(70
)concerne les autres séries
du
§ IV, répondant à l'hypo-thèsep
=
i.J'ajoute que la
méthode
suivie par M. Gilbert diffèreessentiellementde celledeM. Genocchi,ce qui, du reste, n'estpointcontesté.
Sur
quelques roches porphyriques de Belgique; par M. G. Malaise,membre
de l'Académie.Mes
recherches surlesterrains anciensde l'Ardenne et du Brabant m'ayant mis àmême
de faire quelques obser-vations sur les roches porphyriques,j'ai l'honneurde lescommuniquer
à la Classe des sciences.Lesrochesporphyriques de Belgique que Ton considère
comme
plutoniennes oumétamorphiques
se trouventdansle massifdeStavelotetdanscelui
du
BrabantetdeSambre-et-Meuse.
Une
seule eurite a été observée dans le terrain dévonien inférieur, à Piroy (Malonne).L'époque précise de leurapparition et difficile à déter-miner.
On
sait seulement qu'elles sont postérieuresaux
terrainscambrienetsilurien,dontellestraversent plusieursassises, et antérieures au terrain dévonien dans lequel
elles ne pénètrent pas, àuneseule exception près,l'eurite de Piroy (Malonne). Ellessont tout au
moins
antérieuresau poudingue de Burnot pour le Brabant,
Dumont
ayanttrouvé parmi lescailloux de ce poudingue des fragments d'eurite etdechlorophyre(1)dontl'identitéavecles roches
(1) A.Dumont, Mémoire surles terrainsardennaisetrhénan.
(Mé-moires de l'Académie royale de Belgique,!. XX, 1"partie,1847, et
(
71
)en place lui a paru assez bien établie pour en conclure
que
ces derniers sont antérieurs au poudingue.On
n'ajusqu'à présent trouvé,à notre connaissance, aucun
frag-ment
de roche plutonienne dans le poudingue de Fépin,à
moins
toutefoisque l'on n'admette quece poudingueet les arkoses qui lui sont supérieures et qui ontgénérale-ment
comme
gangue
des substances feldspathiquesnesoientdesdébrisde roches plutoniennesinjectéesdanslesterrains cambrien et silurien;il estdonc àsupposer
que
lesmasseséruptives leur sont antérieures.
Leur
âge d'apparition nepeut être fixé que d'une manière approximative; et en se
basant surcetteconsidération que leséruptions des roches sont en rapport avec les
mouvements
du
sol, on seraitporté à prendre
comme
date d'apparition de ces roches éruptives enArdenne,
l'époque de la formation du pou-dingue de Fépin qui repose en stratification discordante sur le terrain cambrien. Il n'est pasnon
plus prouvé que les roches porphyriques de l'Ardenne, du Brabant et deSambre-et-Meuse
soient arrivéesà lamême
époque. Ces roches ont attiré, à différentes reprises, l'attentiondes géologues.
Dumont
adonné
denombreux
détails surleurs caractèreset leurs gisements dans son
mémoire
surles terrains ardennais et rhénan (1), détails basés sur ses observations et sur celles faites antérieurement par
MM.
Cauchy, C. Davreux, d'Omalius d'Halioy, Drapiez,Galeotti, H. Lambotte, Sauvage et Buvignier, etc., et par
la Société géologique de France.
Depuis le remarquable travail de
Dumont
(2), quelquesobservations ont été faites,au sujet des roches
porphyri-(1) A. Dumont,Mémoirecilé, l'* et 2« parties.
(72)
qoos par
MM.
Delesse(l), G.Dewalque
(2), J. Gosselet (5)et
nous-même
(4).Ces diverses roches, qui avaientétédé-crites par Diimont (5) sous les
noms
de eurite simple, quartzeuse, et phylladeuse;albite chlorilifère et phylladi-fère; hyalophyre; ehlorophyre massif et schistoïde;por-phyre schisloïde; diorite; hypersthénite, ontété groupées
par M. G.
Dewalque
(6) en 1. Ecrites, II.Orthophyres,
lll. Oligophyrescomprenant
l'hypersthénite, leehloro-phyreetlediorite. IV.
Porphyres
schistoïdesrenfermant:!e porphyre schistoïde, le ehlorophyre schistoïde, l'albite phylladifère et l'eurite phylladeuse.
Nous
avons suivi lamarche
suivante dans notreManuel
de minéralogiepra-tique (7) :
Roches
FELDSPATHiQUES SIMPLES,eurite.Roches
FELDSPATHiQUEs COMPOSÉES: hypcrsthénilc, ehlorophyre, diorite;porphyresschistoïdes
Comprenant
leporphyre schis-toïde, le ehlorophyre schistoïde, l'albite phylladifère et l'eurite phylladeuse.M.
J.Gosselet(8) lesadésignés sousles
noms
dePorphyres
présentantdeux
types,leporphyre(1)Surleporphyrede Lessines. Lettre àM. d'Omalius. (Bulletinsde l'Académie royale de Belgique,l.XVI,1", p.528.)
(2) Société géologique de France. Réunion extraordinaire àLiège,
en 186Ô.
(5) MémoiresurlesterrainsprimairesdelaBelgique,etc.(Bulletins de la SociétégéologiquedeFrance,etc.
(4) C.Malaise, Mémoiresur le terrain siluriendu centredela Bel-gique. (Mé^ioires couronnés,etc., del'Académie royale de Belgique, î.XXXVlI,pp. 70et71.)
(o) Mémoirecité.
(6) Prodrome d'une description géologique de la Belgique. Liège,
^868;pp.295àô02.
(7) Mons,1875;p.253et pp.264à268
(8) EsquissegéologiquedudépartementduNordetdes contrées
voi-sines, pp.59et 60. (Bull, scientif, du départ, du Nord,etc.,3» année.
(75)
quartzifère de Deville et l'eurile de Gerabloux et les
Por-PHYRiTEs se rapportant à trois types que l'on trouve à Quenast [chlorophyre^
Dumont),
à Laifour [diorite,Du-monl)
et àHozémont
{hijpersthénite, Dumont).Les roches dont
nous
allons nous occuper peuventse diviserendeux
groupes: i°leseuritesd'apparencesimple;2° les roches porphyriques
composées
que
l'on considèrecomme
ayantapparu à unemême
époque, maisdifférentespar la nature deséléments et leplus ou
moins
de lenteurdu
refroidissement.Les tranchées de
chemin
de fer et celles nécessitées par certaines routes nous ont permis de reconnaîtrequel-ques faits
nouveaux
sous lerapport des gisements. Toute-fois ceuxquel'on a découverts depuisDumont
nesontpasnombreux.
Citons :Le
diorite près de Stavelot; l'hypersthénite entre LesTombes
et l'abbaye deGrand-Pré
(Mozet); des tracesd'eurite à Ottignies, etc.
Dumont
asignalé l'euritesimple, pailletée et quartzeuse(hyalophyrepailletée,
Dumont),
dans lemassif deStavelot,à Spa, au bout de la
promenade
de Sept-Heures. Elle yconstitue
un
filon qui se divise endeux
branches à la partie supérieure, dont l'une, injectée dans le joint de stratification, s'étend verslasurfacedu sol,etdont l'autreremplit
une
fissure et se termineen coin.Ce
filon se pro-longe suivant une direction parallèle à la direction feuil-letéedu
phyllade etse retrouve près du cimetière de Spa,où
il consiste principalement en orthophyre quartzifère,dansla
promenade
surla collineauNE.
de Spa, entre Spa et Arbespine (1).(74)
La
variéténommée
parDumont
liyalophyre peut êtreconsidérée
comme
un
orthophyre quartzifère; elle estcomposée
d'une pâte euritique contenant des cristaux defeldspath et de quartz et l'on y trouve
fréquemment
despaillettes noirâtres hexagonales (chlorite?) et de petits
points noirâtres (amphibole?).
Les nouvelles
promenades
tracées aux environsdeSpa
nous
ont permis de constater lesmêmes
roches dans quelquesnouveaux
points.Nous
avons trouvé de Teuriteendeux endroitsau
NO.
dela ville,dans lapromenade
des Français, près d'un petit abri. Elle est pailletée et plus oumoins
fissurée; la plupart decesjoints inclinentN. 20°0.Dans
le point le plus rapproché delapromenade
deSept-Heures, elleest plus pailletée, tachetée de points noirs et renferme de petits cubes de pyrites,en partietransformés en limonile épigène.
Nous
avons rencontré à Spa, dans l'eurite, desfrag-ments
de phylladeset desmorceaux
de quartz provenant defilons, et qui indiquent quecetteeurite est postérieureà ces phyllades et aux filonsquartzeux qu'ilscontiennent.
On
observe l'eurite aux environs de Nivelles : 1° surla rive gauche d'un ruisseau en
deux
points dansune
prairie entre le moulin de Monslreux et le
hameau
d'Ar-denelle, dans celui le plus à l'E. l'eurite est en couches inclinéesau SO. de 80"; 2" au
NE.
de ce point, prèsdu
chemin
de Bornival à Nivelles, où elle est exploitée, les couches paraissent incliner au SO. de 70"; 5" dansune
prairie située au S.de ce point, on a fait des recherches, inclinaison au SO. de 75"; A° près des remparts, à l'O. de
Nivelles,
où
elle est exploitée; 5" en fragments dansleruisseau à l'E. de Nivelles.
Cette eurite est la plusbelle et la pluspure des diverses
(
75
)qui est la plus exploitée et la plus recherchée pour la fabrication de la porcelaine.
« Ces divers gîtes étant situés à peu près suivant
une
ligne droite, on peut croire que celte droite est une ligne de fracture et queles gîtes font partie d'un
même
lilon.La
direction de la droite est de l'O. 20" N. à l'E.20"S., etsa position s'écarte peu du prolongement delaligne deschlorophyres schistoïdes d'Enghien à
Fauquez
(1). »On
rencontre dans le chemin, entre Bel-Air etMon-streux,une
eurite porphyroïde à petits cristaux d'albite au voisinage de laquelle les roches sont très-altérées et très-métamorphiques.Ainsi que l'a indiqué
Dumont(2),
on observe quelquesfragments d'une espèce d'eurite schistoïde, à quelques
centaines de mètres au N. de la roche porphyroïde de Fauquez, à l'E. de la Voilée, sur la rive gauche de la
Senne.
La
même
roche forme, près de l'écluse de Yoiri-chev, deux filons voisins dont on voit la tête dans lechemin
qui conduit au Iluteux; ils n'ont que quelqu.es décimètres d'épaisseur.De
curieux gîtes d'eurite se trouvent dans la station d'Ottignies. Elleimprègne
en partie des phyllades gri-sâtres altérées, qui, dans certains cas, offrentune
appa-rence qui les rapprochedes
mêmes
roches dans lesquelles on rencontre des graptolithes à Grand-Manil.L'état de la tranchée ne nousa pas permis dejuger de leur positionexacte; nous croyonsqu'elleforme également quelques filons couchés parallèles aux couches. (Inclinai-son au N.)
(1) A. DunioiU,Mémoirecité,2'"partie, pp.511 et312.
(
76
)On
trouve des traces d'eurite dans la tranchée, entreVillers-la-Ville et Strichon, au milieu de couches très-aïtérées.
On
ohserve à Grand-Manii, prèsGembloux,
de l'euritequartzeuse, formant plusieurs bancs ou fdons couchés,
présentant pour la plupart des caractères particuliers,
alternant avec descouches de quartzite,letout paraissant
métamorphique;
au N.se trouvede l'eurite porphyroïde,sans stratification et probablementéruptive.
L'eurite quartzeuse et l'eurite porphyroïde, véritable porphyrefeldspathique (orthophyre), sontintercaléesau N.
et au S. entredes phyllades siluriens altérés, contenant
des impressions scalariformes degraptolithes.
Nous
avons trouvé sur la rive droiteun
affleurementd'eurite quartzeuse qui est dans le prolongement de celle de larivegauche. L'une et l'autreoccupentla
même
posi-tion par rapport auphyllade fossilifère.
Dumont
asignalé(1)desfragmentsd'euriteà800
mètresdeGrand-Manil, dansle
chemin
de Corroy-le-Château.Le
même
savantareconnu(2) l'euritequartzeuseàSom-breffe, entre Vieille-Maison et la ferme del'Encombrie, et àrO.d'Ottiamont, dansle
chemin
de Sart-Moléà Bruyère.On
ne rencontre plus dans cesdeux
localités que desfragments d'eurite altérée.
Le
prolongement dela lignequijoint ces points passe par Grand-Manil.
On
observe sur la rive gauche de la Méhaigne, entreFallais et
Fumai
, sous la chapelledu
Saint-Sauveur, untyphon, formé d'albite, à grands cristaux, passant à
une
(1) A.Dumont, Mémoirecité'i"partie,p.315.
(
77
)eurilecompactegrisâtre (1);onrencontre le prolongement de ce typhon sur la rive droite de la Méliaigne.
Dumont
a signalé en outre(2) « un second typhontrès-remarquable parsa texture etpar les modifications qu'il a produites dans le phyllade, sur la rive gauche de la
Méhaigne
près de Pitet.Ce
typhon a environ25
mètres de base sur50
mètres de hauteur. Les partiessepten-trionales et
moyennes
consistent en cristaux d'albite de i à2
millimètres de longueur, entremêlés de phyllade gris-bleu subluisant, offrantune
textureschisto-lamel-laire, une couleur d'un gris mêlé et renfermant des
frag-ments
de phyllade modifié par la chaleur; vers la partieméridionale du typhon, l'albite passe à l'eurite compacte gris-bleuâtreetprésenteà2"'80 de sa limite extrême, une longue fissure parallèle aujoint d'injection. »
Le
typhon aune
direction EO.; lesrochesplongentd'un côté au S. et de l'autre au N., ce qui indiquequ'il leur estpostérieur et les a redressées, en
même
temps qu'il leur faisait subir certaines altérations.Dumont
(5) asignaléun
monticule d'eurite quartzeuseau
hameau
de Piroy (Malonne); il en figuredeux
surlacarte géologique deBelgique.
Le
premier typhon setrouve sur la rive gauche du ruisseaude Piroy.On
en observe un second surla rive droitedu
même
ruisseau , mais celui-cise trouve dans le terrain devonien, c'est le seul gîte des
roches plutoniennes ou considérées
comme
telles, observédansceterrain, en Belgique.
Des
tracesde lamême
roche(i) A.Dumont, Mémoirecité, 2«partie,p.310.
(2) Ibid.,p.510.
(
78
)se rencontrent à la ferme de Halleux, entre
Neuville-sur-Meuse
etOmbret.La
grandequantitédequartzque contiennentcesroches les renddifficilement fusible contrairementaux
caractères des eurites, dont lenom
veut dire aisément fusible; noussommes
porté à croireque
ce sont plutôt desquartzilesimprégnés de matières feldspathiques àbasede potassium et plus
fréquemment
du sodium. Elles ont éténommées
indifféremment eurite ou albite. L'hyalophyre pailleté de de l'Ardenne et l'albite phylladifère
du
Brabantse rappro-chent decetype.Les diversescouchesd'unmême
gîtepré-sentent très-souvent des caractères particuliers.
L'eurile perd sa cohérenceet devient terreuse par
alté-ration; lorsqu'elle est porphyroïde, le feldspath se
trans-forme en kaolin et la
masse
devient celluleuse et friable.La
forme queprésentent les typhons de chlorophyre ouporphyrite de Lessines et de Quenastest des plus
remar-quables; c'estcelle d'un golfe ou d'un cratère rappelantla
forme de certaines îles d'origine volcanique.
Au
SE. deLessines, il forme sur la rive droite de la
Dendre un
demi-cercle qui s'étend de l'extrémité occidentale
du
bois de Lessines parCampmillon,
jusqu'au N. de la fermeBronchenne
entre Lessines et Ollignies(l). Il forme au S. de Quenast,surlarivedroitede la Senne, unemasse
aussiconsidérable qu'à Lessines, dans laquelle on a ouvert un grand
nombre
de carrières, situées les unes à côté desautres dans
une
zone demi-circulaire (2). Il constitueune
masse homogène
sansdivisionsapparentes;cependant dans(1) A.Dumont, Mémoirecilé, 2«partie,p.500.
(
79
)quelques carrières il est divisé par des fissures
très-éten-dues qui sontsouventparallèles entreelles et qu'on pour-raitprendre alors pour des joints de stratification, mais
quien diffèrent parce qu'ellesn'ont pas unedirection
con-stante; d'autres lîssures transversales les subdivisent en
polyèdres, qui rappellentun peules colonnades debasalte.
Dans
la carrière dite des Boules, le porphyre a une ana-logie de plus avec le basalte, car, par suitede la décom-position, chaque polyèdre tend à perdre ses arêtes et à prendre la forme sphéroïdale,comme
la coulée de lavebasaltique, où se trouve creuséela célèbre grotte des
Fro-mages,
près de Bertrich [i).«
On
peutsedemander
si les masses porphyriques de Quenast et de Lessines ne représentent pas la matière éruptive qui a rempli les cratères paroù
sont sorties leséruptionsporphyriques oudes
amas
delavequiontcombléd'anciennes \'allées (2). »
Dumont
anommé
chloropliijre schistoïdeune
rochecomposée
d'une pâte euritique gris-verdàtre, de cristaux feldspalhiques, clinaxiquesou non, simples ou maclés, de un à cinq millimètres de grandeur, et de chlorite d'unvert
sombre
ounoirâtre, en petitesmasses finementlamel-laires; on y trouve accessoirement des grains de quartz et des lames phylladeuses. ïl est strato-porphyroïde ou
schisto-porphyroïde, d'un grisverdâtre clair tacheté de
blanc et de vert foncé.
Dumont
l'a indiquéau Vert-Chasseur, prèsde Steenkup(1) J. Gosselel. Esquisse géologique, elc. (Bulletin scientifique du
DÉPARTEMENT DUNoRD,elc,3^année,p.81.)
(80)
(Bierghes); l'exploitation est actuellement inondée.
On
l'observe encore près de
Rebecq
, au N. des fermes deGrande-Haie etde Petite-Haie et à
100"
au N. de la ferme du Croiseau.On
le rencontre aussi à Chenois (inclinaisonE. 20"
N.=6o°
(Hennuyères)etentreChenoiset lehameau
desArdennes
(Hennuyères).Cette roche se retrouve à quelques centaines de mètres au S.du château de
Fauquez
sur larivegauche delaSenne
où
elle forme de pittoresquesescarpements dans l'endroitnommé
Bois des Rocs; elle y présente un très-bel affleu-rementetyest divisée pardenombreuses
lissuresobliques,l'une par rapportà Tautre. La
même
roche s'observe surla rive gauche dela Senne, où l'on a tenté d'en fairedes
pavés. Sur la rive droiteelle se dirige au
NO.
Sur l'une et l'autre rive,lesroches siluriennes présentent une inclinai-son diamétralement opposée au N. et au S. de la rocheporphyriques.
Le
dioriteconstitue àLembecq
une
masse granitoïde,d'un vertclair, pointillé de vert foncé.
On
a tentéd'y fairedes pavés,mais l'exploitation estactuellementabandonnée. Ledioriteserencontreà
2
kilomètresà l'E. de Stavelot, sur la rive droite de l'Amblève, au confluent de cette rivière et del'eau rouge à Challes. Il constitue un filon couché, de cinq mètres de puissance, incliné, ainsi que les couchesvoisines, au S.25°E
=
70". 11 présente quel-ques fissures obliquesà cette direction.Nous
yavonsren-contréde lapyrite, de la chalcopyrite,etdanslesfissures, de l'abeste rouillée par des
composés
ferrugineux.On
y avait établi une carrière de pavés, actuellement aban-donnée.Nous
l'avonségalement observésur larive gauche de l'Amblève etl'on en trouve desfragments roulésparmi les cailloux de celte rivièreversCoo.(81
)On
rencontrede l'hyperslbénite granitoïde entreHozé-mont
et le château de Lexliy ouDumont
l'avait signalée. Elle est traversée en tous sens par des fissures qui la divisenten fragmentsirréguliersetquelquefois sphériques.Une
très-belle hypersthénite porphyroïde a été exploitéedans
une
carrière remblayée depuis, prèsdu
château de Lexhy. Elles ontété utiliséespourpavés,pour moellonset pour l'empierrement deschemins.J'aisignalé l'bypersthénite entre
LesTombes
et l'abbayede Grand-Pré (Mozel) (1). Cette roche yconstitue une tête de typhon dont les fragments sont plus ou
moins
altérés; lesgros fragments montrent à l'intérieur une texturegra-nitoïde; elle est
composée
de lamelles d'oligoclasegris-verdàlre, mélangées de grainsvert-noirâtred'hyperslhène.
Dumont
a désigné dans le Brabant, sous lenom
d'arkose et de porphyres schistoïdes, des roches que Ton
rencontre dansle voisinage des roches plutoniennes etqui
parfois ne sontque des quartzites ou des phyllades
modi-fiés par le contact des roches ignées et imprégnés de
matières feldspathiques cristallines, etc. Les premières
sont
donc
des arkoses cristallines, ou des quartzites méta-morphiques,et lessecondesdes phylladesmétamorphiques
que
Dumont
avait proposédenommer
phylladophyres. Lesunes et les antres renfermentdes cristaux de feldspath de
nature variable,etont une texture plusou
moins
porphy-roïde. Ellescontiennentaussiplusieurssubstancesdemême
nature que celles des filons, tellesque
la chlorite, l'oli-giste,la chalcopyrite, l'épidote,que Ton
rencontredans le(1) Mémoiresurteterrain silurien,etc., p.70.
2""' SÉRIE,
(
82
)chlorophyreel lediorite. Ellesindiquent desrelationsentre
leur âge d'injection et lesroches précitées.
Les quartzites
métamorphiques
se rencontrent auvoi-sinage des roches pluloniennes; ils sont devenustels en s'imprégnant de matières feldspalhiques; dans d'autres cas, l'action
métamorphique
s'est fait sentir à distance,les quartzites ont été imprégnés de grains ou de lamelles feldspathiques cristallines provenant d'émanations
gey-seriennes. Ils sont
fréquemment
chloritifèrescomme
lesquartzitesde l'assise
deTubize
où on les rencontreprinci-palement.
On
en trouveauNE.
de liai,danslechemin
qui conduit à Buysinghen; alternantavec des quartzites dansdescarrières
abandonnées
au S. de Hal.On
les retrouveàMalheyde
(Lembecq), en bancs presque verticaux, alter-nant avecdes phylladesmétamorphiques
(inclinaison E.15°N.=80");
ils renferment ici des filons quarlzeux avec chlorite, oligistes et épidole. Lesmêmes
roches serencon-trent au N. de Tubize, dans d'anciennes carrières de
quartzites aimantifères. Elles se trouvent également
aux
environsde Clabecq,où
ellescontiennent beaucoup d'épi-dote. Elles se rencontrent dans le voisinage ou dans le prolongement de certaines roches plutoniennes: diorite deLembecq,
chlorophyre de Quenast; souventmême,
ainsi quel'afaitremarquer
M.
J. Gosselel, elles ont plutôt l'aspect d'un porphyre stratifié.On
les rencontre encore au voisinage des roches por[)hyriques de Fauquez.On
lestrouve également entre Clabecq et Braine-le-Chàteau et
entre
Rebecq
et la ferme de Petite-Haie. Elles présentent quelquefoisla texturegranitoïde;ellessontalorscomposées
degrainsde quartz hyalin, decristaux ou grainsanguleux de feldspath, et
fréquemment
dechlorite.(
83)
imprégnés de feldspathontla textureschisto-porphyroïde;
ils sont formés d'une pâte de pliyllade contenant des cristaux,des lamellesoudes grainscristallinsde feldspath. Ils proviennent d'imprégnation feldspathique au contact des roches plutoniennes ou sous l'influence d'émanations
geysériennes.
Cette roche forme des hancs ou des couches
que
l'onrencontreau voisinage des roches plutoniennes et
notam-ment
aux environsd'Asquempont
(Ittre), Fauquez,Lem-becq, ClaLem-becq, au S. des roches porphyriqucs de
Sainte-Catherine, près de Pitet, etc.
La
pâte phylladeuse a généralementaugmenté
de dureté et peut rayerlesphyl-lades \oisins,
non
métamorphiques. Les phylladesen-globés dans les roches plutoniennes sont devenus méta-morphiques.
On
sedemande
si, dans certains cas, elles ne sont pascontemporaines des roches |)Iutoniennes dont elles oflt lamême
composition (chlorophyre) etdont ellesconstitueraient lescendresvolcaniques; dans d'autres cas,
elles peuvent provenir de l'altération des
mêmes
roches plutoniennes. Elles ressemblent également à des rochesanalogues interstratifiées, désignéessouvent en Angleterre sous le
nom
de feldspathic ashe, et considéréeshabituel-lement
comme
le résultat d'éruptions sous-marines.Les phyllades
métamorphiques,
plus imprégnés de ma-tières feldspathiques, constituent ce queDumont
a décritsous le
nom
deporphyre
schL^toïde.Dumont
a isidiqué celui-cientreMarcq
etEnghien
où il estconstituépar unepâte euritique renfermant descristaux de fcldspnih ou de petitescavitésquiproviennent deleurdestrucliun;ilincline
au N.
On
le rencontre à la ferme Sainte-Catherine, àunedemi-lieue au SO. de
Rebecq
;Dumont
l'a observé surune(
84
)CIeux; l'état du
chemin
et la décompositiondes rochesnepermettent pas de vérifier cette assertion : celte roche est
constituée ici par une pâte renfermant des cristaux de
feldspath ordinairement
décomposés
et transformés enkaolin.
On
peut également observer cette roche dans latranchée de la route de
Rebecq
à la station duchemin
de fer, et sur la rive gauche de laSenne
dans la tranchéedu
chemin
de fer; elle paraît incliner au SE. de 68".Dumont
Ta encore signalée au S. du château de Fauquez.
Nous
en avons trouvé des traces àAsquempont.
M. J. Gosselet, dans son remarquable
mémoire
sur les terrains primaires de la Belgique, dit, à propos despor-phyresschistoïdesde la fermeSainte-Catherine: « Je crois
|)Ouvoir regarder
comme
certain, dans le cas qui nous occupe, que toute la roche était primitivement à l'étatde schiste. Sous rinfluenced'émanations venues del'intérieur (le la terre, elle s'est chargée de cristaux d'oligoclase, dequartz et de chlorite; c'est en quelque sorte un schiste imprégné de porphyre. Il faut remarquer enoutre queces
émanations porphyrogènes étaient sous ladépendancedes
éruptionsporphyriques de Quenast. Leursrelations étaient analogues à celles qui unissent aujourd'hui le Vésuve et
I Etna avec les émanations carbonées ou sulfurées du sud
(le l'Italie etde la Sicile (1). »
11 est très.-remarquabledevoir des roches aussi
profon-dément
transformées à plusieurs kilomètres du centre d'éruption, tandis qu'à Quenast, au contact du chloro-phyre, les phyllades ne sont pas modifiés. Notre vénérémaître M. d'Omalius d'fïalloy avait conclu de l'observation
(1) J.Gosselet,A/f'moiresurles terrainsprimairesdelaBelgique,etc.
(8d
)dece lait (1): « (jue les éjaculations inlérieures exerçaient
une
actionmétamorphyque
moins forte, lorsqu'ellespou-vaient se faire à l'état liquide, que
quand
elles agissaient à l'état gazeux. »Notre manière de voir, pour ce qui concerne les
quart-zites et les phyllades
métamorphiques,
trouvedonc
unappui dans l'opinion d'un habile observateur et d'un
géo-logue impartial.
Dumont
a également appelé l'attention sur lesmodifi-cations où le
métamorphisme
produit sur les rochessilu-riennes par l'action des émanations intérieures : « Ces
injections n'ont pas produit de modifications de contact très-marquées; mais la partie septentrionale du massif
du
Brabant a subi toutentière, probablement par l'influence de masses plutoniennes sous-jacentes,
une
actionméta-morphique
très-énergique (2). » La zonequicomprend
lamétamorphose
avait étédésignée parDumont
sous lenom
de
Zone
demétamorphose du
Brabant. Il avait reconnu des zones analogues dans la partie inférieuredu devonien inférieur de l'Ardenne, plus ancienne que le poudingue de Burnot. Il est étonnantque
ces faits aient échappé à ceux qui se sontoccupés dumétamorphisme.
Il n'est pas sans intérêtde rappeler
que
Dumont
a fait remarquer que lesmassesplutoniennes, formées de rochessemblables, sont généralement disposées dans le
même
alignement, et, deplus, que les angles que cesaligne-ments
forment entre eux paraissentêtre des multiples de(1).l.-J.d'Omaliusd'Halloy.Abrégédegéologie.,Bruxelles,1855,p.ÔTi (2) Dumoul.Mémoirecité,2' partie, p. â-42.
(
86
)6" 7-2
(M- Quelques-uns de ces alignements concordent
avec des lignes de fracture ou des directions de roches bien déterminées.
Dumont
a également faitobserver que les roches qu'ilnommait
chlorophyreet porphyre schistoïdes se montrentendivers pointsd'unelignedefracturedirigéedel'0.26" 7^ àTE.
26
'/2S. passant prèsd'Enghien, dela ferme Sainte-Catherine, de Rebecq,du
Croiseau, de Chenois, deFau-quez et de
Monstreux
(2).Nous
croyons utile de mentionner quelques faits que nous avonsobservés dans le massifde Rocroy.Les diverses roches porphyriques de ce massifont été
nommées
parDumont
hyalophyre, diorile et albitephyl-ladifère. Elles se rencontrent
fréquemment
dans lemême
(ilon.L'albile phylladifôre est formée de grains fins plus ou
moins
distincts de feldspath et de phyllade réunis. Elleconstitue des filons couchés ou schisto-lamellaire. Cette
albile phylladifère présente des caractères extérieurs qui
la séparent
complètement
de la roche désignée sous lemême nom
parDumont,
dans le Brabant, et deseurites.Sur lesbords de la
Meuse
on observe à l'E, et prèsde Revinun
filon d'albite phylladifèredeprèsde 7 mètres depuissance;ilcontientde lapyrite,delà pyrrhotineet del'al-biteencristaux simplesou maclés (5); inclinaison
S.=38".
Nous
avons observélamême
roche au N. de Revin, oùelle formeun
filon de l'",80 environ de puissance, intercalé(1) Dumont. Mémoirecilé,2"^partie,p. ôlG.
(-2) Ibid., p.504.
(87
)dans le phyllade, direction E. 8° S. à 0.8°N.
Nous
avons revu lamême
roche à l'angle delaMeuse
etdu
moulin de laPille, à100
mètresenviron au N.du
ravin; cette rocheincline au S., elle ressemble plutôt à
une
lentille qu'àun
filon couché.
On
la rencontre encore entre Mairus etLaifour, etc.
Nous
avons enoutre trouvé au S.du
moulin de laPille, en remontant le ruisseau, surune
longueur d'environ\ kilomètre, des blocs de diorite; ces blocs
volumineux
sont arrondis et polis.
Nous
avons également observé au N. de Mairus, dans la tranchéedu
chemin
de fer,un
filon couché dediorite, de2
mètres de puissance.Les diorites
du
massif deRocroy
sont plus calcareuscsque
celles des autres massifs. L'albite chloritifère deDumont
quiparaîtserapprocherdu
dioriteen diffèregéné-ralement par l'absenceou lamoindrequantitéde
composés
amphiboliqnes; ces roches passent de l'une à l'autre et setrouvent presque toujoursdans le
même
filon. Toutes les albites chlorilifères deDumont
ne sont cependant pas desdiorites etplusieurs doiventse ranger danslesrochesqu'il
nommait
albite phylladifère.Toutes ces roches sontencore très peu connues quant à leurcomposition.Lesdiversesopinions émisesàleursujet