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Que penser du co-dodo ?

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Revue Médicale Suisse

www.revmed.ch

21 mars 2012

actualité, info

pédiatrie

Faut-il ou non renoncer à dormir avec son bébé? Le point avec le Dr Anne Pittet, spécialiste en pédia trie, CHUV, Lausanne Après avoir recensé 10,4 morts de nourrissons pour 1000 nais- sances en 2009, les autorités de la ville de Milwaukee, dans le Wis- consin, ont lancé une campagne choc pour lutter contre la morta- lité infantile. Cette campagne américaine montre deux bébés apparemment endormis, avec deux couteaux tranchants à leur côté. Le but : décourager les pa- rents qui font du co-dodo (ndrl : le fait de dormir avec son bébé), ap- pelé aussi co-sleeping, une pra- tique jugée trop dangereuse. En Suisse, selon les chiffres de l’Of- fice fédéral de la statistique, la mort subite du nourrisson a fait treize victimes en 2009, le nom- bre de cas étant relativement

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stable depuis dix ans environ. Le Dr Anne Pittet répond à nos ques- tions.

Est-il dangereux de faire du co-dodo ?

Il est difficile de répondre simple- ment et de manière catégorique à cette question, pour plusieurs rai- sons. Tout d’abord, il faut savoir que dormir (ou pas) avec son bébé est une affaire culturelle. En Afrique, par exemple, cette pra- tique fait partie des mœurs, alors qu’elle est beaucoup moins répan- due en Occident. Aussi, il y a de multiples façons de faire du co- dodo : les parents et l’enfant peu- vent partager la même cham bre, mais le bébé dort dans son ber- ceau. Ou alors, ce dernier partage le lit de ses parents et dort entre son papa et sa maman ou carré- ment sur elle. Selon les situations, les risques sont très différents.

Quels sont les avantages et les inconvénients de cette pratique ?

Dormir avec son bébé favorise l’al- laitement à plusieurs égards. C’est

d’abord pratique pour la mère qui n’a pas besoin de se lever pour le nourrir. De plus, des études ont démontré que le bébé qui dort avec sa maman tète plus et plus souvent pendant la nuit. On peut faire le lien avec la méthode kan- gourou, indiquée en particulier chez les prématurés. Le contact peau à peau favorise la montée du lait, stimule le bébé et diminue les risques d’apnée. Sur le plan psy- chologique, cette proximité aug- mente le sentiment de sécurité du bébé, qui sent l’odeur de sa mère et entend les battements de son cœur. Face au risque de mort su- bite du nourrisson, les parents se sentent généralement plus rassu- rés de savoir leur enfant près d’eux, mais le risque existe selon les conditions de couchage. Pour l’intimité du couple et la qualité du sommeil, dormir avec son bébé n’est pas idéal.

Le risque de mort subite du nourrisson est-il plus important lorsqu’on fait du co-sleeping ? Il y a peu d’études détaillées sur le co-dodo analysant séparément

l’influence des différents facteurs associés à cette pratique, mais il y aurait effectivement plus de morts subites quand le nourrisson passe la nuit dans le même lit que ses parents. En cause : les risques d’enfouissement (sous la couette ou l’oreiller), d’hyperthermie (le bébé a trop chaud) et d’écrase- ment, voire de chutes, liés à cette pratique. Contrairement à une idée reçue, écraser son enfant en dormant peut arriver, en particulier lorsqu’on se trouve dans un som- meil très profond, après avoir consommé de l’alcool ou lors d’une fatigue parentale extrême par exemple. En revanche, on ne sait pas bien pourquoi, mais il y a moins de morts subites lorsque l’enfant dort dans la même cham- bre que les parents, mais dans son berceau.

Quelles précautions observer pour minimiser les risques ? Dans tous les cas, que l’enfant soit dans son berceau ou dans le lit conjugal, il faut veiller à ce que ses conditions de couchage soient bonnes. L’enfant doit être couché

sur le dos dans une gigoteuse (sac de couchage). Il faut bannir la couette et les oreillers en raison du risque d’étouffement. On préfé- rera un lit plutôt dur, duquel il ne pourra pas tomber. Pour éviter toute chute, on peut également mettre le matelas par terre ou cou- cher l’enfant entre ses parents. Il faut veiller à le protéger de tout ex- cès de chaleur, en maintenant une température de la chambre entre 18 et 20°. Aussi, la fumée accroît les risques de mort subite. Il faut donc maintenir une ambiance sans fumée pour le bébé, mais il faut savoir que le tabagisme ma- ternel pendant la grossesse est un facteur de risque important égale- ment. L’allaitement maternel a quant à lui un effet protecteur.

Elodie Lavigne

Tiré de

Planetesante.ch

Le site santé de référence de la population romande

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