Quels enjeux personnels apparaissent à
travers les actes de vandalisme à
l’adolescence ?
N. Vettenburg
UGENTExplications avancées à propos des facteurs
favorisant le passage à l’acte ‘vandale’
• Problèmes urbanistiques : Ghettoïsation de certains
quartiers, chancres urbains,….
Selon la théorie de la vitre cassée
La dégradation appelle la dégradation…>banalisation de l’acte >sentiment d’impunité des auteurs
Autres facteurs
• Vulnérabilité et désorganisation sociales
• Sentiment d’incertitude et celui d’être victime de discriminations –
désespérance sociale. Certains ‘n’attendent plus rien de l’intégration
scolaire et professionnelle classique’ cherchent parfois à se faire
entendre, à provoquer ou à montrer leur désarroi de manière
alternative (A. Rea)
• Éléments développementaux :
besoin de marquer son territoire, (graffitis, tags ), langage,
recherche identitaire –
manque de repères dans un univers proche peu sécurisant
• > volonté d’interroger les facteurs explicatifs du vandalisme des
adolescents au départ des données d’enquête disponibles
ISRD2
Étude de délinquance auto-révélée
• Récolte des données 2006/2007
• Plus de 30 pays participants
• Déjà plusieurs publications nationales et comparatives
6 pays européens mis en comparaison
> nulle part, le vandalisme n’est un
comportement isolé / autres actes
délinquants –fréquents ou
rares-• Recours à un modèle d’analyse testant, par
bloc de variables, l’impact de certains
facteurs pouvant expliquer la probabilité
d’avoir ‘vandalisé’ sur la dernière année
B. West-Europa
Table X: Odds ratios of logistic regression for vandalism on demographic, family- and social environment-related, individual descriptors and lifestyle variables
AU B F G NL CH Block 1: demographic Male 1.7 ** 2.63*** 1.98** 2.05*** 2.39*** 1.68** Age .803 .810 .878 .884 1.08 9 .870 Migrant (ref=native) 2nd generation .746 1.83 * 1.45 .940 1.206 .918 1st generation .698 1.3 1.81 .481 ** .552 .655 Block 2: family Broken home 1.041 .803 1.51 .926 .827 1.089 Weak relationship with mother .816 .553 .480 * .665 .711 .897 Weak relationship with father .539 .703 .708 .921 2.00 .712
Block 3: social environment AU
B F G NL CH
Weak attachment to school score 1.104 .995 .986 1.286** 1.018 .939 Exposition to violent school
environment score
1.295* 1.027 1.232 1.132 1.188 .870
Skip school 1.958*** .941 1.522 1.370* 2.429*** 1.824***
Grade (reference: 7th grade)
8th grade .840 1.367 .948 1.010 .810 1.223
9th grade .725 1.604 1.312 .652 .552 1.218
Block 4: individual AU B F G NL CH
Low self-control score .403*** .822 .600* .358*** .372*** .452***
Positive attitude to violence score 1.491* 2.628*** 1.870* 1.890*** 1.997*** 2.244***
Block 5: lifestyle Alcohol 3.905* ** 2.817** 1.607 2.017*** 2.269* 2.025* Drugs 2.096* ** 2.981*** 2.645*** 1.584** 1.951** 1.883*** Delinquent friends 2.574* ** 6.829*** 1.705 3.247*** 4.984*** 3.904*** Goes out 1.611 1.046 2.109* 1.201 .817 1.622 Time spent with (reference: alone)
Family 1.977 .864 .304* 1.300 2.186 1.339 Friends 1.688 2.489 .807 1.812* 2.213 1.430 Discriminated .746 .900 .715 1.364 1.167 1.145 Victim 1.446* 1.071 1.198 1.348* 1.031 1.515*
Résultats intéressants…mais…
Hypothèse que ce ne seraient pas
nécessairement les mêmes facteurs qui
jouent sur le risque de vandalisme dans
les deux groupes sexués
Apport de la théorie du genre pour l’affinement
des hypothèses
• La théorie du genre insiste sur le caractère
culturel , donc construit et pas inné des
différences et hiérarchies entre le masculin
et le féminin, les filles et les garçons. En
cela, ces différences, notamment en
matière de comportement délinquant, sont
susceptibles de changer à travers le
temps, au vu du contexte et des
opportunités offertes aux deux groupes
sexués
Focus sur la Belgique
• Données ISRD belges (UGENT ULG)
2247 jeunes de 3
èmepremières années du
secondaire
Questions posées sur les comportements
mais aussi sur différents aspects de la vie
familiale, scolaire, de quartier, sur les
As-tu déjà endommagé quelque chose pour
t’amuser, comme un abri-bus, une fenêtre,
un siège dans le bus, le train ou une voiture?
OUI 15.5% des garçons et 6.3% des filles
Déjà fait sur les 12 derniers mois ?
OUI 9.5% des garçons et 3.7% des filles
Nombre de fois ?
Facteurs affinés ressortant comme expliquant avoir déjà
manifesté un comportement ‘vandale’ groupe mixte
-• R2 expliqué .40 p < 0.0001 • Groupe sexué
• Sentiment d’être discriminé
• Consommation significativement d’alcool et autre produits • La section d’enseignement suivie
• L’évaluation que fait le jeune du climat de son quartier et de la gravité des actes délinquants qui s’y déroulent
• Le fait d’avoir été victime sur les 12 derniers mois • Perdre de l’appétit
• Pas d’impact de la taille de la ville, du type de famille d’appartenance, du niveau d’attachement aux profs, du contrôle et du soutien familial, de la réussite scolaire proprement-dite, des valeurs ou des perspectives
Parmi les facteurs affinés expliquant l’expérience
de vandalisme des garçons
• R2 =.69 p < 0.0001
• Avoir des amis qui font des activités illégales
• Score de valorisation du recours à la force et de la violence
• Appartenir à un grand groupe de copains et passer beaucoup de temps ensemble
• Percevoir son école comme un lieu où beaucoup de bagarres
• Avoir le sentiment d’être discriminé et d’être injustement traité par les adultes
• Se sentir souvent irritable et avoir de mauvaises perspectives temporelles • Avoir une consommation significative d’alcool ou autres produits
• Avoir des problèmes de relations avec sa mère, plus encore qu’avec son père
Parmi les facteurs affinés expliquant
l’expérience de vandalisme des filles
• R2= 0.62 p < 0.0001
• Fréquenter une école d’une grande ville plutôt que d’une ville
moyenne
• Avoir de mauvais résultats scolaires et avoir des problèmes
relationnels avec ses professeurs
• Avoir été victime sur les 12 derniers mois
• Souvent ne pas se sentir bien dans sa peu et n’avoir pas confiance
en soi,
avoir des problèmes de sommeil
• Perte récente d’un être cher (frère, sœur…) - life events douloureux
durant l’enfance
• Avoir une consommation significative d’alcool ou autres produits
• Evaluation du quartier comme dégradé et criminogène
Autre recherche sur l’impact de la proximité par rapport aux opinions et attitudes stéréotypées du point de vue du sexe, en matière de réussite et
d’insertion scolaire
( données récoltées pour la Communauté Française, 2010)
As- tu déjà abimé ou vandalisé des affaires
‘gratuitement’
15.6% de garçons et 6.9% de filles concernées
(contre 15.5% et 6.3% dans ISRD2)
On obtient surtout des résultats concordants
quant à la logique du passage à l’acte des
jeunes garçons et des jeunes filles
Chez les garçons
• Lien entre vandalisme et
+ un self-control bas
+ une valorisation de l’ensemble des stéréotypes masculins :
. ceux relatifs à la légitimité de la force et de la violence ainsi que
de la présence inconditionnelle dans l’espace public
. les stéréotypes rendant compte d’un désir de domination en
matière sexuelle et affective,
. enfin les stéréotypes établissant une hiérarchie entre matières
scolaires et métiers masculins et féminins.
Ainsi, le risque de vandalisme se retrouve par exemple lié à un désintérêt et une mauvaise réussite en français, matière par ailleurs particulièrement
Toujours chez les garçons : faisons remarquer qu’en plus du style de
vie déviant, se vérifie
+ un effet important de la discrimination et de l’injustice
ressenties de la part de la société, des adultes et notamment
des parents :
Dans le groupe de jeunes dont les parents ne font jamais plaisir ou
ne s’intéressent jamais au suivi des résultats scolaires : 40% des
garçons concernés par le vandalisme
+ une tendance importante à l’indiscipline à l’école et à
l’absentéisme
+ un effet du manque de perspective d’avenir qui se traduit par un
manque d’ambition scolaire et professionnelle
Du côté des filles
• Pas de valorisation supérieure de la force et de la violence chez les filles affirmant ici avoir déjà détruit, vandalisé
• > autre logique • lien important avec
+ le score de victimisation totale, vécue tant à l’extérieur qu’à la maison, avec le sentiment d’étouffement : risque accru de vandalisme quand
rébellion face à des exigences familiales et à un contrôle parental vécus comme excessifs
. les performances scolaires et l’entente avec les professeurs. Quand ce climat est très mauvais, 18% de filles concernées par le vandalisme contre moins de 9 % quand climat meilleur