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Projet et étude expérimentale de stabilisateurs
alternatifs à impédance variable
F. Perrier, J.M. Codina
To cite this version:
137 A
PROJET ET
ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
DE STABILISATEURS ALTERNATIFS AIMPÉDANCE
VARIABLEPar F. PERRIER et J. M.
CODINA,
Laboratoire
d’Optique
Électronique
du C. N. R. S., Toulouse.PHYSIQUE APPLIQUÉE 18, DÉCEMBRE 1957,
I. Introduction. -
1)
Il est souvent utile de stabiliser une tension de crête. Cette tensiondéter-mine par
exemple
la valeur de la tension continue fournie par un redresseur. Untype
connu destabi-lisateur
(1)
est celui que l’onpeut
appeler
àimpé-dance variable. Nous nous sommes
proposés
del’étudier en
détail, d’indiquer
defaçon précise
comment conduire le
projet
et d’en mesurer lesperformances.
Pourprendre
unexemple
concretnous nous sommes
imposés
une stabilité de undix-millième pour des variations de tensions du
secteur
deplus
ou moins10%.
Pour éviter touteéqui-voque il faut
préciser
dès le début que la tension de crête est stabilisée aux dix-millième mais nonmesurée au
dix-millième ;
autrement dit que latension varie de moins de un dix-millième de
part
et d’autre d’une valeur que l’on n’a pas cherché àconnaître avec une telle
précision.
2)
PRINCIPE DES STABILISATEURS AINlPÉDANCE
VARIABLE. - La tension de crête V à stabiliserest
comparée
à une tension continue de référence E. La différence des deuxtensions,
amplifiée,
modifieune
impédance
Z en série avecl’appareil
auxbornes
duquel
la tension doit être stabilisée. Lesfigures
1a et 1 b schématisent lemontage
sous laforme
généralement adoptée
pour lessystèmes
asservis. Sur cesfigures,
ainsi que dans tout le restede
l’article,
les tensionsindiquées
aux bornes desdifférentes
parties
del’appareil
Ve, Vl,
V sont lestensions
efficaces. Les tensions sontsupposées
sinu-soïdales et les tensions de crête seront
désignées
enajoutant
l’indice «0 » aux indices
déjà
employés ;
: on aura parexemple Yo
= VV2.
Avec cesnota-tions et ces
hypothèses
la tension dusecteur,
outension
d’entrée,
Ye
est la sommegéométrique
destensions V et
V1;
parconséquent
pour main-tenirVo
constant,
doncV,
il faut que les variations deVe
soientcompensées
par des variationsconve-nables de
Vl,
c’est-à-dire par des variationsconve-nables de
l’impédance
Z. Lafigure
1 b montre quel’impédance
variable est constituée par untrans-formateur dont le secondaire débite sur 2 triodes
montées en
push-pull. Supposons
le transformateurparf ait
débitant au secondaire sur une résistance(1) On peut le rattacher par exemple au montage
employé
par HANSON. Rev. Sc. Instr.,1944, 15, 57.variable
R2.
Le schémaéquivalent
estreprésenté
sur la
figure
2 : une inductance L enparallèle
avecFiG. 1a et 1 b. - Schéma bloc du stabilisateur.
FIG. 2. - Circuit équivalent
à l’impédance
variable.138 A
une résistance
R2 in2, n désignant
lerapport
detransformation.
Le transformateur est donc
équivalent
à uneimpédance
Z dontl’argument
varie de zéro à 900quand R2
varie de zéro à l’infini et dont le moduleFIG. 3a et 3b. - Variations du module Z de
l’impédance
variable et des tensions Ve et Y, quand R2 varie.
Les
figures
3a et 3bindiquent,
en fonction deR2
lesvariations
de
IZI
et deve
ensupposant
lestabi-lisateur
parfait
( V
constant)
et l’intensitépri-maire
Il
constanteégalement.
Dansl’hypothèse
dutransformateur
parfait,
le lieu de l’extrémité de Zquand R2 varie,
est uncercle ;
il en est de mêmede l’extrémité de
V,
=ZI1
(fig. 3b),
donc del’extrémité de
Ve.
Avec un transformateur réel le lieu r est voisin
d’un
cercle,
parconséquent Ve
passe par un maxi-mum pour unpoint
C de r. Il en résultequ’entre
Aet C une
augmentation
deVe
doit êtrecompensée
par une
augmentation
deV,
pour que V resteconstant,
tandisqu’entre
D et Cl’augmentation
deVe
doit êtrecompensée
par une diminutionde
Vl.
Il faut donc choisir l’une ou l’autrepartie
de ce
lieu ;
il estpréférable
de choisir lapartie
AC etmême,
pour ne pas utiliser des tensionsV,
trop
fortes
qui
fatigueraient
leslampes,
de se limiter à unepartie
AB du lieu pourlaquelle
les 3 tensionsV,
Ve
etY,
sont presque enphase.
Dans ces conditionsl’accroissement de
V,
est à peuprès égal
àl’accrois-sement de
Ve
qu’il
doit compenser. Les valeurs extrêmes deV,
et deVe
sont doncVI.
=Vem
- Vet
V1M
=VeM
- V. La limite inférieure Ane
peut
pratiquement
correspondre
à une valeur nulle deR2 ;
pour un transformateur donné elle est déter-minée par le courant maximum que leslampes
peuvent
débiter.II.
Projet
dustabilisateur.
-1)
CHOIX DES LAMPES. - Les constructeursindiquent
pourchaque
type
delampe
lapuissance
maximum que l’onpeut
dissiper
dans lalampe,
la valeurmaxi-mum du courant
qui
peut
latraverser,
la valeurmaximum de la tension anode cathode. Ces 3 condi-tions vont limiter notre choix
puis
déterminer lescaractéristiques
du transformateur. Examinons-les successivement ensupposant
que leslampes
soientdes triodes ou des
pentodes
montées en triodes.a)
Condition depuissance.
- Lapuissance
dissipée
dansl’impédance
variablel’est,
enpartie
dans le
transformateur,
enpartie
dans leslampes.
Pour conduire le
projet
onpeut
négliger
lespertes
dans le fer du transformateur et les
pertes
dans leprimaire ;
parcontre,
si l’on veut que lesdimen-sions du transformateur soient
acceptables,
il fauttenir
compte
despertes
dans le secondaire dont la résistance seracomparable
à celle des secondairesdes transformateurs
usuels
d’alimentation,
c’est-à-dire dequelques
centainesd’ohms.
Onpeut
se lafixera
priori; désignons-la
parr2 pourchaque
demi-secondaire.La
puissance
maximum àdissiper
dansl’impé-dance variable est
Vm Il, puisque V,
etIl
sontsupposés
enphase
quel
que soitVi ;
la moitié de cette valeur doit êtreperdue
danschaque lampe
etchaque
demi-secondaire. Pour nous réserver unemarge de
sécurité,
choisissons unelampe qui,
à elleseule,
seraitcapable
dedissiper
cettepuissance.
Parmi leslampes qui
conviennent on choisiracelles dont le courant
grille
est très faible. Il est commode de choisir deslampes
dutype
«récep-tion » ; ; pour des
puissances
importantes
onpeut
évidemment en
placer plusieurs
enparallèle.
Poursimplifier l’exposé
supposons que 2lampes
suffisentune sur chacun des demi-secondaires.
b)
Condition d’intensité. -Désignons
par12m.,,
l’intensité maximum que la
lampe
choisiepeut
supporter.
Imposons-nous
deplus
de n’utiliserqu’une
tensiongrille
négative
ou nulle et supposions le transformateurparfait.
Le courantprimaire
a parhypothèse
une valeur efficace constanteIl
parconséquent
le courant secondaire a aussi une valeurde crête constante
12 V2
qu’il
faut choisir. Lescaractéristiques
d’une triodemontrent,
qu’à
cou-rant
anodique
constant,
lapuissance dissipée
par la139
désigne
par p lapuissance
réellementdissipée
dansune
lampe,
lapuissance
dissipée
dans les deuxlampes
et dans le secondaire est2p + r2 12
endésignant
par12
l’intensité efficace du courantqui
circule dans le retour commun aux 2
derni-secon-daires. La valeur minimum de cette
puissance
estV1m Il
d’où2p
=Vl.
Il - r2 1.2. Traçons,
dans leréseau de
caractéristiques V,
I de lalampe
choisie( fig. 4)
la courbe Cd’équation :
Fi. 4. - Détermination des
limites de
fonctionnementde la lampe choisie.
Son
intersection
avec lacaractéristique
vg = 0donne la valeur
de
I2.
Pour que lalampe
convienne il faut queI2
V12-
soit inférieur àl’intensité
maxi-mum que lalampe
peut supporter.
"c)
Condition de tension. -Appliquons
unecons-truction
analogue
à lapuissance
maximumVm 7B
à
dissiper.
L’intersection de la courbe(C’)
avec la droite
I == 12 ( fig.
4)
donne la tensionefficace
V2M ;
il faut queV2m
v’2
soit inférieur à la tension maximum admissible. Il convient deplus
que ce
point
d’intersection tombe dans unerégion
où les
caractéristiques
soient sensiblementrecti-lignes.
Remarque.
-Nous avons examiné la
lampe
avecla condition
limite vg
=0 ;
si lalampe
lepermet,
c’est-à-dire si la condition de tension est
largement
satisfaite on pourra choisir une tension maximumde
grille
négative
pour déterminerI2
cequi
réduirale courant
grille.
Il ne faudra pas toutefoisprendre
, une valeur
trop
négative,
car il convient pouréviter les déformations que, presque
toujours,
l’uneou l’autre
lampe
conduise.2)
DÉTERMINATION DU TRANSFORMATEUR.-a)
Lerapport
de transformation n =I1 jI2
estdéterminé
puisque
Il
estimposé
et que nous venonsde trouver
graphiquement
12.
b)
Le raisonnement duparagraphe
précédent
suppose queV,
etIl
sont presque enphase ;
celaexige
donc que Losoit
toujours
grand
devantR21’ë (fig.
2).
Mais si ledéphasage
est faibleR21n2
est très voisin deV1 jIl ;
sa valeur maximum est donc
Vm ili
et il faut que l’inductance duprimaire
excède cette valeur. Il est facile de vérifier que siLco = 4V,,&/Il le
dépha-sage est
toujours
inférieur à 15degrés
c’est-à-direpratiquement
négligeable.
c)
Onpeut
remédier àune réactance Lw insuffisante par
l’emploi
d’uncondensateur en
parallèle
sur leprimaire
ou sur lesecondaire,
mais il faut éviter de seplacer
au voisi-nage de la résonance car la ferrorésonance amèneraitune
irrégularité
de fonctionnement.3)
VOLTMÈTRE DE CRÊTE. - La tension decrête aux bornes de
l’appareil
d’utilisation est obtenue par un voltmètre de crêtequ’il
faut étudier avecbeaucoup
desoin,
puisque
laprécision
du stabilisateur ne
peut
excéder celle du voltmètre.Il faut d’abord redresser les deux
alternances,
,
sinon le stabilisateur introduirait une
dissymétrie,
.
comme le montrent les
enregistrements
décritsci-dessous. Il- faut ensuite que la constante de
temps
CR soit convenablement choisie :trop
courte elle
produit
une déformation de la tensionstabilisée,
trop longue
elle nepermet
pas auvolt-mètre de suivre les variations
rapides.
La tension de crête subit en effet
dés
variationspériodiques
assezrapides
duesprobablement
à desbattements entre les tensions fournies par les alter-nateurs
qui
alimentent leréseau,
ilf aut’ pour
lessupprimer
d’abord les détecter. Celaexige
qu’au
bout d’une alternance la baisse detension à Vo
( fig. 5)
aux bornes du circuit CR du voltmètre deFIG. 5. -
Comparaison
de la variation AFo aux bornes duvoltmètre de crête à la plus grande variation
prévue 8Fo.
crête soit au moinségale
à laplus grande
baisse detension
8Vo
qui peut
seproduire
entre deuxalter-nances. Pendant un centième de seconde la
varia-tion relative de tension vaut à peu
près
remplaçant à Vo par ôVo
quel’expérience
nousdonne nous tirons CR. Au laboratoire nous avions
8Vo
inférieur à0,1
volt et commeVo
estégal
à 100 volts nous avonspris
CR = 10secondes ;
on voit que les constantes de
temps
sontimpor-tantes. Il
faut,
pour lesobtenir,
choisir une valeurélevée de la résistance R afin que la résistance de la
diode, lorsqu’elle conduit,
soitnégligeable
devant R. On nepeut
d’autrepart
dépasser
1 MS2 parce quecette résistance se trouve aussi sur la
grille
de la140 A
4)
TENSION DE RÉFÉRENCE. -L’emploi
d’unepile
sèche de 108 volts nous a donné toute satis-faction. Il fautplacer
cettepile
dans un boîtiermétallique
qui
la soustrait aurayonnement
deslampes
et ramène à la masse les éventuels courantsde fuite.
5)
AMPLIFICATEUR. - Uneexpérience
préli-minaire a montré que, pour compenser une
varia-tion donnée de la tension de
crête,
il fallait pro-duire une variation de tensiongrille
vg deslampes
de
puissance
environ T.,5
foisplus
grande.
Comme l’on s’estimposé
une stabilité. de 10-4 pour unevariation de 10-2 du
secteur,
il faut réduire lesvariations au centième. Cette variation se retrou-vant à l’entrée de
l’amplificateur
doit
donc pro-duire une variation 150 foisplus
grande
sur lesgrilles
deslampes
depuissance.
Une
pentode
àgrande pente
suffit àproduire
cetteamplification
de 150 fois. En réalité on enutilise deux pour compenser la
dérive,
puisque
l’amplificateur
est
continu ;
mais on remarqueraque les
grilles
destriodes
sont connectées aux deuxplaques
despentodes
et que par’conséquent
on utilisel’amplification
totale que donnerait unelampe
seule.6)
SCHÉMA DÉFINITIF. - La réunion desparties
décrites ci-dessus conduit au schéma de la
figure
6. On y remarquera les résistances destinées à limiter le courantgrille
des EF 42 ou les courants écransdes EL 38 montées en triodes. Le voltmètre de crête est monté comme une valve
biplaque,
les 2 alternances sont donc traitées defaçon
symé-trique ;
on s’est réservé lapossibilité
de fairevarier la valeur de la tension à stabiliser en
prenant
une fraction convenable de cette tension pour lacomparer à la tension de référence fournie par P. Les cathodes des différentes
lampes
sont à des tensionstrop
différentes pourqu’on
puisse
ali-menter les filaments en
parallèle ;
les courantsdg
chauffage
sont stabilisés par unelampe
ferhydro-gène.
On voit quel’appareil
n’utilise que du matérielcourant,
àl’exception
des 2 transfor-mateursqu’il
a fallu faire bobinerspécialement :
celui de
l’impédance
variable et celuiqui
fournit les troischauffages ;
ils sontcependant
bobinéssur des tôles standard.
7)
EXEMPLE CONCRET. -Les mesures faites au laboratoire ont montré que la tension du secteur était
toujours
comprise
entre 110 et 125volts ;
avec les notations
précédemment employées
nous avons doncVem
= 110volts, Veu
= 125 volts. Latension d’utilisation V est nécessairement inférieure à
Vem
nous choisissons V =100volts,
c’est-à-direune tension de crête
V 0
141 volts.Mais,
enplus
des variationslentes,
la tension du secteurprésente
des variationsrapides ; l’expérience
amontré que les
plus rapides
étaient inférieuresà a v == 0,2 volt
parpériode
et nous avons vu comment cette valeur déterminait le voltmètre de crête. Le courant d’utilisationIl
estsupposé
constant etégal
à 2ampères.
Avec cesvaleurs,
2
lampes
depuissance
suffisent. En effet lescons-tructions
précédemment
indiquées
effectuées sur leréseau de
caractéristiques
d’une EL 38. montée entriode,
donnent I2=200
mA ; Vm
= 500 volts. Cesvaleurs conviennent à la
lampe
choisiequi peut
débiter 200 mA etqui
admetjusqu’à
800 voltsentre anode et cathode. Ces mêmes valeurs
con-duisent à un transformateur de
rapport
n =11//2
= 20 et à une tensionprimaire
maxi-mum de
500/20
= 25 volts. A titred’expérience,
nous avons commandé à un bobineur un transfor-mateur de
rapport 20 ;
d’intensitéprimaire
2
ampères
et d’intensité secondaire 100mA,
leprimaire
devant être alimenté sous 25 volts. Il adonc été bobiné comme un transformateur usuel de
radio. L’inductance du
primaire
étanttrop
faible,
nous avons
placé
surchaque
demi secondaire uncondensateur de
0,25 V.F.
Dans ces conditions laréactance est de 54 ohms et
l’inégalité
L cù >
4Fm//i
ou54 _>-
4 x25/2
est satisfaite etl’expérience
doit vérifier les calculsprécé-dents.
8)
VÉRIFICATION : EXPÉRIENCES PRÉLIMINAIRES.- Faisons varier
Fe
avec un alternostat etagissons
sur latension
grille
des triodes pour maintenirIl
== 2A,
donc V == 100volts,
dans unappareil
d’utilisation constitué par une résistance de 50 ohms. Pour maintenir
Il
constantlorsque
Ve
varie de 110 à 126
volts,
il a fallu faire varier latension
grille
des triodes de 0 à - 30volts,
VIa
pris
les valeurs de 10 et 26 volts comme il étaitprévu, I2
était un peuplus
faible que calculé(98
et 80mA),
Dans cet intervalle les 2
lampes
se sont donccomportées
comme une résistanceunique
et les 3 tensionsV, Ve et V,
ont été sensiblement enphase.
Ledéphasage
apparaît
au contraire si l’onfait fonctionner le stabilisateur hors de la gamme
pour
laquelle
il a été construit. En abaissant la tensiongrille
à - 40 voltson a pu maintenir
il
constant bien queV.
soitégal
à 132volts,
mais la variation deV,
excède la variation deV.,
cqsvariations
étant
respectivement
36 et 32 volts. III.Étude
expérimentale.
- L’alimentation àtravers un alternostat et la mesure de la tension de
sortie avec un voltmètre ordinaire ne constituent
qu’une
vérificationgrossière
susceptible
seulement de mettre en évidence une faute demontage. On,
pourrait
employer
un voltmètre de crête et opposer à la tension obtenue celle d’unepile
deréférence,
mais nous avons voulu obtenir desrenseignements
FIG. 6. - Schéma de
principe
du stabilisateur.1)
ÉTUDE
DES VARIATIONS RAPIDES’ DE LATENSION D’ENTRÉE. - Nous
avons modulé la
tension d’entrée
appliquée
audispositif
de lafigure
6 eninterposant
entre cette entrée et lesecteur une deuxième
impédance
variableiden-tique
à celle dustabilisateur,
c’est-à-direcons-tituée,
elleaussi,
par une transformateur dont lesecondaire débite dans deux EL 38 montées en triodes. Les
grilles
des EL 38 sontattaquées
parune tension sinusoïdale fournie par un
générateur
à très bassefréquence
(générateur
GB 64 de laCompagnie
descompteurs).
Si le stabilisateurremplit
bien safonction,
c’est-à-dire maintient dans tout le circuit une intensitéconstante,
lesvariations
périodiques
de cette deuxièmeimpé-dance
produisent
une variationpériodique
de latension
appliquée
à l’entrée dustabilisateur,
c’est-à direéquivalent
à l’alimenter avec une tensionmodulée. Nous avons sur ce
principe
réalisé
l’équi-valent d’une alimentation alternative à 120 volts
efficaces variant de
plus
ou moins 3 volts à lafréquence
de modulation. Pourdéterminer
avecprécision
les variations de crête nous avons utiliséle
montage
usuel de la sélectiond’amplitude qui
consiste
(fig. 7)
àappliquer
la tension àanalyser
à une diode en série avec une
pile ;
le courant traverse la diodequand
la tensionappliquée
estsupérieure
à la tension de lapile.
Ce courant
produit
une différence depotentiel
dans la résistance de 50 000
ohms,
onamplifie
cette dernière etl’applique
à unoscillographe
àstyles
(oscillographe
OSL 81 A de laCompagnie
descompteurs).
La
figure
8 donne 3enregistrements
ainsiobtenus,
sur chacun les tensions d’entrée et desortie ont été
enregistrées
simultanément.Rap-FIG. 7. -
Dispositif de sélection d’amplitude utilisé pour les enregistrements des figures 8 et 9.
FIG.’8. -
Réponse du stabilisateur à une tension modulée ;
en ‘abscisses la distance entre 2 traits vaut 1/100 de seconde,
en’ordonnées
la modulation vaut environ 3 volts.pelons
que la modulation a uneamplitude
de 3 voltset que
chaque
traitcorrespond
à l’extrémité d’une142 A
de
1/100
de seconde. Ces 2 valeurs fixent l’échelle du dessin etpermettent
d’évaluer lesperformances
du stabilisateur. En a et b
l’amplification
est la même pour les tensionsd’entrée
et de sortie et lamodulation,
très visible surl’entrée,
ne l’estplus
sur la sortie. En c
l’amplification
est 5 foisplus
grande
pour la tension desortie,
l’ondulation devientvisible,
onpeut
estimer que le stabilisa-teur l’a réduite auvingtième
de sa valeur à l’entrée. On remarquera que dans ce cas le tauxde variation atteint 1 volt par
période
c’est-à-dire est 20 foisplus grand
que celui pourlequel
l’appa-reil a été conçu. ,FiG. 9. - Même
expérience que la figure 8, mais la vitesse de déroulement est plus faible et la tension d’entrée est
le secteur lui-même ; seuls sont enregistrés les sommets
des crêtes.
Le cliché 9 a été
pris
dans les mêmes conditions que les clichésprécédents
mais le déroulement du film estbeaucoup
plus
lent etl’amplification plus
grande.
La tension d’entrée est celle du secteur : on y voit les fluctuations presquepériodiques
dontnous avons
déjà
parlé.
Ici encore les
traits,
distants de1/100
deseconde,
fixent l’échelle desabscisses ;
en ordonnées ladévia-tion totale vaut environ 1 volt. On remarquera
que les fluctuations ont
pratiquement disparu
à la sortie.FIG, 10. -
Enregistrement
des variations lentes.2)
ÉTUDE
DES VARIATIONS LENTES. - Lestabi-lisateur est alimenté par le
secteur,
la tension auxbornes de
l’appareil
d’utilisation est obtenue par un voltmètre de crête. Cette tension estopposée
à unepile
de référence et la différence des deuxest
enregistrée
avec un millivoltmètreenregistreur
Méci. La
figùre
10 donne unexemple
d’enre-gistrement ;
la sensibilité et l’échelle destemps
portées
sur lafigure
montrent que sur une duréede
1/4
d’heure la variation de tension n’atteint pasle dix-millième.
3)
STABILITÉ ’VIS-A-VIS DES VARIATIONS DECHARGE. - Le stabilisateur
a été calculé en
sup-posant
au courantqui
le traverse une intensitéconstante,
déterminée par la résistance del’appa-reil d’utilisation. On
peut
donc s’attendre à unevariation de tension
lorsque
cette résistancechange.
Toutefois cette variation
doit
être faible car lestabilisateur étant un
appareil
à contre-réaction a certainement une très faibleimpédance
de sortie :c’est bien ce que l’on observe.
Lorsqu’on
augmente
la résistance
jusqu’à
abaisser l’intensitéIl
du courant de 2 A à 1 A la tension nechange
quede
0,01
volt,
c’est-à-dire la résistance de sortie estde
0,01
ohm.4)
DÉTECTION D’UNE OU DEUX ALTERNANCES.= Nous avons
indiqué qu’il
convenait decom-mander le stabilisateur par un voltmètre de crête
double,
c’est-à-dire détectant les deux alternances.FIG. 11. -
Comparaison
de la commande par un voltmètresimple
(en a) et par un voltmètre doublé(en b).
Lafigure
11 en montre nettement Fintérôt :l’enre,
gistrement
11acorrespond
àl’emploi
d’un volt, mètresimple,
les différences entre les"deux
alter-.nances sont
nettes,
seule cellequi
est redressée eststabilisée.
Les différences entre les deux alter,n ances ont
disparu
sur le cliché 11 bqui correspond
à
l’emploi
d’un voltmètredouble. On
serappellera
que sur ces
enregistrements
ne se trouvent que lesparties
supérieures
dessinusoïdes,
environ la cen’tième
partie.
5)
DÉFORMATION DE LA TENSION DE SORTIE. --·Si nous
négligeons
les déformations dues àl’hysté-résis du transformateur il reste encore deux causes
143 A
sur une
lampe (en
réalité deux enpush
pull).
Lacaractéristique
non linéaire deslampes
se traduirapar une déformation. Cette déformation sera
d’autant
plus importante
que lalampe
demeurerabloquée
pendant
unepartie plus importante
del’alternance. C’est pour la réduire que nous avons
choisi de faire travailler la
lampe
avec unepolari-sation aussi faible que
possible.
b)
La double diodedu voltmètre de crête ne débite
qu’au
voisinage
FiG. 12. - Déformation de la tension
V2 aux bornes de
l’impédance
variable et de la tension d’utilisation V ; vo est la tension donnée par le voltmètre de crête. Lacons-tante de temps est de 2 s pour les 4
premiers
enregis-trements et de 10 s pour le 5e ; le voltmètre de crête est simple en a et c, double Pn b d, e.des
crêtes,
elleproduit
sur lagrille
de lapentode
amplificatrice
une tension discontinue d’allure endents de scie. Il
importe
donc de réduire aumini-mum cette
discontinuité ;
on yparvient
d’abord enredressant les deux alternances au lieu d’une seule
puis
enaugmentant
la constante detemps
ducircuit du voltmètre. La
figure
12 montre cesdéformations.
Les
enregistrements
a,b, c, d
ont été obtenusavec une constante de
temps
de 2 secondes. La déformation est surtout visible sur la tensionV2
aux bornes de
l’impédance
variable ;
une seulealternance est redressée en a, les deux alternances
sont redressées
en b,
comme le montrent d’ailleursles variations des tensions
grilles
vo. Onremar-quera que les déformations sont bien moins visibles
sur la tension de sortie
V,
en c etd,
qui
corres-pondent respectivement
au redressement d’une etde deux alternances. Ces déformations
imposent
une limite inférieure à la constante de
temps
du circuit duvoltmètre ;
on laprendra
aussigrande
que lepermettent
les variations de la tensiond’entrée. Nous avons vu
qu’avec
les conditionsimposées
la constante detemps
pouvait
atteindre 10 secondes.L’enregistrement
e montre que dans ce cas la déformation est très faible.Conclusion. - Nous
espérons
avoir montré que leprojet
de cetype
de stabilisateurpeut
être conduitde
façon
simple
etsystématique.
Nous en avonsindiqué
lespossibilités
et les limites. Facile àcons-truire avec du matériel
usuel,
il estprécieux lorsque
les variations de tension sont
gênantes.
Ajoutons
que, construit pour stabiliser les tensions de
crête,
il stabilisepratiquement
aussi les tensions efficaces.Un appareil
du mêmetype
danslequel
leslampes
sontremplacées
par des transistors est encons-truction au laboratoire.