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Optimisation de forme d'antennes lentilles intégrées aux ondes millimétriques

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Academic year: 2021

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Frédérique Le Louër

To cite this version:

Frédérique Le Louër. Optimisation de forme d’antennes lentilles intégrées aux ondes millimétriques.

Mathématiques [math]. Université Européenne de Bretagne, 2009. Français. �tel-00421863�

(2)

TH` ESE DE DOCTORAT

Pr´esent´ee par

Fr´ ed´ erique LE LOU¨ ER

pour obtenir le grade de

DOCTEUR DE L’UNIVERSIT´ E DE RENNES 1

Mention Math´ ematiques et Applications Institut de Recherche Math´ematiques de Rennes

Ecole Doctorale ´ Matisse UFR Math´ematiques

Titre de la th`ese:

Optimisation de Forme d’Antennes Lentilles Int´egr´ees aux Ondes

Millim´etriques

soutenue le 25 septembre 2009 devant la commission d’examen:

X. Antoine Professeur `a l’Universit´e de Nancy 1 Rapporteur M. Costabel Professeur `a l’Universit´e de Rennes 1 Directeur J.-C. N´ed´elec Professeur ´em´erite `a l’Universit´e de Rennes 1 Examinateur M. Pierre Professeur `a l’Antenne de Bretagne de l’´ENS Cachan Examinateur

R. Sauleau Maˆıtre de Conf´erence `a l’IETR Examinateur

O. Steinbach Professeur `a l’Universit´e Technique de Graz Rapporteur E. Stephan Professeur `a l’Universit´e Leibniz de Hanovre Examinateur

IRMAR, UMR 6625 du CNRS

Universit´e de Rennes 1

(3)
(4)
(5)
(6)

Je tiens `a exprimer toute ma reconnaissance `a mon directeur de th`ese Martin Costabel pour m’avoir fait confiance et m’avoir donn´e la chance de travailler sous sa direction sur des sujets passionnants. Je le remercie pour tout ce qu’il m’a appris durant ces trois derni`eres ann´ees, sa disponibilit´e, ses encouragements et ses nom- breux conseils, en toutes circonstances.

Je remercie Roland Potthast pour toutes les discussions que nous avons eues lors de ses nombreuses visites `a Rennes.

Je remercie chaleureusement Xavier Antoine et Olaf Steinbach d’avoir accept´e de rapporter mon travail. Je remercie ´egalement Michel Pierre, Jean-Claude N´ed´elec et Ronan Sauleau de me faire l’honneur d’ˆetre membres de mon jury.

Ces trois derni`eres ann´ees j’ai profit´e des conditions de travail excellentes et de l’ambiance tr`es sympathique de l’IRMAR et plus pr´ecis´ement de l’´equipe d’analyse num´erique. Je remercie Monique et Eric pour leurs int´erˆets envers mon travail et leurs encouragements incessants.

Quelques pens´ees pour tous ceux dont j’ai crois´e la route durant ces ann´ees et en particulier pour les quelques doctorants avec qui j’ai sympathis´e : Maher, Victor, Thomas, Adrien, Ludovic, Dorian...

Je remercie affectueusement ma famille. En particulier ma m`ere, ma soeur, qui m’ont constamment soutenue.

Enfin, mes derniers remerciements, sans doute les plus profonds, sont pour Chris-

tian.

(7)
(8)

Remerciements i

Introduction 1

Notations 9

I Equations int´ ´ egrales de fronti` ere 11

1 Diffraction d’ondes ´ electromagn´ etiques par un di´ electrique 13

1.1 Introduction . . . 13

1.2 Traces et espaces de Sobolev . . . 15

1.2.1 Notations et d´efinitions . . . 16

1.2.2 Un peu de g´eom´etrie diff´erentielle . . . 18

1.2.3 Les espaces H(rot, Ω) et H(div, Ω) . . . 20

1.2.4 D´ecomposition de Helmholtz . . . 22

1.3 Conditions de transmission . . . 23

1.4 Condition de rayonnement et th´eor`eme de Rellich . . . 23

1.5 Formule de Stratton-Chu et champ lointain . . . 24

1.6 Existence et unicit´e de la solution . . . 26

2 Th´ eorie du potentiel 29 2.1 Introduction . . . 29

2.2 Op´erateurs int´egraux de noyaux pseudo-homog`enes . . . 29

2.3 Op´erateurs de potentiels ´electromagn´etiques . . . 31

2.3.1 D´efinitions et premi`eres propri´et´es . . . 31

2.3.2 Relations de sauts . . . 33

2.3.3 Les op´erateurs int´egraux de fronti`ere . . . 35

3 Repr´ esentation int´ egrale de la solution 41 3.1 Introduction . . . 41

3.2 Equations int´egrales de fronti`ere : m´ethodes de Kleinman-Martin ´ . . 42

3.2.1 Ansatz sur le champ ext´erieur . . . 42

3.2.2 Ansatz sur le champ int´erieur . . . 50

(9)

4 Simulations num´ eriques 57

4.1 Introduction . . . 57

4.2 Sch´ema num´erique . . . 58

4.2.1 Quelques formules . . . 60

4.3 Cas de la sph`ere di´electrique . . . 61

4.3.1 Solution exacte du probl`eme de diffraction di´electrique . . . . 61

4.3.2 Convergence de la m´ethode . . . 64

4.3.3 A propos des fr´equences irr´eguli`eres . . . 66 `

4.4 Cas du cube di´electrique . . . 68

4.4.1 Convergence de la m´ethode . . . 68

4.4.2 A propos des fr´equences irr´eguli`eres . . . 70 `

II Optimisation de forme 75 5 D´ eriv´ ees de forme de la solution du probl` eme de diffraction 77 5.1 Introduction . . . 77

5.1.1 Difficult´es . . . 80

5.1.2 Alternative : utilisation de la d´ecomposition de Helmholtz . . 82

5.2 Diff´erentiabilit´e dans les espaces de Fr´echet . . . 86

5.2.1 D´efinitions et propri´et´es . . . 86

5.2.2 Quelques d´eriv´ees de forme classiques . . . 88

5.3 D´eriv´ees de forme d’un op´erateur int´egral de noyau pseudo-homog`ene 90 5.4 D´eriv´ees de forme des op´erateurs diff´erentiels surfaciques . . . 97

5.5 D´erivabilit´e par rapport au domaine de la solution . . . 101

5.5.1 Caract´erisation de la d´eriv´ee premi`ere . . . 105

5.6 D´eriv´ees de forme du champ lointain . . . 109

6 Le probl` eme d’optimisation de forme 113 6.1 Introduction . . . 113

6.2 Algorithmes d’optimisation de forme . . . 115

6.2.1 Une m´ethode de gradient . . . 115

6.2.2 Autre m´ethode de descente . . . 118

7 Simulations num´ eriques 121 7.1 Introduction . . . 121

7.2 Sch´ema num´erique . . . 121

7.2.1 D´eriv´ees de forme des op´erateurs int´egraux surfaciques . . . . 122

7.2.2 Composante tangentielle des d´eriv´ees normales des op´erateurs de potentiels . . . 123

7.3 R´esultats num´eriques . . . 124

7.3.1 Sur le calcul des d´eriv´ees de forme du champ lointain . . . 124

(10)

Conclusion et perspectives 141 A Th´ eorie de Mie pour les ´ equations de Maxwell 143 A.1 Solutions harmoniques des ´equations de Helmholtz . . . 144 A.2 Solutions harmoniques des ´equations de Maxwell . . . 145 A.3 D´eveloppement en s´erie Mie des op´erateurs int´egraux surfaciques . . . 147

Bibliographie 149

(11)
(12)

Les antennes lentilles int´ egr´ ees

Les antennes lentilles sont des dispositifs ayant pour support les ondes ´electromagn´e- tiques et dont le fonctionnement peut ˆetre assimil´e `a celui des syst`emes de focali- sation en optique, c’est pourquoi le nom de

!

lentille

"

a ´et´e choisi. La structure de ces antennes est toujours compos´ee d’une source primaire et d’au moins une len- tille di´electrique. Le rˆole de la lentille est d’augmenter la directivit´e de la source ou de modifier la forme de son rayonnement pour obtenir un profil de rayonnement souhait´e. La d´enomination

!

antenne lentille

"

est utilis´ee g´en´eralement dans le cas o` u la lentille est s´epar´ee de la source primaire. Le terme

!

lentille int´egr´ee

"

d´esigne les antennes dont la lentille est en contact direct avec la source. On dis- tingue deux types de lentilles : les lentilles homog`enes et les lentilles inhomog`enes.

Les lentilles homog`enes sont constitu´ees de mat´eriaux non conducteurs qui ne sont pas magn´etiquement actifs, leur caract`ere di´electrique ´etant donc d´ecrit par une permittivit´e ´electrique diff´erente de celle de l’espace ambiant. Les lentilles inho- mog`enes s’appuient sur une loi de variation de l’indice de r´efraction (par des in- clusions di´electriques ou m´etalliques dans une lentille homog`ene) pour focaliser le rayonnement.

(a) (b) (c) (d)

R R

d h

Configurations usuelles d’antennes lentilles d’indice n

r

[18].

(a) h´emisph`ere ; (b) ellipse ; (c) hyperh´emisph`ere ; (d) h´emisph`ere ´etendu.

(13)

sph´erique de la lentille ;

(b) la lentille elliptique : la source primaire est situ´ee au second foyer de l’ellipse.

Pour que les rayons incidents forment un faisceau de rayons parall`eles en sortie il est pr´ef´erable d’utiliser ce type de lentille.

(c) la lentille hyperh´emisph´erique : il s’agit d’une sph`ere de rayon R coup´ee selon un plan situ´e `a une distance d = R

n

r

de son centre ;

(d) la lentille h´emisph´erique ´etendue : elle est constitu´ee d’une demi-boule di´electrique de rayon R et d’indice n

r

associ´ee `a une partie cylindrique de mˆeme indice et de hauteur h. Lorsque h = R

n

r

elle se comporte comme la lentille hyperh´emisph´erique.

Avec ce type de lentille la forme du diagramme en rayonnement se rapproche d’une gaussienne. La gaussicit´e des diagrammes obtenus peut atteindre les 90%.

Synth` ese de forme d’antennes lentilles

La mont´ee en importance r´ecente d’applications en ondes millim´etriques telles que les syst`emes de communication de proximit´e, les communications multimedia par satel- lites ou la s´ecurit´e automobile (radars d’assistance ou d’aide `a la conduite) n´ecessite la construction d’antennes lentilles de quelques centim`etres seulement (de une `a dix longueurs d’ondes). Celles-ci doivent r´epondre `a des cahiers des charges sp´ecifiques qui d´ependent des applications vis´ees. L’une des probl´ematiques `a r´esoudre consiste

`a d´eterminer la forme optimale de la lentille 3D ´etant donn´ees : (i) les caract´eristiques de la source primaire,

(ii) les caract´eristiques en rayonnement fix´ees.

Les lentilles pr´esent´ees ci-dessus ont des formes simples mais certaines applications n´ecessitent des diagrammes de rayonnement que ces lentilles ne peuvent pas satis- faire. Des exemples typiques de diagrammes de rayonnement d´esir´es sont des dia- grammes gaussiens asym´etriques ou des diagrammes sectoriels.

Depuis quelques ann´ees des travaux de recherche sont men´es au sein de l’´equipe An-

tennes et Hyperfr´equences de l’Institut d’´ Electronique et des T´el´ecommunications de

Rennes (IETR) afin de mettre au point des m´ethodes de synth`ese de forme efficaces

appliqu´ees `a la conception d’antennes lentilles. Les m´ethodes actuelles d’optimisa-

tion reposent sur une formulation asymptotique du probl`eme (passage `a la limite

z´ero pour la longueur d’onde) coupl´ee `a des algorithmes d’optimisation de forme

locale ou globale :

(14)

(ii) formulation par optique g´eom´etrique et optique physique et optimisation par algorithme g´en´etique, th`ese de G. Godi [18] `a l’IETR.

Exemple de lentille synth´etis´ee par gradient conjugu´e en vue de l’obtention d’un diagramme gaussien [10].

(a) (b)

Exemples de lentilles synth´etis´ees par algorithme g´en´etique [18].

(a) diagramme gaussien, (b) diagramme sectoriel.

Cependant, dans les situations r´ealistes, on est loin des fr´equences infinies. Quelques

travaux r´ecents mentionnent aussi l’utilisation d’une formulation int´egrale du probl`e-

(15)

lyse Num´erique de l’Institut de Recherche Math´ematique de Rennes (IRMAR) et l’´equipe Antennes et Hyperfr´equence de l’IETR et vise, d’une part, `a construire des mod`eles math´ematiques et num´eriques plus pr´ecis et efficaces en utilisant une formulation int´egrale du probl`eme 3-D et, d’autre part, `a d´evelopper de nouveaux outils d’optimisation de forme. Une premi`ere th`ese sur la premi`ere partie de ce pro- jet a ´et´e effectu´ee par E. H. Kone en utilisant des m´ethodes d’´equations int´egrales volumiques [27]. Ici nous utilisons une approche par ´equations int´egrales surfaciques.

Cette th`ese se compose de deux parties. Dans la premi`ere partie nous construisons plusieurs formulations int´egrales pour le probl`eme de rayonnement de l’antenne len- tille. La seconde partie est d´edi´ee au probl`eme d’optimisation de forme.

Mod` ele math´ ematique du probl` eme physique

Dans cette th`ese nous consid´erons uniquement des lentilles homog`enes form´ees d’une seule couche di´electrique. Dans ce cas le probl`eme de rayonnement de l’antenne lentille est d´ecrit par les ´equations de Maxwell harmoniques en temps dans l’espace entier, la lentille di´electrique ´etant repr´esent´ee par un domaine Ω de permittivit´e

´electrique diff´erente de celle de l’espace ambiant. Il s’agit du probl`eme de diffraction d’ondes ´electromagn´etiques par une interface avec des conditions de transmissions naturelles sur la surface de la lentille. En pratique on ne consid`ere pas de mat´eriaux magn´etiquement actifs (c’est-`a dire que la perm´eabilit´e magn´etique est suppos´ee constante ´egale `a la perm´eabilit´e du vide dans l’espace entier) et on ne consid`ere pas non plus de mat´eriaux conducteurs. Pour se placer dans un cadre plus g´en´eral nous consid´erons ici des constantes di´electriques quelconques. Le syst`eme de Maxwell en r´egime harmonique s’´ecrit

! rot E iωµH = 0, rot H + iω"E = σE + J,

o` u les constantes positives ω, µ, " et σ repr´esentent respectivement la fr´equence,

la perm´eabilit´e magn´etique, la permittivit´e ´electrique et la conductivit´e et o` u J

repr´esente la partie rayonnante de l’antenne. ` A ces ´equations s’ajoutent des condi-

tions sur la surface de discontinuit´e de " et µ : les composantes tangentielles des

champs ´electriques E et magn´etiques H sont continues. On compl`ete les hypoth`eses

par la condition de rayonnement de Silver-M¨ uller `a l’infini et par la condition que

la densit´e de courant J est de divergence nulle et s’annule en dehors d’un compact

disjoint de Ω. ´ Etant donn´ee la densit´e de courant J, on sait que ce probl`eme de

diffraction admet une unique solution pour toute fr´equence r´eelle (voir [8],[31], ou

le chapitre 1).

(16)

Dans la premi`ere partie de cette th`ese nous voulons d´eterminer la solution de ce probl`eme de diffraction en utilisant les m´ethodes d’´equations int´egrales de fronti`eres.

Plus pr´ecis´ement nous voulons r´esoudre le probl`eme de diffraction di´electrique en utilisant une seule ´equation int´egrale de fronti`ere `a une inconnue. La litt´erature math´ematique est abondante en articles sur la r´esolution de probl`emes aux li- mites int´erieurs ou ext´erieurs li´es aux ´equations de Maxwell en utilisant une simple

´equation int´egrale `a une inconnue [7, 12, 41] ; dans le cas du di´electrique un syst`eme de deux ´equations est g´en´eralement utilis´e [8, 15, 31]. Cependant R. E. Kleinman et P. A. Martin pr´esentent dans [26] deux m´ethodes pour r´esoudre le probl`eme cor- respondant en acoustique. Ici nous appliquons et analysons ces m´ethodes au cas

´electromagn´etique.

Dans le cas scalaire, l’id´ee consiste `a consid´erer diff´erentes repr´esentations int´egrales de la solution en utilisant diverses combinaisons du potentiel de simple couche et du potentiel de double couche. La premi`ere m´ethode consiste `a repr´esenter la solution

`a l’ext´erieur du domaine par une combinaison lin´eaire des op´erateurs de potentiels appliqu´es `a une mˆeme densit´e et en faisant intervenir des param`etres qui permettent de d´eplacer le spectre des fr´equences parasites. En ´electromagn´etisme, cela ne suffit pas `a ´eviter les fr´equences irr´eguli`eres. Plusieurs m´ethodes existent pour contour- ner cette difficult´e. Notre approche consiste `a modifier la repr´esentation int´egrale de la solution en multipliant l’un des op´erateurs de potentiels ´electromagn´etiques par un op´erateur int´egral surfacique elliptique et inversible introduit par O. Stein- bach et M. Windish dans un autre contexte [41]. De cette fa¸con, nous construisons deux ´equations int´egrales de fronti`ere alternatives. L’unicit´e de la solution de ces

´equations d´epend de l’existence de valeurs propres d’un nouveau probl`eme aux li- mites int´erieur qui agit comme un probl`eme d’imp´edance. Contrairement au cas acoustique, les deux ´equations int´egrales ne sont pas des ´equations int´egrales de Fredholm de seconde esp`ece, mais les op´erateurs correspondants sont de Fredholm d’indice z´ero sur l’espace H

×12

(div

Γ

, Γ). Finalement on montre que les op´erateurs d´efinissent des isomorphismes pour toute la plage des fr´equences r´eelles selon un choix ad´equat des param`etres introduits. La seconde m´ethode, dans le cas scalaire, repose sur l’hypoth`ese que la solution peut ˆetre repr´esent´ee `a l’int´erieur du domaine soit par un potentiel de simple couche, soit par un potentiel de double couche. L`a encore on construit deux ´equations int´egrales de fronti`ere. Cette m´ethode s’applique directement au cas ´electromagn´etique. Les ´equations int´egrales ainsi construites sont les formes adjointes des ´equations int´egrales obtenues avec la premi`ere m´ethode.

Cette analyse est pr´esent´ee au chapitre 3 et utilise de nombreux r´esultats rassembl´es

aux chapitre 1 et 2 sur les ´equations de Maxwell harmoniques et la th´eorie du poten-

tiel en ´electromagn´etisme dans les espaces de Sobolev qui sont ´egalement ´enonc´es et

prouv´es dans la liste non exhaustive d’ouvrages et d’articles [3, 4, 8, 9, 13, 16, 30,

31]. Au chapitre 4 nous pr´esentons plusieurs exp´eriences num´eriques illustrant les

diff´erentes propri´et´es de ces ´equations int´egrales. Les calculs num´eriques ont ´et´e ef-

(17)

langage de programmation MATLAB et d´edi´ee `a la r´esolution d’´equations int´egrales surfaciques et de probl`emes inverses acoustiques et ´electromagn´etiques.

Partie II : Optimisation de forme

Une quantit´e importante est le comportement asymptotique `a l’infini du champ

´electromagn´etique diffract´e par la lentille, E

x) = lim

|x|→∞

E(x)

G(κ, | x | ) , avec G(κ, | x | ) = e

iκ|x|

| x | et ˆ x = x

| x | .

La fonction E

, d´efinie sur la sph`ere unit´e S

2

, est appel´ee profil de rayonnement, ou aussi champ lointain. Elle d´ecrit une modulation angulaire de l’onde sph´erique uniforme G(κ, | · | ) rayonn´ee par une source fictive situ´ee `a l’origine. Ce profil de rayonnement est le seul vestige laiss´e `a l’infini par la g´eom´etrie de l’antenne et la structure du diffracteur di´electrique. Il sert comme point de d´epart `a toute m´ethode de diffraction inverse (par exemple la d´etection de radar) o` u on veut d´eterminer la forme du diffracteur `a partir d’observations lointaines. Pour nous, le profil de rayonnement est la quantit´e que nous voulons optimiser en modifiant la forme de la lentille. On se donne un profil id´eal I

et on cherche `a minimiser la fonction coˆ ut quadratique

J(Ω) =

"

S2

ω(ˆ x) | E

x) I

x) |

2

dσ(ˆ x),

o` u ω est un poids. Des exemples pratiques de tels profils id´eaux I

sont des fonc- tions d’amplitude constante sur un ensemble de directions qui correspond `a une zone qu’on souhaite illuminer par le rayonnement de l’antenne, et z´ero en dehors de cet ensemble. Les cas extrˆemes qui peuvent ˆetre int´eressants sont le rayonnement uniforme correspondant `a une fonction I

d’amplitude uniforme sur toute la sph`ere lointaine, ou au contraire la focalisation ´etroite correspondant `a des fonctions I

concentr´ees autour d’une seule direction.

En dimension finie, les m´ethodes classiques utilis´ees pour d´eterminer num´eriquement

le minimum d’une fonction coˆ ut F : R

n

"→ R

+

sont la m´ethode de Newton qui fait

intervenir la Hessienne de F et les m´ethodes de descentes de type gradient qui

n´ecessitent le calcul des d´eriv´ees premi`eres de F `a chaque it´eration. Ces m´ethodes

se prolongent aux fonctionnelles de forme. Par cons´equent nous devons disposer

d’une forme explicite des d´eriv´ees de forme de la fonctionnelle J. Cette fonction

coˆ ut d´epend du domaine Ω par l’interm´ediaire de la solution E du probl`eme de dif-

fraction. La seconde partie de cette th`ese d´ebute avec l’´etude de la d´erivabilit´e de

la solution du probl`eme de diffraction par rapport `a l’obstacle di´electrique Ω. C’est

une question assez difficile `a traiter. Tout d’abord les outils standards de calcul

(18)

forme. Une approche satisfaisante consiste `a repr´esenter les variations du domaine Ω par un espace de fonctions. On consid`ere des variations g´en´er´ees par des transfor- mations des points x de l’espace de type

x "→ x + r(x),

o` u r est une fonction vectorielle d´efinie (au moins) au voisinage du bord Γ de Ω. Cette transformation d´eforme la surface Γ en la surface Γ

r

= (I +r)Γ d’un domaine Ω

r

. Ce point de vue nous permet de d´efinir des d´eriv´ees directionnelles. On se ram`ene alors

`a l’´etude de la diff´erentiabilit´e au sens de Gˆateaux de l’application r "→ E

(Ω

r

).

x Γ Ω x + r(x) Γ

r

Mˆeme si aujourd’hui de nombreux travaux ont ´et´e effectu´es sur le calcul de variations

de forme [19, 32, 33, 39, 40], dans le cadre des ´equations int´egrales surfaciques, la

litt´erature math´ematique n’est pas tr`es ´etendue. Nous nous sommes principalement

inspir´ee des travaux que R. Potthast a r´ealis´es pendant sa th`ese [37] il y a une

dizaine d’ann´ees o` u il a ´etudi´e les d´eriv´ees de forme des solutions de probl`emes

aux limites li´es aux ´equations de Helmholtz et de Maxwell mais dans les espaces de

fonctions continues [34, 36, 35]. Il s’agit d’utiliser la repr´esentation int´egrale de la

solution pour se ramener `a l’´etude des d´eriv´ees de forme des op´erateurs int´egraux

de fronti`eres standard en ´electromagn´etisme tridimensionnel. Nous sommes alors

confront´es `a deux autres difficult´es : d’une part, pour pouvoir construire des d´eriv´ees

de forme de la solution, il est n´ecessaire de montrer que les d´eriv´ees sont d´efinies

sur les mˆemes espaces que les op´erateurs int´egraux surfaciques eux-mˆemes, `a savoir

l’espace de Hilbert H

×12

(div

Γ

, Γ) ; d’autre part, la d´efinition de d´erivabilit´e pour des

op´erateurs d´efinis sur H

×12

(div

Γ

, Γ) soul`eve des questions non triviales : en effet,

comment d´eriver des applications r "→ f(r) o` u f (r) est d´efini sur l’espace variable

H

×12

(div

Γr

, Γ

r

) ? Pour contourner cette difficult´e R. Potthast propose dans [35] une

alternative pour les espaces de fonctions continues, qui ne se g´en´eralise toutefois

pas `a l’espace H

×12

(div

Γ

, Γ). Notre approche consiste `a utiliser la d´ecomposition de

(19)

H

×

(div

Γ

, Γ) =

Γ

H (Γ) rot

Γ

H (Γ).

On se ram`ene alors `a l’´etude des d´eriv´ees de forme d’une classe d’op´erateurs int´egraux pseudo-diff´erentiels classiques et d’un bon nombre des op´erateurs diff´erentiels sur- faciques sur les espaces de Sobolev standards. Pour cette ´etude nous avons utilis´e

´egalement quelques r´esultats sur la d´erivabilit´e d’une int´egrale sur le bord qui sont

´enonc´es dans le livre de M. Pierre et A. Henrot [32]. Nous montrons alors que les d´eriv´ees de forme des op´erateurs int´egraux de fronti`eres et celles des op´erateurs diff´erentiels surfaciques ne perdent pas de r´egularit´e. Nous donnons ´egalement une forme explicite de leurs d´eriv´ees de forme. Grˆace aux propri´et´es de d´erivation stan- dard nous en d´eduisons une forme explicite des d´eriv´ees de forme de la solution.

Nous donnons aussi une caract´erisation de la premi`ere d´eriv´ee : c’est la solution d’un nouveau probl`eme aux limites. Nous avons donc deux possibilit´es pour calculer les d´eriv´ees de forme de la solution et du champ lointain. Cette analyse est pr´esent´ee au chapitre 5.

Une fois qu’on dispose des d´eriv´ees de forme du champ lointain, on peut construire

un algorithme d’optimisation de la forme du diffracteur di´electrique en vue de l’ob-

tention d’un profil de rayonnement souhait´e. Ici nous avons mis en œuvre deux

m´ethodes de descente pour la fonction coˆ ut J (dans les limites de la capacit´e de

calcul du logiciel utilis´e). Elles sont d´ecrites au chapitre 6. Les r´esultats num´eriques

sont pr´esent´es au chapitre 7.

(20)

S ( R

d

), 15 M

κ

, 35

S

&

( R

d

),15 C

κ

, 35

H

s

(Ω), 16 C

0

, 36

H

sloc

(Ω

c

), 16 S

κ

, 36

C

(Γ), 17 V

κ

, 31

H

s

(Γ), 17 T

κ

, 36

H

s×

(Γ), 18 B

κ

, 36

H

s

(rot, Ω), 21 D

κ

, 36

H

s

(div, Ω), 21 Ψ

κ

, 31

H

s×

(Γ, div

Γ

), 20 Ψ

Eκ

, 32

H

s×

(Γ, rot

Γ

), 20 Ψ

Eκ

, 32

γ

d

, 17 Y

nm

, 61, 121

γ

n

, 17 γ

D

, 17 γ

N

, 17

Γ

, 18 rot

Γ

, 19 div

Γ

, 18 rot

Γ

, 19

Γ

, 19

H

Γ

, 19

R

Γ

, 19

(21)
(22)

Equations int´ ´ egrales de fronti` ere

(23)
(24)

Diffraction d’ondes

´ electromagn´ etiques par un di´ electrique

1.1 Introduction

Consid´erons la diffraction d’ondes ´electromagn´etiques par un obstacle born´e Ω de R

3

soumis `a une onde incidente connue. Les ondes ´electromagn´etiques sont d´efinies par le champ ´electrique E et le champ magn´etique H en tout point x de l’espace R

3

. En milieu di´electrique, isotrope et lin´eaire caract´eris´e par la perm´eabilit´e magn´etique µ, la permittivit´e ´electrique ", la conductivit´e σ et la densit´e de courant J , les lois de propagations des ondes ´electromagn´etiques sont d´ecrites par le syst`eme de Maxwell :

 

 

rot H " E

∂t = σ E + J ,

H

∂t + rot E = 0.

On suppose que les ondes ´electromagn´etiques oscillent avec une seule fr´equence ω, on peut ´ecrire :

E (x, t) = & (

E(x)e

−iωt

)

, H (x, t) = & (

H(x)e

−iωt

)

et J (x, t) = & (

J(x)e

−iωt

) . Les champs E et H sont alors solutions des ´equations de Maxwell harmoniques :

(1.1) rot H + iω"E = σE + J,

rot E iωµH = 0.

En g´en´eral, pour r´esoudre les ´equations de Maxwell harmoniques on se ram`ene `a une ´equation du second ordre en ´eliminant l’inconnue H. On a

(1.2) rot rot E κ

2

E = F

(25)

o` u F = iωµJ et κ est le nombre d’onde d´efini par

* κ

2

= +

" + i σ ω

, µω

2

, ' (κ) 0.

On retrouve H en utilisant l’´egalit´e H = 1

iωµ rot E.

Dans la suite nous utiliserons l’´equation (1.2) au lieu des ´equations de Maxwell du premier ordre.

E

inc

H

inc

"

i

, µ

i

κ

i

"

e

, µ

e

, κ

e

Γ

n

E s , H s E i , H i

antenne

lentille di´electrique

On note Ω

c

le compl´ementaire R

3

\ Ω. La permittivit´e ´electrique " et la perm´eabilit´e magn´etique µ sont strictement positives et constantes `a l’int´erieur et `a l’ext´erieur de Ω. La conductivit´e σ est positive ou nulle. On pose "

i

= "

|

, µ

i

= µ

|

et κ

i

= κ

|

,

"

e

= "

|c

, µ

e

= µ

|c

et κ

e

= κ

|c

. Le champ ´electrique incident E

inc

et le champ magn´etique incident H

inc

sont suppos´es satisfaire les ´equations de Maxwell (1.1) en l’absence du diffracteur di´electrique. Par cons´equent, le champ E

inc

satisfait

rot rot E

inc

κ

2e

E

inc

= F dans R

3

.

On suppose que la fonction F s’annule en dehors d’un compact disjoint de Ω. Par cons´equent E

inc

satisfait l’´equation de Maxwell homog`ene

rot rot E

inc

κ

2e

E

inc

= 0.

(26)

dans un domaine born´e de R

3

incluant Ω.

On pose E

i

= E

|

et E

tot

= E

|c

. Le champ total `a l’ext´erieur E

tot

se d´ecompose en la somme du champ incident E

inc

et du champ diffract´e E

s

. Finalement, on a : (1.3)

! rot rot E

i

κ

2i

E

i

= 0 dans Ω, rot rot E

s

κ

2e

E

s

= 0 dans Ω

c

.

On note ´egalement H

i

le champ magn´etique induit `a l’int´erieur de Ω et H

tot

le champ magn´etique total `a l’ext´erieur.

Dans la section 1.2 nous introduisons les espaces de solutions appropri´es et rappe- lons les propri´et´es des traces correspondantes. Afin d’obtenir une unique solution de ce probl`eme de diffraction nous devons compl´eter les ´equations de Maxwell par des conditions de transmissions sur l’interface qui s´epare les milieux di´electriques et par la condition de rayonnement de Silver-M¨ uller `a l’infini. Les conditions de transmis- sions garantissent la continuit´e de la solution `a travers la surface Γ du diffracteur di´electrique. Nous les rappelons en section 1.3. La condition de Silver-M¨ uller assure que la solution se disperse `a l’infini. Elle permet notamment d’´etablir des crit`eres d’unicit´e des solutions de probl`emes aux limites ext´erieur. Nous en discutons en section 1.4. En section 1.5, nous rappelons la formule de Stratton Shu qui permet de donner une repr´esentation int´egrale de la solution connaissant ses traces sur la surface du di´electrique Γ. Nous introduisons ´egalement la quantit´e qui nous int´eresse dans cette th`ese `a savoir le profil de rayonnement de la solution. Enfin en section 1.6 nous ´etablissons l’existence et l’unicit´e de la solution.

Pour les preuves des r´esultats ´enonc´es dans ce chapitre nous renvoyons le lecteur aux livres [3, 4, 8, 9, 13, 16, 30, 31].

1.2 Traces et espaces de Sobolev

Pour un entier d 1, on note S ( R

d

) l’ensemble des fonctions infiniment diff´erentiables et `a d´ecroissance rapide `a l’infini et S

&

( R

d

) l’ensemble des distributions temp´er´ees.

Pour s R , on d´efinit l’espace de Sobolev sur R

d

d’ordre s par H

s

( R

d

) =

!

u ∈ S

&

( R

d

),

"

Rd

( 1 + | ξ |

2

)

s

| u(ξ) ˆ |

2

dξ < + -

o` u ˆ u d´esigne la transform´ee de Fourier de u. C’est un espace de Banach pour la norme

|| u ||

2Hs(Rd)

=

"

Rd

( 1 + | ξ |

2

)

s

| u(ξ) ˆ |

2

dξ.

Soit K un compact de R

d

. Pour k N , l’espace C

k

(K) des fonctions k-fois continˆ ument diff´erentiables sur K est un espace de Banach pour la norme

|| u ||

Ck(K)

= .

|α|≤k

sup

x∈K

|

α

u(x) | .

(27)

L’espace des fonctions infiniment diff´erentiables sur K not´e C

(K) est un espace de Fr´echet pour les semi-normes p

k

(u) = || u ||

Ck(K)

pour k = 0, 1, . . . Soit G un domaine non born´e de R

d

qui est une r´eunion croissante pour l’inclusion de compact K

i

o` u i = 0, 1, . . . Alors C

(G) est un espace de Fr´echet pour les semi-normes p

i

(u) = || u ||

Ci(Ki)

. La topologie naturelle sur ces espaces est celle de la convergence uniforme des d´eriv´ees de tout ordre. On note enfin C

c

(G) l’espace des fonctions dans C

(G) et `a support compact.

1.2.1 Notations et d´ efinitions

Soit Ω un domaine born´e de R

3

, simplement connexe et de fronti`ere Γ infiniment diff´erentiable. Pour s > 0, on d´efinit l’espace de Sobolev sur Ω d’ordre s par

H

s

(Ω) = /

u L

2

(Ω), u = v

|

avec v H

s

( R

3

) 0 . C’est un espace de Banach pour la norme

|| u ||

Hs(Ω)

= inf

vHs(Rd)

/ || v ||

Hs(Rd)

, u = v

|

0 .

On d´efinit les espaces localement de Sobolev d’ordre s sur l’ensemble non born´e Ω

c

par

u H

locs

(Ω

c

) u H

s

(K ) pour tout compact K

c

.

On d´efinit de la mˆeme fa¸con H

locs

( R

3

). Un domaine de R

3

´etant une r´eunion d´enombra- ble de compact (K

i

)

i∈N

, les espaces localement de Sobolev sont des espaces de Fr´echet pour les semi-normes p

i

(u) = || u ||

Hs(Ki)

sur chaque compacts K

i

, o` u i = 1, . . .

c

ψ

−1i

ψ

i

x

3

0

x

3

0 B

1

∩ O

i

c

∩ O

i

Γ

Carte locale.

(28)

La surface Γ ´etant compacte elle admet un recouvrement ouvert fini ( O

i

)

i∈{1,...,p}

. Puisque la surface Γ est r´eguli`ere il existe un diff´eomorphisme ψ

i

de classe C

qui envoie O

i

sur la boule unit´e B

1

de R

3

et tel que

 

 

ψ

i1

∩ O

i

) = B

1

R

2

× { 0 } , ψ

i1

(Ω ∩ O

i

) = B

1

R

2

× ] − ∞ ; 0[, ψ

i1

(Ω

c

∩ O

i

) = B

1

R

2

× ]0; + [.

Au recouvrement ouvert de Γ on associe une partition de l’unit´e (λ

i

)

i∈{1,...,p}

telle que λ

i

C

c

( O

i

), λ

i

0 pour i = 1, . . . , p avec

1

p i=1

λ

i

= 1 sur un voisinage de Γ.

Pour k N on dit qu’une fonction u d´efinie sur Γ est dans C

k

(Γ) si pour i = 1, . . . , p on a (λ

i

u) ψ

i

C

ck

( R

2

) (on prolonge par z´ero en dehors du plan ´equatorial de B

1

).

On d´efinit une norme sur C

k

(Γ) par :

|| u ||

2Ck(Γ)

= .

p

i=1

||

i

u) ψ

i

||

2Cck(R2)

.

Muni de cette norme l’espace C

k

(Γ) est un espace de Banach. Maintenant on pose C

(Γ) = 2

k0

C

k

(Γ). Muni des semi-normes p

k

(u) = || u ||

Ck(Γ)

pour k 0, l’espace C

(Γ) est un espace de Fr´echet.

Pour s R , on dit qu’une fonction u d´efinit sur Γ est dans H

s

(Γ) si pour tout i = 1, . . . , p on a (λ

i

u) ψ

i

H

s

( R

2

) et on d´efinit une norme sur H

s

(Γ) par :

|| u ||

2Hs(Γ)

= .

p

i=1

||

i

u) ψ

i

||

2Hs(R2)

.

L’espace dual de H

s

(Γ) pour le produit scalaire usuel de L

2

(Γ) est H

−s

(Γ) et on note 0 , 1

s,Γ

le produit de dualit´e sur ces espaces. On pose H

s

(Γ) = (H

s

(Γ))

3

, H

s

(Ω) = (H

s

(Ω))

3

, H

sloc

(Ω

c

) = (H

locs

(Ω

c

))

3

et H

sloc

( R

3

) = (H

locs

( R

3

))

3

. On note n le vecteur normal unitaire de Ω dirig´e vers l’ext´erieur et l’´el´ement d’aire sur la surface Γ.

D´ efinition 1.2.1 Soient v C

( Ω )

et soit u ( C

(

Ω ))

3

on d´efinit les traces : γ

d

v := v

(trace de Dirichlet scalaire),

γ

n

v :=

n v = n · ( v)

|Γ

(trace de Neumann scalaire), γ

D

u := n × u

|Γ

(trace de Dirichlet vectorielle), γ

Nκ

u := κ

1

n × (rot u)

|

Γ

(trace de Neumann vectorielle).

Pour v C

c

( Ω

c

)

et u ( C

c

(

c

))

3

, on d´efinit les traces ext´erieures γ

dc

, γ

nc

, γ

Dc

et γ

Ncκ

de la mˆeme fa¸con.

(29)

Lemme 1.2.2 Soit s R

+

. Les traces γ

d

et γ

n

se prolongent en des applications lin´eaires et continues de H

s

(Ω) H

s

(Ω

c

) et H

s+1

(Ω) H

s+1loc

(Ω

c

) respectivement dans H

s−12

(Γ).

D´ efinition 1.2.3 On introduit l’espace de Hilbert H

s×

(Γ) := γ

D

(H

s+12

(Ω)) muni de la norme graphe

|| u ||

Hs×(Γ)

= inf

v∈Hs+ 12(Ω)

{|| v ||

Hs+ 12(Ω)

tel que γ

D

v = u }

qui rend l’application γ

D

: H

s+12

(Ω) H

s×

(Γ) continue et surjective. Son espace dual pour le produit scalaire de L

2

(Γ) est not´e H

−s×

(Γ).

1.2.2 Un peu de g´ eom´ etrie diff´ erentielle

Toute fonction f : Γ R

3

peut ˆetre ´etendue `a R

3

tout entier en une fonction f 3 d´efinie pour tout x R

3

par

(1.4) f(x) = 3

.

p i=1

λ

i

(x)f (

ψ

i

Π ψ

i1

(x) )

o` u Π est la projection orthogonale sur le plan R

2

× { 0 } . Si f est dans C

(Γ) alors f 3 C

c

( R

3

) (par prolongement par z´ero en dehors des ouverts O

i

).

D´ efinition 1.2.4 (Gradient tangentiel) Soit v C

(Γ), on d´efinit le gradient tangentiel par :

Γ

v = ∇3 v (n · ∇3 v) n.

Pour u (C

(Γ))

3

on note

Γ

u la matrice dont la i

`eme

colonne est le gradient tangentiel de la i

`eme

composante de u.

D´ efinition 1.2.5 (Divergence surfacique) Soit u (C

(Γ))

3

, on d´efinit la di- vergence surfacique par :

div

Γ

u = div u 3 [Jac( 3 u)] n · n = trace (

Γ

u) o` u [Jac( 3 u)] d´esigne la matrice Jacobienne de u. 3

D´ efinition 1.2.6 (Rotationnel tangentiel) Soit v C

(Γ), on d´efinit le rota- tionnel tangentiel par :

rot

Γ

v = ∇3 v × n =

Γ

v × n.

(30)

Pour u (C

(Γ))

3

on note rot

Γ

u la matrice dont la i

`eme

colonne est le rotationnel tangentiel de la i

`eme

composante de u.

D´ efinition 1.2.7 (Rotationnel surfacique) Pour u (C

(Γ))

3

, on d´efinit le rotationnel surfacique par :

rot

Γ

u = n · rot u 3 = trace (rot

Γ

u) .

D´ efinition 1.2.8 (Laplace-Beltrami) Soit v C

(Γ) ; l’op´erateur de Laplace- Beltrami sur Γ est d´efini par :

(1.5) ∆

Γ

v = div

Γ

Γ

v = rot

Γ

rot

Γ

v.

Remarque 1.2.9 Les d´efinitions ci-dessus ne d´ependent pas du prolongement.

Th´ eor` eme 1.2.10 (Formule de Stokes) Soient u (C

(Γ))

3

un champ de vec- teur et v C

(Γ) une fonction scalaire. Nous avons les ´egalit´es suivantes :

(1.6)

"

Γ

(

Γ

v · u) +

"

Γ

v div

Γ

udσ = 0,

(1.7)

"

Γ

(rot

Γ

v · u)

"

Γ

v rot

Γ

udσ = 0,

(1.8) div

Γ

rot

Γ

= 0 et rot

Γ

Γ

= 0, (1.9) div

Γ

u × n = rot

Γ

u et rot

Γ

n × u = div

Γ

u.

Par des arguments de densit´e et de dualit´e on montre que les op´erateurs diff´erentiels tangentiels

Γ

et rot

Γ

s’´etendent en des op´erateurs lin´eaires et continus de H

s+1

(Γ) dans H

s×

(Γ), que les op´erateurs diff´erentiels surfaciques div

Γ

et rot

Γ

s’´etendent en des op´erateurs lin´eaires et continus de H

s+1

(Γ) dans H

s

(Γ) et que l’op´erateur diff´erentiel

Γ

s’´etend en un op´erateur lin´eaire et continu de H

s+2

(Γ) dans H

s

(Γ).

D´ efinition 1.2.11 On d´efinit l’op´erateur de courbure et la coubure moyenne par : R

Γ

=

Γ

n et H

Γ

= div

Γ

n = trace( R

Γ

)

respectivement.

Th´ eor` eme 1.2.12 Soit u une fonction vectorielle et soit v une fonction scalaire.

Les op´erateurs de divergence, de gradient, de rotationnel et le laplacien se d´ecomposent des fa¸cons suivantes :

v =

Γ

+ ∂v

n n,

(31)

div u = div

Γ

u

Γ

+ H

Γ

u · n +

∂n (u · n) , rot u = (rot

Γ

u) n + rot

Γ

(u

Γ

· n) ( R

Γ

u) × n

4 ∂u

∂n 5

× n,

∆v = ∆

Γ

v + H

Γ

∂v

∂n +

2

v

∂n

2

.

Preuve. Nous renvoyons le lecteur au livre [31] page 75. ! Les relations de commutation entre la d´eriv´ee normale et les op´erateurs diff´erentiels surfaciques suivantes nous seront tr`es utiles pour ´etudier les d´eriv´ees normales des op´erateurs de potentiels en ´electromagn´etisme.

Lemme 1.2.13 Soit u une fonction vectorielle et soit v une fonction scalaire d´efinies sur Γ. Nous avons les ´egalit´es suivantes :

(1.10) div

Γ

∂n u

∂n div

Γ

u = div

Γ

( R

Γ

u) u · ∇

Γ

H

Γ

,

(1.11)

Γ

∂n v

∂n

Γ

v =

∂n v

∂n v = R

Γ

Γ

v,

(1.12)

∂n ( R

Γ

u) − R

Γ

∂n u = 4

∂n R

Γ

5

u = −R

2Γ

u.

Preuve. Nous renvoyons le lecteur au livre [31] page 78. !

1.2.3 Les espaces H(rot, Ω) et H(div, Ω)

D´ efinition 1.2.14 Soit s R . On introduit les espaces

H

s×

(div

Γ

, Γ) := { j H

s×

(Γ), div

Γ

j H

s

(Γ) } , H

s×

(rot

Γ

, Γ) := { j H

s×

(Γ), rot

Γ

j H

s

(Γ) } . Ce sont des espaces de Hilbert pour les normes

|| j ||

Hs×(divΓ,Γ)

= || j ||

Hs×(Γ)

+ || div

Γ

j ||

Hs(Γ)

,

|| j ||

Hs×(rotΓ,Γ)

= || j ||

Hs×(Γ)

+ || rot

Γ

j ||

Hs(Γ)

.

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