A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
E. G OURSAT
Sur une généralisation du problème de Monge
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3
esérie, tome 22 (1930), p. 249-295
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1930_3_22__249_0>
© Université Paul Sabatier, 1930, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annales de la faculté des sciences de Toulouse » (http://picard.ups-tlse.fr/~annales/) implique l’accord avec les conditions générales d’utilisa- tion (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression sys- tématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fi- chier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
SUR UNE GÉNÉRALISATION DU PROBLÈME DE MONGE
PAR E. COURSAT.
L’intégration
d’uneéquation
différentiellef (x,
y, z,y’, z’)
= o, oùfigurent
deuxfonctions inconnues y et z, c’est-à-dire la détermination de tous les
systèmes
dedeux fonctions
y(x), z (x),
satisfaisant à cetteéquation,
a été ramenée par àl’intégration
d’uneéquation
aux dérivéespartielles
dupremier
ordredont la liaison avec la
première équation s’exprime géométriquement
d’unefaçon
très
simple.
Dans une note du tome IV de son
grand
ouvrage sur la Théorie desSurfaces (p. 432),
G. Darboux recommande l’étude del’équation plus générale
y’, y",
...,z’, z"
...désignant
les dérivéessuccessives
de y, z, u, ... et pose la ques- tion suivante : Est-ilpossible d’exprimer
x,y, z,
... au moyen d’unparamètre,
decertaines fonctions arbitraires de ce
paramètre,
et de leurs dérivées(jusqu’à
un ordrefini)?
Si cette condition estvérifiée, je
dirai pourabréger
quel’équation
est de lapremière
classe. D’unefaçon générale, j’appellerai équation
deMonge
ousystème d’équations
deMonge,
touteéquation
différentielle ou toutsystème d’équations
diffé-rentielles,
où le nombre des fonctions inconnues estsupérieur
au nombre deséqua-
tions. Il est clair
qu’un
certain nombre de ces fonctionspeuvent
être choisies arbi- trairement. Onpeut toujours
supposer que, dans unpareil système d’équations,
nefigurent
que les dérivéespremières
des fonctions inconnues. On a surtout étudiéjusqu’ici
le cas leplus simple,
d’unsystème
de néquations
différentielles à n + 1inconnues. Le résultat le
plus général
est du à M. E.Cartan(’), qui
a montré com-e) Supplément,
où l’on fait voir que leséquations
aux différences ordinaires pour les-quelles les conditions
d’intégrabilité
ne sont pas satisfaites sont susceptibles d’une véritableintégration.
Mémoires de l’Académie desSciences, ~ ~8~,
p. 502.(2)
Bulletin de la SociétéMathématique,
t. 4a, ~ g ~ ~ , p. I 2-1~8.250
ment on
pouvait
reconnaître si unsystème
de r~équations
différentielles à r+
1 inconnues était de lapremière
classe.Les
équations
deMonge,
ou lessystèmes d’équations
deMonge,
où le nombredes variables
indépendantes
estsupérieur
à un, neparaissent
pas avoir été étudiéesjusqu’à présent.
Je dirai encorequ’un système
de cetteespèce,
où le nombre desfonctions inconnues est
plus grand
que le nombre deséquations,
est de lapremière
classe
lorsqu’on peut
obtenir touteslés intégrales
par un ouplusieurs systèmes
deformules où
figurent
les n variablesindépendantes
et les fonctions inconnues, n para- mètresauxiliaires,
et certaines fonctions arbitraires de cesparamètres
et leurs déri-vées
partielles j usqu’à
un ordrefini ;
on suppose deplus
que ceséquations peuvent
être résolues par
rapport
aux n variablesindépendantes
et aux fonctions inconnues.Pour
aborder ce nouveauproblème,
dont la solutioncomplète
sera sans doutetrès difficile à
obtenir, je
remarque que l’on est conduit àl’équation
deMonge f(x,
y, z,y’, z’)
= o en discutant leproblème
deCauchy
pourl’équation
aux déri-vées
partielles
associée(E).
Afin d’étendre le résultat deMonge,
il m’a paru toutindiqué
dereprendre
la discussion duproblème
deCauchy
pour uneéquation
auxdérivées
partielles,
ou unsystème
en involutiond’équations
aux dérivéespartielles
du
premier ordre,
à un nombrequelconque
de variablesindépendantes (’).
On estainsi conduit à définir certaines
multiplicités singulières,
pourlesquelles
leproblème
de
Cauchy
n’admet pas engénéral
de solutionrégulière.
A cesmultiplicités singu-
lières on
peut
associer uneéquation
deMonge
de lapremière
classe, dontl’intégra-
tion est
immédiate,
dès que l’on aintégré
lesystème
en involutionqui
lui a donnénaissance. Le résultat est donc tout à fait
analogue
au résultat obtenu parMonge
dans le cas le
plus simple; mais,
dès que le nombre des variablesindépendantes
estégal
ousupérieur
à 2, ceséquations
ne formentqu’une catégorie
toutespéciale.
Lepremier
membre d’une telleéquation
doit satisfaire à un certain nombre de condi-tions,
formant unsystème d’équations
aux dérivéespartielles,
dontl’intégration
offre une
application
intéressante des méthodes deSophus Lie,
relatives aux sys-tèmes semi-linéaires. On est ainsi conduit à un certain nombre de
types
biendéfinis d’équations
deMonge
de lapremière
classe.Ces résultats sont encore bien
particuliers. J’espère cependant qu’ils pourront
contribuer à
appeler
l’attention dequelque jeune
mathématiciensur un sujet
diffi-cile et bien peu étudié
(~).
(i)
Dans un petit travaildéjà
ancien(Bulletin
de la SociétéMathématique,
t. 33,I905,
p. 201-210), j’ai montré comment de tout
système
en évolution de n - iéquations
àn variables
indépendantes
on pouvait déduire unsystème
de Monge de lapremière
classede n - r
équations
à n inconnues. Ce résultat seracomplété
et étendu dans un autreMémoire.
(’)
Lesprincipaux
résultats de ce Mémoire ont été résumés dans deux notesprésentées
à l’Académie des Sciences
(Comptes
Rendus, t. 186,1928,
p.1469
et t. 190,1930,
p.1029).
[1.] Soit
une
équation
aux dérivéespartielles
dupremier ordre,
oùx~;
x!, ..., XU+f sont les variablesindépendantes,
xn+2 une fonction de ces n + 1variables,
et où on aposé
Une
intégrale
de cetteéquation
est engénéral
déterminée si onl’assujettit
à contenir une
multiplicité Mn
à n dimensions del’espace
à n + 2 dimensions.Soient .
les
équations
deMn;
nous poseronssi
Mr~ appartient
à uneintégrale
del’équation (ï),
les valeurs de q1, Q2’ ..., qn+ten un
point
deMn
doivent vérifierl’équation (1)
et en outre les n relationsqui
se déduisent del’équation générale
en
égalant
les coemcients dedxt,
..., dans les deux membres.La valeur de qn+i en un
point
de~n
est donnée parl’équation
toute solution
holomorphe de
cetteéquation
fournira uneintégrale holomorphe
renfermant
Mn,
car il suffit deremplacer
par fit + y pour être ramené au pro- blèmeclassique
deCauchy.
On
peut
aussiremplacer l’équation (4)
par lesystème
des néquations
à n inconnues q,, q~, ..., Toute solution
holomorphe
de cesystème
fourniraencore une solution
holomorphe
del’équatiop. (i)
renfermantMn.
Mais la conclu-sion est en défaut pour les solutions
qui présentent
le caractère d’une solution mul-tiple,
c’est-à-direqui
annulent lejacobien
despremiers
membres deséquations (5)
par
rapport
àq~ , .. ; , Ce j acobien
a pourexpression
L’élimination de qt’ Q2’ ... , qn entre les n
équations (5)
et la nouvelle relationconduit à une
équation
oùfigurent
..., et les dérivéesp,B
1-de > ~~=P~ >
Nous dirons, pour
abréger,
que toutemultiplicité Mn, représentée
par leséqua-
tions
(2),
où lesfonctions et 9"A
satisfont à la condition(7),
est unemultiplicité singulière
del’équation (1),
et quel’équation (7)
estl’équation
deMonge
de ces mul-tiplicités.
Il est clair que cesmultiplicités dépendent
d’une fonction arbitraire de n variables,puisqu’on peut
choisir à volonté une des deux fonctions ~~, ~~ .Dans le cas
particulier
où n = ~ , , lesmultiplicités singulières
sontidentiques
aux courbes
intégrales
del’équation (i)
à deux variablesindépendantes.
Nous allons montrer que,quel
que soit n,l’équation (7)
est de lapremière
classe, et, pourobtenir
l’intégrale générale
sous formeexplicite,
il suffit encored’intégrer l’équa-
tion
( 1 ).
[2] L’équation 0394
= opeut
êtreremplacée
par unsystème
de néquations
linéaires
où
~1, aa,
...,an
sont n inconnuesauxiliaires,
non toutes nulles.L’intégration
del’équation
deMonge (7),
c’est-à-dire la recherche de tous lessystèmes
de deux fonc-tions ’ft’ ’Pt de n variables satisfaisant à cette
équation,
est évidemmentéquivalente
à
l’intégration
dusystème
des 2néquations (5)
et(8),
où ~ 9’~ ~ ... ,~~, ~,$,
...,Àn
sont des inconnues à déterminer. Ces 2néquations peuvent
être rem-placées
par unsystème
de deuxéquations
de Pfaff. Eneffet,
enmultipliant
leséqua-
tions
(5)
pardx,,
...,dxn respectivement
et enajoutant,
on obtientl’équation
dePfaff
En
opérant
de même avec leséquations (8),
on obtient une autreéquation
dePfaff
L’intégration
del’équation
deMonge (7)
est doncéquivalente
à ladétermination
desmultiplicités intégrales
à ndimensions
dusystème
des deuxéquations
de Pfaff(9)
et(I0),
oùfigurent
les 3n + I variables xi, qi,03BB2 03BB1
, ...,03BBn 03BB1
. Il faut en outre . que, sur cette
multiplicité intégrale
à ndimensions,
... , xn ne soient liées paraucune
relation,
defaçon qu’on puisse
lesprendre
pour variablesindépendantes.
Cette restriction sera
toujours
sous-entendue par la suite.L’équation
Q = o estidentique
àl’équation
de Pfaff àlaquelle
se ramène l’inté-gration
del’équation (1).
Cetteéquation
est de classe 2n + 1 etpeut
être ramenée à la formecanonique
X~,
...,Xa’ P~ ,
...,P~~,
Z étant 2n + i fonctions distinctes des variables xi, q k . Inversement les ~n + ~ variables xi, qks’expriment
au moyen des 2n + ~ variablescanoniques X~, Pk,
Z et d’une dernière variable noncanonique
z. La réduction del’équation (g)
a une formecanonique
etl’intégration
del’équation (t) constituent,
.comme l’on sait, deux
problèmes équivalents.
L’équation Ot
= o est unprolongement
de lapremière.
En d’autres termes, sion introduit les variables
Xi, Pk,
Z et z, ladifférentielle
dz nefigure
pas dansQ,
.En
effet,
leséquations
font
partie
deséquations
différentielles desmultiplicités caractéristiques(4)
del’équa-
tion Q == o,
qui peuvent
aussi s’écrireles
premiers
membres deséquations ( I 2)
sont donc des combinaisons linéaires des différentiellesdX2, dPi,
dZ . La dernière variable z nepeut
doncfigurer
que dans les coefficients. Cette variable zfigure
dans l’un au moins despremiers
membresdes
équations (12).
En effet, supposons parexemple
quedx. + ~F ~q dxn+1 puisse
s’exprimer uniquement
au moyen des variablescanoniques
et de leurs différentielles.Alors le
système
formé par les deuxéquations
de Pfaffserait de classe an
+ i. Or, parmi
leséquations
différentiellesqui
déterminent la classe de cesystème (*) figurent
les néquations
.L’équation
~ o sera donc une deséquations
différentielles des caractéris-tiques
â moins que toutes les dérivées 1 s Fne soient nulles. Les autres
équations
q q
différentielles de ces
caractéristiques
donnent ensuitedx,
= o, ...,dxn
= o,= o,
dq,
= o, ...,dq"
= o, et par suite lesystème (13)
est de classe 2n + 2 .Pour que la variable z ne
figure
pas dans les coefficients deS~, après
lechangement
de variables il faudrait donc que toutes les dérivées soient
nulles,
c’est- à-dire que F soit une fonction linéaire de q,, ... , q,l,hypothèse
que nous avonsécartée.
(’) Leçons sur le
problème
de Pfaff, chap. o, p. ^3. ,.
(~)
Leçons sur leproblèrne
dePfaff,
pages 264 et suivantes.’
[3]
Toute solution del’équation (9)
s’obtient en.établissant(n + i)
relations aumoins entre les variables
Xi Pk, Z. Supposons
d’abord que l’on établisse ce nombre minimum derelations; alor;s P~,
Zs’exprimeront
au moyen de n variables indé-pendantes
Ces relations
permettent
aussid’exprimer
2n + i des variables xi, qk au moyen de la dernière et de ..., et parconséquent
définissent uneintégrale
del’équation (i).
En substituant dansl’équation (10),
on aboutit à unrésultat de
laforme
les coefficients
A~~ dépendant
de1, , t~, ... , tn
et en outre de la variable non cano-nique
z. Enégalant
à zéro les coefficients de ..., , on obtient néquations
linéaires et
homogènes
enB, a$,
...,Àn’
-et par suite l’inconnue z doit satisfaire à
l’équation
l’ensemble des
équations (i4)
et( ~ 5) représente
unemultiplicité singulière M, située
sur
l’intégrale M~+~
del’équation ( i ) représentée
par leséquations (i4).
~e
,Quand
on connaît uneintégrale complète
del’équation (1 )
on sait que
l’équation
Q = opeut
s’écrire sous formecanonique
Considérons
enparticulier l’intégrale Mn+t
définie par les relationsoù l’on a
posé
la fonction a2, ...,
a",) pouvant
être choisie arbitrairement.Les
équations (16) représentent
aussi lescaractéristiques
situées surquand
on y
regarde
a1, , a$, , .. aU, comme constants.Quand
on sedéplace
sur une de cescaractéristiques,
on a doncLes
expressions dxi
+qui
sont nulles aussi pour undéplacement
surq~
une
caractéristique,
sont donc des combinaisons linéaires despremiers membres
deséquations précédentes.
Mais on a aussiidentiquement,
pour toutdéplacement
surles relations
En tenant
compte
deséquations (16) elles-mêmes,
on voit donc quel’équation Q
= opeut
s’écrireEn
égalant
à zéro les coefficients dedat, da2,
...dan,
on obtient néquations
linéaires et
homogènes
en u~~, ..., le déterminant des coefficients devant êtrenul,
on obtient une nouvelleéquation
qui, jointe
auxéquations (16),
définit unemultiplicité singulière M,,,
située surMn++ 1’).
EXEMPLE., - Nous allons
appliquer
la méthodegénérale
àl’équation
Les
équations (5)
sont dans ce caset
l’équation 0394
= o devientEn
éliminant q1
et q2 entre ces troiséquations,
on obtientl’équation
deMonge
D’après
cequi précède, l’intégration
de cetteéquation
se ramène à celle du sys-tème de Pfaff ,
La
première peut
s’écrireet, pour
qu’elle
soit mise sous formecanonique,
il suffit de poser(i)
Cettemultiplicité Mn
peut aussi être considérée comme une focale des caractéris-tiques
situées sur En effet, on peut satisfaire aux relationsqui
définissent undéplacement
sur lacaractéristique
issue d’un point deM~
en choisis-sant
da, ,
..., de façon que l’on ait en cepoint
et l’on peut toujours trouver pour
da"
...,da~
des valeurs non toutes nulles satisfaisant à ces n conditions,d’après la
relation(18).
Il existe donc en toutpoint
deMn
une multi-plicité
à une dimension tangente à lacaractéristique
qui passe par ce point. C’est lagéné-
ralisation de la
propriété
bien connue des courbesintégrales.
On a ensuite
et l’on vérifie bien que la seconde
équation
est leprolongement
de lapremière,
carelle s’écrit ’
Soit
une
intégrale
de lapremière équation.
Enremplaçant P~
etP~
~ par P-"-, , l’~
dans~X~ c)X.~
la seconde
équation,
etégalant
à zéro les coefficients de on obtient les deux relationset x3 est donné par
l’équation
Les
équations précédentes
donnent ensuiteOn arrive
plus rapidement
aux mêmes formules pourreprésenter
unemultiplicité singulière
enpartant
del’intégrale complète
et
posant a3
=, a2).
[4]
Onpeut
aussi satisfaire àl’équation (g)
en établissantplus
de n + i relations entre les variablescanoniques; mais,
pour obtenir unemultiplicité singulière
à ndimensions,
ou nepeut
établirplus de ~ -{- 2
relations entre ces variables. En effet,si on établit
n + 3
relations entreXi, Pi, Z,
il en résulte aussin + 3
relations entre ce, , a?~, ..., q,, 7~ - ’ " ~ ’ L’élimination de qq, ..., qn conduira donc à 3 relations entre Xt, ..., x?~+~, et par suite lepoint
de coordonnées(x~,
...,ne
peut
décrire unemultiplicité
à n dimensions.Il reste donc seulement à examiner le cas où l’on établit n + 2 relations entre
Xi, Pi, Z,
defaçon
à satisfaire àl’équation (11);
on a alors pourPi,
Z des fonc- tions de n - 1 variablesindépendantes
.. De ces formules on
peut
déduire lesexpressions
des Zn + ~ variables xi’ q k au moyen des variablest~,
..., et de la variable noncanonique
z. Les formules(19) représentent
donc unemultiplicité
à n dimensions d’éléments de contact satisfaisant àl’équation (9),
et formée demultiplicités caractéristiques
del’équation (t),
que l’on obtient en donnant des valeurs constantes aux n - i para- mètrestt, ti,
... . Cette.multiplicité
est aussi uneintégralè
del’équa-
tion
(10),
caraprès
la substitution(19),
lepremier
membre ne renferme que les différentiellesdtt, dtQ,
..., . Enégalant
les coefficients àzéro,
on obtient unsystème
de n -1équations
linéaires ethomogènes
ena1, ),~ ,
...,, ~n, qui
admet-tent
toujours
unsystème
de solutions différentes de zéro.La
multiplicité ponctuelle M,~, support ponctuel
depeut
donc être consi- dérée comme unemultiplicité singulière
del’équation (1).
Ce résultats’explique aisément,
car leproblème
deCauchy
pour cettemultiplicité Mn
est évidemmentindéterminé.
Ainsi,
pour n = i, les courbescaractéristiques
satisfont àl’équation
de
Monge qui
définit les courbesintégrales.
II
[5]
Nous sommes donc amenés à examiner leproblème
suivant :Étant
donnéeune
équation
deMonge,
telle quel’équation (7),
entre n variablesindépendantes,
x,, ..., xn, deux fonctions inconnues x,~+s de ces n
variables,
et leurs déri- . véespartielles
dupremier ordre,
àquelles
conditions doit satisfaire la fonction + pourqu’elle
définisse lesmultiplicités singulières
d’uneéquation
auxdérivées-par-
tielles du
premier
ordre à n + 1variables indépendantes?
Nous supposons bien entendu n ~ r, et
l’équation
résolue parrapport
à l’unedes dérivées
’
Nous pouvons dans les
équations (5)
et(6) regarder
q t’ , ... , qll comme fonc- tions depi1, p12,
...,pJ’z-’ .
On tire deséquations (5),
pardifférentiation (1),
. Le déterminant 3 étant nul, on
peut
trouver desmultiplicateurs
non tousnuls,
~,1, ..., tels
qu’en multipliant
leséquations précédentes
par ~,~, ..., res-pectivement,
et lesajoutant,
les coefficients de , ... ,dqn
soient tous nuls et ilreste une relation de la forme
Si
p11, , , , , P’/’
, ... , ne sont liés par aucunerelation,
comme nous le supposons, n nepeut
être nul. Onpeut
donc supposer n = 1, et écrire la relationprécédente
on a donc
et par suite la fonction
f
= des 2 n - i variablesp~’
... ,p ~3 i , . , , ,
vérifie les n - i
équations
Les conditions
(21) prennent
une formeplus symétrique
sil’équation
deMonge
~ = o n’est pas résolue par
rapport
à une des dérivéesqui
yfigurent;
elles devien-nent alors ’
et il suffira
qu’elles
soient vérifiées en tenantcompte
del’équation 03A6
= o elle-même.(IJ
On n’a pas écrit, pourabréger,
les termes endx, ,
...,dxn~,_~,
qui ne jouenl aucunrôle dans la question. ’
’
[6]
Leséquations (21)
forment unsystème
en involution de n - iéquations
à 2n - 1 variablès
p,1,
... , les variables x2jouant
le rôle deparamètres.
Ce
système
estsemi-linéaire,
car il admet uneintégrale complète
au sens deLie, représentée
par unsystème
de néquations
a, ai, a~, ... , an étant n + 1 constantes arbitraires. C herchons en effet à
adjoindre
aux relations
(23)
des relations entreP/, ..., P,B
..., defaçon
à vérifierla relation ~
Des relations
(23)
on tireet
l’équation (24)
devientIl suffira donc
d’adjoindre
aux relations(23)
les n relationspour définir une
multiplicité
d’éléments de contactM
dansl’espace
à 2n dimen-sions
(p/,
... ,ayant
poursupport ponctuel
lamultiplicité
à n dimensionsdéfinie par les
équations (23).
Cettemultiplicité
est à 2n - 1dimensions,
carp B ..., p1", P~1, ...,
ne sont liés par aucune relation. C’est unemultiplicité intégrale
dusystème (21),
car on déduit immédiatement deséquations (25)
que l’ona aussi =
et il suffit
d’y remplacer P1i, P "
parj , «
pour retrouver le sys-tème
(2 1).
Pour déduire de cette
intégrale complète
toutes les autresintégrales
dusystème
(2 1),
il suffitd’employer
la méthode de la variation des constantes sous sa forme laplus générale,
c’est-à-dire de chercher toutes les solutions deséquations (28)
et(26),
où a, a" ..., a~~, sont de nouvelles inconnues.
Quand
on considère a, a~,a~, ) ... , an )
comme
variables, l’équation (24) devient,
en tenantcompte
deséquations (25),
Il existe donc une relation au moins entre a,, a2, ..., a~, a, où les variables xi
peuvent figurer
commeparamètres.
Supposons
d’abordqu’il
existe une seule relation de cetteespèce
l’équation (26)
doit êtreidentique
àl’équation
ce
qui exige
que l’on aitet par suite
~F
~a -J 1 ~ai
Enremplaçant
ai parp2i
-ap1i
dansF,
on voit quei=~
l’intégrale correspondante
dusystème (2 I )
s’obtient en éliminant a entre les deuxéquations
.Il suffit de se
reporter
au n° r pour reconnaitre que c’estprécisément
le calculqui
conduirait àl’équation
deMonge
desmultiplicités singulières
del’équation
auxdérivées
partielles
REMARQUE. - Supposons
que qnfigure
dansl’équation
aux dérivéespartielles,
et écrivons cette
équation
en résolvant parrapport
àOn obtiendra
l’équation
deMonge correspondante,
en éliminant a entre les deuxrelations
On déduit immédiatement de ces relations
et la dernière
équation
donne pour a une fonctionqui dépend
effectivement dep!n
si
l’équation
aux dérivéespartielles
considérée n’est pas linéaire. On en conclut quel’équation
deMonge correspondante
donne pourP2n
unefonction
non linéaire dep~n.
[7] Supposons
en second lieuqu’il
existe deux relations distinctes entre a, ai ..., an, de sortequ’on puisse
les considérer comme des fonctions de n- 1paramètres
u,, ut.’ ...,dépendant
en outre des variables xi,qui jouent
toü-jours
le rôle deparamètres
dansl’intégration
dusystème (21).
En éliminant ces n - iparamètres
entre les néquations (23)
on obtient une relationqui,
si elle contientpzn,
définit uneintégrale
deséquations (a 1 ).
Pour que la rela- tion obtenue ne renferme pas il faudrait que l’onpuisse
éliminer Us’ ..., entre les n - ipremières équations (21).
Le résultat de l’élimination contient aumoins une des dérivées si elle contient par
exemple,
onremplacerait p,1t
par ce
qui
n’estqu’un changement
de notation. Nous supposerons donc que l’élimination desparamètres
ui entre leséquations (21)
conduit à une seule’relationIl serait facile de vérifier que cette fonction
f
satisfait bien auxéquations (a3).
Nous laissons de côté ce calcul
élémentaire,
mais nous ferons observer quep’.,~
est~p~
indépendant
de , car les(n - i) premières équations
résolues parrapport
à u!, u,, ..., donnent pour cesparamètres
des fonctions depli,
où i n; ; a estdonc
indépendant
dep/’ après
la substitution. On a donc~2p2n (~p1n)2=
o, etn est
une
fonction
linéaire dep,n.
. Nous avons observéplus
haut que cela n’ajamais
lieudans le
premier
cas examiné.REMARQUE. - Étant
donné une relation de la formeoù A et B sont des fonctions de
n),
pour que cette fonction soitdhe intégrale
dusystème (21),
les fonctions A et B doivent satisfaire aux relations sui- vantesLa fonction A est donc définie par une relation de la forme
tandis que B est donné par une formule
On obtient bien un résultat de cette nature en éliminant n - i
paramètres
entreles
équations (23).
[8]
Au lieud’intégrer l’équation
deMonge (28),
il revient évidemment au mêmed’intégrer
les néquations (23),
où l’on considère xnl, , x~+~, u,, ..., Un-t comme n + 1 fonctions inconnues de x.’ x~, ..., xn.L’intégration
de ceséquations
simul-tanées se ramène elle-même à
l’intégration
del’équation
de Pfaffou, d’une
façon plus précise,
à la détermination desmultiplicités intégrales
à ndimensions,
pourlesquelles
x2’ ..., x,z ne sont liées par aucune relation.L’équa-
tion de
Monge (28)
est donc encoreintégrable explicitement, puisque
sonintégration
est ramenée à celle d’une
équation
de Pfaff.Cette
équation (30) peut
être de classe 2n + 1, ou 2n - i,(voir
n°1 3),
le derniercas devant être considéré comme
exceptionnel.
Il suffiratoujours
de ramener cetteéquation
à une formecanonique
pour en déduire toutes lesmultiplicités intégrales
à n dimensions. Bien
entendu,
on ne conservera que les solutions pourlesquelles
..., x7~ ne sont liées par aucune relation.
EXEMPLE. - Soit
l’équation
’
p~s
est bien une fonction linéaire dep/
et satisfait aux deuxéquations
En
posant
on trouve les valeurs suivantes de a~, a$,
de sorte que
l’équation (29) provient
de l’élimination desparamètres
a, ai, entre les troiséquations
L’équation
de Pfaffcorrespondante
est de forme
canonique.
S’il y a une seule relation entrex$,
on doit avoir
et par suite
Il sumt de
remplacer
dans ces relations xs, x4, x5 par x, y,y’, X,
Y res-’
pectivement
pour obtenir les deux relationsqui
définissent une transformation de contact dans leplan.
REMARQUE. -
Touteéquation
deMonge
où ne
figurent
que les dérivées d’une des fonctions inconnues xn+2,peut
être consi-’ dérée comme un cas
particulier
dutype précédent
obtenu ensupposant a
= o dansles formules
(23).
Sif
contient onpeut
choisir arbitrairement, et s’en déduit par la relationprécédente,
Sif
ne contient pas doit être uneintégrale
del’équation
aux dérivéespartielles (30’),
tandis que Xn+ipeut
être choisi arbitrairement. C’est aussi le résultatauquel
conduitl’application
de la méthodegénérale.
En effet, si a = o,l’équation
de Pfaff(30)
devientSi
f
contientl’équation
est de classe ~n + I et mise sous formecanonique’.
Si
f
ne contient pas elle est de classe ~n -1 1 etidentique
àl’équation
de Pfaffà
laquelle
se ramènel’intégration
del’équation (30’)..
.Le cas où a ne
dépend
que de x,, ..., et neçontient
aucunparamètre
variable
peut
se ramener auprécédent.
Soit en effet
V (xi,
...,x,t+~)
une fonction satisfaisant à la conditionPrenons pour inconnue X = V
(x;
...., x"-~)
à laplace
de .On a .
et
l’équation
de Pfaff(30)
devientet ne renferme pas ,
Il en serait évidemment de même si l’un des coefficients at, .. , , an ne
dépendait
que de x, , ..., x"_~~ .
Lorsqu’il
existeplus
de deux relations entre a, a~ , a~, .. ~. an, l’élimination desparamètres
entre les néquations (~3)
conduit àplusieurs équations
distinctes entre les dérivéespartielles
des fonctions inconnues x,,_, , ~ Ce cas sera étudiéplus
loin
(n° a Z).
III
[9]
J’avais d’abord été conduit aux conditions(21)
par une méthode un peudifférente que
j’indiquerai rapidement. L’intégration
del’équation
deMonge (20)
seramène évidemment
~à
la détermination desintégrales
à n dimensions dusystème
de deux
équations
de Pfafftelles que les variables xs, ..., xn ne soient liées par aucune relation. Ce
système
est de classe
3~ -{-
1,quelle
que soit lafonction y.
On a en effetles relations
dxi
= o, = o font doncpartie
deséquations
différentiellesqui
déterminent les éléments
caractéristiques.
En tenantcompte
de cesconditions,
la relationw’,
= o devientOn aura donc aussi pour les éléments
caractéristiques dpis
= o et par suitedXn+t
== = o, cequi
donne en tout 3n + 1équations
distinctes. Iln’y
a doncpas
d’éléments caractéristiques
pour lesystème (E):
Ce
système (~)
seraitmis
sous formeintégrable
si onpouvait,
par unchange-
ment de
variables,
le ramener à la forme’
A,,
...,B~ ,
...,Bn
étant des fonctions deZ, X, ,
...,Xn, P, ,
...,Pn
et de nautres variables
U, ,
...,Un indépendantes
despremières,
de telle sorte que la secondeéquation S~$
= o est leprolongement
de lapremière.
Cherchons d’abord
quelles
sont lespropriétés qui
caractérisent unsystème
de laforme
(I/).
Deux éléments linéairesintégraux
dusystème
sont en involution relativement à
l’équation ~1=
o, si ces éléments vérifient la relationUn élément linéaire
intégral dPi, dZ)
sera en involution avec tous.les autreséléments linéaires
intégraux
dusystème,
relativement àl’équation û, ===
o, sidXi, dPi,
dZ vérifient les n relationsIl y a donc une infinité d’éléments linéaires
intégraux, dépendant de n paramètres
arbitraires .. ’ ,
dUn dZ qui sont en
involution avec tous les autres éléments linéairesintégraux,
relativement àl’équation 03A91
== o.Lorsque l’équation S~~
== o est de classe 2n ~ 1, cette condition nepeut
être satisfaite que si la secondeéquation
dusystème S~$
== o ne renferme que les diffé- rentiellesdPi,
Eneffet,
siQ~
contenait la différentielledU,
d’une variable nefigurant
pas dans la conditionS~’~ = o
nepourrait
être vérifiée par tous les éléments linéairesintégraux oP2, oZ)
que si l’on avaitces éléments
singuliers
nedépendraient
donc que de n - 2rapports arbitraires
En
résume,
pour que lesystème (~) puisse être,
par unchangement
devariables,
ramené à la forme
(~’),
il faut et il suffit que l’onpuisse
trouver deuxfacteurs ~,
~, tels quel’équation
soit de classe 2n + 1, et
qu’il
existe oon éléments linéairesintégraux
dusystème
eninvolution avec tous les autres éléments linéaires
intégraux
relativement àl’équation
Q = o. Il est
clair,
eneffet,
que lapropriété précédente
est invariante relativement à toutchangement
de variables.L’équation
û = o est uneéquation singulière(’)
dusystème (E).
(i)
Bulletin de la SociétéMathémalique,
t. 52,I924,
p. 38.[10]
Del’expression
de Q on déduitou, en
développant,
La relation Q’ = o devant être
vérifiée, quels
que soient~x2, ~p~~,
enégalant
à zéro les coefficients deôp2k,
on a les 2n -1équations
On ne
peut avoir ~,
= o, carl’équation
c~~ = o n’est pas uneéquation singulière
du
système (1).
Onpeut
donc supposer ~.. = i, et les relationsprécédentes
devien-nent
En faisant 1 = n dans la relation
(S’y),
on en tire X= 20142014~-.
. Pour que les.
~
équations (37)
et(38)
soientcompatibles,
il faut donc que la fonctionf
vérifie lesrelations ’