Texte action, Conseil National des 23-24 juin 2009
Cette année, marquée par une crise financière et économique engendrée par les politiques libérales a été caractérisée à la fois par la mise en place de différents chantiers de démolition de notre modèle social et l'émergence d'un mouvement social inédit.
Au premier trimestre 2009, la France a perdu plus de 175000 emplois privés, 28000 ETP ont été retirés à l'emploi public en 2008, le chômage partiel bondit et la précarité s'accroît. Le recul brutal de l'activité économique a des conséquences sur le plan social mais aussi sur le pouvoir d'achat.
Dans ce contexte, le gouvernement a fait le choix de maintenir le cap de ses réformes, de réduire drastiquement la dépense publique sans toucher à la fiscalité, sans renoncer au paquet fiscal ni augmenter les prélèvements obligatoires.
Pourtant s'est construit en réponse aux politiques menées un mouvement social sans précédent depuis longtemps par son unité, son ampleur, sa longévité. Le syndicalisme français a su rassembler pour mener des actions de masse le 29/01, le 19/03, impulser un Premier mai encore large; les différences d'analyse et de stratégie des organisations n'ont pas permis de trouver rapidement de nouveaux rendez-vous maintenant le niveau de mobilisation.
Cependant les suites données au cadre interprofessionnel en dépit de leurs insuffisances ( 26/05, 13/O6), l'accord des huit sur une plate-forme précise exigeant des réponses urgentes ont permis d’assurer la continuité du mouvement; il s'agit de poursuivre le combat social engagé par diverses initiatives et le Snes avec la FSU doit appeler à participer à toutes les mobilisations intersyndicales.
Les résultats des élections européennes, élections caractérisées par une forte abstention (59,4%) notamment de l'électorat populaire, attestent du manque de confiance dans une alternative politique alors que le mouvement social bénéficie du soutien de l'opinion ce qui lui impose des responsabilités particulières.
C'est pourquoi il est nécessaire de maintenir le front unitaire alors que le gouvernement prépare de nouvelles régressions, qu’il annonce une nouvelle attaque sur les retraites dont le recul de l’âge légal à 67 ans ne serait plus un tabou, que les contrôles sur les salariés en arrêt maladie se durcissent, que la RGPP appauvrit les services publics.
Dans son discours devant le Congrès le 22 juin Nicolas Sarkozy sous couvert de prendre en compte les inquiétudes des Français a surtout laissé entendre que la crise autoriserait tout.
La référence faite au « modèle français » qui pourrait se rénover dans le contexte de crise, a vite été traduite en mesures régressives : maîtrise « comptable » des dépenses de santé, suppressions des postes dans la Fonction publique, remise en cause du droit à la retraite à 60 ans, poursuite de l’autonomie des Universités démantèlement des organismes de recherche .
En dépit du rôle incontestable joué par la Fonction Publique et les services publics dans l' « amortissement » de la crise, N.Sarkozy garde l'objectif du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite; cette mesure conduirait l'an prochain à la suppression de 34000 postes. Quant à la transformation de la FP. elle continue , contredisant les principes qui fondent les services publics en introduisant la concurrence des services, en réduisant l'indépendance du fonctionnaire, en compromettant l'égalité d'accès pour tous. Après le chantier de l'individualisation des rémunérations et l'introduction de primes au mérite, le gouvernement veut passer à la vitesse supérieure en superposant à la prime au mérite individuelle un mécanisme d' intéressement collectif ». Et, d'ores et déjà , le ministre E.Woerth a laissé présager que les négociations salariales ouvertes le 25 juin ne répondront pas aux attentes sur le point d'indice et la grille. La proposition de loi qui prévoit de supprimer le statut de la FPT doit être abandonné.
Libertés publiques et Droits Fondamentaux
En matière de libertés publiques et de respect des droits fondamentaux, la proposition de loi ESTROSI dite sur les bandes avec la création d'un délit reposant sur une suspicion d’intention porte le risque de graves dérives avec une définition extrêmement floue, qui porte en germe l'arbitraire policier, voire la criminalisation des mouvements sociaux. Le décret qui vient d’être publié sur la dissimulation du visage lors de manifestations ressort de la même logique, suspicion d’atteinte à l’ordre public. Le SNES envisage avec la FSU de déférer ce texte devant le Conseil d’Etat. Le Conseil national du SNES les dénonce et signe l'Appel du Collectif Liberté, Egalité, Justice , dont il est membre.
Il réaffirme son soutien à Pascal BESUELLE, militant syndical à la FSU, militant associatif du Réseau Education Sans Frontières, professeur d'histoire géographie au collège « les provinces » à Cherbourg, injustement poursuivi pour "violences contre agent ayant autorité sans interruption de travail". Il invite l'ensemble de ses adhérents à signer la pétition en ligne (http://sd50.fsu.fr/spip.php?article335) pour exiger sa relaxe.
A l'occasion de la mise en place du camp No Border, qui se tient à Calais du 23 au 29 juin, le Conseil national du SNES dénonce la manipulation médiatique qui présente déjà les participants comme des casseurs et l'instauration d'un climat de peur destiné à permettre des interventions policières musclées. Le Conseil national en
appelle solennellement aux pouvoirs publics pour prévenir toute violence contre les citoyens, les réfugiés, leurs soutiens et les participants à la manifestation du samedi 27 juin. Il les appelle aussi à prendre en compte le sort des réfugiés de Calais afin de leur assurer des conditions de vie décentes et le respect de leurs droits fondamentaux. Le Conseil national s’inquiète de la détérioration de la situation depuis des mois dans le Calaisis qui fait peser une réelle menace sur la démocratie.
Le SNES salue la mise en place du RéSEL (Réseau Stop aux Expulsions de Logement), dont il est membre, destiné à organiser le soutien concret et direct aux personnes menacées d'expulsion de leur logement. Il appelle ses adhérents à participer aux comités locaux du réseau qui vont se mettre en place, en s'informant par le site internet www.stopauxexpulsions.org
Fonction Publique
Le rendez vous salarial du jeudi 25 juin est placé par le gouvernement dans le cadre étroit des différents volets de « l'accord » de février 2008 et des annonces pluriannuelles relatives au point d'indice fixées en dehors de toute référence à l'évolution des prix ; l'orientation est celle d'une individualisation des rémunérations en fonction de l'emploi et des résultats, niant le principe de carrière. L'annonce de la mise en place de « l'intéressement collectif » dans la fonction publique en témoigne. L'évaluation du déficit à 7% du PIB en 2009 sera opposée aux revendications d'augmentation du point d'indice.
En lien avec la RGPP, le projet de loi mobilité, dont l'examen par l'assemblée nationale est annoncé début juillet met en cause des garanties essentielles du statut ; le recours à l'intérim est présenté par le gouvernement comme une piste qui améliorerait la situation des vacataires d'enseignement. Le gouvernement recherche les moyens de faire passer les orientations du livre blanc sur l'avenir de la Fonction publique sans affronter les personnels.
Budget de l’Education nationale
L’annonce qui vient d’être faite de 16 000 suppressions d’emplois dans l’Education est une nouvelle provocation. Ce chiffre est sans précédent et est notamment nettement supérieur aux chiffres de 2008 et 2009. Face à une stagnation des effectifs dans le second degré à la rentrée 2010 ce projet de budget s’il maintenait ces suppressions de postes ne pourrait que dégrader les conditions d’enseignement pour les élèves et les personnels et réduire gravement l’offre de formation. Cela augure mal des discussions sur la réforme des lycées. On peut se demander ce que deviendra dans ce cadre, l’engagement d’une réforme des lycées qui ne conduise pas à des suppressions de moyens.
Education
Même s’il a dû prendre en compte la force des mobilisations sociales contre certains de ses projets, le ministère a continué sa politique de transformation du système éducatif en profondeur :
réforme de la voie professionnelle,
développement de l’accompagnement éducatif et expérimentation de l’évaluation du socle commun de connaissances et de compétences sous la forme d’un livret au collège,
développement des certifications en LV,
expérimentation d’éléments du projet Darcos dans une centaine de lycées,
stages d’été
tentative de modifier radicalement le DNB et imposition d’une épreuve d’histoire des arts,
menaces sur l’orientation scolaire accompagnées de la mise en œuvre du PDMF et de l’ouverture des plateformes téléphoniques…
contractualisation des établissements
développement des postes à profil
Il a généralisé la « reconquête du mois de juin » et maintient l’objectif de suppression de la carte scolaire malgré les effets dévastateurs déjà constatés en particulier sur la composition sociale des établissements scolaires.
Ne voulant manifestement pas ouvrir un front de contestation sur un sujet qui ne présente pas d’enjeux budgétaires immédiats, le ministère a finalement renoncé à son projet de maquette du futur DNB ; il maintient la prise en compte du contrôle continu et les épreuves terminales sous leurs formes actuelles mais introduit pour la session 2011 l’obligation d’attester la maîtrise de l’ensemble du socle commun et une épreuve orale d’histoire des arts. Le SNES prend acte de ce recul mais continue de dénoncer la validation obligatoire du socle pour l’obtention du DNB, l’absence de bilan des expérimentations des différents livrets de compétences et l’existence d’une épreuve orale d’histoire des arts. Il rappelle sa demande de moratoire sur la validation du niveau A2 en langues vivantes.
Dans le prolongement de l’enquête réalisée fin juin sur le DNB, le SNES impulsera un débat large sur le collège en lançant une campagne dès la rentrée sur l’ensemble de ce dossier pour dénoncer la dénaturation en
profondeur du collège engagée (socle commun, accompagnement éducatif, PDMF, dégradation des conditions d’exercice de nos métiers, transfert des missions, abandon des ZEP…) et exiger une politique éducative qui se fixe réellement la réussite de tous les élèves.
La publication quasi simultanée des rapports Apparu et Descoings révèle des approches différentes de la réforme à venir du lycée général et technologique qui ouvrent au ministère la porte à toutes les combinaisons possibles. Le SNES renouvelle son appel à refuser toute expérimentation d’éléments du projet Darcos de réforme du lycée.
Parallèlement les conditions de rentrée seront rendues encore plus difficiles par les suppressions de postes : nouvelle diminution de l’offre de formation, quasi impossibilité d’assurer les remplacements, en raison de la suppression de 3000 postes au titre du remplacement ce qui implique un recours massif à la précarité, hausse des effectifs de classe…
Dans ce contexte, le SNES doit continuer à mobiliser les collègues sur l’ensemble de ces questions, en les tenant informés, en suscitant les débats à tous les niveaux et avec les parents, les lycéens, en dénonçant les conséquences des suppressions de postes dans les établissements, en tirant le bilan de la session 2009 du baccalauréat et de la « reconquête du mois de juin », en organisant le refus des HS dans les mêmes conditions que pour la rentrée 2008, en rejetant les glissements de missions des personnels et le développement d’un accompagnement éducatif qui entre en concurrence avec les enseignements et les activités du temps scolaire, en faisant le bilan de l’accompagnement éducatif en collèges et des stages organisés pendant les vacances, en condamnant la méthode gouvernementale d’annonces précipitées et démagogiques quand elles ne sont pas dangereuses (annonces contre la violence à l’école, ouverture des lycées le dimanche…) en lieu et place d’une véritable réflexion et concertation sur les évolutions du système éducatif.
Il militera pour imposer sa conception d’une réforme des lycées qui permette de relancer la démocratisation de l’école inscrite dans le cadre de notre revendication d’une scolarité obligatoire prolongée jusqu’à 18 ans, pour la mise en chantier urgente de la réforme des voies technologiques industrielles et de laboratoires préconisée dans le rapport Descoings et qu’il réclame depuis plusieurs années. Il s’opposera à tout projet de réforme qui s’inscrirait dans le cadre des suppressions de postes ou qui aboutirait à la construction d’un lycée plus inégalitaire. Il mettra tout en œuvre pour défendre une conception de l’orientation qui préserve les possibilités de formation qualifiante de tous les élèves et la spécificité du métier et du statut de COPsy.
La rentrée doit être l’occasion d’alerter l’ensemble de la communauté éducative sur les conséquences dramatiques de la politique éducative poursuivie depuis 2 ans et pour promouvoir nos exigences pour un second degré de la réussite de tous et de la démocratisation des savoirs.
Le groupe de travail mandaté par le congrès poursuivra la réflexion sur la démocratisation du lycée et sur les outils à développer pour faire connaître les propositions du SNES et impulser les débats nécessaires à tous les niveaux.
Formation des maîtres
Le SNES considère que la réforme proposée reste inacceptable en l’état et il continue à demander son abandon pour une autre réforme incluant l’élévation de la qualification et du niveau de recrutement des enseignants, des CPE et des co-psy.
On peut noter des évolutions importantes au regard du premier projet présenté par le Ministre :
Décharges de services pour les stagiaires
Mise en place d’une année transitoire
Dispositifs d’aides aux étudiants
Prise en compte de la situation des personnels non-titulaires mais de façon très insuffisante
Ces évolutions ont été arrachées grâce à la mobilisation et à la détermination des syndicats nationaux de la FSU, dont le SNES.
Sur des points essentiels de profonds désaccords demeurent avec le ministère :
Quotité de décharge pour les stagiaires. Nous exigeons un temps de service maximum de 4 à 6 heures
Place et rôle des IUFM. Nous exigeons le maintien et le développement du potentiel des IUFM rénovés
Absence de pré-recrutements. Nous exigeons, en plus des aides sociales, des pré-recrutements massifs sans création de filières avant le concours qui permettent aux étudiants d’origines sociales défavorisées de poursuivre des études conduisant à nos métiers. Ces pré-recrutements doivent également inciter un nombre suffisant d’étudiants à choisir les métiers de l’enseignement et de l’éducation.
Une tentative de décrochage de la situation des Cop Psy par rapport aux catégories du 2° degré
La place du concours. Le SNES demande que ce concours soit placé après le M2
Le SNES reste déterminé à peser de tout son poids pour la prise en compte de ses exigences en recherchant des dynamiques unitaires. C’est en ce sens que le SNES, avec la FSU et ses autres syndicats a signé en fin de semaine dernière avec la coordination nationale le texte intitulé « il est encore temps ».
Le SNES sera vigilant à ce que les étudiants stagiaires en situation en soient pas utilisés comme moyen d’enseignement conformément aux engagements du Ministre.
Le vote différent de la FSU sur chacun des décrets a pu jeter le trouble. Il résulte des mandats différents des syndicats nationaux de la FSU sur la formation des maîtres et de la nécessité de prendre en compte les éléments spécifiques à chacun des corps concernés. Le SNES a recherché avant le CSFPE les moyens de surmonter cette difficulté, ce qui a permis, pour cette instance, à une position commune conduisant les représentants de la FSU à refuser de siéger.
Le CN du SNES rappelle que le CTPM était appelé à se prononcer sur cinq points :
La place du concours,
La possibilité donnée, en particulier aux non-titulaires, pendant cinq ans de continuer à présenter les concours internes avec la seule licence,
Les conditions d’accès au concours de l’agrégation,
Le dispositif transitoire pour les concours 2010,
La remise en cause, de fait, du mouvement interacadémique et la perspective rapide d’un recrutement régionalisé.
Les quatre premiers points vont dans le sens des demandes du SNES, en particulier l’exigence de l’obtention du master avant le recrutement. Le SNES a par ailleurs arraché au ministère l’abandon de la modification des
conditions d’affectation des néo-titulaires préservant ainsi le mouvement interacadémique et empêchant la mise en place d’un recrutement régional avec les inégalités graves et les déséquilibres des formations universitaires que cela engendrerait. La nature du projet final, le périmètre de ce texte a conduit le SNES à légitimement s’abstenir lors du CTPM. Voté « POUR » aurait nié notre désaccord sur le projet d’ensemble du ministère, voter « CONTRE » nous aurait amené à rejeter des propositions conformes aux demandes du SNES et aurait chaque année fortement dégradé la situation de dizaine de milliers d’enseignants.
Le combat syndical se poursuit sur toutes les autres questions où des désaccords demeurent avec le projet ministériel. Une campagne sera menée autour de la nécessité de la mise en place de prérecrutements.
Le débat interne à la FSU a mis en évidence des divergences importantes quant à la conception de la fédération et à son fonctionnement.
Le SNES rappelle son ferme attachement à une FSU, fédération de syndicats nationaux, respectueuse des mandats que chaque syndicat se donne dans son champ de responsabilité. Porte parole de leurs revendications, elle s’interdit, par « une décision fédérale » d’imposer en cas de désaccord une orientation uniforme sur un champ qui leur est commun.
Tout manquement à cette règle fondatrice de la FSU ferait peser de graves menaces sur son avenir, reproduisant les mécanismes qui ont conduit la FEN à sa perte.
Revalorisation
La revalorisation pour les enseignants, les CPE et Cosy est une exigence incontournable. Elle se justifie par les dégradations qu’ont subies les personnels ces dernières années tant en matière de conditions de travail qu’en matière de rémunération. Elle est aussi indispensable pour que nos métiers conservent leur attractivité.
Les SNES rappelle ses exigences :
d’une nouvelle carrière pour les recrutés au niveau du master correspondant à une revalorisation de l’ensemble de la carrière et à hauteur de la qualification obtenue
de mesures de revalorisation pour les autres personnels qui se traduisent par des mesures immédiates pour tous et l’accès à cette nouvelle grille dans le cadre d’un plan pluriannuel,
des éléments urgents de revalorisation des fins de carrière,
Le SNES ne pourra accepter que ces mesures de revalorisation s’inscrivent dans les économies réalisées par les suppressions d’emplois. Les 780 millions d’euros envisagés sur trois ans apparaissent bien en deçà des moyens nécessaires à une revalorisation significative pour tous.
Depuis trois ans, l’augmentation des possibilités d’accès aux hors-classes a été significative. Elle est à mettre à l’actif de l’action du SNES et a permis à des milliers de collègues supplémentaires d’y accéder. Pour autant, cette augmentation est loin de faire le compte et la question des critères et des modalités d’accès constitue toujours un motif de contentieux majeur.
Mouvement intra et paritarisme
Les opérations de la phase intra-académique du mouvement se terminent cette semaine. L’administration, dans l’objectif d’imposer des affectations à la tête du client a cherché à s’affranchir du contrôle paritaire, notamment
en communiquant aux personnels des projets d’affectation. Les élus du SNES ont assuré partout la défense des droits des demandeurs de mutations et ont imposé la transparence des opérations. Ils ont largement informé les collègues de l’ensemble des enjeux et ont délivré aux intéressés des résultats contrôlés, fiables et définitifs.
Retraités
Baisse régulière du pouvoir d’achat, nouvelles menaces sur la protection sociale, l’assurance maladie, report de toute décision sur le financement de la perte d’autonomie, détournement des fonds de la CNSA (la caisse nationale solidarité-autonomie)…la situation des retraités continue à se détériorer.
Des annonces nouvelles se profilent (augmentation de l’âge de départ en retraite, entre autres) qui risquent de créer de nouvelles catégories de retraités, encore plus en difficultés (ceux d’avant 2003, ceux d’après 2010, etc.).
Les « baby boomers », ceux nés entre 1945 et 1975, par leur nombre, seraient responsables du déficit à venir des comptes sociaux c’est dire que le syndicat tout entier doit sans tarder prendre à bras le corps le problème des retraites.
Laïcité
L’accord entre le Vatican et la France a conduit à la publication d’un décret le ratifiant malgré l’indignation qu’il a soulevé. Le SNES et la FSU continueront à rechercher des dynamiques unitaires pour contrer cette nouvelle attaque contre la laïcité. La FSU a déposé un recours en Conseil d’État contre ce décret.
Les axes de la campagne de rentrée
Cette campagne va se dérouler dans une période marquée pour notre secteur par : - les choix budgétaires pour 2010,
- les discussions sur le lycée,
- la fin des discussions sur la réforme des recrutements et de la formation des enseignants, - la réforme des services de l’orientation,
- à cela s’ajoute une campagne visant à revendiquer la mise en place des pré recrutements et à mobiliser, en particulier les PLC1 et PLC2, sur le rétablissement de l’année pleine de stage.
Deux inconnues de natures différentes peuvent marquer notre stratégie à la rentrée dans notre champ de responsabilité :
- la mise en œuvre de la proposition faite par Nicolas Sarkozy d’un emprunt pour financer les priorités nationales parmi lesquelles l’éducation, la formation professionnelle, la recherche.
- la réforme des collectivités territoriales et ses conséquences dans l’éducation.
L’actualité avec la reforme du lycée ne devra pas nous amener à laisser de coté la question du collège où exerce la majorité des collègues. C’est pourquoi le SNES développera 5 campagnes sur le site et dans ses publications : rentrée 2009/budget 2010 - réforme du lycée - collège - formation des maîtres - revalorisation.
Une nouvelle rubrique « actualité » sera ouverte en page d’accueil pour y traiter de l’actualité immédiate.
Notre campagne devra articuler l’actualité de notre secteur avec les mobilisations dans la fonction publique et les services publics et au plan interprofessionnel. Dans cet esprit, la campagne lancée cette année « l’école une valeur sûre » garde toute sa pertinence et pourrait continuer à constituer le fil rouge de notre discours en direction du grand public.
Renforcer les liens avec les syndiqués et au delà l’ensemble de la profession Le SNES reconduira à la rentrée le dispositif de publications suivant :
- une US de masse assortie d’un dépliant de syndicalisation envoyé en nombre dans tous les S1 - un Courrier de S1 spécial rentrée suivi d’un Courrier de S1 conseil d’administration avec l’US n°2 Site et lettres électroniques seront largement utilisés : outils de communication gratuits, ils permettent une réactivité forte quand l’actualité n’est pas compatible avec les délais d’acheminement de notre presse et peuvent permettre des relais en direction des non syndiqués partout ou les S1 mettent en place des listes de diffusion.
Au delà des différents supports de communication avec les collègues, une campagne de terrain devra être menée tout au long du premier trimestre, avec tournées d’établissements dans chaque département impliquant l’ensemble des militants à tous les niveaux du syndicat. Toutes les modalités permettant à chaque fois que nécessaire les allers retours avec la profession seront mises en œuvre. La campagne de mobilisation sera articulée avec la campagne de syndicalisation : relance pour tous les non à jour 2008-2009 avec l’US de masse, dépliant d’appel à se syndiquer acheminé en nombre dans tous les S1, parution d’un livret d’accueil papier pour les nouveaux adhérents.
Le SNES aura une expression spécifique en direction des TZR pour lesquels les choix budgétaires pèsent lourdement. Le groupe TZR, réuni à la rentrée, proposera un cadre national d’action pour s’opposer aux attaques dont
ils sont l’objet (notamment en termes de droit au poste et de garanties collectives).
Dans le cadre de la collection « Information citoyenne » publiée par les éditions Archipel sortira au mois d’octobre « Qu’est-ce que le SNES ? ». Il sera également un support pour la campagne de syndicalisation 2009-2010 ; La syndicalisation des AED fera l’objet d’un effort particulier avec une campagne de publications de masse pour diffusion très large dans les S1.
Une campagne publique offensive
Dès le début juin, le SNES s’est adressé à l’ensemble des formations politiques pour un calendrier de rencontres permettant de présenter ses propositions. Des rendez-vous se mettent en place pour la rentrée prochaine.
De telles initiatives doivent être démultipliées dans les régions et les départements dans cette perspective le SNES élabore un ensemble de documents spécifiques qui seront mis à disposition des S2 et S3.
Le SNES mènera un travail de réflexion pour améliorer sa communication en direction des médias et des parents d’élèves.
Il poursuivra sa campagne en direction de l’opinion publique sur le rôle des services publiques et de l’école comme redistributeur de richesse et investissement d’avenir dans le contexte de crise économique et sur les conséquences des choix budgétaires du gouvernement pour l’avenir de la jeunesse. Cette campagne s’articulera étroitement avec celle de la défense des services publics que la FSU devra relancer dès la rentrée comme l’a réaffirmé le dernier CDFN. La perspective du congrès fédéral en janvier 2010 peut être utilisée pour donner un écho particulier à ces campagnes.
Action
Il s’agit, dans la période actuelle de poursuivre et développer les actions sectorielles engagées, travailler à des dynamiques d’élargissement en tenant compte des réalités des uns et des autres afin d’arriver à un mouvement intersyndical fort et durable.
C’est pourquoi le CN du Snes décide de
mandater la FSU pour proposer dans la Fonction publique sur les questions salaires, emplois, rôle de la Fonction publique et dans l’Education une grève unitaire ou suffisamment large dans la période de rentrée, sans exclure la possibilité que la FSU et le SNES aient à prendre :leurs responsabilités
- participer à toutes les initiatives intersyndicales
- estime nécessaire pour relancer l’action à la rentrée une grève interprofessionnelle unitaire. La FSU proposera à l’intersyndicale interprofessionnelle de construire à la rentrée un plan d’action sur la durée permettant la montée en puissance des modalités et de mettre en débat une telle grève
- relancer l’intersyndicale précarité
- d’appeler à participer à toutes les actions contre les licenciements massifs des AVS et EVS
- dans les établissements d’organiser le refus des conditions de rentrée (HS , recensement des besoins non couverts, suppléances) et d’appeler les personnels dès la prérentrée à débattre des suites de l’action.
Le CN appelle à participer à la marche des fiertés le 27 juin qui met cette année la focale sur le droit à vivre sans discrimination dans sa vie quotidienne.
Le CN appelle au rassemblement le 26 juin devant l’ambassade d’Iran pour dénoncer l’arrestation de centaines de militants syndicaux le 1er mai et les dizaines de militants poursuivis et emprisonnés pour avoir milité pour des organisations syndicales indépendantes.
VOTES
1.Partie dissociée : Formation des maîtres « Il résulte des mandats différents des syndicats nationaux (…) aurait chaque année fortement dégradé la situation de dizaines de milliers d’enseignants ».
Pour : 82 Contre : 21 Abstention : 7 NPPV : 0
2.Ensemble du texte sans la partie dissociée Pour : 98
Contre : 12 Abstention : 0 NPPV : 0