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fibre optique
A. Vedadi
To cite this version:
A. Vedadi. Etude et applications des amplificateurs paramétriques à fibre optique. Sciences de
l’ingénieur [physics]. Université de Franche-Comté, 2008. Français. �tel-00544865�
É ole Do torale S ien es Physiques Pour l'Ingénieur et
Mi rote hniques (SPIM)
Thèse de Do torat
Spé ialité S ien es pour l'ingénieur
présentée par
Armand Vedadi
Etude et appli ations des ampli ateurs
paramétriques à bre optique
Thèse dirigée par T. Sylvestre, E. Lantz et H. Maillotte
soutenue le18 Janvier2008
Jury :
Rapporteurs : M. E. MARHIC Professeur à l'Universitéde Swansea, Royaume-Uni
P. L. VOSS Professeur assistant à GeorgiaTe h Lorraine, Metz
Examinateurs : H. MAILLOTTE Dire teur dere her he CNRS, Institut FEMTO-ST
T. SYLVESTRE HDR, Chargé dere her he CNRS, InstitutFEMTO-ST
E. LANTZ Professeur à l'Universitéde Fran he-Comté
A. MUSSOT Maître de onféren esà l'Universitédes S ien es et
Te hniques de Lille
Remer iements
Cette thèse n'auraitjamaispu être é ritesans l'apportde nombreuses personnes
tou-joursprêtes à partager leur savoir, leur soutien,leur ae tion ouleur amitié.La listedes
personnes quion ontribuéà ettethèse,soitparleurdévouementautravail,soitparleur
exemple, soit par leur amitié ou soit simplement par leur présen e est longue. Bien que
vosnoms ne soient pas tous ités i i, ette page vous est destinée.
Jeremer ie toutd'abordmes superviseurs,Hervé Maillotte,Thibaut SylvestreetEri
Lantzde m'avoirfait onan eà l'issued'un entretienun ertain12Juillet 2004.Malgré
leurs doutes,leur onan e atoujoursété indéfe tible, leur attention etleur disponibilité
onstant. La omplémentarité de leurs personnalités fortes a été une han e dans ma
formationde her heur.
Jeprotede etteopportunitépour remer ieraussiLu Thévenaz qui,parson a ueil
àl'EPFL,sesen ouragementsetsurtoutsonexemple,aexer éuneinuen efondamentale
et ri he dans maformation de her heur.
Je remer ie ensuite les dire teurs su essifs du laboratoire d'optique P.M. Dueux
d'avoir mis à ma disposition les moyens de réussir ette thèse. D'abord Mr Daniel Van
Labeke, puis Mr Hervé Maillotte, qui malgré sa nouvelle harge de travail a néanmoins
toujours su dégager du temps pour ontribuer à mon en adrement, parfois même avant
lesdeadlines.
J'aimeraisremer ieraussilesmembresdemon jurydethèse pouravoira eptéde lire
monrapportave honnêtetéetpertinen e :Mi helE.Marhi ,PaulVoss, ArnaudMussot
et AlainJolly.
Je veux remer ier l'ensembledes personnes présentes durant es trois années au
labo-ratoire.Lesé hangesquej'aipu avoirave ha uned'entre ellesfurenttoujoursagréables
etri hes. J'aimerais en parti ulier exprimermagratitude àtous eux ave qui je me suis
noué d'amitié. Hervé, Thibaut et Eri bien sûr. Les autres permanents de l'équipe ONL
aussi :Matthieu Chauvet, Gil Fanjoux,Fabri eDevauxetKien Phen Huy.Arnaud
Mus-sot, qui a veillé durant toute ette période à e que je ne n'abîme pas trop le ambeau
qu'ilm'apassé.Mi haëlDelque,monasso iéetgrandami,ave quij'aipartagébienplus
qu'un bureau. Anne Bou on, qui durant deux ans a été la lune du bureau -115B.
Domi-niqueHeinis,l'alsa ienméditerranéen.BertrandKibleraliaskiki hoduposs.Jean-Charles
Beugnotetsesséle tionsD-Jayquiégayaientlasalledemanip.Ludovi Gauthier-Manuel,
artiste passionné de ûtes (du pipeau à latromped'éléphant) mais qui toujourstrouvait
letempsderéparermes onne teurs.RémyPassieretses onemanshows. Jean-Lu
Blan- het, o-bureaud'unanmais surtoutl'amiquej'aitoujoursvouluavoir.Jérémy Mi haud
pour l'ensemble de son ÷uvre. Benattou Sadani, frère d'arme d'une bonne humeur
Albaladejo de la iudad,Federi o Petazzi, DarioAlasiaet Jörgen S hroeder.
Un grand mer i àtous lesbisontins d'origineou de ur quiont rendu ette période
de troisans inoubliable.GabrieleDandoloilmaestronapolitan,Barbara,AmirJamashei,
tous lesamis du théâtre, toutela lique du BUCAlpinettous eux qui ontjalonnésmon
par ours à Besançon.
Je tiens aussi àmontrer mare onnaissan e à tous les autres amis qui m'ont soutenu
durant ettepériodedi ile:AliMehrabivahamehba hehaayegolegolabeLyon!Amir
Massoud, lefrère queje n'ai jamais eu, tous les parisiensetles autres.
Je remer ie enn mafamillepour m'avoir apporté son soutienin onditionnelet
indé-fe tible même lorsqu'elle ne omprenait pas la pertinen e de mes hoix. Ma gratitude se
porte avant tout vers ma mère dont l'amour etla grandeur ont posé les bases de toutes
mes réussites. Mer iàmon père pour son soutienetses parolesrempliesde sagesse,àma
s÷ur Sara notammentpour la rele ture de mathèse, mas÷ur Sandraqui m'obligeà me
dépasser onstamment, mon génialissime beau frère Alain. Je remer ie mes on les, daei
Camy qui m'a fait l'honneur de sa présen e lors de ma soutenan e, daei Mehran et daei
Amir pour leurs pensées. Je remer ie mes grands-parents de Dle, toujours a ueillants.
Enn, je voudrais a order une pla e parti ulière à mes grands parents d'Iran, mamonir
et babozorg, ave qui j'ai eu la han e de grandir en étant ber é d'amour, d'exemple et
Table des matières
Remer iements i
Bibliographie de l'auteur 1
Introdu tion 3
1 Prin ipes et Généralités 7
1.1 Lapropagation de la lumièredans les bres optiques . . . 7
1.1.1 Leguidage de la lumière . . . 8
1.1.2 Eetslinéaires. . . 9
1.1.2.1 Absorption . . . 9
1.1.2.2 Dispersion hromatique . . . 11
1.1.2.3 Biréfringen e . . . 12
1.1.3 Eetsnon linéaires . . . 13
1.1.3.1 Eet Brillouin . . . 13
1.1.3.2 Eet Raman . . . 14
1.1.3.3 Eet Kerroptique . . . 15
1.1.4 Modélisationde lapropagation dans une bre optique. . . 16
1.1.4.1 Equation non linéairede S hrödinger . . . 16
1.1.4.2 Laméthode de Fourieritérative . . . 17
1.1.5 État de l'art des bres unimodales . . . 18
1.2 Lesampli ateursparamétriques à bre optique . . . 18
1.2.1 Ampli ateur paramétriqueà une pompe . . . 19
1.2.1.1 Mélange àquatre ondes dégénéré . . . 19
1.2.1.2 Ampli ateurinsensible àla phase . . . 20
1.2.2 Ampli ateur paramétriqueà deux pompes . . . 23
1.3 Historique etétat de l'art des ampli ateursparamétriques à breoptique 25 2 Etude des ampli ateurs paramétriques à deux pompes 31 2.1 Introdu tion . . . 31
2.2 Modèle analytique à six ondes . . . 32
2.2.1 Théorie . . . 32
2.2.2 Impa t des bandes latéralessur le gain . . . 35
2.3 Impa t de la modulationde phase . . . 37
2.3.2 Élargissement de l'idler . . . 38
2.3.3 Flu tuationsdu gain paramétrique . . . 39
2.3.3.1 Développementanalytique . . . 40
2.3.3.2 Simulationsnumériques . . . 43
2.3.3.3 Conversiondelamodulationdephaseenmodulation d'am-plitude. . . 46
2.3.3.4 Impa t de la variationdu zéro de dispersion . . . 47
2.4 Réalisationexpérimentaled'unampli ateurparamétriqueàdeux pompes àl'aide d'un modulateur de phasedouble . . . 50
2.4.1 Introdu tion . . . 50
2.4.2 Présentation du modulateur de phase double . . . 50
2.4.3 Montage expérimental . . . 51
2.4.4 Résultats . . . 53
2.4.4.1 Spe tre de gain . . . 53
2.4.4.2 Analyse basse fréquen e du signalet de l'idler . . . 54
2.4.4.3 Comparaisonsave lasimulation numérique . . . 57
2.5 Con lusion . . . 59
3 Cartographie du gain paramétrique par analyse Brillouin dans le do-maine temporel 61 3.1 Motivation . . . 61
3.2 Prin ipe . . . 62
3.2.1 Présentation de l'analyse Brillouin dans le domaine temporel (B-OTDA) . . . 62
3.2.2 Prin ipe de la mesure. . . 64
3.3 Expérien e . . . 65
3.3.1 Montage expérimental . . . 65
3.3.2 Résultats . . . 67
3.4 Vers la artographie de la dispersion . . . 71
3.4.1 Prin ipe . . . 71
3.4.1.1 Théorie . . . 71
3.4.1.2 Méthode pour réduire l'in ertitudesur
∆β
L
. . . 733.4.1.3 Extra tiondes oe ients de dispersion
β
2
,β
3
etβ
4
. . . 733.4.2 Simulationnumérique . . . 74
3.4.2.1 Cas sans bruit de mesure . . . 74
3.4.2.2 Cas ave bruit de mesure . . . 77
3.5 Con lusion . . . 78
4 Ampli ation paramétrique d'un signal dans une bou le de répli ation 81 4.1 Cadrede l'étude. . . 81
4.1.1 Présentation du projet d'é hantillonnage Mono oup Ultra Large-bande Optique(MULO) . . . 81
4.1.2 Cahierdes harges de l'ampli ateurparamétrique . . . 82
4.2 Dimensionnement de l'ampli ateurparamétrique . . . 83
4.2.1.1 Régime linéaire . . . 84
4.2.1.2 Régime de saturation. . . 85
4.2.2 Impa t de la rétrodiusion Brillouinstimulée. . . 87
4.3 Etude du fa teur de bruit dans la bou le àrépli ation . . . 89
4.3.1 Dénitiondu fa teur de bruit . . . 89
4.3.2 Impa t du bruit quantique . . . 90
4.3.2.1 Lebruit quantique dans un ampli ateuret un atténuateur 90 4.3.2.2 Théoriedu fa teur de bruit dans labou lede répli ation . 91 4.3.2.3 Simulationnumérique . . . 93
4.3.2.4 Utilisationd'un oupleur déséquilibré . . . 94
4.3.3 Impa t du bruit de lapompe . . . 98
4.3.3.1 Pompe moduléeen phase par une séquen e PRBS . . . 98
4.3.3.2 Bruitde phase aléatoired'une pompemonomode . . . 100
4.3.3.3 Pompe partiellement ohérente . . . 101
4.4 Con lusionset perspe tives. . . 103
Con lusion générale 105
Bibliographie de l'auteur
* Publi ations dans des Revues Internationales à Comité de Le ture :
P.1 T. Sylvestre, A. Vedadi, H. Maillotte, F. Vanholsbee k, S. Coen, Super ontinuum
generation using ontinuous-wave multiwavelength pumping and dispersion
mana-gement,Opti s Letters, vol. 31,no. 13, (2006),p.2036-2038.
P.2 A. Vedadi, A. Mussot, E. Lantz, H. Maillotte, T. Sylvestre, Theoreti al study of
gaindistortions indual-pumpberopti alparametri ampliers,Opti s
Commu-ni ations, vol.267, no. 1, (2006), p.244-252.
P.3 A.Vedadi,D. Alasia,E. Lantz, H. Maillotte,L. Thévenaz, M. González-Herráez, T.
Sylvestre, Brillouinopti al time-domain analysis of ber-opti parametri
ampli-ers,IEEE Photoni s Te hnology Letters,vol. 19,no. 3, (2007),p.179-181.
P.4 A.Vedadi,J.C. Beugnot,E.Lantz, H.Maillotte,J.Hauden,T. Sylvestre,
Demons-trationof an integrated Y-jun tion LiNbO3 syn hronized ounter-phase modulator
and itsappli ationstober opti alparametri ampliersand onverters, Journal
of Lightwave Te hnology (A paraître,2007).
* Conféren es Internationales ave Pro eedings à Comité de Le ture :
PrI.1 T.Sylvestre,A.Vedadi,A.Mussot,E.Lantz,H.Maillotte,Continuumgeneration
inadispersion-shiftedber usingone ortwo ontinuous-wave Ramanberlasers,
NonlinearGuidedWavesand theirAppli ations 2005,Dresden,ALLEMAGNE,6-9
Septembre 2005. Nonlinear Guided Waves and Their Appli ations Conferen e on
CD-ROM,(TheOpti alSo ietyof Ameri a,Washington,DC, 2005),paperThB10.
PrI.2 A. Vedadi, D. Alasia, E. Lantz, H. Maillotte, L. Thévenaz, M. González-Herráez,
T. Sylvestre, Brillouinopti al time domainanalysis ofber opti parametri
am-pliers, European Conferen e on Opti al Communi ation 2006, Cannes, 24-28
Septembre 2006. ECOC 2006 Pro eedings, vol.4, (2006),paper Th.1.3.7, p.25-26.
PrI.3 A. Vedadi, J-C. Beugnot,E. Lantz, H.Maillotte, J.Hauden, T. Sylvestre, Fiber
opti al parametri amplier based on a novel LiNbO3 syn hronized double phase
modulator,Opti alFiberConferen e,OFC2007,Anaheim,USA,25-29mars2007.
* Conféren es Nationales ave A tes à Comité de Le ture :
Pr.1 A.Vedadi,D.Alasia,E.Lantz,H. Maillotte,L.Thévenaz, M.Gonzáles-Herráez,T.
Sylvestre,Mesure distribuée du gain dun ampli ateurparamétrique àbre
op-tiquepar rétrodiusion Brillouin,25èmes Journées Nationalesd'Optique Guidée,
Metz, 7-9Novembre 2006. Re ueildes Communi ations JNOG(2006), p.250-252.
Pr.2 A. Vedadi, N. Grossard, J.C. Beugnot, E. Lantz, H. Maillotte, J. Hauden, T.
Syl-vestre,UndoublemodulateurdephaseLiNbO3pourlampli ationparamétrique
sur bre optique , 26èmes Journées Nationales d'Optique Guidée, Grenoble, 2-5
Juillet 2007. Re ueildes Communi ations JNOG(2007).
* Workshops et E oles d'Eté Internationaux :
WI.1 A. Vedadi, D. Alasia,E. Lantz, H. Maillotte, L. Thévenaz, M. González-Herráez,
T. Sylvestre, Brillouinopti al time domainanalysis ofber opti parametri
am-pliers, rst Te hni al Meeting "European COST Workshop 299 FIDES", Mons,
Belgique,10-11 Mai 2006.
WI.2 T. Sylvestre, A. Vedadi, H. Maillotte, F. Vanholsbee k, S. Coen, M.
González-Herráez, S. Martin-Lopez, Super ontinuum light generation in the
ontinuous-wave regime, rst Te hni al Meeting "European COST Workshop 299 FIDES",
Mons, Belgique,10-11 Mai 2006.
* Contrats, rapports :
R.27 Repli ation MULO par ampli ationparamétrique sur bre,Rapport nal du
ContratdétudetripartiteCEA/CESTA/DLP-FEMTO-ST/LOPMD-PHLAM,
Introdu tion
L'habilité à ommuniquer onstitue un des fondements du progrès des ivilisations
humaines.Ledéveloppement des moyens de ommuni ation adon toujours été un enjeu
apital des so iétés. Depuis l'avènement en Perse, il y a 2500 ans, du servi e postal, la
apa ité à transmettre un maximum d'information sur une longue distan e en un
mi-nimum de temps s'avère être une des quêtes de l'Homme. Aujourd'hui, les moyens de
télé ommuni ationsmodernesfont partide notre quotidienetnous permettentde
parta-ger quasi-instantanément de lavoix, de l'image oudu texte ave un interlo uteur situé à
des milliers de kilomètres.
Lesinnovationste hnologiquesquiontpermisunetelleprouessetrouventleursorigines
aumilieudu XIX eme
siè le. L'invention du télégraphe permet lespremières
télé ommuni- ations transo éaniques. Il s'agit alors de transmettre du texte grâ e au ode de Morse,
ave un débit de 60mots à la minute (équivalentaujourd'hui à 64bits/s). Puis la
dé ou-verte de lapiézoéle tri itépermit de oder la voix en signaux éle trique. C'étaitledébut
du téléphone, qui onnut un large su ès tout au long du XIX eme
siè le et s'implanta à
travers le monde. Dès lors, la ourse au débit s'a élère. L'enjeu pour les opérateurs de
télé ommuni ationsest de pouvoirtransporterun maximumde ommuni ations
télépho-niquessimultanémentsurdelonguesdistan es (réseauxdorsaux).Denouvelleste hniques
detraitementdusignaletdemultiplexagedessignauxsontinventées.L'essentieldutra
est alors transporté par des âbles oaxiaux et dans les années 70, des débits d'environ
260Mbits/ssont atteints sur les réseaux dorsaux.Ces systèmes sont limités ar ils
né es-sitentune régénérationdu signal à des intervalles trop ourts pour être é onomiquement
viables. On pense alors aux télé ommuni ations par satellite pour tenter d'augmenter le
débit auniveau des réseaux dorsaux.
Dans les années 60, le prin ipe du guidage de la lumière dans les bres de verre
est onnu depuis une entaine d'années et est utilisée pour l'endos opie. Les re her hes
ont permis de diminuer onsidérablement les pertes dans es bres. Kao et Ho kman
suggèrent en 1964, puis démontrent en 1966, qu'une bre de sili e peut potentiellement
transporterunetrèsgrandequantitéd'informationsurdelonguesdistan es.C'estledébut
des ommuni ationsoptiques. Ils'en suivraalors unprogrèsrapide delate hnologieetle
premiersystème de télé ommuni ations optiqueest ommer ialiséen 1980.Ces systèmes
permettent d'une part des débits de plus en plus grands, et d'autre part d'augmenter la
A ette mêmepériode, parallèlement,les ordinateurs personnels ommen entà
enva-hir le mar hé du grand publi . Des proto oles ont été développés à la n des années 70
pour faire ommuniquer es diérents appareilsentre eux.Les réseaux des opérateurs ne
sont plus uniquement téléphoniques mais transmettent aussi des données. Vers le début
des années 1990, la mise à disposition d'Internet au grand publi , ainsi que l'apparition
des réseaux de ommuni ation mobile bas ule la so iété mondialisée dans l'ère des
télé- ommuni ations. Les réseaux dorsaux doivent assurer le transport d'un tra en pleine
explosion. D'énormes investissements en re her he et développement sont alors engagés.
Les ampli ateurs à bres dopées Erbium (EDFA), développés dans les années 80, sont
installés. Ils permettent de ré-amplier le signal sans onversion opto-éle trique et sur
une pluslargebandespe trale.Ils orentainsilapossibilitéde multiplexerlessignaux en
longueur d'onde et multiplient ainsi le débit des réseaux dorsaux. De nombreuses
te h-nologiespour ledéveloppement de omposantspermettantle traitementtout optique du
signal sont également proposées. Le début des années 2000 a vu l'engouement pour les
télé ommuni ationss'estomper.Pourtant,lademandeen débit ontinued'augmenter.Les
systèmes de ommuni ations optiquessont progressivement déployésdans les réseaux
lo- aux et hez l'abonné. Ces besoins justient le développement de nouveaux omposants
de traitement ultra rapidedu signal optique.
C'est dans e ontexte que se situe e travail de thèse. Plus pré isément, l'objet des
études présentées dans e manus rit est la re her he d'outils de traitement ultra-rapide
de l'informationtransporté par la ou he physique des télé ommuni ations. En eet, de
nombreuses re her hes es dernièresannées ontmontré lavariétéd'appli ationspossibles
à partir de l'ampli ation paramétrique à bre optique. Ce manus rit est omposé de
quatre hapitres.
Dans le premier hapitre, nous introduirons lesoutils théoriques né essaires à l'étude
et àla ompréhension des ampli ateurs paramétriquesà bre optique. Nousétudierons
d'abord la propagation linéaire dans les bres optiques onventionnelles. Nous
expli ite-ronsaussileseetsnonlinéairesetl'eetKerroptiqueenparti ulierdans esbres.L'eet
Kerr optique est responsable du mélange à quatre ondes, qui est l'origine physique à la
base des ampli ateurs paramétriques (FOPA). Nous étudierons ensuite théoriquement
lesar hite tures d'ampli ateur à une pompe età deux pompes.
Le deuxième hapitre on erne les FOPAs à deux pompes. Ces omposants sont
po-tentiellement intéressants pour les télé ommuni ations. Ils permettent en eet de lever
ertaines limitations des FOPAs à une pompe, mais sont ependant plus omplexes à
mettre en ÷uvre expérimentalement.Nous étudierons d'abord théoriquement lesFOPAs
àdeux pompes. Nousanalyserons égalementle bruitapporté parlamodulationde phase
des pompes, inévitables pour supprimer la rétrodiusion Brillouin stimulée dans toute
bre optique. Nous donnerons la démonstration théorique que deux pompes modulées
en opposition de phase annulent toutes distortions de gain liée à ette modulation de
phase.Nousprésenteronségalementunemiseen ÷uvre expérimentaled'un FOPAàdeux
pompes, intégrantun nouveau modulateur de phase doubleréalisé en partenariatave la
en opposition de phase et permet ainsi une onversion de longueur d'ondetransparente.
Le troisième hapitreprésente e qui onstitue, ànotre onnaissan e, lapremière
me-sure distribuéedu gain paramétriquelelong de labreoptique servant de milieu
ampli- ateur. Ces travaux ont été réalisésen ollaborationave l'E ole Fédérale Polyte hnique
de Lausanne (EPFL), en Suisse. Ils sont basés sur l'analyse Brillouin dans le domaine
temporel (B-OTDA). Dansune se onde partie,nous tâ herons d'explorer ommentil
se-raitpossible àpartir de es mesures de remonter à la artographiede ladispersion de la
bre ampli atri e.
Lequatrième hapitrerelateuneétude théoriqueetnumériquesur une bou leà
répli- ation intégrant un FOPA à une pompe. Ces travaux ont été réalisés dans le adre d'un
ontratave leCentre d'EtudesS ientiquesetTe hniquesd'A quitaineduCommissariat
à l'Energie Atomique (CEA/CESTA), regroupant aussi le Laboratoire de Physique des
Lasers, Atomes et Molé ules(Phlam) de l'université de Lille.L'originalitéde ette étude
réside dans l'exploitationdes ampli ateurs paramétriques dans la fenêtre de longueurs
d'ondes autour de
1µm
. Nous avons dans un premier temps dimensionné le FOPA en fon tion d'un ahier des harges. Puis nous avons étudié le bruit a umulé sur lesré-pliques su essives issues de la bou le. Une originalité de ette étude réside dans le fait
que le signal à amplier se situe dans la fenêtre d'ampli ation de l'Ytterbium. La mise
Chapitre 1
Prin ipes et Généralités
Ce hapitre a pour but d'introduire les diérents phénomènes physiques et outils
né- essaires pour omprendre et modéliser les ampli ateurs paramétriques à bre optique
(FOPA). Dans un premier temps, nous rappellerons les diérents phénomènes linéaires
et non linéaires qui interviennent lors de la propagation d'une onde lumineuse dans une
bre. Puis nousdis uterons de lamodélisationde es phénomènes. Enn, nous tâ herons
de mettreen pla eles on epts théoriques pour l'étudedes ampli ateursparamétriques.
1.1 La propagation de la lumière dans les bres
op-tiques
Depuis lapremière moitiédu
20
èmesiè leetl'introdu tiondelamé anique quantique,
la lumière est onsidérée à la fois omme un ux de orpus ules de masse nulle,
appe-lées photons, etune onde éle tromagnétique[1℄. D'unpointde vue ma ros opique,il est
possible de dé rire e ux de photons uniquement par une onde éle tromagnétique. Le
hamp magnétique étant relié au hamp éle trique, onne s'intéressera qu'au hamp
éle -trique. Pour les signaux étudiés, nous supposons que le hamp éle trique d'une onde se
propageant sur l'axe
z
suivantla longueur de la bre s'é rit en notation omplexe :~
E(x, y, z, t) = E(x, y, z)e
−(jω
0
t−β(ω
0
)z)
~u
(1.1)
E(x, y, z)
est l'enveloppe lentement variable de l'onde,ω
0
la pulsation de l'onde tandis queβ(ω
0
)
estla onstantedepropagationde l'onde.~u
représentelapolarisationde l'onde. Dansnotre as, onpeut fairel'approximationque ettepolarisationest dansleplan(x,y)transverse àladire tionde propagationde l'onde.Le hampréel sera donnépar lapartie
réelle du hamp omplexe
Re( ~
E)
. Dès le19
ème
Revêtement de protection
Gaine optique
Cœur
~10µm
(fibre monomode)
125µm
~230µm
n
g
n
c
(a)
(b)
θ
max
Fig. 1.1 (a) S héma en oupe d'une bre optique onventionnelle. (b) Prin ipe du
guidagepar réexiontotale interne (RTI).
.
premières expérien es dans les bresde verre remontent audébut du siè le, ave
notam-mentl'invention del'endos ope.Enenlevantlesimpuretésdu verre,onréussitàdiminuer
les pertes des bres de sili e jusqu'à 0,2dB/km dans la fenêtre des télé ommuni ations.
Cetteavan éete hnologiquemajeurepermitl'émergen edessystèmesde ommuni ations
optiques ommenous les onnaissons a tuellement.
1.1.1 Le guidage de la lumière
Les bres optiques onventionnelles généralement utilisées dans le domaine des
télé- ommuni ations sont onstituées de ou hes de sili e (
SiO
2
) on entriques d'indi e de réfra tion diérents, omme s hématisé sur la gure 1.1(a). Le ÷ur onstitue le guided'onde à l'intérieur duquel se propagent les ondes lumineuses. La gaine optique sert à
onner es ondes. Unethéorie omplète de la propagationdes ondeséle tromagnétiques
à l'intérieur du ÷ur né essite d'utiliser les équations de Maxwell [2℄. An de simplier
l'exposé et donner une vision plus instin tive de la propagation de la lumière dans une
bre optique, nous donnons une des ription géométrique. Dans le as le plus simple des
bres à saut d'indi e, le ÷ur est onçu pour avoir un indi e de réfra tion
n
c
légère-mentsupérieurà eluin
g
de lagaine(généralementpar dopageàl'oxydede germanium). Le prin ipe de la propagation des ondes lumineuses dans le ÷ur repose sur unesu es-sion de réexionstotales à l'interfa e ÷ur/gaineoptique (voirgure 1.1(b)). Leslois de
Snell-Des artes imposent que les ondes in identes en entrée de la bre et appartenant à
un ne d'angle
θ
M AX
se propagent le long de la bre. En utilisant les lois basiques de l'optique géométrique, onpeut dénir l'ouverture numérique O.N. omme:O.N. = sin(θ
M AX
) =
q
n
2
c
− n
2
g
(1.2)Enfon tionde leurangled'in iden elesondeséle tromagnétiquespeuvent ainsi
emprun-ter diérents hemins lors de leur propagation dans la bre. Cha un de es hemins est
un mode de propagation de la lumière. A haque mode de propagation orrespond une
distribution transverse de l'énergie lumineuse transportée. L'existen e de es modes de
rayon
a
du ÷ur de la bre.On dénitla fréquen e normaliséeV
omme:V =
2π
λ
a
q
n
2
c
− n
2
g
(1.3)Ce paramètre détermine le nombre de modes qui se propagent dans la bre. On montre
que lorsque
V < 2, 405
,la bre ne possède qu'un seul mode de propagation appelémode fondamental.Unetellebre seradénomméebremonomodeouunimodale,en oppositionaux bres multimodes. L'existen e de diérents modes de propagation peut onduire au
brouillage des bits su essifs transmis, e qui limite fortement le débit et la distan e
de transmission des signaux. Pour les télé ommuni ations à haut débit sur de longues
distan es, il est don né essaire d'utiliser des bres monomodes. Nous n'utiliserons que
es bres dans les travaux présentés. Elles possèdent un diamètre de ÷ur très inférieur
à elui des bres multimodes,de l'ordrede ladizaine de mi rons.
Les bres standards monomodes aujourd'hui employées sont les SMF-28. Elles sont
monomodespourdes longueursd'ondessupérieuresà900nm.Depuis unedizained'année,
de nouvelles bres dites à ristaux photoniques, ou en ore bres mi rostru turées, sont
développées. Dans es bres, la gaine est stru turée par des ylindres d'air de rayon
mi rométriqueautourdu ÷urquipeutêtreensili e,voirmême onstituéd'airoud'autres
matériaux. La stru ture de la gaine induit un indi e de réfra tion plus faible que elui
du ÷ur, permettant le guidage de la lumière [3, 4℄. Ces bres permettent de disposer
de guides d'onde monomodes sur la quasi-totalité du spe tre optique, de l'ultraviolet à
l'infrarouge.
Dans une bremonomode,le hampéle trique omplexe de l'ondeéle tromagnétique
s'é ritsous laforme
F (x, y)A(z)e
−(jω
0
t−β(ω
0
)z)
~u
,ave
F (x, y)
,larépartitiontransverse du hamp dans le mode de la bre etA(z)
l'enveloppe lentement variable suivant l'axe de propagationdelalumière.Danslasuite,nous onsidérerons queF (x, y)
est onstantesur lesfenêtres de longueurs d'ondes onsidérées.1.1.2 Eets linéaires
Lorsqu'un signal se propage dans une bre optique monomode, les diérentes
om-posantes du hamps éle trique subissent diérentes variationsliées à la fois au matériau
et au guide d'onde. Nous passons en revue es prin ipaux phénomènes qui limitent la
transmission du signal sans dégradation.
1.1.2.1 Absorption
Toute propagation dans un matériau induit des pertes de l'intensité lumineuse. Ces
d'ab-1.4
1.6
0.8
0.6
1.0
1.2
0.1
0.5
10
1
5
Longueur d'onde (µm)
Attén
uation
(dB/km)
Diffusion Rayleigh
Pic d’absorption
des ions
OH-Absorption
par la silice
Fig. 1.2 Atténuation spe trale typiqued'une bre SMF.
sorption
Γ
tel que:P
out
= P
in
e
−ΓL
(1.4)ave
P
in
, la puissan e en entrée etP
out
la puissan e en sortie de la bre de longueurL
. On dénit aussi le oe ient d'absorptionα
dB
en dB/km, qui est elui donné par le onstru teur, tel que :α
dB
=
P
out
dB
− P
dB
in
L
(en km)≃ 4, 4341Γ (Γ
en km−1
)
(1.5)On dénit une longueur de bre ee tivepour prendre en omptel'absorption [5℄:
L
eff
=
1 − exp (−ΓL)
Γ
(1.6)Lespremières bresoptiques possédaientdes pertestrop importantes pour envisager une
ommuni ationlongue distan e àl'aide de la lumière.Dès lesannées1960 ependant, on
ompritque es pertes étaient prin ipalement liées aux impuretés dans lasili e, et qu'en
améliorantlepro édédefabri ation,ilseraitpossibled'atteindreuneabsorptioninférieure
à 20dB/km autour de 1550nm. Ce seuil fût atteint dans les années 70 et des re her hes
omplémentaires permirent de se rappro her de lalimitethéorique de l'absorption par la
sili e.Cetteabsorption intrinsèqueest liéeàladiusion Rayleigh.Lagure 1.2montre le
prold'absorptiond'unebre onventionnellede type SMF-28en fon tionde lalongueur
d'onde. Cette absorption est très pro he de la limite de diusion Rayleigh et permet
d'envisager une fenêtre de transmission transparente entre 1300nm et 1600nm (soit
50THz). C'estla fenêtreutilisée aujourd'huipourles télé ommuni ations.Le pi observé
autour de 1390nm orrespond à une absorption des ions
OH
−
. De ré ents pro édés de
fabri ation,permettent de réduire e pi à des valeurspro hes de l'absorption théorique.
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
-60
-50
-40
-30
-20
-10
0
10
20
30
40
Longueur d'onde (nm)
Disp
ersion (p
s/km/nm)
Disp
ersion de la silice
λ
0
DSF
SMF
PCF
Fig. 1.3 Courbe de dispersion pour une bre standard (SMF), à dispersion dé alée
(DSF) et une bre mi rostru turée (PCF).
1.1.2.2 Dispersion hromatique
Dans la sili e, l'indi e de réfra tion dépend de la longueur d'onde. En onséquen e,
ha une des omposantes spe trales d'un signal se propage à une vitesse diérente le
long de la bre. Il en résulte un étalement temporel du signal. Ce phénomène est la
dispersion hromatique. Dans les bres optiques, la géométrie du guide ontribue aussi
à la dispersion totale. Ainsi, les bres onventionnelles SMF (voir gure 1.3) ont un
prol de dispersionassez pro he de elle de lasili e. On onstate que ettedispersion est
nulleautour de
1, 3µm
.En réalisantun prold'indi e du ÷ur parti ulier,il est possible d'obtenirdesbresàdispersiondé alée(DSF)qui ombinentunefaibleabsorptionetunefaible dispersion dans la fenêtre de télé ommuni ations autour de
1, 5µm
[2, 5℄. Enn, les bres PCF permettent une grande exibilité du prol de dispersion, et notammentla possibilité de dé aler la dispersion nulle à une longueur d'onde désirée [4, 6℄. Cette
propriété est intéressante dans le ontexte des FOPAs, ar, omme nous le verrons plus
loin,unedispersionfaiblepermetd'obtenirunelargebandedegain.Considéronsunsignal
entré autourd'unepulsation
ω
0
.Ledéveloppement en sériede Taylorde la onstantede propagationβ(ω)
s'é rit:β(ω) = β(ω
0
) +
∞
X
k=1
β
k
k!
(ω − ω
0
)
k
(1.7)β
k
sont les dérivéesk
ièmede la onstante de propagation en
ω
0
. Dans la pratique, pour des signauxde télé ommuni ations dontlalargeurspe traleest faibledevantlapulsationentrale, le développement jusqu'à l'ordre 4 sut pour rendre ompte des phénomènes
physiquesobservés. Cesdérivées sontaussireliéesàlavitessedegroupe
v
g
,aveβ
1
= 1/v
g
etβ
2
= −
1
v
2
g
dv
g
dω
. Cette dernière expression montre la dépendan e de la vitesse de groupe à lapulsation.β
2
est appeléladispersion de la vitesse de groupe (GVD)et s'exprime ens
2
m
−1
dispersion
D
quiest dire tement relié àla longueur d'onde :D =
dβ
1
dλ
= −
2πc
λ
2
β
2
(1.8)D
s'exprime en ps/km/nm (voir gure 1.3). LorsqueD
est négatif (β
2
> 0
), on est en régime dit de dispersion normal, tandis que lorsqueD
est positif (β
2
< 0
), le régime de dispersionest ditanormal.Auvoisinagede la dispersionnulle, on exprimeaussi lapentede dispersion
D
S
en fon tion deβ
3
:D
S
(λ) =
dD
dλ
≃
2πc
λ
2
2
β
3
(1.9) 1.1.2.3 Biréfringen eDans la pratique, le rayon du ÷ur des bres n'est jamais parfaitement homogène.
De plus, la bre est toujours soumise à des ontraintes mé aniques même faibles[5℄. De
e fait, l'indi e de réfra tion dière suivant la dire tiontransverse du hamp. On dénit
alorsun axerapided'indi e
n
x
etunaxelentorthogonald'indi en
y
.Labiréfringen eB
m
dénit alors ladiéren e d'indi eentre l'axe rapideet l'axelent :B
m
= |n
x
− n
y
|
(1.10)Danslesbres onventionnellesSMF ouDSF,
B
m
est de l'ordrede10
−6
.Commeilexiste
des u tuations longitudinales des propriétés géométriques et/ou des ontraintes
mé a-niques de la bre, la biréfringen e n'est jamais onstante. Une onde éle tromagnétique
voit ainsi sa polarisation u tuer aléatoirement tout au long de sa propagation dans la
bre.
Demanièreanalogueàladispersion hromatique,ladiéren edevitessedegroupesur
ha un des axesinduit un dé alage temporel entre lesdeux omposantes de polarisation.
Ce dé alage varie aussi aléatoirement le long de la bre. La dispersion des modes de
polarisation(PMD) rend omptedu dé alage moyennéesur lalongueur de bre. Elleest
de l'ordre de
0, 1 − 1ps/
p(km)
dans laplupart des bres.Dans lasuite de e manus ript,sauf mention expli ite, nous ne tiendrons pas ompte
des eets de la biréfringen e. Nous ferons toujours l'hypothèse que les polarisations des
ondes en intera tion sont parallèles, et nous négligerons la PMD. Autrement dit, nous
laisserons de té le ara tère ve toriel du hamp et ne onsidérerons que des hamps
s alaires.Cette approximationreste valable par rapportaux longueurs de bre que nous
1.1.3 Eets non linéaires
Les équations de Maxwell dé rivent l'intera tion de l'onde éle tromagnétique ave le
matériau dans lequel elui- i se propage. Ces équations montrent que le hamp
éle tro-magnétique induit une polarisation de la matière. On peut en dériver une équation de
propagation quirelie ette polarisationinduite ave le hamp éle trique :
∇
2
E =
1
c
2
∂
2
E
∂t
2
+ µ
0
∂
2
P
∂t
2
(1.11)ave
µ
0
laperméabilitéduvide.Rappelonsquenoussommesdansl'approximations alaire des hamps. Pour résoudre ette équation, il est né essaire de onnaître la relation entrela polarisation
P
et le hampE
. Tant que l'intensité de l'onde in identeest faible, ette relationestproportionnelle.Onestenrégimelinéaire.Cependant,àdefortesintensités,lapolarisationinduite réé des dépla ementsde nuages d'éle trons, d'atomes oude densité
de matièreà l'intérieur de la bre. La polarisationinduite est alors non linéaire.Elle est
alors responsable de la réation de nouvelles harmoniques du hamp éle trique. On peut
é rirelarelationentre lapolarisationinduitedans lamatièreetle hamp éle triquede la
manièresuivante :
P = ǫ
0
χ
(1)
E + χ
(2)
E
2
+ χ
(3)
E
3
+ ...
(1.12) La sus eptibilité linéaireχ
(1)
représente les eets linéairessubis par l'onde tels la
réfra -tion
n =
p1 + Re(χ
(1)
)
et l'atténuation
Γ =
ω
c×n
Im(χ
(1)
)
. La sili e étant un matériau entrosymétrique, la sus eptibilité non linéaire d'ordre 2 (χ
(2)
) s'annule dans les bres
optiques. Lasus eptibilité d'ordre 3 (
χ
(3)
) est responsable des eets Brillouin,Raman et
Kerr que nous développerons par lasuite.
1.1.3.1 Eet Brillouin
Lapropagationd'uneondelumineusedansunebreoptiqueprovoquepar
éle trostri -tion des vibrationslo alesdu milieu, générant ainsi une onde a oustique. Ce phénomène
d'intera tion a ousto-optique est l'eet Brillouin. Il s'a ompagne de la rétrodiusion
d'uneonde optique,larétrodiusionBrillouin,dé aléedu tébasses fréquen es(Stokes)
de l'onde in idente ex itatri e par la fréquen e
∆ν
B
de l'onde a oustique. Ce dé alage Brillouin est d'environ10GHz
dans les bres optiques de sili e. Pour une onde quasi- ontinue d'intensité susamment élevée, l'eet Brillouinest distribué le long de labre,provoquantalorsl'ampli ationexponentielledelarétrodiusionBrillouin[7,5℄.Onparle
alors de rétrodiusion Brillouin stimulée(SBS), qui peut provoquer une déplétion
quasi-totalede lapompedanslesampli ateursparamétriquesetréduireainsileure a ité de
manière importante. Le seuil Brillouin
P
seuil
B
dénit la puissan e de l'onde in idente en entrée de bre telle quela puissan e réé hie par la rétrodiusion Brillouinstimulée soitégale à lapuissan e transmise en sortie de bre :
P
B
seuil
=
21A
eff
g
B
L
eff
∆ν
P
⊗ ∆ν
F W HM
∆ν
int
F W HM
0
1
2
3
4
5
0
100
200
300
400
500
Longueur de fibre (km)
Puissance de seuil Brillouin (mW)
Fig. 1.4 Seuil Brillouin en fon tion de la longueur d'onde dans une bre DSF.
A
eff
=
60µm
2
,
g
B
= 3 × 10
−11
m.W
−1
.
ave
A
eff
l'aire ee tive du mode transverse de la lumière.g
B
est le oe ient du gain Brillouinlinéaire qui vaut environ3 × 10
−11
m.W
−1
dans une bre standard [5℄. Notons
que e oe ientprend intrinsèquement en omptelemoyennagedu gain Brillouin
intro-duit par la répartition de la puissan e sur les deux axes de polarisation due à la faible
biréfringen e de la bre.
∆ν
int
F W HM
est la largeur spe trale à mi-hauteur intrinsèque à larétrodiusion Brillouinquidépend dire tement de la durée de vie du phonon a oustique
(environ
50
MHz dans la sili e), tandis que∆ν
F W HM
prend en ompte la variation du dé alage Brillouinlelongde labre,lorsque elle- iprésentedes inhomogénéïtés.Notonsquepour une bresusamment homogène, onpeut onsidérer es deux termeségaux. A
l'inverse, les inhomogénéïtés de la bre permettent d'augmenter le seuil Brillouin.
∆ν
P
est la largeur spe trale de l'onde in idente.∆ν
P
⊗ ∆ν
F W HM
est la largeur àmi-hauteur de la onvolution entre le spe tre de pompe et le spe tre de la SBS. Ce terme montrequ'ilest possibled'augmenterleseuil Brillouinen étendant lespe trede l'ondein idente,
par modulation d'amplitude ou de phase. La gure 1.4 montre, dans le as d'une bre
DSFhomogène d'aireee tivede
60µm
2
,lapuissan e de seuil Brillouinen fon tion de la
longueur de bre pour un signal mono hromatique. Comme nous le verrons plus loin, il
est né essaire d'utiliserdes puissan es de pompebien supérieures à e seuil pour réaliser
unampli ateurparamétrique.Ilest don né essaired'employerdeste hniquespour
aug-menter e seuil,soitenrendant lespe tre dugain Brillouininhomogènelelong delabre
[8,9, 10℄, soiten étendant le spe tre de la pompe[11, 12℄. Une autre appro he, en ore à
l'étude, onsiste à réer des bandes interdites phononiques pour annuler la propagation
de l'onde a oustique Brillouin[13℄.
1.1.3.2 Eet Raman
De manièreanalogue à l'eet Brillouin,la vibration molé ulaire dans la sili e induite
om-parables aux fréquen es optiques (de l'ordre de
100T Hz
dans la sili e). Ce phénomène s'a ompagne aussi de la diusion d'ondes optiques. La diusion Raman se fait dans lesdeux sens de propagationde la bre. Ellea lieudu té Stokes de l'ondeex itatri e, sur
une bande spe traled'environ30 THz ave un pi à 13THz. On montre quela puissan e
de seuil Raman
P
seuil
B
s'é rit [5℄:P
R
seuil
=
16A
ef f
g
R
L
eff
(1.14)ave
g
R
le oe ientdu gain Ramanqui vaut environ1 × 10
−13
m.W
−1
[5℄. Lapuissan e
seuil est généralement au delà de elle né essaire dans les ampli ateurs paramétriques.
L'eet Raman permet d'obtenir une bande de gain du té Stokes et une bande
d'atté-nuation anti-symétrique du té anti-Stokes. Ces ara téristiquessont exploitées pour la
réalisationd'ampli ateurs optiques. De larges bandes de gain ont ainsi été démontrées,
en ombinantune ouplusieurspompes[14℄. Il est aussi possible de ombiner le gain
Ra-manetlemélangeàquatreondespourréaliserdesampli ateursoudes onvertisseurs de
longueurd'ondeàtrès largebande[15,16℄.Cependant,lapartieréellede lasus eptibilité
nonlinéaireliéeauRamanpeut venir perturberl'a ordde phasedanslesFOPAsde très
large bande et dégrader le gain [17℄. Notons enn que la ontribution Raman provoque
une augmentation du bruit dans les ampli ateursparamétriques [18, 19℄.
1.1.3.3 Eet Kerr optique
L'eet Kerr optique est un phénomène non linéaire quasi-instantané qui induit une
modulation de l'indi e de réfra tion proportionnelle à la puissan e inje tée dans le
mi-lieu. Le oe ientde proportionnalité est appeléindi e de réfra tionnon linéaire
n
2
. On montre :n
2
=
3
8n
Re(χ
(3)
nl
) (m
2
.W
−1
)
(1.15) oùχ
(3)
nl
est la ontributionχ
(3)
qui provient de la déformationdes nuages d'éle trons des
atomes.L'indi e vu par l'onde in identevaut alors un indi e Kerr :
n
Kerr
= n + n
2
I
(1.16)ave I l'intensité de l'onde in idente. Bien que
n
2
soit relativement faible dans la sili e (de l'ordre de10
−20
m
2
W
−1
), la grande longueur d'intera tion, ainsi que la très faible
aire ee tive
A
eff
des bres optiques monomodes permet néanmoins d'exalterl'eet Kerr optique.On rend omptede e ara tère par le oe ientnon linéaireγ
qui s'exprimeen fon tion des propriétés opto-géométriques de la bre [5℄:γ =
2πn
2
λA
eff
(1.17)
L'eet Kerr est responsable de phénomènes non linéaires omme le mélange à 4 ondes,
l'automodulation de phase, la modulation de phase roisée. Le mélange à 4 ondes est
1.1.4 Modélisation de la propagation dans une bre optique
Pourrendre omptedu omportementdesampli ateursparamétriques,ilestessentiel
de pouvoir modéliser la propagation d'une onde dans une bre optique en prenant en
ompte les eets non linéaires et l'eet Kerr en parti ulier. Dans ette partie, les outils
né essaires à ettemodélisationsont évoqués. Ils permettent de dé rire le omportement
d'ondes o-propagatives. On supposera don notamment que la rétrodiusion Brillouin
et/ou Raman est négligeable.
1.1.4.1 Equation non linéaire de S hrödinger
On suppose que touteslesondes sont o-polariséesen entrée de labre ampli atri e
etonnégligetouteetdebiréfringen e.On onsidère don l'enveloppelentementvariable
omme s alaire. La propagation des ondes le long d'une bre est dé rite par l'équation
non linéaire de S hrödinger, qu'on peut é rire dans notre as sous la forme[5℄ :
∂A
∂z
= −
Γ
2
A + j
(
4
X
k=2
j
k
β
k
k!
∂
k
A
∂τ
k
+ γ|A|
2
A
)
(1.18)A
représente l'enveloppe lentement variable de l'amplitude des ondes en intera tion le long de la bre, autour de la pulsationω
P
. Le référentiel hoisi est en translation à la vitesse de groupe de l'onde pompe1/β
1
. Comme nous le verrons plus loin, dans le as des ampli ateursparamétriques,lalongueur d'onde entraledes ondesenintera tionesthoisietrèspro he delalongueurd'ondede dispersionnulle(ZDW)delabre.Pour ette
raison, an de prendre en ompte de façon réaliste la dispersion lors de la propagation
danslabre,ilest né essairede onnaîtrelesordressu essifs
β
2
,β
3
(pentede dispersion) etβ
4
( ourbure de dispersion).Lederniertermeàdroitedel'équationreprésentel'eetKerr.Cetermeestresponsable
de lagénération de nouvelles harmoniques oufréquen es. Pour prendre en ompte l'eet
Raman, il onviendra aussi de modier e dernierterme en [5℄ :
jγ
(1 − ρ)|A|
2
+ ρ
τ
Z
−∞
χ
R
(τ − t
′
)|A|
2
dt
′
A
χ
R
(τ )
est la réponse retardée de l'eet Raman dans la sili e [20℄.ρ
rend ompte de la ontributiondeχ
R
(τ )
à l'eet Kerr, et vaut 0,18 dans le as des bres en sili e. L'équa-tion (1.18) néglige l'eet de la biréfringen e. De nombreuses référen es traitent de esproblèmes [3,21, 22℄.
En parti ulier,du faitde la PMD, des ondes o-polariséesen entrée de bre sont
sou-misesàun oe ientnonlinéaireégalà
8
9
ème
e oe ient orrespond généralement au
γ
mesuré expérimentalement.Il a aussi été dé-montré que la PMD a un impa t sur la bande de gain dans le as des FOPAs à deuxpompes[23℄.
1.1.4.2 La méthode de Fourier itérative
Pourprendre en omptelesphénomènes omplexesquiontlieulorsde lapropagation
tels le bruit,l'allure temporelle et spe traledes ondes, la déplétion de la pompe,et ..., il
est né essaired'avoirre oursàdes simulationsnumériques. L'équation(1.18)estdon de
laforme
∂A
∂z
= ( ˜
D + ˜
N )A
.D
˜
estun opérateurdiérentielquirend omptede ladispersion etdel'absorptiondelabre(−
α
2
+j
4
P
k=2
j
k β
k
k!
∂
k
∂τ
k
),tandisqueN
˜
estl'opérateurnonlinéaire (jγ|A|
2
).Lasolutionde etteéquationest
A(z + ∆z) = A(z)e
( ˜
D+ ˜
N )∆z
.Numériquement,il
est plus aisé d'appliquer séparément l'opérateur
e
˜
N
dans l'espa edire tet l'opérateur
e
˜
D
dans l'espa edes fréquen es. Laméthode de Fourier itérativerepose sur lefait d'é rire:
e
( ˜
D+ ˜
N )∆z
= e
D
˜
∆z
2
e
N ∆z
˜
e
D
˜
∆z
2
(1.19)
Celarevientdon àdé omposerlabreensegments
∆z
.Onappliquealorssu essivement l'opérateurdiérentielsur une portion∆z
2
dans l'espa edes fréquen es,puis, après trans-formée de Fourier, l'opérateur non linéaire sur une portion∆z
dans l'espa e dire t, et à nouveau l'opérateurdiérentielsur∆z
2
dansl'espa edes fréquen essuiteàlatransformée de Fourier inverse (voir gure 1.5). On montre que l'erreur induite par ladé omposi-…
dz/2
dz
z
…
dz/2
dz/2
dz
dz
z
Fig.1.5 S héma de prin ipede laméthode de Fourieritérative
tion (1.19) est en
o∆z
3
. Cette méthode est parti ulièrement adaptée aux problèmes de
propagation dans un guide et permet une résolution numérique plus rapide que les
mé-thodesàélémentsnis[5,24℄.Notonsque etteméthodeneprendpasen omptelesondes
ontra-propagatives. Ainsilarétrodiusion Brillouinstimulée,qui ommenous leverrons
dans le pro hain hapitre peut diminuer fortement les performan es d'un ampli ateur
1.1.5 État de l'art des bres unimodales
De nombreuses bres ave des propriétés diérentes sont aujourd'hui disponibles sur
lemar hé pour des appli ationsvariées. Letableau i-dessous ré apitulelespropriétés de
quelques bres onventionnelles.
Fibre SMF DSF NZ-DSF DCF HNLF
A
ef f
(µm
2
)
70 60 60 208 − 12
α (dB/km)
à (1550nm
)0, 2
0, 2
0, 2
0, 35
0, 56
λ
0
(µm)
1, 27 − 1, 30 1, 55 1, 5 − 1, 6
"ajusté"1, 45 − 1, 58
D
S
(ps/nm
2
/km)
0, 07
0, 07
0, 07
0, 05
0, 04
γ(W
−1
km
−1
)
2
2
2
7
10 − 20
La bre monomode standard (SMF, Single Mode Fiber) est la plus répandue. Les
premières SMF étaient à saut d'indi e, bien qu'aujourd'hui la plupart ontdes stru tures
d'indi es de ÷ur plus omplexes. Les bres monomodes à dispersion dé alée, omme
évoquées pré édemment, sont onçues pour disposer à la fois d'une dispersion faible et
d'unepertefaibledanslafenêtredetélé ommuni ationsautourde
1, 55µm
.Ilest outume de faire une distin tion entre DSF (Dispersion Shifted Fiber) et NZ-DSF (NonZero-DispersionShiftedFiber)pour désignerunebredontladispersionnulleestàexa tement
1550
nm (aux variationslongitudinalesprès) ouune bre dont ladispersionnullesesitue autour de ette longueur d'onde. Dans le but de ompenser la dispersion des SMF, ilexiste aussi des bres à ompensation de dispersion (DCF, Dispersion Compensating
Fiber), possédant une forte dispersion normale dans le but de ompenser la dispersion
umuléedesimpulsionssepropageantdanslesréseauxdetélé ommuni ations[25℄.Enn,
dans lebutd'exalter leseets nonlinéairesdans lafenêtrede télé ommuni ations en vue
d'appli ations, on dispose aujourd'hui de bres dites hautement non linéaires (HNLF).
Elles se ara térisent par une absorption et une dispersion très faible dans la fenêtre de
télé ommuni ations. De plus, dotées d'un rayon de ÷ur plus petit que elui des DSFs,
elles atteignentdes oe ients non linéairesplusieurs foissupérieures à elles des DSFs.
Depuisunedizained'années,denouvellesbresditesà ristalphotoniquesont
dévelop-pées,possédantdetrèsforts oe ientsnonlinéaires.Ainsi,lesPCFspermettentd'ajuster
la dispersion nulle à la longueur d'onde désiréeet orent un
γ
supérieur à15W
−1
km
−1
.
Des bres fabriqués sur d'autres matériaux exhibent des oe ients non linéaires très
élevées. C'estle asdes bresau hal ogénure,oùles oe ientsdenon-linéaritépeuvent
atteindre plusieurs entaines de
W
−1
km
−1
.
1.2 Les ampli ateurs paramétriques à bre optique
Dansun milieuKerrtelquelabreoptique,lebattemententre deuxoutroisondesde
mélange à 4 ondes. Ce mélange à 4 ondes s'a ompagne d'un transfert d'énergie entre
une ou deux ondes pompes et deux ondes signal et idler. Les ampli ateurs
pa-ramétriques sur bre optique (FOPAs) sebasent sur e transfert d'énergie permis par le
mélange à 4 ondes. Nous allons ainsi her her à rendre aussi e a e que possible le
mé-langeà4 ondesquipermet letransfertd'énergie d'uneoudeux ondespompesvers l'onde
signal que l'on her he à amplier[26℄.Constatons que ette ampli ationparamétrique
s'a ompagne de la réationd'une onde onjuguée, l'idler.
On montre que es pro essus orrespondent àl'annihilationde deux photons pompes
et à la réation d'un photon signal et d'un photon idler. Le mélange à 4 ondes vérie la
onservation de l'énergie. Lorsque les photons pompes sont de même fréquen e, il s'agit
d'unpro essusàunepompedégénérée,etlorsqu'ilssontdefréquen esdistin tes,onparle
d'un système non dégénéré. Nous allons montrer, dans ha un de es deux as (une ou
deux pompes), les onditions pour rendre e transfert e a e tout au long d'une bre
monomode uniforme. L'absorption de labre sera de plus négligée.
1.2.1 Ampli ateur paramétrique à une pompe
1.2.1.1 Mélange à quatre ondes dégénéré
L'ampli ateurparamétriqueleplussimpleàréaliserexpérimentalementestleFOPA
àunepompedégénérée.Ilest basésur unpro essusdemélangeà4ondesdégénéréfaisant
seulement intervenir une onde pompe à la pulsation
ω
P
, un signal àω
S
et un idler àω
I
. La loide onservation de l'énergienous permet d'é rire :2ω
P
= ω
I
+ ω
S
(1.20)Nous négligeons toute autre harmonique réée par un autre mélange à 4 ondes. Nous
supposons de plus l'é art spe tral entre le signal et la pompe faible devant la fréquen e
de lapompe.Ensupposant de plusla répartitionspe traletransverse indépendantede la
pulsation,nouspouvonsé rirel'enveloppelentementvariabledu hamptotal entrésur la
pulsation
ω
P
ommeA = A
I
e
−j((ω
I
−ω
P
)t−(β
I
−β
P
)z)
+A
P
+A
S
−j((ω
S
−ω
P
)t−(β
S
−β
P
)z)
,aveβ
I
,β
P
etβ
S
les onstantes de propagation de l'idler, de la pompe et du signal respe tivement. L'équationde S hrödinger nonlinéairedé ritalorslapropagationde Adans labre.Elleonduitaux équations ouplées suivantes [5, 26℄ :
dA
P
dz
= iγ[(|A
P
|
2
+ 2|A
S
|
2
+ 2|A
I
|
2
)A
P
+ 2A
∗
P
A
S
A
I
exp (i∆β
L
z)]
dA
S
dz
= iγ[(|A
S
|
2
+ 2|A
P
|
2
+ 2|A
I
|
2
)A
S
+ A
∗
I
A
2
P
exp (−i∆β
L
z)]
dA
I
dz
= iγ[(|A
I
|
2
+ 2|A
S
|
2
+ 2|A
P
|
2
)A
I
+ A
∗
S
A
2
P
exp (−i∆β
L
z)]
(1.21)
ave
∆β
L
= β
S
+ β
I
− 2β
P
ledésa ordde phaselinéaire,etA
P
,A
S
etA
I
lesamplitudes lentement variables respe tives des ondes pompe, signal et idler. Le premier terme duro het à droite de ha une des équations (1.21) orrespond à une modulationde phase
Remarque importante : Nous onsidérons i i qu'iln'y a pas de dé alage temporel
entre les enveloppes lentement variables (SVEs) de la pompe, du signal et de l'idler au
ours de la propagation. Cette hypothèse revient à négliger la diéren e de vitesse de
groupe entre la pompe,le signal etl'idler.
Nous allons maintenant, dans des as parti uliers, résoudre es équations et montrer
les onditions né essairespouravoiruntransferte a e delapompeausignaletàl'idler
onjugué.
1.2.1.2 Ampli ateur insensible à la phase
Dans un ampli ateur insensible à la phase, seules les ondes signal et pompe sont
présentes enentrée.Onsuppose quelapuissan edelapompe
P
est biensupérieureà elle dusignalP
S
,sibienqueP
reste onstantelelongdelabreampli atri e(approximation de non déplétion de la pompe). Leséquations (1.21) seréé rivent :dA
P
dz
= iγP A
P
dA
S
dz
= iγ[2P A
S
+ A
∗
I
A
2
P
exp (−i∆β
L
z)]
dA
I
dz
= iγ[2P A
I
+ A
∗
S
A
2
P
exp (−i∆β
L
z)]
Ces dernières équations traduisent le fait que l'eet Kerr est prin ipalement induit par
la puissan e de la pompe. Il provoque une automodulation de phase de la pompe. La
solution stationnaire de l'enveloppe de l'onde pompe s'é rit ainsi :
A
P
=
√
P exp (iγP )
. On en déduitalors pour lesignal et l'idler:dA
S
dz
= iγ {2P A
S
+ A
∗
I
P exp (i[γP − ∆β
L
]z)}
dA
I
dz
= iγ {2P A
I
+ A
∗
S
P exp (i[γP − ∆β
L
]z)}
Lesondesidleretsignalsubissentunemodulationde phase roiséeinduitparlapuissan e
de l'onde pompe etun mélange à 4ondes provenant de l'intera tion entre l'onde pompe
et l'onde onjugué du signal oude l'idler. Remarquons quele déphasage introduit par la
pompe sur ha une des ondes signal et idler est
2γP
. Ce terme est appelé le déphasage non linéaire.On introduit une rotationde la phasedes ondessignal et idler de∆β
2
− γP
.Les nouvelles enveloppes lentement variables
A
′
S
= A
S
e
i(γP −
∆β
2
)z
etA
′
I
= A
I
e
i(γP −
∆β
2
)z
vérient alors lesystème d'équations i-dessous :dA
′
S
dz
= i
κ
2
A
′
S
+ iγP A
′
∗
I
dA
′
I
dz
= i
κ
2
A
′
I
+ iγP A
′
∗
S
(1.22) ave :κ = 2γP + ∆β
L
(1.23)l'a ord de phase entre les ondes pompe, signal et idler.
κ
ontient la ontribution non linéaire et linéaire au déphasage global entre les ondes en intera tion. En ombinant esdeux relations, ontrouve queles solutionsgénérales de
A
S
s'é rivent sous laforme[26℄ :A
S
= (ae
gz
+ be
−gz
)e
i(2γP −
κ
2
)z
ave :
g
2
= (γP )
2
− (
κ
2
)
2
.
(1.25)
Pour avoirdu gainsur lesignal,ilfautné essairementque
g
soitréel.g
estalorsappeléle gain paramétriquelinéïque.Notons que ela impose|κ| ≤ 2γP
.On ditquelesondes sont alors en quasi-a ord de phase.Pour un ampli ateur insensible àla phase,A
S
(z = 0) =
√
P
S
e
iφ
S
(φ
S
étant la phase de l'onde en entrée de bre)etA
I
(z = 0) = 0
. On en déduita = b
∗
=
√
P
S
e
jφ
S
(1 + i
2g
κ
)
.Legain paramétriquedu signal|A
S
(z=L)|
2
|A
S
(z=0)|
2
en sortied'unebre
de longueur Ls'é rit alors :
G = 1 +
γP
g
sinh(gL)
2
(1.26)
Notons quelaphasedu signalen entrée de labren'intervientpas dans ette expression.
Pour ette raison, l'ampli ateur est dit insensible à la phase et la ondition de
quasi-a ord de phase est né essaire et susante pour avoir du gain paramétrique. Insistons
bien que lorsque l'idler est présent en entrée de la bre, le gain paramétrique dépend
alors fortement des phases initialesdes ondes qui peuvent onduire à une atténuation du
signal [27℄. De plus, pour un grand gain d'ampli ationou une fortepuissan e du signal
d'entrée, l'approximation de non déplétion de la pompe ne tient plus. Ce as sera traité
aux hapitres3 et4.
Il est don possible de on evoir des ampli ateurs à large bande sous réserve
d'at-teindre un quasi-a ord de phase. Il onvient d'exprimer à e stade
∆β
L
en fon tion des ordres de dispersion àla pulsationpompeω
P
:∆β
L
= 2
∞
X
k=1
β
2k
(2k)!
∆ω
2k
(1.27)∆ω
est l'é arten fréquen e entre la pompeet lesignal,β
2k
sont lesdérivées d'ordrepair de la onstante de propagation à la pulsationpompe. Rappelons qu'en pratique,la priseen ompte de
β
2
etβ
4
est susante pour modéliser un phénomène de propagation [28℄. Ces deuxdernières équationsmontrentquelabandede gainest symétriqueparrapportàlapulsation pompe, ar elledépend des puissan es paires de
∆ω
.De plus, en notant que la ondition de quasi-a ord de phase revient à−4γP ≤ ∆β
L
≤ 0
, on omprend queplusγ
ouP
est grand, plus la bandedu FOPA sera élevé.Par ailleurs, on observe aussi qu'en positionnant la pompe en dispersion très
légère-ment anormale (
β
2
< 0, β
2
∼ 0
), il est possible d'obtenir une bande de gain assez large. Une bande de gain typique est représentée sur la gure 1.6(a). On observe deux lobessymétriques. Dans la région pro he de la pompe, on peut négliger
∆β
L
. Le gain est dit parabolique ets'é ritG = 1 + (γP L)
2
. Lorsque l'a ord de phase est parfait (
κ = 0
) on dit que le gain est exponentiel et s'é ritG = 1 + (sinh(γP L))
2
. L'évolution du
gain pour es deux régimes distin ts en fon tion de la longueur de bre est représenté
sur la gure 1.6(b). Le spe tre de gain large représenté sur la gure 1.6(a) orrespond
nulle
λ
0
de la bre. Siλ
P
> λ
0
(régime de dispersion anormale ave la dispersion de vitesse de groupeβ
2
négativeet susamment forte), leterme de désa ord de phase non linéaireγP
, toujourspositif,peut ompenserexa tement ledésa ord∆β
L
,négatif, d'où l'a ordde phase parfait. Cependant lespe tre de gain serétré it rapidement aufuret àmesure que
λ
P
s'éloignedeλ
0
.−150
−100
−50
0
50
100
150
0
4
8
12
16
∆λ (nm)
Gain
(dB)
exponentiel (κ=0)
Pompe
parabolique (∆β
L
~ 0)
(a)
0
20
40
60
80
100
0
10
20
30
40
longueur de fibre (m)
G
a
in
(é
chelle
linéa
ir
e)
κ=0
∆β
L
~ 0
(b)
Fig. 1.6 (a) Spe tre de gain typique d'un ampli ateur paramétrique ave
γ =
25W
−1
km
−1
,
P = 1W
etL = 100m
.∆λ
est l'é art en fréquen e entre la pompe etle signal.(b) Evolution du gain paramétrique en fon tion de lalongueur en régime
para-bolique(tirets) etexponentiel (trait ontinu).
En régime de dispersion normale,
λ
P
< λ
0
aveβ
2
positif et susamment grand, l'a ord de phase parfait n'est jamais atteint et on obtient juste un gain parabolique auvoisinageimmédiatde lapompe(spe trede gainensinus ardinaltrèsétroit entré sur la
pompe).Auvoisinageimmédiatde
λ
0
,pourβ
2
nul, 'estletermepaird'ordresupérieurβ
4
quirégit l'a ordde phase etdon leprolde gain. Delargesbandes degain, supérieuresà 100nm,ont été démontrés expérimentalement [29℄.
Cependant, onobserveque legain varie fortementsur ettebande. Plus pré isément,
les équations (1.23) et (1.27) montrent que l'a ord de phase est un polynme du
4
èmedegré en
∆ω
S
. Il possède au plus quatre ra ines deux à deux symétriques. Pour avoir annulation de l'a ord de phase en quatre ra ines distin tes, il fautβ
2
< 0
etβ
4
> 0
. Dans es onditions, en ajustant judi ieusement la position de la pompe(et donβ
2
), il est possible d'avoir deux bandes symétriques àω
P
de gain plat [30, 31℄. Cependant, le gain hute toujours fortement au voisinage de la pompe ou lorsqueκ
devient négatif, e qui onstitue une limite à la réalisation de grandes bandes passantes de gain plat. Uneappro he intéressante onsiste à on aténer plusieurs bres de dispersions diérentes.
La variation de la dispersion hange les onditions d'a ord de phase, permettant ainsi
d'aplanir le gain sur toute la bande. Il a été démontré numériquement qu'une bande
plate de 200nm ave moins de 0,2dB d'amplitudedes os illationsdu gain peut ainsi être
obtenue [32℄. Une autre appro he est d'utiliser deux pompes distin tes à la pla e d'une