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Le cerf en Aubrac : analyse et propositions
M. Denis, Y. Boscardin, J.P. Hamard, T. Quesney
To cite this version:
M. Denis, Y. Boscardin, J.P. Hamard, T. Quesney. Le cerf en Aubrac : analyse et propositions. irstea. 1997, pp.60. �hal-02577000�
I
I
I
I
97/0112
groupement de Nogent-sur-Vernisson
LE CERF EN AUBRAC
ANALYSE ET PROPOSITIONS
LA RECHERCHE POUR L'INGENIERIE DE L'AGRICULTURE ET DE L'ENVIRONNEMENT
I
I
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MICHEL
DENIS,
YVESBOSCARDIN,
JEAN-PIERREHAMARD,
THIERRYQUESNEY
LE CERF EN AUBRAC
ANALYSE ET PROPOSITIONS
M I C H E L
DENIS,
Y V E SBOSCARDIN,
J E A N - P I E R R E H A M A R D , T H I E R R YQUESNEY
MISE EN FORME DU DOCUMENTDOMINIQUE B A L L O N
ETGILLES BERGEVIN
Le Cerf en Aubrac
Analyse et propositions
0 - PREAMBULE
1 - PRESENTATION GENERALE DE LA ZONE D'ETUDE
11 - Périmètre de la zone d'étude
12 - Délimitations internes de la zone d'étude 13 - Données physiques
14 - Groupements végétaux
2- ENQUETES AUPRES DES ACTEURS
21 - Les agriculteurs 211 - Choix de.l'échantillon. 212 - Réalisatipn.de.l'enquête 213 - Principaux résultats 22 - Les forestiers 221 - .Réalisation.de.l'enquête 222 - Principales tendances 23 - Les chasseurs 231 - Réalisation de.l'.enquête 232 - Principales .tendances 3 - ANALYSE DE LA VEGETATION 31 - Rappels méthodologiques 311 -Obj.ecti.fs 312 -Méthodologie 313 - Principes.des calculs
3131 - Calculs relatifs aux espèces végétales rencontrées 3132 - Calculs relatifs aux placettes
3133 - Calculs relatifs au massif étudié
32 - Résultats de l'inventaire systématique des gagnages (fin d'hiver*) 321 - Les espèces présentes
322 - Abondançe.des espèces 323 - Masse.a.broutie
324 - Pression.d'abrputiss.ement 4 - ANALYSE DE LA POPULATION
41 - Analyse de la population par enquêtes 411 - Rappels méthodologiques
412 - Resul.ta.ts.de. J'enquête, effectuée .auprès des. agriculteurs 4121 - Répartition spatiale
4122 - Répartition annuelle
413 - Résul tats.de. J'enquête, effectuée .auprès des. chasseurs 4131 - Répartition spatiale
414- Résultats.de. l'enquête effectuée .auprès des.forestiers 4141 - Répartition spatiale
4142 - Répartition annuelle
42 - Analyse de la population par le relevé d'indices de présence 421 -Méthodologie
422 - Comparaison plateau-boraldes 423 - Répartition .des indices.sur.le plateau
4231 - Répartition des indices sur le plateau par canton forestier 4232 - Répartition des indices sur le plateau par secteur
424 - Répartition.des..indices.dans.les boraldes 4241 - Répartition des indices par boraldes
4242 - Répartition des indices par groupe de boraldes 43 - Ecoutes et observations au brame
431 - Méthodologies
432 - Ré.su)tats.bru.ts.(nombre de cerfs bramants) 433 - Interprétation.des données
44 - Essai de reconstitution de l'évolution de la population 441 - .Les.premiers.ternpsO958-.1966).
442 - Les.premiers.prélèvements, officiels.(19.6.7-19.8.1.)
443 - .L'étab.li.ss.e.m.e.nt.de.pré.lè.yements perennes (à.partir de .198.2—>) 444 - Synthèse sur .une évolution de .la.p.opulation
5 - INTERACTIONS VEGETATION-POPULATION 51- A propos des dégâts forestiers
511 - E.t.ud.edes..massifs.fpre.s.tiers.priy.é.s
512 - Etude des .massifs, forestiers .soumis au régime, forestier 513 - Conçlusion.gé.nérale des.dégâts.forestiers
52 - Indices de Valeur de l'Habitat et Densité optimale 521 -.Le.s.I.ndices.de.y.ale.ur.de.l.'HabitaXCiyjfìpPUr.J.C.cerf 522 - .Dçnsi.té.pp.t.imal.e
523 - Relations IPF-Ppp.u.Iation 6 - CONCLUSION
7 - PROPOSITIONS SUR LA GESTION DES GRANDS CERVIDES 71 - Rappel sur l'amplitude des déplacements des Cervidés
72 - Comment pérer cette population ? 721 - Réduction de.l'effectif 722- Laparticipation
ANNEXE 1 : Formules de calcul relatives à l'inventaire de gagnage ANNEXE 2 : Régions naturelles (IFN)
ANNEXE 3 : Fiche Evaluation socio-biologique de la population de cerfs de l'Aubrac (Aveyron) - agriculteurs ANNEXE 4 : Fiche Evaluation socio-biologique de la population de cerfs de l'Aubrac (Aveyron) - chasseurs ANNEXE 5 : Fiche Evaluation socio-biologique de la population de cerfs de l'Aubrac (Aveyron) - forestiers
Le Cerf en Aubrac :
Analyse et propositions
0 - PREAMBULE
A la fin des années cinquante, douze cerfs et biches provenant de la Réserve Nationale de Chambord (Loir et Cher) sont lâchés en deux points de la forêt domaniale d'Aubrac (Aveyron) où ils se sont rapidement acclimatés malgré des conditions hivernales bien différentes de celles du Val de Loire.
Dans les premiers temps, il y eut bien des individus explorateurs, l'un fût même tiré rapidement (2-3 mois) dans une boralde, mais les animaux ont principalement occupé les forêts du plateau et celles situées à la naissance des cinq boraldes (Menepeyre, Poujade, St-Chély, Mousseaux et Merdanson). Avec l'augmentation de la population, une aire forestière d'occupation particulièrement découpée, et des prairies périphériques de qualité, il était inéluctable que cette population de grands cervidés allait fréquenter les surfaces agricoles. La question était alors de savoir si l'utilisation des surfaces prairiales allait être significative ou pas et poser des problèmes de concurrence aux animaux domestiques.
Il semble qu'un certain seuil de tolérance soit dépassé puisque les professions agricole et forestière ont demandé avec insistance une augmentation importante du nombre de bracelets délivrés dans le cadre du plan de chasse, ce qui a d'ailleurs été accordé pour la saison cynégétique 1994-95. Cependant, pour une population alors évaluée à 400-500 têtes (avant reproduction), la crainte peut être de dépasser son potentiel de reproduction et peu à peu de la réduire trop fortement alors qu'elle occupe déjà une place de choix dans les atouts de la région Aubrac.
Aussi fut-il mis en place un groupe de travail composé de la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Aveyron, de représentants de la profession agricole et des propriétaires forestiers privés, de l'Office National des Forêts ; il y a eu accord pour le maintien d'une population importante sur le massif sous conditions d'une gestion rigoureuse des populations et d'un certain partage du bénéfice de la présence des grands cervidés.
Ce groupe de travail souhaitait des informations plus précises permettant : - d'évaluer les potentialités d'accueil de la surface occupée par l'espèce Cerf élaphe ; - d'estimer les populations en termes quantitatif et qualitatif;
- de proposer des modalités de gestion des populations au regard de la capacité d'accueil du massif ;
- de définir par zone des critères aussi objectifs que possible pour aider à la mise en oeuvre du plan de chasse ; - de rechercher des orientations à moyen et long termes conduisant à une exploitation cynégétique et touristique de cette population.
La division "Espaces Naturels et Faune Sauvage", intégrée actuellement dans la division "Ecosystèmes Forestiers et Paysages", sollicitée au printemps 1995, a pu se mettre à la tâche dès septembre 1995 en participant aux opérations mises en oeuvre en période de brame tant par la Fédération Départementale des Chasseurs que par l'Office National des Forêts et a souhaité pouvoir répartir les relevés de terrain sur 18 mois, notamment pour analyser au mieux la population présente, sur deux périodes de brame.
Il s'ensuit alors une convention d'études dont l'objet est le suivant :
A la demande du groupe de travail ad hoc évoqué ci-dessus, la Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt de l'Aveyron charge le Cemagref, qui accepte
* de l'établissement d'un diagnostic des relations forêt/cervidés sur l'aire patrimoniale de la population de Cerf élaphe de l'Aubrac (Aveyron), par l'analyse :
- de la capacité alimentaire de la forêt pour le cerf élaphe,
- des prélèvements et éventuellement dégâts effectués par les Cervidés sur la flore et les peuplements forestiers,
- de l'état d'équilibre ou de déséquilibre des relations faune-flore.
* de l'étude des effectifs de population et de leur répartition spatiale au cours des saisons afin de proposer des modalités de gestion des populations au regard de la capacité économique et des conditions d'acceptation des grands cervidés hors zone soumise au régime forestier.
Il est mis en place un "Comité de suivi" formé de représentants de la DDAF-Aveyron, des intérêts sylvicoles et forestiers, des associations cynégétiques et d'un expert auprès du Comité, le Docteur C. MAISONABE.
1 - PRESENTATION GENERALE DE LA ZONE D'ETUDE 11- Périmètre de la zone d'étude
Au nord, le Roc du Cayla (1298 m), puis en suivant le sens des aiguilles d'une montre, la limite départementale avec le Cantal, puis la route D15 jusqu'à la Croix des 3 Evêques, la limite départementale avec la Lozère jusqu'à la limite sud-est de la commune d'Aurelle-Verlac (les Ginestes), puis la route D95 jusqu'à St-Geniez-d'Olt ; la limite sud est formée du Lot (St-Geniez-Espalion) tandis que la limite occidentale est la route départementale D987 (Espalion-Laguiole).
Cette zone représente environ 40 000 ha et l'Inventaire Forestier National n'y retient que près de 14 000 ha boisés auxquels on pourrait ajouter les landes, zones incultes... pour environ 1 400 ha, soit 15 400 ha "ouverts" à la grande faune herbivore .
La surface occupée par la population est supérieure, avec notamment des zones situées au sud de la rivière, le Lot, comprises dans l'unité de gestion n° 7 du plan de chasse (Ste-Eulalie d'OIt, Lassouts).
Ainsi, par référence aux demandes liées à la mise en oeuvre du plan de chasse et en se contentant des unités de gestion n°s4 (pour partie), 5, 6, 7 et 8 (pour partie), la surface boisée occupée par l'espèce Cerf élaphe serait voisine de 19 000 ha.
12 • Délimitations internes de la zone d'étude
L'Inventaire Forestier National distingue : - la région naturelle "Aubrac" (19 538 ha)
dont 5 938 ha de forêts et boisements plus ou moins lâches et morcelés et 7 320 ha de pelouses pastorales
- la région naturelle "Bordure Aubrac" (17 783 ha) dont 7 690 ha de forêts et boisements
et 670 ha de pelouses pastorales
- la région naturelle "Haute châtaigneraie auvergnate" (sous-région "Viadène") (1 554 ha) dont 219 ha de forêts et boisements
et 26 ha de pelouses pastorales
- la région naturelle "Rougier de Marcillac" (1 007 ha) dont 49 ha de boisements morcelés
et 102 ha incultes et friches
* II s'agit des surfaces inventoriées à fin d'analyses floristiques, d'évaluation de la fréquentation par les grands Cervidés ; en fait, lors des écoutes au brame, on dépasse ces limites, au sud du Lot (Ste-Eulalie-d'Olt et St-Geniez-d'Olt) pour s'intéresser à l'ensemble de la surface occupée par la population, donc à l'effectif global.
13 - Données physiques Topographie :
Comme nous venons de l'évoquer, les altitudes extrêmes vont de la vallée du Lot au sud (moins de 400 m) aux Truques (1 439 m) en forêt domaniale d'Aubrac ; les altitudes extrêmes sont par ailleurs les suivantes : forêt communale de Condom d'Aubrac 1 439 m les Truques
forêt domaniale de Roquette Bonneval 1 404 m Puy du Roussillon forêt communale de Laguiole 1 342 m Puech de la Menthe
Les pentes y sont fort variables : sur le plateau sensu stricto, la pente peut ne pas excéder les 15 %, varier de 20 à 50 % à la naissance des Boraldes, pour atteindre lesWodans les boraldes où localement existent des barres rocheuses.
Climat : Station climatique de référence : Laguiole (1 030 m) pour le plateau. On s'attachera seulement aux conditions sévères du plateau.
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La région naturelle "Aubrac" s'inscrit dans l'aire climatique Atlantique à tendance montagnarde caractérisée par :
- l'absence de contraintes hydriques
- un facteur limitant, le froid hivernal accompagné de couverture neigeuse et de gelées tardives - un contraste fort entre le plateau et les boraldes.
Principaux naramètres climatiques : Précipitations : Températures : Total annuel Automne (SON) Hiver (DJF) Printemps (MAM) Eté (JJA)
Nbre de jours de pluie/an Nbre de jours de neige/an Nbre de jours de brouillard/an Température moy. annuelle Température moy. Janvier Température moy. Juillet Nbre de iours de eel/an
1 300 - 1600 mm (1 740 mm à Aubrac) 300 - 400 mm 340 - 480 mm 300 - 380 mm 230 - 280 mm 160-180 2 0 - 4 0 6 0 - 8 0 8 - 1 0 ° C 0 - 1°C 16-18°C 20 - 40° C
Le manteau neigeux ne dépasse guère 1,20 m, plutôt spatialement irrégulier mais peut s'étaler sur 5 mois (décembre-avril).
Géologie :
Aux altitudes les plus élevées, le socle géologique est formé de basaltes (fusion à sec des peridotites) de la série sombre reposant sur un socle granitique. Puis, à plus basse altitude, on est en présence de micaschistes également sombres, et de gneiss.
Pédologie : (cf. D1LAM)
Toujours dans la partie la plus élevée de la zone d'étude, on distinguera : - des rankers andiques (sommets rocheux),
- des andosols humifères, sur les crêtes, - des sols brunifiés,
- des sols hydromorphes.
14 - Groupements végétaux (cf. DILAM-AUBRAC) Le plateau dispose des séries suivantes : - la série de la hêtraie
- la série de la hêtraie-sapinière
Avec les boraldes, apparaît : - la série de la chênaie acidiphile
Sur la zone d'étude, on distinguera principalement :
* la région naturelle "Aubrac" avec un taux de boisement de 30,4 % (5 938 ha) dont futaie feuillue 3 150 ha 53,0 %
futaie résineuse 611 ha 10,3 % (y compris les reboisements)
taillis 2 177 ha 36,7 %
II s'agit d'un paysage à la fois pastoral et forestier où le hêtre domine ; au sein du groupe de résineux, le sapin y est finalement moins fréquent que le pin sylvestre ; les bois de ferme, principalement feuillus n'y sont pas négligeables ; de vastes pâturages sont parcourus par des bovins.
* La région naturelle "Bordure Aubrac" avec un taux de boisement de 43,2 % (7 690 ha)
dont futaie feuillue 4 704 ha 61,2 % (dont 24 % en futaie de chêne) reboisements résineux 894 ha 11,6 %
taillis 1321ha 17,2 % (hêtre, chêne, châtaignier...) châtaigneraie à fruits 771 ha 10,0%
II s'agit du piémont méridional de l'Aubrac et du plateau de la Viadène. Les vallées encaissées des boraldes sont occupées par des forêts, composées essentiellement de feuillus où le hêtre n'occupe pas le premier rang ; les futaies feuillues d'essences diverses sont majoritaires, celles de chênes s'affirment ; quant aux résineux, ce sont quasi exclusivement des boisements de moins de quarante ans. A noter plus de 700 ha de châtaigneraie à fruits, principalement implantées dans les parties basses, près du Lot.
Entre ces extrêmes, vallées encaissées et vallée du Lot, c'est-à-dire sur les reliefs moins escarpés, ce sont des boisements de chênes et de châtaigniers qui disputent le terrain, notamment dans les interfluves, aux pâturages.
Les cultures n'apparaissent vraiment que dans les parties basses et larges. La part des forêts soumises n'est que de 11 % de la surface forestière contre 69 % pour la région "Aubrac" ; aussi, bien que la futaie soit le régime ici le plus commun, son exploitation rationnelle y reste notoirement modeste.
2 -ENQUETES AUPRES DES ACTEURS 21 - Les agriculteurs
211- Choix de .l'échantillon
Les données concernant les agriculteurs de ces 11 communes nous ont été communiquées par la D.D.A.F. Aveyron. Elles sont issues du fichier PAC 1994.
Dans un premier temps, nous avons effectué un tri par SAU croissante pour chaque commune afin que l'échantillon soit représentatif de toutes les classes d'exploitation (petite, moyenne et grande). Une exploitation sur sept a été en moyenne contactée.
Le report sur une carte de l'échantillon constitué à partir du premier critère a montré que certains secteurs géographiques n'étaient pas parcourus. Certaines exploitations choisies lors du premier tri ont été abandonnées au profit d'autres de SAU équivalente mais permettant de couvrir géographiquement l'ensemble de la zone.
Le nombre d'agriculteurs interrogés a été de 86, dont la répartition par commune est illustrée dans le tableau suivant :
Répartition des agriculteurs interrogés par commune :
Communes Nombre d'agriculteurs
Aurelle-Verlac 46 Castelnau de Mandailles 48 Le Cayrol 39 Condom d'Aubrac 64 Curières 43 Laguiole (partie) 73 Lassouts 45 Montpeyroux (partie) 99 Prades d'Aubrac 73 St Chély d'Aubrac 62 St Corne d'Olt 44 TOTAL 636
212 - Réalisation .de. l'enquête
Les agriculteurs ont répondu au questionnaire à leur domicile au cours des mois de septembre, octobre et novembre 1995.
L'entretien avec l'agriculteur était dirigé par l'agent et abordait successivement les points suivants :
- Identification de l'agriculteur.
- Répartition spatio-temporelle des grands cervidés. - Préjudices causés par la population de cervidés. - Chasse de ces cervidés.
- Évaluation sociale de cette population de cerfs. 213 - Principaux résultats,
- Sur l'ensemble de la zone :
La proportion d'agriculteurs chasseurs est de 29 %. Cette proportion est identique a la moyenne nationale (cf. : États généraux de la chasse, Strasbourg 16/17 février 1990 - U.N.F.D.C).
Les agriculteurs voient régulièrement les cerfs sur leur exploitation, puisque 58% les voient durant trois à quatre saisons de l'année.
Nombre d'agriculteurs interrogés 6 7 6 11 7 6 7 10 11 9 6 86 soit en % 13 15 15 17 16 8 16 10 15 15 14 14
Nombre de saisons au cours desquelles les cerfs sont vus par les agriculteurs 1 saison 6% 2 saisons 22% 3 saisons 14% Toute l'année 44% A l'occasion 14% n échantillon = 86
La présence des cervidés engendre des problèmes sur de nombreuses exploitations (plus de 70%). Le préjudice cité en première position est le dérangement du bétail 29%, puis les bris de clôture 26% et le prélèvement d'herbe 25%.
De ces différentes constatations, il résulte un sentiment d'hostilité vis-à-vis des grands cervidés chez 61% des personnes enquêtées.
Sentiments des agriculteurs vis-à-vis de cette population
Indifférence totale 2% Hostilité 6 1 % Acceptation 30% Indifférence positive 7% n échantillon = 86
Pour conclure aucun agriculteur ne souhaite que la population de cerfs se développe, bien au contraire, puisque 59% d'entre eux sont pour une diminution souhaitée importante de l'espèce ou pour son eradication (8%).
Souhaits des agriculteurs concernant l'évolution de cette population A diminuer un peu 17% A supprimer 8% A diminuer fortement 42% A maintenir au niveau actuel 33% n échantillon = 85
L'examen plus approfondi de ces résultats nous a guidés vers une seconde analyse portant sur les quatre communes centrales de la zone d'étude. Les cervidés sont présents sur cette zone depuis les premiers lâchers. Ce sont les communes de Castelnau de Mandailles, de St Chély d'Aubrac, de Condom d'Aubrac et de Curières.
- Sur la partie centrale de la zone d'étude :
La proportion de chasseurs parmi les agriculteurs est un peu plus élevée et atteint les 35%, mais peut être considérée comme équivalente.
Les cervidés sont présents plus régulièrement sur cette zone, 76% des agriculteurs déclarant les observer durant trois à quatre saisons de l'année contre 58% pour l'ensemble de la zone.
Cette population engendre des problèmes sur presque toutes les exploitations (91 %).
Le préjudice cité en première position est le prélèvement d'herbe 31%, puis les bris de clôture 28% et le dérangement du bétail 24%. On remarque que l'ordre est modifié par rapport à celui de l'ensemble de la zone, mais reste sensiblement équivalent. Cependant, chaque agriculteur a déclaré un nombre plus important de préjudices. Les trois préjudices cités en première position apparaissent respectivement dans l'ordre chez 90%, 71% et 56% des personnes interrogées.
Répartition des différents préjudices causés par le cerf
100- 90- 80- 70- 60- 50- 40- 30- 20- 1
0-à
1
1
1
%
i Prélèvemen t d'herb e1
IH
1
|
E S•
1
Bri s d e clotu n¿m
m
1
5 — = m B ô B ô Céréale s1
Boi ,1ti
Prairi e d e fauch -tri
Pomme s d e ter ' •1 /TM
Sanita u Prélèvement d'herbe • tolerable B faible • moyen 11 ImportantL'importance des préjudices que subissent les agriculteurs sur ces communes est à l'origine du sentiment d'hostilité le plus souvent observé (chez 85 % des agriculteurs de la zone centrale) vis-à-vis de cette population.
Sentiments des agriculteurs vis-à-vis de cette population
Acceptation 12% positive 3% Hostilité 85% n échantillon = 34
Pour 70% des agriculteurs, les cerfs n'ont pas leur place en Aubrac où leur effectif devrait être réduit a un minimum.
Souhaits des agriculteurs concernant l'évolution de cette population
A maintenir au
niveau actuel A supprimer
11% 2 1 % A diminuer un peu 18% A diminuer fortement 50% n échantillon = 34
Cet aperçu du résultat de ce sondage illustre le mécontentement général des agriculteurs vis-à-vis de cette population.
22 - Les forestiers
L'enquête a été réalisée auprès des propriétaires privés. Compte tenu du morcellement important des propriétés forestières, seuls les propriétaires de forêts soumises à un plan simple de gestion ont été contactés.
221 - Réalisation .de.l'enquête
L'enquête a été réalisée par courrier. Seuls 13 dossiers ont été retournés. Ils représentent 9 groupements forestiers de villages et 4 propriétés privées. Ils couvrent une surface totale de 753.18 ha soit seulement 8.5% de la propriété privée.
Le questionnaire envoyé aux forestiers abordait successivement les points suivants : - Identification du propriétaire.
- Répartition spatio-temporelle des cervidés. - Évaluation des dégâts causés.
- Situation précise sur carte au 1/25 000 des peuplements où ont été observés des dégâts. - Destination de votre production de bois.
- Chasse de ces cervidés.
- Évaluation sociale de la population de cerfs.
Compte tenu de la faible taille de l'échantillon obtenu, les conclusions seront à utiliser avec précautions. Certaines tendances ont été observées et figurent dans le paragraphe suivant.
222 - Principales tendances
Les cervidés sont présents sur toutes les propriétés forestières faisant l'objet de l'enquête et commettent des dégâts sur 12 de ces 13 propriétés enquêtées. Les cerfs sont les principaux responsables : 11 citations contre seulement 3 pour le chevreuil.
Le dégât par abroutissement est cité dans tous les dossiers puis apparaissent le frottis et l'écorçage avec parfois une confusion entre ces deux termes. Le taux de dégâts est le plus souvent jugé comme important, quelquefois tolerable et très rarement faible.
Pour les personnes interrogées, la présence des cervidés compromet les reboisements.
Comme chez les agriculteurs, le sentiment d'hostilité vis-à-vis des grands cervidés apparaît le plus fréquemment (11 fois sur 13). Toutes les personnes souhaiteraient que les populations de cervidés soient plus faibles ou inexistantes. La répartition des souhaits entre une diminution faible, une diminution forte et une suppression de ces populations est respectivement de 5, 6 et 2 réponses.
Cette enquête a porté sur un nombre réduit de propriétés, mais toutes les réponses sont convergentes. Les populations de cervidés ne sont pas appréciées par les propriétaires forestiers. La présence du chevreuil est mieux tolérée que celle du cerf. Cependant, l'absence de jeunes peuplements sensibles aux dégâts que peut commettre le chevreuil, masque certainement l'importance de cette espèce.
23 - Les chasseurs
L'enquête a été réalisée auprès des présidents de sociétés communales ou privées et des adjudicataires des lots de chasse en forêt domaniale. Les présidents des sociétés de Laguiole et d'Aurelle-Verlac n'ont pu être rencontrés.
231 - Réalisation dej/enquête
L'enquête a été réalisée à domicile au cours de l'été et de l'automne 96. L'entretien avec les présidents était dirigé par l'agent et abordait successivement les points suivants :
- Identification de la société.
- Répartition spatio-temporelle des cervidés. - La chasse du cerf sur la société.
- La chasse du cerf en général et sa gestion.
Des différences sont apparues entre les chasseurs du plateau et ceux des boraldes. Pour illustrer ces différences, les principales tendances sont regroupées par secteur géographique.
232 - Principales tendances Sur le plateau.
Les premiers plans de chasse qui ont été mis en place l'ont été sur ces sociétés avec toutefois un retard pour le secteur de Brameloup, sur lequel la colonisation a été moins rapide. Les cerfs sont présents toute l'année sur le plateau avec des concentrations notables pendant le brame. Au cours de l'automne, des cerfs quitteraient le plateau aux premières neiges, pour le regagner dés le mois de janvier pour certains et après la fonte des neiges pour d'autres. La période de réalisation du tableau de chasse qui découle de ces observations est courte et dépasse rarement fin novembre.
Deux modes de chasse sont utilisés : l'approche et la battue.
L'approche est réalisée pendant le brame pour prélever des cerfs mâles adultes. Elle se pratique durant la première quinzaine d'octobre. Ce mode de chasse n'est utilisé que sur deux sociétés : le lot ONF conduit en licence dirigée (pour tous les cerfs mâles adultes) et la société communale de Condom d'Aubrac (pour un seul animal).
La battue est le mode de chasse le plus utilisé. Sur le plateau, les chasseurs réalisent des traques sur des surfaces faibles à grandes (20 à 100 ha), à l'aide de petits chiens qui poursuivent peu les animaux en dehors des enceintes.
Lorsqu'un animal est blessé, le recours à un conducteur agréé de chien de sang est systématiquement effectué.
Toutes les sociétés ont installé des équipements cynégétiques pour les sangliers et presque toutes pour les cervidés. Cependant, l'agrainage réalisé pour fixer les sangliers profite généralement aussi aux cervidés. Cet agrainage est le moyen de prévention des dégâts de gibier aux cultures agricoles le plus cité. La clôture électrique n'étant que rarement utilisée en bordure du plateau.
La gestion du cerf pratiquée par l'ONF est très critiquée par les différentes sociétés. La chasse à l'approche est mal perçue tant sur la forme que sur le fond. La « vente » des trophées d'une forêt d'état n'est pas acceptée. Les chasseurs du plateau pensent que les demandes de plan de chasse par les agriculteurs propriétaires sont justifiées dans la plupart des cas, mais engendrent des problèmes dans le système de la chasse communale collective. Les souhaits des sociétés du plateau concernant l'avenir de cette population sont de maintenir ou de développer cette population en maîtrisant les problèmes locaux sur les régénérations forestières ou les cultures agricoles, et de pouvoir mieux apprécier l'effectif de cette population.
Dans les boraldes.
Les premiers plans de chasse mis en place sur ces sociétés datent des années 70 à 90. La colonisation du milieu et la création de nouvelles sociétés sont la cause de cet étalement. Sur certaines de ces sociétés, des noyaux se sont installés depuis les premiers hivers qui ont suivi le lâcher de février 58. Pour les autres, la colonisation a été plus lente. Actuellement, les cerfs sont présents toute l'année avec un renforcement de la population durant l'hiver. Ces migrations saisonnières sont les plus visibles lors de la remontée au début du printemps en bordure du plateau. La période de réalisation du tableau qui en découle est plus longue que sur le plateau et dure jusqu'à fin décembre. Sur certaines sociétés, les chasseurs peuvent ainsi bénéficier d'un renforcement des populations à la fin de l'automne suite aux mouvements saisonniers.
Un seul mode de chasse est utilisé : la battue.
La battue est réalisée sur des surfaces parfois importantes (jusqu'à 150 voire 200 ha). Il est utilisé des chiens courants qui peuvent poursuivre les animaux en dehors de l'enceinte chassée. Il y a rarement recours à un conducteur agréé lors des recherches des animaux blessés. Le plus souvent, un chien tenu en laisse ou un chien courant est utilisé.
Seule une société a mis en place un équipement cynégétique à destination des sangliers. Les aménagements ne sont pas nombreux car les agriculteurs y sont hostiles, craignant le développement ou la concentration des populations. La pose ou plus généralement la mise à disposition des agriculteurs de clôtures électriques est le seul moyen de protection des cultures agricoles.
Comme sur le plateau, la gestion du cerf pratiquée par l'ONF est très critiquée par les sociétés. Les mêmes griefs contre la chasse à l'approche sont rappelés et complétés par d'autres : «La chasse est devenue un commerce», «les agriculteurs nourrissent les cerfs et l'ONF les vend», «récolte trop importante de grands cerfs»... Les chasseurs des boraldes sont du même avis que ceux du plateau face aux demandes de plan de chasse par les agriculteurs propriétaires. Elles sont le plus souvent justifiées, mais engendrent des problèmes dans le système de la chasse communale collective.
Les souhaits des sociétés des boraldes concernant l'avenir de cette population sont de la maintenir au niveau actuel ou de l'abaisser en espérant que cette diminution va réduire réellement les problèmes sur les cultures agricoles.
3 - ANALYSE DE LA VEGETATION 31 - Rappels méthodologiques
311 -Objectifs
Les objectifs de l'inventaire de gagnage mis en oeuvre sur le plateau (forêt domaniale de Roquette-Bonneval et bois de Rigambal) et les boraldes sont multiples:
- acquérir à l'échelle des zones d'étude une connaissance la plus précise possible de l'état de la végétation accessible aux cervidés (tant du point de vue quantitatif que qualitatif),
- apprécier l'utilisation par les animaux de la végétation disponible et mettre notamment en évidence les plantes importantes de leur alimentation hivernale,
- déterminer s'il y a des relations fiables entre la qualité et la quantité de végétation disponible et certains critères descriptifs du milieu (peuplements forestiers, topographie, lisières agricoles, groupement végétal,...),
- étudier l'état d'équilibre au travers de la consommation des espèces du cortège floristique disponible, - enfin, évaluer si l'utilisation de l'espace par les animaux semble homogène ou au contraire révèle d'importantes disparités locales.
Les nombreux objectifs rappelés ci-dessus conditionnent, dans une large mesure, la méthodologie utilisée.
312 - .Méthodologie
La méthodologie utilisée pour les inventaires de gagnage est dérivée de la méthode d'Aldous (Aldous- 1944).
La méthode, basée sur un sondage statistique, consiste à relever sur des placettes circulaires de 40 m2, le taux de recouvrement et le degré d'abroutissement des espèces présentes.
Pour le plateau : les placettes ont été implantées suivant un quadrillage systématique à maille carrée. Afin d'obtenir des résultats statistiquement fiables, la maille retenue pour l'inventaire a été fixée à 300 m, soit une placette pour 9 ha. Au total, 156 placettes ont été relevées.
Pour les boraldes : les placettes ont été implantées sur les trois courbes de niveau les plus représentatives (500 m, 700 m et 900 m d'altitude). Cette procédure a facilité la collecte des données dans un environnement où les pentes excédent fréquemment 70 %. Un total de 272 placettes a été réparti sur les 7 boraldes étudiées.
Sur chacune des placettes, l'observateur a identifié toutes les espèces ligneuses et semi-ligneuses présentant des parties vivantes consommables à moins de L$0 m de hauteur. Un taux de recouvrement et un taux d'abroutissement ont été attribués à chacune de ces espèces. Les classes utilisées sont les suivantes :
Classe Taux de recouvrement 1 0 < k < 1 % 2 1 < k < 5 % 3 5 < k < 2 0 % 4 20 < k < 5 0 % 5 50 < k < 7 5 % 6 75 < R < 100% 0 0,4 2 8 20 30 Kccouv < k < k < k < k < k < k renient < 0,4 m2 < 2 m2 < 8 m2 < 20 m2 < 30 m2 < 40 m2
Classe Taux d'abroutissement Fraction d'abroutissenient 1 2 3 4 5 6 1 < 5 < 20 < 50 < 75 < A < A < A < A < A < A < 1% 5 % 2 0 % 50% 7 5 % 100 % 1/100 < 1/20 < 1/5 < 1/2 < 3/4 < A < A < A < A < \ < A < 1/100 1/20 1/5 1/2 3/4 1/1
Pour apprécier l'importance des abroutissements hivernaux, les inventaires doivent être réalisés, selon le protocole expérimental, juste avant le débourrement de la végétation. Un enneigement important suivi d'un démarrage rapide de la végétation nous a contraint à réaliser les relevés de terrain sur une période comprise entre la fin mars et la mi-mai.
Par ailleurs, l'environnement des placettes a été apprécié au travers d'observations faites sur :
- 1) les peuplements forestiers : . type de peuplements . surface terrière - 2) la topographie : . altitude . pente . exposition
. situation dans le versant - 3) la proximité des lisières agricoles 313 - Principe des calculs
A l'issue d'un inventaire de gagnage, le traitement informatique fournit des données concernant : - les espèces végétales rencontrées,
- les placettes inventoriées,
- l'ensemble du massif ou un regroupement de placettes.
Les détails exacts des formules utilisées sont présentés en annexe afin de ne pas surcharger inutilement la lecture du présent rapport.
3131 - Calculs relatifs aux espèces végétales rencontrées On distingue :
- la fréquence d'apparition d'une espèce (FPi) définie comme le rapport du nombre de fois où l'espèce est présente (quelque soit son recouvrement) sur le nombre total de placettes de l'inventaire, exprimé en pourcentage. Cette variable fournit des renseignements sur la répartition spatiale et la rareté de l'espèce.
- le taux de recouvrement moyen d'une espèce (Di) défini comme la moyenne arithmétique des taux de recouvrement sur l'ensemble des placettes. Cette donnée renseigne sur l'abondance de l'espèce dans le massif.
- la représentativité d'une espèce dans le cortège floristique (Qi). Cette variable renseigne sur l'abondance relative de l'espèce par rapport à l'ensemble du cortège floristique disponible dans le massif.
- la fréquence de consommation d'une espèce (FCi) définie comme le nombre de fois où l'espèce est consommée (quelque soit son taux d'abroutissement non nul) sur le nombre de placettes où l'espèce est présente, exprimé en pourcentage. Cette variable évalue la recherche faite par les animaux aux dépens de l'espèce.
- la fréquence de consommation significative d'une espèce (FCSi) est définie de la même manière que la fréquence de consommation mais on ne retient que le nombre de fois où l'espèce est consommée à plus de 5 %.
- la représentativité d'une espèce dans la consommation hivernale (Ai). Cette variable renseigne sur la consommation relative de l'espèce par rapport à l'ensemble des consommations réalisées par les cervidés de la zone d'étude.
- le taux d'abroutissement moyen d'une espèce (Bi) défini comme la moyenne des taux d'abroutissement pondérée par les taux de recouvrement de l'espèce sur l'ensemble des placettes. Cette variable renseigne sur le degré d'appétence d'une espèce, et permet de définir les préférences alimentaires hivernales des cervidés de la zone d'étude.
- le coefficient de consommation d'une espèce (Ci) défini comme la moyenne arithmétique des produits des taux de recouvrement et d'abroutissement de l'espèce sur l'ensemble des placettes. Ce coefficient permet de mettre facilement en évidence les espèces contribuant au régime alimentaire hivernal des cervidés.
3132 - Calculs relatifs aux placettes On distingue :
- le recouvrement global sur une placette (RGj) défini comme la somme des taux de recouvrement de l'ensemble des espèces présentes sur une placette. Il permet de visualiser la répartition et l'importance de la végétation potentiellement accessible aux cervidés.
- la masse abroutie sur une placette (MAj) définie comme la somme des produits des taux de recouvrement de l'ensemble des espèces présentes sur une placette par leur taux d'abroutissement. Cette valeur permet de localiser les principales zones de gagnages des cervidés.
- la pression d'abroutissement exercée sur une placette (PEj) définie comme le rapport de la masse abroutie sur le recouvrement global de cette placette. Elle renseigne sur le degré de sollicitation de la végétation compte tenu de son abondance.
3133 - Calcul relatif au massif étudié
L'indice de pression sur la flore se calcule sur l'ensemble des espèces ligneuses représentatives de la zone étudiée. On appelle cortège restreint l'ensemble des espèces ligneuses dont la fréquence de présence est supérieure ou égale à 10 %. L'indice de pression sur la flore se définit, alors, comme le rapport du nombre de fois où les espèces du cortège restreint sont consommées de façon significative (> 5 %) sur le nombre de fois où elles sont présentes.
L'ensemble des variables calculées pour un inventaire de gagnage figure au tableau récapitulatif ci-apres : variables l'I'i Di Oi I X i et f C Si A I Ui Ci RGj MA i l'È, IPF dénomination Fréquence de présence
Taux de recouvrement moyen
Représentativité d'une espèce dans le cortège floristique global Fréquence de consommation Représentativité d'une espèce dans la
consommation globale Taux d'abroutissement moyen
Coefficient d'utilisation Recouvrement global
Masse abroutie Pression exercée
Indice de pression sur la flore
applicable aux r.spcccs 1 .spccc-Espèces Espèces Espèces Espèces Espèces Pincettes Pincettes Pincettes Massif 15
32 - Résultats de l'inventaire systématique des gagnages (fin d'hiver) 321 - Les espèces présentes
Les deux tableaux, ci-dessous, illustrent les principales informations recueillies sur les espèces ligneuses et semi-ligneuses présentes et susceptibles d'être broutées en hiver.
Plateau : Seules 5 espèces sur les 20 présentes ont une fréquence supérieure à 10 %, c'est-à-dire identifiées sur plus d'une placette d'inventaire sur dix. Il s'agit du hêtre, du sapin, de la myrtille, du groseillier et du daphné, la première citée étant de loin la plus représentée au niveau du cortège floristique global sans pour cela être la plus importante dans le régime hivernal où elle est supplantée par la myrtille.
Le hêtre, essence forestière-objectif, est pourtant fréquemment consommé, autant que le groseillier et le sorbier par exemple, mais son taux d'abroutissement moyen reste modeste, à peine supérieur à l'épicéa peu appétent, et bien inférieur aux taux affichés par la ronce et la myrtille. On note que le daphné comme la fougère-aigle n'ont aucun intérêt pour les grands cervidés pas plus ici sur le plateau que le pin laricio.
RANG 3 4 :; 4 * 5 16 •h ' P ">( ESPECES Faqus sylvatica Abies alba Vaccinium sp. Daphne mezereum Ribes so. Sorbus sp. Corylus avellana Rubus sp. Picea abies Ilex aquifolium Rubus idaeus Sambucus sp. Alnus sp. Pmus laricio Fraxinus excelsior Salix caprea Calluna vulqaris Lonicera (autres) Pteridium aquilinum Pinus sylvestns FPi 94.8 24.4 13.5 11.5 10.3 9.6 7.7 4.5 3.2 2.6 2.6 1.9 1.3 1.3 0.6 0.6 0.6 0.6 0.6 0.6 Di 16.6 2.4 2.7 0.1 0.2 0.1 0.3 0.3 0.2 0.5 0.0 0.0 0.1 1.0 0.0 0.0 0.1 0.0 0.0 0.0 Qi 67.5 9.9 10.9 0.5 0.7 0.6 1.3 1.1 0.8 1.9 0.2 0.1 0.4 3.9 0.0 0.0 0.3 0.0 0.0 0.0 FCi 62.8 89.5 95.2 5.6 62.5 60.0 91.7 100.0 40.0 100.0 50.0 0.0 100.0 0.0 100.0 100.0 100.0 100.0 0.0 100.0 FCSi 28.4 65.8 90.5 5.6 62.5 60.0 75.0 100.0 20.0 75.0 50.0 0.0 100.0 0.0 100.0 100.0 100.0 100.0 0.0 100.0 Ai 21.8 15.7 45.4 0.0 1.1 0.9 2.9 5.4 0.1 3.7 0.2 0.0 1.3 0.0 0.1 0.1 1.2 0.1 0.0 0.1 Bi 5.8 28.4 74.6 0.7 28.4 30.4 40.3 86.3 2.6 34.9 23.3 0.0 64.8 0.0 35.0 63.0 63.0 88.0 0.0 35.0 Ci 96.1 69.1 200.4 0.1 4.7 4.1 12.9 23.8 0.5 16.1 0.9 0.0 5.8 0.0 0.2 0.4 5.3 0.6 0.0 0.2
Boraldes : Les boraldes font immédiatement état d'une plus grande diversité floristique avec 46 espèces ligneuses et semi-ligneuses identifiées sur les placettes d'inventaire ; 18 sur les 20 notées sur le plateau se retrouvent ici.
La ronce et le hêtre sont au coude à coude pour le premier rang en fréquence d'apparition, suivis d'espèces ligneuses de grande importance par leur fructification, le châtaignier et le chêne ; cette fois-ci, 14 espèces font partie du cortège restreint, donc franchissant l'obstacle des 10 % de fréquence d'apparition.
En ce qui concerne les fréquences de consommation, ronce, myrtille, callune et genêt à balai, voire l'églantier sont aux premiers rangs ; au niveau du bol alimentaire, alors que la myrtille domine sur le plateau, dans les boraldes, la ronce devient l'espèce de base du régime hivernal de la fraction ligneuse + semi-ligneuse, devant curieusement le houx et la callune ; le sapin, précédemment au troisième rang mais très peu présent dans les boraldes ( 1 %), se retrouve dans les espèces marginales du régime alimentaire hivernal ; il fait cependant aussi bien que le chèvrefeuille pourtant dix fois plus fréquent et le hêtre, cinquante fois plus fréquent, et mieux que le coudrier, le frêne et l'aubépine, espèces du cortège floristique restreint (fréquence d'apparition supérieure à 10 %).
RANG ¿ 3 i ~7 8 9 1C 11 12 13 14 •p I C , i f 2'-3'1 '} ^ IP ••'" o n 4f; 1" ; M •V .If; ESPECES Rubus sp. Faqus sylvatica Castanea sativa Ilex aquifolium Quercus sp. Pteridium aquilinum Corylus avellana Fraxinus excelsior Sarothamnus scoparia Vaccinium sp. Calluna vulgaris Lonicera peryclimenum Crataequs sp. Sorbus sp. Prunus avium Cornus sanquinea Pseudotsuqa menziesii Rosa canina Juniperus communis Betula sp. Erica so. Ribes so. Rubus idaeus Sambucus sp. Liqustrum vulqare Pyrus communis Acer campestre Lonicera (autres) Tilia sp. Franquía alnus Prunus spinosa Viburnum lantana Abies alba Mespilus qermanica Alnus sp. Populus tremula Salix caprea Buxus semjDervirens Rhamnus cathartica Abies nordmanniana Ulmus qlabra Acer (autres) Evonymus europaeus Picea abies Pinus sylvestris Ruscus aculeatus FPi 51.1 50.0 37.9 37.9 34.2 26.1 21.7 19.1 16.2 15.1 14.0 12.9 12.1 10.7 9.6 4.8 4.8 2.9 2.9 2.6 2.6 2.6 2.2 2.2 1.8 1.8 1.5 1.5 1.5 1.1 1.1 1.1 1.1 1.1 0.7 0.7 0.7 0.7 0.7 0.7 0.7 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 Di 3.6 2.6 2.3 2.7 1.4 1.6 1.0 0.4 0.5 1.1 1.3 0.6 0.3 0.3 0.2 0.1 0.2 0.1 0.2 0.1 0.0 0.1 0.1 0.0 0.0 0.1 0.0 0.1 0.0 0.0 0.1 0.0 0.1 0.0 0.1 0.0 0.0 0.1 0.0 0.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.1 0.0 Qi 16.5 12.1 10.6 12.6 6.7 7.6 4.8 1.8 2.3 5.0 6.0 2.7 1.5 1.5 1.1 0.6 1.0 0.3 0.9 0.4 0.2 0.5 0.3 0.2 0.1 0.2 0.1 0.3 0.2 0.1 0.3 0.1 0.3 0.1 0.3 0.0 0.0 0.3 0.1 0.3 0.1 0.1 0.1 0.0 0.2 0.1 FCi 70.5 9.6 21.4 35.9 17.2 0.0 6.8 9.6 59.1 70.7 60.5 20.0 42.4 24.1 11.5 46.2 0.0 62.5 12.5 14.3 57.1 14.3 33.3 16.7 40.0 20.0 0.0 75.0 25.0 33.3 33.3 66.7 33.3 0.0 50.0 50.0 0.0 0.0 50.0 50.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 100.0 FCSi 52.5 3.7 8.7 28.2 7.5 0.0 0.0 1.9 40.9 39.0 34.2 5.7 9.1 17.2 3.9 30.8 0.0 25 0 12.5 14.3 28.6 0.0 0.0 16.7 0.0 20.0 0.0 50.0 25.0 33.3 33.3 66.7 333 0.0 50.0 50.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 Ai 44.1 1.4 3.9 14.5 5.1 0.0 0.1 0.3 3.1 7.3 10.6 1.2 0.5 1.7 0.3 0.9 0.0 0.3 0.0 0.1 0.2 0.0 0.1 0.2 0.0 0.1 0.0 0.5 0.1 0.1 1.3 0.2 1.3 0.0 0.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 Bi 16.1 0.7 2.2 6.9 4.5 0.0 0.1 0.9 8.2 8.8 10.5 2.8 2.2 6.8 1.8 9.1 0.0 5.6 0.3 1.6 5.8 0.3 1.1 6.3 1.7 3.0 0.0 10.6 3.9 7.0 26.8 23.3 24.0 0.0 10.6 6.5 0.0 0.0 1.5 2.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 3.0 Ci 57.4 1.8 5.0 18.8 6.6 0.0 0.1 0.3 4.1 9.5 13.7 1.6 0.7 2.2 0.4 1.1 0.0 0.3 0.1 0.1 0.2 0.0 0.1 0.2 0.0 0.1 0.0 0.7 0.1 0.1 1.7 0.3 1.7 0.0 0.6 0.1 0.0 0.0 0.0 0.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
A noter le statut du sorbier dont les fréquences d'apparition sont analogues sur le plateau et dans les boraldes, présent ou non dans le cortège restreint, celui du coudrier, plus présent dans les boraldes et dont la fréquence de consommation est nettement plus élevée sur le plateau qu'à plus basse altitude (92 % contre 7 %) sans rapport avec ses fréquences d'apparition ; le coudrier ne serait-il pas ici une "espèce indicatrice de surcharge", plus significative que le sorbier ?
322 - Abondance des espèces
Plateau : Les espèces les plus abondantes sont aussi celles qui sont les plus fréquentes, dans l'ordre décroissant, hêtre, myrtille et sapin, loin devant les 17 autres espèces présentes.
Boraldes : Les boraldes ne sont pas plus originales, les espèces les plus abondantes sont aussi les plus fréquentes mais hormis le hêtre, il s'agit d'espèces différentes : la ronce, le châtaignier et le houx ; pour l'espèce commune aux deux sites, soit le hêtre, le recouvrement moyen est cependant quatre fois plus faible dans les boraldes que sur le plateau.
Plateau/Boraldes :
* le recouvrement global par piacene du plateau est analogue à celui des boraldes : le hêtre à lui seul comble le déficit du plateau (cf. graphique ci-dessous).
Recouvrement global par placette
Plateau Boraldes
* au sein du plateau, il est aisé de distinguer le secteur sud-est du secteur nord-ouest, par rapport à une ligne Devez-Oriobals, le secteur sud-est intégrant Condom (cf. carte ci-dessous) ; le recouvrement global de ce secteur oriental est significativement plus élevé que celui du secteur nord-ouest (cf. graphique ci-desssous).
Recouvrement global par placette
et par secteur- PLATEAU
Secteur N-0 Secteur S-E
K L M N O P O R S T Recouvrement global Ree < 1% 1% < Rec<5% 5% < Ree < 20% 20% < Ree < 50% • 50% < Ree < 75% H l Ree > 75% x l Placette absente
* au sein des boraldes, on distingue celles du sud-est (Mardonenque, Merdanson) de celles du nord-ouest (Flajaguèse, Mousseaux, St-Chély d'Aubrac) ; leur recouvrement global est voisin, avec cependant une tendance vers une abondance globale plus élevée sur ce secteur sud-est, comme pour le plateau (cf. graphique ci-dessous).
s 40
I 30
2 0 •• e 0) 011
1 0
Recouvrement global par placette
et par secteur - BORALDES
x <
162)
2
h-T (94)
( ) = effectif
Boraldes N-0 Boraldes S-E
323 - Masse, abroutie
La masse abroutie sur le plateau est significativement plus élevée que celle relevée dans les boraldes (cf. graphique ci-dessous)
10 8--Ul i o re % V) re 6 4 2
Masse abroutie globale par placette
: (156) • » • 1— i (272) 0 = effectif Plateau Boraldes
Là encore, on peut comparer les secteurs nord-ouest et sud-est tant sur le plateau que dans les boraldes : le secteur sud-est du plateau fait état d'une masse abroutie significativement plus élevée que celle du nord-ouest ; il y a stricte égalité dans les boraldes où la distinction n'est pas de mise sur ce thème (cf. graphiques ci-dessous). 10
i
8
m 4 • • 2-Masse aboutie globale par placette
et par secteur- PLATEAU
- . Í a • : i . (65) J r (91) L _ _ • ( ) = effectif i
Secteur N-0 Secteur S-E
Masse abroutie globale par placette
et par secteur - BORALDES
Boraldes N-0 Boraldes S-E
17 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 A B C D Zone N O
I •
n
Roquette A Rc
0 E F G H I j K L M N < LaguioleL!
H
n
X X•
X | |I I
Devez •In
\m
vT
; f i_
0 p Q R S T ANM•
Les Truqi. I
•
|x
i A
i coridom1 1
Oriobalsi •
Triadou — > I ^ ^ ^ H c F G H | I I J | K4
n
L XI
M N-ues Zone S-E
1
1J 1 ' '
• 1 •
Rigambal 0 p 0 R S T 17 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 _6 4 3 2 1 Masse abroutie Ma < 1 % 1 % < M a < 5 % 5% < M a < 2 0 % 2 0 % s M a < 5 0 % Q 50% < Ma<75%I I Ma > 75%
Y\ Placette absenteLa carte ci-dessus confirme l'intérêt du secteur sud-est du plateau, tant sur le plan des disponibilités alimentaires que sur celui de son réel intérêt pour les Cervidés.
324 - Pressipn.d'abroutissement
La pression d'abroutissement sur le plateau est significativement plus élevée que celle observée dans les boraldes (cf. grahique ci-dessous).
0.25
0.00
Pression d'abroutissement par placette
Plateau Boraldes
Par secteurs, on relève plutôt des tendances : sur le plateau, la pression d'abroutissement est plus élevée sur le secteur nord-ouest, mais là aussi, à la limite de la signification statistique (cf. graphiques ci-dessous).
0.25 0.20 S 0.15
I
°-
10
I 0.05
0.00Pression d'abroutissement par placette
et par secteur- PLATEAU
: (65) , , • - - Í | • • • (91) • • : ( ) = effectif
Secteur N-0 Secteur S-E
0.25 | 0.20 S 0.15
I
Ol1
°
I 0.05
0.00
Pression d'abroutissement par placette
et par secteur - BORALDES
j | (162)
: 1—
_ ( 9 4 )
2
0 = effectif
Boraldes N-0 Boraldes S-E
4 - ANALYSE DE LA POPULATION.
Plusieurs méthodes ont permis d'analyser la population de cerfs de PAubrac. Deux méthodes ont permis de mieux cerner la répartition spatiale des animaux et l'effectif de cette population à une saison précise : la fin de l'hiver par la méthode des indices de présence et la fin de l'été par le suivi du brame. En revanche, les informations recueillies à partir des enquêtes effectuées auprès des acteurs permettent d'apprécier l'occupation spatiale au cours de l'année.
41 - Analyse de la population par enquêtes 411- Rappels méthodologiques
La méthodologie utilisée pour les enquêtes a été décrite dans le § 2.
Lors de ces enquêtes effectuées auprès des différents acteurs, des informations concernant la répartition spatiale et temporelle des cerfs ont été recueillies.
412- Résultats de.l'enquête effectuée auprès des agriculteurs 4121 - Répartition spatiale :
Les informations recueillies auprès des agriculteurs ont permis de classer les communes en fonction du nombre d'agriculteurs qui voyaient des cervidés sur leur exploitation toute l'année ou au cours de certaines saisons. Le diagramme ci-dessous illustre le classement obtenu.
POURCENTAGE D'AGRICULTEURS VOYANT DES CERFS AU COURS DES SAISONS
100% 60% -Z Ul 50% SÇ 40% • O 30% 20% 10% 0% • à l'occasion • 1 saison a 2 saisons D 3 saisons G toute l'année S 3 O V) IO
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d'Ol t a> (OS
rou x tpe y c o hél y ibra c st e d'A u äyro l ü a de s Pr a bra c d'A u uiol e La g erla c > £ COMMUNESOn remarque que les cerfs se sont bien installés sur la rive gauche du Lot, puisque tous les agriculteurs de Lassouts enquêtes voient des cerfs toute l'année sur leurs exploitations.
Sur les communes de Condom d'Aubrac, Curières, Castelnau de Mandailles et St Corne d'Olt, les cerfs sont présents toute l'année sur plus de 60% des exploitations agricoles.
Les communes de Laguiole, Prades d'Aubrac et d'Aurelle-Verlac sont moins fréquentées par les cerfs. Ces communes se situent en périphérie de la zone d'étude : Prades d'Aubrac et Aurelle Verlac à l'est et Laguiole au nord-ouest.
- les frottis : ils sont observés sur les troncs des arbres ou arbustes et résultent du frottement des bois du cerf mâle sur l'écorce. Ces frottis ont généralement été effectués au cours de l'été ou durant le brame.
- les écorçages : ils résultent de l'enlèvement de l'écorce des arbres à des fins alimentaires.
Ces indices ont été relevés sur chaque placerte Aldous et le long des transects les séparant. Au cours de ces cheminements, seuls les indices présents au maximum à 50 cm de part et d'autre des déplacements ont été comptabilisés. Sur les placettes, les relevés portent sur la même surface que le relevé de la végétation soit sur une surface de 40 m2.
Le nombre d'indices par placerte et par transect a été calculé sans différencier la nature de l'indice. Sur les transects, l'unité de mesure retenue est le nombre d'indices rapporté aux cent mètres parcourus. Les valeurs moyennes obtenues sont complétées par les valeurs extrêmes de l'intervalle de confiance correspondant. Le nombre entre parenthèses figurant dans les différents graphiques correspond à l'effectif total de la classe sélectionnée.
422 - Comparaison .pjateau-boraldes
Le graphique ci-dessous illustre le nombre d'indices de présence « cerf» par placerte :
1.5
Í1.D
•o .fiNombre d'indices de présence
"cerf" par placette
0.5 - • 0.0
•..
.
i...
. i...
.
-• (156) ( _ . . • (260) ( ) = effectif 1 Plateau BoraldesLe nombre moyen d'indices cerf par placette relevé sur le plateau est de 1 alors que dans les boraldes il n'est que de 0.4 soit deux fois et demie plus faible. Les déplacements observés d'animaux au cours de l'hiver permettaient de s'attendre à un résultat inverse. Il semble donc, qu'un certain nombre de cerfs reste sur le plateau au cours de l'hiver. Une analyse plus fine par nature d'indice permettra peut-être de mieux apprécier ces mouvements, car les frottis et les coulées observés peuvent dater de l'automne.
Le graphique ci-dessous illustre le nombre d'indices de présence «cerf» par transect :
Nombre d'indices de présence
"cerf" par transect
1.5 i/i 4) | 1.0 0.0 • .. .- é - - . i m • (98) • '• () = effectif 1 Plateau Boraldes 24
Le résultat obtenu sur les placettes n'est pas vérifié par l'analyse des transects. En effet, le nombre d'indices relevé par transect est identique sur les deux zones considérées.
La méthodologie utilisée explique en partie cette différence. Sur le plateau, les transects étaient effectués à l'aide d'une boussole sans souci des courbes de niveau. En revanche, dans les boraldes, le relief étant important, les transects suivaient les courbes de niveau sur lesquelles à été implanté le réseau de placettes.
Puisque les déplacements journaliers des animaux sont tributaires du relief, le nombre d'indices observé serait plus important le long des courbes de niveau et par conséquent, le long des transects étudiés.
Compte tenu de ce problème méthodologique, l'analyse qui suit ne porte que sur les relevés effectués sur les placettes.
Sur chacune des zones, plateau et boraldes, le calcul du nombre d'indices par différents secteurs géographiques permet de visualiser des différences significatives du taux de fréquentation.
423 - Répartitipn.des indices.sur.le plateau
4231 - Répartition des indices sur le plateau par canton forestier.
La répartition des indices sur le plateau calculée dans un premier temps par canton forestier, est illustrée dans le graphique ci-dessous :
Nombre d'indices de présence "cerf"
par placette et par canton forestier
Laguiole Roquette I es Truques Riqambe1
( ) = effectif Oriobals Devez Condom Triadou
La répartition des indices sur le plateau suit une progression géographique. Le nombre d'indices observé est faible sur les cantons du nord-ouest du plateau (1 indice toutes les deux placettes) et augmente régulièrement jusqu'aux cantons du sud-est pour atteindre deux indices par placettes sur le canton du Triadou.
A la suite de ces observations et compte tenu de la forme géographique du massif, il a été différencié deux secteurs sur le plateau :
- le secteur nord-ouest constitué des cantons forestiers de Laguiole, Oriobals, Roquette et le Devez. - le secteur sud-est constitué des cantons forestiers de Condom, Les Truques, Rigambal et le Triadou.
4232 - Répartition des indices sur le plateau par secteur.
La répartition des indices sur le plateau calculée par secteur, figure dans le graphique ci-dessous :
2.0 1.5 :
-0 . 5 • •
0.0
Nombre d'indices de présence
"cerf" par placette et par secteur
• • ' • • (91) t H . . _ _ ( 6 5 ) : 2 ( ) = effectif 1sud-est.
Le nombre d'indices sur le secteur sud-est est près de quatre fois supérieur au secteur nord-ouest. La carte, ci-dessous, confirme cette répartition concentrée des indices de présence sur le secteur
Indice de présence cerf | | Absence d'indice | | 1 indice [~~| 2 indices 3 indices et plus Piacene absente 17 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 A B C| D| E
nu
r
I
u
•
Zone N 0 F RoquetteI
J
G H 1 j K L "M1 < Laguiole X X X Devezir
1
•
r
N O| P O| R S T A NM LesJ
•
•
Truques•
WE Zone S-En
1 1 1 * • 1
i f L_
. Condom 1 C)riobals B —ijpJn
j • n
•
in
1
x|
T r i a d o u — > | ^ M | |-it
J
•
nu i
m \
\
r^
| | | ! | Rigambal A B C D1 1 1 1 • I
MN O p Q R S T 17 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1L'analyse de la population par les autres méthodes a montré que le secteur sud-est est très fréquenté pendant le brame. Ce secteur avait été choisi lors de l'introduction du cerf en février 1958. Il semble que la population actuelle se soit développée à partir d'un noyau fixé sur ces cantons forestiers.
424 - Répartition des indices dans les.boraldes 4241- Répartition des indices par boraldes.
Les cinq boraldes retenues classées d'ouest en est sont : Flaujaguèsc, St Chély d'Aubrac, Mousseaux, Merdanson et Mardonenque.
Le nombre d'indices par boralde figure dans le graphique ci-dessous :
Nombre d'indices de présence
"cerf"
par placette et par boralde
Mardonenque Merdanson Flaujaguese Mousseaux St Chely d'A.
Les boraldes Mardonenque et Merdanson apparaissent peu fréquentées par les cerfs en fin d'hiver. Dans les boraldes Flaujaguese, Mousseaux et St Chély d'Aubrac, le nombre d'indices relevé est plus important mais équivalent sur les trois boraldes qui sont relativement bien fréquentées par les cerfs pendant l'hiver.
Les différences de fréquentation observées ainsi que la forme géographique des boraldes, permettent de définir deux groupes de boraldes :
- Les boraldes du nord-ouest : Flaujaguese, Mousseaux et St Chély d'Aubrac. - Les boraldes du sud-est : Mardonenque et Merdanson.
4242- Répartition des indices par groupe de boraldes.
La répartition des indices par groupe de boraldes, figure dans le graphique ci-dessous :
Nombre d'indices de présence "cerf"
par placette et par secteur
1.0 S 0.8 S 0.6 '•o
I 0.4
i 0.2 0.0 - (162) • 5 (94) ( ) = effect'fBoraldes N-0 Boraldes S-E
Le regroupement effectué permet de visualiser une différence très significative entre ces boraldes. Le nombre moyen d'indices dans les boraldes du nord-ouest est vingt fois plus élevé que celui relevé dans les boraldes du sud-est.
Géographiquement, les boraldes nord-ouest sont dans le prolongement direct du plateau de l'Aubrac. Ainsi, lorsque les cerfs veulent fuir le climat montagnard du plateau, ils descendent dans ces boraldes et en quelques kilomètres, ils se retrouvent à une altitude de 400 à 800 mètres. Les boraldes sud-est sont dans le prolongement du massif forestier de Brameloup, où la population de cerfs est moins importante et son développement plus récent. Il est toutefois regrettable que les conditions climatiques n'aient pas permis d'effectuer de relevés sur ce massif au cours de l'hiver 96.
43 - Ecoutes et observations au brame
Parmi les suivis de populations de cerf par indices de présence, les écoutes de raires en période de brame sont en plein développement, notamment dans les massifs d'accessibilité délicate principalement par manque de voirie forestière ; cependant, les méthodologies sont multiples, parfois relativement éloignées des références (CTGREF, 1976 - note technique n° 34 et ONC, 1982, fiche n° 9), elles-mêmes seulement partiellement validées.
Dans le cas présent, il ne s'agit pas non plus de la méthodologie mixte mise en oeuvre sur la Pinatelle d'Allanche (Cantal) par Albaret et al. (1989), mais de deux techniques prenant en compte les deux grands reliefs, plateau et boraldes.
431 - Méthodologies
* sur le plateau (mise en oeuvre par l'Office National des Forêts)
Le principe est celui des "écoutes simultanées sur points fixes". Les points fixes sont définis par le service forestier local en fonction de sa connaissance des places de brame mais également de celle des habitats intermédiaires pour obtenir un maillage quasi complet de la surface forestière retenue.
Pour certains secteurs, Brameloup par exemple, "l'observateur" est mobile ; ailleurs, Bois des Fouillous + Bois Aurailles (fractions domaniales), "l'observateur" n'est que partiellement mobile, se déplaçant sur deux points fixes.
La grande majorité des observateurs (environ 50) sont sur points fixes. La superficie couverte (boisements et pâturages) est voisine de 5 000 ha.
* dans les boraldes (mise en oeuvre par la Fédération départementale des Chasseurs de l'Aveyron).
Des équipes de deux observateurs sont ventilés sur des secteurs d'observation, des secteurs dont le nombre a régulièrement augmenté avec la dispersion des animaux (et du brame) pour atteindre, en 1996, le nombre de 14 + 2 suite aux observations préliminaires du Cemagref. Ces secteurs sont les suivants :
4122 - Répartition annuelle.
Les animaux sont le plus souvent observés au cours de l'hiver ou au début du printemps. Des concentrations sont observées à ces époques et sont dues à des mouvements saisonniers.
Ainsi, il semblerait que les boraldes abritent au cours de l'hiver une partie de la population de cerfs qui occupe le plateau pendant les autres saisons.
413- RésuJ tatsde.renquête .effectuée auprès des chasseurs. 4131 - Répartition spatiale.
Les présidents des sociétés de chasse enquêtes ont déclaré que les cerfs étaient présents toute l'année sur leurs sociétés. Cependant leur concentration est variable en fonction de la saison et des conditions climatiques.
4132 - Répartition annuelle.
Des regroupements d'animaux ont lieu pendant le brame principalement dans la forêt domaniale d'Aubrac (Bois de Rigambal et les Truques d'Aubrac) et sur les communes de Castelnau de Mandailles et de Lassouts (Vennac et les Veyssets, Bousquet d'Olt).
D'autres mouvements saisonniers sont observés :
- aux premières neiges, une partie des animaux descend dans les boraldes où le climat est moins rigoureux et la nourriture davantage disponible (épaisseur de la couche de neige moins importante, présence de fruits forestiers).
- au printemps, des concentrations d'animaux sont observées à la limite du manteau neigeux (ferme des Brasses, ferme d'Aulos par exemple).
Les mouvements saisonniers observés par les agriculteurs ont été rappelés par les chasseurs. L'époque des prélèvements illustre ces mouvements : sur le plateau, les prélèvements sont réalisés avant la fin du mois de novembre alors que dans les boraldes, ils se prolongent généralement jusqu'à la fin décembre.
414- Résultats .dej |en<juç.te.effectuée auprès des forestiers
(Rappel : le nombre trop faible de réponses ne permet pas de tirer des conclusions sur l'analyse de la population de cerfs mais permet uniquement de dégager des tendances.)
4141 - Répartition spatiale.
Les cerfs sont présents sur presque toutes les propriétés forestières faisant l'objet de l'enquête. Ils sont absents sur une propriété située sur la commune d'Aurelle Verlac et ne restent pas toute l'année sur une propriété de la commune de Condom d'Aubrac (La Bastide d'Aubrac).
4142 - Répartition annuelle.
Peu d'indications sur les déplacements des animaux ont été formulées par les forestiers. Les quelques mouvements cités sont similaires à ceux décrits par les agriculteurs et les chasseurs.
42- Analyse de la population par le relevé d'indices de présence 421- Méthodologie..
Les indices de présence ont été relevés à la fin de l'hiver parallèlement aux suivis par la méthode d'Aldous utilisée pour analyser la végétation (cf. § 31). Les indices de présence ont été classés par espèce animale d'ongulé et par nature. Concernant l'espèce cerf, les indices suivants ont été relevés :
- les coulées : ce sont les sentiers plus ou moins prononcés qui résultent du passage répété des animaux. Les coulées du cerf sont reconnaissables aux empreintes et à la végétation qui a partiellement disparu jusqu'à une hauteur de 1.8 mètre.
- les fumées : ce terme caractérise les excréments des cerfs. A la fin de l'hiver, la forme et la taille de celles-ci sont caractéristiques de l'espèce.