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Février 1996 Par

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Service de la faune terrestre

RÉSULTATS DES OPÉRATIONS DE PIÉGEAGE ET DE MARQUAGE DU LOUP DANS LA RÉSERVE FAUNIQUE DES LAURENTIDES, LE PARC

DES GRANDS-JARDINS ET LE PARC DE LA JACQUES-CARTIER

Par

Rolland Lemieux

Ministère de l'Environnement et de la Faune Québec

Février 1996

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',

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RÉSUMÉ

En 1994 et 1995, trois partenaires (MEF, Mïkïn-SÉPAQ et SDAPJC), en plus de l'Université Laval, ont mis en branle une étude sur les populations de loups de la réserve faunique des Laurentides et les parcs des Grands-Jardins et de la Jacques-Cartier, afin d'être en mesure de mieux établir les bases d'un plan de gestion à long terme de cette espèce au Québec, en considérant sa conservation et sa mise en valeur comme ressource écotouristique, entre autres. La méthodologie reposait essentiellement sur le succès de capture des loups et sur la pose de colliers-émetteurs. Pour l'ensemble de l'aire d'étude, 104 jours d'activité de terrain ont été consacrés au marquage de loups, permettant de déployer un effort de captures de 3 716 nuits-engins, à partir de 254 sites de piégeage répartis à l'intérieur des trois secteurs du territoire à l'étude. Ayant capturé 19 loups (dont une recapture), le succès de piégeage fut en moyenne de 248 nuits-engins par loup capturé. Sur les dix-huit loups différents manipulés au cours des deux années de marquage, le rapport des sexes était de 0,8 mâle / femelle (8 mâles pour 10 femelles). Quatre individus adultes furent équipés de radio-émetteur comparativement à 14 loups juvéniles. À l'hiver 1996, seulement neuf colliers-émetteurs étaient toujours en fonction, le piégeage ayant été une cause de mortalité importante. Suite à ces résultats, on se rend compte que beaucoup d'efforts ont besoin d'être déployés sur un terrain qui nous apparaît " difficile ", compte tenu que les densités de loups semblent plus faibles que celles que nous espérions et que l'activité humaine est importante, surtout dans les parcs de conservation.

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(5)

AVANT PROPOS

Avant la venue de l'Homme blanc sur le continent Nord-américain, les loups symbolisaient la puissance et l'intelligence aux yeux des autochtones. Cet animal jouait un rôle important dans leur vie tribale, cérémonielle et intellectuelle.

Tout autrement, l'attitude de l'Homme blanc à l'égard du loup a toujours été complexe et ambivalente. Même à notre époque, tantôt on le décrira comme un animal sanguinaire à éliminer à tout prix, tantôt, au contraire, comme composante indispensable à l'écosystème et persécuté à tort. Malgré les convictions de chaque groupe d'intervenants, on s'appuie beaucoup plus sur l'émotivité que sur des données concrètes pour juger les loups (Potvin 1984).

De nos jours, pour plusieurs, le loup est synonyme de grands espaces sauvages.

Il attire l'attention de toute la communauté internationale et fait l'objet de préoccupations très pointues de la part de celle-ci. Avec l'augmentation, depuis quelques années, de l'intérêt des gens pour les activités non-traditionnelles (autres que chasse et pêche) à l'intérieur des réserves fauniques, le loup se révèle d'un attrait irrésistible pour ceux s'adonnant aux randonnées d'observation.

Les activités d'écotourisme représentent une nouvelle opportunité de mise en valeur de la faune et jouent un rôle éducatif auprès du public. Au lieu de prélèvements (chasse et pêche), maintenant l'accent est mis sur l'interprétation de la nature.

C'est dans cette optique, qu'au projet initial d'étude de l'écologie du loup piloté par le Ministère (Jolicoeur et Lemieux 1995), s'est greffée l'évaluation de l'impact des appels nocturnes du loup en collaboration avec trois entreprises écotouristiques offrant des activités orientées sur l'appel et l'observation du loup. D'une part, on retrouve la Société de développement des activités du parc de la Jacques-Cartier (SDAPJC), qui offre des activités d'appel nocturne du loup dans le parc de la Jacques-Cartier, et d'autre part, Mïkïn inc. et la Société des établissements de plein-air du Québec (SÉPAQ), qui organisent ensemble des activités d'interprétation dirigées vers le loup dans la réserve faunique des

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vi

Laurentides. En 1995, ces trois entreprises ont signé une entente de principe pour collaborer avec le ministère de l'Environnement et de la Faune à l'étude de l'écologie du loup sur ces territoires, afin d'améliorer la gestion de cette espèce en fonction des nouvelles attentes du public.

Le présent document représente un rapport d'étape concernant la première année de rodage du projet d'étude sur le loup dans le réserve faunique des Laurentides et les parcs de conservation adjacents.

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vii REMERCIEMENTS

Nous voudrions présenter nos remerciements les plus sincères à tous ceux qui de près ou de loin, nous ont accordé leur appui au long du projet. Nous voudrions d'abord remercier monsieur Luc Major pour l'hébergement dans le parc des Grands-Jardins et pour l'intérêt manifesté à l'étude. Nous aimerions également souligner l'assistance apportée par madame Sophie Chauvat (stagiaire française) et son excellent travail dans notre milieu.

Nous ne pouvons passer sous silence la très grande collaboration de messieurs Jean-Benoît Gagnon et Christian Caron du groupe Mïkïn Inc., de même que leur support logistique.

Nos remerciements s'adressent aussi à monsieur Jean-Paul Leblanc qui nous a fourni gratuitement du matériel de piégeage, ainsi que plusieurs journées de bénévolats. C'est avec plaisir que nous remercions monsieur François Cadieux pour toutes les heures passées à son ordinateur à créer des fichiers pour nos analyses.

Nous tenons à dire merci à monsieur Jean-Charles Morin et son équipe de la réserve faunique des Laurentides pour leur appui, leurs précieuses collaborations et pour nous avoir accueillis sur le terrain, ainsi que pour de nombreux services rendus tout au long du projet.

Nous exprimons également notre reconnaissance à madame Micheline Manseau pour les nombreuses discussions enrichissantes et sa critique constructive de l'étude. Nous sommes également particulièrement redevable à madame Hélène Jolicoeur qui a dirigé le projet et qui a aimablement accepté de relire et commenter la version préliminaire de ce document. Aussi, nous remercions madame Christiane Picard pour la correction du texte.

Finalement, j'aimerais exprimer ma gratitude à mon chef de service, monsieur René Lesage. J'aurais mille raisons de le faire, mais ce que j'ai apprécié le plus de sa part, c'est la confiance et la grande autonomie qu'il a su m'accordées;

cela aura sûrement contribué à faire de moi un meilleur technicien.

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(9)

LISTE DES TABLEAUX, FIGURES ET ANNEXES

Page Tableau 1.

Tableau 2.

Tableau 3.

Tableau 4.

Tableau 5.

Description de l'effort et du succès de piégeage du loup déployé dans la réserve faunique des Laurentides

en 1994 ..11

Description de l'effort et du succès de piégeage du loup déployé dans la réserve faunique des Laurentides, le parc des Grands Jardins et celui

de la Jacques-Cartier en 1995. 12

Succès de capture par meute de loups en 1995 dans la réserve faunique des Laurentides et les parcs de

conservations adjacents. 17

Rapport des sexes et d'âge des loups capturés en 1994 et 1995 dans la réserve faunique des Laurentides et les

parcs de conservations adjacents. 18

Statut des loups capturés dans la réserve faunique des Laurentides et le parc des Grands-Jardins en 1994 et

1995. 19

Figure 1. Localisation de l'aire d'étude, comprenant la réserve faunique des Laurentides, le parc des Grands-Jardins

et le parc de la Jacques-Cartier. 4

Annexe 1.

Annexe 2.

Fiche de terrain servant pour l'identification des loups

et la prise de mesures morphométriques. 23 Effort de piégeage et nombre de loups capturés par

année dans la réserve faunique de Papineau-Labelle de

1980 à 1983 26

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TABLE DES MATIÈRES

Page

RÉSUMÉ iii

AVANT-PROPOS

REMERCIEMENTS vii

LISTES DES TABLEAUX, FIGURES ET ANNEXES ix

1. INTRODUCTION 1

2. BUTS 2

2.1 Objectifs généraux 2

2.2 Objectifs secondaires 2

MATÉRIEL ET MÉTHODES 3

3.1 Aire d'étude 3

3.2 Piégeage 5

3.3 Marquage 7

3.4 Suivi 7

4. RÉSULTATS DES OPÉRATIONS DE PIÉGEAGE ET DE

MARQUAGE DU LOUP ET DISCUSSION 9

4.1 Bilan pour la réserve faunique des Laurentides 9

4.1.1 Année 1994 9

4.1.2 Année 1995 10

4.2 Bilan pour le parc de conservation des Grands-Jardins 14 4.3 Bilan pour le parc de conservation de la Jacques-Cartier

15

5. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 20

6. LITTÉRATURE CITÉE 22

7. ANNEXES 23

(12)
(13)

1. INTRODUCTION

En 1995, nous avons entrepris une étude sur les populations de loups (Canis lupus) de la réserve faunique des Laurentides et les parcs des Grands-Jardins et de la Jacques-Cartier. Pour la première année, l'objectif était d'amorcer et d'évaluer la faisabilité du projet en tentant de documenter les déplacements, la densité et les caractéristiques morphologiques d'une population de loups vivant en milieu boréal. D'autres populations de loups ont été étudiées au Québec (Outaouais, Nouveau-Québec), mais celle de la réserve faunique des Laurentides, et ses environs, est particulière par les conditions climatiques et d'habitat qu'on retrouve dans ce milieu (forêt de conifères, fortes précipitations de neige, hiver prolongé, proies de grande taille [orignal {Alces akes} ], ...), qui ressemblent en faits à celles que nous observons sur la plus grande partie du Plateau Laurentien.

Nous pensions donc que nous avions beaucoup à retirer de l'étude de cette population de loups. En effet, les premières données nous laissaient croire que leurs déplacements couvraient des distances importantes en peu de temps, que leurs domaines vitaux étaient beaucoup plus grands que ceux mesurés par le Ministère dans des habitats plus méridionaux (Outaouais), que leur gabarit était plus imposant que leur congénère du sud-ouest et qu'ils constituaient des meutes plus nombreuses en raison de la principale proie de ce milieu, l'orignal.

Ainsi, l'étude de la population de loups de la réserve faunique des Laurentides, et ses environs, devrait permettre de mieux comprendre cet animal, afin d'être en mesure de mieux établir les bases d'un plan de gestion à long terme de ses populations au Québec, en considérant sa conservation et sa mise en valeur comme ressource écotouristique, entre autres.

(14)

2 2. BUTS

2.1 Objectifs généraux

La réalisation des objectifs suivants reposait essentiellement sur le succès de capture des loups et sur la pose des colliers-émetteurs. Il va s'en dire que l'atteinte de ces objectifs était directement reliée au nombre d'individus que nous étions en mesure de suivre au cours de l'étude.

1- Établir la densité des loups dans la réserve faunique des Laurentides, en marquant au moins deux loups par meute présente sur le territoire.

2- Établir la superficie et les limites des domaines vitaux de chaque meute.

3- Mesurer l'importance du phénomène de dispersion des loups.

4- Calculer la productivité brute et nette des meutes et déterminer les facteurs limitants de la population de loups de la réserve faunique des Laurentides (conditions de neige, densité de proies, prélèvements divers, ...).

5- Évaluer l'impact sur les populations de loups de certaines activités liées à l'utilisation non-consommatrice de cette espèce, telles l'observation sur des sites de nourrissage et l'appel nocturne.

2.2 Objectifs secondaires

1- Caractériser physiquement les loups présents dans l'aire d'étude par rapport à ceux d'autres régions, sachant que la quantité de neige au sol et la longueur de l'hiver représentent un facteur limitatif

important de la quête de nourriture et des déplacements des loups.

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3

2- Comprendre les variations dans le régime alimentaire des loups de la réserve faunique des Laurentides en fonction des saisons et de la disponibilité des proies.

3- Décrire l'activité des loups sur les sites d'élevage et caractériser ces sites en terme d'habitat.

3. MATÉRIEL ET MÉTHODES 3.1 Aire d'étude

L'aire d'étude se divise en trois zones, soit la réserve faunique des Laurentides (RFL), le parc des Grands-Jardins (PGJ) et le parc de la Jacques-Cartier (PJC), toutes trois situées à environ 40 kilomètres au nord de la ville de Québec. La RFL occupe une superficie de 7 461 km2 , alors que le PGJ et le PJC couvrent respectivement 310 et 670 km2 . Les deux parcs de conservation s'imbriquent dans le territoire de la réserve (figure 1).

De façon générale, nous considérons que l'ensemble de l'aire d'étude appartient au massif des Laurentides du nord de Québec (MLCP 1984).

Les trois zones sont caractérisées par un relief montagneux et accidenté.

L'altitude y est le plus souvent supérieure à 750 mètres, engendrant ainsi un climat froid et de fortes précipitations. Pour l'ensemble du territoire, les précipitations hivernales sont de 4,3 mètres annuellement.

Les trois zones sont drainées par un réseau hydrographique complexe et impressionnant. Par exemple, à elle seule, la RFL comprend plus de 3 000 lacs répartis à l'intérieur de 13 bassins versants.

Une bonne partie de la végétation arborescente du territoire à l'étude se compose de forêts boréales à prédominance d'épinette noire (Picea

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71°

72°

73°

47°

Réserve

Salut-Maurice Zec

Zoo Tawachiche

Chapeau de Paille

72° 71°

73°

Zoo Onatchlway-Est

Ashuapmushuan

48°

Zoo Anse Saint-Jean

48°

Trois-Rivières

• 1994 mi 1995

o Base (campement)

0 25 50 Km

Zec Lac de la Boiteuse

Lac Saint-Jean

Bobe Saint-Paul Zec des Passes

Réserve

Zec Manin.vailn

Zec La Lièvre

Jonquièree

Chicoutimi

Chauvin

Zec Mars-Moulin

Zec Borgia

Zoo Kislesslnk Zec

MenokeosawIn

Réserve des Laurentides

Zec Bessonne Zec

Wessonneau

Parc de la

acques-Cartlenit

Zec Sastisean-Nellson

1

Zoo Jeannette

47°

Réserve Mastigouche

Parc de

la Maurlcie Québec

Localisation des loups capturés en 1994 et 1995

4

Figure 1. Localisation de l'aire d'étude.

(17)

5

mariana) et de sapin baumier (Abies balsamea) (Grandtner 1966). Les espèces compagnes regroupent principalement le bouleau blanc (Betula papyrifera) et le peuplier faux-tremble (Populus tremuloïdes) . À mesure que l'altitude croît, la forêt boréale est remplacée, aux plus hauts sommets, par la taïga et quelques îlots de toundra arctique-alpine, notamment dans le secteur des Grands-jardins. Plusieurs secteurs de la RFL et quelques-uns des parcs de conservation sont caractérisés par des forêts à différents stades de régénération suivant l'âge des coupes forestières.

Le réseau routier est bien développé sur l'ensemble des trois zones. La RFL est traversée dans son axe nord-sud par la route 175 et dans un axe nord-ouest — sud-est par la route 169, reliant Québec à la région du lac Saint-Jean (figure 1). Ces deux artères asphaltées facilitent grandement les déplacements d'un bout à l'autre de la réserve. Un important réseau de chemins secondaires et de tronçons tertiaires sillonne la réserve et les deux parcs et découle en grande partie de l'exploitation forestière passée ou actuelle. L'entretien de ce réseau incombe à la SÉPAQ et aux compagnies forestières.

Finalement, notons qu'en bordure des chemins forestiers, le sol sablonneux rend plus simple le pistage et l'installation des pièges comparativement à d'autres régions de la province.

3.2 Piégeage

Considérant le succès de piégeage obtenu au fil des années sur les différents projets de capture des canidés, nous avons apporté que des modifications mineures au matériel ainsi qu'aux diverses techniques de piégeage. Des pièges à longs ressorts New House #4 et #114 ont le plus souvent été utilisés afin de maximiser la contention de l'animal convoité.

Pour sa part, le modèle #114 a été modifié afin de minimiser les risques de blessures. Ainsi, ses mâchoires ont été ajourées et coussinées.

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6

Nous avons également utilisé des pièges à ressorts boudinés Victor #3.

Étant d'abord destinés à la capture du coyote, entres autres, ces pièges ont été modifiés afin d'améliorer leur force de préhension, en remplaçant les deux ressorts à boudins originaux par d'autres plus puissants.

Tous les pièges ont été équipés de 4 mètres de chaîne supplémentaires et d'un grappin. Les pièges ont ensuite été désinfectés et placés dans des contenants propres et inodores pour le transport.

Les loups étaient attirés sur les sites de capture à l'aide d'appâts et/ou de leurres. Une description détaillée du matériel et des techniques de piégeage apparaît dans Lemieux (1983, 1985). Notons simplement quelques points intéressants. Pour le choix des sites de piégeage, nous avons, comme par les années précédentes, patrouillé les routes secondaires et tertiaires à la recherche des signes de présence de loups (pistes, excréments). Les pièges étaient alors installés en bordure des chemins routiers, près des indices trouvés. Il faut être particulièrement minutieux et soigner tous les détails lors de l'installation d'un piège visant la capture d'un canidé. Rappelons-le, il faut toujours utiliser du matériel rigoureusement préparé (ajustement, désinfection) et ne jamais laisser d'odeurs insolites autour de l'emplacement. La finesse des sens du loup et sa mémoire visuelle, en font un animal des plus difficiles à capturer.

En 1995, lors de la session intensive de piégeage dans la RFL, nous avons découvert trois sites de rassemblement ("rendez-vous"), de trois meutes de loups distinctes. Cela nous ouvrait ainsi la possibilité de viser la capture de plusieurs individus d'une meute donnée rapidement. Comme stratégie, nous avions alors la possibilité d'intensifier le nombre de pièges en fonction sur le site de rendez-vous et sa périphérie, afin d'atteindre notre objectif.

Mentionnons ici, que nous avons eu de la difficulté à obtenir une certaine tranquillité ou quiétude pour installer nos sites de piégeage à l'intérieur des parcs de conservation (PGJ et PJC). Leur popularité auprès des différents usagers y a perturbé quelque peu nos activités de terrain. Cette

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7

situation fut moins problématique dans la réserve, malgré la grande quantité de pêcheurs qu'elle accueille quotidiennement.

3.3 Marquage

Lorsqu'un loup était capturé, nous l'immobilisions d'abord à l'aide d'un serre-cou de fabrication maison. Par la suite, une fois l'animal couché, les pattes du loup étaient attachées avec de la corde et sa gueule fermée avec une bande élastique. Un bandeau recouvrait les yeux de la bête pour minimiser le stress. En parlant à voix basse ou par signes, l'équipe procédait rapidement aux différentes étapes : 1) pose du collier-émetteur (de marque Lotek, Holohill ou Telonics, dont les radiofréquences se situaient entre 150 et 151 MHz); 2) marquage à l'oreille, de façon séquentielle, avec une étiquette jaune de type Rototag (à gauche pour les mâles et à droite pour les femelles); 3) prise de mesures morphométriques (annexe 1); 4) détermination du sexe; 5) détermination de l'âge à partir du poids, de la longueur totale, de la couleur ainsi que l'usure des canines, les individus étant classés selon les classes d'âge suivante : 1. louveteau (< 1 an); 2. louvard (1-2 ans) et 3. adulte (2 ans et +); 6) Vérification chez les femelles adultes de la présence de lait au niveau des mamelons.

Finalement, 7) localisation de la capture sur une carte topographique l'échelle 1 : 50 000, selon le système UTM.

3.4 Suivi

Le loup étant un animal très méfiant dont l'observation directe en forêt est pratiquement impossible, le radiopistage (télémétrie) s'avérait un outil de choix. Ainsi, chaque loup muni d'un collier-émetteur peut être repéré précisément à l'aide d'un récepteur et d'antennes appropriées, possédant une radiofréquence spécifique. Nous avions à notre disposition un

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8

récepteur de marque Lotek Engineering Inc. (modèle SRX400). Tous les repérages télémétriques se sont faits en avion ou en hélicoptère muni d'antennes de type Yagi à deux éléments de marque Telonics. Les localisations nous donnaient une image fidèle des déplacements de l'individu et probablement du territoire fréquenté par sa meute. En plus, il nous était possible, à l'occasion, de pouvoir visualiser du haut des airs l'animal traqué et d'estimer ainsi la taille de la meute à laquelle il appartenait en dénombrant les individus l'accompagnant. Des données étaient alors recueillies sur l'utilisation de l'espace par la meute (superficie du domaine vital, emplacement, patrons de quête alimentaire et de déplacements, activités à la tanière et utilisation générale de l'habitat).

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9

4. RÉSULTATS DES OPÉRATIONS DE PIÉGEAGE ET DE MARQUAGE DU LOUP ET DISCUSSION

Afin de rendre plus complète l'analyse des résultats des opérations de capture et de marquage des loups sur le territoire à l'étude, nous tiendrons également compte des données obtenues en 1994, année qui nous a permis d'amorcer le projet de partenariat entre le MEF, la SÉPAQ, Mïkïn et la SDAPJC . Quatre loups ont été marqués en 1994, dont une femelle dominante, "alpha", que nous suivons encore régulièrement par radiotélémétrie.

4.1 Bilan pour la réserve faunique des Laurentides 4.1.1 Année 1994

Durant notre campagne de marquage, nous avons installé 26 sites de piégeage sélectionnés à l'intérieur du domaine vital de trois meutes de loups à partir d'observation découlant d'activités de terrain. La session de capture s'est échelonnée sur 12 jours répartis entre le 7 septembre et le 19 septembre 1994. Quatre loups ont été capturés, pour une moyenne de 59 nuits-engins par individu manipulé (tableau 1).

Par ailleurs, nous avons atteint l'objectif de marquer au moins un loup de chacune des trois meutes convoitées. Deux l'ont été dans la meute du lac Malbaie, dont la femelle reproductrice de la meute.

De ce fait, nous pouvions avoir l'opportunité de localiser la tanière et le site d'élevage de ce groupe familial dès le printemps 1995.

Les autres loups capturés étaient des individus appartenant à la classe d'âge juvénile.

Le succès de piégeage de 1994 (59 nuits-engins par loup capturé dans la RFL) est supérieur à celui d'autres projets réalisés antérieurement par le MEF (annexe 2). Pour cette saison , nous étions donc satisfaits du succès obtenu. Il faut cependant préciser

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10

que l'objectif était plus facile à atteindre, n'ayant que quatre radio- émetteurs à installer. Grâce à ces loups, Mïkïn et la SÉPAQ, qui avaient amorcé ensemble le projet de marquage (le MEF ne s'y greffant que l'année suivante), ont pu tester leurs produits d'écotourisme axé alors principalement sur l'observation et l'appel du loup.

Au cours de la première année de suivi, il y a eu trois cas de mortalité parmi les quatre loups munis de radio-émetteur. Les causes de mortalité ont été identifiées comme les suivantes : un cas par accident routier, un autre par le piégeage et, finalement, un cas de braconnage (tableau 4). En fait, il ne restait que la femelle

"alpha", que l'on repère toujours régulièrement depuis plus de dix- sept mois.

4.1.2 Année 1995

La session de piégeage s'est déroulée du 17 août au 30 octobre 1995. Nous avons capturé 14 loups, dont une recapture. Au total, nous avons déployé, durant les 48 jours d'opération, un effort de capture de 1 060 nuits-enginss, à partir de 98 sites différents de piégeage. Le succès moyen a été de 76 nuits-engins par loup capturé (tableau 2).

Des treize individus capturés, neuf étaient des femelles, dont une adulte et huit juvéniles, et quatre des mâles, comprenant deux adultes et deux juvéniles.

À titre d'information, mentionnons ici que, tel que convenu lors de la signature du protocole d'entente, Mïkïn a consacré un mois à la capture du loup dans la RFL. Soulignons qu'au cours de cette période, les associés de Mïkïn ont fourni le matériel et assuré eux- même la logistique des opérations (camions, VTT, équipement de piégeage, etc.), avec le support de la SÉPAQ pour

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11

Tableau 1. Description de l'effort et du succès de piégeage du loup déployé dans la réserve faunique des Laurentides en 1994.

Période de Nb de sites Nb de nuits-enginss Nb de loups Nb de nuits- piégeage (Nb de jours) Pièges Collets Total capturés engins / loup

7-19 sept. 26 234 0 234 4 59

(12)

(24)

Pièges Collets Total 23 25

R. Laurentides 13

(Malbaie) (2)

17 - 19 août

245 82

31 245 R. Laurentides

(Launière) (10)

20 - 30 août

195 195 65

27 août au 4 sept. 27 R. Laurentides

(Chartrand) (8)

597 597 199

27 (28) 6 sept. au 30 oc

R. Laurentides (autres)

3 (2)a

661 66 661

(16) 0 juillet au 14 août

G.-Jardins

877 667

58 (26)

1 544 1 544

4 - 31 oct.

G.-Jardins R. Laurentides (sous-total)

G.-Jardins Sous total

124 (42) 33 (13)

255 (104) Lieu

secteur)

Période de piégeage

Nb de sites (nb de jours)

Nb loups capturés

Nb de nuits- engins loup Nombre de nuits-engins

Nombre de loups différents capturés

Tableau Description de l'effort et du succès de piégeage du loup déployé dans la réserve faunique des Laurentides, le parc des Grands-Jardins et le parc de la Jacques-Cartier en 1995

(25)

13

l'hébergement. Des treize individus munis d'un collier-émetteur, douze ont été capturés au moment où Mïkïn était responsable des activités de terrain. Pour fins de comparaison, cette entreprise a fourni 855 heures de travail par rapport à 702 heures-techniciens par le MEF, au cours de la durée du projet.

En 1995, nous avons découvert trois sites de rendez-vous, ce qui nous a permis de maximiser l'effort de piégeage sur les trois meutes les fréquentant durant les premières semaines d'opération (17 août au 4 septembre). De par leur manque d'expérience, les individus juvéniles étaient les plus vulnérables durant cette période.

Nous en avons donc profité pour tenter de marquer trois individus par meute. Même s'ils ont un taux de mortalité plus élevé, la capture et le marquage des individus juvéniles permettent de garder le contact-radio avec la meute pour au moins un an avant de se disperser. Il est intéressant de noter que c'est à partir de la mi-août que les indices d'activité des jeunes (fèces, grattage, pistes, etc.) ont pu être observés avec ceux des adultes. Ainsi, il ne serait pas utile de débuter les sessions de capture plus tôt, à moins que ce segment de la population ne soit pas visé par le marquage.

Concernant le succès de capture (un loup par 76 nuits-engins), nous pouvons nous estimer très satisfaits de ce résultat compte tenu du manque d'expérience qui accompagne habituellement le démarrage d'un projet de capture sur un nouveau territoire. Pour comparaison, en 1980 dans la réserve faunique de Papineau- Labelle, 141 nuits-pièges par loup avaient été nécessaires. Notons que nous parlons de nuits-engins dans la RFL, puisque nous avons utilisé, en plus des pièges à patte, des collets munis d'un dispositif avec bague d'arrêt. Malheureusement, ces derniers ne nous ont donné aucun résultat en terme d'animaux capturés.

Pour expliquer ce bon succès de capture, il est important de préciser notre méthode de fonctionnement. Deux équipes travaillaient parallèlement; la première procédait à la recherche de sites de rendez-vous, alors que la seconde s'afférait à la pose des

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14

pièges. Nos efforts ont cependant été limités par l'absence de nouveaux sites de rendez-vous. Par nos observations, nous croyons que les loups dans la RFL occupent de très grands domaines territoriaux.

Avec 14 loups munis de radio-émetteurs dans la RFL (un restant de 1994 et 13 de 1995), nous étions confiants d'avoir un bon suivi des quatre meutes ainsi marquées. Toutefois, une mortalité élevée, neuf contacts-radios étant perdus, ne nous a laissé que cinq loups susceptibles d'être suivis par télémétrie (tableau 4). Comme causes de mortalité, nous retrouvons quatre animaux piégés par les trappeurs, dont un braconné. Un loup a été victime d'un accident routier, tandis qu'un autre a été retrouvé dévoré. Finalement, pour un loup nous n'avons pu identifier de cause à sa mort et pour deux autres loups nous n'avons pu trouver d'explication à leur disparition (perte du contact-radio).

4.2 Bilan pour le parc de conservation des Grands-Jardins En 1995, 42 jours furent consacrés au piégeage du loup dans le PGJ, répartis sur deux périodes : (1) 16 jours, du 30 juillet au 14 août, et (2) 26 jours, du 4 au 31 octobre. Pour la première période, nous avons installé 66 sites de piégeage, pour un total de 661 nuits-engins. Aucun loup ne fut alors capturé. Durant la période additionnelle, 58 sites ont fourni un total de 1544 nuits-enginss, soit 877 nuits-pièges et 667 nuits- collets. Seulement, un loup mâle juvénile, fut capturé malgré ces efforts (tableau 2).

La première session de capture s'est déroulée durant une période de forte canicule et en période d'élevage des jeunes, ce qui a fortement limité le déplacement des bêtes. Cela explique en partie l'absence de résultats posi- tifs malgré l'effort déployé. Par ailleurs, il faut aussi considérer le déran- gement occasionné par la fréquentation touristique importante du PGJ.

(27)

À la deuxième période, afin de vérifier s'il y avait une réelle présence de loups dans le PGJ, nous avons établi trois sites de nourrissage. Chacun était approvisionné de centaines de kilogrammes de carcasses toutes les trois semaines. Malgré un effort de capture de 1 538 nuits-engins, seulement un loup a été capturé. Cela reflète bien le fait que nos sites de nourrissage ont été très peu fréquentés par les loups. De plus, par nos observations sur le terrain, nous avons pu déterminer que les loups ne repassaient dans le même secteur qu'après plusieurs semaines, suggérant des domaines vitaux de très grandes dimensions dans ce type d'habitat.

Les efforts de piégeage ont toutefois été facilités par l'emplacement stratégique de notre base de travail (lac Sainte-Anne), qui simplifiait grandement l'organisation des déplacements.

4.3 Bilan pour le parc de conservation de la Jacques-Cartier Au cours des activités de terrain de 1995, nous avons déployé un effort de piégeage de 449 nuits-engins réparti sur treize jours, du 18 au 31 octobre.

Cet effort se répartissait en 36 nuits-pièges et 133 nuits-collets. Malgré cela, aucun loup ne fut capturé (tableau 2).

Si nous voulons vraiment optimiser le marquage de loups dans ce secteur, nous croyons qu'il serait nécessaire de débuter la session de piégeage plus tôt le printemps prochain, avant qu'il n'y ait trop de fréquentation touristique. En fait, il serait important d'attitrer une personne pour le piégeage dans ce secteur durant tout l'été : (1) session printanière de piégeage jusqu'à la mi-juin; (2) création de trois sites de nourrissage différents et bien répartis, approvisionnés jusqu'à la mi-août; (3) session estivale de piégeage de la mi-août à la mi-septembre.

Pour l'ensemble de l'aire d'étude, 104 jours d'activité de terrain ont été consacrés au marquage de loups. En tout, nous avons déployé un effort de captures de 3 716 nuits-engins, à partir de 254 sites de piégeage répartis à

(28)

16

l'intérieur des trois secteurs du territoire à l'étude. Le succès de piégeage fut en moyenne de 248 nuits-engins par loup capturé (tableau 2).

Si on s'attarde au succès de capture par meute identifiée dans les trois secteurs d'étude, nous constatons que dans la RFL au moins un loup de chacune des meutes a été capturé (tableau 3), qu'un loup a aussi été muni d'un collier- émetteur dans le PGJ et qu'aucun loup n'a été marqué dans le PJC. Dans ce dernier, à partir de nos observations de terrain, nous ne croyons pas qu'il y ait de meute résidente, mais plutôt qu'il s'agit de loups de la RFL qui s'y retrouvent.

Finalement, sur les 18 loups différents manipulés au cours des deux années de marquage, le rapport des sexes était de 0,8 mâle / femelle (huit mâles pour dix femelles). Quatre individus adultes furent équipés de radio-émetteur comparativement à 14 loups juvéniles (tableau 4). À l'hiver 1996, neuf colliers-émetteurs étaient toujours en fonction. Le tableau 5 décrit plus en détail le statut des loups capturés et leur devenir.

(29)

conservation adjacents

Secteur Nom de la meute

Nombre d'individus dans le groupe

estimé

Nombre de loups équipés

de colliers- émetteurs

Nb de colliers actifs à l'hiver 1996

% de succès

Remarques

Réserve des Laurentides Malbaie 9 8 5 100 % Perdu 3

contacts- radio

Hauteur 11 3 1 100 % Perdu 2

contacts- radio

Chartrand ? 3 2 100 % Perdu 1

contact-radio

Pikauba ? 1 0 Perdu le

contact-radio

Parc des Grands-Jardins Thériault 4 1 1 33

Parc de la Jacques-Cartier 0 %

(30)

18

Tableau 4. Rapport des sexes et d'âge des loups capturés en 1994 et 1995 dans la réserve faunique des Laurentides et les parcs de conservation adjacents

Classe d'âge

Année Sexe Jeune Adulte Total

1994 Mâle 3 0 3

Femelle 0 1 1

1995 Mâle 3 2 5

Femelle 8 1 9

Total 14 4 18

(31)

1995

Secteur d'étude

No du loup

Nom du loup

Date de

capture Sexe Âge Poids

Longueur totale

longueur du pied

arrière

Remarques

Réserve des 94L01 Thérèse 94-09-09 F A 35,0 162,0 29,0 Collier actif

Laurentides 94L02 Olivier 94-09-09 M J 20,5 146,0 26,0 Mort, accident routier 1994

94L03 Yves 94-09-10 M J 14,6 133,0 -- Mort, piégé 1994

94L04 Julien 94-09-10 M J 20,5 31,0 Mort, braconné 1995

95L01 Mikin 95-08-18 F J 16,5 132,0 23,8 Collier actif

95L02 Carroll 95-08-18 F J 17,0 131,0 24,5 Collier actif

95L03 Alyse 95-08-18 F J 16,0 139,0 24,0 Collier actif

95L04 Brunette 95-08-18 F J 15,5 135,0 24,0 Perdu le contact-radio 95L05 Fantôme 95-08-19 M J 21,0 142,0 27,0 Collier actif

95L06 Lavigne 95-08-25 F J 13,5 128,0 23,5 Mort, indéterminé 1995 95L07 Mérillon 95-08-25 M J 15,0 127,0 23,0 Mort, piégé 1995 95L08 Jacqueline 95-08-25 F A 29,0 160,0 27,0 Collier actif 95L09 Choquette 95-08-28 F J 11,0 122,0 24,0 Collier actif 95L10 Zorille 95-08-30 F J 12,0 126,0 23,0 Mort, piégé 1995

95L11 RoI 95-08-31 M A 20,5 139,0 25,0 Perdu le contact-radio

95L12 Jean-Paul 95-09-11 M A 41,0 185,0 29,0 Mort, manipulation 1995 95L13 St-Jacques 95-09-15 F J 20,0 144,0 25,0 Mort, loup dévoré

Parc des 95L14 Thériault 95-10-14 M J 20,0 116,0 22,0 Collier actif Grands-Jardins

(32)

20

5. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

En regard des objectifs que nous nous étions fixés dans le protocole d'entente, nous pouvons déjà affirmer que le fait d'associer trois partenaires (MEF, Mïkïn-SÉPAQ et SDAPJC), en plus de l'Université Laval, donne au projet beaucoup d'envergure et lui ouvre de belles perpesctives aussi bien sur le plan scientifique, écotouristique, qu'économique.

Cependant, suite aux résultats de capture de 1994 et 1995, on se rend compte que beaucoup d'efforts ont besoin d'être déployés sur un terrain qui nous apparaît " difficile ", compte tenu que les densités de loups semblent plus faibles que celles que nous espérions et que l'activité humaine est importante, surtout dans les parcs de conservation. La mortalité liée au piégeage est également plus forte que ce à quoi nous nous attendions.

Compte tenu de ces considérations, nous croyons que les éléments suivants devraient permettre de mieux orienter le déroulement du projet et aider à atteindre les objectifs fixés préalablement :

1- Expérimenter la possibilité de capturer des loups en utilisant le lance-filet ou la carabine à fléchettes immobilisantes à partir de poursuites en hélicoptère; d'une part, cela permettrait d'ajuster les colliers ou les remplacer au besoin et d'autre part, de marquer de nouveaux individus au sein d'une meute donnée.

2- Rencontrer le responsable section-nord de la RFL du ministère des Transports, afin d'obtenir les orignaux frappés sur les routes 169 et 175, dans le but de créer et d'approvisionner des sites de nourrissage pour faciliter la capture des loups.

3- Organiser une rencontre avec les trappeurs de la RFL pour leur exposer la problématique du marquage du loup dans ce secteur, et les sensibiliser au projet.

4- Améliorer les communications entre les partenaires sous forme d'un bulletin et prévoir deux réunions par année du comité de suivi du projet.

(33)

5- Regarder la possibilité d'instaurer un moratoire pour l'interdiction de piéger le loup dans la RFL pour la durée de l'étude (3 ans), puisqu'il s'agit du principal facteur de mortalité des loups radio-équipés.

(34)

22 6. LITTÉRATURE CITÉE

GRANDTNER, M. M. 1966. La végétation forestière du Québec méridional.

Les Presses de l'Université Laval. 216 p.

JOLICOEUR, H. et R. LEMIEUX. 1995. Projet d'étude sur le loup dans la réserve des Laurentides, dans le parc des Grands-Jardins et dans le parc de la Jacques-Cartier. (Version préliminaire). Ministère Environnement et Faune, Service de la faune terrestre. 25 p.

LEMIEUX, R. 1983. Piégeage du loup dans la réserve de Papineau-Labelle de 1980 à 1982. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche; Direction de la faune terrestre. Rapport dactylographié. 28 p.

LEMIEUX, R. 1985. Résultats des opérations de piégeage du loup dans la réserve de Papineau-Labelle en 1983 et 1984, et mise à jour des résultats depuis 1980. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche; Direction de la faune terrestre. Rapport dactylographié. 21 p.

MLCP. 1984. Les parcs québécois. Cahier 7. Direction générale des parcs et du plein-air. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche. 227 p.

POTVIN, F. 1984. Les loups de Papineau-Labelle. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche; Direction de la faune terrestre. Rapport dactylographié. 8 p.

POTVIN, F. 1986. Écologie du loup dans la réserve de Papineau-Labelle.

Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche; Direction de la faune terrestre. 103 p.

(35)

23

Annexe 1

Fiche dé terrain servant pour l'identification dès loups et la tirise de riesures morphométriques

(36)

Capture et marquage de loup

1. Nom : 2. Étiquette :

3. Oreilles : G = gauche D = droite 4. Fréquence du collier : .

5. Type de collier :

T = Telonics H = Hollohils L = Lotek 6. No. série :

7. Pulsations - repos : 8. Pulsations - mort :

9. Jour : 10. Mois : 11. Année :

12. Lieu de capture : 13. Site de capture :

14. Mercator UTM :

15, Engin : 0 = piège 1 = collet

16. Stress : i 0 = soumis 1 = agité 2- agressif

17. Patte restreinte : 0 = av. dr. 1 = av. ga. 2 = arr. dr. 3 = arr. ga

18. État patte : 0 = normal 1 = enflée 2 = lacérée 3 = disloquée 4 = cassée 19. Température patte : 0 = chaude 1 = froide

20. Sexe : 0 = mâle 1 = femelle

21. Lait : 0 = non 1 = oui

Âge catégorie : - louveteau 1 = louvard (1-2 ans) adulte (2 +)

23. Couleur : 0 = beige/légèrement jaunâtre 1 = jaunâtre 2 = gris pâle 3 = gris foncé 4 = noir

24. Parasites externes : 0 = non 1 = oui

25. Qualité fourrure : 1 = parfaite 2 = première toison 3 - endommagée 4 = sans valeur (mue)

(37)

MQ MV M B

1-

,/ Long. patte arrière 26. Sup. droite : mm

27. Sup. gauche : mm 28. Inf. droite : mm 29. Inf. gauche : mm

30. Poids : Kg

31. Circ. du cou : cm 32. Circ. du thorax : cm

33. Longueur totale MQ cm 34. Longueur totale MV cm 35. Longueur totale MB cm 36. Longueur patte arrière cm 37. Hauteur au garrot cm 38. Longueur pied av. (A) cm 39. Largeur pied av. (B) cm 40. Largeur coussinet (C) cm 41. Note : 0 = non 1 = oui

42. Mortalité : 0 = non 1 = oui Date de la mort :

cause : Endroit :

Mercator : Capturé par :

(38)

26

Annexe 2

Effort de piégeage et nombre de loups capturés par année dans la réserve faunique de Papineau-Labelle de 1980 à 1983

(39)

Effort de piégeage et nombre de loups capturés par année dans la réserve faunique de Papineau-Labelle de 1980 à 1983

Période

Nombre de nuits-pièges

Nombre de captures de

loups

Nuits-pièges / capture

Nombre d'individus d'espèces non

visées

80-08-20/09-17 1554 11 (9)a 141 80

81-08-01/08-20 629 2 (1) 315 11

81-08-21/09'-08 843 14 (13) 60 19

Sous total 1472 16 (14) 92 30

82-06-02/06-28 704 9 (9) 78 17

82-08-19/08-26 191 9 (8) 21 6

Sous total 895 18 (17) 50 23

83-05-13/05-27 586 4 (2) 147 9

83-08-29/09-10 405 4 (3) 101 10

Sous total 991 8 (5) 124 19

Total 4912 53 (45) 93 152

Nombre de loups différents.

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