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Mukherjee, M.D., F.A.C.C., Yale School of Medicine ; Dan M. Roden, M.D., Vanderbilt University School of Medicine ; F. Estelle R. Simons, M.D., University of Manitoba ; Jordan W. Smoller, M.D., Sc.D., Harvard Medical School ; Neal H. Steigbigel, M.D., New York University School of Medicine ; Arthur M.F.Yee, M.D., Ph.D., F.A.C.R., Weil Medical College of Cornell University. SENIOR ASSOCIATE EDITORS : Donna Goodstein, Amy Faucard. ASSOCIATE EDITOR : Cynthia Macapagal Covey. EDITORIAL FELLOW : Esperance A.K.Schaefer, M.D., M.P.H., Harvard Medical School. MANAGING EDITOR : Susie Wong. ASSISTANT MANAGING EDITOR : Liz Donohue.
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Founded 1959 by Arthur Kallet and Harold Aaron, M.D. Copyright© 2018. The Medical Letter, Inc. (ISSN 0025 – 732X).
TRADUCTION ET ADAPTATION DE L’ÉDITION FRANÇAISE : Dr Pierre-Alain Plan, Grandson.
Vaccins pour les voyageurs
Les personnes prévoyant de voyager hors des Etats-Unis, du Canada ou de l’Europe de l’Ouest doivent avoir leurs vaccinations systéma- tiques à jour et, selon leur destination, la durée du voyage et les acti- vités prévues, recevoir aussi certains vaccins spécifiques. Les vaccins contre l’encéphalite à tiques et la dengue, non disponibles aux Etats- Unis, sont traités dans un article séparé disponible en ligne sur le site internet www.medicalletter.org. Des conseils détaillés pour des des- tinations spécifiques sont disponibles sur le site internet des Centers for Disease Control and Prevention (CDC ; www.cdc.gov/travel/desti- nations/list). Les recommandations relatives à l’immunisation systé- matique des adultes ont été discutées dans un autre numéro.1
Calendrier des vaccinations
De nombreux vaccins inactivés et/ou vivants atténués peuvent en principe être administrés le même jour à des endroits différents sans réduire la réponse immunitaire ni augmenter le risque d’effets indé- sirables. Si deux vaccins vivants atténués ne sont pas administrés le même jour, le deuxième doit généralement être administré au mi- nimum un mois après le premier. Une série vaccinale interrompue ne doit pas être recommencée depuis le début ; il n’y a pas d’intervalle maximal entre deux doses d’une primovaccination.2
Les patients immunodéprimés ou les femmes enceintes ne doivent en principe pas recevoir de vaccins vivants ; le bénéfice pourrait tou- tefois l’emporter sur les risques dans certaines situations.3
Vaccins
CHOLÉRA – Le choléra est endémique dans de nombreux pays afri- cains ainsi qu’en Asie du Sud et du Sud-Est. Ces dernières années, la plupart des épidémies ont été causées par des souches toxicogènes de Vibrio cholerae du sérogroupe O1. Des cas dus au sérogroupe O139 ont été observés dans quelques régions d’Asie.
Pour la plupart des touristes, le risque de choléra est très faible. Les voyageurs présentant un risque plus élevé d’exposition sont ceux qui prévoient de travailler dans des camps de réfugiés, dans les zones d’épidémie ou comme soignants, ainsi que ceux qui visitent des amis ou parents, ou qui séjournent de manière prolongée dans les zones affectées.
Recommandations – L’ACIP (US Advisory Committee on Immuniza- tion Practices) recommande la vaccination pour les personnes âgées de 18 à 64 ans voyageant dans des zones d’endémie ou d’épidémie de choléra dues à des souches toxicogènes de V. cholerae du
sérogroupe O1, y compris les régions dans lesquelles le choléra a sévi durant la dernière année, où de nouvelles poussées épidé- miques sont susceptibles de se produire.4
Vaccin – Vaxchora (USA ; non commercialisé – F, CH, B), un vaccin vivant atténué par voie orale, administré en dose unique, est homo- logué par la FDA des Etats-Unis pour protéger contre la maladie causée par des souches toxicogènes de V. cholerae du sérogroupe O1 (mais pas contre le sérogroupe O139 ni les autres sérogroupes) chez les adultes de 18 à 64 ans. Il doit être effectué au moins 10 jours avant une exposition potentielle au choléra.5
Dans une étude randomisée, des volontaires ont été exposés à la souche de type sauvage (wild-type) de V. cholerae du sérogroupe O1 10 jours ou 3 mois après la vaccination ; les taux de séroconversion étaient de 89 % à 10 jours et de 90 % 180 jours après la vaccination.
L’efficacité du vaccin pour éviter les diarrhées modérées ou sévères était de 90 % à 10 jours et de 80 % à trois mois.6
HÉPATITE A – Le virus de l’hépatite A (VHA) est fréquent dans les pays où les conditions sanitaires sont mauvaises et l’accès à l’eau potable limité, y compris de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale et du Sud, et d’Europe de l’Est. Les zones d’en- démie avec de faibles taux de transmission comprennent l’Europe de l’Ouest, le Japon, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Aux Etats-Unis, la vaccination contre le VHA fait partie des immunisations systéma- tiques chez les enfants depuis 2006.
Recommandations – Le vaccin contre le VHA est recommandé par l’ACIP pour tous les voyageurs non vaccinés se rendant dans des pays à endémicité intermédiaire ou forte.7 Cependant, même dans les pays à faible endémicité, il existe un risque potentiel d’infection par le VHA secondaire à la consommation d’aliments ; certains ex- perts recommandent à toute personne voyageant hors des Etats- Unis d’envisager le vaccin contre l’hépatite A, quelle que soit leur destination.
Vaccins – Les vaccins monovalents contre l’hépatite A (Havrix et autres – F, B ; Havrix – CH) sont habituellement administrés en deux doses IM séparées d’au moins 6 mois. Des taux protecteurs d’anti- corps sont atteints 2 à 4 semaines après la première dose. Même lorsque l’exposition au virus survient moins de 4 semaines après la vaccination, le voyageur est habituellement protégé en raison de la période d’incubation relativement longue (en moyenne 28 jours) de l’hépatite A. Les patients immunodéprimés, chez qui le taux de séro- conversion est réduit après la première dose du vaccin contre le VHA, peuvent bénéficier d’une dose d’attaque supplémentaire ; dans une étude chez des adultes avec une immunosuppression médica- menteuse ayant reçu deux doses à 4 semaines d’intervalle, le taux de protection à 2 mois était de 84 % .8 Une vaccination commencée avec un des deux vaccins monovalents contre l’hépatite A peut être
Vol. 40 Nº 26 (ML USA Nº 1560) 14 décembre 2018
Tableau dans ce numéro
Quelques vaccins pour les voyageurs ... p. 200
complétée avec l’autre, ou (chez les adultes) avec le vaccin combiné contre les hépatites A et B (Twinrix – F, CH, B). Une deuxième dose administrée jusqu’à 11 ans après la première a produit des taux pro- tecteurs d’anticorps.9
Pour les personnes âgées, les patients immunodéprimés et ceux présentant une maladie hépatique chronique ou d’autres patholo- gies chroniques et qui vont se rendre dans des régions endémiques
≤ 2 semaines plus tard, une dose d’immunoglobulines (GamaSTAN S/D – USA) doit être administrée en plus de la dose initiale du vaccin.
Les nourrissons âgés de < 6 mois et les personnes choisissant de ne pas se faire vacciner devraient recevoir une dose unique d’immuno- globulines avant le voyage. Les nourrissons âgés de 6 à 11 mois peuvent recevoir une dose du vaccin avant le voyage au lieu des im- munoglobulines ; cette dose doit être suivie d’une vaccination com- plète avec deux doses, administrées après l’âge d’un an ; le raisonnement soutenant cette utilisation hors indication (off-label) du vaccin dans ce groupe d’âge est que le vaccin contre le VHA et le vaccin vivant atténué contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) peuvent être administrés simultanément, mais le ROR ne peut pas être administré avec des immunoglobulines.10 Le dosage recom- mandé d’immunoglobulines, qui a été augmenté en 2017, varie selon la durée du voyage : 0,1 ml/kg pour jusqu’à un mois ; 0,2 mg/kg pour jusqu’à deux mois ; 0,2 mg/kg tous les deux mois pour un voyage plus long.11
HEPATITE B – La prévalence de l’antigène de surface (HBsAg) du virus de l’hépatite B (VHB) est généralement élevée en Afrique sub- saharienne et dans les régions du Pacifique occidental ; elle est faible dans la plupart des pays d’Amérique et d’Europe de l’Ouest, de même qu’au Japon et en Australie.12 Aux Etats-Unis, le vaccin contre le VHB fait partie des immunisations systématiques chez les enfants.
Recommandations – Le vaccin contre le VHB est recommandé par l’ACIP pour tous les voyageurs se rendant dans des régions où la pré- valence d’infection chronique par le VHB est intermédiaire ou forte.9 Pour la plupart des voyageurs, le risque est faible. Les voyageurs ayant des comportements qui augmentent le risque de transmission, comme l’injection de drogues, les rapports sexuels non protégés avec de nouveaux partenaires, les traitements dentaires, les pra- tiques nécessitant une perforation de la peau (tatouages, acupunc- ture, piercing) ou le tourisme médical impliquant des traitements invasifs, doivent être vaccinés contre le VHB quelle que soit leur des- tination.13
Vaccins – Trois vaccins monovalents contre le VHB sont disponibles aux Etats-Unis (Engerix-B, Heplisav-B et Recombivax-HB). Heplisav-B est un vaccin en deux doses ayant reçu l’homologation de la FDA seulement chez les adultes. Les autres vaccins s’administrent habi- tuellement en trois doses. Dans les études cliniques randomisées, le taux de séroconversion avec deux doses d’Heplisav-B était significa- tivement plus élevé que celui obtenu après 3 doses d’Engerix-B.14 L’ACIP recommande l’utilisation du même vaccin pour toutes les doses d’une série vaccinale contre le VHB, mais une série inter- rompue ne doit pas être reprise à son début si le même vaccin n’est pas disponible. Deux doses d’Heplisav-B peuvent être utilisées pour compléter une série commencée avec une seule dose d’un autre vaccin monovalent ou avec le vaccin combiné contre les hépatites A et B. Une dose du vaccin Heplisav-B peut être utilisée dans le cadre d’une série de 3 doses.15
GRIPPE – La grippe peut être un risque dans les régions tempérées de l’hémisphère Sud entre avril et septembre, et d’octobre à mars dans l’hémisphère Nord ; le risque est présent toute l’année sous les tropiques. Un risque augmenté est associé aux voyages organisés en grands groupes ainsi que sur les navires de croisière et dans les avions, lors de la participation à des rassemblements de masse et lors des séjours à l’étranger dépassant 30 jours. Les personnes qui voyagent en Asie de l’Est et du Sud-Est semblent présenter un risque plus important d’attraper la grippe que celles voyageant dans les autres régions.16
Recommandations – L’ACIP recommande une vaccination an- nuelle systématique contre la grippe saisonnière pour toutes les per- sonnes âgées de ≥ 6 mois ; les recommandations détaillées figurent dans un autre numéro.17
Les voyageurs non vaccinés durant la saison précédente de la grippe dans l’hémisphère Nord devraient se faire vacciner avant de se rendre dans l’hémisphère Sud pendant la saison locale de la grippe ou sous les tropiques en toute saison, ou lorsqu’elles voyagent en groupe avec des personnes de l’hémisphère Sud pendant la saison de la grippe dans leur pays.18
Vaccins – Le vaccin antigrippal dans l’hémisphère Nord est généra- lement disponible aux Etats-Unis du mois d’août à fin juin de l’année suivante. Les formulations du vaccin peuvent être identiques pour les hémisphères Nord et Sud. Si elles sont différentes, les patients à risque élevé de l’hémisphère Nord devraient être vaccinés avant leur départ avec un vaccin pour l’hémisphère Sud homologué aux Etats- Unis (Fluzone Quadrivalent Southern Hemisphere – USA ; non com- mercialisé – F, CH, B), s’il est disponible, ou être vaccinés dès leur arrivé dans l’hémisphère Sud. Chez la plupart des adultes, le pic des taux d’anticorps sériques est atteint environ 2 semaines après la vac- cination.
ENCÉPHALITE JAPONAISE – L’encéphalite japonaise est une ma- ladie virale peu fréquente, mais potentiellement mortelle, transmise par les moustiques, qui sévit dans les contrées rurales d’Asie, en par- ticulier près des élevages de cochons et des rizières. Elle est habituel- lement saisonnière (de mai à octobre), mais elle peut être présente toute l’année dans les régions tropicales. L’incidence chez les voya- geurs est très faible.19
Recommandations – La vaccination est recommandée pour les voyageurs qui prévoient un long séjour (≥ 1 mois) dans les régions endémiques ou qui seront fortement exposés aux moustiques (comme les voyageurs partant à l’aventure) pendant la saison de transmission. La vaccination doit être envisagée chez les voyageurs passant < 1 mois en zone endémique pendant la saison de transmis- sion s’ils prévoient de dormir sans air conditionné, sans mousti- quaire ni filet protecteur, ou qui passeront beaucoup de temps à l’extérieur en milieu rural ou agricole, en particulier le soir ou la nuit.20 Vaccin – Ixiaro (USA, F, CH, B) un vaccin inactivé dérivé de culture cellulaire Vero, est le seul vaccin contre l’encéphalite japonaise ac- tuellement disponible aux Etats-Unis.21 Il est homologué par la FDA pour les adultes et les enfants âgés de ≥ 2 mois.22 Ixiaro s’administre généralement en deux doses distantes de 28 jours. La FDA a main- tenant approuvé un calendrier de vaccination accéléré (aux jours 0 et 7) avec Ixiaro, qui peut être utilisé en dernière minute pour les voya- geurs de ≤ 65 ans. Dans une étude randomisée chez des adultes en bonne santé âgés de 18 à 65 ans, la vaccination accélérée s’est mon- trée non inférieure au calendrier standard en termes d’immunogéni- cité et de sécurité d’emploi un mois et une année après l’administration du vaccin.23,24
Dans une étude observationnelle, 96 % des adultes qui avaient reçu deux doses primaires du vaccin Ixiaro, puis une dose de rappel 15 mois plus tard, avaient toujours des taux d’anticorps protecteurs 6 ans après la dose de rappel.25
Une dose unique d’Ixiaro a montré augmenter efficacement les taux d’anticorps chez les personnes vaccinées avec un vaccin précédem- ment disponible aux Etats-Unis (JE-Vax), mais la durée de la protec- tion est inconnue ; l’ACIP recommande que les personnes déjà vaccinées avec JE-Vax et qui nécessitent une protection continue reçoivent deux doses de primovaccination avec Ixiaro.
ROUGEOLE – Les voyages ont été associés à l’importation du virus de la rougeole depuis d’autres pays où la maladie est endémique ou où sévit une épidémie, provoquant des flambées de la maladie aux Etats-Unis, principalement chez les personnes non vaccinées.26 Recommandations – Les CDC recommandent la vaccination contre la rougeole pour toute personne sans preuve d’immunité, en particulier les voyageurs internationaux. Les enfants de 6 à 11 mois doivent recevoir une dose du vaccin ROR avant de voyager ; ils né- cessitent 2 doses supplémentaires d’un vaccin contre la rougeole dans le cadre des vaccinations systématiques, à effectuer lorsqu’ils seront âgés de ≥ 12 mois. Les enfants ≥ 12 mois, les adolescents et les adultes non vaccinés (nés aux Etats-Unis après 1957 [ou après 1970 au Canada]) doivent recevoir 2 doses d’un vaccin contre la rou- geole distantes d’au moins 28 jours.27,28
Vaccin – Le vaccin contre la rougeole est disponible sous forme vi- vante atténuée en combinaison avec les vaccins contre les oreillons et la rubéole (ROR) ou contre les oreillons, la rubéole et la varicelle (RORV ; ProQuad – USA, CH ; non commercialisé – F, B ; homologué seulement pour les enfants âgés d’un à douze ans).
INFECTIONS À MÉNINGOCOQUES – Des épidémies de maladies méningococciques peuvent se produire n’importe où dans le monde, mais elles sont plus fréquentes dans la « ceinture de la méningite » en Afrique (régions semi-arides de l’Afrique sub-saharienne s’étendant vers l’Est du Sénégal et de la Guinée jusqu’à l’Ethiopie). Les récentes flambées épidémiques sont principalement dues à Neisseria menin- gitidis des sérogroupes C et W.
Recommandations – Le vaccin MenACWY est recommandé pour les voyageurs à destination de la ceinture de la méningite pendant la saison sèche (de décembre à juin) ; elle doit aussi être envisagée pour les régions où surviennent des épidémies dues à N. meningi- tidis, en particulier pour les voyageurs qui auront des contacts pro- longés avec la population locale, comme ceux qui vivent dans des dortoirs, des institutions militaires ou des camps de réfugiés, ou qui travaillent dans un établissement de santé.28
Vaccins – Deux vaccins inactivés quadrivalents contre N. meningi- tidis des sérogroupes A, C, W et Y (MenACWY ; Menactra ; Menveo) sont disponibles aux Etats-Unis.29,30 Ils contiennent des polysacca- rides capsulaires du méningocoque, conjugués à une protéine por- teuse. Un troisième vaccin polysaccharidique quadrivalent non conjugué (Menomune) n’est plus disponible aux Etats-Unis.
Les personnes voyageant en Arabie Saoudite durant le Hajj ou la Umrah doivent prouver avoir reçu le MenACWY. Le vaccin doit avoir été administré au plus tard 10 jours avant et au plus tôt trois ans avant le voyage si le vaccin polysaccharidique précédemment dispo- nible a été utilisé, et moins de 5 ans avant si le vaccin conjugué a été utilisé.31
Deux vaccins contre N. meningitidis du sérogroupe B (MenB ; Tru- menba – USA ; non commercialisé – F, CH, B ; Bexsero – USA, F, B ; non commercialisé – CH) sont disponibles pour les personnes âgées de 10 à 25 ans. Le vaccin MenB n’est pas systématiquement recom- mandé chez les voyageurs à moins qu’une épidémie soit rapportée.
INFECTIONS À PNEUMOCOQUES – L’incidence des maladies pneumococciques est plus élevée dans certains pays en développe- ment qu’aux Etats-Unis. La vaccination contre les pneumocoques fait partie des immunisations systématiques des enfants aux Etats- Unis depuis 2010.
Recommandations – Les voyageurs doivent avoir leur vaccination antipneumococcique à jour. Cela est recommandé pour les adultes en bonne santé de ≥ 65 ans et certaines personnes de < 65 ans pré- sentant une immunosuppression ou d’autres facteurs de risque (p. ex. tabagisme et une maladie chronique comme un diabète). Les adultes en bonne santé de ≥ 65 ans n’ayant jamais été vaccinés doivent recevoir le PCV13 d’abord, suivi au moins une année plus tard du PPSV23. Un intervalle plus court entre les doses (PCV13 suivi
≥ 8 semaines plus tard par le PPSV23) est recommandé par l’ACIP pour les adultes immunodéprimés et pourrait être approprié pour certains voyageurs lorsque la date de leur départ approche.1,32 Vaccins – Deux vaccins antipneumococciques sont disponibles aux Etats-Unis : le PCV13 (Prevnar 13 – F, CH, B), un vaccin conjugué contenant 13 sérotypes de pneumocoques, et le PPSV23 (Pneu- movax 23 – F, CH, B), un vaccin polysaccharidique 23-valent.
POLIO – En 2018, les seuls pays où le virus de la polio a circulé au cours des 12 derniers mois sont le Pakistan et l’Afghanistan. Des flambées épidémiques de la souche vaccinale du virus de la polio se sont produites dans quelques autres pays, principalement en Afrique.
Recommandations – Toute personne voyageant dans des pays où le virus sauvage ou vaccinal de la polio circule doivent recevoir une série complète du vaccin inactivé contre la polio (IPV ; Ipol – USA ; Imovax Polio et autre – F, B ; Poliorix et autres – CH) avant de quitter les Etats-Unis. Les adultes jamais immunisés contre la polio doivent recevoir une primovaccination en 3 doses avec l’IPV (2 doses à 4-8 semaines d’intervalle ; la troisième dose 6-12 mois après la deuxième). Si une protection est nécessaire plus rapidement, 2 ou 3 doses peuvent être administrées à ≥ 4 semaines d’intervalle ; si moins de 4 semaines séparent une protection nécessaire, une dose unique est recommandée. Les adultes chez qui une vaccination complète a déjà été effectuée mais qui n’ont jamais reçu de rappel doivent recevoir une dose de rappel unique d’IPV. Les nourrissons non immunisés doivent recevoir une primovaccination de 4 doses d’IPV débutée à un âge ≥ 6 semaines ; les 3 premières doses doivent être administrées à ≥ 4 semaines d’intervalle et être suivies d’une quatrième dose ≥ 6 mois après la troisième. Un enfant ayant reçu 4 doses avant l’âge de 4 ans doit en recevoir une cinquième entre 4 et 6 ans.
Les voyageurs qui prévoient de séjourner > 4 semaines dans un pays où le virus sauvage ou vaccinal a récemment circulé peuvent devoir présenter une preuve de vaccination contre la polio lorsqu’ils quittent ces pays. La vaccination des voyageurs contre la polio doit être do- cumentée sur un certificat de vaccination international (carnet jaune). Les enfants et les adultes qui séjourneront > 4 semaines dans
un pays où sévit la polio et dont la dernière dose du vaccin contre la polio remonte à > 12 mois avant la date de leur départ, doivent rece- voir une dose supplémentaire d’IPV avant de quitter les Etats-Unis.
Ceux qui prévoient de résider > 12 mois dans un pays infecté par le virus de la polio peuvent nécessiter une dose du vaccin contre la polio disponible dans ce pays (l’IPV ou un vaccin oral contre la polio) dans les 4 semaines à 12 mois avant leur départ du pays dans lequel le virus circule.33
RAGE – La rage est très endémique dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie (en particulier en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, à Bali et en Indonésie), ainsi qu’en Amérique centrale et du Sud, mais le risque pour les voyageurs est généralement faible.34
Recommandations – Une vaccination avant exposition (PrEP) contre la rage est recommandée aux voyageurs présentant un risque professionnel d’exposition, pour ceux (en particulier les enfants) qui visitent des régions d’endémie où l’accès immédiat à un traitement médical, en particulier la disponibilité d’immunoglobulines antira- biques, tend à être limité, et pour les voyageurs partant à l’aven- ture.35
Après une exposition à un animal potentiellement enragé, les per- sonnes ayant reçu une PrEP doivent rapidement recevoir 2 doses additionnelles du vaccin antirabique à trois jours d’intervalle. Pour celles qui n’ont pas reçu de PrEP, l’ACIP recommande l’administra- tion d’immunoglobulines antirabiques humaines, plus 4 doses du vaccin sur 14 jours ; les patients immunodéprimés doivent recevoir 5 doses du vaccin antirabique sur 28 jours.36 Dans une étude rétros- pective, quelques patients n’ont pas développé des taux d’anticorps adéquats après 4 doses du vaccin.37
Vaccins – Deux vaccins à base d’antigènes du virus rabique sont disponibles aux Etats-Unis (Imovax ; RabAvert). Selon les CDC, les vaccins antirabiques produits sur des cultures cellulaires disponibles hors des Etats-Unis sont des solutions de rechange acceptables aux vaccins approuvés par la FDA, mais les vaccins issus de tissu neural, qui sont associés à des taux élevés d’effets indésirables graves, ne sont pas considérés comme tels. Les immunoglobulines antira- biques ne sont pas facilement disponibles dans les pays en dévelop- pement, et même lorsqu’elles le sont, leur pureté et efficacité peuvent être moins fiables. Des immunoglobulines antirabiques pu- rifiées d’origine équine sont disponibles dans certains pays en déve- loppement et ont été utilisées efficacement, avec une faible incidence d’effets indésirables.
DIPHTÉRIE, TÉTANOS ET COQUELUCHE – La vaccination contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche, qui fait partie des immunisa- tions systématiques chez l’enfant aux Etats-Unis, est recommandée pour tous les voyageurs.
Recommandations – Les enfants non immunisés doivent recevoir 3 ou (de préférence) 4 doses du vaccin pédiatrique contre la diph- térie, le tétanos et la coqueluche acellulaire (DTPa) avant le voyage.
Un calendrier de vaccination accéléré peut être utilisé en commen- çant à un âge ≥ 6 semaines : les 3 premières doses sont administrées à 4 semaines d’intervalle et la quatrième à un âge ≥ 12 mois et ≥ 6 mois après la troisième.
Les adultes dont les antécédents de primovaccination sont incer- tains doivent recevoir 3 doses d’un vaccin inactivé contenant les toxoïdes inactivés de la diphtérie et du tétanos (dT). Les deux pre- mières doses doivent être administrées à ≥ 4 semaines d’intervalle et la troisième 6 à 12 mois après la deuxième. Une des trois doses (de préférence la première) doit contenir les composants protéiques de la coqueluche acellulaire, combinés aux toxoïdes de la diphtérie et du tétanos (dTpa) pour conférer aussi une protection contre la co- queluche. Deux vaccins dTpa (Adacel ; Boostrix) sont disponibles aux Etats-Unis pour les adultes, y compris ceux âgés de ≥ 65 ans.38 Une dose de rappel du vaccin inactivé dT est recommandée tous les 10 ans chez les adultes. Toute personne âgée de ≥ 11 ans n’ayant pas reçu une série complète pendant l’enfance sans avoir non plus reçu le vaccin dTpa, doivent recevoir une dose unique, qui peut être admi- nistrée quel que soit l’intervalle écoulé depuis la dernière dose du vaccin dT, afin d’offrir une protection contre la coqueluche avant le voyage. Les femmes enceintes doivent recevoir le vaccin dTpa lors de chaque grossesse.
Les vaccins contre la diphtérie et le tétanos peuvent interagir avec les protéines porteuses des vaccins conjugués, supprimant ainsi la réponse immunitaire à ces vaccins ; l’administration du dTpa doit être différée et s’effectuer après l’administration des vaccins conju- gués contre les méningocoques ou les pneumocoques.39
Quelques vaccins pour les voyageurs* (suite)
Vaccins Formes galéniques
et dosages Posologie
adulte Posologie
pédiatrique Schéma de
vaccination primaire Durée de protection
Choléra
Dukoral – F, CH, B Suspension et granulés effer- vescents pour la préparation de 150 ml d’une suspension buvable
19-64 ans :
150 ml PO 2-6 ans : 75 ml PO 7-18 ans : 150 ml PO
Dose unique Probablement au moins 6 mois
Hépatite A Havrix et autres – F, B ; Havrix – CH
Suspension injectable Adultes : 1440 UE en serin- gues préremplies de 1 ml Nourrissons et enfants : 720 UE en seringues prérem- plie de 0,5 ml,
1 ml IM 1-18 ans : 0,5 ml IM 0 et 6-12 mois Probablement toute la vie après une primovaccination complète1
Hépatite B
Engerix-B et autres – F, B ; Engerix-B et autre – CH
Suspension injectable Adultes : 20 µg en seringues préremplies de 1 ml Nourrissons et enfants : 10 µg en seringues prérem- plies de 0,5 ml
1 ml IM 0-19 ans : 0,5
ml IM 0, 1 et 6 mois2,3 Probablement toute la vie après une primovaccination complète
Hépatites A et B
Twinrix4 – F, CH, B Suspension injectable Adultes : 720 UE/20 µg en seringues préremplies de 1 ml.
Enfants : 360 UE/10 µg en seringues préremplies de 0,5 ml.
1 ml IM 1-15 ans : 0,5 ml IM < 15 ans : 0, 1, 6-12 mois
> 15 ans : 0, 1 et 6 mois (ou 0, 7 et 21-30 jours)
Rappel recommandé à 12 mois en cas de vacci- nation accélérée ; sinon probablement toute la vie après une primovaccination complète
Encéphalite japonaise
Ixiaro – F, CH, B Suspension injectable IM en seringues préremplies de 0,5 ml
0,5 ml IM 2 mois- < 3ans : 0,25 ml IM
≥ 3ans : 0,5 ml IM
0 et 28 jours5 (autre possibilité : 0, 7 jours pour les adultes de 18-65 ans)
Un rappel unique ≥ 11 mois après une primovaccination complète est recommandé chez les personnes de
≥ 14 mois si le risque per- siste 6,7
Infections à méningocoques Vaccin polysacchari- dique tétravalent non conjugué
Mencevax ACWY – B ; non commercialisé – F, CH
50 µg/dose (0,5 ml) de poly- saccharides de N. menin- gitidis des sérogroupes A, C, W-135 et Y en seringues préremplies
0,5 ml SC ≥ 2 ans : 0,5 ml SC Dose unique Rappel avec Menveo ou Menactra tous les 5 ans8 si le risque persiste
Vaccin polysaccha- ridique tétravalent conjugué Menveo – F, CH, B
10 µg de polysaccharides de N. meningitidis du séro- groupe A, et 5 µg de poly- saccharides de chacun des sérogroupes C, W-135 et Y par dose de 0,5 ml
0,5 ml IM ≥ 2 mois : 0,5 ml IM 2 mois : 2, 4, 6 et 12 mois 7-23 mois : 0 et 3 mois10
≥ 2 ans dose unique11
Répéter tous les 5 ans8 si le risque persiste
Nimenrix9 – F, B ; non
commercialisé – CH 5 µg/dose (0,5 ml) de poly- saccharides de N. meningi- tidis des sérogroupes A, C, W-135 et Y
0,5 ml SC ≥ 2 ans : 0,5 ml SC Dose unique Un rappel est recommandé seulement si le risque est toujours présent
Ce tableau reflète l’édition américaine du Medical Letter et ne constitue pas nécessairement une revue exhaustive de toutes les préparations et posologies dis- ponibles en Europe francophone.
* Le tableau indique les vaccins disponibles en Europe (F, CH, B), mais ne mentionne ni les noms de marque américains, ni les vaccins disponibles seulement aux Etats-Unis.
UE : Unités Elisa.
1. La protection dure probablement au moins 12 mois après une dose unique.
2. Un autre calendrier de vaccination possible est l’administration de 3 doses à 0, 1 et 2 mois, suivies d’une quatrième dose à 12 mois.
3. Un calendrier de vaccination accéléré (3 doses à 0, 7 et 21-30 jours, puis une dose de rappel à 12 mois) est approuvé par la FDA pour être utilisé avec Twinrix, si nécessaire, avec le vaccin contre l’hépatite B.
4. Contient les mêmes composants antigéniques que Havrix pédiatrique (contre l’hépatite A) et Engerix-B (contre l’hépatite B). Il peut être utilisé pour complé- ter une vaccination commencée avec les vaccins monovalents contre les hépatites A et B.
5. Pour des voyageurs de dernière minute, il a été montré qu’une double dose du vaccin Ixiaro (schéma non approuvé par la FDA) offrait une protection de 60 % pendant au moins un mois (Schuller E, et al. Vaccine 2009 ;27 :2188).
6. Une étude a montré qu’une dose unique d’Ixiaro stimule efficacement l’immunité chez les voyageurs déjà vaccinés avec JE-Vax (Erra EO, et al. Vaccine 2013 ;32 :119), mais l’ACIP recommande que les adultes déjà vaccinés avec JE-Vax reçoivent une série complète avec Ixiaro (MMWR MorbMortal Wkly Rep 2011 ;60 :661).
7. Dans une étude observationnelle chez des adultes qui avaient reçu une série primaire complète d’Ixiaro, le taux de séroprotection était de 96 % six ans après une dose de rappel (Paulke-Korinck M, et al. Vaccine 2015 ;33 :3600).
8. Répéter la vaccination après trois ans chez les enfants vaccinés avant l’âge de 7 ans.
9. En France, Nimenrix contient en plus l’anatoxine tétanique.
10. La deuxième dose doit être administrée à ≥ 12 mois et ≥ 3 mois après la première, mais elle peut être administré dès 8 semaines après la première dose si nécessaire avant le voyage.
11. Pour les enfants de 2 à 5 ans à risque élevé persistant, une deuxième dose peut être administrée 2 mois après la première.
Quelques vaccins pour les voyageurs* (suite)
Vaccins Formes galéniques
et dosages Posologie
adulte Posologie
pédiatrique Schéma de
vaccination primaire Durée de protection
Poliomyélite Imovax et autres – F, B ; Poliorix et autres – CH
Vaccin trivalent inactivé en suspension injectable (types I [40 UD], II [8 UD]
et III [32 UD])
0,5 ml IM
ou SC ≥ 6 semaines :
0,5 ml IM ou SC Adultes : dose unique12 Enfants : 2, 4, 6-18 mois et 4-6 ans13
Un rappel peut être néces- saire lors de longs voyages dans les pays où sévit la poliomyélite
Rage
Vaccin rabique Pasteur et autres – F ; Rabipur et autres – CH ; Rabipur et autre – B
1 dose (1 ml) contient
≥ 2,5 UI d’antigènes du virus rabique inactivé (souche Wistar Rabies PM/WI38 1503-3 M)
1 ml IM 1 ml IM 0, 7 et 21 ou 28 jours14 Rappels généralement pas nécessaires ; pour les per- sonnes pratiquant fréquem- ment des activités à haut risque (spéléologues, vétéri- naires, personnel de labora- toire), des tests sérologiques sont recommandés tous les 6 mois, avec administration de doses de rappel si le niveau de protection est bas15 Typhoïde
Typhim et autre – F ; non commercialisé – CH, B
Solution injectable IM en seringues préremplies de 0,5 ml contenant 25 µg de polyosides Vi de Salmonella typhi (souche Ty2)
0,5 ml IM
(25 µg) ≥ 6 ans : 0,5 ml IM
(25 µg) Dose unique Répéter tous les 2 ans
(Canada 3 ans) si le risque persiste
Vivotif – CH ; Vivotif et autre – B ; non commer- cialisé – F
Gélules gastrorésistantes (une dose contient au moins 2 x 109 germes vivants de la souche S. typhi Ty21a, sous forme lyophilisée)
1 gélule aux jours 1, 3 et 5
≥ 6 ans : 1 gélule
aux jours 1, 3 et 5 Jours 1, 3 et 516 Vaccination selon le même schéma que la vaccination primaire (1 gélule aux jours 1, 3 et 5)17
Fièvre jaune
Stamaril – F, CH, B Suspension injectable (0,5 ml) contenant au moins 1000 UI du virus vivant atténué de la fièvre jaune (souche 17 D-204)
0,5 ml SC ≥ 9 mois : 0,5 ml SC Dose unique Au moins 10 ans, probable- ment toute la vie.
Un rappel doit être effectué tous les 10 ans si le risque persiste
Ce tableau reflète l’édition américaine du Medical Letter et ne constitue pas nécessairement une revue exhaustive de toutes les préparations et posologies disponibles en Europe francophone.
* Le tableau indique les vaccins disponibles en Europe (F, CH, B), mais ne mentionne ni les noms de marque américains, ni les vaccins disponibles aux Etats-Unis.
UD : Unité antigène D
12. Dans les cas de primovaccination complète. Les adultes jamais vaccinés doivent recevoir 2 doses à intervalle de 4 à 8 semaines, suivies d’une troisième dose 6 à 12 mois après la deuxième.
13. Pour les enfants jamais vaccinés âgés de ≥ 6 semaines, il est possible d’administrer une série primaire de 3 doses à ≥ 4 semaines d’intervalle, suivies d’une quatrième dose 6 mois après la troisième.
14. Calendrier de vaccination avant exposition (PrEP). L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande 2 doses pour la PrEP, aux jours 0 et 7 et indique que si le temps est limité, une dose unique conférera probablement un certain degré de protection, mais les personnes qui ont reçu une dose doivent en rece- voir une deuxième dès que possible et dans l’année (WHO. Rabies vaccines : WHO position pager – April 2018. Weekly Epidemiological Record 2018 ;93 :201.
Accessible à : www.who.int/wer/2018/en. Consulté le 8 novembre 2018). Si un voyageur préalablement vacciné est en contact avec un animal potentiellement enragé, une prophylaxie post-exposition avec 2 doses supplémentaires de vaccin séparées de 3 jours doit être administrée dès que possible.
15. Le taux minimal acceptable d’anticorps correspond à une neutralisation complète du virus à une dilution 1 :5 du sérum par épreuve rapide d’inhibition des foyers d’immunofluorescence.
16. Pris environ 1 heure avant un repas avec une boisson froide ou tiède.
17. Pour les personnes vivant en zone endémique, une revaccination tous les 3 ans est recommandée. En cas de voyage d’une zone non endémique vers une zone endémique, une nouvelle vaccination est recommandée chaque année.
TYPHOÏDE – La fièvre typhoïde s’attrape habituellement après la consommation d’eau ou d’aliments contaminés par Salmonella typhi.
Le risque est le plus élevé en Asie du Sud. Les autres régions à risque sont l’Asie de l’Est et du Sud-Est, l’Amérique centrale et du Sud, les Caraïbes et l’Afrique.
Recommandations – La vaccination est recommandée pour les voyageurs se rendant dans les régions où le risque de fièvre typhoïde est augmenté, en particulier s’ils prévoient un long séjour ou envi- sagent de rendre visite à des parents ou amis, ou s’ils voyagent hors des destinations touristiques habituelles.40,41
Vaccins – Un vaccin vivant atténué oral contre la typhoïde (Vivotif) est disponible pour les adultes et les enfants de ≥ 6 ans. Une capsule unique doit être prise tous les deux jours (au moins une heure avant de manger) pour une dose totale de trois capsules, en commençant au moins 2 semaines avant le départ. Les capsules doivent être conservées au réfrigérateur. Les antibiotiques doivent être évités pendant au moins 24 heures avant l’administration de la première dose et une semaine après celle de la dernière. Le vaccin confère une protection pendant environ 5 ans.
Un vaccin parentéral contenant des polysaccharides capsulaires pu- rifiés (Typhim Vi) est homologué par la FDA pour les adultes et les enfants de ≥ 2 ans. Il doit être administré au moins 2 semaines avant le départ et confère une protection pendant environ 2 ans.
Un vaccin combiné contre l’hépatite A et la typhoïde est disponible au Canada (Vivaxim ; non commercialisé – F, CH, B) et en France (Tyavax ; non commercialisé – CH, B).
VARICELLE – La varicelle est endémique dans le monde. Aux Etats- Unis, la vaccination contre la varicelle fait partie des immunisations systématiques des enfants depuis 1996.
Recommandations – Les personnes nées aux Etats-Unis avant 1980 sont généralement considérées comme immunisées contre la varicelle.1 La vaccination est recommandée pour les voyageurs âgés de ≥ 12 mois sans preuve d’immunité. Avant de voyager, les enfants âgés de 1 à 3 ans doivent recevoir une dose du vaccin et les per- sonnes de ≥ 4 ans doivent en recevoir deux doses. L’intervalle mi- nimum entre les doses doit être de 3 mois pour les enfants de moins de 13 ans et de 4 semaines pour les personnes âgées de ≥ 13 ans.28
Vaccins – Deux vaccins contre la varicelle sont disponibles aux Etats-Unis : un vaccin monovalent contre la varicelle (Varivax), qui peut être administré aux personnes de ≥ 12 mois, et un vaccin com- biné contre la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle (RORV ; ProQuad), qui est homologué seulement chez les enfants de un à douze ans.
FIÈVRE JAUNE – Le virus de la fièvre jaune se transmet par la piqûre de moustiques infectés. Cette maladie est endémique en Amérique du Sud tropicale et en Afrique sub-saharienne.
Recommandations – L’ACIP recommande l’administration d’une dose unique du vaccin contre la fièvre jaune au moins 10 jours avant un voyage à destination des zones d’endémie.42 Des doses de rappel ne sont plus recommandées pour la plupart des voyageurs parce qu’il a été montré qu’une dose unique procurait une protection pen- dant plusieurs dizaines d’années. Des doses additionnelles sont tou- jours recommandées pour certaines populations : les femmes enceintes lorsqu’elles reçoivent leur première dose doivent en rece- voir une deuxième avant de voyager vers des régions d’endémie ; les personnes ayant reçu une transplantation de cellules souches héma- topoïétiques après avoir été vaccinées doivent être revaccinées avant de voyager si elles sont suffisamment immunocompétentes ; les personnes infectées par le VIH lorsqu’elles ont reçu leur dernière dose doivent recevoir une dose de rappel tous les 10 ans si elles sont toujours à risque. Une dose de rappel administrée au moins 10 ans après la dose précédente peut aussi être envisagée chez les voya- geurs présentant un risque augmenté d’exposition, comme ceux qui prévoient un séjour prolongé dans les régions d’endémie ou ceux qui se rendent dans des zones de forte endémie durant la saison de pointe de la transmission ou dans une région où sévit une poussée épidémique.43
Certains pays exigent, pour tous les voyageurs qui arrivent, un certi- ficat international de vaccination (carnet jaune) comme preuve de vaccination contre la fièvre jaune, ou une lettre de dispense du mé- decin ; d’autres pays demandent une preuve de vaccination de la part des voyageurs en provenance de ou voyageant dans des ré- gions infectées ou d’endémie, y compris pour de brefs transits aéro- portuaires. Une liste à jour des pays exigeant une preuve de la vaccination est disponible sur le site www.cdc.gov/travel.
Vaccin – Le vaccin contre la fièvre jaune homologué aux Etats-Unis (YF-Vax ; non commercialisé – F, CH, B) est un vaccin vivant atténué préparé sur des œufs. Il est généralement disponible auprès de four- nisseurs certifiés par le département de la santé de l’Etat, mais au moment de la mise sous presse, il est temporairement en rupture de stock ; l’approvisionnement devrait à nouveau être possible vers le milieu de l’année 2019. Quelques cliniques offrent une solution de rechange sous forme d’un vaccin vivant administré en une dose unique (Stamaril – F, CH, B). Une liste de ces cliniques est disponible à : wwwnc.cdc.gov/travel/page/search-for-stamaril-clinics. Stamaril, qui est utilisé depuis des décennies en Europe ; est disponible aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme pour les médicaments ex- périmentaux. Son efficacité et sa sécurité d’emploi sont compa- rables à celles d’YF-Vax.
La maladie viscérotropique associée au vaccin contre la fièvre jaune, une forme grave de réaction systémique au vaccin pouvant provo- quer une défaillance viscérale fatale, a été rarement rapportée. Elle s’est produite seulement chez les personnes vaccinées pour la pre- mière fois et est plus fréquente chez les personnes âgées de
> 60 ans. Les atteintes neurologiques associées à la vaccination (encéphalite, syndrome de Guillain-Barré, paralysie de Bell) ont aussi été observées quasi exclusivement chez les sujets vaccinés pour la première fois ; le risque est augmenté chez les nourrissons et les per- sonnes de > 60 ans.44,45
La prudence est recommandée lors de la vaccination des enfants âgés de 6 à 8 mois, des personnes de ≥ 60 ans vaccinées pour la pre- mière fois, et de celles présentant une infection asymptomatique par le VIH et une immunosuppression modérée (numération des CD4 entre 200 et 499 cellules /mm3). Dans une petite étude, les taux de récidive étaient significativement plus élevés parmi les voyageurs atteints d’une sclérose en plaques ayant été vaccinés contre la fièvre jaune.46 Des cas d’atteinte neurologique associées à la vaccination ont été rapportés chez des nourrissons allaités dont la mère avait été récemment vaccinée.47 Le vaccin est contre-indiqué chez les enfants de moins de 6 mois, les personnes immunodéprimées ou recevant un traitement immunosuppresseur ou immunomodulateur, ainsi que chez celles infectées par le VIH avec une numération de CD4
< 200 cellules/mm3.42
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