Son dans une salle

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Acoustique des salles

13.3 Son dans une salle

Fig. 13.5 – R´eflexions multiples. On peut montrer que le libre parcours moyen est donn´e par

l = 4V

S (13.13)

o`u V est le volume de la salle et S la surface des parois. Le temps entre deux r´eflexions successives est

∆t = l

c =

4V

cS (13.14)

et le nombre moyen de r´eflexions par seconde est

n = cS

4V (13.15)

13.3 Son dans une salle

Lorsque les dimensions de la salle sont grandes devant la longueur d’onde, on peut faire l’approxi-mation que le champ de pression est diffus, ce qui signifie qu’`a chaque position l’´energie provient de toutes les directions avec une intensit´e ´egale et que la densit´e d’´energie est ind´ependante de la position. Ces hypoth`eses sont raisonnables quand la densit´e modale est ´elev´ee et qu’il n’est plus possible de distinguer les modes individuellement. Si les ondes planes dans une direction donn´ee

ont pour amplitude moyenne p0, la valeur moyenne du carr´e de la pression en un point de l’espace v´erifie

|p|2 = 4π|p0|2 (13.16)

car on peut sommer les ´energies des diff´erentes directions puisque les ondes sont d´ecorr´el´ees. La densit´e d’´energie associ´ee est alors

w = |p|2

0c2 (13.17)

et l’´energie totale contenue dans le volume V est W = V |p|2

0c2 (13.18)

L’intensit´e acoustique dans un champ diffus est nulle car les ondes de directions oppos´ees se com-pensent. Pour un demi espace, l’intensit´e incidente sur une paroi est donn´ee par

I = Z π/2 0 Z 0 I0n(θ, φ) sin θdθdφ (13.19)

o`u n(θ, φ) est la normale `a la sph`ere unit´e dans la direction (θ, φ) et I0 = |p0|2

2ρ0c est l’intensit´e d’une onde plane. On trouve

I = πI0np = |p|20c =

W c

4V (13.20)

en notant np la normale `a la paroi.

Lorsqu’une onde frappe une paroi comme sur la figure 13.6, l’´energie incidente est divis´ee en une ´energie r´efl´echie, une ´energie transmise et une ´energie absorb´ee par la paroi. La conservation de l’´energie impose que

Ei= Ea+ Er+ Et (13.21)

Ecrivant l’´equilibre entre la puissance ´emise par la source et la puissance absorb´ee par les parois,

E E E E i a r t

Fig. 13.6 – R´eflexions multiples. nous avons aussi

Pi`ece meubl´ee 0.5s

Pi`ece vide 2 `a 5 s

Salle de concert 0.8 `a 1.5s

Grand hall ou salle r´everb´erante 8 `a 12 s

Tab.13.1 – Temps de r´everb´eration de quelques locaux.

avec α = 1 S i=n X i=1 αiSi (13.23)

qui est la moyenne des absorptions des diff´erents ´el´ements de parois de coefficients d’absorption respectifs αi et de surfaces Si.

La propagation du son dans ce type d’espace clos se fait par de multiples r´eflexions sur les parois du local. Les propri´et´es acoustiques de ces parois sont par cons´equent tr`es importantes pour estimer le niveau sonore dans l’espace. Lorsque l’on arrˆete une source sonore, le son ne cesse pas brusquement mais le niveau sonore d´ecroˆıt r´eguli`erement avec le temps. En ´ecrivant que la variation d’´energie dans la cavit´e est ´egale `a l’´energie absorb´ee par les parois, nous avons :

dW = −ISαdt (13.24)

ce que l’on peut ´ecrire aussi

dI

dt = −Sαc4V I (13.25)

soit

I(t) = I0eSαc4V t (13.26)

Par d´efinition, le temps de r´everb´eration TR est le temps n´ecessaire pour r´eduire le niveau sonore de 60dB, voir par exemple la figure 13.7 montrant la d´ecroissance du niveau sonore en fonction du temps. On a donc

eSαc4V TR = 10−6 (13.27)

On peut en d´eduire la formule de Sabine qui relie le temps de r´everb´eration au facteur d’absorption moyen des parois du local :

TR= 0.16 V

αS (13.28)

Des temps de r´everb´eration courants sont donn´es dans le tableau 13.1. Cette th´eorie est valable quand l’absorption par les parois reste mod´er´ee. En pratique, il est pr´ef´erable que le coefficient d’absorption moyen ne d´epasse pas 0, 2. Sinon il faut utiliser des th´eories plus pr´ecises. En agissant sur les surfaces Si et les coefficients d’amortissement αi des mat´eriaux, il est possible de modifier α et donc de contrˆoler le temps de r´everb´eration dans la pi`ece. Dans le cas de grandes salles, il peut ˆetre n´ecessaire de tenir compte de l’absorption de l’air. Elle peut s’introduire `a l’aide d’une surface d’absorption ´equivalente suppl´ementaire donn´ee par

Fig. 13.7 – Mesure du temps de r´everb´eration. avec b = 5.5 10−450 h  f 1000 1.7 (13.30) o`u h est le degr´e d’humidit´e en %.

La caract´erisation d’une salle consiste `a essayer de traduire en des termes objectifs des appr´e-ciations subjectives de sa qualit´e. On peut ainsi d´efinir diff´erents crit`eres qui permettent d’affiner la caract´erisation du temps de r´everb´eration donn´ee par le TR. La dur´ee de d´ecroissance `a 10dB est appel´ee EDT (Early Decay Time). Elle caract´erise le d´ebut de la r´everb´eration qui est la partie utile `a la compr´ehension d’un message. L’oreille humaine en effet ajoute les signaux distants de moins de 80ms et font que les premi`eres r´eflexions sur les parois sont per¸cues comme faisant partie du signal initial. Au contraire les contributions distantes (> 100ms) sont per¸cues comme un signal diff´erent et perturbent le signal initial. Dans la parole la dur´ee d’une syllabe est de l’ordre de 200ms et les contributions au signal qui vont au del`a de 200ms se superposent `a la syllabe suivante ce qui nuit `a la compr´ehension du message. Pour la musique, ce ph´enom`ene est moins gˆenant car il produit un effet harmonique qui peut au contraire ˆetre recherch´e.

Une autre famille de crit`eres caract´erise la nettet´e du signal re¸cu. Ces crit`eres comparent l’´energie utile (avant 50 − 100ms) `a celle qui ne l’est pas. La clart´e 80 est ainsi d´efinie par

C80= 10 log10 R80ms

0 |p|2dt

R

80ms|p|2dt (13.31)

La clart´e est surtout utile en musique et une clart´e de 0dB est correcte. L’augmentation de ce crit`ere se fait au d´epend du TR, il faut donc trouver un compromis acceptable entre ces valeurs.

Une autre formule r´epandue pour le calcul du temps de r´everb´eration est la formule d’Eyring. Pendant un temps dt, l’´energie associ´ee `a un parcours quelconque d´ecroˆıt de E `a E(1 − α). La

diff´erence de niveau dans l’intervalle dt est donc 10 log(1 − α). La pente moyenne de la d´ecroissance est li´ee au TR

dt/(−10 log10(1 − α)) = TR/60 (13.32)

La formule de Eyring s’´ecrit sous la forme

TR= 60dt/(−10 log10(1 − α)) = −0.16V/(S log(1 − α)) (13.33)

Le dernier log est le log n´ep´erien. La valeur de dt est obtenue par la formule 13.14. La formule de Eyring donne en g´en´eral des r´esultats plus faibles que la formule de Sabine. Elle permet de mieux pr´evoir le temps de r´everb´eration lorsque l’absorption est r´epartie uniform´ement. Dans le cas d’une absorption concentr´ee sur une seule surface, le temps de r´everb´eration de Eyring sous estime le vrai TR.

La figure 13.8 montre un exemple de salle r´everb´erante, construite avec des parois tr`es peu absorbantes, et qui conduit `a une valeur ´elev´ee du temps de r´everb´eration. La figure 13.9 montre au contraire une salle an´echo¨ıque avec une tr`es forte absorption des parois. Elle se rapproche d’une situation en champ libre sans parois.

La fr´equence de coupure d’une salle est donn´ee par fc= 2000r TR

V (13.34)

C’est la fr´equence au del`a de laquelle la densit´e de modes devient suffisamment importante pour ne plus pouvoir distinguer les modes individuellement. L’approximation de champs diffus devient acceptable au del`a de cette fr´equence.

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