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Travaux néerlandais

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HAL Id: jpa-00241596

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00241596

Submitted on 1 Jan 1910

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Travaux néerlandais

E. Mathias

To cite this version:

E. Mathias. Travaux néerlandais. J. Phys. Theor. Appl., 1910, 9 (1), pp.844-864.

�10.1051/jphystap:019100090084400�. �jpa-00241596�

(2)

TRAVAUX NÉERLANDAIS

H.-A. LORENTZ. - La liquéfaction de l’hélium. - Archives Née~~landaises,

21 série, t. XIII, p. 492.

Exposé magistral du développement de deux questions intime-

ment unies dans l’histoire de la science : la liquéfaction des gaz et la continuité des états liquide et gazeux, questions personnifiées dans

le professeur K. Onnes, de Leyde, et le professeur J. D. Van der Waals, d’Amsterdam, dont le dernier vient de prendre sa retraite,

tandis que le premier a récemment liquéfié l’hélium.

H. KAMERLINGH ONNES. - La liquéfaction de l’hélium.

-

Communications

fT’o1n the Physical Labol’atoTY of Leiden, 108, ’et A1’chives Née~°landaises,

2, série, t. XIII, p. 289.

L’hélium a été liquéfié par la méthode du cycle. Imaginons une

canalisation rigoureusement étanche contenant un gaz rigoureuse-

ment pur et dans la canalisation fermée sur elle-même une pompe,

aspirante d’un côté, foulante de l’autre, construite de façon à n’ap- porter au gaz qui remplit la canalisation aucune impureté. Le gaz,

comprimé à 75 atmosphères par exemple, et refroidi à la tempéra-

ture de l’hydrogène solide (- 2Õ9°), se détend à travers un robinet, puis est de nouveau aspiré, comprimé et refroidi, etc. Pour que l’ap- pareil réalise la liquéfaction statique du gaz expérimenté, plusieurs

conditions sont nécessaires. Il faut d’abord que le point d’inversion de l’effet Joule-Kelvin pour les petites densités soit supérieur au point de fusion de l’hydrogène, sans quoi la détente du gaz com-

primé pourrait donner lieu à un réchauff’ement. Il faut en outre que l’on soit suffisamment au-dessous du point d’inversion précédent

pour que la détente donne un refroidissement sensible que l’on puisse

accutnuler en f’aisant en sorte que le gaz comprimé commence sa

détente précisément à la température à laquelle celui qui l’a précédé

a fini la sienne.

On concevra sans peine que la réussite d’un tel problème ait exigé

des études préparatoires de plusieurs années, si l’on se rappelle les

échecs de sir J. Dewar et du professeur K. Olzewski dans leurs tentatives de liquéfaction de l’hélium, malgré des détentes du gaz de

plus de 100 atmosphères ; le point critique de ce gaz devait donc

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019100090084400

(3)

845 être situé excessivement bas ou pouvait même ne pas exister. fl est intéressant de rappeler que sir J. Dewar, se fondant sur la forte

absorption de l’hélium par le charbon aux basses températures,

avait estimé à environ 8 degrés absolus sa température critique, laquelle était dès lors située nettement plus bas que le point de

solidification de l’hydrogène. Même dans ce cas, la méthode de fa détente accompagnée de celle de l’accumulation du froid était néces- saire à appliquer pour aboutir.

Or, cette méthode est précisément appliquée dans les appareils

que von Linde et Hampson ont employés pour liquéfier l’air et que

sir James Dewar- a employés pour liquéfier l’hydrogène. Dans ces appareils, la détente se produit à une température r(,,duite qui est

environ la moitié de la température réduite du point d inversion de l’effet Joule-Kelvin pour les petites densités ; et il se trouve que la

température réduite de cette détente correspond à une température

réduite un peu plus basse que le point de Boyle, qui est la tempéra-

ture à laquelle le produit~v passe par un minimum pour ~ _ ~o .

Appliquant à la liquéfaction de l’hélium les idées de correspondance

que J.-D. Van der Waals a introduites dans la science, on en déduira que l’hélium pourra être liquéfié d’une façon statique dans un appa- reil semblable à celui qui permet de liquéfier l’hydrogène, pourvu que la température la plus basse dont on dispose soit inférieure au

point de Boyle de l’hélium.

Il fallait donc de toute nécessité déterminer ce dernier point à

l’aide des isothermes de l’hélium. Ce n’est qu’en 1907 que l’on réalisa la détermination de celles-ci. Ces isothermes indiquèrent que la température critique de l’hélium devait être comprise entre 5 et

6 degrés absolus ; enfin, l’isotherme de

-

~~9°, peu de temps avant la liquéfaction du gaz, confirma que le point de Boyle était effecti- vement un peu supérieur à cette limite du refroidissement prélimi-

naire ; la liquéfaction statique était donc possible avec les ressources expérimentales du laboratoire cyogène de Leyde.

L’hélium, qui servit pour l’expérience de liquéfaction, fut extrait

de la monazite par chauffage, détoné par l’oxygène et refroidi dans l’air liquide. Puis on le fit passer sur de l’oxyde de cuivre et on

enleva l’oxygène ainsi que des traces de gaz de même volatilité en

le refroidissant dans l’hydrogène liquide. On le comprima ensuite

de nouveau et on le fit passer sur du charbon, d’abord à la tempéra-

ture de l’air liquide, puis à celle de l’hydrogène liquide ; ces opéra-

(4)

tions furent répétées jusqu’à ce que le gaz absorbé par le charbon et recueilli ensuite séparément ne contînt plus d’impureté en quantité appréciable.

Pour que l’hélium liquide pût être observé, on le détendait jus- qu’au vide (1) dans un tube en verre-vacuum non argenté dont la partie inférieure était protégée contre le réchauffement extérieur par

une couche d’hydrogène liquide. Ce nouveau liquide était égale-

ment contenu dans un verre-vacuum non argenté entouré d’un dis-

positif analogue contenant de l’air liquide, celui-ci étant protégé

contre la chaleur extérieure par un verre contenant de l’alcool qui

se renouvelait sans cesse. Ce dispositif s’est montré d’une efficacité

parfaite le jour de la liquéfaction de l’hélium ; après cinq heures de fonctionnement, cette partie de l’appareil était encore d’une trans-

parence parl’aite et l’on pouvait observer ce qui se passait dans le

tube le plus intérieur.

L’hélium fut liquéfié pour la première fois le 10 jnillet 1908. La

veille de ce jour mémorable, la provision d’air liquide fut augmentée jusqu’à être de 75 litres.

Le 10 juillet, à 5" J /4 du matin, on commença à préparer l’hydro- gèneliq~aide, dont 20 litres, recueillis dans des verres à vide argentés,

étaient prêts à i 11 30rn. A i h 301ll on cornmença à refroidir les parties

devant recevoir l’air liquide, en s’arrangeant pour que, ce liquide

introduit, tout fût bien transparent. A 2h 30m on commença à refroidir

le verre-vacuum devant contenir l’hydrogène liquide ; l’hydrogène liquide fut introduit avec beaucoup de précautions à 3 heures et à

4h 20m on commença à transvaser l’hydrogène liquide dans l’éprou-

vette à vide et dans le réfrigérant du cycle de l’hélium.

En méme temps, l’hélium fut mis en circulation à travers le li-

quéfacteur et la pression sous laquelle l’hydrogène s’évaporait fut

abaissée graduellement jusqu’à 6 centimètres de mercure, où elle

resta à partir de 5~’ ~0,11. Entre temps, la pression de l’hélium fut élevée lentement et, de 5’’ 3~111 à 6h 33t1l, elle monta de 80 atmosphères

.à 100 atmo5plières.

L’abaissement du thermomètre à hélium qui indiquait la ternpé-

(1) On ne devait pas considérer comme impossible que l’hélium eût une pression, critique inférieure ~, 1 atmosphère. Si tel avait été le cas, des expériences dans lesquelles la détente n’eîit été poussée que jusqu’à la pression atmosphérique

n’auraient pas pu décider de la possibilité de liquéfier l’hélium, si la conclusion

1’(>lzex;sk; y~m la température critique était supérieure ii 2 degrés absolus s’était

trouvée vérifiée.

(5)

847 rature au-dessous du robinet de détente fut très lent jusqu’à 6h 35111,

où une détente plus forte fit baisser la température au-dessous de celle de l’hydrogène. Dans les détentes suivantes, de plus en plus rapides, on observa chaque fois des tendances de la température à s’abaisser, surtout lorsque la pression n’était pas trop élevée. A un certain moment, on évaluait la température à 6 degrés absolus.

Lorsque la dernière bouteille d’hydrogène liquide fut reliée à l’appa- reil, on constata seulement un peu d’agitation dans le voisinage du

robinet de détente ; cependant la température, après quelques relè-

vements provenant de ce que la pression avait été portée trop haut,

s’était abaissée légèrement au-dessous de 5 degrés absolus et com- .

mença à se maintenir constante d’une façons remarquable. C’était

comme si le thermomètre était plongé dans un liquide. Le professeur Schreinemakers, qui assistait à cette partie de l’expérience, le re-

marqua. Tel était en effet le cas, la première apparition du liquide

avait échappé absolument à l’attention des expérimentateurs, ainsi qu’on l’avait prévu.

La surface liquide fut rendue très nette en y faisant réfléchir de la lumière venant par-dessous, et il n’y avait pas à s’y tromper, car on

la voyait parfaitement traversée par les deux fils de l’aiguille ther- moélectrique.

Il était alors 7h30111. Une fois la surface aperçue, elle ne fut plus perdue de vue. Elle se dessinait contre la paroi de verre, fine comme

le tranchant d’un couteau ; le liquide présentait l’aspect d’un corps

qui est presque à la température critique, comme le professeur Kuenen qui était présent le remarclua.

La liquéfaction étant bien constatée, on arrêta la circulation de l’hélium en essayant si l’hélium pourrait se solidifier par évaporation

sous pression réduite. A 8h30111 le liquide était réduit par évaporation

de 60 centimètres cubes à 10 centimètres cubes. La pression était

inférieure à 1 centimètre de mercure : la solidification ne se produisit

pas. A 9h40m il ne restait plus que 2 centimètres cubes de liquide et l’expérience fut arrêtée.

Propriétés cle Z’heZiz~~32.

-

Le point d’ébullition de l’hélium liquide

donné par le thermomètre à hélium est de 4,3 degrés absolus. Cette

température devra être corrigée à l’aide de l’équation d’état de l’hé- lium pour être ramenée à l’échelle absolue; le point d’ébullition nor-

male sera alors probablement 4,5 degrés absolus.

La pression au triple point est inférieure à 1 centimètre de mer-

(6)

cure ; d’après les états correspondants, la température correspon- dant à la pression de 1 centimètre est d’environ 3 degrés absolus et cependant le liquide est encore parfaitement mobile.

L’hélium liquide a une trèsfaible densité, savoir 0,15 ; elle conduit

à une valeur de b qui est provisoirement de 0,0007 : celle-ci fournit immédiatement pour la pression critique une valeur probablement

voisine de 2 ou 3 atmosphères.

Au point d’ébullition normal, le rapport de la densité de la vapeur à celle du liquide est d’environ il 1 ce qui indiquerait une tempéra- ture critique à peine supérieure à 5 degrés absolus et une pression

critique un peu plus forte que 2,3 atmosphères.

Enfin, la valeur provisoire du coefficient de pression et est 0,00005;

c’est la plus petite des valeurs de fi relatives aux différents corps,

plus faible en particulier que celle de l’hydrogène, qu’on a pu croire

longtemps nulle.

J.-D. VAN DER WAALS. - Contributions à la théorie des mélanges binaires.

Archives ll~rée~°la~zc~aises, t. XIV, pp. 181 et ~Î89.

Dans ce long travail, particulièrement difficile à analyser, l’illustre

savant traite un certain nombre de points particuliers, qui consti-

tuent les chapitres du mémoire.

Il est revenu sur la questions de la relation qui peut exister entre

les quantités cc, ~, ~,, a,, qui interviennent dans la théorie d’un

mélange binaire. Il a, en effet, tracé à diverses reprises l’allure des courbes thermodynamiques dans le cas un système binaire pré-

sente un minimum de température critique, c’est-à-dire où la gran- deur a~ passe par un minimum pour une certaine valeur de ~. On

bx

peut considérer comme connues, dans ce cas, l’allure des isobares ainsi que des courbes ~~’ ==0et(~’) ~=0. L’expérience ad’ailleurs

B~A " x

Il appris que l’allure prévue par la théorie est exacte, qualitativement

du moins. Le professeur Van der Waals montre que l’allure de ces

courbes, dans le cas en question, ne s’accorde pas avec l’hypothèse : a2 - a~ a~. Il indique, chemin faisant, les considérations théoriques qui s’opposent à l’adoption de cette relation qui, si elle était exacte,

simplifierait considérablement l’éqnation de la courbe spinodale d’un

mélange binaire.

(7)

849

Les autres chapitres du mémoire sont consacrés à la rencontre

des courbes ~2~ - 0 et ~~ ~ 0, des courbes 1~ - 0 et ~~‘~ - 0

des àvàx ~ 0 et , == 0, des

~ x ~

== 0

)r2 v ~ 0

et des courbes ~~ 0 et (12- 0

et des courbes, 2 == 0 àx2 et 1 ‘~ - 0.

-

()t?’

SCHREINEMAI~ERS. - Equilibres dans les systèmes quaternaires.

Archives NéerLandaises, 2e série, t. XIV, pp. 3~!~ et 478.

Dans la première partie du travail, l’auteur examine théoriquement quelques cas simples d’équilibre dans les systèmes quaternaires.

Dans le premier chapitre, on suppose que les composantes seules existent comme phase solide et on passe en revue les trois sous-cas

d’un solide et trois solvants, de deux solides et deux solvants, de

trois solides et d’un solvant. Dans le deuxième chapitre, on admet

l’existence de combinaisons binaires et on considère le cas où il y a une, ou deux ou plusieurs de ces combinaisons. Enfin l’auteur dit un

mot de l’influence d’une variation de température ou de pression, les chapitres précédents supposant que l’étude est faite à une tempéra-

ture déterminée, sous la pression atmosphérique supposée constante.

.

Dans la seconde partie du mémoire, faite en collaboration avec

Mlle de Baat, les auteurs ont étudié, à la température fixe de 30°,

un cas simple dans lequel il ne se présente que trois phases solides,

savoir NaCI, BaCl, BaCrB2H20 et CuClz,~H20. Ils ont d’abord

étudié les quatre systèmes ternaires :

eau - chlorure de sodium - chlorure cuivrique ;

eau - chlorure de sodium - chlorure de baryum ;

eau - chlorure de baryum - chlorure cuivrique ;

chlorure de sodium - chlorure de baryum - chlorure cuivrique,

puis le système quaternaire dont l’étude est rendue très simple par

le fait qu’il ne se forme pas de sel double dans les conditions où l’on

opère.

Les auteurs ont ensuite étudié deux systèmes quaternaires présen-

tant des sels doubles et présentant par suite des circonstances plus compliquées, à propos desquelles le professeur Schreinemakers a

exquissé une méthode graphique de résolutions des diverses ques-

tions qui se présentent dans l’étude des équilibres quaternaires.

(8)

H. KAMERLINGH ONNES. - Isotherms of monoatomic gases and their binary

mixtures : III. Data concerning neon and helium (Isothermes des gaz monoato-

miques et de leurs mélanges binaires : 111. Données concernant le néon et

l’hélium).

-

Communications from the Physical Laborato~°,~ of Leiden, ’l’12.

Le professeur Kamerlingh Onnes, à l’aide de néon extrait de l’air par distillation fractionnée (méthode de G. Claude), puis convena-

blement purifié, a déterminé la pression du triple point : pour cela il a solidifié partiellement le néon à l’aide de l’hydrogène liquide ; la pression qui règne lorsque les phases solide, liquide et gazeuse sont

en équilibre est estimée à 35 centimètres de mercure.

La pression critique du néon aété déterminée en faisant apparaître

et disparaître le ménisque dans la région médiane du volume occu-

pée par le fluide : on a trouvé 29 atmosphères.

_

On peut reconnaître le néon à la propriété caractéristique sui-

vante : supposons le gaz collecté dans la pompe à mercure de Topler :

toutes les fois que le mercure tombe du réservoir de la pompe dans le tube inférieur, le ménisque au contact du verre se montre entouré

d’un étroit anneau lumineux orangé.

En recommençant l’expérience de la liquéfaction de l’hélium, le professeur K. Onnes a pu abaisser la température de l’hélium liquide

au point que la pression n’était plus que de 2mm,2 de mercure, sans que la solidification apparût; la température était alors de 21,5

absolus ou 2,5 Kelvin, peut-être même ~?° K.

Une première. détermination expérimentale de la pression critique

a pu être faite comme pour le néon ; elle a donné 2,75 atmosphères.

La température critique paraît être 5° K. et le point d’ébullition nor- male .~° K.

Dr H. KA111ERLINGH ONNES et Dr C. BRAAIL. - lsotherms of diatomic gases and

their binary mixtures : VIII. The breaking stress of glass and the use of glass

tubes ôn measurements under high pressures at ordinary and low temperatures (Isothermes des gaz diatomiques et de leurs mélanges binaires : VIII. L’effort de rupture du verre et l’emploi de tubes de verre dans les mesures à haute pression à la température ordinaire et aux basses températures). -- Co~n~nuni-

cations f~°om the Physical Lczborato~~y of’ Leiden, 106.

Désirant faire à l’avenir l’étude expérimentale des isothermes à des pressions pouvant atteindre quelques centaines d’atmosphères,

le professeur K. Onnes a voulu étudier l’effort de rupture du verre de

(9)

851

l’hïiringer, avec lequel sont faits les tubes piézométriques et mano- métriques employés à son laboratoire. Commele prince B. Galitzine,

les auteurs ont déterminé la pression intérieure maxima à laquelle

des tubes de verre cylindriques peuvent résister; ils ont opéré avec

des tubes soigneusement recuits, à parois éparses, à diamètre inté-

rieur grand ou petit et avec des tubes à parois minces et à large

diamètre intérieur. Les pressions de rupture étaient déterminées à 2 0/0 près par un manomètre métallique qui, dans certains cas, a

marqué jusqu’à 1 200 atmosphères. Le coefficient de Poisson était

pris égal à 1 et la pression maxima Tm supportée par le verre au

moment de la rupture calculée par une formule donnée par la théorie de l’élasticité. T"t, exprimée en kilogrammes par millimètre carré, varie de 4 à 5 pour les tubes épais à large diamètre intérieur, de 6

à 15 pour les tubes capillaires à parois épaisses et de 4 à 7 pour les tubes larges à paroi mince.

Dans une seconde série d’expériences, les auteurs ont étudié,

comme Winkelmann et Schott, la résistance à la rupture par trac- tion de baguettes filiformes de verre recuites ou non, dont les dia- mètres variaient de omm,i à Om~,6. A la température ordinaire, la

traction de rupture en kilogrammes par millimètre carré variait de 15 à 23 avec les fils non recuits et de 9,5 à 23 avec les fils recuits.

Dans leurs grandes lignes, les expériences de M. H. Kamerlingh

Onnes et Braak sont d’accord avec celles du prince B. Galitzine et de M. Winkelmann et Schott, elles donnent toutefois pour la limite de résistance du verre des nombres sensiblement plus élevés que

ceux de leurs devanciers.

Il est intéressant de constater que la résistance à la rupture aug- mente très vite lorsque la température s’abaisse. A la température

de l’air liquide huit expériences ont donné des charges de rupture

variant de 24 à 35kg,9 par millimètre carré.

Dans l’hydrogène liquide, une seule expérience fut faite sur un fil

de verre de O~In,~’~1 de diamètre, qui donna une résistance à la rup-

ture de 52~,1 par millimètre carré.

(10)

Dr H. KAMERLINGH ONNES et DI’ C. J3RAAK. - On the measurement of very low temperatures : XXI. On the standardizing of temperatures by means of boiling points of pure substances. The determination of the vapour pressure of oxygen at three températures (Sur la mesure des très basses températures : XXI. Etalonnage des températures par les points d’ébullition de substances pures. Détermination de la pression de vapeur de l’oxygène à trois tempé- ratures).

Dr H. KAMERLINGH ONNES et J. CLAY. - On the measurement of very low

temperatures : XXII. The thermoelement gold silver at liquid hydrogen tempe-

ratures (Sur la mesure des très basses températures : XXII. L’élément thermoé-

lectrique or-argent aux températures de l’hydrogène liquide).

-

Co~n~nunica- fions f~~o~~z éhe Physical Labol’atory of Leiclen, n05 107 a et 101 b.

Il est très désirable de connaître exactement les points d’ébullition de substances pures sous des pressions connues, parce que ce sont des points fixes qui ne dépendent pas du thermomètre employé et qu’ils facilitent les comparaisons entre les thermomètres employés

dans les différents laboratoires.

A cause de cela, M. Kamerlingh Onnes et Braak ont déterminé

trois points d’ébullition de l’oxygène pur à l’aide de deux thermo- mètres à résistances de platine, comparés autrefois directement au

thermomètre à hydrogène.

En faisant bouillir l’oxygène pur sous des pressions voisines de

760 millimètres, on mesura les résistances thermométriques en ohms

et par une interpolation on en déduisit la résistance qui correspondait

à la pression 760 millimètres et par suite la température correspon- dante.

On trouva ainsi pour le point d’ébullition de l’oxygène pur sous la

pression de 760 millimètres au niveau de la mer et à 45, de latitude nord : t - - ~83°,03 î dans l’échelle d u thermomètre à hydrogène

et 6 = - 1$~°,986 dans l’échelle absolue. L’erreur probable paraît

ne pas devoir dépasser 0°,03.

De la même façon, les auteurs ont obtenu, dans l’échelle absolue : 0’ - - 186~542 à la pression p’ - 516,19 millimètres de mercure;

6" ^ - 189°,442 à la pression p" i 366,24 millimètres de mercure.

Ces deux dernières mesures, comparées à celles de Travers,

Senter et Jaquerod, montrent que les températures mesurées à Leyde

sont plus basses de 0°,~3 que les températures mesurées sous les

mêmes pressions par Travers, Senter et Jaquerod; il existe donc

entre les deux séries de mesures une petite diflérence systématique.

(11)

853

Quant à l’élément or-argent, son pouvoir thermoélectrique, qui

est nul à la température ordinaire, augmente rapidement aux très

basses températures. Aux températures atteintes par l’hydrogène liquide ou solide, la variation par degré de sa force électromotrice rend cet élément tout à fait propre à mesurer avec précision les plus

basses températures. MM. Kamerlingh Onnes et Clay se proposent

en conséquence de l’étalonner au moyen du thermomètre à hélium.

Dr H. KAMERLINGH ONNES. 2013 Methods and apparatus used in the cryogenic laboratory : XV. An apparatus for the purification of gaseous hydrogen by

means of liquid hydrogen (Méthodes et appareils employés au laboratoire cryogène :-XV. Appareil pour la purification de l’hydrogène gazeux au moyen de

l’hydrogène liquide). - Com1nunications froîn the Physical Laboralory of LeÙlen, n° 109 b.

L’emploi d’un cycle d’hydrogène n’est possible que si l’on possède

une quantité suffisante d’un gaz rigoureusement pur, absolument exempt de petites quantités d’air susceptibles de boucher par solidi- fication les canalisations très capillaires à travers lesquelles le gaz circule. Pour préparer en très grande quantité un tel gaz, il convient de partir de l’hydrogène, qualifié pur, du commerce, et d’en solidifier l’air en portant le gaz impur à la température de l’hydrogène liquide

bouillant sous une pression un peu inférieure à celle del’atmosphère.

Dès lors, l’air se solidifie, tandis qu’une partie de l’hydrogène légèrement impur se liquéfie. Le gaz provenant de la liquéfaction est

infiniment plus pur qu’à son entrée dans l’appareil.

Le professeur H. Kamerlingh Onnes a construit sur ce principe un appareil tel que la purification de 10 mètres cubes d’hydrogène est,

en règle générale, le résultat de huit heures de travail ; cette puri-

fication consomme 25 litres d’air liquide.

Pourvu qu’on ait en réserve une quantité d’hydrogène pur suffi-

sante pour faire fonctionner un cycle à hydrogène, on peut préparer en quantités pratiquement indéfinies de l’hydrogène extrêmementpur.

D, H. KAMERLINGH ONNES et J. CLAY. - On the change of the resistance of pmre metals at very low temperatures and the influence exerted on it by small

amounts of admixtures (Sur la variation de la résistance des métaux purs aux très basses températures et l’influence exercée sur elle par de petites quantités d’impuretés).

-

Comïnunications fro1n ,the Physical Labol’atol’Y of Leiden,

n° 101 c.

Ce mémoire est la continuation de celui qui a été analysé dans le

(12)

tome VII du Journal de Physique (p. 313). Il avait été remarqué par les auteurs qu’on ne peut pas représenter par une formule parabo-

1 lique la résistance des métaux purs au-dessous de C., et qu’il fal-

lait de toute nécessité introduire des puissances négatives de la température absolue T. Si l’on désigne par Wt et W 0 les résis- tances à la température centigrade t ~ T - 2731,09 et à 0°, on a

pour le cas de l’or pur entre et - 238°,81 C., a, b, c, d, e, r étant

des constantes :

,

Pour le mercure solide et pur, on a :

La résistance à 0° étant 97,152 ohms, à

-

183° elle n’est plus que de ’~,~6~ ohms et à

-

2580,81 seulement 0,7534 ohm. Le mercure

expérimenté était d’une pureté remarquable, sa résistance aux très basses températures étant nettement plus faible que celle du mer-

cure expérimenté par Dewar et Fleeming.

Le plomb est représenté par une formule du type précédent le

coefficient c est nul. La résistance à 0° étant prise pour unité, à -- ~38°, 70 on n’a plus pour celle-ci que 0,01311.

Une spirale de constantan dont la résistance à 0° est prise pour unité a fourni, à

-

182~,42, W = 0,97~.6~, et à

-

255-,13, W = 0,91423; comme on le voit, le décroissement de la résistance s’accélère aux basses températures.

Si l’on porte en ordonnées les résistances et en abscisses les tem-

pérature, on obtient pour les métaux purs des courbes qui, prolon-

.

gées, coupent l’axe des abscisses avant le zéro absolu et semblent

toutes indiquer une résistance négative assez grande au zéro absolu.

Cette courbe présente pour tous les métaux, le mercure excepté,

un point d’inflexion aux très basses températures.

(13)

855

Dr J. CLAY. - On the change with temperature of the electrical resistance of

°

alloys at very low temperatures (Sur la variation avec la température de la

résistance électrique des alliages aux très basses températures). - Communi-

cations f7°o~n the Physical Laboraiory of Leiden, 107 d.

Tandis que dans leur travail de 1907, 1~11~. K. Onnes et Clay

n’avaient considéré qu’un seul alliage d’or et d’argent, dans le tra-

vail actuel M. Clay a étudié de la même manière sept alliages d’or et d’argent dont les pourcentages en argent étaient respectivement 0,396; 0,476; 0,524 ; 0,868 ; 1,-~~.0~; 20,037; ~’7,9$~ ; les cinq premiers

étaient destinés à étudier l’influence sur la résistance de l’or pur de

petites quantités d’un autre métal. Les mesures avaient pour but de donner la variation de la résistance spécifique avec la température,

en appelant dans ce cas particulier résistance spécifique celle d’un fil

de 1 mètre de long et de ~1 millimètre carré de section.

Désignons par ~~VAu et WAb les résistances spécifiques de l’or et

de l’argent purs à une même température, pour un alliage formé

d’un volume » d’argent et d’un volume i - 0153 d’or, la résistance spé- cifique calculée par la règle de conductibilité est :

. Or Matthiessen a montré, dès 1860, que la résistance expérimen-

tale W est beaucoup plus grande que la précédente ; W - W’ a été appelée résistance ccdditive. Cette résistance additive étudiée en ’186~

par Matthiessen et Vogt s’est montrée indépendante de la tempéra-

ture. Dans leur travail de 1907, K. Onnes et Clay avaient trouvé

qu’approximativement cette résistance additive était constante. Les recherches de Clay montrent que la résistance additive, pour les

alliages très pauvres en argent, croît à mesure que la température

s’abaisse de 0° à-252°, 92 et d’autant plus que la teneur en argent est plus voisine de zéro ; la résistance additive semble en outre propor- tionnelle à la teneur en argent ; pour les deux alliages riches en ar-

gent, la résistance additive est presque indépendante de la tempéra- ture ; en fait elle paraît décroître très légèrement, le décroissement

entre 0° et

-

2~2°,9 étant de 1 0/0 pour l’alliage a 20 0/0, de 1/2 0/0

pour l’alliage à 48 0/0 d’argent.

(14)

T W/

Si l’on porte p en ordonnées les difiérences T - ~ T ‘, , 0 l’ordonnée

est nulle pour tous les alliages à ’1 =- 273° ,09; jusqu’à

-

200o C.

environ, les courbes sont pratiquement rectilignes, les unes ayant leurs ordonnées positives, les autres ayant leurs ordonnées néga-

tives. Cela montre qu’il existe un alliage d’or et d’argent, contenant

sensiblement 0,1 0/0 d’argent, dont la variation de résistance entre 00 et

-

2000 C. est à peu près rigoureusement proportionnelle à la température absolue. L’importance de ce résultat pour la mesure commode et précise des basses températures n’échappera à per-

sonne.

Au-dessous de - ~00° C. et pour tous les alliages sans exception,

les ordonnées baissent rapidement à mesure qu’on se rapproche du

zéro absolu.

Pour expliquer la résistance additive des alliages, Rayleigh ima- gina en 1896 que les deux métaux étaient disposés en couches très minces l’une derrière l’autre, de façon que, quand un courant élec- trique traversait ces couches, des effets Peltier de signes contraires

se produisaient, déterminant un courant électrique de sens contraire

au courant principal et ayant finalement le même effet qu’une aug- mentation de résistance. La théorie de lord Rayleigh conduit à cette conséquence que le produit TE2 de la température absolue par le carré du pouvoir thermoélectrique de l’alliage doit être une cons-

tante.

M. Clay a soumis cette conséquence à la sanction de l’expérience.

Il a déterminé le pouvoir thermoélectrique en complétant les déter-

minations de l’article précédent d’un élément or-argent entre + 1000

et

-

258~61 C. et formé le produit TE2; celui-ci, entre et + ~00°,

varie de 0 à 0,0000137 et, entre + et

-

258°,61, varie de 0 à 0,0003136. Il ne semble donc pas possible d’admettre la théorie de

lord Rayleigh.

J.-I. DALTON. - Researches on the Joule-Kelvin effect, especially at low tem-

peratures : 1. Calculations for hydrogen ; II. The Joule-Kelvin effect for air at 0° C. and at pressure upto 42 atmospheres (Recherches sur l’effet Joule-Kelvin spécialement aux basses températures : 1. Calculs relatifs à l’hydrogène ; lI.

L’efl’et Joule-Kelvin pour l’air à 0° et à des pressions atteignant 42 atmosphères).

-

Co~nmunications f~°om tlee Physical Labo~°atory of Leiden, n° 109 a et c.

Il y a cinquante ans que Joule et Thomson exécutèrent leurs expé-

(15)

857 riences demeurées célèbres ; il est surprenant qu’ils n’aient été suivis

par presque personne dans cette voie importante. Quelques expé-

riences grossières de Regnault sur des gaz variés, le travail de Na- tanson et Kester sur C02 et le travail plus récent d’Olzewski sont la seule littérature à citer. Alors que Joule et Thomson partaient

d’une pression initiale qui ne dépassait pas 6 atmosphères et que la détente s’effectuait sans vitesse sensible à travers un tampon poreux, Olzewski détendait ses gaz à partir de pressions initiales énormes,

à travers une soupape; il trouva ainsi, en 1907, pour l’air et l’azote,

que la température d’inversion de l’effet Joule-Thomson décroissait

en même temps que la pression initiale.

Ces résultats ont été critiqués par Hamilton Dickson qui arrive

à la conclusion qu’il y a une différence fondamentale entre les expé-

riences de Joule et Kelvin et celles d’Olzewski, provenant de ce que l’énergie cinétique du gaz qui se détend n’est pas la même avant et après la détente. Les calculs de Dickson ayant été faits en partant

de l’équation d’état de Van der Waals, qui n’est pas correcte au

point de vue quantitatif, l’auteur reprend la question dans le cas de l’hydrogène, en partant cette fois de l’équation d’état empirique

extrêmement générale de Kamerling Onnes

dans laquelle p est exprimé en atmosphères, en prenant pour unité le volume théorique normal, A, B, C, etc., étant des coeffi- cients fonctions de la température calculés à partir des isothermes

expérimentales du gaz. Admettons en outre que deux conditions

expérimentales sont remplies, à savoir : que les énergies cinétiques

du gaz avant et après la détente sont identiques, et que la conducti-

bilité calorifique de l’appareil de détente est nulle : dès lors il suffira

d’exprimer que, F- étant l’énergie intérieure, on a :

On déduit de là la variation de température (T 1 - T 2) de l’hy- drogène détendu jusqu’à la pression atmosphérique dans des condi- tions variées de température et de pression initiales. Les valeurs admises pour les constantes critiques sont pc _ i5 atmosphères et

Tc = 29() absolus. Le tableau suivant donne les températures

(16)

d’inversion de l’hydrogène pour diverses valeurs de p,

-

~2 :

La relation entre la température d’inversion et la chute de pres- sion est pratiquement linéaire. La température d’inversion décroît à mesure que croît la pression initiale, ce qui est exactement le con-

traire du résultat obtenu par Olze~vski. Or, l’azote, l’hydrogène et

l’air obéissent aux lois des états correspondants, leurs tempéra-

tures d’inversion doivent donc obéir aux mêmes lois, ce qui suffit à

montrer que le régime de détente étudiée par Olzewski n’obéit pas

aux restrictions qui ont permis d’écrire l’équation de condition fon- damentale :

Dans la seconde partie de son travail, l’auteur a déterminé expé-

rimentalement l’effet Joule-Kel-win sur l’air à l’aide d’un appareil à

soupape, des précautions spéciales étant prises pour empêcher toute

conductibilité calorifique provenant de la soupape. Dans ces condi-

tions, on observe un excellent accord avec les résultats expérimen-

taux de Joule-Kelvin et avec les calculs faits à partir des iso-

thermes de Kamerlingh réduites aux termes :

J.-D. VAN DER WAALS JUNIOR. - La loi de 11a Ltraction de doublets

électriques.

-

A1’chives Néel’landaises, 2, série, t. XIV, p. 347.

Bien souvent, on a exprimé l’idée que les actions moléculaires sont

d’origine électrique. Une des hypothèses les plus simples que l’on puisse faire, c’est d’imaginer comme Reinganum et Sutherland que les molécules se comportent comme des doublets électriques. Ad-

mettons que ces doublets soient constants, l’auteur cherche quelle

doit être la loi de l’action résultante pour deux doublets séparés par la distance r; il admet : 1° que les molécules sont des doublets élec-

triques à moment constant m ; que la distance moyenne est assez

grande pour que l’on ait à considérer des actions mutuelles qu’entre

(17)

859 deux molécules seulement; 3’ que les vitess es et les accélérations des molécules ont une valeur relative si faible, que l’on peut ad-

mettre que le champ de force électromagnétique des doublets coïn- cide avec le champ électrostat,ique correspondant à leur situation instantanée.

*Dans ces conditions, les considérations statistico-mécaniques de

.

Boltzmann et Gibbs sont immédiatement applicables au problème posé. L’auteur est ainsi conduit pour la force F, qui s’exerce entre

deux molécules séparées par la distance 3°, à la formule :

dans laquelle A, B, C, D, ... sont des constantes dont les expressions

sont connues. On a donc affaire à une attraction qui varie plus rapi-

dement avec la distance que ne le voudrait une proportionnalité à 1 -

r7

JEAN BECQUEREL. - Contribution à la connaissance du phénomène de Zeeman

dans les cristaux.

-

Com7nunications f~°om the_Physi(-al Laboj°ator~ of Leiden,

n° 20.

L’auteur a montré que certainesbandes d’absorption de cristaux

uniaxes se décomposent sous l’action d’un champ magnétique paral-

lèle à l’axe optique et au faisceau lumineux en doublets dont les composantes ne peuvent être totalement supprimées par un analy-

f seur circulaire convenablement orienté. Ce phénomène, trouvé à la température de l’hydrogène liquide par Kamerlingh Onnes et J. Bec- querel, a été retrouvé dans les spectres cannelés d’émission des chlo-

rures et fluorures alcalino-terreux par M. Dufour qui a appelé résidu de polarisation les faibles bandes qui, dans les spectres juxtaposés

de deux vibrations circulaires inverses, paraissent prolonger les composantes principales. M. Jean Becquerel pense que les faibles

bandes, dont la superposition avec les composantes principales

donne une lumière incomplètement polarisée, sont en réalité de

nouvelles composantes absolument distinctes des premières.

En examinant les clichés obtenus à Leyde à l a température de l’hy- drogène liquide par le professeur K. Onnes eului, l’auteura constaté que la raie 6~~ pp de la tysonite donne en réalité un quadruplet

formé par deux doublets polarisés en des sens opposés. Il en est de

(18)

même pour les bandes 487,7 1.1P., 642,3 :J.p., 645, 6 ;;-1J., 655,9 py. du xénotime, les résidus n’occupant pas la même position que les com- posantes principales. °

Pour la bande positive 522,15 tLtL du xénotime, l’expérience refaite

à la température de l’azote liquide bouillant sous la pression atmosphérique et avec des champs magnétiques allant jusqu

24 000 gauss, on voit nettement un décalage entre les composantes

principales et les résidus.

Ainsi il existe des bandes qui donnent à la fois l’effet Zeeman po- sitif et l’effet Zeeman négatif ; cet eiet s’expliquerait dans toutes les

théories actuelles si l’on supposait que des électrons positifs et des élec-

trons négatifs contribuent à la fois à former les bandes en question.

HENRI et JEAN BECQUEREL et H. KAMERLINGH ONNES.- On phosphorescenceat

very low temperatures (Sur la phosphorescence aux très basses tempéra- tures).

-

Cornmicnications (rom tlze Physical Labol’atory of Leiden, 110.

Les sels d’uranyle doivent être regardés comme une classe de

corps absolument distincte des autres substances phosphorescentes.

D’après les recherches de Lecoq de Boisbaudran, Lénard et Klatt,

et Urbain sur les terres rares, les composés sulfurés des terres alca-

lines et les oxydes des métaux terreux, on sait qu’à l’état de pureté parfaite ces substances ne sont pas phosphorescentes et il semble,

commel’a noté le premier Edmond Becquerel, que l’influence d’une

impureté soit nécessaire pour la formation de molécules complexes,

les « centres » de Lénard, lesquelles, contrairement aux molécules des substances pures, ont le pouvoir d’émettre de la lumière.

Il en est tout autrement avec les sels d’uranyle. Ces composés sont toujours phosphorescents, même quand ils sont tout à fait purs, et chacun d’eux est caractérisé par un spectre d’émission spécifique.

Même à la température de l’hydrogène liquide, la quantité de lumière

émise ne change pas d’intensité et elle s’évanouit avec l’illumination.

.

Les sels d’uranyle ne montrent pas de thermoluminescence et il existe

une relation étroite entre leurs spectres d’émission et d’absorption.

On est donc conduit à faire une distinction entre deux espèces de phosphorescences, qui semblent être d’origines différentes : d’une part, celle des terres rares des sulfures alcalins et des oxydes des

métaux terreux; dans ce cas, les électrons qui, sous l’influence pho-

toélectrique de la lumière absorbée, sont projetés par les atomes du

(19)

861 métal dont une petite quantité a été ajoutée à la substance expéri-

mentée retournent à ce métal et sont ainsila cause de la phosphores-

cence ; d’autre part, dans le cas des sels d’uranyle, la cause de la phosphorescence doit être cherchée dans le mouvement des électrons contenus dans l’atome d’uranium lui-même et aussi dans la struc- turedes molécules de la substance. On peut supposer alors, que sous l’influence de la lumière absorbée, les électrons sont projetés d’une partie de l’atome d’uranium versles autres parties où ils restenttem-

porairement, puis reviennent à leur position d’équilibre primitive en produisant alors une émission de lumière phosphorescente.

P. LÉ1 ARD, II. KAMERLINGH ONNES et W.-E, PAULL 2013Thé behaviour of the phosphorescent sulphides of the alkaline earths at various temperatures,

and particularly at very low temperatures (Manière d’être des sulfures phos- phorescents des terres alcalines à diverses températures et particulièrement

aux très basses températures). - Communicati4ns fro~n the Physical Labora- tory of Leiden, ’111.

Dans le travail actuel, qui fait suite au travail de Lénard et Klatt

(1904), les auteurs ont étudié, à la température de l’hydrogène liquide

ou solide, une série de substances phosphorescentes bien définies provenant dos terres alcalines. Le résultat général fut le suivant : les bandes devenaient plus étroites et plus sombres, de telle façon

que les longueurs d’onde de leurs maxima pouvaient être détermi-

nées à basse température dans les circonstances les plus favorables.

Mais il restait des bandes dont l’intensité ne résistait pas à une forte

dispersion et c’est la raison pour laquelle les auteurs ont ajourné la

continuation de leurs expériences dans le champ magnétique.

A chaque bande du spectre de phosphorescence appartiennent

trois phases lesquelles se succèdent dans l’ordre suivant lorsque la température baisse : 1° la phase momentanée supérieure ou phase

de chaleurs la phase permanente; 3° la phase momentanée infé- rieure, ou phase de froid. Dans la dernière phase, les électrons qui,

sous l’influence photo-électrique de la lumière absorbée, sont proje-

tés par les atomes métalliques, sont fixés au voisinage de leur posi-

tion initiale; dans la première phase, la fixation des électrons ne se

produit pas, car ils retournent immédiatement à leur position pre- mière en produisant une émission de lumière ; dans la phase inter- médiaire, quelques-uns des électrons retournent à leur positionpre-

mière et d’autres sont fixés dans le voisinage de celle-ci.

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