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Extrema liés (par les sous-variétés)

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

4.3 Extrema liés (par les sous-variétés)

Références : F. Rouvière, Petit guide de calcul différentiel, Cassini, 2014, J. Lafontaine, Introduction aux variétés différentielles, PUG, 1996,

V. Beck, J. Malick, G. Peyré, Objectif Agrégation, H & K, 2005.1 Leçons concernées : 159, 214, 215, 219.

Théorème 1. Soit f, g1, . . . , gr des fonctions réelles de classe C1 sur un ouvert U de Rn. On note X l’ensemble de x P U tels que g1pxq “ ¨ ¨ ¨ “ grpxq “ 0. Si f|X admet un extremum local en a et les formes linéaires dg1paq, . . . , dgrpaq sont indépendantes, alors il existe 1, . . . , r dans R tels que

dfpaq “ 1dg1paq ` ¨ ¨ ¨ ` rdgrpaq, autrement dit, les formes linéaires dfpaq, dg1paq, . . . , dgrpaq sont liées.

Lemme 2. Soit g : U Ä RnÑ Rp une submersion en a P U (une application différentiable sur U dont la différentielle en a dgpaq : RnÑ Rp est surjective). Alors il existe V Ä U un ouvert contenant a tel que l’application

h : U ݄ R

n

x“ px1, . . . , xnq fiÑ pg1pxq, . . . , gppxq, xp`1, . . . , xnq. définisse un C1 difféomorphisme sur son image W .

Démonstration. Quitte à permuter les coordonnées, on peut supposer que la matrice B : ˆ Bgi Bxjpaq ˙ 1§i,j§p

est inversible. La matrice jacobienne en a de h est alors la matrice par blocs ˆ

B p˚q

0 In´p ˙

qui est inversible. Ainsi, d’après le théorème d’inversion locale, il existe V Ä U contenant atel que h|V soit un difféomorphisme sur son image W Ä Rn.

Démonstration (Théorème). Par hypothèse sur les gi, X est lisse au point a (vérifie les hypothèses d’une sous-variété au point a). On définit TaX l’espace tangent de X en a comme :

TaX :“ !

v P Rn,D" ° 0, D : s ´ ", "rÑ X, de classe C1, p0q “ a et 1p0q “ v).

1. Merci à Adrian Petr pour son aide cruciale sur ce développement.

(2)

Étape 1 : l’application dfpaq est nulle sur l’espace tangent : soit v P TaX associé à . La fonction de classe C1 f˝ : s ´ ", "rÑ X admet un extremum local en 0 par hypothèse, donc f ˝ 1p0q “ 0, or,

f˝ 1p0q “ dfpaq ¨ 1p0q “ dfpaq ¨ v “ 0. Étape 2 : on montre que TaX “

r £ i“1

kerpdgipaqq. On procède par double inclusion. Soit 1§ i § r, alors par définition, @x P X, gipxq “ 0, donc en particulier, si v P TaX associé à

, pour tout t Ps ´ ", "r, gi˝ ptq “ 0 et donc

gi˝ 1p0q “ 0 “ dgipaq ¨ 1p0q “ dgipaq ¨ v “ 0.

Réciproquement, on sait par hypothèse que g “ pg1, . . . , gpq : RnÑ Rp est une submer-sion, on considère alors h : V Ñ W le C1 difféomorphisme donné par le lemme précédent : hpx1, . . . , xnq “ pg1pxq, . . . , gppxq, xp`1, . . . , xnq. Soit v P ìri“1kerpdgipaqq. On pose, pour tP R,

rptq “ hpaq ` t dhpaq ¨ v.

Il est clair que r est de classe C1. D’autre part, rp0q “ hpaq P W , ainsi, il existe " ° 0 tel que pour tout |t| † ", rptq P W . Enfin, on remarque que

hpX X V q “ W X pt0u ˆ Rn´pq. Or, puisque v Pìr

i“1kerpdgipaqq,

dhpaq ¨ v “ pdg1paq, . . . , dgppaq, id, . . . , idq ¨ v P t0u ˆ Rn´p.

Ainsi, puisque hpaq P t0u ˆ Rn´p, pour tout |t| † ", rptq P W X pt0u ˆ Rn´pq. On considère alors “ h´1˝ r : s ´ ", "rÑ X, de classe C1, qui vérifie

1p0q “ dh´1phpaqq ¨ r1p0q “ pdhpaqq´1¨ dhpaq ¨ v “ v et donc v P TaX [Faire un dessin].

Étape 3 : on conclut. On a montré que TaX“

r £ i“1

ker dgipaq Ä ker dfpaq, c’est-à-dire que

dg1paq, . . . , dgppaq(0Ä dfpaq(0 et donc,

Vect`dfpaq˘Ä Vect`dg1paq, . . . , dgppaq ˘ par passage à l’orthogonal, c’est la conclusion recherchée.

(3)

On peut montrer le théorème spectral grâce au théorème des extrema liés (cf Beck, Malick, Peyré).

Application 3. Soit E un espace euclidien et soit u P LpEq symétrique. Alors il existe une base orthonormée de E formée de vecteurs propres de u.

Démonstration. On considère

f : E Ñ R

x fiÑ † upxq, x ° et g :

E Ñ R

x fiÑ † x, x ° ´1.

Alors S “ tx, gpxq “ 0u la sphère unité est compacte et donc f continue atteint son maximum sur S en e1. D’autre part dfpxqphq “ 2 † upxq, h ° et dgpxqphq “ 2 † x, h ° donc d’après le théorème des extrema liés, il existe 1 tel que dfpe1q “ 1dgpe1q, c’est-à-dire upe1q “ 1e1. On a donc trouvé une valeur propre 1 de vecteur propre e1 de norme 1.

On raisonne alors par récurrence sur F “ eK 1.

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