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Rapport annuel 2006

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HAL Id: hal-02816915

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Rapport annuel 2006

. Inra

To cite this version:

(2)

ALIMENTATION

AGRICULTURE

ENVIRONNEMENT

R a p p o r t d ’ a c t i v i t é

2 0 0 6

(3)

R a p p o r t

d ’ a c t i v i t é

(4)

éditorial   rapport d’activité 006

éditorial

anniversaire de l’Inra nous rappelle que l’image du « présent » est empreinte d’une identité construite depuis longtemps, comme d’évolutions permanentes. L’histoire de l’Institut illustre le chemin qui conduit à la connaissance et à l’inno-vation, jalonné de personnalités marquantes, de questions posées par les partenaires profession-nels et la société, de découvertes fortuites, d’expériences répétées.

Cette année témoigne également du départ d’autres dynamiques : celle du nouveau contexte dans lequel s’inscrivent l’agriculture, l’alimenta-tion, l’environnement, celle de théories et tech-nologies qui renouvellent l’approche scientifique, celle du cadre législatif pour la recherche voté en 2006, celle des attentes exprimées par l’État vis-à-vis de l’Institut pour les quatre prochaines années.

En 2006, l’institut a pris la mesure de la néces-saire dimension mondiale des domaines qu’il aborde. La compétitivité des marchés agroali-mentaires, la préservation des ressources naturelles, les problématiques de l’énergie, la qualité de l’alimentation de l’homme sont des questions largement communes à toute la planète. C’est l’impulsion que j’ai souhaité donner à l’Inra, qui se traduira notamment à travers un partenariat renforcé avec le Cirad.

En 2006, notre Institut a conduit plus de cent programmes de recherche européens, accueilli plusieurs milliers de jeunes en formation dans la recherche, produit des avancées dans la connais-sance, des innovations, participé à des expertises publiques.

Il est resté numéro deux dans le monde pour les publications en sciences agricoles, végétales et animales. En 2006, l’Inra a travaillé à l’élargisse-ment de son partenariat, scientifique comme socio-économique, a identifié des opérations régionales prioritaires, a renforcé ses compéten-ces en matière de chimie du végétal et de systè-mes agricoles innovants.

Je vous invite donc à partager la lecture de ce rapport d’activité qui met en avant la passion des chercheurs et témoigne que la recherche à l’Inra progresse, en se donnant des objectifs scientifiques, et l’ambition de faire une recherche agronomique d’excellence au bénéfice de tous.

Marion Guillou Présidente-directrice générale cette année du soixantième

(5)

sommaire

sommaire   rapport d’activité 006

Vallée de la Dordogne. © MAITRE Christophe / Inra.

2006, engagement des orientations stratégiques de l’inra

Mise en route des orientations 2006-2009 Rapprochement Inra-Cirad

Panorama des événements 2006

Prix et distinctions scientifiques et techniques

Faits marquants de la recherche 2006

Quelques résultats de recherche par axe stratégique Actualités du dispositif de recherche

le partenariat européen et international

L’Inra, acteur de la construction de l’espace européen de la recherche

Coopérations bilatérales Coopérations multilatérales

le partenariat socio-économique et territorial

La coopération avec les entreprises

Les deux filiales : Agri Obtentions et Inra Transfert Le partenariat avec les collectivités territoriales

science et société

Une activité soutenue du comité d’éthique, le Comepra

Des expertises au service des décideurs Diffuser la culture scientifique

la communauté proFessionnelle, les moyens de l’inra

Les ressources humaines Les moyens financiers

organisation et structures

Conseil d’administration Conseil scientifique Organigramme

Comité d'éthique et de précaution pour les applications de la recherche agronomique (Comepra)

Chefs de départements de recherche Présidents de centre et délégués régionaux Commissions scientifiques spécialisées et présidents 6 14 32 36 42 46 50

(6)

6 7 rapport d’activité 006

Salades issues de l'agriculteur biologique destinées au marché local (Drôme).

© MEURET

Michel / Inra.

006, engagement des orientations stratégiques de l’inra

territoriale du dispositif scientifique de l’Institut et constituent à ce titre les priorités des futurs contrats de projets État/Régions pour la période 2007-2013. C’est notamment en s’appuyant sur ce dispositif d’excellence et sur la pertinence de ses orientations scientifiques que l’Inra souhaite renforcer son attractivité, c’est-à-dire attirer les meilleurs chercheurs, recruter à l’international et accompagner l’évolution des métiers.

rapprochement

inra-cirad

Le Cirad et l’Inra partagent le constat de la mon-dialisation de la recherche agronomique. L’adé-quation entre l’offre agricole et la demande ali-mentaire, la préservation des ressources, les équilibres économiques et géopolitiques consti-tuent autant d’enjeux qui se raisonnent à l’échel-le de la planète. C’est avec ce paysage en toil’échel-le de fond que les deux instituts conduisent de concert un travail de prospective sur les agricul-tures du monde, Agrimonde (voir encadré). L’initiative du rapprochement scientifique et institu-tionnel entre l’Inra et le Cirad revient au Gouverne-ment. En 2006, celui-ci a demandé explicitement aux dirigeants des deux établissements de lui proposer un plan d’action qui fasse franchir une étape significative à une démarche engagée depuis vingt ans. Une première étape de ce plan a été adoptée dans les mêmes termes par les deux conseils d’administration en décembre 2006. Le Cirad et l’Inra s’appuient sur l’ancienneté et la densité de leurs relations. Onze unités mixtes de recherche (UMR) associent leur personnel : la plupart situées à Montpellier, deux localisées outre-mer – une en Guyane et l’autre en Guade-loupe –. Ces UMR accueillent souvent des par-tenaires de l’enseignement supérieur agronomi-que, des universités, du CNRS, de l’IRD… Près d’une collaboration sur deux a abouti à un projet conjoint déposé dans le cadre des appels d’offres de l’ANR, le programme « Agriculture et dévelop-pement durable » collectant l’essentiel de ces projets.

mise en route

des orientations

2006-2009

Les orientations de l’Inra pour 2006-2009 résultent d’une réflexion collective, interne, puis ouverte à nos partenaires, engagée durant l’année 2005. Le caractère collectif de la démarche a conduit à la rédaction conjointe du document d’orientation (référence stratégique) et du contrat d’objectifs (déclinaison opérationnelle), signé le 3 octobre par les ministres chargés de la Recherche et de l’Agri-culture et la présidente de l’Institut.

Ces orientations renouvellent les perspectives de l’Institut et l’engage envers ses concitoyens dans un cadre contextuel nouveau : mondialisation des échanges agricoles, intérêt des bioénergies, changement climatique et son corollaire de mala-dies émergentes, fréquence accrue des invasions biologiques… De ce fait, l’accent porte non seulement sur les connaissances visant à une meilleure maîtrise du vivant, mais aussi sur celles permettant de gérer les risques liés à cette maî-trise. L’excellence scientifique est indispensable pour que la recherche agronomique publique reste force de propositions. Les chercheurs doivent maîtriser à la fois les concepts les plus avancés et participer à leur développement. Durant l’année 2006, deux problématiques ont été plus particulièrement débattues quant à leurs enjeux et aux compétences à acquérir ou à renforcer :

- la chimie du carbone renouvelable et la valori-sation de la biomasse, pour répondre aux besoins énergétiques dans une perspective de réduction de la production de pétrole ; - la conception et la mise au point de « systèmes

agricoles innovants » en réponse aux objectifs de durabilité de la production agricole. Pour mettre en œuvre ses orientations scientifi-ques, l’Inra ajuste et modernise son dispositif de recherche.

Dix-sept « opérations structurantes » créant des pôles d’excellence sur une thématique ont été validées. Elles doivent conforter une spécialisation

L’accélération du rapprochement apparaît éga-lement au travers :

- du RTRA « Montpellier – Agronomie et dévelop-pement durable » ;

- de la construction « d’institut de recherche sans mur » reposant sur la labellisation de projets scientifiques communs. Les trois premiers sujets retenus concernent la forêt, les maladies émergentes et l’horticulture ;

- de la création d’un groupement d’intérêt public ayant pour objet une « alliance nationale pour la recherche agronomique à l’international » destinée à mutualiser la fonction de program-mation scientifique des deux établissements et de construire une offre de la recherche agrono-mique française à l’international.

agrimonde : une

prospective cirad-inra

la sécurité alimentaire d’une population mondiale de neuf milliards d’hommes en 2050 constitue le défi majeur que l’agriculture aura à relever dans les prochaines décennies. Quelles connaissances et quelles technologies, l’agri-culture mondiale pourrait-elle et devrait-elle mobiliser pour répondre à l’accroissement de la demande de produits agricoles, tout en préservant les ressources de la planète et en contribuant à la réduction de la sous-alimen-tation et de la malnutrition dans le monde ? Cette question majeure est au centre de l’opéra-tion prospective Agrimonde – « Agricultures et alimentations du monde en 2035 » – lancée en 2006, pour une durée de deux ans, par le Cirad et l’Inra. Cette prospective vise à éclai-rer les orientations de la recherche agronomi-que par l’analyse de scénarios d’évolution des productions, des consommations et des échanges agricoles mondiaux. L’étude s’achè-vera à la fin de l’année 2007 et ses résultats seront mis en débat durant le premier semes-tre de l’année 2008.

(7)

8 9 rapport d’activité 006 006, engagement des orientations stratégiques de l’inra

François Goulard, ministre délégué

à l'Enseignement supérieur et à la Recherche (à droite) remet le prix d'excellence des lauriers de l'Inra à Georges Pelletier (à gauche), directeur de recherche à l'unité génétique et amélioration des plantes de Versailles.

Inauguration le 12 mai 2006 de « l’Observatoire de recherche sur l’environnement », de Lusignan. Sont présents de gauche à droite : Gilles Lemaire (Inra, UEPF), Catherine Quéré (vice-présidente du Conseil régional Poitou-Charentes), André Mariotti (directeur scientifique adjoint CNRS), Martin Gutton (directeur régional de la DRAF Poitou-Charentes), Marion Guillou (PDG de l'Inra) et Gilles Gandemer (président du centre Inra Poitou-Charentes). Stand Inra, Salon international de l'agriculture

de Paris 2006. Culture de plancton.

© PERENNES Armelle / Inra. © NICOLAS Bertrand / Inra. © MAITRE Christophe / Inra.

26 janvier

Les établissements agronomiques et universitaires de Nancy-Freiburg-Zurich signent la convention fondatrice d’un réseau forestier : nfz.forestnet. L’objectif est de constituer en Europe un pôle de recherche et d’enseignement supérieur de premier plan autour des écosystèmes forestiers et de leurs produits.

31 janvier

Signature du mémorandum Inra-BBSRC

(Biotech-nology and Biological Sciences Research Council)-WUR (Wageningen University Research Center). Les trois premiers organismes

euro-péens de recherche agronomique renforcent leur participation à l’espace européen de la recherche.

panorama

des événements

2006

22 février

L’Inra organise une journée « l’Inra en Europe » et s’engage à adhérer à la charte européenne du chercheur. L’Inra place la construction de l’espace européen de la recherche et l’attractivité pour les jeunes chercheurs parmi les priorités de son projet 2006-2009.

25 février-5 mars

L’Inra est au Salon international de l’agriculture. Les thèmes présentés sont : « Pesticides et milieux aquatiques : quels impacts ? quels risques ? » ; « Alimentation et santé : le rôle de la microflore du tube digestif » ; « Chimie verte : nouvelles énergies, nouveaux produits et maté-riaux issus de l’agriculture. »

27 février

Marion Guillou, présidente-directrice générale de l’Inra, René Carron, président de Crédit Agricole SA, et Jean-Luc Baucherel, président de Groupama, lancent l’opération « Prospective Agriculture 2013 ».

28 mars

L’Inra, The British Society of Animal Science (BSAS) et l’European Association for Animal

Production (EAAP) signent un accord en vue de

lancer une nouvelle revue scientifique internatio-nale en sciences animales : Animal - The

Inter-national Journal of Animal Bioscience.

21 avril

Jean-Yves Perrot, président-directeur général de l’Ifremer, et Marion Guillou, présidente-directrice générale de l’Inra, signent le quatrième accord de coopération de recherche afin de renforcer le dispositif de recherche-développement pour la connaissance et la préservation des milieux naturels et pour l’exploitation durable des res-sources aquatiques vivantes.

27 avril

Le programme Evoltree est lancé sur le campus universitaire de Pessac (Gironde) en présence de plus de 110 partenaires scientifiques. L’Inra coordonne ce réseau d’excellence européen qui étudie l’évolution des arbres face aux change-ments climatiques.

mai

L’Inra fête ses soixante ans. Diverses manifesta-tions ont lieu dans les centres de recherche.

12 mai

Inauguration de l’Observatoire de recherche en environnement (ORE) sur les prairies temporaires, à Lusignan (Poitou-Charentes).

16 mai

L’Inra, l’Ademe, l’IRD, le ministère de l’Agricul-ture et de la Pêche et le ministère de l’Écologie et du Développement durable reconduisent le GIS Sol (groupement d’intérêt scientifique Sol), qui gère le système d’information sur les sols en France et étudie l’évolution de leurs qualités.

29 mai

Dans le cadre des actions concertées pour étudier l’épidémie de Chikungunya sur l’Île de la Réunion, l’Inra met en place deux programmes de recherche : l’étude des animaux potentielle-ment porteurs et le suivi des impacts environne-mentaux des traitements de démoustication.

8 juin

Les premiers « Lauriers de l’Inra » sont remis par Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, François Goulard, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, Henri Revol, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technolo-giques, et Jacques Samarut, président du Conseil scientifique de l’Inra. Ils récompensent des hommes et des femmes qui ont contribué de façon remarquable aux missions de l’Institut.

8 au 11 juin

L’Inra est présent au Salon européen de la recherche et de l’innovation qui réunit les princi-paux acteurs français et européens des mondes scientifique, institutionnel et des entreprises.

15 juin

Inauguration du nouveau bâtiment de recherches forestières méditerranéennes du Centre Inra d’Avignon.

16 juin

L’Inra, en collaboration avec le Génoscope, a séquencé et analysé le génome de l’un des deux micro-organismes du yaourt, Lactobacillus

bulgaricus, un pas important dans la maîtrise des

procédés industriels de fermentation.

27 juin

Marion Guillou, présidente-directrice générale de l’Inra et Emmanuelle Bour, directrice générale des Haras nationaux signent un accord-cadre. Les deux organismes renforcent ainsi leur coo-pération en matière scientifique, d’innovation et de transfert dans le domaine du cheval et de la filière équine.

29 juin

L’Inra et le Cirad lancent la prospective « Agri-cultures et alimentations du monde en 2035 ».

(8)

10 11 rapport d’activité 006 006, engagement des orientations stratégiques de l’inra

Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, François Goulard, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche et Marion Guillou, présidente-directrice générale de l’Inra, signent le 3 octobre 2006 le contrat quadriennal qui lie l’État et l’Institut pour la période 2006-2009. © P AILLARD Gérard / Inra. © BOSSENNEC Jean-Marie / Inra.

Été 2003, sous la canicule, vaches sur une prairie totalement « grillée » ; en arrière plan, seules les berges de la rivière Iton restent vertes (Breteuil, Eure).

© CARRERAS Florence / Inra.

1er juillet

Le Cemagref, le Cirad, l’Ifremer et l’Inra réu-nissent leurs services d’édition au sein d’un groupement d’intérêt économique : les Éditions Quae.

31 juillet

L’Inra coordonne l’activité du consortium scienti-fique international qui conduit au premier séquen-çage du génome d’un champignon forestier symbiotique : le laccaire.

11 août

Les chercheurs de l’Inra, en collaboration avec des universités allemandes et l’Institut Pasteur à Paris, montrent que des E. coli produisent une substance qui provoque des cassures dans l’ADN des cellules hôtes. En l’absence de répa-ration, ces cassures pourraient produire un taux élevé de mutations, cause de l’initiation des cancers chez l’homme.

1er

septembre

L’Inra et le Biotechnology and Biological Sciences

Research Council (BBSRC) lancent leurs

pro-grammes de recherches conjoints. Les projets franco-britanniques ont pour but d’encourager la collaboration dans le domaine des recherches sur des plantes d’intérêt agronomique : blé, orge, riz et pomme de terre.

12 au 15 septembre

Au Salon de la production agricole-carrefour européen (Space), l’Inra et Agrocampus Rennes présentent leurs travaux de recherches sur le thème « Développement des biocarburants : quels enjeux pour les filières animales ? »

13 septembre

Signature d’un accord-cadre de collaboration scientifique entre l’Inra, le Cirad et l’INTA

(Insti-tuto Nacional de Tecnologia Agropecuaria),

Argentine.

14 septembre

Un consortium international auquel participe l’Inra publie la première séquence complète du génome d’un arbre : le peuplier. Ces travaux contribuent à la compréhension du fonctionne-ment des arbres et des écosystèmes forestiers et participent ainsi au développement de la filière « bois-énergie ».

3 octobre

Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, François Goulard, ministre délé-gué à l’Enseignement supérieur et à la Recher-che et Marion Guillou, présidente-directrice générale de l’Inra, signent le contrat d’objectifs quadriennal qui lie l’État et l’Institut pour la période 2006-2009.

5 octobre

Marion Guillou, présidente directrice générale de l’Inra, Gérard Matheron, directeur général du Cirad et Étienne Landais, directeur de l’Agro Montpellier, annoncent le lancement du réseau thématique de recherche avancée « Agronomie et développement durable » (RTRA).

11 octobre

Une séance exceptionnelle est organisée à l’Académie d’agriculture de France pour célébrer les soixante ans de l’Inra en présence de Domi-nique Bussereau, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, et de François Goulard, ministre délé-gué à l’Enseignement supérieur et à la Recher-che.

17 octobre

Le Cemagref, le Cirad, l’Inra, l’IRD et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internatio-nale (GCRAI) signent une lettre d’accord en vue de renforcer leur collaboration sur la recherche, la formation et la prospective.

19 octobre

Présentation de l’expertise scientifique collective « Réduire la vulnérabilité de l’agriculture à un risque accru de manque d’eau ». Commanditée par le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, cette expertise a mobilisé vingt-cinq experts d’institutions diverses pour effectuer une analyse rigoureuse de la littérature scientifique internatio-nale sur le sujet.

26 octobre

Le projet européen Epipagri, coordonné par l’Inra, est lancé à Montpellier. Il vise à mettre en place un réseau de gestion mutualisé, des bre-vets et autres actifs à valoriser (savoir-faire, logiciels…), détenus par les établissements publics de recherche européens dans les domai-nes des agro-biotechnologies.

27 octobre

Des chercheurs de l’Inra ont développé, en partenariat avec l’Afssa, plusieurs approches pour sélectionner des poulets génétiquement résistants au portage de salmonelles, bactéries responsables de la moitié des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC).

1er décembre

À Jouy-en-Josas, lancement du projet intégré européen BaSysBio (Bacillus Systems Biology) coordonné par l'Inra, pour étudier le fonctionne-ment de la bactérie modèle : Bacillus subtilis.

(9)

1 1 rapport d’activité 006 006, engagement des orientations stratégiques de l’inra

Georges Pelletier Marie-Yvonne Boscher Stéphane De Cara Édouard Despois Jésus Sanchez

Prix Marcus Wallenberg

Le 28 septembre 2006, Antoine Kremer, directeur de recherche à l’Inra de Bordeaux reçoit le prix

Marcus Wallenberg 2006. Le prix lui a été remis

par Sa Majesté le Roi Carl XVI Gustaf de Suède, lors d’une cérémonie à Stockholm. Il est le premier français honoré par cette distinction.

Prix de l'Académie d'agriculture

Le 4 octobre 2006, huit chercheurs de l’Inra sont distingués lors de la séance solennelle de remise des prix de l’Académie d’agriculture, sous la présidence de Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture et de la Pêche.

Prix spéciaux

Nathalie Bréda reçoit le prix Jean-Dufresnoy

pour ses recherches sur la croissance des arbres.

Michel Renard reçoit le prix de la Fondation

Limagrain pour l’ensemble de son action au service de la filière oléagineux et de l’amélioration des plantes.

Médailles d’or

Marc Bonnet-Masimbert, pour ses travaux sur

la physiologie de la floraison des arbres fores-tiers, la conservation des pollens et des graines, et sa forte contribution à l’animation de recher-ches nationales et internationales.

Yves-Marie Cabidoche, pour l’ensemble de

son œuvre agropédologique dans la zone des Caraïbes.

Jean-Claude Flamant, pour son action

contribuant au rayonnement international de la recherche française.

Médailles de vermeil

Jacques Claverie, pour sa carrière consacrée à

l’amélioration génétique du cerisier.

Michel Isambert, pour sa carrière consacrée à

l’inventaire, à la caractérisation et à la conserva-tion des sols du territoire français, ainsi qu’à la protection des ressources naturelles et de l’envi-ronnement.

Médaille d’argent

Jérôme Ngao, pour sa thèse sur la contribution

de la respiration du sol au bilan du carbone dans une hêtraie de plaine.

ont été remis les premiers « Lauriers de l’Inra », par Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, François Goulard, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, Henri Revol, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, et Jacques Samarut, président du conseil scientifique de l’Inra.

Pour Marion Guillou, présidente-directrice géné-rale de l’Inra : « Les lauriers de l’Inra ont

l’am-bition de récompenser à la fois l’excellence scientifique et la dimension humaine, inventive et collective des métiers de la recherche, mais aussi cette dimension éthique, essentielle dans l’exercice de nos métiers. Ce sont, en effet, ces femmes, ces hommes, ces compétences, ces qualités qui ont permis à l’Inra depuis soixante ans, d’être en capacité de se mobiliser pour répondre aux nouvelles questions de recherche et pour innover. »

Le Laurier de la recherche agronomique, prix

d’excellence scientifique décerné par un jury international, récompense l’ensemble de l’œuvre et la carrière d’un chercheur de renommée inter-nationale ayant contribué de manière exception-nelle au rayonnement de la recherche agronomi-que. Il est décerné à Georges Pelletier, dont le travail a permis à l’Inra de jouer un rôle pionnier dans les recherches sur la plante modèle

Arabi-dopsis thaliana et sur la génomique fonctionnelle

des plantes. Il a mis au point une technique de mutation pour cette espèce (ses articles scienti-fiques restent parmi les plus cités sur ce sujet) et a créé l’une des premières collections de lignées d’insertion chez cette espèce, largement utilisées aujourd’hui dans le monde.

Le Laurier jeune chercheur, décerné par un

jury international, récompense le travail de

Stéphane De Cara, chercheur dans l’UMR

économie publique du centre Inra de Versailles-Grignon. Ses travaux portent essentiellement sur l’analyse des relations entre politiques agricoles et environnementales, avec un regard particulier sur les impacts économiques qu’en-gendrent la réduction des gaz à effet de serre et le stockage du carbone en agriculture et en sylviculture.

Le Laurier ingénieur récompense la

contribu-tion remarquable d’un ingénieur dans le déve-loppement méthodologique, la valorisation des résultats de recherche ou dans l’administration de la recherche. Il est attribué à Marie-Yvonne

Boscher, directrice du Laboratoire d’analyses

génétiques pour les espèces animales (Labo-gena) au centre Inra de Jouy-en-Josas. Elle pilote depuis 1994 ce groupement d’intérêt économique en relation principalement avec les éleveurs, les sélectionneurs et les organisations d’élevage.

Les Lauriers appui à la recherche

récompen-sent les contributions exemplaires de deux techniciens dans la réalisation de leur travail en appui à la recherche. Ils ont été décernés à Édouard Despois, du centre Inra d’Antilles-Guyane, qui a consacré notamment ses mis-sions de technicien expérimentateur à l’étude d’une race locale, le porc créole, dont il a contri-bué à la sauvegarde et à Jésus Sanchez, du domaine expérimental de Couhins, près de Bordeaux, devenu premier maître de chai. Aujourd’hui, le vignoble de Couhins produit des crus (Graves, crus classés) reconnus par les meilleurs spécialistes.

Le 8 Juin 2006

prix et distinctions scientifiques

et techniques

(10)

1 rapport d’activité 006 1 © CAIN Anne-Hélène / Inra.

faits marquants de la recherche 006

La synthèse proposée ici,

présentée par axe stratégique,

se fonde sur des résultats

obtenus au cours de l’année

2006 et mis en avant par

les départements de recherche.

À partir d’un choix de résultats

significatifs ayant fait l’objet

de publications dans des revues

scientifiques internationales

ou d'innovations notables,

elle illustre les principales

lignes de force des recherches

conduites au sein de l’Institut.

Axe A

Gérer durablement et améliorer l’environnement, maîtriser les impacts des changements globaux et les activités productrices.

Axe B

Améliorer l’alimentation humaine, préserver la santé des consommateurs, comprendre leurs comportements.

Axe C

Diversifier les produits et leurs usages, accroître leur compétitivité.

Axe D

Développer les recherches, et produire les données génériques pour la connaissance du vivant.

Axe E

Adapter les espèces, les pratiques et les systèmes de production agricole.

Axe F

Comprendre et améliorer l’organisation des acteurs et leurs stratégies,

analyser les enjeux des politiques publiques, contribuer à leur conception et à leur évaluation, anticiper leurs évolutions.

(11)

16 17 rapport d’activité 006 faits marquants de la recherche 006

aXe a

gestion des prairies, biodiversité et stockage de carbone

dans les sols

atmosphérique en gaz à effet de serre, en général, et en dioxyde de carbone, en particulier, est en constante augmentation depuis le début de l’ère industrielle. Quel est le rôle des prairies perma-nentes dans le cycle du carbone ? Peut-on gérer ces milieux à forte biodiversité pour augmenter le stockage de carbone dans le sol ?

En contribution au programme du ministère chargé de la Recherche visant à constituer des observatoires de recherche sur l’environnement (ORE), l’Inra a créé, en partenariat avec d’autres établissements, un dispositif dédié aux études du fonctionnement des écosystèmes prairiaux. Le rôle très important des prairies dans les cycles biogéochimiques, leur contribution à l’entretien de la biodiversité et la réduction rapide de leur part dans l’occupation des sols, ont justifié un investissement fort pour mieux connaître les fonctions de ces écosystèmes et leurs évolutions à long terme. Le dispositif expérimental, doté de systèmes de mesures et d’échantillonnages très complets, est conçu pour étudier les effets de l’âge sur des peuplements herbacés, leur moda-lité d’exploitation, les transitions prairies-cultures, les cycles du carbone et de l’azote, le devenir

des polluants, la biodiversité fonctionnelle du couvert végétal et du sol.

Le dispositif expérimental s’inscrit dans un réseau européen d’observation et de modélisa-tion de la dynamique des systèmes prairiaux. L’étude d’une vingtaine de sites européens de prairies a permis d’indiquer que 2,2 tonnes de carbone sont piégées en moyenne par hectare et par an. Seule une fraction (40 % en moyenne) du carbone piégé par la prairie s’accumule dans l’écosystème. Toutefois, cette fraction est variable et diminue avec l’intensité d’exploitation de la prairie, qui modifie aussi les espèces végétales dominantes.

L’équilibre entre production aérienne et stoc-kage souterrain de la prairie dépend des carac-téristiques des espèces végétales dominantes. En particulier, le diamètre moyen des organes souterrains (racines et rhizomes) favorise le stockage de carbone au détriment de la produc-tivité aérienne.

En perspective, la mise en évidence du puits de carbone des prairies permettra d’envisager de le gérer. Une réduction de l’exploitation de la prairie favorisera des espèces végétales à fort potentiel de stockage souterrain, mais de faible valeur pour les herbivores.

La concentRation

gérer durablement et améliorer l’environnement,

maîtriser les impacts des changements globaux

et les activités productrices

Le fonctionnement

des écosystèmes cultivés,

forestiers et naturels, terrestres

et aquatiques, la protection

des ressources et la gestion

de l’espace rural sont des objets

de recherche majeurs pour l’Inra.

Le développement durable suppose

des formes de mise en valeur

des ressources physiques

et biologiques qui conjuguent

efficacité technico-économique

et préservation à long terme.

Ainsi, l’amélioration de

l’environnement est un enjeu

primordial pour l’avenir des activités

de production qui valorisent

les territoires ruraux. Les recherches

entreprises ont pour objet de fournir

les bases d’une « éco-agriculture »

compétitive, capable de préserver

et de valoriser les ressources

physiques, eau, sol et air,

les ressources génétiques

et la biodiversité des écosystèmes

terrestres et aquatiques.

Cela impose de mettre l’accent

sur les dynamiques de long terme

des écosystèmes et les processus

adaptatifs. L’interdisciplinarité

entre agronomie et écologie

représente en ce sens un défi

scientifique prioritaire.

eForWood : évaluation

des filières forêt-bois

Dans le cadre du projet intégré européen EFORWOOD (38 organisations issues de 21 pays) ont été développés des méthodes et outils d’aide à la décision pour l’évaluation de la durabilité de la filière forêt-bois européenne couvrant la production forestière, la fabrication industrielle, la consommation et le recyclage. L’Inra coordonne le module sur la gestion des ressources forestières.

coexistence entre cultures

ogm et non ogm en europe

Ce projet réalisé dans le cadre d’un partenariat européen avait pour objectif d’étudier la néces-sité et la faisabilité de faire évoluer les pratiques agricoles pour assurer la coexistence entre OGM et non OGM au sein de l’Union européenne. Quatre cultures étaient concernées : le maïs, la betterave, le colza et le coton. Le cas du maïs a été analysé en priorité. Des recommandations ont été établies grâce à l’utilisation d’un modèle mathématique qui a permis de tester l’efficacité des mesures de coexistence dans un grand nombre de contextes climatiques. Pour les filières telles que l’agriculture biologique, qui revendiquent une absence totale d’OGM dans leurs productions, la coexistence à l’échelle locale est techniquement impossible dans la plupart des cas.

modélisation des interactions

pâturage–biodiversité

en zone herbagère

Enrayer le déclin de la biodiversité à l’horizon 2010 représente un enjeu crucial et nécessite de mettre au point des stratégies de gestion qui concilient production agricole et conservation de la biodiversité. Les modalités d’une gestion durable des milieux prairiaux par l’élevage sont abordées à travers un modèle couplant dynamique de qualité de l’habitat contrôlée par le pâturage et dynamique d’une communauté aviaire composée de trois espèces d’oiseaux prairiaux. L’étude a montré qu’il n’était pas possible de maximiser la fonction productive tout en assurant le maintien des populations d’oiseaux, mais aussi que l’absence de pâturage peut conduire à l’extinction des différentes espèces. Ce modèle est le premier couplage entre la théorie mathématique de la viabilité et l’analyse de la viabilité de populations.

établissement du front

de la processionnaire du pin

La processionnaire du pin est un insecte modèle pour l’étude de l’impact du changement climatique. Cependant, la mesure précise de sa progression, était jusqu’alors rendue difficile par la seule disponibilité de relevés grossiers, effectués à l’échelle du département. L’objectif a donc été de disposer d’une ligne de référence incontestable, fondée sur un géo-référencement de la présence des nids durant l’hiver 2005-2006, et de modéliser la progression prévisionnelle sur le long terme (2050) de l’expansion vers le nord. Les données ont mis en évidence une progression de l’insecte durant ces dernières années, avec des consé-quences importantes, notamment sanitaires pour l’Homme et les animaux domestiques si des mesures ne sont pas prises pour ralentir cette expansion. La pertinence du modèle prévisionnel d’expansion sera validée par les données 2006-2007.

production de cartes

de la végétation à partir

d’observations satellitaires

La caractérisation de la végétation, au travers de variables telles que l’indice foliaire, est nécessaire à la modélisation des processus de surface pour l’estimation de la production, l’état de l’environ-nement, l’étude du climat et des cycles du carbone et de l’eau, ou la détection de changement d’occupation du sol. Le projet européen CYCLOPES, coordonné par l’Inra, a été initié afin de fournir des cartes d’indice foliaire pour la modélisation. Les données mettent en évidence les effets du climat et de l’homme sur la végétation et la production. Des applications pour l’estimation de la production agricole et la modélisation des cycles biogéochimiques sont en cours de développement.

en BreF, quelques recherches et innoVations en 2006

estimation de la diversité des variétés inscrites au catalogue des espèces agricoles cultivées la biodiversité des interactions plantes-pollinisateurs et la stabilité des communautés végétales

Valorisation des ressources génétiques du maïs développement d’une plate-forme logicielle pour la modélisation des paysages étude du positionnement physique et trophique de poissons lacustres identification, sauvegarde et réhabilitation de truites autochtones en haute-savoie dissection génomique de la maturation comportementale chez l’abeille effets de changements globaux sur la biodiversité des communautés de pucerons mosolog, un outil pour quantifier la réactivité biogéochimique des matières organiques dissoutes

Volt’air, un modèle de volatilisation d’ammoniac et de pesticides au champ maîtrise de la pollution nitrique en systèmes de culture et quantification à l’échelle du bassin hydrologique

historique des pratiques phytosanitaires à l’échelle d’un bassin versant

eden, territ’eau, herb’avenir et herb’evol : de nouveaux outils de diagnostic ou d'aide à la décision créés par l’agro-transfert Bretagne

retrouvez l'intégralité de ces résultats sur www.inra.fr

Prairies, effet de serre et changement climatique. Dispositif expérimental d'enrichissement en CO

2.

©

TOILLON

(12)

18 19 rapport d’activité 006 faits marquants de la recherche 006

aXe B

améliorer l’alimentation humaine, préser ver la santé

des consommateurs, comprendre leurs compor tements

des bactéries génotoxiques dans le tube digestif

est une bactérie commensale, qui vit pacifiquement dans le tube digestif. Cependant certaines souches sont pathogènes et sont fréquemment impliquées dans nombre d’infections à la fois en élevage et en santé humaine. C’est à ce titre une espèce modèle pour étudier le continuum entre bactéries commensales et bactéries pathogènes. Certaines souches d’E. coli produisent une toxine qui induit sur les cellules de l’hôte un effet toxique. Ces souches bactériennes ont dans leur génome un « îlot génomique », qui contient l’ensemble des gènes permettant la biosynthèse d’une nouvelle toxine dénommée colibactine. Cette toxine induit de graves lésions de l’ADN des cellules hôtes, entraînant le blocage du cycle cellulaire. La colibactine fait partie d’une nouvelle famille de toxines bactériennes capa-bles d’agir sur le cycle cellulaire des cellules eucaryotes. Les gènes portés par l’îlot génomi-que codent plusieurs enzymes appartenant à la famille des « polyketide synthetases » et des « non ribosomal polypeptide synthetases ». Les composés issus de ces biosynthèses forment une large famille de produits naturels doués d’activités biologiques et pharmacologiques très diverses qui en font des molécules de grande importance agronomique et médicale.

C’est la première fois qu’un système enzymatique produisant une molécule active sur des cellules eucaryotes est caractérisé chez E. coli. Cette découverte fournit une clé biotechnologique pour produire de nouvelles molécules d’intérêt et fait l’objet d’un dépôt de brevet. Elle ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, mais aussi préventives.

Les résultats de ces travaux posent aussi une importante question de santé publique. Les cassures double brin de l’ADN sont des lésions dangereuses pour les cellules eucaryotes. En absence de réparation, ces cassures peuvent induire un taux élevé de mutations, qui sont les causes principales de l’initiation des cancers chez l’homme. La colibactine est produite à la fois par des E. coli commensales de la flore intestinale et par des souches pathogènes responsables de septicémies, d’infections uri-naires et de méningites. La présence de ces bactéries dans la flore commensale pourrait donc constituer un facteur prédisposant au développement de certains cancers. Les flores bactériennes participeraient ainsi au dévelop-pement, à la différenciation et à l’homéostasie des muqueuses et au développement ou à la protection de l’hôte vis-à-vis de certains cancers.

escHeRicHia coLi

L’Institut aborde

l’alimentation humaine

dans sa globalité : analyse des

besoins nutritionnels de l’homme

sain et de groupes particuliers

ou à risque, traduction en

recommandations alimentaires,

amélioration de la qualité

nutritionnelle des aliments,

adaptation aux attentes et

aux besoins des consommateurs.

elle passe également par

une maîtrise de la sécurité chimique,

biologique et microbiologique

des aliments.

L’analyse des liens entre

alimentation et état nutritionnel

a conduit l’Inra à orienter

ses recherches vers l’étude

du comportement alimentaire.

Une attention spécifique est portée

à l’identification et la maîtrise

des interactions « aliment-santé »,

à travers le contrôle des fonctions

digestives et de la flore intestinale.

À cet égard, les travaux sur la flore

intestinale de l’homme constituent

l’un des objectifs prioritaires

de l’institut. enfin, des recherches

sur les relations entre nutriments

et expression des gènes et,

plus globalement, des travaux

alliant recherches biologiques et

recherches en sciences humaines

et sociales sont développés.

un nouveau regard

sur l’allaitement maternel

L’allaitement maternel semble exercer un rôle primordial pour le développement de l’écosystème bactérien intestinal et de l’immunité chez le nourrisson. Au-delà de l’exposition directe du nouveau-né au microbiote (écosystème microbien intestinal) maternel lors de l’accouchement, l’existence d’un lien dynamique entre le microbiote intestinal des nourrissons et celui des mères via l’allaitement a été explorée. L’étude de sept couples « mère/nouveau-né » a permis de démontrer qu’il existe un lien entre le microbiote intestinal des nourrissons nourris au sein et celui de leur mère. Les résultats indiquent que la mère peut transmettre au nourrisson, via l’allaitement au sein, des composantes bactériennes de son propre microbiote intestinal qui pourront s’im-planter dans le tube digestif du nouveau-né et contribuer à la programmation de son système immunitaire.

modifications

de la sensibilité digestive

aux lipides

L’homme en cours de prise pondérale présente une satiété retardée qui se traduit par une sensation de faim insatiable. Ceci provient vraisemblablement d’une modification de la perception et/ou de l’élaboration du message sensoriel en provenance de la sphère digestive à la suite du repas. En effet, un régime riche en lipides supprime l’effet des lipides sur le sphincter pylorique. Un phénomène de même nature existe-t-il au niveau de l’estomac ? D’autres nutriments sont-ils susceptibles de participer à ce phénomène de désensibilisation ? Les travaux conduits sur un modèle animal, le porc, ont montré que les lipides administrés dans le duo-dénum réduisent la vitesse d’évacuation de l’estomac. Ces effets sont supprimés lorsque les animaux ingèrent préalablement durant trois semaines un régime alimentaire riche en lipides ou en glucides, en place d’un régime équilibré. Au total, il existe une modification du signal sensoriel en provenance de la sphère digestive ou de son interprétation par le système nerveux central à la suite de l’ingestion répétée d’un régime riche en lipides ou en glucides. Ce phénomène participe à la création d’une satiété retardée de même nature que celle observée chez l’homme au cours de la prise pondérale.

comment réduire le risque

de portage de salmonelles

chez la poule ?

Les salmonelles, souvent d’origine aviaire, sont l’une des causes majeures de toxi-infection chez l’Homme. Si plusieurs méthodes de prophylaxie ont été développées, aucune ne permet à elle seule d’éviter le risque de portage par la poule. Des modèles mathématiques de transmission

des salmonelles au sein d’un troupeau de poules ont été établis. Des simulations et les premiers résultats expérimentaux ont souligné l’intérêt de l’introduction, dans une population sensible, d’un pourcentage, même assez restreint, d’animaux résistants, par exemple à travers l’utilisation, dans les croisements commerciaux, d’une ou plusieurs lignées résistantes. Cette aptitude est donc essentielle pour la maîtrise du risque de contamination des œufs et donc de contamination humaine.

allergénicité des hydrolysats

de protéines de blé

Si l’allergénicité des protéines de blé est bien établie, celle de leurs produits d’hydrolyse ne l’était pas et relevait de l’exception. À la suite d’observations cliniques sur des patients présen-tant des réactions allergiques violentes vis-à-vis de produits cosmétiques et alimentaires contenant des hydrolysats de gluten, les bases moléculaires de l’allergénicité de ces ingrédients ont été étudiées. Ainsi, une forme d’allergie distincte des allergies aux protéines entières du blé déjà connues a été démontrée. Ces résultats soulèvent le problème de l’innocuité des produits issus de l’hydrolyse des protéines du blé, produits employés massivement par les industries alimen-taires et cosmétiques.

impacts moléculaires

du lindane sur le foie

Le lindane est un organochloré suscitant des inquiétudes de la part des pouvoirs publics, car l’homme peut encore y être exposé au travers son environnement. Il provoque de sévères atteintes hépatiques et apparaît cancérogène chez le rat et peut-être chez l’homme. Malgré les nombreuses études soulignant ces effets toxiques, aucune ne s’est intéressée aux voies de signalisation et aux mécanismes de survie et de mort cellulaires au niveau du foie. Les chercheurs fournissent une explication sur les mécanismes d’hépatotoxicité et de cancérogenèse observés

in vivo chez le rat et suspectés chez l’homme en

réponse à ce pesticide organochloré.

en BreF, quelques recherches et innoVations en 2006

suivi en temps réel des interactions entre les récepteurs olfactifs, les facteurs odorants et l’oBp (protéine liant les facteurs odorants) neurobiologie de la mémoire olfacto-gustative des aliments

relations entre état nutritionnel et activation des cytokines, et conséquences sur le bien-être les phyto-œstrogènes pour prévenir

l’ostéoporose ?

une matière grasse laitière bonne pour la santé ?

effets d'un beurre enrichi en acides gras trans expression spécifique de gènes de Bacillus cereus au cours de l’infection

stimulation des capacités métaboliques du foie par certaines huiles alimentaires des gènes impliqués dans le métabolisme glucidique influencent le pouvoir pathogène d’une souche d’e. coli

analyse des risques alimentaires : publication d’un ouvrage de synthèse

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Bactérie Escherichia coli vue au microscope électronique.

© DUCLUZEAU

(13)

0 1 rapport d’activité 006 faits marquants de la recherche 006

aXe c

diversifier les produits et leurs usages, accroître leur

compétitivité

composition des parois de fruits charnus

et relation avec leur texture

des fruits et légumes présente une variabilité mal maîtrisée affectant leur consommation et leurs utilisations dans des produits transformés. La mise en œuvre de stratégies d’amélioration variétale et de contrôle-qualité des productions dépend de jurys de dégustation dont la mise en place est difficile et coûteuse. Différentes études ont été engagées pour identifier les niveaux structuraux des fruits associés aux perceptions sensorielles de la texture. Celles-ci relèvent de plusieurs paramètres : histologiques, physiques et physico-chimiques, pour lesquels les parois cellulaires jouent des rôles primordiaux : rigidité des parois, cohésion cellulaire... La nature, l’organisation et les interactions des molécules constitutives des parois contrôlent ces caracté-ristiques mécaniques.

Pour aborder cette complexité, une méthode de crible a été développée. Elle permet de mesurer la variabilité structurale des pectines et des hémicelluloses au sein des parois. Cette méthode a été utilisée sur des collections de tomates à texture contrastée et à génétique connue. La méthode fait appel à la dégradation des pectines et des hémicelluloses par des enzymes. Les fragments obtenus sont caractérisés par chromatographie et identifiés par spectrométrie

de masse. L’originalité de la méthode réside dans les prétraitements des données chroma-tographiques avant leur analyse par des méthodes chémométriques. Ces prétraitements permettent une analyse rapide d’une collection de chroma-togrammes.

Appliquée à des lignées de tomates à génétique connue et reliées à des critères sensoriels de texture, cette méthode a permis de montrer sur deux années consécutives de production une relation entre des fruits « farineux » et une teneur significativement plus élevée en galac-tanes pectiques normalement métabolisés lors de la maturation. Ces résultats renforcent des observations précédentes reliant la quantité de ces chaînes latérales pectiques entre des variétés commerciales de tomates farineuses et juteuses et montrant différents comporte-ments à la déstructuration mécanique. Des développements de cette méthode sont prévus dans plusieurs directions : augmentation du débit des analyses, automatisation de certaines étapes, validation des premiers résultats par l’étude d’un plus grand nombre de lignées, application sur des collections de mutants affectés sur des gènes candidats associés à la construction des parois.

La textuRe

Les recherches développées

au sein de cet axe

permettent de caractériser et

de prévoir la qualité et la typicité

des produits, dans une logique

de diversification, et de réponse

aux attentes des consommateurs,

la qualité des produits

devant répondre aux normes

du développement durable, être

associée à la notion d’authenticité

et de typicité, mais aussi de sécurité.

La maîtrise des caractéristiques

recherchées s’appuie sur la maîtrise

des technologies de production

et de transformation des produits

agro-alimentaires. L’un des enjeux

scientifiques est par exemple

de mieux comprendre le rôle

des micro-organismes dans

les procédés de transformation.

Le développement des recherches

à finalités non alimentaires

(biocarburants, chimie verte)

demande par ailleurs de caractériser

et de transformer les molécules

issues des produits agricoles.

dans ce cadre, la qualification

et la différenciation des filières

font l’objet de recherches

spécifiques. enfin,

les connaissances sont mises

à profit pour répondre à

des objectifs de santé humaine,

de bien-être et de protection

de l’environnement.

conception de surfaces

modifiées pour

des applications biologiques

La maîtrise de l’hygiène des matériaux permettrait de réduire les risques de contamination environne-mentale, notamment bactérienne, des produits alimentaires finis. Pour réduire les risques de contamination des produits finis, des actions cura-tives, combinées ou non à des actions préventives sont mises en œuvre. De nouvelles stratégies fondées sur le développement de nouveaux maté-riaux à fonctionnalités bioactives sont désormais envisagées. L’approche consiste à modifier la surface de matériaux finis par des traitements chimiques (greffage de chaînes latérales fonction-nalisées) et à évaluer leurs caractéristiques physico-chimiques et leurs impacts sur l’adhésion microbienne. Ainsi, ces matériaux biocouches, en réduisant ou en favorisant l’adhésion des micro-organismes trouveront de nombreuses applications, tant dans les différents secteurs des industries agroalimentaires (matériaux d’emballage ou matériaux de surface pour les équipements en lien avec la sécurité sanitaire des aliments) que dans le domaine biomédical (santé publique).

imagerie par résonance

magnétique nucléaire

de l’eau et du sel liés

L’eau joue un rôle prépondérant lors de la trans-formation des produits agro-alimentaires par des procédés technologiques. Dans le domaine des produits carnés, le pouvoir de rétention d’eau constitue une des caractéristiques déterminant l’aptitude de la viande à la transformation et conditionne notamment le rendement de fabrication des produits cuits. Une perte de jutosité conduit, par exemple, à une sensation gustative négative. De même, l’ajout de certains additifs, tel que le chlorure de sodium, modifie l’état de liaison de l’eau et des ions sodium avec les macromolécules. Outre la jutosité, la perception du goût salé est aussi fonction de cet état de liaison. Afin de caractériser et quantifier l’état de liaison des molécules d’eau et des ions sodium, une méthode d’imagerie RMN a été développée et validée quantitativement pour mesurer les espèces (eau, ions sodium) liées aux macromolécules dans les produits agroalimentaires.

Formation de complexes

covalents

protéines-oxylipines

Les oxylipines présentent une très grande diversité structurale et fonctionnelle. Ils jouent un rôle important, aussi bien dans le développement des organismes animaux et végétaux que dans les réponses aux stress cellulaires ou environne-mentaux. Les oxylipines jouent également un rôle dans la flaveur des produits, en agissant directement sur la gustation ou comme précurseur de molécules volatiles.

Pour la première fois chez des végétaux, un complexe covalent entre une oxylipine et une protéine a été mis en évidence. Ce nouveau type de liaison protéique, caractérisée lors de la germination du grain d’orge, permet d’augmenter considérablement les propriétés tensioactives de la protéine. En malterie-brasserie, cette modifica-tion est essentielle à l’expression des propriétés moussantes de la bière.

modifications de levures :

de nouveaux outils pour

les œnologues

En œnologie, les levures de fermentation

(Sac-charomyces cerevisiae) sont soumises au cours

de la fermentation alcoolique au double effet néfaste de l’acidité du milieu (moût de raisin) et de la concentration croissante en éthanol, qui conduit inéluctablement à une mort cellulaire. Parmi les actions tendant à renforcer la résistance de la levure à ces effets délétères, les travaux ont consisté à incorporer de façon précoce à la levure des stérols d’origine levurienne afin de protéger efficacement la membrane cytoplasmique lors des fins de fermentation difficiles. L’effet obtenu sur les performances des levures est remarquable, puisqu’il permet d’augmenter très significative-ment la viabilité cellulaire dans le dernier tiers de la fermentation, permettant aux cellules de levure d’assurer une fin de fermentation plus efficace, donc plus rapide.

Par ailleurs, il existe une forte demande socio-économique pour des vins de qualité à teneur réduite en alcool. Une voie d’intervention possible repose sur le développement de souches de levure à rendement plus faible en éthanol. Différentes stratégies ont été évaluées : l’une d’entre elles permet de diminuer de 15 % le rendement en éthanol.

procédés microbiens pour

la production d’éthanol

à usage biocarburant

Le bioéthanol est l’un des principaux biocarburants étudiés. Les procédés biologiques actuellement exploités sont maîtrisés, mais présentent des performances modestes et des coûts élevés de matière première, de traitement d’effluents et de séparation du produit. Dans ce contexte, des recherches devant intensifier les performances des bioprocédés ont été conduites. Le développe-ment d’un procédé continu innovant de production d’éthanol à usage biocarburant par la levure

Saccharomyces cerevisiae a ainsi été réalisé. Il

permet des performances qui se positionnent au meilleur niveau international : la productivité en éthanol obtenu est huit à dix fois supérieure aux productivités industrielles actuelles, avec une concentration en substrat résiduel nulle. Il a éga-lement été possible de supprimer la production de glycérol, pour optimiser le rendement de conversion, avec une souche génétiquement modifiée.

en BreF, quelques recherches et innoVations en 2006

une nouvelle stratégie permettant l’étude fonctionnelle de l’écosystème fromager nouveaux développements sur la structure de la micelle de caséines

Vers la maîtrise des mécanismes de dégradation des bactéries lactiques lors de la congélation efficacité d’un traitement plasma à pression atmosphérique sur la destruction bactérienne un nouvel acteur impliqué dans la synthèse de pectines par les végétaux

guide de bonnes pratiques d’hygiène pour la fabrication du saucisson sec artisanal profils d’expression génique associés aux qualités sensorielles de la viande bovine dispersion d’acides gras hydroxylés en solution carte génétique et détection de l’arôme muscat

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Pêche jaune de l'Ardèche.

© WEBER

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