• Aucun résultat trouvé

Partie III. Analyse et interprétation des résultats de la recherche

IV. Présentation des profils de multiconnectéss

1. Recension des résultats des profils

Dans cette section, nous présenterons une synthèse des résultats concernant, les profils d’êtres multiconnectés afin de déterminer qui sont les caractéristiques des étudiants appartenant à ces catégories. Nous allons mettre en avant deux aspects, à savoir l’âge et la nationalité.

1.1 L’âge des différents profils de multiconnectés

L’âge semble être un facteur important pour déterminer le lien entre un étudiant et son rapport à Internet (annexe 10). Sans stéréotyper la consommation des jeunes et de leurs aînés, il semblerait que ce sont les plus jeunes individus de notre population qui ont un lien étroit avec Internet. Ce sont généralement les étudiants âgés entre 19 et 25 ans qui sont sujets à une tentation complète d'Internet et à une tentation conflictuelle. Ensuite, leurs aînés, ceux âgés de plus de 27 ans, sont divisés entre les différents groupes, mais avec une petite majorité orientée vers une tentation occasionnelle et par un usage contrôlé d’Internet.

158

1.2 La nationalité des différents profils de multiconnectés

En faisant une comparaison entre les profils et la nationalité (annexe 11), nous observons une grande différence entre les étudiants des universités françaises et québécoises. Contrairement à leurs homologues français qui semblent être très tentés par Internet (profil 1 et 2), les étudiants québécois prennent plus de distance avec leur consommation d’Internet (profil 3 et 4).

D’après le tableau 11, il s’avère qu’il y a plus d’étudiants français très connectés que leurs homologues québécois qui contrôlent leur consommation à Internet : en effet, les français sont majoritaires dans les profils 1 et 2 (dont un participant n’ayant aucune concordance avec les profils) et les étudiants québécois sont plus nombreux dans les profils 3 et 4 (avec douze individus n’ayant aucune association avec les profils).

Tableau 13 – Croisement des variables, les statuts de connexion et la nationalité

Nous voyons que les étudiants français sont plus souvent engagés vers un Internet de divertissement allant jusqu’à éprouver une forme de conflit, alors que les étudiants québécois mettent généralement Internet à distance et ont un usage plus varié. Cette première observation s’inscrit dans l’une de nos hypothèses de recherche, à savoir qu’en fonction de la nationalité, l’usage d’Internet pouvait être influencé. Nous allons introduire une autre variable afin de pousser plus en détail l’explication de notre hypothèse.

Il s’avère que le contexte de vie national des enquêtés peut induire un certain rapport à Internet. Les étudiants québécois sont moins tentés par le web que leurs camarades français. Ce constat peut s'expliquer par les tarifs d’accès à Internet plus abordables en France qu'au Québec. De plus, de nombreux étudiants québécois ont fait des critiques sur le prix que pouvait coûter l’accès à Internet ou le forfait téléphonique mobile au Québec. Sans trop

159

prendre de risque, il paraît probable de dire que l’inégalité dans l'offre des TIC peut être un élément de réponse pour expliquer la différence de consommation d'Internet entre ces jeunes.

Dans un premier temps, en se concentrant seulement sur la nationalité des étudiants, il s'avère que les étudiants de Québec sont partagés entre deux extrêmes : un tiers d'entre eux contrôle leur consommation et un autre tiers ressent une tentation conflictuelle. En ce qui concerne les étudiants français, ils sont répartis différemment : un tiers sont totalement tentés par Internet et un autre tiers peut ressentir un conflit entre une pratique oisive et studieuse d’Internet. Malgré les différences entre les jeunes Français et Québécois, entre deux extrêmes de la consommation d’Internet (soit totalement tenté ou au contraire le mettant à distance), chaque groupe d'étudiants peut ressentir une tentation conflictuelle en ayant l'envie de surfer sur le net tout en l'utilisant dans les travaux universitaires.

Finalement, les plus connectés des étudiants des deux nationalités sont sans conteste les Français, alors que ceux qui contrôlent leur consommation à Internet sont les jeunes Québécois. Cependant, il est intéressant de voir que, quelle que soit la nationalité, une majorité des individus interrogés font partie des individus qui ont une tentation occasionnelle.

Nous pouvons mettre en avant les enjeux socio-économiques, technologiques et politiques que peuvent soulever les TIC (Rizza, 2006 ; Vikery, Lopez-Brassols, Martinez, Montagner et al., 2002, Venezky, 2000), mais nous allons nous contenter de parler de fracture numérique qui « constitue l’inégale capacité à accéder, au sens propre du terme, aux ressources d’Internet à cause d’un accès physique limité ou de difficultés à contrôler les mécanismes de communication ou l’incapacité à comprendre ce qui est rapporté » (Venezky, 2000, p. 66). En mettant en avant les indicateurs socio-économiques des étudiants et du marché d’Internet local, il n’est pas choquant d’attribuer cette différence, en termes de consommation d’Internet des étudiants français et québécois, résultant du prix des marchés de télécommunication. Pour un budget étudiant, cette différence de prix peut être significative. Les différents établissements scolaires de Québec39 pour l’année scolaire 2017-2018, évaluent le coût des télécommunications (Internet et téléphonie) en moyenne à 100 CAD pour un étudiant (soit environ 68 euros). En ce qui concerne l’étudiant en France, il doit débourser environ 40 euros

39 Nous faisons références ici aux différents établissements scolaires au Québec, comme l’UQAM à Montréal ou encore l’université Laval à Québec, dont les sites Internet proposent un budget. https://etudier.uqam.ca/etudiants-etrangers/cout et https://www.bbaf.ulaval.ca/budget/exemple-budget-etudiant/

160

pour les mêmes services40. Cette différence de prix peut être un indicateur dans le déterminisme économique de la différence de consommation entre les étudiants vivant en France ou au Québec.

Nous allons maintenant nous concentrer sur des analyses statistiques plus poussées, en croisant plusieurs indicateurs, comme les profils d’êtres multiconnectés et le degré d’implication dans le travail scolaire.