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Les déterminants de l'évolution de l'irrigation collective

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https://hal.inrae.fr/hal-02602977

Submitted on 16 May 2020

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Les déterminants de l’évolution de l’irrigation collective

S. Loubier, M. Campardon

To cite this version:

S. Loubier, M. Campardon. Les déterminants de l’évolution de l’irrigation collective. irstea. 2015, pp.32. �hal-02602977�

(2)

CONVENTION MAAF (BSE) - I

rstea

Agriculture et gestion durable de l’eau

2012-2013

Action n°4

MAI 2015

SEBASTIEN LOUBIER

MYRIAM CAMPARDON

UMR G-Eau

Centre de Montpellier

361, rue Jean-François Breton

BP5095

34196 Montpellier cedex 05

Tel : +33 467 04 63 00

Les déterminants de l’évolution

de l’irrigation collective

(3)

Table des matières

1 Contexte et objectifs ... 4

2 Rappels sur l’analyse du RA 2010 ... 5

3 Les hypothèses susceptibles d’expliquer la baisse de la surface équipée en collectif ... 8

3.1 Non comparabilité des RA 2000 et 2010 ... 8

3.2 Hausse des surfaces équipées ayant un accès mixte à la ressource ... 12

3.3 La réforme de la PAC ... 13

3.4 L’urbanisation ... 14

3.5 Une diminution du nombre de CUMA ? ... 14

3.6 La baisse des autorisations de prélèvement et la hausse de la fréquence des restrictions d’usage. ... 16

3.7 La hausse du coût de l’irrigation dont l’énergie ... 16

3.8 La spécificité des ASA par rapport aux autres réseaux collectifs ... 16

4 Une analyse complémentaire des données des recensements agricoles de 2000 et 2010 ... 18

4.1 Descriptif de l’échantillon d’exploitations ... 18

4.2 Que sont devenues les exploitations qui étaient équipées en 2000 ? ... 20

4.3 D’où viennent les exploitations qui sont équipées en 2010 ? ... 23

4.4 Quelle est l’orientation technique des exploitations qui s’équipent et qui cessent d’être équipées ? ... 26

5 Conclusion ... 29

(4)

Liste des figures

Figure 1 Surfaces irriguées et équipées des 5 derniers recensements agricoles (source : SSP 

Recensements agricoles de 1970 à 2010) ... 5

Figure 2 Variation de la superficie équipée à l’échelle cantonale entre 2000 et 2010 (source : SSP  Recensements agricoles 2010 et 2010). ... 6

Figure 3 Surface irriguée selon le mode d’accès à la ressource pour les 5 derniers recensements agricoles (source : SSP  Recensements agricoles de 1970 à 2010) ... 7

Figure 4 Partie du questionnaire du RA 2000 sur l’irrigation ... 8

Figure 5 Partie du questionnaire du RA 2010 sur l’irrigation ... 9

Figure 6 Superficies équipées des exploitations irriguées en 2000 et 2010 selon le mode d’accès à la ressource (source : SSP  Recensements agricoles 2000 et 2010) ... 12

Figure 7 Evolution entre 2000 et 2010 du nombre d’exploitation irrigantes, de leur surface équipée et irriguée selon le mode d’accès à la ressource en eau (source : SSP : Recensements Agricoles 2000 et 2010) ... 13

Figure 8 Evolution du nombre de CUMA entre 1998 et 2011 (source : entretien FNCUMA) ... 14

Figure 9 Répartition géographique des CUMA d’irrigation en 2006. Source (Bailly 2007). ... 15

Figure 10 Estimation de la structure de la surface équipée en France métropolitaine ... 17

Figure 11 Devenir des exploitations équipées en 2000 ... 21

Figure 12 Devenir des exploitations équipées en 2000 en % ... 22

Figure 13 Devenir des surfaces équipées des exploitations équipées en 2000... 22

Figure 14 Devenir des surfaces équipées des exploitations équipées en 2000 en % ... 23

Figure 15 Origine des exploitations équipées en 2010 ... 24

Figure 16 Origine des exploitations équipées en 2010 en % ... 24

Figure 17 Origine de la surface équipées des exploitations équipées en 2010 ... 25

Figure 18 Origine de la surface équipées des exploitations équipées en 2010 en % ... 25

Figure 19 Exploitations équipées en 2000 par OTEX ... 27

Figure 20 Structure par OTEX des exploitations équipées en 2000 ... 27

Figure 21 Evolution de l’effectif d’exploitations équipées par OTEX entre 2000 et 2010 ... 28

(5)

1 Contexte et objectifs

L’analyse du recensement agricole de 2010 montre une baisse très significative de l’irrigation collective alors que l’irrigation individuelle continue à croître à un rythme régulier compris entre 2 et 2.5% par an depuis plus de 20 ans. Depuis les années 80 (RA 1979), le taux de croissance annuel de la surface irriguée à partir de réseaux collectif a toujours été supérieur à celui de l’irrigation individuelle (5.5% par an entre 1979 et 1988 puis 3.4% entre 1988 et 2000). Depuis 2000, ce taux est non seulement inférieur à celui de l’irrigation individuelle mais il est en plus très négatif (-4.4% par an). Tout le territoire métropolitain est concerné par cette baisse. Cette évolution est problématique à deux niveaux. D’une part se substitueraient à des gestionnaires collectifs (limitant le nombre d’interlocuteurs) un nombre significativement plus important d’irrigants privés risquant de compliquer la gestion de la ressource et d’autre part, ceci risque de générer des difficultés d’équilibres budgétaires des gestionnaires des réseaux qui devront répercuter les charges fixes de gestion sur les irrigants restant risquant ainsi d’accélérer leur souhait de désengagement.

Dans ce contexte, l’objectif est de rechercher les déterminant de cette désaffection du collectif au profit de l’irrigation individuelle en recourant à des analyses complémentaires des RA 2000 et 2010 pour identifier les types d’exploitations concernées, leur implantation géographique, leur techniques d’irrigation (passage d’irrigation collective gravitaire dans le sud de la France à une irrigation individuelle privée en micro-irrigation par exemple). Cette analyse est également mise à l’épreuve d’avis d’experts rencontrés dans le cadre de missions et projets de recherche divers.

(6)

2 Rappels sur l’analyse du RA 2010

L’analyse de l’irrigation à partir des données du RA 2010 a fait l’objet d’un rapport en 2012 (Campardon et al. 2012) et a été le support de plusieurs articles dans le numéro spécial de la revue Sciences, Eaux et Territoires (Garin et al. 2013, Loubier et al. 2013, Loubier and Garin 2013).

La surface agricole irriguée en 2010 est de 1,57 million d’hectares. Le recensement agricole de 2010 met en évidence pour la première fois une stagnation de la surface irriguée qui auparavant ne cessait de croitre d’un recensement à l’autre (Figure 1 ). Par contre, les surfaces équipées, c’est-à-dire qui peuvent être irriguées, sont en diminution pour la première fois (moins 12% par rapport à 2000). Cette diminution est principalement localisée dans les bassins Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée (Figure 2 ).

Figure 1 Surfaces irriguées et équipées des 5 derniers recensements agricoles (source : SSP Recensements agricoles de 1970 à 2010)

Ce sont au total 73 600 exploitations qui ont irrigué en 2010, soit 15,3 % de l’ensemble des exploitations. 0 500 000 1 000 000 1 500 000 2 000 000 2 500 000 3 000 000 1970 1979 1988 2000 2010

Superficie irriguée (ha) Superficie équipée (ha)

(7)

Figure 2 Variation de la superficie équipée à l’échelle cantonale entre 2000 et 2010 (source : SSP  Recensements agricoles 2010 et 2010).

Si entre 2000 et 2010, la superficie irriguée est stable, on peut noter des évolutions significatives selon les cultures. Le maïs grain et semence perd plus de 135 000 ha. Cette réduction des surfaces irriguées concerne également les fourrages et prairies permanentes ( 12 %) ainsi que le maïs fourrage ( 2 %), es protéagineux irrigués diminuent de près de 60 %, les pommes de terre et légumes frais diminuent également de manière générale ( 5 %), les surfaces irriguées en fruits et vignes diminuent également légèrement ( 2 %).

La baisse de surface irriguée des cultures détaillée ci-dessus est strictement compensée par une hausse des surfaces irriguées en céréales à paille (+ 184 %, soit une hausse de 177 000 ha) et des superficies de cultures industrielles (+ 12 %, soit + 10 000 ha).

Le fait le plus marquant concerne la très forte hausse du recours à l’irrigation pour les céréales à paille. Toutefois, nous savons que lors d’années caractérisées par des printemps secs, on observe un ratio surface irriguée/surface équipée élevé, et inversement lors de printemps humides. Or, l’année 2000 était caractérisée par un printemps normal, voire humide, et l’année 2010 correspond à un printemps sec. Ainsi, l’hypothèse d’une hausse conjoncturelle de l’irrigation des céréales à paille est vérifiée puisque sur les 177 000 ha supplémentaires irrigués en 2010, 130 000 le sont dans la région Centre, et que dans cette région, le ratio entre surfaces irriguées et équipées était de 41 % en 2000 et 68 % en 2010.

Si la hausse de l’irrigation de printemps n’est que conjoncturelle, cela signifie alors que la France a enregistré, pour la première fois de son histoire, une baisse structurelle du recours à l’irrigation entre 2000 et 2010. On peut d’ailleurs noter que la variation relative de surface irriguée hors céréales à paille, qui sont irriguées au printemps, est égale à la diminution relative de surface équipée soit -12% entre 2000 et 2010.

(8)

La variation interannuelle des surfaces irriguées étant pour une grande partie due à la variabilité des besoins en eau au printemps, l’analyse du mode d’accès à la ressource et de son évolution doit se baser sur les surfaces équipées.

En 10 ans, la surface équipée des exploitations exclusivement raccordées à un réseau collectif a diminué de moitié (-270 000 ha) alors que la surface équipée des exploitations ayant exclusivement des accès individuels à la ressource augmente de 10% (+147 000 ha).

Ce recul important de l’irrigation collective, alors que dans un même temps, l’irrigation individuelle augmente, marque un tournant historique en France. Pour la première fois depuis 1970, la surface irriguée des exploitations mixtes et exclusivement raccordées à un réseau collectif est en baisse alors qu’elle continue de croître pour les exploitations disposant exclusivement d’accès individuels à la ressource (Figure 3 ).

Figure 3 Surface irriguée selon le mode d’accès à la ressource pour les 5 derniers recensements agricoles (source : SSP  Recensements agricoles de 1970 à 2010)

0 200 000 400 000 600 000 800 000 1 000 000 1 200 000 1970 1979 1988 2000 2010 Su p e rf ic ie ir ri gu é e

Exploitations ne disposant que d'accès individuels à la ressource

Exploitations en réseau collectif exclusivement et mixtes

(9)

3 Les hypothèses susceptibles d’expliquer la baisse de la

surface équipée en collectif

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer la chute de surface équipée en collectif. Nous présentons ci-dessous chacune d’entre-elles et essayons de les valider ou invalider au regard des données des recensements agricoles, des documents supports au recensement, d’avis d’experts collectés au cours de l’étude et de notre expertise.

3.1 Non comparabilité des RA 2000 et 2010

La première hypothèse concerne la non comparabilité des recensements agricoles de 2000 et 2010 pouvant provenir soit des modes de comptabilisation des surfaces équipées soit du mode d’accès collectif à la ressource. Trois cas sont envisageables : (i) une surestimation en 2000, (ii) une sous-estimation en 2010 ou (iii) aucun biais.

Les parties des questionnaires du RA relatives à l’irrigation (Figure 4 et Figure 5 ) ne semblent pas de nature à valider l’existence d’un biais entre 2000 et 2010 même si quelques différences existent concernant une origine de la ressource plus détaillée en 2010 qu’en 2000, la suppression en 2010 du type d’équipement, du volume disponible dans les retenues collinaires…

(10)

Figure 5 Partie du questionnaire du RA 2010 sur l’irrigation

Pour affiner l’analyse, nous comparons les guides à usage des enquêteurs pour voir comment il leur est conseillé d’aborder les questions relatives à l’irrigation (Tableau 1 ).

Les recommandations / définitions relatives à la surface équipée ne sont pas de nature à valider l’hypothèse de non comparabilité des RA à l’exception de possibles comportements stratégiques des agriculteurs en 2000 qui, s’ils avaient surestimé les surfaces irriguées dans les déclarations PAC, ouvrant droit dans certains départements à un supplément de prime, avaient également certainement tendance à la surestimer dans le RA pour se ‘’sentir’’ en conformité.

Nous procédons à la même analyse concernant la définition / classification des réseaux collectifs (Tableau 2 ). Très peu d’informations sont données aux enquêteurs en 2010 pour leur permettre d’aider à la classification du mode d’accès à la ressource en Individuel ou collectif comparé à 2000. La seule information donnée est de nature à sous-estimer les surfaces en collectif puisqu’il est précisé que généralement l’accès à l’eau (en collectif) est payant. De plus, des partages de point de

prélèvement comme des forages peuvent aisément se retrouver en ‘’individuel’’.

En résumé, il existe bien des différences significatives dans les guides à l’usage des enquêteurs mais pas dans les questionnaires eux-mêmes. Ces différences peuvent être à l’origine de surestimation de surfaces équipées en 2000 ou de sous-estimation de surfaces en 2010 plus probablement.

(11)

Guide RA 2000 Comparaison Guide RA 2010

Cette rubrique comprend toutes les superficies au sol, sans double compte, susceptibles d’être irriguées la même année avec les moyens actuels à la disposition de l’exploitation, en propriété ou non. La superficie irrigable est inférieure ou égale à la SAU diminuée des jardins familiaux et supérieure ou égale à la superficie irriguée.

Pour déterminer la superficie irrigable, tenir compte à la fois des équipements, de la main-d’œuvre et des ressources en eau qui sont effectivement disponibles. En particulier, tenir compte des débits ou des volumes d’eau sur lesquels l’exploitation peut compter ainsi que de la main-d’œuvre pour le déplacement éventuel de certains équipements.

Ne pas oublier de prendre en compte les superficies habituellement irriguées par un agriculteur voisin, une cuma d’irrigation, une entreprise

(conserverie, laiterie…) ou par d’autres formes associatives, si

elles répondent à un réel besoin d’irrigation.

En zone de montagne, avant de retenir une surface, s’assurer que l’exploitant effectue, ou a effectué, un minimum de travaux d’aménagement ou d’entretien pour permettre le ruissellement des eaux, et que les parcelles retenues ont effectivement été irriguées au cours des dernières années.

Inclure :

- les superficies sous serres et abris hauts ;

- les superficies irrigables qui ne sont pas éligibles au titre de la Pac (parce que le type de culture n’est pas éligible dans le département concerné ou parce que l’apport d’eau se fait en dehors des périodes fixées par la Pac).

Les différences ne sont pas de nature à valider l’hypothèse de non

comparabilité

Formulation légèrement différente mais pas de nature à valider l’hypothèse de non comparabilité

Le complément de 2010 n’est pas de nature à valider l’hypothèse de non comparabilité. Par contre, l’absence de

rappel en 2010 du commentaire de 2000, s’il était lu par les enquêteurs,

peut expliquer certains oublis de comptabilisation de surfaces équipées

même si cela doit être très marginal. Pas de différences mais une incitation à

sous-estimer les surfaces équipées. La contrainte ‘’effectivement irriguées’’ ne

s’appliquant qu’aux réseaux de canaux et pas aux réseaux sous pression.

Pas de différences significatives si ce n’est la réforme de la PAC entre les deux recensements. Le rappel de la référence à la PAC en 2000 pouvait inciter les agriculteurs à penser à surestimer les surfaces équipées s’ils

l’avaient également fait pour les déclarations PAC. On serait donc face à

une surestimation de surface équipée en 2000.

Ces superficies comprennent toutes les superficies au sol, sans double compte, susceptibles d’être irriguées la même année avec les moyens actuels à la disposition de l’exploitation, en propriété ou non : Cuma d’irrigation, autres formes associatives.

Il s’agit des superficies équipées pour l’irrigation ou pouvant être atteintes en déplaçant les matériels de surface en tenant compte des débits (exploitation raccordée à un réseau collectif) ou des volumes d’eau disponibles la même année pour l’exploitation.

Dès lors qu’une culture a été irriguée ou qu’il y a présence de serres sur l’exploitation, il y a obligatoirement une superficie irrigable.

En zone de montagne, avant de retenir une surface, s’assurer que l’exploitant effectue, ou a effectué, un minimum de travaux d’aménagement ou d’entretien pour permettre le ruissellement des eaux, et que les parcelles retenues ont effectivement été irriguées au cours des dernières années.

Inclure :

• les superficies sous serres et abris hauts ;

• les superficies irrigables qui n'étaient pas éligibles au titre de la Pac.

Tableau 1 Comparaison des guides à l’usage des enquêteurs des RA concernant la définition des surfaces équipées

(12)

Guide RA 2000 Comparaison Guide RA 2010

Au moins deux exploitations ont accès à la ressource.

Le réseau se présente sous la forme d’un plan d’eau, de canaux superficiels ou de canalisations sous pression. Il s’agit d’un réseau collectif public s’il a été mis en place par un organisme public : État, département, collectivité locale, compagnie d’aménagement… C’est un réseau collectif privé si des particuliers se sont regroupés au sein d’une organisation ayant une forme juridique précise (syndicat, société, groupement d’intérêt économique, coopérative, association syndicale, cuma, copropriété…) ou si le mode de pompage est collectif. L’association de fait entre agriculteurs voisins, incluant ou non une tierce personne distributrice de l’eau (industrie agricole qui fournit des eaux de lavage par exemple) est également un réseau collectif privé. Les réseaux collectifs se prolongent généralement sur l'exploitation par un ensemble d'installations plus ou moins importantes, propriété de l'exploitation. Le réseau souterrain et le matériel utilisé par l’exploitation sont ensuite individuels.

Inclure :

- les accords conclus entre agriculteurs et industriels en vue de l'utilisation des eaux de lavage des laiteries, sucreries, distilleries... à condition qu’ils correspondent à un besoin d’irrigation même si

celui-ci n’est qu’occasionnel ;

- les réseaux collectifs de desserte en eau non destinés principalement à l'irrigation : réseau d'eau potable, bouches d'incendie... à condition qu'ils aient effectivement servi à arroser les terres de l'exploitation ;

- par convention, l'irrigation des terres de l’exploitation par un voisin agriculteur quelle que soit la nature de son réseau : collectif ou individuel;

- les retenues collinaires construites grâce à un investissement collectif de particuliers le plus souvent regroupés en GIE, syndicat… Le mode de pompage dans la retenue collinaire peut être individuel ou collectif : cela reste du réseau collectif.

Exclure :

- les épandages, y compris par aspersion, d’eaux usées de l’industrie s’ils ne répondent pas à un besoin d’irrigation ;

- les exploitations qui utilisent la retenue collinaire d’une exploitation voisine sans en être copropriétaire ou sans disposer de quote-part : leur accès à la ressource peut leur être supprimé à tout moment. Ils ne doivent pas être recensés;

- les retenues collinaires n’ayant pas nécessité d’investissement

Les différences ne sont pas de nature à valider l’hypothèse

de non comparabilité bien que la référence au caractère payant de l’eau dans le guide 2010 incite à classer dans

‘’individuel’’ les accès gratuits. Le guide de 2000 détaille précisément ce qu’est un réseau collectif alors qu’en 2010, aucune définition n’est

donnée. Ainsi, des regroupements d’agriculteurs

prélevant dans des retenues collinaires, ou partageant

simplement un point de pompages commun (partage

d’un forage par exemple) peuvent se retrouver dans la

catégorie ‘’individuel’’.

L’accès à des réseaux collectifs de desserte en eau non destinés principalement à

l'irrigation était comptabilisé en ‘’collectif’’ en 2000 et probablement pas en 2010. De même, il n’est pas évident

que l’irrigation par un voisin agriculteur soit comptabilisée

en collectif en 2010. Alimentations en eau, par un réseau, accessibles à au moins deux exploitations. L’accès à ces sources d’eau est généralement payant.

Inclure :

l’eau issue du basculement (par exemple : une partie des irrigants de l’ouest de la Réunion utilise de l’eau issue de prises d’eau sur des rivières de l’est de l’île, l’eau est conduite via de gigantesques tunnels qui traversent la montagne.

Exclure :

les eaux usées même avec traitement à classer dans « Autres origines ».

(13)

3.2 Hausse des surfaces équipées ayant un accès mixte à la ressource

On pourrait penser que la baisse de l’irrigation exclusivement collective masque des évolutions plus structurelles comme l’agrandissement des exploitations. L’agrandissement des exploitations ayant simplement un accès collectif à la ressource en 2000 pourrait se faire au travers de la location ou du rachat de terres équipées et disposant d’un accès individuel à la ressource. Dans ce cas, les exploitations qui en 2000 n’étaient raccordées qu’à des réseaux collectifs pourraient se retrouver aujourd’hui dans la catégorie mixte. Or, la surface équipée des exploitations mixtes perd également près de 200 000 ha (-42%) (Figure 6 et Figure 7 ).

L’hypothèse de l’agrandissement des exploitations qui conduirait à une généralisation des accès mixtes à la ressource est invalidée.

Figure 6 Superficies équipées des exploitations irriguées en 2000 et 2010 selon le mode d’accès à la ressource (source : SSP  Recensements agricoles 2000 et 2010)

1 483 727 1 630 363 463 592 268 853 553 038 282 899 0 500 000 1 000 000 1 500 000 2 000 000 2 500 000 2000 2010 Su p e rf ic ie é q u ip é e (h a) Exploitations raccordées à un réseau collectif exclusivement Exploitations mixtes Exploitations ayant exclusivement un accès individuel à la ressource

(14)

Figure 7 Evolution entre 2000 et 2010 du nombre d’exploitation irrigantes, de leur surface équipée et irriguée selon le mode d’accès à la ressource en eau (source : SSP : Recensements Agricoles 2000 et 2010)

3.3 La réforme de la PAC

Nous savons depuis bien avant le recensement de 2010 que la réforme de la PAC avait eu un impact négatif sur les surfaces équipées notamment en collectif. Le lien est indirect. En effet, la forte diminution entre 2000 et 2010 des surfaces en maïs irrigué s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs. Le premier concerne le découplage des aides aux productions, en particulier la disparition de l’aide spécifique aux cultures irriguées qui constituait - dans les départements où elle était en vigueur - une réelle incitation à l’accroissement des surfaces. En 2006, Gleyses a montré que le découplage partiel des aides conduirait sur un sous-bassin de Midi-Pyrénées à une réduction de l’ordre de 10 % de la surface irriguée et à une quasi-stabilité des volumes d'eau consommés. En 2009, Loubier et Gleyses ont simulé l’impact d’un découplage total des aides et mis en évidence une diminution supplémentaire de 3 % de surface irriguée sans que cela aboutisse à une réduction des volumes consommés. La réforme de la PAC a donc eu un impact significatif sur certains bassins en supprimant l’intérêt pour les agriculteurs à mettre en œuvre des stratégies de captage de la rente que constituait la surprime. Désormais, leur pratique, la plus rentable d’un point de vue

-44% -4% -37% -22% -49% 10% -42% -13% -41% 28% -31% 0% Réseau collectif uniquement

Individuel uniquement Réseau collectif et individuel

Ensemble Nombre d'exploitations Superficie équipée (ha) Superficie irriguée (ha)

(15)

haut, la réforme de la PAC a certainement réduit les comportements stratégiques de quelques agriculteurs qui pouvaient sur-déclarer pour la PAC des surfaces irriguées pour bénéficier des aides associées puis sur déclarer par soucis d’homogénéisation leur déclarations pour le recensement agricole. Ces deux facteurs expliquent une part significative mais non quantifiable finement de la baisse de surfaces équipées en collectif au moins en Adour Garonne.

La baisse des superficies irriguées en maïs (et donc en surfaces équipées en collectif) s’explique également par la forte volatilité des prix agricoles et la forte augmentation du prix du blé au détriment du prix du maïs. Ainsi, dans un contexte d’incertitude quant à la disponibilité en eau et de rapport de prix plus favorable au blé qu’au maïs les agriculteurs sont plus prudents dans leurs choix d’assolement et décident spontanément de réduire la surface en maïs, puis de ne pas procéder à l’entretien et au renouvellement de leur équipement d’irrigation.

3.4 L’urbanisation

Dans les régions à forte croissance de la population et où existent de nombreux réseaux collectifs d’irrigation anciens comme en PACA et Languedoc Roussillon, les réseaux d’irrigation sont progressivement grignotés par les aires périurbaines. La Figure 2 illustre bien cette perte de surface équipée. On observe donc non seulement une perte de surface irrigable mais également une perte des terres les plus fertiles. Toutefois, l’urbanisation ne réduit pas nécessairement le potentiel d’irrigation. Les réseaux existent toujours mais l’usage agricole cède la place à des usages urbains (arrosages des jardins principalement). Dans certains cas comme la création de vastes zones d’activités, plusieurs centaines d’hectares équipés peuvent simplement disparaitre.

La quantification de la part relative de l’urbanisation dans la baisse des surfaces équipées en collectif sur le territoire de l’Agence Rhône Méditerranée est toutefois difficilement quantifiable.

Notons que dans les régions PACA et Languedoc-Roussillon, où l’irrigation par gravité (nécessairement collective pour la gestion des canaux) est traditionnellement plus importante, on observe une chute de l’ordre de 50 % de la surface irriguée par gravité.

3.5 Une diminution du nombre de CUMA ?

On estime (entretien FNCUMA) que le nombre du CUMA d’irrigation ne cesse de diminuer. Elles étaient 500 en 1998 (deux ans avant le recensement de 2000) et l’année suivant le recensement de 2010, elles n’étaient plus que 321 soit une perte de 36% en un peu plus de 10 ans.

500

408

344

321

0

100

200

300

400

500

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Nombre de CUMA

(16)

Une enquête réalisée en 2006 (Bailly 2007) permettait de calculer la surface moyenne irriguée par CUMA d’irrigation. Elle était de 187 hectares. Si l’on applique cette valeur moyenne aux 171 CUMA qui auraient disparues entre 1998 et 2011, cela correspondrait à 33500 ha irrigués soit environ 40 000 ha équipés si l’on reprend des taux d’irrigation moyen de surfaces équipés.

Ainsi, cette perte de CUMA pourrait expliquer près de 10% de perte de surface métropolitaine équipée en collectif ou mixte !

Figure 9 Répartition géographique des CUMA d’irrigation en 2006. Source (Bailly 2007).

Mais cette estimation simpliste est à prendre avec prudence car, selon la FNCUMA, la disparition de CUMA d’irrigation pourrait provenir essentiellement de l’arrêt de l’activité irrigation au sein de CUMA où elle était secondaire. Si le transfert de propriétés d’équipement d’irrigation à la parcelle est possible, le transfert de réseaux enterrés ou de points de prélèvement semble beaucoup plus compliqué voire impossible compte tenu de la structure juridique des CUMA.

Dans les zones de grandes cultures (Centre, Poitou-Charentes), où les réseaux collectifs d’irrigation sont traditionnellement peu présents une partie du recul de l’irrigation collective est malgré tout certainement attribuable à la réduction du nombre de CUMA (coopérative d'utilisation de matériel agricole) de matériel d’irrigation et forage qui se justifient moins lorsque la surface des exploitations

(17)

3.6 La baisse des autorisations de prélèvement et la hausse de la fréquence

des restrictions d’usage.

Un autre facteur à prendre en compte concerne la mise en œuvre, de manière plus systématique sur certains bassins, de mesures administratives de restriction d’usages et de réduction des autorisations globales de prélèvements.

3.7 La hausse du coût de l’irrigation dont l’énergie

Un autre facteur pouvant expliquer le renoncement à l’irrigation collective est son coût. Ces dernières années, les tarifs agricoles préférentiels (hors période hivernale) ont été renégociés au désavantage des usagers. Dans le même temps, le prix de l’énergie électrique croît régulièrement. Ce dernier a augmenté de 33% en 10 ans alors que l’indice général des prix n’a augmenté que de 14%, soit une hausse nette de 19%. Malgré cette augmentation, le prix de l’énergie électrique en France demeure inférieur de 22% à la moyenne des pays européens. Un réseau sous pression collectif étant généralement plus énergivore qu’un réseau individuel, la réduction de surface irriguée, puis équipée lorsque le matériel d’irrigation à la parcelle n’est plus opérationnel, se fera d’abord sur des parcelles raccordées à un réseau collectif sous réserve qu’il soit possible pour l’irrigant de se désengager du collectif ou a minima que la tarification pratiquée soit binomiale.

3.8 La spécificité des ASA par rapport aux autres réseaux collectifs

La baisse très significative de surface équipée en réseaux collectifs devrait se traduire par un désabonnement des agriculteurs. Si c’est possible pour des structures juridiques de réseaux telles que le Société d’Aménagement Régionale (SAR), les Association Syndicales libres, les syndicats intercommunaux et un ensemble d’autres associations de fait, ce n’est pas le cas pour les adhérents à une ASA. On estime que les ASA gèreraient aujourd’hui plus de la moitié de la surface équipée en collectif (Figure 10 ) les SAR 10% et l’ensemble des autres structures juridiques, 38%.

Les SAR reconnaissent une baisse importante de souscriptions sans en communiquer l’ampleur. La société du Bas Rhône Languedoc est particulièrement impactée sur ses réseaux des départements du Gard et de l’Hérault par exemple (cf figure 2). Excepté au sein des ASA, un souhait d’arrêt de l’irrigation se traduira immédiatement par une baisse de surface irrigable sans attendre de ne plus posséder de matériel d’irrigation de surface.

Pour les ASA c’est différent. Un membre d’ASA ne peut pas se désengager du périmètre. Il peut cesser d’irriguer s’il le souhaite mais devra s’acquitter dans tous les cas de la ‘’redevance’’. Si la tarification est forfaitaire, il paiera l’ensemble du tarif comme un agriculteur qui continuerait à irriguer. Quitte à payer, il aura tendance à continuer à irriguer tant que son matériel de surface est fonctionnel. Si la tarification est de type binomiale, il ne s’acquittera que de la partie forfaitaire du tarif. Quelle que soit sa stratégie, il sera toujours membre de l’ASA tant qu’il demeurera propriétaire de parcelles inscrites au périmètre de l’ASA. Ses surfaces cesseront toutefois d’être irrigable dès qu’il ne sera plus en mesure d’irriguer, c’est-à-dire lorsqu’il n’aura plus de matériel d’irrigation à la parcelle ou lorsque celui-ci ne sera plus fonctionnel.

Ces surfaces, si elles ne sont plus considérées comme irrigables au sens du recensement agricole, demeurent à tout moment remobilisables de sorte que le potentiel d’irrigation n’est pas perdu définitivement. Lorsque ce potentiel d’irrigation est utilisé pour des usages non agricoles (irrigation d’agrément, arrosage d’espaces verts…) il n’est plus comptabilisé dans le RA. Ainsi, souvent la perte de surface irrigable ne s’accompagne pas d’une perte du potentiel d’irrigation.

Dans de rares cas, lors de la mise en conformité des statuts des ASA suite au décret de 2004, certaines ASA ont ‘’nettoyés’’ leur périmètre syndical pour que celui-ci reflète la situation présente

(18)

qui au cours du temps a pu évoluer. Ceci a alors pu se traduire par une perte de surface irrigable et de potentiel d’irrigation.

Enfin, des agriculteurs retraités et faisant parti d’une ASA peuvent ne pas trouver de repreneurs et l’intégralité de leurs surfaces anciennement équipées sort du recensement.

Le statut d’ASA, contrairement aux autres, constitue un frein à la disparition brutale de surface irrigable même au sens du RA. Ceci signifie donc que la baisse de surface irrigable des autres structures juridiques est supérieure aux chiffres moyens annoncés (-49% en collectif) et inférieure concernant les ASA.

Dans tous les cas de figure de structure juridique, l’arrêt de l’irrigation est source de tensions budgétaires pour les gestionnaires. Lorsque les irrigants peuvent cesser de l’être du jour au lendemain, les charges fixes du réseau doivent être répercutées sur les irrigants restants. Au sein des ASA, ce sont les souhaits de désengagement (quasi-impossible) de parcelles au périmètre qui vont générer des tensions. C’est le cas dans deux cas de figures. En cas de cessation d’activité pour cause de retraite par exemple et en l’absence de repreneurs des parcelles inscrites au périmètre, les propriétaires réclament une soustraction de leurs parcelles (en vain en général) ou la création d’un tarif adapté plus faible. L’autre cas de figure concerne les irrigants qui continuent à utiliser le réseau, mais qui ont réduit leur surface irriguée (suite à la réforme de la PAC par exemple).

(19)

4 Une

analyse

complémentaire

des

données

des

recensements agricoles de 2000 et 2010

Tous les facteurs explicatifs précédents contribuent à expliquer la baisse de la surface métropolitaine équipée en réseau collectif mais il demeure difficile, excepté pour l’impact de la réforme de la PAC, de quantifier réellement chacun d’entre eux.

Pour pallier à cette difficulté, nous avons choisis de procéder à une analyse plus vaste des trajectoires des exploitations équipées pour l’irrigation collective. Les données brutes des recensements agricoles de 2000 et 2010 ont été mises à notre disposition par le Comité du Secret Statistique. Toute l’analyse effectuée repose sur les données des deux fichiers appareillées. L’appariement s’est fait sur le numéro SIRET des exploitations.

4.1 Descriptif de l’échantillon d’exploitations

L’ensemble du fichier appareillé représente 233 000 exploitations soit 36% de l’effectif de 2000 et 48% de l’effectif de 2010 (Tableau 3 ).

Le taux de correspondance pour les exploitations irriguées ou équipées est de l’ordre de 50%. Ceci signifie que les exploitations équipées, pour des raisons que nous ne chercherons pas à analyser, ont tendance soit à moins disparaître que les autres soit à conserver le même statut juridique.

La SAU des exploitations de l’échantillon représente 55% de la SAU totale de 2000 et 60% de la SAU de 2010. Ceci signifie que les exploitations de l’échantillon sont de plus grande taille que celles de l’ensemble de la population. Les grandes exploitations disparaitraient donc moins que les autres et conserveraient donc plus souvent le même statut juridique. Ce biais de représentativité de la taille des exploitations se rencontre aussi pour les exploitations équipées pour l’irrigation dont la surface équipée moyenne par exploitation est bien supérieure dans l’échantillon par rapport à l’ensemble de la population. Les surfaces équipées de l’échantillon représentent de l’ordre de 60% des surfaces équipées métropolitaine.

Les exploitations de l’échantillon sont donc de manière générale plus grandes, plus équipées, plus irriguées et ont tendance à moins disparaitre ou changer de statut juridique que celles de l’ensemble de la population.

Les résultats obtenus ne pourront donc pas être représentatif de l’ensemble de la population bien que l’échantillon représente 62% de la surface irriguée en 2010.

(20)

2000 2010

France Exploitations (nb) 653 090 480 838

Exploitations équipées (nb) 104 383 80 542

Exploitations irriguées (nb) 94 710 73 623

SAU des exploitations 27 856 313 26 963 251

Surface équipée 2 633 682 2 308 809

Surface irriguée 1 575 625 1 574 858

SAU moyenne par exploitation 42.7 56.1

Surface équipée par exploitation équipée 25.2 28.7

Surface irriguée par exploitation irriguée 16.6 21. 4

Echantillon avec même n° SIRET en 2000 et 2010 Exploitations (nb) 232 899 232 899

part de l’échantillon dans le total (%) 36% 48%

Exploitations équipées (nb) 47 878 42 825

part de l’échantillon dans le total (%) 46% 53%

Exploitations irriguées (nb) 44 411 39 494

part de l’échantillon dans le total (%) 47% 54%

SAU des exploitations 15 307 661 16 306 459

part de l’échantillon dans le total (%) 55% 60%

Surface équipée 1 540 146 1 434 489

part de l’échantillon dans le total (%) 58% 62%

Surface irriguée 927 231 969 665

part de l’échantillon dans le total (%) 59% 62%

SAU moyenne par exploitation 65.7 70.0

Surface équipée par exploitation équipée 32.2 33.5

Surface irriguée par exploitation irriguée 20.9 24.5

(21)

4.2 Que sont devenues les exploitations qui étaient équipées en 2000 ?

La première question que nous nous posons concerne le devenir des exploitations qui étaient équipées en 2000. Les figures 10 à 13 permettent d’analyser ce que sont devenues ces exploitations. Concernant les exploitations raccordées exclusivement à un réseau collectif en 2000 :

 Seulement 45%, représentant 41% de la surface équipée de cette catégorie, sont toujours en 2010 exclusivement raccordées à un ou plusieurs réseaux collectifs.

 Un quart (23%) ne sont plus équipées pour l’irrigation. Cela concerne essentiellement les exploitations ayant une surface équipée modeste puisqu’elles ne représentent que 14% des surfaces équipées des exploitations de cette classe. Leur surface équipée en 2000 était en moyenne de 12.7ha.

 10% ont désormais aussi accès à une ressource individuelle et sont par conséquent classées dans la catégorie mixte en 2010. Ces exploitations ont une surface équipée supérieure à la moyenne de la classe (24.5ha). Cette trajectoire semble regrouper les exploitations qui sont dans une trajectoire d’agrandissement de surface équipée grâce à la création de

prélèvements individuels ou de reprise de parcelles équipées individuellement pour l’irrigation.

 Enfin, une autre quart des exploitations n’ont plus d’accès collectifs à la ressource et se retrouve en 2010 dans la catégorie ‘’individuel’’. Ces exploitations ont une surface équipée bien supérieures à la moyenne de la classe (31.7 ha). Cette trajectoire d’exploitation est a priori surprenante car généralement les stratégies d’accroissement des surfaces équipées conduisent à passer par le mode d’accès mixte à la ressource. Toutefois, il est possible qu’entre 2000 et 2010, ces exploitations aient temporairement été classées en mixte. On aurait pu penser que ce passage se traduise au final par une perte de surface totale équipée (la partie collective) or il n’en est rien. Sur la Figure 13 et la Figure 17 on peut constater une perte de 109 302 ha et un gain pour le mode d’accès individuel de 109 885 ha. Ceci

correspond donc à un transfert pur et simple du mode d’accès collectif au mode d’accès individuel. Ce transfert, relativement brutal, semble valider l’hypothèse d’un biais de passation des questionnaires des RA entre 2000 et 2010 notamment concernant la

classification des points de prélèvement collectifs (cf. §3.1). Il peut aussi s’expliquer par les stratégies d’agrandissement des exploitations pour lesquelles le partage de matériel ne se justifie plus ou est finalement possédé par une seule exploitation (CUMA, petits réseaux privés).

Concernant les exploitations ayant un accès mixte à la ressource en 2000, nous avons la confirmation que se retrouvent dans cette classe les exploitations ayant une stratégie d’agrandissement de leur surface équipée puisque la surface équipée moyenne est de 41 ha par exploitation contre 36.4 ha pour les individuels et 21 ha pour les collectifs. Seulement un tiers des exploitations demeurent en 2010 dans cette classe ! 12% d’entre-elles représentant 6% de la surface équipée de la classe, c’est-à-dire les plus petites en terme d’irrigation, ne sont plus équipées du tout en 2010. 15% représentant 11% de la surface équipée de la classe ont renoncé entre 2000 et 2010 à leur accès individuel à la ressource ; on les retrouve dans la classe collectif. Enfin, 39% renonce à leur prélèvement collectif et se retrouve dans la classe individuel. Ce sont celles dont la surface équipée moyenne est la plus élevée (48ha) conduisant à une perte totale de surface équipée de 134 125 ha. En 2010, la surface équipée de ces exploitations, désormais classées dans le mode d’accès individuel à la ressource, est de 127 778 ha soit une perte de 6300 ha seulement, probablement équipés initialement en réseau collectif. La fuite de surface équipée des exploitations mixtes peut également être attribuable au même biais de passation des questionnaires que précédemment.

(22)

s’avère que l’on perd entre ces deux dates seulement 2% de l’effectif des exploitations alors que la perte moyenne d’exploitations équipées en individuel est de 4% (la perte d’exploitations équipées tout accès confondu est de 23%). Il est assez étonnant que les retenues collinaires aient échappé à ce phénomène de concentration et il ne nous semble pas qu’au cours de cette décennie il y ait eu d’importants programmes de création de retenues individuelles. Il est donc tout à fait probable que des retenues et exploitations soient artificiellement passées du statut collectif en 2000 au statut individuel en 2010. Ce raisonnement est également valable pour d’autres petits points d’accès collectifs comme des pompages en cours d’eau ou nappes.

L’accès individuel à la ressource, est caractérisé par plus de stabilité. 72% des exploitations représentant 85% des surfaces équipées demeurent en 2010 dans cette classe. 5% se retrouve en mixte ou collectif et 22% ne sont plus équipés en 2010.

Figure 11 Devenir des exploitations équipées en 2000

3 430 5 727 877 6 880 611 1 091 3 451 18 462 2 770 1 470 774 2 335 -5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000

Collectif en 2000 Individuel en 2000 Mixte en 2000 Mixte en 2010 Individuel en 2010 Collectif en 2010 Non équipées en 2010

(23)

Figure 12 Devenir des exploitations équipées en 2000 en %

Figure 13 Devenir des surfaces équipées des exploitations équipées en 2000

23% 22% 12% 45% 2% 15% 23% 72% 39% 10% 3% 33% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Collectif en 2000 Individuel en 2000 Mixte en 2000

Mixte en 2010 Individuel en 2010 Collectif en 2010 Non équipées en 2010 43 495 104 875 16 859 130 788 9 581 31 265 109 302 794 412 134 125 36 056 22 319 107 071 -100 000 200 000 300 000 400 000 500 000 600 000 700 000 800 000 900 000 1 000 000

Collectif en 2000 Individuel en 2000 Mixte en 2000 Mixte en 2010 Individuel en 2010 Collectif en 2010 Non équipées en 2010

(24)

Figure 14 Devenir des surfaces équipées des exploitations équipées en 2000 en %

4.3 D’où viennent les exploitations qui sont équipées en 2010 ?

Pour analyser l’origine des exploitations des différentes classes de mode d’accès à la ressource, nous analysons les figures 14 à 17.

En 2010, les exploitations uniquement raccordées à un ou plusieurs réseaux collectifs étaient pour 70% d’entre-elles déjà en collectif en 2000, 6% proviennent du mode d’accès individuel, 11% mixte et 12% n’était pas équipé en 2010. La surface équipée de ces dernières est deux fois plus faible que les autres, illustrant un accès progressif à l’irrigation plus qu’un accès à l’irrigation d’exploitations dont l’orientation technique, les cultures nécessitent peu de surface (viticulture, arboriculture ou maraichage) puisque la SAU de ces exploitations n’est pas différente des autres.

Dans le mode d’accès mixte, seulement une exploitation sur deux et 60% de surface équipés avait déjà ce mode d’accès en 2000 ; 14% proviennent des individuels et 22% des collectifs.

Ces données révèlent également que seulement 65% des exploitations n’ayant que le mode d’accès individuel à la ressource n’ont pas changé de catégorie. Les nouveaux arrivants sont constitués à 12%

14% 11% 6% 41% 1% 11% 34% 85% 46% 11% 2% 37% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Collectif en 2000 Individuel en 2000 Mixte en 2000

Mixte en 2010 Individuel en 2010 Collectif en 2010 Non équipées en 2010

(25)

Figure 15 Origine des exploitations équipées en 2010

Figure 16 Origine des exploitations équipées en 2010 en %

1 204 3 509 318 6 880 3 451 1 470 611 18 462 774 1 091 2 770 2 335 -5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000

Collectif en 2010 Individuel en 2010 Mixte en 2010 Mixte en 2000 Individuel en 2000 Collectif en 2000 Non équipées en 2000 12.3% 12% 6% 70.3% 12% 30% 6.2% 65% 16% 11.1% 10% 48% 0.0% 10.0% 20.0% 30.0% 40.0% 50.0% 60.0% 70.0% 80.0% 90.0% 100.0%

Collectif en 2010 Individuel en 2010 Mixte en 2010

Mixte en 2000 Individuel en 2000

Collectif en 2000 Non équipées en 2000

(26)

Figure 17 Origine de la surface équipées des exploitations équipées en 2010 11 013 73 106 5 021 126 153 109 885 39 179 8 994 775 362 25 113 26 315 127 778 106 570 -200 000 400 000 600 000 800 000 1 000 000 1 200 000

Collectif en 2010 Individuel en 2010 Mixte en 2010 Mixte en 2000 Individuel en 2000 Collectif en 2000 Non équipées en 2000 73.1% 5.2% 71.4% 14.3% 15.3% 11.8% 60.6% 30.0% 40.0% 50.0% 60.0% 70.0% 80.0% 90.0% 100.0% Mixte en 2000 Individuel en 2000 Collectif en 2000 Non équipées en 2000

(27)

4.4 Quelle est l’orientation technique des exploitations qui s’équipent et

qui cessent d’être équipées ?

Dans l’échantillon étudié, 48000 exploitations étaient équipées pour l’irrigation en 2000. 10 000 d’entre-elles ne le sont plus en 2010. Les exploitations d’élevage représentent l’orientation technique la plus importante au sein des exploitations équipées pour l’irrigation en 2000 (41%) suivies de l’orientation grande culture (32%) puis maraichage - horticulture (11%), fruits (9%) et viticulture (7%) (Figure 20 ). Parmi ces exploitations, certaines ont cessé d’être équipées pour l’irrigation (21%). Comme vu précédemment, les exploitations n’étant plus équipées en 2010 font essentiellement parti des exploitations initialement raccordées à un réseau collectif d’irrigation ou faisant parti de la classe d’accès mixte à la ressource. Pour éviter de faire face à des secrets statistiques inutiles, nous choisissons de ne pas analyser l’évolution de l’effectif d’exploitation équipées pour l’irrigation par mode d’accès à la ressource et par OTEX, faisant l’hypothèse que la plupart des ‘’arrêts’’ de l’irrigation concernent les modes d’accès collectifs et mixtes. L’OTEX des exploitations qui ont tendance à cesser d’être équipées est avant tout l’élevage (4634 exploitations), suivi des exploitations grandes cultures (2773), viticulture (1559), fruits (616) et maraichage-horticulture (450) (Figure 19 ). Si toutes les orientations techniques cessaient dans les mêmes proportions d’être équipées pour l’irrigation cela signifierait que l’arrêt de l’équipement est indépendant de l’orientation technique. Or, les exploitations spécialisées en viticultures cessent d’être équipées bien plus que proportionnellement à l’effectif qu’elles représentent parmi l’ensemble des exploitations équipées : elles représentent 7% des exploitations équipées en 2000 et 16% des exploitations qui ont renoncé à leur équipement entre 2000 et 2010. L’autre OTEX également dans ce cas concerne l’élevage qui représente 41% de l’effectif de 2000 et 46% des exploitations qui cessent l’irrigation. Rappelons que les exploitations qui cessent d’irriguer pour cause de disparition sont exclues de l’échantillon qui ne regroupe que les exploitations existantes en 2000 et 2010 et ayant gardé le même n° SIRET.

Comment expliquer une cessation de l’irrigation plus fréquente chez les éleveurs et chez les viticulteurs ?

Concernant les viticulteurs, nous pouvons avancer au moins une hypothèse. La viticulture irriguée se trouve principalement en régions PACA et Languedoc-Roussillon où l’irrigation se faisait traditionnellement à partir de réseaux d’irrigation gravitaires anciens. Pour des raisons techniques et agronomiques, ces réseaux étaient principalement situés en plaines fertiles. Aujourd’hui, l’urbanisation croissante de ces plaines soustrait à l’agriculture des surfaces irrigables. Ceci ne signifie pas pour autant une disparition du potentiel d’irrigation puisque souvent se substitue à l’irrigation agricole une irrigation d’agrément des collectivités et des ménages. Le département de l’Hérault a par exemple vu disparaitre purement et simplement près de 500ha de périmètres irrigués pour la création de zones d’activités. Des exemples de ce genre doivent être communs sur l’ensemble de l’arc méditerranéen.

Concernant les éleveurs, il est beaucoup plus difficile d’avancer des hypothèses. Nous voyons au moins 4 explications possibles sans être capable de dire laquelle est de nature à expliquer la part la plus importante d’arrêt de l’irrigation. La première concerne de déclin des réseaux d’irrigation gravitaires de montagne très présents dans les Cévennes et les Alpes. La seconde est relative aux crises successives qu’ont subi les éleveurs laitiers, les contraignant souvent à se reconvertir vers des élevages de type bovins viande dont une part plus importante de l’alimentation provient de pâtures en plein air et non d’apports fourragers à l’étable. La troisième explication concerne la hausse relative du coût de l’énergie électrique, renchérissant d’autant plus le coût de l’eau d’irrigation que ces exploitations sont souvent (dans les parties Sud et Sud-Ouest) situées sur des coteaux. Enfin, la dernière hypothèse concerne le non renouvellement du matériel d’irrigation, utilisé tant que son état le permettait mais qu’il n’est pas économiquement rentable de renouveler compte tenu des volumes disponibles, des surfaces concernées ou des perspectives économiques de l’exploitation.

(28)

Figure 19 Exploitations équipées en 2000 par OTEX

2 773

450

1 559

616

4 634

12 525

4 995

1 972

3 500

14 850

-2 000

4 000

6 000

8 000

10 000

12 000

14 000

16 000

18 000

20 000

GDCU

MAHO

VITI

FRUI

ELEV

Toujours équipées

Ne sont plus équipées

32%

11%

7%

9%

41%

28%

4%

16%

6%

46%

0%

5%

10%

15%

20%

25%

30%

35%

40%

45%

50%

Part des exploitations équipées en 2000

(29)

d’entrant que de sortants. Mais rappelons que la plupart des entrées se font dans la catégorie irrigation individuelle et non collective ou mixte. L’OTEX viticulture est particulièrement intéressante de ce point de vue là puisque simultanément 1500 exploitations cessent d’être équipées et 900 qui ne l’étaient pas s’équipent. Ces exploitations sont également très probablement situées en PACA et Languedoc-Roussillon où l’on observe un développement de l’irrigation de la vigne en goutte-à-goutte en parallèle du déclin de certains réseaux collectifs.

Figure 21 Evolution de l’effectif d’exploitations équipées par OTEX entre 2000 et 2010

2 773

450

1 559

616

4 634

1 330

390

914

232

2 162

-500

1 000

1 500

2 000

2 500

3 000

3 500

4 000

4 500

5 000

GDCU

MAHO

VITI

FRUI

ELEV

(30)

5 Conclusion

L’analyse initiale de l’irrigation dans le recensement agricole de 2000 (Campardon et al. 2012) révélait une baisse historique de 13% de la surface métropolitaine irrigable. Cette baisse masquait de fortes hétérogénéités selon le mode d’accès à la ressource. On observait une hausse de 10% de la surface irrigable des exploitations disposant d’un accès individuel à l’irrigation et une chute de 49% chez les exploitations uniquement raccordées à un réseau collectif et 42% chez celles disposant des deux modes d’accès à la ressource. Les effectifs d’exploitations irrigables étaient également en baisse de 22% masquant également de fortes hétérogénéités : -4% en individuel, - 44% en collectif et -37% en mixte. Les exploitations équipées ont toutefois tendance à moins disparaitre que les non-équipées (-27% en 10 ans).

La création de réseaux collectifs d’irrigation a été à différents stades de l’histoire un des piliers du développement agricole et de l’aménagement du territoire. C’était le cas au cours des siècles passés pour les régions accueillant des réseaux d’irrigation gravitaires, principalement en PACA et Languedoc-Roussillon, et depuis l’après guerre pour les réseaux sous pression sur les territoires des Agence Rhône Méditerranée Corse et Adour Garonne.

Aujourd’hui, alors que d’importants sacrifices ont été consentis par la collectivité pour le développement de ces structures collectives, et que la puissance publique pousse à l’organisation collective des prélèvements agricoles à l’échelle des sous-bassins (Organismes Uniques de Gestion Collective), l’irrigation collective semble être en très fort déclin suscitant quelques interrogations sur les déterminants de celui-ci.

En se basant sur des analyses complémentaires des recensements agricoles de 2000 et 2010, sur l’analyse de documents supports des RA, d’avis d’experts collectés au cours de l’étude et de notre expertise, nous avons analysé plus finement cette évolution surprenante de l’irrigation collective. Nous avons cherché à valider / invalider certaines hypothèses sur les déterminants de cette évolution. Parmi les hypothèses validées figurent :

- La non-comparabilité des guides à destination des enquêteurs des RA de 2000 et 2010. S’il n’y a pas de biais dans les questionnaires eux-mêmes, les recommandations faites aux enquêteurs peuvent induire des classifications différentes concernant les accès collectifs à la ressource. Il est dit aux enquêteurs de 2010 qu’un accès collectif est ‘’généralement payant’’, or de nombreuses toutes petites structures collectives peuvent ne pas donner lieu à paiements. Par ailleurs, aucune aide n’est donnée aux enquêteurs de 2010 pouir les aider à classer certains prélèvements en retenue collinaire ou points de pompage communs. Il semble ainsi aisé de classer en individuel certains prélèvements réalisés dans une retenue commune.

- La réforme de la PAC a entrainé une baisse de surface irrigable de l’ordre de 13% sur des systèmes grande culture et polyculture élevage au moins. Ainsi, les exploitations raccordées à un réseau collectif duquel elles peuvent se désengager réduisent leur surface irrigable. Au sein d’ASA, la surface irrigable au sens du recensement agricole peut être réduite mais sans

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- Enfin, la hausse du coût de l’irrigation due à la croissance du prix de l’électricité (+33% sur les 10 dernières années), la réduction des autorisations de prélèvement dans certains bassins ainsi que la mise en œuvre de manière plus systématique de restrictions d’usages en périodes estivales constitue également une explication à la baisse de surfaces irrigables, quels que soient les modes d’accès à la ressource.

Notons cependant que la baisse de surface irrigable en collectif ne se traduit pas nécessairement par une perte du potentiel d’irrigation des réseaux collectifs. Ils existent toujours. Parfois l’usage n’est plus agricole comme en cas d’urbanisation, parfois ils sont délaissés faute de repreneur d’exploitations, de crises de certaines filières, de contraintes d’utilisation (irrigation gravitaire) mais re-mobilisables si nécessaire. Cette transition ne se faisant pas sans difficultés budgétaire pour les gestionnaires.

Pour analyser plus finement les résultats nous avons étudié les trajectoires des exploitations existant en 2000 et en 2010. Les exploitations répondant à ce critère représentent 62% de la surface équipée de 2000. Une question nous intéressait tout particulièrement : que sont devenues en 2010 les exploitations équipées en collectif en 2000 ?

Le principal enseignement concerne un passage important (23% des exploitations et 33% des surfaces équipées) d’exploitation du mode d’accès collectif au mode d’accès individuel. L’intégralité des surfaces équipées de ces exploitations se retrouve en individuel. Ce passage tend à valider deux hypothèse dont la part relative de l’une et de l’autre n’est pas quantifiable : le biais de passation du questionnaire classant en individuel des surfaces qui auraient du rester en collectif et l’agrandissement des exploitations ne justifiant plus le partage d’équipements communs. Si le biais de passation du questionnaire est responsable de la moitié de ce transfert, ce serait au moins 90 000ha irrigable qui devraient être reclassés en collectif réduisant ainsi de moitié la perte de surface en collectif. La même analyse peut être faite concernant le passage d’exploitations mixtes en individuel mais sans être capable d’extrapoler des surfaces puisqu’il n’est pas possible de faire la part des surfaces irrigables en collectif et en individuel au sein des exploitations mixtes.

Enfin l’analyse des OTEX des exploitations qui ont cessé d’être équipées entre 2000 et 2010 met en évidence une légère sur-représentation des exploitations d’élevage, plutôt situées sur des coteaux où le coût de l’irrigation est plus élevé et où le biais de passation du questionnaire de 2010 peut se manifester d’autant plus que puisque c’est dans ces zones là que l’on trouve généralement des retenues collinaires.

La chute de l’irrigation collective mise en évidence suite aux premières analyses du recensement agricole n’est certainement pas aussi importante qu’initialement annoncée. Nous ne sommes pas face à un fort déclin du collectif et parallèlement à une hausse de l’individuel. C’est la classification des exploitations qui est différente. Elles passent brutalement du mode d’accès collectif ou mixte au mode d’accès individuel. En 2010, seulement 6% des surfaces irrigables en individuel sont possédés par des exploitations qui n’étaient pas irrigantes en 2000. Ceci s’explique à notre avis principalement par des biais de passation des questionnaires du recensement de 2010 puis par l’agrandissement des exploitations ne justifiant plus le partage d’équipements sur d’anciennes petites structures collectives. Ces deux facteurs sont de nature à valider l’hypothèse que rien n’aurait fondamentalement changé, les petits réseaux continuant à être utilisés par un agriculteur au lieu d’un tout petit nombre. La réforme de la PAC, l’urbanisation des périmètres et la mise en œuvre de mesures plus systématique de mesures de gestion de l’eau sont autant de facteurs expliquant des disparités géographiques dans la baisse des surfaces irrigables. Dans tous les cas, le potentiel d’irrigation (les infrastructures) est rarement affecté.

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6 Références

Campardon, M., Loubier, S. and Morardet, S. (2012) L'irrigation en France: Etat des lieux 2010 et évolution. 2011/2012, R.F.C.B.I. (ed), p. 58.

Garin, P., Loubier, S. and Campardon, M. (2013) Irrigation individuelle – irrigation collective : état des lieux et contraintes. Sciences Eaux & Territoires Numéro 11(2), 86-89.

Loubier, S., Campardon, M. and Morardet, S. (2013) L'irrigation diminue-t-elle en France ? Premiers enseignements du recensement agricole de 2010. Sciences Eaux & Territoires Numéro 11(2), 12-19. Loubier, S. and Garin, P. (2013) Un avenir incertain pour les associations syndicales autorisées d'irrigation. Sciences Eaux & Territoires Numéro 11(2), 90-95.

Gleyses, G. (2006) Mise en oeuvre de la PAC : impact de la réforme de juin 2003 sur la demande en eau d’irrigation. Rapport final, p. 60, Série G-EAU - Cemagref «Rapports» 2006 - Convention EAHER DGFAR – Cemagref.

Loubier, S. and Gleyses, G. (2009) Evaluation de l’impact de mesures de réduction des prélèvements agricoles proposées par l’IGE et le CGAAER (2007), p. 41.

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Irstea – centre de Montpellier UMR G-eau

361, rue Jean-François Breton BP 5095

34196 Montpellier cedex 05 tél. +33 (0)467046300 fax +33 (0)467166440 www.irstea.fr

Figure

Figure 1   Surfaces  irriguées et équipées  des 5 derniers recensements agricoles (source : SSP   Recensements agricoles de 1970 à 2010)
Figure 2  Variation de la superficie équipée à l’échelle cantonale entre 2000 et 2010 (source :  SSP    Recensements agricoles 2010 et 2010)
Figure 3  Surface irriguée selon le mode d’accès à la ressource pour les 5 derniers recensements  agricoles (source : SSP    Recensements agricoles de 1970 à 2010)
Figure 4   Partie du questionnaire du RA 2000 sur l’irrigation
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