérée comme maladie professionnelle, une maladie contractée à l’occasion de son activité professionnelle, à cause des manipulations, de l’environnement ou des conditions de travail. »

Annuellement sont répertoriées en tant que telles plus de 150 000 personnes, parmi elles seulement 24 000 seront indemnisées.

Les lombalgies représentent à ce titre plus de 75% des dossiers.

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Selon les définitions médico-légales de la fiche n°5 des maladies professionnelles :

« Les tableaux de maladies professionnelles 97 et 98 définissent un certain nombre de critères qui doivent tous être réunis pour permettre une reconnaissance de la lombalgie au titre des maladies professionnelles :

- Il doit s'agir d'une affection chronique du rachis lombaire d’une durée au moins égale à 3 mois.

- La sciatique ou la radiculalgie crurale doit être provoquée par une hernie discale de topographie concordante avec l'atteinte radiculaire.

Pour la sciatique, il faut que la hernie discale soit de niveau L4-L5 ou L5-S1.

Pour la radiculalgie crurale, il faut que la hernie discale soit de niveau L2-L3, L3-L4 ou L4-L5.

- Pour la définition de la topographie, on pourra se référer utilement aux schémas précisant l’innervation des principaux muscles, au tableau des réflexes, à la description de la topographie sensitive radiculaire de la peau figurant dans le barème indicatif d’invalidité des accidents de travail.

- La hernie discale doit être qualifiée explicitement dans le compte rendu de l'examen radiologique (scanner ou imagerie par résonance magnétique).

- La durée d'exposition au risque est de 5 ans.

- Le délai de prise en charge est de 6 mois.

C'est le délai maximum entre la date à laquelle la victime a cessé d'être exposée au risque et l'apparition de la maladie »

Le tableau n°97

Indemnise les affections chroniques du rachis lombaire provoquées par des vibrations de basses et moyennes fréquences transmises au corps entier.

« La liste limitative des travaux comporte les travaux et types d'engins exposant habituellement le corps entier aux vibrations de basses et moyennes fréquences (2 à 10 Hz), quelle que soit leur taille ou leur puissance. »

Pour les travaux et types d'engins non visés au tableau, le dossier doit être soumis au CRRMP.

Le tableau n°98

Indemnise les affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes.

« La liste limitative comporte les travaux exposant habituellement à la manutention manuelle de charges lourdes. Les normes du code du travail valables pour le port occasionnel (30 kg pour les hommes et 15 kg pour les femmes) ne peuvent pas être applicables pour l'estimation du risque puisque le tableau vise des travaux habituels. Il convient néanmoins d’évaluer la charge unitaire, le tonnage journalier et les distances de transfert manuel. »

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2 – La législation et les coûts pour l’individu et l’établissement

2 . 1 - La législation

D’après l’article paru dans la revue de l’Aide Soignante en Avril 1999, Le mal au dos des soignants n’est pas une fatalité.

« Toutes les institutions de soins organisent depuis une vingtaine d'années, avec des réussites très variables, des formations dites de "manutention des malades", afin de permettre aux personnels soignants de se protéger de ce qui est devenu un véritable fléau au travail : le mal de dos.

Mais si la manutention des malades n'est qu'un outil qui ne vise que l'amélioration du confort des soignants, nous pouvons alors parler de grutage des malades.

La manutention relationnelle n'est qu'un un outil de soin qui, par sa richesse, favorise la rencontre entre les soignants et les personnes soignées.

Dans cet article, nous allons essayer d'expliciter les éléments principaux qui devraient permettre de mener une lutte efficace contre ces accidents de travail. »

Le code du travail

- Un homme ne peut porter plus de 55 kg, une femme pas plus de 25 kg.

- L'établissement doit organiser des formations de manutention, doit travailler sur l'organisation et fournir du matériel adéquat.

- Article R231-66 (Décret n° 92-958 du 3 septembre 1992 art. 1 Journal Officiel du 9 septembre 1992 en vigueur le 1er janvier 1993) (Décret n° 94-352 du 4 mai 1994 art. 1 i

Journal Officiel du 6 mai 1994)

Les dispositions de la présente section s'appliquent à toutes les manutentions dites manuelles comportant des risques, notamment dorso-lombaires, pour les travailleurs en raison des caractéristiques de la charge ou des conditions ergonomiques défavorables.

On entend par manutention manuelle toute opération de transport ou de soutien d'une charge, dont le levage, la pose, la poussée, la traction, le port ou le déplacement, qui exige l'effort physique d'un ou de plusieurs travailleurs.

- Article R231-67 (Décret n) 92-958 du 3 septembre 1992 art. 1 Journal Officiel du 9 septembre 1992 en vigueur le 1er janvier 1993) (Décret n) 94-352 du 4 mai 1994 art. 1 i

Journal Officiel du 6 mai 1994)

L'employeur doit prendre les mesures d'organisation appropriées ou utiliser les moyens adéquats, et notamment les équipements mécaniques, afin d'éviter le recours à la manutention manuelle de charges par les travailleurs.

Toutefois, lorsque la nécessité d'une manutention manuelle de charges ne peut être évitée, notamment en raison de la configuration des lieux, cette manutention est effectuée, l'employeur doit prendre les mesures d'organisation appropriées ou mettre à la disposition des travailleurs les moyens adaptés, si nécessaire en combinant leurs effets, de façon à limiter l'effort physique et à réduire le risque encouru lors de cette opération.

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- (Décret n° 92-958 du 3 septembre 1992 art. 1 Journal Officiel du 9 septembre 1992) Pour la mise en œuvre des principes généraux de prévention définis à l'article L. 230-2 et sans préjudice des autres dispositions du présent code, lorsque la manutention manuelle ne peut pas être évitée, l'employeur doit :

- Evaluer, si possible préalablement, les risques que font encourir les opérations de manutention pour la sécurité et la santé des travailleurs.

- Organiser les postes de travail de façon à éviter ou à réduire les risques, notamment dorso-lombaires, en mettant en particulier à la disposition des travailleurs des aides mécaniques ou, à défaut de pouvoir les mettre en œuvre, les accessoires de préhension propres à rendre leur tâche plus sûre et moins pénible.

- Article R234-6 (Décret n° 75-753 du 5 août 1975 Journal Officiel du 15 août 1975) Les jeunes travailleurs de moins de dix-huit ans et les femmes employés dans les établissements mentionnés à l'article précédent ne peuvent porter, trainer ou pousser tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ceux-ci des charges d'un poids supérieur aux poids suivants.

Personnel féminin de dix-huit ans et plus : 25 kg.

- Article R231-72 (Décret n° 92-958 du 3 septembre 1992 art. 1 Journal Officiel du 9 septembre 1992 en vigueur le 1er janvier 1993) (Décret n° 94-352 du 4 mai 1994 art. 1 i

Journal Officiel du 6 mai 1994)

Lorsque le recours 0 la manutention manuelle est inévitable et que les aides mécaniques prévues au 2# du premier alinéa de l'article R. 231-68 ne peuvent pas être mises en œuvre, un travailleur ne peut être admis à porter d'une façon habituelle des charges supérieures à 55 kilogrammes qu'à condition d'y avoir été reconnu apte par le médecin du travail, sans que ces charges puissent être supérieures à 105 kilogrammes.

- Article R231-71 (Décret n° 92-958 du 3 septembre 1992 art. 1 Journal Officiel du 9 septembre 1992 en vigueur le 1er janvier 1993) (Décret n° 94-352 du 4 mai 1994 art. 1 i Journal Officiel du 6 mai 1994)

Sans préjudice des dispositions de l'article L. 231-3-1 et des décrets pris pour son application, l'employeur doit faire bénéficier les travailleurs dont l'activité comporte des manutentions manuelles :

- D'une information sur les risques qu'ils encourent lorsque les activités ne sont pas exécutées d'une manière techniquement correcte, en tenant compte des critères d'évaluation définis par l'arrêté prévu à l'article R. 231-68.

- D'une formation adéquate à la sécurité relative à l'exécution de ces opérations ; au cours de cette formation, qui doit être essentiellement à caractère pratique, les travailleurs sont instruits sur les gestes et postures à adopter pour réaliser en sécurité les manutentions manuelles.

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2 . 2 - Les coûts pour l’individu et l’établissement

A l’échelle mondiale, les lombalgies représentent un problème majeur de santé publique.

Elles engendrent d’importantes dépenses de santé et interfèrent avec les activités professionnelles de la population active. Les dépenses en coûts directs et en perte de productivité sont très élevées.

Si l’on considère les arrêts de travail et les incapacités aboutissant à des indemnisations, le poids socio-économique des lombalgies a considérablement augmenté.

Cette croissance est due à des changements de fréquence, mais aussi des changements dans l’attitude des malades, des professionnels de santé et de la société.

Les publications récentes montrent l’importance des coûts indirects par rapport aux coûts directs.

En effet, les coûts indirects regroupent les indemnités journalières, les pensions d’invalidités, les pertes de production et les pertes d’opportunité d’emploi, et représentent entre 62 et 93 % des coûts totaux des lombalgies.

Toutefois le coût global est bien différent selon les pays, aux États-Unis, il est quatre fois plus important par habitant qu’en France ou en Hollande. Cette différence est expliquée en partie par une utilisation plus importante des techniques d’imagerie et par la réalisation d’actes chirurgicaux.

Le mal de dos est donc un véritable fléau social à l’échelle mondiale.

En France les répercussions socio-économiques sont faramineuses et la prise en charge

s'effectue par :

- L'Assurance Accident du Travail :

Annuellement les lombalgies sont à l'origine de 176 000 accidents de travail avec arrêt d’activité.

La durée moyenne de ces arrêts de travail est en constante croissance.

Alors qu’elle était, en 1998, de 33 jours avec une perte annuelle de 3 600 000 journées de travail, elle est passée en 2005 à 55 jours en moyenne.

- L’Assurance Maladie :

Annuellement 208 millions de consultations médicales pour douleurs lombalgiques sont remboursées par le régime général.

Au total, on estime ainsi à 1,4 milliards d’Euros le coût total de ce fléau en France.

Conclusion

La lombalgie est une pathologie complexe, car très vaste et multiple.

En effet, les types et les causes sont très diverses et la symptomatologie peut-être très différente selon les patients.

Il existe autant de lombalgies diverses que d’origines différentes pour cette pathologie.

Il est intéressant maintenant d’essayer d’étudier les divers facteurs pouvant favoriser les lombalgies, tels que :

L’origine personnelle

L’origine psychosociale

L’origine professionnelle

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CHAPITRE IV : LE MAL DE DOS ET SES ORIGINES

I – LE MAL DE DOS : ORIGINE PERSONNELLE

Différentes études ont montré que certains paramètres de notre physique et que notre hygiène de vie, en général, peuvent influencer le risque de lombalgies. En effet cette région du dos, constamment sollicitée, nous permet la mobilité et la posture du corps, mais supporte aussi une part importante de notre poids corporel. En lui additionnant des contraintes elle peut alors « s’épuiser » et se dégrader, présentant ainsi des dysfonctionnements pouvant entraîner des douleurs.

1 - Les facteurs physiques

Certains facteurs propres à l’individu peuvent augmenter le risque de lombalgies tels que :

L’âge

On note une augmentation de la fréquence des lombalgies avec l’âge, jusqu’à 45-50 ans environ, puis une stabilisation et même une légère décroissance. En effet la colonne vertébrale des 45-50 ans a subi plus de contraintes qu’une personne plus jeune, mais va en subir de moins en moins par la suite.

Avec l’âge les disques intervertébraux se déshydratent, perdent de leur élasticité et de leur résistance à la pression.

L’âge influence surtout l’augmentation des sciatiques, la personne plus âgée a des cartilages plus abîmés et l’on peut souvent constater un tassement entre les vertèbres qui est dû à l’usure du cartilage et qui peut entraîner des conflits disco-radiculaires.

Le sexe

Il semblerait que les femmes aient plus de risques que les hommes de souffrir de maux de dos.

Les femmes enceintes, supportent un poids supplémentaire de 9 à 12 kg au ventre.

Leurs hormones ont une action sur le relâchement des tissus musculaires principalement à la région pelvienne pour faciliter l'accouchement, mais aussi aux alentours de la colonne vertébrale. Le nombre de grossesses va donc augmenter les risques de lombalgies. De plus, la prise de la pilule anticonceptionnelle augmente la sécrétion d'hormones ayant pour effet de détendre les tissus musculaires, comme durant la grossesse.

La taille

Elle pourrait augmenter le risque de sciatique : ceci a été observé sur un échantillon de population (résultats non publiés) et ces résultats sont cohérents avec ceux d’une étude menée sur une population générale en Finlande, citée dans la synthèse de Burdorf et Sorock.

Être de grande taille engendre souvent chez ces personnes une mauvaise posture. En effet ces dernières sont obligées d’adapter leurs gestes à l’ergonomie présente.

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Le poids et la malnutrition

Le surpoids (IMC supérieur à 29) va provoquer une augmentation de pression sur chaque vertèbre, et chaque disque, ce qui va augmenter l’usure des cartilages et l’écrasement des disques. L’obésité devient un problème de plus en plus fréquent dans les pays occidentaux.

De même la malnutrition et les carences alimentaires peuvent occasionner des troubles ostéo-articulaires au niveau de la colonne et donc entraîner un mal de dos.

On constate souvent chez les hommes un surpoids se localisant au niveau abdominal (contrairement aux femmes où il se localise d’avantage sur les cuisses). Il ne suffit parfois que de quelques kilos en trop pour être sujet à des lombalgies. Ce surpoids exerce une force vers l’avant sur la colonne et va provoquer une cambrure lombaire due à une réaction de rééquilibrage. Cette lordose exagérée peut donner des douleurs par sollicitation des articulations postérieures du rachis.

2 - Les maladies congénitales

Dans les maladies congénitales on distingue plusieurs types de pathologies différentes :

• Les dégénérescences discales

• Les pathologies congénitales influençant les lombalgies

• Les malformations congénitales

Plusieurs études observent surtout dans les prédispositions familiales une dégénérescence discale.

Etude de Simmons et ses collaborateurs

Ils fondent leur étude sur 65 patients ayant subi une intervention chirurgicale pour un problème de disque. Ces patients sont comparés à un groupe témoin.

L’étude montre : « une différence significative entre les deux groupes concernant l’existence

de lombalgie sévère ou d’intervention chirurgicale sur le disque dans la parenté.

L’auteur conclut qu’une histoire familiale de lombalgie peut, comme la présence d’autres facteurs de risque, augmenter la probabilité d’une maladie dégénérative du disque. »

Etude menée par Richardson et ses collaborateurs

Conclusion : « Deux facteurs de risque sont retrouvés pour les problèmes de disque : une histoire familiale positive et le port de charges lourdes dans le passé. »

Les résultats des maladies congénitales portant, non sur le vieillissement des disques intervertébraux, mais sur la lombalgie en général, sont moins faciles à interpréter.

Des similitudes familiales dans les déclarations de douleurs ou de limitations fonctionnelles peuvent exister, sans que l’origine en soit génétique, mais parce que l’état de santé déclaré est lié, entre autres, à des facteurs culturels.

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On peut cependant en noter quelques unes :

L’arthrose

C'est une dégénérescence du cartilage des articulations sans infection ni inflammation particulière. Cette dégénérescence conduit à une destruction plus ou moins rapide du cartilage qui enrobe l'extrémité des os. Anatomiquement, cette destruction s’accompagne d’une prolifération osseuse sous le cartilage.

C'est la maladie articulaire la plus fréquente. Les premiers symptômes apparaissent généralement à partir de 40-50 ans, mais la maladie commence souvent bien plus tôt dans la vie.

La notion d’arthrose familiale est démontrée pour les arthroses du genou, de la hanche et de la main.

L'ostéoporose

Elle se caractérise par une perte de la résistance des os prédisposant ainsi aux fractures. Dans la plupart des cas, les os se fragilisent en raison d’un manque de calcium, de phosphore et d’autres minéraux.

Lorsque les os sont plus poreux, ils sont plus susceptibles de se fracturer lors d’une chute banale qui, en temps normal, aurait été sans conséquence. Les os de la hanche, des poignets et de la colonne vertébrale sont ceux qui subissent le plus souvent une fracture attribuable à l’ostéoporose.

Cette pathologie n’est pas héréditaire mais engendre une prédisposition familiale.

La spondylarthropathie inflammatoire

Il s’agit d’un rhumatisme réactionnel causé par le gène HLA-B27 et une maladie associée telle que le psoriasis, la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique ou le chlamydia. Elle touche les sujets jeunes et provoque principalement des lombalgies inflammatoires et une raideur du rachis.

Les malformations congénitales les plus rencontrées sont :

Le spina-bifida

C’est l'absence de fermeture postérieure du canal osseux (colonne vertébrale) dans lequel se trouve la moelle épinière. Le degré de l'anomalie est très variable.

On distingue : - les spina-bifida occultes - les spina-bifida ouvertes Il existe une prédisposition familiale.

Il s’agit d’un défaut de soudure au niveau des vertèbres entraînant la formation de hernie.

Le spondylolisthésis

Il s’agit du glissement d'une vertèbre en avant d’une vertèbre située en dessous d'elle.

Les vertèbres les plus souvent concernées sont les quatrième et cinquième vertèbres lombaires.

Il existe un facteur congénital à cette pathologie.

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3 - Le tabac

Le tabac est très nocif pour la santé, y compris celle du dos.

En rétrécissant les vaisseaux sanguins, il empêche une bonne distribution du sang (donc d’apports nutritifs) destiné aux muscles et aux disques intervertébraux.

Les études postérieures à 1996 vont plutôt dans le sens de l’existence d’une association, mais les résultats observés sont parfois difficiles à interpréter. L’hypothèse de l’existence d’une relation est renforcée par la présence biologique de mécanismes faisant intervenir le système vasculaire. Ces mécanismes ne seraient cependant susceptibles d’intervenir que pour des sujets relativement âgés.

Le tabac diminue quand même la circulation sanguine et la réhydratation des disques intervertébraux, donc des problèmes lombaires en perspective…

4 - La sédentarité et l’activité physique

Le dos est fait pour le mouvement, il doit bouger et travailler régulièrement. Le plus souvent, c’est parce qu’il est trop peu ou mal sollicité qu’il est douloureux. Un manque d'activités physiques lié aux voitures, au temps passé devant la télévision, l'ordinateur ou les consoles de jeux vidéo peut provoquer une diminution de la masse musculaire.

C’est pourquoi, la prévention du mal de dos passe par le maintien d’une bonne condition physique générale, en faisant de l’exercice. Il est même conseillé de pratiquer une activité sportive régulière afin de renforcer les muscles du dos, de simples exercices et étirements réguliers pourraient réduire de manière importante le risque de lombalgies.

De la même façon, en cas d’épisodes douloureux, il est recommandé de maintenir autant que possible ses activités normales de la vie quotidienne, afin d’éviter de raidir le dos et de retarder la guérison.

Cependant, il faut faire attention de ne pas exercer une importante sollicitation physique sans préparation musculaire au préalable : effort violent, déménagement ou encore entraînement sportif trop intense. Comme pour la pratique sportive, les relations avec la lombalgie peuvent être complexes. Du point de vue de la biomécanique, on ne peut exclure des effets négatifs possibles en rapport avec une importante activité physique. Cependant une meilleure musculation peut être un facteur protecteur.

Enfin, comme nous l’avons vu, avec l’âge, les disques intervertébraux se déshydratent, perdent de leur élasticité et de leur résistance à la pression. Or la pratique régulière d’une activité physique permet de conserver des articulations souples et des muscles, notamment abdominaux et dorsaux, toniques.

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5 - Les moyens de prévention

On peut donc constater que pour préserver au mieux son dos, il faut prendre de bonnes habitudes très vite.

Adopter un mode de vie sain

Maintenir un poids santé ou perdre du poids si l'on est en surpoids

Appliquer des postures correctes et un bon maintien en permanence

Ne pas commencer ou arrêter la consommation de tabac

Faire régulièrement de l'exercice, des étirements et s'échauffer avant d'entreprendre une activité physique afin de conserver la force et la souplesse du dos (porter une attention particulière à la musculature abdominale et dorsale, qui soutient la colonne vertébrale).

En cas de lombalgies, ne pas stopper les activités physiques mais au contraire les maintenir à la normale en respectant les moyens de lutte contre le mal de dos. Seuls les

douleurs traumatiques et lumbagos impliquent un repos forcé de 48 heures environ.

Lors de la reprise sportive, il ne faut pas être trop focalisé sur sa douleur par peur de son aggravation : il vaut mieux accepter une douleur peu intense et faire du sport qu'espérer rapidement une illusoire disparition de sa douleur.

Il est important de se rendre compte qu’il existe plusieurs moyens de prévention, une première qui permet de protéger son dos contre les lombalgies, une autre qui permet d’éviter de passer de lombalgies aiguës à des lombalgies chroniques, et enfin une dernière qui permet de réhabituer les gens atteints de lombalgies chroniques à réapprendre les bons gestes.

Attention, tous les exercices ne sont pas bons pour le dos. Pour effectuer une prévention sans risque il est indispensable de se référer aux professionnels de la santé ou de s'adresser aux Écoles du dos. Pour être efficace, la prévention secondaire doit s'observer durant le reste de la vie et suppose souvent un bouleversement des habitudes de vie. Mais ce n'est qu'à ce prix que les résultats pèseront sur la balance.

Conclusion

Il faut bien comprendre que si l’on cumule plusieurs de ces facteurs personnels favorisant le mal de dos, on augmente son risque de lombalgies. Il est donc préférable de limiter cette accumulation autant que possible et de respecter au mieux son dos en suivant les recommandations des professionnels de la santé dans ce domaine.

Dans les facteurs personnels, il est intéressant de citer aussi les facteurs de stress personnels, que nous développerons dans les facteurs psychosociaux.

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II – LE MAL DE DOS : ORIGINE PSYCHOSOCIALE

Les facteurs psychosociaux sont les facteurs les plus difficiles à diagnostiquer.

En effet, ces facteurs ne concernent que les populations humaines et mettent en jeu, d’une part des caractéristiques objectives du travail et d’autre part des caractéristiques subjectives de l’environnement humain.

La présentation de ces facteurs se fera d’après l’expertise collective de l’INSERM de 1995.

1 - Les facteurs psychosociaux du travail

1 . 1 - Les facteurs relatifs à la demande de travail

On entend par facteurs relatifs à la demande, les oppressions suivantes :

Travail sous contrainte de temps

Travail monotone ou à pauvre contenu

Travail demandant une grande concentration

Travail demandant des responsabilités élevées et/ou de multiples activités

Mauvaise organisation au travail.

Ces facteurs sont liés aux contraintes organisationnelles qu’il peut y avoir dans un service mais également aux techniques de travail. En effet, un même travail peut être exercé différemment car chaque individu a son propre parcours et ses habitudes professionnelles.

C’est pourquoi certains déclencheront des maux de dos et d’autres non.

1 . 2 - Les facteurs relatifs aux contrôles du travail

Ces facteurs représentent notre « pouvoir » dans notre métier. En effet, il est plaisant et agréable de contrôler son environnement professionnel, de gérer l’activité et les lieux.

Toutefois, il faut savoir rester dans le domaine de nos compétences et ne pas causer de tort à autrui.

Les facteurs pouvant être cités en exemple sont les suivants :

Contrôle permanent de la hiérarchie

Ambiguïté de rôle

Faible latitude personnelle dans l’accomplissement de ses activités.

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1 . 3 - Les facteurs relatifs au soutien social

Il s’agit de facteurs liés aux relations entre les personnes que ce soit entre collègues ou avec la hiérarchie.

Travailler dans une bonne ambiance, savoir que l’on peut compter sur les autres est un grand bienfait pour le moral et donc pour le corps.

Nous citerons comme exemple :

L’entraide et la coopération entre collègues

Le soutien hiérarchique

La reconnaissance sociale.

1 . 4 - Facteurs relatifs au stress

Stress : Vient du latin stringere et stressus qui signifient serré.

Ensemble des phénomènes physiologiques et psychologiques provoqués par de nombreuses agressions extérieures.

Aujourd’hui, le mot stress fait partie du langage courant. Il s’agit d’un terme récurrent permettant d’expliquer de nombreux désordres psychiques et physiologiques.

Il envahit notre sphère professionnelle, familiale, personnelle, parasite les rapports humains et de plus, il précarise l’état de santé.

Les facteurs psychosociaux au travail peuvent directement entraîner des TMS mais également être à l’origine d’un stress qui lui sera à l’origine des TMS.

De plus, les facteurs personnels de type :

choc émotionnel : deuil, divorce, ambiance conflictuelle,…

environnemental : charges familiales (cumul de contraintes, enfant handicapé, situation financière difficile, …)

contribuent à un état de stress qui peut évoluer dans l’environnement professionnel.

De ce fait, l’état de stress peut déclencher des symptômes. Qu’il soit professionnel ou personnel, il peut être générateur :

D’anxiété

De trouble du sommeil

D’angoisse

De peur

D’un syndrome dépressif

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2 - Mécanismes d’actions possibles des facteurs psychosociaux au travail

D’après l’expertise collective de Bongers et collaborateurs, datant de 1995, trois mécanismes permettraient de comprendre le rôle possible des facteurs psychosociaux sur les lombalgies.

2 . 1 - Accroissement des contraintes mécaniques du travail

Les contraintes de temps au travail peuvent entraîner une augmentation du port de charges et/ou une diminution du repos. En effet, certains conseils pour soulager le dos (technique de manutention, matériel disponible pour la manutention, …) peuvent ne pas être appliqués dans le but de gagner quelques minutes et rattraper son retard. Cela peut alors entraîner une charge supplémentaire au niveau du rachis.

Egalement, le manque de personnel augmente la charge physique pour chaque employé.

2 . 2 - Accroissement des contraintes musculo-tendino-ligamentaire du rachis Certains facteurs psychosociaux tels que la demande de responsabilité élevée, de multiples activités ou bien encore la monotonie au travail peuvent être déclencheur de troubles musculo-tendino-ligamentaire du rachis. En effet, ces facteurs peuvent entraîner une tension ou de la fatigue qui va se répercuter sur les muscles, tendons et ligaments en provoquant une douleur.

2 . 3 - Les symptômes de stress

Définition physiologique du stress, d’après Hans Selye :

Tout d’abord, il est préférable de comprendre le processus physiologique du stress chez l’animal afin de l’adapter à l’homme. Lorsqu’un animal rencontre un danger quelconque son cortex reptilien (cerveau primitif) lui annonce deux solutions possibles :

- Fuir devant le danger, en s’éloignant de la source du stress, ainsi on élimine les signaux externes qui l’ont causé.

- Attaquer, dans le but de supprimer la source du stress, ainsi on élimine également les signaux externes qui l’ont causé.

Physiologiquement le stress provoque : - une accélération du rythme cardiaque, - une amplification de la respiration, - une élévation de la tension artérielle, - la sécrétion d’hormones corticosurrénales, - une tension musculaire,

- une augmentation de la glycémie.

Aujourd’hui, les Hommes ont le même cerveau reptilien sur lequel s’est ajouté par le biais de l’évolution deux autres cerveaux :

- le cortex limbique : siège de nos émotions - le néo-cortex : siège de l’intellect.

Malgré notre évolution, face à des événements qui mettent en danger notre intégrité physique, nous agissons pour la plupart très instinctivement. Nous sommes différents des animaux par le fait que là où un seul cerveau (reptilien) nous aurait offert deux options assez simples, en vue de la disparition du stress, nous compliquons les choses.

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Le problème est qu’il s’effectue souvent un emballement entre : - notre cerveau reptilien qui nous dit de fuir ou de nous battre, - le cerveau limbique qui indique d’avoir des émotions fortes,

- notre cerveau néo-cortex qui nous demande de comprendre le phénomène.

Ainsi, l’humain moderne semble prisonnier de son stress, il ne peut le faire sortir et donc, ce stress physique tente de se faire connaître de notre psyché (ensemble des phénomènes psychiques conscients et inconscients) par différents moyens.

D’un point de vue psychosomatique, le stress doit être considéré comme l’équivalent d’une situation d’impasse car ni la fuite ni l’attaque ne sont possibles. La personne ne trouvant pas de solutions s’engage vers la dépression ou la somatisation et donc, entraîne des tensions musculaires.

Somatisation : Apparition d’une maladie physique dans laquelle le désordre psychique a joué un rôle de co-facteur.

Enfin, les caractéristiques personnelles vont jouer un rôle dans l’intensité du stress qui lui-même va jouer un rôle sur le tonus musculaire.

2 . 4 - Schéma physiopathologique et psychopathologique

Cf annexe 3 page 62 : Schéma résumant le lien entre caractéristiques individuelles et troubles physiques.

3 - Etudes

3 .1 - Etudes sur les facteurs psychosociaux au travail

Les arguments mettant en évidence un lien entre facteurs psychosociaux et lombalgie reposeront sur un ensemble d’études au sein d’échantillons diversifiés.

Traduction d’un extrait du livre : « Psychosocial factors at work and musculoskeletal disease », écrit par Bongers PM, De Winter CR, Kompier MAJ, Hildebrandt VH.

Objectif : Etablir une association entre les facteurs psychosociaux au travail et les maladies musculo-squelettiques.

Hypothèse : « (…) il est suggéré que les caractéristiques individuelles et les symptômes de stress peuvent modifier cette relation.»

Résultat : Dans cette étude le travail monotone, la charge de travail élevée et la pression du temps sont liés à des symptômes musculo-squelettiques.

De plus, la faible marge d’initiative laissée au professionnel, donc le manque de contrôle sur la réalisation de sa tâche, ainsi que le manque de soutien social entre collègues sont associés à ces maladies.

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Etude de Cohorte sur les déterminants étiologiques et pronostiques des maux de dos liés à la profession :

Objectif : Evaluation de l’exposition aux facteurs physiques et psychosociaux chez des travailleurs lombalgiques.

Méthode : 972 travailleurs (dans tous les domaines) ont rempli le questionnaire de départ.

Au bout d’un an, un nouveau questionnaire est distribué, 800 personnes y répondent.

Sur les 972 travailleurs de départ, on en sélectionne 152 que l’on observe durant 4 périodes de 30 min au cours de leur travail.

Résultat : La probabilité de survenue d’un épisode de lombalgie d’une durée de 7 jours ou plus était de 13% au cours de la première année de suivi.

Aucune différence entre hommes et femmes.

La lombalgie était présente de manière presque permanente dans 15% des cas et récurrente dans 47% des cas.

Conclusion : Plusieurs facteurs psychosociaux liés au travail ont été évalués lors de cette étude. Seul le manque de possibilité de développer ses aptitudes dans son travail est associé aux lombalgies.

Limite de l’étude : Il est nécessaire de préciser que cette étude ne reflète pas la population active dans son ensemble.

La lombalgie est un problème multifactoriel, complexe et coûteux.

Conclusion

Parmi tous les facteurs psychosociaux étudiés, il ressort grâce aux études que certains ont un rôle dans les lombalgies.

En effet, le travail sous contrainte de temps, le travail monotone, le contrôle permanent de la hiérarchie, la faible latitude personnelle dans l’accomplissement des activités et le manque d’entraide entre collègues jouent un rôle dans les lombalgies.

En ce qui concerne les autres facteurs, aucune étude ne les a clairement mis en relation avec les lombalgies.

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3 . 2 - Etudes sur les effets du stress : Quand le stress n’a pas bon dos ! L’analyse du rôle de ces facteurs dans l’étiologie et le développement des rachialgies au travail est très délicate compte tenu de leur manque de spécificité.

Traduction d’un extrait du livre : « Psychosocial factors at work and musculoskeletal disease », écrit par Bongers PM, De Winter CR, Kompier MAJ, Hildebrandt VH. (Cf 3.1)

Hypothèse : Les syndromes de stress ont un rôle sur les maladies musculo squelettiques.

Résultat : Les syndromes de stress sont souvent associés à des maladies musculo- squelettiques. De plus, ils contribuent au développement de cette maladie.

Etude de COHORTE sur les déterminants étiologiques et pronostiques des maux de dos liés à la profession. (Cf 3.1)

Résultat : En ce qui concerne les facteurs psychologiques, il ressort de l’étude que la peur du mouvement ou d’une blessure est un élément important sur les lombalgies.

Etude de l’université LAVAL

Objectif : « Etablir si la détresse psychologique mesurée au stade subaigu de la lombalgie (…) permet de prédire l’incapacité chronique six mois plus tard. »

Hypothèse : La détresse psychologique permet de prédire quels sont les travailleurs qui évoluent vers l’incapacité chronique.

La force de relation entre détresse psychologique et l’incapacité fonctionnelle augmentent avec le temps.

Méthode : 258 travailleurs Français sont sélectionnés. Ils doivent souffrir d’un nouvel épisode de lombalgie d’origine non spécifique et sans avoir eu une pathologie grave au niveau du rachis. La mesure du statut fonctionnel s’est faite pas l’EIFEL et la mesure de la détresse psychologique par l’EHAD.

Résultat : La détresse psychologique au stade subaigu contribue au développement de l’incapacité chronique.

La relation entre détresse psychologique et fonction au travail augmente au cours du temps.

Il est important de préciser que la détresse psychologique au stade subaigu de la lombalgie peut compromettre l’amélioration du statut fonctionnel.

Conclusion

D’après les études, les syndromes de stress contribuent aux maladies musculo- squelettiques mais il ressort plus précisément que la peur d’un changement ou d’une blessure serait à l’origine de lombalgie.

Ce qui est intéressant c’est que certaines études ont mis en avant le fait que la détresse psychologique favorise le passage de lombalgie aiguë en lombalgie chronique.

(30)

4 - Moyen de prévention

4 . 1 - La gestion du stress

Il s’agit d’une méthode simple que chacun peut faire sans la présence d’un thérapeute.

Cela se présente plus comme une philosophie du stress qu’une thérapie analytique.

Le stress, généralement, est dû à une impasse relationnelle entre deux ou plusieurs personnes. Face à cela, il est nécessaire d’avoir une attitude honnête avec soi-même, savoir avouer ses torts et affirmer ses droits.

En effet, il ne faut pas craindre de dire oui ou non, d’écourter une communication qui nous dérange ou faire le point sur le comportement stressant d’une personne. Il faut prendre le temps pour soi, ne plus ruminer ses problèmes seul ni se laisser manipuler.

Pour relâcher les tensions nerveuses, il est important d’avoir une bonne hygiène de vie : faire du sport, avoir un équilibre alimentaire, et diminuer les excitants (tabac, café, alcool,…).

La relaxation et la méditation peuvent être d’une grande aide pour apprendre à se connaître soi-même. En effet, par la maîtrise du souffle on acquiert la maîtrise de soi.

Cependant, la méditation peut être difficile à pratiquer quand on est seul et que l’on manque de technique. C’est pourquoi, par l’intermédiaire de professionnels, d’autres moyens existent.

4 . 2 - La psychothérapie cognitivo-comportementale

Hans Selye est le 1er à avoir donné une définition claire du stress. Les thérapies comportementales se sont fortement inspirées de ses travaux.

Le cognitivisme est une science de la pensée. On analyse ce qui, dans les pensées, les croyances, dysfonctionne et génère le mal-être.

L’analyse fonctionnelle permet de mettre en évidence :

- les émotions, qui impliquent des paroles telles que : « ma vie est stressante, je n’en peux plus, c’est infernal… ».

- certaines imageries mentales, qui déclenchent le stress.

Ainsi, on tente de mettre en évidence si le patient cumule ou non des facteurs stressants.

Le but des thérapies cognitivo-comportementales est de réadapter l’individu aux situations extérieures auxquelles il ne s’adapte pas à cause du stress. Cette réadaptation se fait en programmant des scènes de la vie du patient face aux situations stressantes et ainsi tenté de s’adapter et comprendre son stress.

Le schéma de l’annexe 3 page 62 permet de résumer la technique d’une thérapie cognitivo-comportementale.

(31)

4 . 3 - La relaxation psychosomatique

Il s’agit d’une maîtrise de l’équilibre nerveux et hormonal par un ralentissement physiologique conditionné par la diminution du tonus sympathique.

Méthodes de relaxation « muscles vers esprit »

But : Obtenir un relâchement psychique par la maîtrise du tonus musculaire et ses facultés de détente et de contraction. La tension musculaire étant indicatrice de stress et/ou d’un état d’anxiété.

Relaxation progressive de Jacobson

Les patients vont apprendre à maîtriser chaque groupe musculaire. Lorsqu’ils vont maîtriser les différents états de leurs muscles, ils vont maîtriser les facteurs stressant de leur psyché.

Quand les muscles sont relâchés, ils transmettent moins de stimulations au système nerveux central. L’état de sérénité mental est atteint par la diminution de stimulations musculaires dirigées vers le cerveau.

Méthode de relaxation « esprit vers muscles »

Méthode méditative et respiratoire

Elle agit sur la relaxation de l’esprit et produit indirectement une relaxation physique.

Par l’acquisition d’une posture et d’une respiration ample et profonde le patient régule progressivement les impulsions neuromusculaires responsables des tensions psychiques liées au stress.

Méthode du training autogène de Schulz

Cette méthode se fait selon deux phases : - une psychothérapie,

- l’apprentissage de la relaxation.

Il s’agit d’une méthode contrôlant intentionnellement le système nerveux autonome. Il implique un contrôle conscient sur des systèmes qui autrement, agissent sur une base automatique ou involontaire.

Dans le cas du stress cet apprentissage permet une régulation de l’influx nerveux généré par une situation stressante.

La pratique régulière de cette méthode permet d’améliorer la maîtrise de soi en condition stressante.

4 . 4 - L’organisation au travail

Nous l’avons vu précédemment, l’organisation au travail est un facteur psychosocial.

De ce fait, si l’on adapte un lieu de manière à ce que le travail soit moins pénible, les troubles psychosociaux diminueraient.

C’est ici qu’intervient l’ergonome. Il va observer les problèmes éventuels, modifier certains concepts et observer si des résultats sont présents.

(32)

5 - Conclusion

Lorsqu’elles ne sont pas dues aux facteurs physiques ou personnels les lombalgies se veulent être d’origine psychosomatique. Toutefois il peut être difficile d’affirmer avec certitude que des douleurs lombaires sont dues à un stress, une angoisse ou toute autre chose.

Chaque individu est unique, chacun réagit aux contraintes de la vie de manière différente, c’est pour cela que le facteur psychologique reste difficile à étudier.

La réponse émotionnelle est une variable qui pose problème lorsque l’on veut prévoir une incapacité chronique. Elle est souvent mal définie car il est difficile de la mettre en évidence. En effet, la réponse émotionnelle se mesure par différents questionnaires comprenant des items somatiques (items qui concerne le corps, s’oppose au psychique).

Les études utilisant la dépression clinique, les symptômes dépressifs ou l’anxiété comme variable prédictive de l’incapacité chronique ont obtenu des résultats non significatifs.

Les études utilisant la détresse psychologique comme variable prédictive de l’incapacité chronique ont obtenu des résultats significatifs.

Extrait de Moutel et collaborateurs 2003, publié dans le journal des psychologues :

« La douleur-symptôme qu’il faut comprendre et traiter est également une douleur- relation qu’il conviendrait de ne pas occulter derrière des techniques de plus en plus efficaces, mais qui ne remplaceront jamais la parole ou la présence de l’Autre, le semblable. »

(33)

III - LE MAL DE DOS : ORIGINE PROFESSIONNELLE

Le métier de manipulateur est un métier physique qui demande une constante sollicitation du dos et de tous les muscles en général. Les MERM sont souvent confrontés à différentes difficultés comme devoir fréquemment manipuler des appareils lourds ou mobiliser des patients.

Il est donc important de mettre en place des formations de prévention en rapport avec la manutention des patients ou le port de charges.

Cependant cette politique de prévention des accidents du personnel devra, si elle est bien conduite, mener des projets dans trois directions à la fois :

La formation pour augmenter les compétences et les capacités physiques des soignants

L’étude ergonomique suivie d’un plan d’équipement pour améliorer les conditions de travail : matelas de transfert, lits à hauteurs variables…

L’organisation du travail mettant en avant le travail en équipe

1 - Les facteurs de risque au travail

1 . 1 - La manutention à risque

Manutention : du latin médiéval manutentio « protection, appui, aide », et du latin populaire manuteneri « tenir avec les mains ».

La manutention signifie en ancien français protéger, défendre, avoir sous sa garde, ce qui est parfaitement en rapport avec le concept du personnel soignant qui est de prendre soin de son patient.

La manutention des patients est un élément essentiel dans notre profession. Tous les services où les MERM sont aptes à travailler nécessitent la manutention des patients. Nous sommes fréquemment en train de transférer des patients de leur brancard à nos tables d’examens ou même d’aider des patients plus valides nécessitant tout autant d'aide.

De plus, certaines situations se rajoutent à ces manipulations difficiles, cela concerne notamment les patients :

des services de réanimation, qui sont plus difficilement manipulables, ne pouvant participer aux mouvements, et nécessitant beaucoup d’attention (appareillage sophistiqué et fragile, matériel, et seringues…)

du bloc opératoire, qui ne sont souvent pas aptes à aider lors des mouvements de passages.

de services d’orthopédie qui nécessitent qu’on les manipule avec leur appareillage.

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