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DISCUSSION DES RESULTATS SUR LA FLORE MEDICINALE DU CONGO

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TROISIEME PARTIE : DISCUSSION DES RESULTATS

CHAPITRE 7: DISCUSSION DES RESULTATS SUR LA FLORE MEDICINALE DU CONGO

7.1. Comparaisondelafloremédicinalede Kindambaet Od2lalaaveclaflore

MEDICINALE DU ZAÏRE

7.1.1. Comparaison des types morphologiques

La comparaison des spectres bruts de types morphologiques montre la prédominance des plantes ligneuses qui représentent 70 % du total de la flore, suivies des plantes herbacées et des sous-arbustes qui comptent 44,09 % du total. Parmi les plantes ligneuses, les arbres (23,18 % du total) et les arbustes (avec 21,36 % du total) sont les plus cités. Les lianes ne représentent que

11,36 % du total de la flore étudiée.

La comparæson de nos résultats avec ceux obtenus par WOME à Kisangani et MABIKA au Kasaï occidental confirme la prédominance des plantes ligneuses (58,9 % contre 64,8 % du total) des plantes herbacées et des sous-arbustes (40,09 % contre 35,2 % du total de la flore).

La prédominance des ligneux surtout des arbres est caractéristique des régions tropicales équatoriales humides auxquelles font partie les territoires prospectés. Selon FAHN (1982), WOME (1985), c'est chez les plantes ligneuses qu'on retrouve très souvent les structures anatomiques et histologiques (canaux et poils sécréteurs, cellules parenchymateuses, poches sécrétrices, tanifêres, laticifêres) permettant l'élaboration et l'accumulation des métabolites secondaires responsables de la valeur médicinale des plantes. BAILEY et al. (1982), GERHARD (1993) soulignent que les métabolites secondaires sont des substances de défenses (phytoaléxines) ou des phytohormones (substances de croissance). Les phytoaléxines sont produites par la plante pour prévenir ou réagir aux attaques d'insectes, des animaux, de la microfaune et de la microflore HOWE & WESTLEY (1982). BRUNETON (1993) affirme que bon nombre de saponosides assurent la défense du végétal contre l'attaque microbienne et fongique. BERNHARD- REVERSART (1992) a montré l'effet allélopathique des substances toxiques, des tanins, des

composés phénoliques, des flavones et des terpènes contenus dans les feuilles ^Eucalyptus

{Myrtaceae) sur la germination et la croissance du riz. Ce sont ces composés qui sont

responsables des propriétés médicinales des feuilles de la plante. On sait que les plantes ligneuses sont très résistantes aux attaques extérieures (animaux, bactéries, feu de brousse, etc.) grâce à ces métabolites secondaires qu'elles synthétisent. Ceci peut expliquer l'usage des plantes ligneuses en médecine traditionnelle.

Tableau 21: Comparaison de types morphologiques de la flore médicinale de Kindamba et Odzala avec celles de Kisangani et du Kasaï occidental.

Types morphologiques

Kindamba-Odzala Kisangani :i) Kasaï occidental (2)

nb. esp. % nb. esp. % nb.esp. %

Plantes ligneuses 154 70,0 206 58,9 166 64,8 arbres 51 23,1 103 29,4 80 31,3 arbustes 47 21,3 54 15,4 37 14,5 lianes 25 11,3 49 14 33 12,9 géofrutex - - - - 16 6,3 Herbes et sous-arbustes 97 44,1 143 40,9 90 35,2 sous-arbustes 31 14,1 36 10 22 8,6 herbes annuelles 32 14,5 55 15,7 28 10,9 herbes vivaces 34 15,4 52 14,9 40 15,6 Total 219 100,7 350 100 256 100 <‘>Wome1985 ®Mabika 1983

7.1.2. Comparaison des types biologiques

La comparaison des spectres biologiques bruts de la flore médicinale de Kindamba et d’Odzala indique la prédominance des phanérophytes. Ils représentent 63,9 % suivis des chaméphytes et thérophytes avec 13 %; les géophytes comptent 9,2 % du total de la flore étudiée. Les pourcentages de types biologiques obtenus sont relativement proches de ceux obtenus par WOME à Kisangani et par MABIKA au Kasaï occidental. La prédominance des phanérophytes est caractéristique des régions équatoriales. Nos valeurs sont comparables à celles obtenues par GERMAIN (1957) en forêt équatoriale congolaise. Elles s'intégrent dans l'intervalle de 48 à 88 % du spectre biologique normal établi par RANKIAER pour la flore tropicale du globe.

Tableau 22: Comparaison des types biologiques de la flore médicinale de Kindamba-Odzala avec celles de Kisangani et du Kasaï occidental.

Types biologiques Kindamba-Odzala Kisangani Kasaï occidental

nb. esp. % nb. esp. % nb. esp. %

Phanérophytes 140 63,9 209 59,7 153 59,8 Chaméphytes 28 13,0 60 17,1 25 9,8 Hémicryptophytes - - 4 1,1 8 3,1 Géophytes 19 9,2 22 6,3 36 14,1 Thérophytes 28 13,0 53 15,1 32 12,5 Hydrophytes 2 0,9 1 0,3 2 0,8 Total 219 100 350 99,9 252 100 ^’^WOME 1985 ® MABIKA 1983

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7,1.3. Comparaison des éléments phytogéographiques

Les spectres phytogéographiques bruts montrent la prédominance de l’élément base guinéo-congolais. Il représente 54,79 % du total des espèces recensées. Le groupe des pantropicales comptent 22,83 % du total suivi du groupe des afrotropicales avec 8,67 % du total. Les autres éléments phytogéographiques sont très peu représentés.

A Kisangani, l’élément guinéo-congolais compte 40,3 % du total et le groupe d'espèces pantropicales représente 27,1 % du total (WOME, 1985). Au Kasaï occidental, la flore médicinale compte 28,3 % d’espèces guinéo-congolaises contre 21,2 % d’espèces pantropicales et 23,6 % d’espèces afro-tropicales (MABIKA, 1982).

L’importance de l’élément base guinéo-congolms dans la flore médicinale étudiée témoigne bien de l’originalité de cette dernière où l’influence extérieure est faible. Elle est l'expression de l’appartenance des territoires prospectés à cette région phytogéographique.

Tableau 23: Comparaison des éléments phytogéographiques de la flore médicinale de Kindamba et Odzala avec celles de Kisangani et du Kasaï occidental (Zaïre). Elément et groupe

phytogéographiques

Kindamba-Odzala

Kisangani Kasaï occidental

nb. esp. % nb. esp % nb. esp. %

Cosmopolite 6 2,7 8 2,3 3 1,2 Pantropicale 50 22,8 95 27,1 54 21,2 Paléotropicale 5 2,3 23 6,6 10 3,9 Affoaméricaine 3 1,3 8 2,3 1 0,4 Affomalgache 1 0,4 10 2,9 12 4,7 Plurirégionale - - 2 0,6 - -Affotropicale 19 8,6 43 12,3 60 23,6 Guinéo-congolais 120 54,8 141 40,3 72 28,3 Soudano-zambésien 17 7,3 - - 36 14 Total 219 100 350 99,9 254 99,9 WOME (1985) ® MABIKA (1983)

7.1.4. Comparaison de types de biotopes

Le tableau 24 montre les différents types de biotopes de la flore étudiée. La majorité des plantes recensées à Kindamba et à Odzala proviennent des formations forestières. Elles représentent 50 % à Kindamba et 87,72 % à Odzala. Les plantes cultivées représentent 16 % du total à Kindamba et 5,08 % du total d’espèces à Odzala. Les plantes rudérales et ségétales fournissent 8,4 % du total d’espèces à Kindamba contre 10,1 % du total d’espèces à Odzala. Ces proportions sont comparables à celles obtenues par BOUQUET (1969) à l'échelle du Congo.

Les plantes savanicoles représentent 19 % du total de la flore à Kindamba. Elles ne représentent que 6,5 % du total à Odzala. La fæble proportion des plantes médicinales savanicoles à Odzala s’explique par sa position chorologique au Congo. En effet, Odzala est situé dans une

zone typiquement forestière. Néanmoins il existe aussi quelques savanes incluses. La population n'exploite pas ou très peu ces milieux pour des raisons socio-culturelles.

Si nous supposons que la répartition des espèces médicinales, d’après leur appartenance à un type de formation végétale déterminé, peut correspondre au faciès botanique du territoire dont est originaire la population qui les utilise. En considérant les pourcentages des plantes médicinales récoltées à Kindamba et à Odzala suivant les divers biotopes, il apparaît que les Sundi sont des ethnies de savanes, à galeries forestières. Par contre les Mboko, les Kota, les Mongom et les Pygmés Bakola sont des ethnies de forêts denses. Notre observation concorde bien avec celle déjà faite par BOUQUET (1969) au Congo. Cet auteur affirme qu'un tradipraticien Koongo (Sundi), transplanté dans la région de pleine forêt dense du mayombe, l'avait conduit dans la seule savane qui existe dans la région sur un affleurement granitique pour récolter ses plantes médicinales. En faisant les moyennes des renseignements fournis par des informateurs appartenant aux principales ethnies du Congo, il a constaté que les Koongo utilisent beaucoup plus des plantes de savanes, de recrûs forestiers par rapport au Kota et aux Pygmées Babinga. Ces derniers emploient plus des plantes de forêts denses, de recrûs forestiers et très peu ou pas du tout des espèces de savane.

Nos résultats sont comparables avec ceux obtenus par Wome à Kisangani et par Mabika au Kasai' occidental. Les plantes forestières comptent 60 % du total dans le premier cas et 34,6 % pour le second. Les plantes de culture représentent 17 % du total d’espèces à Kisangani contre 9,4 % d’espèces au Kasai' occidental. Les plantes médicinales de savane ne sont pas représentées à Kisangani alors qu’elles représentent 35,41 % du total d’espèces recensées au Kasai' occidental.

L'importance des espèces forestières s'explique par la biodiversité des forêts. BOUQUET (1969) confirme que les savanes sont pauvres en espèces que les forêts. La faible proportion des plantes cultivées s'explique par leur faible biodiversité. ADJANOHOUN (1993) confirme que les cultures authentiques des plantes médicinales ligneuses sont pratiquement inexistantes en Afrique tropicale forestière.

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Tableau 24: Comparaison des types de biotopes de plantes médicinales de Kindamba et d’Odzala avec la flore médicinale de Kisangani et du Kasaï.

Type de biotope Kindamba Odzala Kisangani Kasaï occidental

nb. esp. % nb. esp. % nb. esp. % nb. esp. %

Aquatique ou semi-

aquatique 2 0,9 5 1,4 2 0,8

Culture 35 16 3 5.1 62 17 24 9,4

Formations forestières 117 50 50 87,7 210 60 88 34,6

Rudérale et ségétale 17 8,4 6 10,1 54 15 21 8,3

7.2. Comparaisondescaractéristiquesdesrecettesavecle Zaïre

7.2.1. Organes utilisés

En médecine traditionnelle à Kindamba et à Odzala, les feuilles et les écorces sont les organes les plus employées dans le traitement des maladies. Ces organes représentent respectivement 36,29 % et 23,44% du total des plantes médicinales à Kindamba et 21,88 et 42,71 % à Odzala (tab. 25). Les racines comptent 13,61 % à Kindamba et 5,21 % à Odzala suivis des tiges qui représentent seulement 3,78 % du total à Kindamba et 7,29 % du total de plantes récoltées à Odzala.

La comparaison de nos résultats avec ceux obtenus par WOME (1985) à Kisangani et par MABDCA (1983) au Kasaï occidental (Zaïre) montrent que les feuilles et les écorces sont les plus utilisées dans ces deux localités. Elles représentent respectivement 42,7 % et 14,6 % du total à Kisangani contre 34,1 % et 17% du total d’espèces au Kasaï occidental.

L'importance des usages des feuilles et des écorces pourrait s'expliquer par le fæt qu'elles stockent diversement la plus part des métabolites secondaires azotés responsables des propriétés biologiques de la plante. Les premières sont des organes de production et d'exportations des produits de la photosynthèse.

Tableau 25: Comparaison des organes employés dans les recettes à Kindamba, Odzala avec Kisangani et le Kasaï occidental.

Partie et organe de de la plante

Kindamba Odzala Kisangani Kasaï occidental

nb. rec. % nb. rec. % nb. rec. % nb. rec. %

Bois - - 2 1,9 - - - -Bulbes - - 1 0,9 8 1,4 4 1 Ecorces de racine 11 5,4 1 0,9 55 9,4 50 12,6 Ecorces de tige 27 13,4 44 41,5 86 14,6 69 17 Feuilles 86 42,7 33 31,1 249 42,7 135 34,1 Fleurs 1 0,4 1 0,9 3 0,5 1 0,3 Fruits 2 0,9 4 3,7 30 5,1 21 5,3 Graines 3 1,4 2 1,9 10 1,7 6 1,5 Latex 3 1,4 - - 8 1,4 5 1,4 Méristèmes 2 0,9 - - - - - -Plante entière 11 5,4 1 0,9 12 2,1 8 2 Racines 33 16,4 4 3,7 68 11,7 55 13,9 Rhizomes 3 1,4 - 1,9 8 1,4 7 1,8 Sève 10 4,9 3 2,8 5 0,9 2 0,5 Tiges 6 2,9 8 7,5 25 4,4 15 3,8 Tubercules 3 1,5 2 1,9 5 0,9 7 1,8 Total 201 100 106 100 583 100 254 100 ^‘^WOME 1985 ^^^Mabika 1983 nb. rec.: nombre de recettes

7.2.2. Modes de préparation

Le tableau 26 montre les différents modes de préparation des remèdes utilisés à Kindamba et à Odzala. La macération avec 24,3 % du total, la décoction avec 15, 8 % et le pilage avec 10,2 %, sont les modes de préparation de recettes les plus employés à Odzala. A Kindamba, par contre, la décoction représente 48,1 %, la trituration 11,8 % et le pilage 11,4 % du total des plantes employées.

Si l’on compare nos résultats avec ceux obtenus par Wome à Kisangani et par Mabika au Kasai' occidental nous constatons que la macération, la décoction et la trituration sont les modes de préparation les plus utilisés dans tous les cas. Elles sont faciles à réaliser et permettent d'extraire plus de principes actifs (MALGRAS, 1993). BONTEMPS (1993) ajoute que la macération à température ambiante préserve l'intégrité des principes actifs, donc une parfaite efficacité. Les autres arguments qui expliquent l'importance des ces modes de préparations sont avancés au chapitre 8.

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Tableau 26: Comparaison des modes de préparation utilisés en médecine traditionnelle à Kindamba, Odzala, Kisangani et Kasaï occidental.

Mode de orénaration

Kindamba Odzala Kisangani Kasaï occidentaP^

nb. rec. % nb. rec. % nb.rec. % nb. rec. %

Carbonisation 3 L3 7 6,5 . - -Cuisson 6 2,6 7 6,5 5 0,7 33 6,9 Décoction 98 48.1 17 15,8 196 27.1 79 14,7 Dilution 1 0,4 1 0,9 - - -Infusion 2 0,8 - - 24 3,3 4 OJ Macération 21 9.2 26 24,3 236 32.7 91 16.9 Mastication 22 9,6 5 4,6 - - - -Organe nature 12 5,2 7 6,5 56 7,8 74 13,8 Filage 26 11,4 11 10,2 - - -Pulpation - 4 3,7 - - - -Pulvérisation 6 2,6 7 6,5 - - - -Ramollissement 3 1,3 . - - - - -Rapure - 6 5,6 80 11 79 14,7 Trituration 27 11,8 9 8,4 125 17.3 177 32.9 Total 227 100 107 100 722 99.9 538 99,9 WOME, 1985 <^>MABIKA,1983 7.2.3. Voies d’administration

Les voies d’administration les plus employées à Kindamba et à Odzala sont : la voie orale et l’usage externe. Elles représentent respectivement 61,74 % et 21,31 % du total de recettes indiquées à Kindamba, 61,05 % et 23,15 % à Odzala. Les autres voies d’administration sont: - la voie parentérale avec 4,91 % du total à Kindamba contre 10,52 % du total de recettes indiquées

à Odzala;

- la voie rectale avec 4,37 % du total à Kindamba, et 1,05 % du total de recettes indiquées à Odzala;

- la voie nasale qui représente 1,64 % du total à Kindamba ; elle n'est pas indiquée à Odzala; - la voie oculaire avec 6,01 % du total à Kindamba contre 4,21 % du total à Odzala.

Les résultats obtenus par Wome à Kisangani et par Mabika au Kasaï occidental montrent également l’importance des voies d’administration orale (31 % et 46,5 % respectivement) et externe (27,3 % et 37,8 % respectivement) à l’exception de la voie rectale qui représente 35,2 % à Kisangani.

Tableau 27: Comparaison des voies d'administration utilisées en médecine traditionnelle à Kindamba, Odzala avec Kisangani et le Kasaï occidental.

Voies

Kindamba Odzala Kisangani Kasaï occidental

nb. esp. % nb. esp. % nb. esp. % nb. esp. %

Orale 113 61,8 58 61,1 208 31 187 46,5 Parentérale 9 4,9 10 10,5 44 6,6 31 7,7 Rectale 8 4,3 1 1,0 236 35,2 32 8,0 Nasale 3 1,6 - - - - - -Usage externe 39 21,4 22 23,2 183 27,3 152 37,8 Oculaire 11 6,0 4 4,2 - - - -Total 183 100 95 100 671 100 402 100 ^'^Wome1985 ® MABIKA1983

7.3. Comparaisondel'importancerelativedequelquesmaladiesa Kindamba

ET A Odzala

La figure 22 montre le profil épidémiologique (pour les 12 maladies les plus importantes) reflété par la phytothérapie traditionnelle dans les deux localités. La représentation des maladies à Kindamba et Odzala est assez homogène à l'exception des douleurs intercostales, l'anémie et les céphalées qui n'ont pas été signalées à Odzala. Par manque de données épidémiologiques officielles dans les 2 localités, nous ne pouvons pas dire si ce profil correspond aux données statistiques réelles. Néanmoins cette figure montre les maladies courantes pour lesquelles la population recourt aux plantes médicinales. Les pourcentages de recettes ne sont pas très différents sauf pour les morsures de serpent, la dysménorrhée, l'asthénie sexuelle et les rhumatismes. Le pourcentage très élevé des recettes concernant les morsures de serpent montre bien la fréquence de ces affections et du danger qu'elles constituent pour la population locale. Le Parc national d'Odzala est situé en pleine zone de forêt dense. Celle-ci constitue un habitat favorable aux aninaux venimeux tels que les serpents. Il existe un spécialiste très réputé à Mbandza dans le traitement des morsures de serpent. L'absence de citation des recettes concernant les douleurs intercostales, l'anémie et les céphalées ne signifient pas qu'elles sont inconnues dans la zone. Il peut s'agir des affections pour lesquelles la population recourt à d'autres formes de thérapies, ou elles n'ont pas été inventoriées du fait de la taille de l'échantillon enquêté.

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Maladies

Figure 22: Comparaison du spectre des maladies soignées à Kindamba et Odzala.

Tx; toux; Rh; rhumatismes; Di: diarrhée; Cp: céphalées; Cq: coliques; Ms:morsures de serpent; As; asthénie sexuelle; Ma: maladie de la rate; P/FPaludisme et fièvre; Bu: bubon; Bl: blennorragie; Sc:

suites de couches; Ds:dysménorrhée; An: anémie; De: douleurs intercostales.

7.4. Analysedesimilitudesd'emploidesrecettes

7.4.1. Similitudes d’emploL de recettes entre les 4 ethnies d’Odzala

L’analyse de résultats obtenus au cours de nos enquêtes à Odzala montre qu’il existe certaines similitudes d’usages entre les ethnies enquêtées. Le tableau 28 présente 49 recettes qui sont indiquées au moins par 2 ethnies à Odzala. Elles font intervenir 28 espèces de plantes médicinales et sont employées dans le traitement de 19 maladies ou symptômes. Ces recettes constituent l'un des éléments essentiels de la pharmacopée populaire traditionnelle du parc national d’Odzala.

Les Mboko, les Kota et les Mongom emploient la macération des écorces de tige de

Strychnos camptoneura pour soigner 1a fièvre et pour se débarasser des vers intestinaux. De même lorsqu' un enfant souffre de la constipation, ils utilisent de la même manière la macération des

écorces de tronc de Plagiostyles africana. Les trois ethnies emploient la décoction de la plante

entière de Dissotis rotundifolia contre la toux chez les enfants. Cet usage est signalé aussi au Zaïre

Les Mboko, les Kota, les Mongom et les Pygmées Bakola emploient la macération des

écorces fraîches de tronc de Alstonia congensis pour soigner les morsures de serpent. Ils emploient

de la même manière les écorces de Pycnanthus angolemis ainsi que les feuilles de Piper

umbellatum comme alexitère. BETTI (1994) signale l’emploi de la décoction des écorces de tige

d’Astonia congensis dans le traitement de morsures de serpent au Cameroun. Cette plante est aussi employée au Zaïre pour le même usage (CHIFUNDERA, 1987). Chez les 4 ethnies, on note

également l'usage de Palisota ambigua dans le traitement des morsures de serpent. Cette plante a

été signalée au Zaïre pour le même usage.

Il existe aussi de différences dans l’emploi de remèdes entre les Mboko et les Kota d’une part, les Mongom et les Pygmées Bakola d’autre part. Par exemple les Bakola emploient la

décoction des écorces de Piptadeniastrum qfricanum en cas des morsures de serpent, fls utilisent

les feuilles de Portidaca oleraceae comme alexitère. Ces usages n’ont pas été signalés chez les

Mboko et les Kota. Le fait qu’une plante médicinale soit utilisée par une ethnie et non par l’autre n’exclu pas nécessairement son utilisation par cette dernière. Ceci peut être le fait de la taille de l'échantillon enquêté.

Les Pygmées connaissent bien la forêt et ses ressources végétales, en particulier les plantes médicinales, que les Mboko et les Mongom. Ils demeurent toujours discrets en présence de ces derniers lorsqu’il s’agit d’en préciser les usages. Il en est de même des Kota comme le souligne BOUQUET (1969) “ le groupe Kota est extrêmement intéressant par le fait qu’il a conservé vivace ses coutumes, leur folklore et une grande partie de leur tradition. Ils ont la réputation d’être des grands féticheurs. Ce qui semble entièrement justifier le fait que ce sont, de tous les Congolais, avec les Pygmées, des gens qui connaissent mieux la forêt et ses ressources végétales. En effet ce sont des remarquables guides capables de repérer n’importe qu’elle plante dans les taillis les plus épais de la forêt ”. Ceci concorde avec les observations faites par HECKETSWEELER (1991) qui a constaté que les jeunes Kota connaissent mieux les plantes médicinales par rapport aux jeunes Mboko. Une autre observation que nous avons faite sur le terrain lors de nos enquêtes est le fait que beaucoup de villageois connaissent divers usages des plantes médicinales. Ils ne savent pas comment les utiliser réellement et préparer les médicaments. Les préparations sont généralement effectuées par les tradipraticiens et d'autres personnes qui connaissent bien préparer les remèdes. Ce qui limite les risques d'erreur inhérents à l'usage de certaines plantes considérées comme toxiques.

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Tableau 28: Similitudes des usages de plantes entre les Mboko, Kota, Mongom et les Pygmées Bakola

Nbre de citations par ethnie Maladie / Symptôme Plante Org. Prép. Adm. Mbok. Kota Mong. Bak. Tôt. Blennorragie Mikania scandens Fe Tr Ur 1 1 1 0 3

Myrianthus arboreus Fe Ma Or 1 1 1 0 3

Palisota ambigua Tg Pu Ur 1 1 0 0 2

Solenostemon monostachyus Fe Or 0 0 1 1 2 Diarrhée Cognauxia podolaena Fe Pi Re 1 0 1 0 2

Pentaclethra macrophylla Ec De Or 2 2 2 0 6 Helminthiases intestinales Irvingia gabonensis Et Ma Or 1 1 1 0 3

Morinda lucida Fe Ma Or 1 1 0 0 2

Strychnos camptoneura Et Ma Or 1 1 1 1 4

Rougeole Dracaena mannii Et De B.c. 1 1 1 0 3 Syphilis Crinum natans Fe Ma Or 1 1 0 0 2 Epilepsie Crittum natans Bu De Or 1 1 0 0 2 Ophtalmie Ficus exasperata Tg Ca Oc 1 1 1 0 3 Asphyxie Macaranga spinosa Et Ma Or 1 1 1 0 3 Constipation Plagiostyles africana Et Ma Or 1 1 1 0 3 Hernie Crinum natans Fe Ma Or 1 1 0 0 2

Haumania liebrechtsiana Tg De Or 1 1 0 0 2

Pycnanthus angolense Et De Or 1 1 0 0 2

Fièvre jaune Celosia trigyna Fe Cu Or 1 0 1 0 2

Harungana madagascariensis

Et De Or 2 2 0 0 4

Irvingia gabonensis Gr Cu Or 1 0 1 0 2

Alcoolisme Tetrapleura tetraptera Et Ma Or 1 1 1 0 3 Asthénie Aframomum melegueta Gr Mas Or 2 2 0 0 4

Crinum natans + citron Fe Ma Or 1 1 0 0 2

Enantia chlorantha Et Ma Or 1 1 1 0 3

Klainedoxa gabonensis Et Mas Or 1 0 1 0 2

Macaranga spinosa Et Ma Or 1 1 1 0 3

Monodora crispata Et Ma Or 1 1 1 0 3

Piper capense Ra Mas Or 2 2 0 0 4

Strychnos camptoneura Et Ma Or 1 1 1 0 3

Bubon Acanthus montanus Fe Pi Pan 1 0 1 1 2

Alchomea cordifolia Fe Pi Pan 1 0 1 0 2

Dracaena mannii Et Pu Pan 1 1 0 0 2

Facilite l'accouchement Barteria nigritana Et Ma Or 1 1 1 0 3

Canarium sclrweinfurthii Et Ma Or 1 1 1 0 3

Terminalia superba Et De Or 1 2 1 0 4

Dysménorrhée Dacryodes klaineana Et Pu Or 1 0 1 0 2

Tableau 28 (suite)

Rhumatisme Lophira alata Et De Or 1 1 1 0 3 Coliques

Toux

Morinda lucida Fe Ma Or 1 1 0 0 2

Alchomea cordifolia Fe De Or 1 0 1 0 2

Heterotis rotundifolia Fr De Or 1 1 1 1 4 Morsures de serpent Alstonia congensis Et Ma Or 3 1 1 2 7 Et Mas Or 1 1 1 0 3 La Or 2 1 2 2 7

Palisota ambigua Tg Pu Pan 1 3 2 3 9

Piptadeniastrum africanum Et Cu Sc 0 0 0 2 2

Portulacca oleracea Fe Cu Or 0 0 0 2 2

Pycnartthus angolensis Et Ma Or 0 2 2 1 5 Total de citations 52 46 38 16 -Total de personnes interrogées (26) 10 9 4 2

-Test d’indépendance sur base de tableau de contingence 2x2 a) Cas des recettes utilisées contre les morsures de serpent

- Entre les Mboko et les Kota

Kota Mboko

Présent Absent Total

Présent a=10 b=5 a+b=9

Absent c=8 d=25 a+d=35

Total a+c=18 b+d=30 a II 00

X^obs = 0,791, ddl=l;

X^th= 3,84 ddl=l au seuil de probabilité de 0,05.

X^obs < x^th, nous retenons l’hypothèse d’indépendance Ho de 2 groupes ethniques comparés. Les similitudes d'emploi observées entre les 2 ethnies ne sont pas statistiquement significatives.

- Entre les Mboko et les Mongom Mongom Mboko

Présent Absent Total

Présent a= 4 b=3 a+b=7

Absent c= 5 d=2 c+d=7

Total a+c=6 b+d=5 n= 14

X"obs = 0,311, ddl= 1;

X^th = 3,84, ddl = 1 au seuil de probabilité de 0,05.

X^obs < x^th, on retient l’hypothèse d’indépendance Ho. Les 2 ethnies comparées n’utilisent pas les mêmes recettes pour le traitement des morsures de serpent.

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b) Cas des recettes employées contre la blennorragie

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