E. J ACQUET -L AGREZE
Représentation de quasi-ordres et de relations probabilistes transitives sous forme standard et méthodes d’approximation
Mathématiques et sciences humaines, tome 63 (1978), p. 5-24
<http://www.numdam.org/item?id=MSH_1978__63__5_0>
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SOUS FORME STANDARD ET METHODES
D’APPROXIMATION
E.
JACQUET-LAGREZE (*)
0. INTRODUCTION
Le
problème
del’approximation d’une relation binaire quelconque
par une re-lation
transitive tellequ’un
ordre total est devenu unproblème classique (cf. Barbut (1966)).
Ils’est d’abord posé
pour leproblème
del’approxima-
tion d’un graphe
detournoi
obtenusuite
à undépouillement
depréférences
collectives
par1&
méthode demajorités
parpaires
de Condorcet(nombre
devotants
impairs) puisqu’il
est bien connu que cetteprocédure
ne conduit pasnécessairement à
un ordre total.Plus
récemment,
des travaux ont été menés pour trouver desalgorithmes de
recherche depréordres
totaux à distanceminimum
derelations
totales nontransitives appelées
parRibeill
matchs(cf.
Heuchenne(1970), Ribeill (1973)).
Dans un autre contexte que
celui
del’agrégation
depréférences
indivi-duelles, Roy (1968)
a introduit leconcept
de relation de surclassement(re- lation binaire quelconque)
dans des méthodesd’agrégation
de critères(mé-
thodes ELECTRE par
exemple.
Il estpossible,
dans certains cas,d’utiliser
directement la relation binaire initiale(si
legraphe correspondant
estsimple
àvisualiser) ;
il est par contrenécessaire
dans d’autres casd’ap- proximer
cette relation binairequelconque
par des relationsplus
faciles àmanipuler
telles que despréordres
totaux. Si lesalgorithmes
retenus dans~~~ LAMSADE, Université
Paris IXDauphine,
Place du Maréchal de Lattre deTassigny,
75775 PARIS CEDEX 16.la méthode ELECTRE II
(Roy,
Bertier(1972))
necorrespondent
pas au critère de recherched’un préordre
à distanceminimum,
ils ontl’avantage opération-
nel de fournir très
rapidement
non pas unpréordre
total mais deuxpréordres
totaux aussi différents que
possibles.
Les travaux récents sur les
quasi-ordres
invitent naturellement à seposer le
problème
del’approximation
d’une relation binaire par unquasi-
ordre. En
effet,
cette relation resteopérationnelle puisqu’il
existe unpréordre sous-jacent (Luce (1956)) qui permet
donc de classer sur unpréordre
total tous les
objets
enapportant
uneinformation supplémentaire
sur une nondifférenciation en termes de
préférence
parexemple
de deux classesproches (cf.
la fonction seuild’indifférence).
Deplus,
commel’a souligné
Menuet(1974), si (J,fJ,Q représentent respectivement
l’ensemble des ordres to-taux,
préordres
totaux,quasi-ordres
sur un ensemble de nobjets,
alorsy~IJ~Q ~
cequi
montre que, sil’on
cherche unerelation
binaireO~O", PE 9
ouQ E Gl
à distance minimumd’une relation
binaire Rquelconque,
on aura :
L’approximation
par unquasi-ordre
sera donc engénéral beaucoup
moinscoûteuse (au
sensd’une
distance telle que la différencesymétrique)
quel’ap- proximation
par unpréordre
total ou afortiori
par un ordre total(*) . L’al-
gorithme
que nousprésentons
dans cet article alargement confirmé
ces résul-tats sur des
applications pratiques.
Dans une
première section,
onprésente
des résultats sur la forme stan-dard
d’un quasi-ordre (Jacquet-Lagrèze (1974), (1975),
Menuet(1974)).
Cetteforme
permet
dereconnaître (de vérifier) rapidement
si une relationbinaire
totale est un
quasi-ordre.
Dans une secondesection,
onprésente
unalgorithme d’approximation d’une
relation binairequelconque
par desquasi-ordres.
En~*~
Ceci estd’ailleurs illustré
par les dénombrements queprésentent Chandon,
Lemaire etPouget (1978) puisque
si n = 7 parexemple, ICI
= 5040,
Ifl =
47 293 etIQI =
763 099.utilisant
les travaux de Roberts(1969),
on étudie dans une troisième sec-tion une extension de ces
problèmes
au cas de relationsprobabilistes.
1. FORME STANDARD
D’UN QUASI-ORDRE
Toutes les
définitions
dequasi-ordres
sont naturellementéquivalentes ;
nousretenons celle de Krantz
(1967)
ainsi que saprésentation.
1.1
Rappels
DEFINITION : Un
quasi-ordre
sur un ensemble A est une relation binaireQ = (P, I)
où P(Préférence) désigne
lapartie antisymétrique
deQ
etI
(Indifférence) désigne
lapartie symétrique
deQ
telle que :1) Q
esttotale : lli, j C A,
on a une seule des 3 situations suivantes :patibles.
Il en résulte que P est transitive mais I pas nécessairement transitive.
PREORDRE TOTAL SOUS-JACENT ET FONCTION DE VALEUR ASSOCIEE
(Luce (1956),
Fishburn (1970) )
-
Si Q
est unquasi-ordre,
alors il existe unefonction
f définie sur A et à valeurs dans R et un seuilconstant u >
0 tels que sii, j E
A :- La relation de
préordre
T associée à f(i T j
=>f(i) > f(j))
est lepréordre sous-jacent
oupréordre
latent(cf.
Guilbaud(1978)) ;
crs’inter- prète
comme un seuild’indifférence
ou de non différenciation. Sici = 0,
lequasi-ordre
est unpréordre
total. Noter que T esttoujours
unpréordre
total.
- Le
préordre sous-jacent
T associé à f peutégalement
être défini par Il en résulte que si 2 élémentsi, j appartiennent
à une classed’équivalence
de T(i E j _ >i T j et j T i),
alors :1.2 Forme standard
d’un quasi-ordre
DEFINITION : Un
quasi-ordre
estreprésenté
sous forme standards’il
est re-présenté
par sa matriced’adjacence
associée etsi
lapermutation
deslignes
et des colonnes est
compatible (ordre inclus)
avec lepréordre sous-jacent.
PROPOSITION 1 :
Lorsqu’un quasi-ordre
estreprésenté
sous formestandard,
ilexiste
deuxfrontières
enescalier symétriques
parrapport
à ladiagonale
sé-parant
lescouples
En
effet,
soit{Qi.}
la matriced’adjacence associée
àQ(P, I)
.. . , . et
convenons de visualiser la
matrice d’adjacence
au moyen de lettresP, P ,
Itelles que :
apparaît
dans la case(i, j) apparaît
dans la case(i, j) apparaît
dans la case(i, j)
Raisonnons au-dessus de la
diagonale
et mettons en évidence la fron-tière
en escalierséparant
I de P.Appelons 1, 2,
...,i, ..., j,
..., nles éléments de A
représentés
dans cet ordre enligne
et encolonne,
cetordre étant
compatible
avec lepréordre sous-jacent.
a) Soit
laligne i ; si
i Pj,
alorsV j’ > j, i
Pj’ ;
en effet :On en déduit que donc
Comme
j’ > j signifie
que la colonnej’est
à droite de lacolonne j (permutation compatible
avec lepréordre sous-jacent T), alors,
dèsqu’on
ren-contre une case P dans la
ligne i,
toutes les cases à droite de cette casene contiennent que des P. En
appliquant
ce résultat à lapremière
case Prencontrée en
partant
de ladiagonale,
on montrequ’une ligne est,
àpartir
de la
diagonale,
de la forme : 1-
b) Soit
lacolonne j ; si i P j,
alorsOn en
déduit
quef ( i’ ) > f ( i )
>f(j)
+ cr ; donci’ P j.
Comme
i’
isignifie
que laligne i’
est au-dessus de laligne i, alors,
dèsqu’on
rencontre une case P dans une colonnej,
toutes les casesau-dessus
de cette case necontiennent
que des P.-
a)
etb)
montrent que la frontière au-dessus de ladiagonale prend
bienune,forme
enescalier ;
- 1 étant
symétrique,
la frontière deséparation
deP
et I est unefrontière symétrique
de lafrontière
deséparation
de I et P.DEFINITION :
Soit
ipij
la matriced’adjacence
associée àP ;
posons- J -
Appelons
-18.
le score de i.De
même,
siI..
est la matriced’adjacence
associée àI,
onpeut
1Jécrire :
Q.. =P..
+ I.. pour tout iet j
et le score o. se calcule1J
1J 1J ~ " iégalement
àpartir
deQ.. :
1J
En effet
(I symétrique) ;
donc :PROPOSITION 2 : Dans la
représentation
sous forme standardd’un quasi-ordre,
le
score 61est
unefonction
non croissante de i et lepréordre
associéi
aux scores
6 1
est lepréordre sous-jacent
auquasi-ordre.
Si le
quasi-ordre
est sous formestandard,
la frontièreséparant
P deI est en
escalier ;
il en résulte immédiatement que :est une fonction non croissante de i
est une fonction non
décroissante
de iest une
fonction
non croissante de iMontrons que le
préordre associé
aux scoreso. 1
est lepréordre
sous-jacent
T.1)
Sio. =
io.,
J alorsi E j.
En effet :Compte
tenu despropriétés
demonotonicité
ded+
etd-,
on endéduit
que
si
i est àgauche de j (i j),
alorsnécessairement d~ - d~
> 0 et- -
i 1 -
8. = 8. implique
donc que leslignes i et j d’une part,
lescolonnes
i J
i et j d’autre part
ont lemême
nombre de cases P. Comme lafrontière
est enescalier,
les deuxlignes
iet j
et les deux colonnes iet j
sontidentiques,
cequi
montre que iE j (cf. § 1.1).
2)
Si8.
>ô.,
alorsd. - d.
>d. - d-
et seulel’hypothèse
ij
1 J 1
J
1J
zest
compatible
avec cettehypothèse
et donc i Tj.
TEST POUR RECONNAITRE SI UNE RELATION BINAIRE EST UN
QUASI-ORDRE :
Ilrésulte
de la
proposition
2. On calcule les scores61,
1 i =1,
npuis
on trielignes
et colonnes de la
matrice d’incidence
deQ
ou de P suivant les scores dé-croissants.
Enfin on vérifie que lafrontière
est enescalier.
EXEMPLE
La
frontière
est bien enescalier ;
donc P estbien
lapartie antisymétrique
d’un quasi-ordre.
Lepréordre sous-jacent
contient 7 classesd’équivalence.
On
vérifie
que leslignes
et colonnes sontidentiques
pour deux élémentsd’une même
classed’équivalence.
REMARQUES
a)
On retrouve lesclasses d’équivalence
dupréordre sous-jacent
enprolon- geant
lesmarches de
lafrontière
en escalierjusqu’à
ladiagonale (cf.
Menuet
(1974)).
’
b)
Unpréordre
total est unquasi-ordre
pourlequel
les marchesd’escalier viennent s’appuyer
sur ladiagonale (la relation
I est alorstransitive).
c)
Un ordre total est unquasi-ordre qui comprend
n marchess’appuyant
sur la
diagonale.
2. UNE METHODE
D’APPROXIMATION
D’UNE RELATION BINAIRE PAR DESQUASI-ORDRES
On
présente
ici une méthoded’approximation
conduisant à troisquasi-ordres.
Le
premier
est unquasi-ordre plus
discriminant que larelation
initiale(contenant plus
decouples P),
le second unquasi-ordre
moins discriminantet le troisième un
quasi-ordre
obtenu àpartir d’une heuristique
de moindrecoût au sens de la différence
symétrique.
Les deuxpremières
méthodes sonttrès
performantes
dupoint
de vuetemps
de calcul. Dansl’ensemble,
lestrois
méthodes ne sont valables que si la relation initialen’est
pas trop distante desquasi-ordres
obtenus et si elle contient suffisamment decouples
P et I. Des
applications
sur des données issues deproblèmes
concrets ontdonné des résultats tout à fait
performants.
2.1
Présentation
de la méthodeOn utilise les résultats
établis
ci-dessus et on effectue lesétapes 1 à 5
ci-dessous.
1 A partir
de la relation binaire R =(P, I), considérer
lamatrice d’ad-
jacence
associée a P et calculer les scores6. = d. -
d../B
111(
2 Trier leslignes
et colonnes de P selon lesi décroissants.
~
3Lorsqu’il existe
descircuits
dansP,
alors il existenécessairement
des 1 sous ladiagonale après 2
. Onsupprime
alors tous lescircuits
ensupprimant
ces 1 sous ladiagonale (on supprime
doncquelques
arcsP).
4 P
est sanscircuit ;
onétablit
sa fermeturetransitive
defaçon
àavoir
PPCP.5 On
recalcule les nouveaux scoresSi
1 et on trie à nouveau Psuivant
6. décroissant.
1
Après 5
, lamatrice d’adjacence
est de la formesuivante :
Elle
possède
une forte densité de 1 en haut àdroite,
des 0 sous ladiago- nale,
une zone de 0 au-dessus de ladiagonale
et une zoned’indétermination
oùl’on
a unmélange
de 0 et de 1. La zoned’indétermination
est obtenus enplaçant
deuxfrontières
en escalier. Ces deux frontièrescorrespondent
auxdeux
premiers quasi-ordres :
- le
quasi-ordre discriminant
est obtenu enprenant
lafrontière
inférieureet consiste à
remplir
de 1(couples P)
la zoned’indétermination ;
- le
quasi-ordre
nondiscriminant
est obtenu enprenant
lafrontière supé-
rieure et
consiste
àremplir
de 0(couples I)
la zoned’indétermination ;
- le
quasi-ordre intermédiaire consiste
à trouver, selon uneheuristique
définie
en 6 et 7 ci-dessous,
unefrontière intermédiaire
entre les deux frontièresprécédentes.
6 i, j
tel queP.. -
0 on calcule le nombreSo(i, j)
de 1 malpla-
1J
océs
qu’il "couvre" :
V i , j
tel quePi i=
1J1 ,
on calcule le nombreS 1(i,
1j)
de 0 malplacés
qu’il "couvre" :
Soit alors oo o le
couple
tel quej)
soitmaximum
et(il, il)
il 1le
couple
tel queS1(il j)
soitmaximum.
Si o 0 on
ajoute l’arc (io, Jo) :
0 0P.. o Jo
. o = 1.s1
onsupprime l’arc (il5l il
:piii, il
l = o’7 Après suppression (ou adjonction) d’un
arc, on calcule les nouveaux(D (D
scores
i,
i ontrie
P par ordre deso.
1 décroissants et onrecommence 6
.La
procédure s’arrête lorsqu’on obtient
pour P lapartie antisymétrique
d’un quasi-ordre.
Dans ce cas,en 6 (D
, on trouve :MESURE DE
L’APPROXIMATION :
Au lieu de calculer une distance entre R etQ
telle que la différence
symétrique,
on calcule le tableau du nombre de trans-formations
descouples.
Si ondésigne
par J lespaires d’incomparabilité
dans
R,
ce tableau seprésente
sous la forme suivante :Dans la lère
colonne,
on a :(*P, P) :
nombre depréférences
strictes inversées.(P, P)
: nombre depréférences
strictes conservées.(I, P)
: nombre d’indifférences transformées enpréférences
strictes.(J, P)
: nombred’incomparabilités
transformées enpréférences strictes.
Dans la seconde
colonne,
on a :(~P, I) + (P, I) :
nombre depréférences
strictes transformées enindifférence.
(I, I)
: nombred’indifférences
conservées.(J, I)
: nombred’incomparabilités
transformées enindifférence.
L’ajustement
au sens de la différencesymétrique
estd’autant
meilleur que(P, P)
et(I, I)
sontgrands
devant les autres.Définissons comme coefficient
d’approximation
lerapport
a _ ~ ’
(P;P)
+(I,1)
n(n - 1)/2
°Définissons le
rapport
de discrimination duquasi-ordre Q
par :d - (P)
où(P)
est le nombre depréférences
strictes deQ.
n(n - 1 ) /2
ou pQ
2.2
Exemples d’utilisation
de la méthodeOn a
repris
les données duproblème
de classement desupports
de presse(cf.
ROY et BERTIER(1972)).
Une méthode
d’agrégation
de critères apermis d’établir
unerelation
binaire non
transitive,
non totale.Tableau 1.
Relation binaire
àl’issue
del’étape 5
Aucun circuit
n’existait
dansP ;
un seul arc a étéajouté
dans lafermeture
transitive
de P :l’arc FP,
ND. _La zone
d’indétermination
est cellecomprise
entre les deux frontièresen
escalier ;
chacuned’elle
délimite la limite de lapréférence
stricte dansles deux
quasi-ordres emboîtés construits.
( D
Le
quasi-ordre
discriminant(frontière proche
de ladiagonale)
est lesuivant
(on
a calculé les nouveaux scores6.) :
,Pour ce
quasi-ordre,
le tableau destransformations
des arcs est :n = 14
médias, n(n - 1)/2 =
91paires
dans R et dansQ.
- Les 49
préférences
P de R ont été conservées. Sur les 30 indifférences I deR,
6 sont devenues despréférences
P. Les 12incomparabilités
J deR se sont
partagées
en 7préférences
et 5 indifférences.Le
rapport
de discrimination duquasi-ordre
est :Celui de la relation R initiale est
- Le coefficient
d’approximation
est :Sans donner ici les deux autres
quasi-ordres obtenus,
donnonssimplement
leurs tableaux de
transformation
des arcs.Si on ne tient pas compte de
l’incomparabilité, l’ajustement
est excel-lent
puisque,
sur les 79paires
de larelation
de surclassement pourlesquelles
on a
soit
P soit I(comparabilité),
seulesrespectivement 6,8
et 3d’entre
elles ont été modifiées dans chacune des trois
approximations.
- A titre de
comparaison,
on a déterminé àpartir
de la relation de surclas- sement lepréordre
descendant telqu’il
estconstruit
dans ELECTRE II. Pource
préordre R,
le tableau detransformation
des arcs fut lesuivant :
d 72
79 - ...-l ...- - _ci’" 1 d d- d =
9T =. ,
cequi
esttrop
élevé si on considère lerapport
de dis-crimination initial de
R = 2013 =
.54cr1m1nat10n 1n1t1a e =
91 = .
On constate que la recherche
d’un préordre
transformedavantage
la re-lation binaire que la recherche
d’un quasi-ordre.
Lerapport
de discrimina- tion esttrop élevé,
le coefficientd’approximation
est moins bon.3. APPROXIMATION DE RELATIONS PROBABILISTES
On se propose dans cette section d’utiliser le théorème de Roberts ainsi
qu’une propriété
de monotonicité pour proposer une méthoded’approximation.
3.1 Définitions et théorème de Roberts
- Une relation binaire valuée
{ai.}
1J définie sur un ensemble A(i, j
EA)
est
probabiliste
si :- Une relation
probabiliste
esttransitive (fortement)
si :- Préordre
sous-jacent
à une relationprobabiliste :
- Famille de relations binaires R associée.
Soit R OE
=
(P ,
511 )
la relation binaire associée à{a..}
selon lea a a 1J
principe
d’uneprocédure
à seuil(1/2
a1),
cf.Jacquet-Lagrèze (1973).
En général,
la relation R est un match(relation total~.
THEOREME DE ROBERTS
(1971) :
Sifai.}
est(fortement transitive,
alors R20132013201320132013201320132013;2013201320132013201320132013201320132013
1J aa est unquasi-ordre.
En faisantvarier
a de1/2
à1,
onobtient
unefamille
dequasi-ordres emboîtés ayant même préordre sous-jacent
que lepréordre
sous-jacent
à la relationprobabiliste.
3.2
Propriétés
de monotonicité et forme standardDEFINITION : La relation
probabiliste
transitive estreprésentée
sous formestandard si la matrice
a..
estreprésentée
en choisissant unepermutation
1J
des
lignes
et des colonnescompatible
avec lepréordre sous-jacent.
PROPOSITION 3 :
Lorsqu’une
relationprobabiliste
transitive estreprésentée
sous forme
standard,
a.. est une fonction non décroissantede j
etnon
1J croissante de i.
Soit
1,, 2,
..., 9i,
...,k,
...,j,
..., n lapermutation
correspon- dant à la forme standard et intéressons-nous à la moitiésupérieure
de lamatrice. Si
i k
- -j,
alors 1 -1/2
et1/2 (préordre
sous-J -
jacent compatible
avec lapermutation).
D’après
latransitivité,
on aai. >
1J -max(aik,
ikak.),
Jd’où :
est une
fonction
non décroissante dej.
est une fonction non croissante de i.
Comme a.. + a.. = 1 pour tout i et
j,
laproposition
est vraie1J J i
pour la moitié inférieure de la matrice.
1 En termes
imagés,
sous formestandard,
la matricea..
1J seprésente
comme une
"surface"
monotone non décroissante avec des valeurs inférieures à1/2
sous ladiagonale, égales
à1/2
sur ladiagonale, supérieures
à1/2
au-dessus de la
diagonale.
En termes
imagés toujours,
le théorème de Roberts consiste à coupercette surface par un
plan
de hauteur a définissant ainsi une courbe de ni-veau
qui n’est
autrequ’une
frontière en escaliercaractéristique d’un quasi-
ordre.
DEFINITION :
Appelons
score de i laquantité 6 1 définie
par :Si on pose alors De
plus,
commePROPOSITION 4 : Dans la
représentation
sous forme standardd’une
relationprobabiliste transitive,
lepréordre
associé aux scoreso. 1
est lepréordre
sous-jacent.
La relation est sous forme
standard ; donc,
si ij
dans lapermuta-
tionchoisie,
alors iT j (permutation compatible
avecT).
Commeon en déduit :
Si i
E j (i T j et j T i),
alorsTEST POUR RECONNAITRE
QU’UNE
RELATION PROBABILISTE EST TRANSITIVE : Il ré- sulte despropositions
3 et 4. On calcule les n scores~i
ou,plus
sim-plement,
les n scoresai puis
on trie leslignes
et colonnes de la ma-trice suivant les scores
décroissants. Enfin
onvérifie
que la pro- Jpriété
de monotonicité estsatisfaite (proposition 3).
3.3 Une méthode
d’approximation
Elle
consiste
à effectuer lesétapes 1 à 5 ci-dessous.
1 Calculer
les scoreso.
ou0152.
etadopter
lepréordre
obtenu àpartir
de ces scores comme
préordre sous-jacent.
2 Soit (1, 2,
...,m)
unepermutation
deslignes
et des colonnes compa- tible avec lepréordre
des scores6 1.
On fera la transformation suivante :Si
Ai.
J1/2
pour ij,
alorsTi.-
J1/2.
3 Construction d’une relation probabiliste transitive discriminante T 1
On part de la
diagonale
et on comble les trous de la surface "en remontant versT, In ".
4 Construction d’une relation probabiliste transitive
moinsdiscriminante
T2.
Onpart
du sommetTln
et on"supprime
les bosses de lasurface"
en descendant vers ladiagonale.
5 Construction d’une relation probabiliste
moyenneT’ :
La relation
T’ est
bien transitive carTl
1 etT2
sont établies àpartir d’une même permutation 1, 2,
...,i,
...,k, ..., j,
..., n. DoncViS k S j,
on a :On en déduit
Exemple :
Soit la relationprobabiliste suivante
obtenue enagrégeant
desgraphes
detournois (comparaison
parpaires).
Pour les trois
relations transitives
APPROXIMATION PAR DES
QUASI-ORDRES :
Enappliquant
le théorème de Roberts à l’une des trois relationsT 1, T2
ouT’,
on définit une famille dequasi-
ordres emboîtés. En prenant la relation
T’,
on obtient la famille de qua- si-ordres suivanteayant
tous pourpréordre sous-jacent l’ordre
3 1 2 4.CONCLUSION
On espère
avoir montré au cours de cet article quel’utilisation
desquasi-
ordres est
particulièrement intéressante
dans desproblèmes d’approximation
de relations binaires
quelconques. L’avantage
des méthodesprésentées
résideessentiellement dans une
simplicité d’emploi
et destemps
de calculs sur ma- chine trèsrapides.
Il reste néanmoins àpoursuivre
des recherches en vuede diminuer certains
aspects
arbitraires des méthodes tellesqu’elles
sontexposées
ici. En effet souvent,lorsque plusieurs
choix sontpossibles
dansles
algorithmes présentés (cas
de valeurs ex-aequo dans destestes),
seuleune branche de
l’arbre
despossibilités
estexploitée.
Il devraitêtre
pos- sibled’étendre
cesalgorithmes
àl’exploration
del’arbre
entier despossi-
bilités
(sous
réserve que la combinatoire ne soit pastrop élevée). D’autres algorithmes
basés sur la recherche dequasi-ordres
à distance minimum pour- raient être étudiés.D’un point
de vueopérationnel,
il nous sembleraitutile de
disposer d’algorithmes
mettant mieux en évidence lesincomparabi-
lités comme on le fait dans la méthode ELECTRE II.
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