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Le camp B à la lumière du LIDAR

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Academic year: 2021

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HAL Id: halshs-01148401

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01148401

Submitted on 27 Jan 2021

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Le camp B à la lumière du LIDAR

Jonhattan Vidal

To cite this version:

Jonhattan Vidal. Le camp B à la lumière du LIDAR. Archéologia, Editions Faton, 2012, pp.35.

�halshs-01148401�

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Commandée par le Conseil général de la Côte-d’Or, une couverture LIDAR vient d’être acquise sur l’emprise des fortifica-tions césariennes du site d’Alésia. Le relevé de 27 km2 permettra d’étudier

l’ensemble du site archéologique : la zone décrite par Jules César dans le De Bello Gallico. Son exploitation s’intègre dans une étude sur les données spatiales du site et sa dynamique d’occupation.

Le procédé LIDAR (Light Detection And Ranging) est réalisé par le balayage d’un laser aéroporté. Un nuage de points révèle alors la topographie du site. Pour être exploitables dans une perspective archéolo-gique, les données sont filtrées afin de réa-liser un modèle numérique de terrain (MNT) ; c’est-à-dire un relevé précis de la surface du sol même sous le couvert végé-tal. Les données sont en cours d’examen, aussi ce résumé traite un exemple choisi.

Une nouvelle lecture du site

L’observation de la morphologie du site atteint une précision inédite. Sur les analyses de pentes, les falaises de plus de 30 m qui ceinturent le Mont-Auxois et

bordent les collines environ-nantes apparaissent très net-tement malgré la forêt récente qui les masque. Défense naturelle de l’oppi-dum, ces escarpements illus-trent la nécessité d’investir la place par un siège. D’autre part, le MNT permet de repé-rer les fossiles topogra-phiques vestiges des activités humaines. Un très grand nombre d’“anomalies” appa-raît sur le relevé, toutes tem-poralités confondues. Leur interprétation nécessite une mise en perspective, soit à l’appui de comparaisons, soit par mise en relation avec des structures fouillées.

Un cas d’école : le camp “B”

Les camps “A” et “B” sur la montagne de Flavigny sont localisés par des fouilles archéologiques. Sur le relevé LIDAR, on observe que le camp “A” est implanté sur un ressaut morphologique dont il épouse la forme. Cela confirme la parfaite

adapta-LE CAMP DE CÉSAR À LA LUMIÈRE DU LIDAR

tion des fortifications romaines au terrain à défendre. Le secteur étant cultivé, il est évi-dent que le labourage gomme d’éventuelles traces topographiques que seuls des procé-dés révélant la nature du sous-sol mettent en évidence. Le camp “B” se trouve quant à lui sous couvert forestier. Cette situation pré-servée permet d’observer grâce au relevé LIDAR le tracé de ce camp sur les traite-ments en ombrage et en analyse de pente. En effet, sur ces documents apparaissent nettement les fossiles topographiques de la circonvallation et du rempart du camp. L’identification de ces structures est confir-mée par les fouilles Reddé-Schnurbein dont l’empreinte est également visible. Il s’agit des vestiges des remparts qui se manifes-tent aujourd’hui par un talus continu de 50 à 70 cm de hauteur sur 5 à 6 m de largeur, vestige très difficile à distinguer sous forêt. Si le siège d’Alésia est un événement mili-taire important, il s’agit d’un fait bref pour un site dont la richesse archéologique découle d’une occupation depuis le Néolithique. Ainsi la subsistance d’un fossile topographique pour une construction temporaire était inat-tendue et démontre les potentialités de ce type de relevé. Nous disposons désormais

d’un bon exemple du signal topographique que laissent de telles constructions édifiées au milieu du premier siècle avant notre ère ; cela constitue un élément de comparaison et d’identification pour d’autres sites. Le pro-gramme d’étude du LIDAR nous permettra d’abonder le dossier archéologique des for-tifications romaines et gauloises, et sera exploité de manière diachronique afin d’ali-menter la connaissance de l’impact de l’oc-cupation humaine sur le paysage du Mont-Auxois et ces alentours.

Jonhattan Vidal,ingénieur d’études contractuel à l’UMR Artehis CNRS, doctorant en archéologie à l’Université de Bourgogne

CI-DESSOUS. La microtopographie du camp "B" à la lumière des traitements du MNT : a) le couvert forestier actuel vu par

orthophotographie en mars 2011 avec le tracé des fortifications d'après les fouilles anciennes et modernes ;

b, d) traitements du MNT en analyse de pentes c) traitement du MNT en ombrage (azimut 45°N, altitude 30 m) ;

e) relevé de la fouille du camp B porte sud (Reddé, Schnurbein dir 2001, dessin retraité par R. Imbach). Coordonnées RGF93.

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