La g` ene et les limites de danger

Dans le document Acoustique (Page 29-36)

Perception du son 2.1Effets du son

2.3 La g` ene et les limites de danger

La perception d’un bruit se caract´erise par une notion plus ou moins subjective appel´ee la g`ene qui d´epend de multiples facteurs comme l’intensit´e sonore, le spectre du bruit, sa dur´ee mais aussi ´eventuellement de facteurs plus personnels comme l’´etat de sant´e ou l’acceptation plus ou moins grande du bruit en fonction de sa provenance. On admet g´en´eralement que, pour un bruit qui ne varie pas trop rapidement, la g`ene ressentie varie comme l’´energie moyenne re¸cue, soit comme le Leq. On peut aussi utiliser la notation Leq,T si l’on veut insister sur la dur´ee utilis´ee pour la mesure du niveau sonore. La dur´ee T peut ˆetre de plusieurs heures quand il s’agit d’estimer la g`ene due `a un bruit de circulation automobile. Cette dur´ee peut ˆetre r´eduite `a une minute ou une seconde dans d’autres cas.

La qualit´e de l’audition d’un individu peut ˆetre mesur´ee par un audiogramme comme repr´esent´e sur la figure 2.7. Ces courbes mesurent l’´ecart entre une audition parfaite et la perception r´eelle des oreilles. G´en´eralement, il y a des pertes auditives plus ou moins prononc´ees et principalement situ´ees dans les hautes fr´equences. La figure 2.8 montre trois niveaux possibles de pertes de faible `a s´ev`ere. Des pertes de -10 `a -25 dB sont normales. Les pertes r´eelles commencent de 30 `a 45 dB. Des pertes s´ev`eres sont de 70 `a 85dB tandis qu’au del`a de 90dB les pertes sont profondes et la capacit´e d’audition tr`es gravement compromise. L’ˆage influe aussi directement sur les capacit´es

Fig. 2.4 – Courbe de pond´eration A.

auditives. La figure 2.9 montre les capacit´es auditives moyennes d’une personne en fonction de son ˆ

age. On constate que la d´et´erioration a lieu principalement dans les hautes fr´equences. Les pertes d’audition ont pour cons´equences des pertes de compr´ehension de la parole et des signaux. Les effets sont irr´eversibles et par cons´equent seule la pr´evention est efficace. Les effets constat´es sont une ´el´evation du seuil d’audition, les sons de faible intensit´e ne sont plus per¸cus, et un abaissement du seuil de la douleur, des sons d’intensit´e normale pour la plupart des gens deviennent insupportables. Des expositions de longues dur´ees `a des bruits peuvent ˆetre nuisibles. Cela provoque un assour-dissement par suite du r´eflexe de diminution de sensibilit´e et si le bruit est trop intense ou s’il dure trop longtemps, une fatigue auditive plus ou moins r´eparable s’installe. Elle se manifeste par une ´el´evation du seuil d’audition, variable avec la fr´equence. Cette fatigue disparaˆıt progressivement au cours du repos. La figure 2.10 donne la perte auditive `a diff´erents instants suivant une expo-sition `a un bruit fort. On a fait ´ecouter `a un panel repr´esentatif un bruit blanc pendant 10 mn avec un niveau acoustique de 110 dB. Une minute apr`es la suppression du bruit, on fait subir un

premier audiogramme `a l’ensemble du panel. Leurs moyennes ont donn´e la courbe not´ee 1mn. On

r´ealise un second audiogramme apr`es 15 mn de repos, puis un troisi`eme apr`es une heure et ainsi de suite. Cependant au-del`a d’une certaine dose d’´energie re¸cue le temps de r´ecup´eration demande un repos de plus en plus long et il reste finalement une perte auditive permanente. Pour 8h heures d’exposition quotidienne, on peut estimer qu’en dessous de 70dBA, il n’y a pas de danger alors qu’au-dessus de 85 dBA le danger de surdit´e professionnelle est tr`es grand si la dur´ee d’exposition est importante (plusieurs ann´ees). La limite de danger pour des bruits continus est indiqu´ee sur

le tableau 2.3 en fonction de la dur´ee d’exposition. 5% des individus expos´es `a des niveaux de

80dBA d´eveloppent des pertes auditives significatives alors que le taux devient de 15 `a 25% pour une exposition de 90dBA. La limite pour des bruits impulsionnels est indiqu´ee sur le tableau 2.4

0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Temps Lp Leq

Fig. 2.5 – Niveau sonore ´equivalent.

en fonction du nombre d’impulsions.

Lorsque l’on est expos´e `a des bruits d´epassant les normes de s´ecurit´e et qu’il est impossible de r´eduire le bruit `a la source, il est imp´eratif d’utiliser des moyens de protection individuels qui sont soit des bouchons d’oreille, soit des serre-tˆetes, voir les figures 2.11 et 2.12.

2.4 R´eglementation

Les probl`emes de bruit ont engendr´e une r´eglementation abondante et en constante ´evolution. Elle vise `a fixer des seuils r´eglementaires `a ne pas d´epasser pour chaque type d’activit´e ou de mat´eriel.

Au travail

Le code du travail et plusieurs autres textes pr´evoient une r´eglementation au niveau professionnel. Ainsi le d´ecret du 19 juillet 2006 qui traduit en droit fran¸cais la directive europ´eenne 2003/10/CE fixe les limites suivantes. Lorsque l’exposition sonore quotidienne (pour 8 heures) subie par un travailleur d´epasse le niveau de 80 dB(A) ou lorsque la pression acoustique de crˆete d´epasse le niveau de 135 dB, une action de pr´evention est n´ecessaire. L’employeur est tenu de mettre `a la disposition du salari´e des protecteurs individuels contre le bruit. Lorsque l’exposition sonore quotidienne d´epasse le niveau de 85 dB(A) ou lorsque la pression acoustique de crˆete d´epasse le niveau de 137 dB, une action corrective doit ˆetre appliqu´ee. Il est alors demand´e de mettre en œuvre un programme d’actions de r´eduction d’exposition au bruit. Les limites de 87 dB(A) pour 8 heures ou de 140 dB en pression de crˆete ne doivent jamais ˆetre d´epass´ees.

Bˆatiments

0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Temps Lp L90 L10 L pmax

Fig. 2.6 – Niveau en pourcentage du temps.

Niveau de pression acoustique

continu ´equivalent en dB(A) 85 dB(A) 91 dB(A) 100 dB(A) 112 dB(A)

Dur´ee journali`ere d’exposition

´equivalente `a une exposition de 85 dB 8 heures 2 heures 15 minutes 1 minute

Tab.2.3 – Exposition `a des sons continus. `

a vis du bruit de l’ext´erieur doit ˆetre d’au moins 30 dBA. L’isolation entre un logement voisin et la pi`ece principale d’un logement doit ˆetre d’au moins 53 dBA.

Musique

Dans les locaux recevant du public et diffusant `a titre habituel de la musique amplifi´ee, le niveau sonore ne doit pas d´epasser 105 dBA au niveau moyen et 120 dBA au niveau de crˆete. La puissance maximum de sortie des baladeurs doit ˆetre limit´ee `a 100 dBA.

Transport

Les niveaux sonores diurne (6h - 22h) et nocturne (22h - 6h) des routes nouvelles en fa¸cade des logements initialement situ´es en zone de bruit mod´er´e sont plafonn´es `a 60 dBA et 55 dBA. Cela s’applique aussi aux ´etablissements sensibles (sant´e, soins, enseignement, action sociale). L’intensit´e sonore ´emise par une voiture doit ˆetre limit´ee `a 74dB.

Niveau de pression acoustique

de crˆete (en dB) 135 dB 115 dB 95 dB 90 dB

Nombre limite d’impulsions

ou de chocs pour 8 heures 1 100 10 000 30 000

Tab. 2.4 – Exposition `a des sons impulsionnels.

Fig.2.7 – Audiogramme.

Fig.2.9 – Perte auditive.

Fig. 2.11 – Bouchon d’oreille.

Chapitre 3

Les ´equations de l’acoustique

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