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28 SEPTEMBRE GRÈVE UNITAIRE DE L’ÉDUCATION

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L’US N° 641 • 16/09/2006

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L’US N° 641 • 16/09/2006

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BUDGET 2007

UN FONCTIONNAIRE

SUR DEUX NON REMPLACÉ

LOI FILLON, MESURES ROBIEN

LE RENONCEMENT À UNE

ÉDUCATION DE QUALITÉ POUR TOUS

©Thierry Nectoux

ÉTABLISSEMENTS EN ACTION DÈS LA RENTRÉE

U

n objectif gouvernemental qui se traduit en quatre mesures :

SUPPRESSION MASSIVE DE POSTES

Sur la période 2003-2007, plus de 26 700 emplois d’enseignants, CPE, CO-Psy auront été supprimés dans les collèges et les lycées.

Pour cette période, la baisse des effectifs a

Dispositif sur le remplacement dans la loi Fillon.

Retour de la bivalence au travers de la mise en place de mentions complémentaires aux CAPES et, pour contraindre en douceur, les perspectives de carrières (promotion, affec- tations...) sont de plus en plus soumises à

« l’évaluation du mérite » au travers des modi- fications des règles de gestion (par exemple accès à la hors-classe). ■Claudie Martens

(1) Depuis la rentrée 2005 ont été recrutés des Emplois Vie Scolaire dont une partie est affectée à des tâches d’encadrement éducatif. Leur qualification n’a rien à voir avec celle des surveillants et des assistants d’éducation.

Aucun bilan n’a été pour l’instant tiré de ces recrute- ments.

(2) Direction de l’Èvaluation et de la Prospective du ministère.

L

es conséquences des choix budgétaires produisent très clairement leurs effets en cette rentrée

ALOURDISSEMENT DES EFFECTIFS DES CLASSES

Le travail se déroule de plus en plus systématiquement en classe entière au collège.

Une seule demi-heure disponible en Cinquième et Qua- trième pour mettre en place des dédoublements alors qu’il y a 10 ou 11 disciplines, aucune marge de manœuvre en Troisième,travail possible en groupes en Sixième uni- quement en SVT et technologie et encore sur une mal- heureuse demi-heure (tiers de l’horaire officiel).

SUPPRESSIONS D’OPTIONS, FERMETURES DE DIVISIONS

En lycées : suppression des TPE en Terminale, ensei- gnements technologiques et professionnels particuliè-

rement touchés par le « resserrement de l’offre de for- mation ».

RÉDUCTION DE L’AIDE AUX ÉLÈVES

Utilisation des 2 heures d’ATP en Sixième pour mettre en place des PPRE(1)(cette mesure phare de la loi Fillon ne fait l’objet d’aucun financement spécifique) pour les élèves en très grande difficulté. Il ne reste donc rien pour prévenir les difficultés des élèves fragiles.

ÉCOLE À DEUX VITESSES

Au travers du socle commun de compétence (applica- tion de la loi Fillon 2004) : d’un côté ceux que l’on confi- nera à ce socle, de l’autre ceux qui pourront élargir le champ de leurs connaissances. Une telle disposition risque d’accentuer encore la distinction entre bons et mauvais établissements, de justifier la sortie massive et été de 177 000 élèves, ce qui correspond à

14 000 postes environ. Le ministère supprime donc le double de ce qui était justifié par la baisse des effectifs.

Du côté de l’encadrement éducatif, en trois ans (2003-2006), le nombre d’adultes (surveillants, aides éducateurs, assistants d’éducation) dans les établissements du premier et du second degré aura baissé de 30 000(1).

LIMITATION SANS PRÉCÉDENT DES RECRUTEMENTS

Les besoins annuels en moyenne sur 2006- 2010 sont de 16 806 recrutements et sur 2006- 2013 de 17 331 recrutements (source minis- térielle[2]).

En tenant compte du rendement partiel des concours, il faudrait donc que le nombre de postes mis au concours chaque année soit de l’ordre de 18 000. Pour 2007 le nombre de postes aux concours serait de 10 000.

LICENCIEMENT DES NON-TITULAIRES

L’an passé, les non-titulaires étaient encore fort nombreux à être au chômage (environ 10 000) et de nombreuses académies avaient vu leurs effectifs lourdement diminués (Aix- Marseille : 85 % de chômeurs, Nantes: 87 %, Rouen: 62 %).

À cette rentrée, les chiffres ne sont pas encore communiqués, mais il semble que l’on atteigne le chiffre de 8000 nouveaux chô- meurs

AUGMENTATION DU TEMPS DE TRAVAIL DES PERSONNELS

Tous les leviers sont utilisés par le ministère pour faire travailler plus et avec un maximum de souplesse les enseignants des collèges et lycées.

Remise en cause de décharges (premières chaires, pondérations STS, heures de labo...) ; voir encadré sur les audits financiers.

AUDITS FINANCIERS

TRAVAILLER PLUS

EN DÉPENSANT MOINS

Pour améliorer les « performances » des services publics le ministère du Budget poursuit sa politique d’audits. Pour l’Éducation nationale, après celui sur « L’organisation

des examens et concours » quatre, audits ont été mis en place sur les décharges

statutaires des enseignants du second degré, la grille horaire des enseignements au lycée et au collège, l’enseignement professionnel. S’il peut être fondé d’examiner la situation actuelle, on est en droit d’avoir des inquiétudes tant l’objectif annoncé était clair

« dégager les marges de manœuvre budgétaires » et la méthode choisie choquante : aucun dialogue avec les personnels concernés ou leurs représentants. Le rapport sur l’audit décharges est aujourd’hui connu et fait les propositions suivantes : les heures de laboratoire, de cabinet d’histoire n’existeront qu’en lien avec le projet d’établissement ; le chef d’établissement répartira librement son contingent, après consultation du conseil pédagogique. Les heures de première chaire et pondérations de STS apparaissent comme obsolètes ou indues. Il chiffre des « gains de productivité » équivalents à plus de 10 000 emplois à temps plein. Les rapports sur les horaires élèves ne sont pas encore parus mais la commande annonce d’emblée que les horaires élèves hebdomadaires sont trop lourds et le coût d’un élève plus élevé que la moyenne OCDE pour des résultats peu

performants : tout un programme !

GRÈVE LE 28 SEPTEMBRE

LES RENDEZ-VOUS

AIX-MARSEILLE

Bouches-du-Rhône (13), Marseille :

escalier de la Gare Saint-Charles, 10 h 30 ;

Vaucluse (84), Avignon :

devant l’inspection académique, 10 h 30

AMIENS

Oise (60), Beauvais :

AG puis manifestation à la place du Jeu de paume, 14h-15h30

BORDEAUX

– manifestation à la place de la Victoire / AG à la bourse du travail (44, cours Aristide Briand), 14 h / 16 h

C AEN

– Rassemblement devant le rectorat, puis manifestation vers la préfecture.

Calvados (14),

Préfecture de Calvados, 15 h.

Orne (61), Alençon :

AG départamentale salle Baudelaire, rassemblement devant la salle des fêtes et départ en cortège vers la préfecture, 10 h / 11 h 30.

Manche (50), St-Lô :

Place de la mairie, 10h30;

Cherbourg : place de l’Hôtel de ville, 10 h 30

DIJON – Yonne (89), Sens :

AG au marché couvert, 10 h ;

Auxerre :

AG à la maison des syndicats, 14 h

GRENOBLE – Drôme (28), Montélimar :

AG, 9 h 30 ;

Crest :

AG, 9 h 30 ;

Valence :

AG et manifestation unitaire, départ du Champ de Mars, 9 h 30 / 14 h 30 ;

Romans :

AG, 9 h 30,

St-Vallier :

AG

LILLE –

Manifestation régionale à la Porte de Paris, 14 h 30

LIMOGES – Savoie (19), Tulle :

RDV à la cité administrative, 10 h

Haute- Vienne (87),

manifestation à Limoges, RDV Devant la préfecture, 10 h

LYON – Ain (1), Bourg-en-Bresse :

manifestation départ du parc de la Vinagrairie vers la préfecture.

Loire (45),

St-Étienne

MONTPELLIER – Aude (11), Carcassonne :

AG au Palais du travail, 10 h ;

Narbonne :

AG au Quai Riquet, puis rassemblement départemental, 14h / 15 h 30

Gard (30),

Montpellier : audience à la préfecture, puis départ de la manifestation, arrivée aux jardins de la fontaine,10 h / 10 h 30

NANTES –

Place du cirque, 11 h.

Maine-et-Loire (49),

Angers :

manifestation départamentale, départ de la place Imbach vers la préfecture, 10 h 30.

NANCY-METZ – Meurthe-et-Moselle (54), Nancy :

Place Maginot, 14 h 30.

Moselle (57), Metz :

rassemblement, manifestation, devant l’IA, 15 h

NICE –

Devant la gare SNCF, 10 h.

Var (83), Draguignan :

Manifestation devant la préfecture, 10 h 30 ;

Toulon :

manifestation à la place de la Liberté, 10 h 30

ORLÉANS- TOURS – Cher (18), Bourges :

manifestation place Séracourt / Audience à la préfecture, 10h30 / 12h.

Indre (36),

Châteauroux, rdv à la place de la République, 10 h.

Indre-et-Loire (37),

Tours:

rassemblement devant l’IA et manifestation, 14 h 30 ; audience préfecture à 16 h 30

PARIS- CRÉTEIL-VERSAILLES – Paris :

Boulevard Saint-Michel (Sorbonne), 14 h 30.

REIMS

Ardennes (8), Charleville-Mézières :

AG à la bourse du travail / Rassemblement devant l’IA, 14 h / 15 h.

Aube (10), Troyes :

AG le matin, RDV devant la Bourse du travail, 15 h.

Marne (51),

AG à la maison des syndicats, manifestation devant le rectorat, 9 h 30 / 10 h.

Haute-Marne (52),

rassemblement départemental prévu (voir le site du S3)

RENNES

Côtes d’Armor (22), St-Brieuc :

place de Robien, manifestation vers la préfecture, 10 h.

Finistère (29),

Quimper, manifestation à la Place de la Résistance, 10 h 30

ROUEN

– Devant la préfecture, 14 h 30.

Eure (27), Evreux :

rue de Pannette, 14 h30.

Seine- Maritime (76),

Le Havre, C presse, 17 h

STRASBOURG

Haut-Rhin (68), Mulhouse :

manifestation à la place de la Réunion, 10 h 30

TOULOUSE

Lot (46), Cahors :

manifestation à la place de Gaulle, 10 h.

Hautes-Pyrénées (65), Tarbes :

AG à la Bourse du travail, puis manifestation de la Bourse du travail à la préfecture, 9 h / 10 h 30.

C’est à Marseille (14

e

)

Les collègues du lycée Pythéas se sont opposés aux CAE (Contrat

d’Accompagnement vers l’Emploi) et aux AP (Asssistant Pédagogique) lors des CA de juin et juillet. Pendant l’été, l’ensemble des assistants d’éducation, voyant que leurs contrats arrivaient à terme et n’allaient pas être renouvelés ont tous démissionné, si bien que lors de la prérentrée, la vie scolaire apparaissait vide.

La principale a alors lu un courrier de l’IA (envoyé à tous les collèges Ambition et Réussite ayant refusé les CAE vie scolaire et les AP), expliquant que le refus des CA entraînerait la perte de tous les moyens supplémentaires de surveillance. Il demandait de réunir un nouveau CA extraordinaire pour voter de nouveau et dans l’attente, autorisait le recrutement de CAE vie scolaire, malgré l’opposition des conseils d’administration. Les collègues de Pythéas, réunis en assemblée générale, ont donc décidé de se mettre en grève le 4 septembre, pour protester contre ce passage en force et aussi en raison des travaux non terminés dans l’établissement scolaire. Ils ont rédigé un communiqué de presse pour expliquer la situation et leur position.

Rentrée en ZEP « 1 »

Les rentrées se suivent et se ressemblent, malgré les effets d’annonce et la nouvelle nomenclature !.... Ainsi, au collège Jaubert (Nice), établissement ZEP sensible EP1 de 551 élèves, classé Collège Ambition Réussite, les effectifs de classes s’élevaient à 24 en Troisième, à plus de 23 en Quatrième : « à la limite du seuil », selon notre administration ! Cette dégradation, basée sur des prévisions d’effectifs inférieures à la réalité, a provoqué une réaction unanime des collègues : une grève a été décidée pour le mercredi 6 si l’IA ne trouvait pas de réponse à ce problème.

Bras de fer lundi et mardi, grève mercredi... et l’inspecteur lâche le morceau : la DGH de l’année dernière est rétablie, soit plus de 65 heures de plus... Victoire, certes. Mais que de bruit pour pas grand- chose ! Des heures dues qu’il faut arracher puis gérer après la rentrée, puis refaire les classes de Troisième... Tout cela pour arriver à des conditions juste correctes pour enseigner dans un CAR qui se demande si « éducation prioritaire » veut encore dire quelque chose...

Lycée Marie-Curie de Nogent-sur-Oise

Le Lycée Marie-Curie de Nogent-sur-Oise connaît depuis plusieurs années un manque criant de moyens à la vie scolaire.

Cette année, la coupe était pleine. Dès leur rentrée, les personnels de la vie scolaire, et notamment les CPE, ont estimé qu’il n’était pas possible d’accueillir les élèves dans ces conditions.

Un préavis de grève reconductible a été déposé par le S1, à partir du 4 septembre.

Le jour de la prérentrée, les enseignants, réunis en assemblée générale, ont décidé à 80 % de se joindre à cette action.

Dans l’après-midi, le rectorat et l’inspection académique dépêchaient deux représentants pour « discuter » avec les personnels du lycée.

Bilan de ces discussions : un poste de CPE supplémentaire, réclamé depuis des années, est accordé, ainsi que trois postes supplémentaires d’assistants d’éducation.

Une première victoire qui a conduit les collègues à lever leur préavis de grève.

©Daniel Maunoury

précoce d’élèves en particulier via l’appren- tissage junior(2). C’est au nom de ce socle qu’est programmée une réduction des horaires au collège (audit en cours).

DYNAMITAGE DES ZEP

Bouleversement en profondeur de la politique d’éducation prioritaire en renforçant les ségré- gations : déréglementation programmée dans les 249 réseaux « ambition réussite » (EP1), maintien théorique des moyens dans les EP2 et sortie d’ici trois ans du dispositif pour les EP3.

■Claudie Martens

(1) Programme personnalisé de réussite éducative.

(2) Aucun verrou n’existe dans les textes pour limiter le nombre de jeunes concernés par ce dispositif qui remet en cause la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans.

À l’appel de

AVENIR DE LA JEUNESSE, DU SERVICE PUBLIC D’ÉDUCATION, DE NOS MÉTIERS

28 SEPTEMBRE GRÈVE UNITAIRE DE L’ÉDUCATION

POUR UN AUTRE BUDGET

• Restitution des 13 000 emplois du second degré supprimés.

• Retour à une programmation des recrutements d’enseignants, de CPE, de CO-Psy (18 000 par an de 2006 à 2013).

• Réemploi de tous les non-titulaires et un plan de titularisation.

POUR UNE AUTRE ÉCOLE

• Retrait de la loi d’orientation.

• Une véritable relance des ZEP.

• Renforcement des équipes de vie scolaire par le recrutement d’étudiants surveillants.

DES PERSPECTIVES

POUR NOS CARRIÈRES ET NOS SALAIRES

• Négociation pour l’intégration de la concertation dans les services.

• Amélioration des débuts de carrière.

• Retour à des règles nationales et transparentes de gestion des personnels (carrières, affectations, hors-classe...).

• Rattrapage sur cinq ans des pertes de pouvoir d’achat des salaires et des pensions (avec comme première étape 5% au titre de 2000-2005).

©Clément Martin

©Thierry Nectoux

Références

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