Rapport de fin de cycle
UNION - DISCIPLINE - TRAVAIL
MINISTERE AUPRES DU PREMIER MINISTRE, CHARGE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES MINISTERE D’ETAT, MINISTERE DU PLAN ET
DU DEVELOPPEMENT
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE
STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE DIRECTION GENERALE DE L’ECONOMIE
DIRECTION DES ETUDES ET DE LA PROMOTION ECONOMIQUE
Evaluation du potentiel des
exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud
Septembre 2014
Rédigé par :
THINTA Matlou Nkoana Palesa
Elève Ingénieure des Travaux Statistiques
Sous la direction de
M. TIA Kra Michel
Sous-directeur de l’Information Economique, Financière et Commerciale
Matlou Nkoana Palesa THINTA
Elève Ingénieure des Travaux Statistiques1
Sous la direction de
M. TIA Kra Michel
Sous-directeur de l’Information Economique, Financière et Commerciale à la Direction des Etudes et de la Promotion Economique
Septembre 2014
1 Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée d’Abidjan
Evaluation du potentiel des
exportations de la Côte d’Ivoire vers
l’Afrique du Sud
Décharge
Décharge
L’ENSEA ET LA DIRECTION GENERALE DE L’ECONOMIE DU MINISTERE AUPRES DU PREMIER MINISTRE CHARGE DE L’ECONOMIE ET DES
FINANCES N’ENTENDENT DONNER AUCUNE APPROBATION NI
IMPROBATION AUX OPINIONS EMISES DANS CE MEMOIRE. CES OPINIONS DOIVENT ETRE CONSIDEREES COMME PROPRES A LEUR AUTEUR.
Dédicace i
Dédicace
Je dédie cette œuvre à :
Ma mère, Molatelo MATLALA, le pilier de mes forces et mon abri de l'orage ;
Mon grand frère, Mbulelo Khayalethu THINTA, ma source d’inspiration et l’influence culminante de ma vie ;
Le Directeur de l’ENSEA, M. KOFFI N’guessan, l'homme qui rêve pour l’Afrique.
Avant-propos ii
Avant-propos
Cette étude s’inscrit dans le cadre d’un stage de fin de cycle de la formation d’Ingénieurs des Travaux Statistiques offert par l’Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée d’Abidjan (ENSEA). Ce stage a été effectué pendant trois (3) mois, du 1er juin au 29 août 2014, à la Direction des Etudes et de la Promotion Economique (DEPE), une sous-direction de la Direction Générale de l’Economie (DGE) du Ministère auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances de la Côte d’Ivoire.
Durant ces trois mois de stage, ce travail a été suivi par M. BOHOUSSOU Koffi Marc, chef de service Banque de Données, sous la supervision de M. TIA Kra Michel, Sous-directeur chargé de l’Information Economique, Financière et Commerciale (IEFC) dont les conseils et orientations ont été d’un apport considérable dans l’élaboration de cette étude.
En dépit des difficultés rencontrées quant à l’arrêt du thème et de la réception tardive des données d’analyse, l’étude a permis de mettre en application les connaissances acquises pendant les deux années de formation. Enfin, elle espère ouvrir des pistes de réflexion sur le potentiel d’exportation des produits ivoiriens sur les marchés sud-africains. A juste titre, le rapport de stage que nous vous présentons a pour thème : « Evaluation du potentiel des exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud ».
Remerciements iii
Remerciements
Avant de continuer, l’honneur est pour moi de remercier les personnes qui de près ou de loin ont contribué à la réussite de ce travail.
Je voudrais remercier le Directeur de l’ENSEA, M. KOFFI N’guessan et le Statisticien Général de Statistics South Africa, M. LEHOHLA Pali, pour leur rêve d’une Afrique sans barrière linguistique et la confiance indéfectible qu’ils ont placée en ma personne. Ensuite, j’associe à ces remerciements tous les enseignants et le personnel administratif de l’ENSEA pour leurs disponibilités tout au long de ma formation. En outre, une reconnaissance particulière est adressée à M. FE Charles Doukouré, M. TIA Kra Michel et M. BOHOUSSOU Koffi pour leurs conseils pratiques pendant la durée de mon stage et aux agents de la DEPE pour leur disponibilité. Enfin, je ne saurais terminer sans remercier mes parents, mon grand frère, DJABAKOU Juste, GUEYE Mor et tous mes amis des quatre (04) coins du monde pour tout leur soutien durant ma formation à l’ENSEA.
MERCI.
Sommaire iv
Sommaire
Décharge ...
Dédicace ... i
Avant-propos ... ii
Remerciements ...iii
Sommaire ... iv
Sigles et abréviations ... v
Listes des illustrations ... vi
Résumé / Abstract ... vii
Présentation de la structure d’accueil...viii
Introduction Générale ... - 1 -
Contexte et justification ... - 1 -
Objectifs ... - 2 -
Méthodologie ... - 2 -
Définitions et Concepts ... - 4 -
CH I. Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain ... - 6 -
I.1.Revue de littérature ... - 6 -
I.2.Le commerce extérieur de la Côte d’Ivoire ... - 10 -
I.3.Le commerce extérieur de l’Afrique du Sud ... - 17 -
I.4.Commerce entre l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire ... - 22 -
CH II. Estimation du potentiel commercial des exportations de la Côte d’Ivoire ... - 26 -
II.1.Spécification du modèle ... - 26 -
II.2.Estimation du modèle ... - 29 -
II.3.Calcul du potentiel commercial de la Côte vers l’Afrique du Sud ... - 32 -
II.4.Présentations et analyse des résultats ... - 34 -
CH III. Groupes de produits à fort potentiel d’exportation et recommandations ... - 38 -
III.1. Présentation de TradeMap ... - 38 -
III.2. Nomenclature des produits, sources des données ... - 38 -
III.3. Identification des groupes de produits à fort potentiel d’exportation ... - 39 -
III.4. Recommandations ... - 41 -
Conclusion ... - 43 -
Bibliographie ... ix
Annexes xi Table des matières ... xix
Sigles et abréviations v
Sigles et abréviations
APE : Accords de Partenariat Economique
CEA-AN : Bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission Economique pour l’Afrique CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CEPII : Centre d’Etudes Prospectives et d'Informations Internationales CI : Côte d’Ivoire
DCPE : Direction de la Conjoncture et de la Prévision Economiques DEPE : Direction des Etudes et de la Promotion Economique DGD : Direction Générale de la Douane
DGE : Direction Générale de l’Economie
Dti : Department of Trade and Industry South Africa
F CFA : Franc des Communautés Financières d'Afriquede l'Ouest (BCEAO) IDE : Investissement Direct Etranger
ITC : International Trade Centre MCG : Moindres Carrées Généralisées
MPMEF : Ministère auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances PACIR : Programme d'Appui au Commerce et à l’Intégration Régionale
PIB : Produit Intérieur Brut
PND : Plan National de Développement 2012 - 2015 PME : Petites et Moyennes Entreprises
PVD : Pays en Voie de Développement
SPEE : Service de Promotion Economique Extérieure UE : Union Européenne
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine WDI : World Development Indicators
Listes des illustrations vi
Listes des illustrations
Tableaux
Tableau 1: 10 premiers produits exportés par la Côte d’Ivoire (2012) ... - 15 -
Tableau 2 : 10 premiers produits importés par la Côte d’Ivoire (2012) ... - 16 -
Tableau 43: Principaux clients africains de la Côte d’Ivoire - 2012 ... - 24 -
Tableau 34: Principaux fournisseurs africains de la Côte d’Ivoire - 2012 ... - 24 -
Tableau 5 : Répartition des produits exportés par la CI vers l’Afrique du Sud ... - 25 -
Tableau 6 : Répartition des produits importés par la CI en provenance de l'Afrique du Sud ... - 25 -
Tableau 7 : Résultats de l’estimation du modèle de gravité par la méthode MCG ... - 31 -
Tableau 8 : Coefficients significatifs estimés ... - 34 -
Tableau 9 : Potentiel commercial de la CI vers l’Afrique du Sud de 2000 à 2012 ... - 34 -
Tableau 10 : Exportation, potentiel commercial, PIB (en millions de $ US) ... - 37 -
Tableau 11: Produits à fort potentiel d’exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud ... - 40 -
Graphiques
Graphique 1: Evolution des importations et exportations ivoiriennes (1993 - 2012) ... - 13 -Graphiques 2a et 2b : Destination des exportations de la CI (1996 et 2012) ... - 14 -
Graphiques 3a et 3b : Provenance des importations de la CI (1996 et 2012) ... - 16 -
Graphique 4: Evolution des importations et exportations sud-africaines (1993 - 2012)... - 18 -
Graphiques 5a et 5b : Destination des exportations de l’Afrique du Sud (1994 et 2012) ... - 20 -
Graphiques 6a et 6b : Provenance des importations de la Afrique du Sud : 1994 et 2012 ... - 21 -
Graphique 7 : Evolution des échanges commerciaux de la CI avec l'Afrique du Sud (1993 - 2012) .... - 24 -
Graphique 8 : Exportations observées et potentiel commercial (2000 - 2012) ... - 36 -
Graphiques 9a et 9b : Part de l'or dans les exportations de la CI vers l’AS (2011 et 2012) ... - 36 -
Résumé vii
Résumé
Cette étude a pour objectif de déterminer les opportunités commerciales de la Côte d’Ivoire en Afrique du Sud à travers l’évaluation du potentiel de ses exportations vers ce pays. Pour y parvenir, un modèle de gravité a été spécifié et estimé à partir d’un échantillon constitué des 25 premiers clients de la Côte d’Ivoire en 2012. Les données portent sur la période 2000 – 2012, et permettent d’évaluer les déterminants des échanges commerciaux de la Côte d’Ivoire. Les résultats obtenus ont été ensuite utilisés pour le calcul du potentiel des exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud. Il ressort de ces analyses que les coefficients des variables traditionnelles du modèle de gravité ne sont pas globalement significatifs. L’union économique et monétaire sous régionale contribue à l’intensification des échanges commerciaux de la Côte d'Ivoire. Finalement, les exportations de la Côte d’Ivoire à destination de l’Afrique du Sud sont inférieures à son potentiel commercial jusqu’à ce qu’il n’y ait eu une grande augmentation de l’or exporté vers l’Afrique du Sud. L’exportation d’or vers l’Afrique du Sud a en effet modifié la structure des exportations ivoiriennes. De ce fait, afin de promouvoir des exportations d’une plus grande gamme de produits ivoiriens vers l’Afrique du Sud, l’étude recommande quelques pistes de réflexion : l’encouragement de la participation des entreprises ivoiriennes aux manifestations commerciales en Afrique du Sud, l’utilisation de l’anglais comme moyen de communication officiel, et le développement de la coopération industrielle et commerciale.
Abstract
This study aims to identify the commercial opportunities for Côte d’Ivoire in South Africa through the evaluation of the potential of Ivorian exports towards South Africa. In order to fulfill this objective, a gravity model is specified and estimated from a sample of Côte d’Ivoire’s 25 main clients of 2012.The data covers the period 2000 - 2012 and enables the evaluation the determinants of Côte d’Ivoire’s trade. The results of this analysis show that the traditional gravity model coefficients are not all significant. The economic and monetary union of the West African region contributes to intensifying Côte d’Ivoire’s trade. Lastly, the exports of Côte d’Ivoire towards South Africa are inferior to their trade potential in South Africa until there is a large increase in gold exports to South Africa. The significant portion of gold in the exports to South Africa changed the structure of its exports. With this in mind, in order to promote the exportation of a wider variety of Ivorian products to South Africa, the study makes a few recommendations: the encouragement of Ivorian firms to participate in Trade events held in South Africa, the use of English as an official medium of communication, and the development of an industrial and commercial cooperation.
Présentation de la structure d’accueil viii
Présentation de la structure d’accueil
Dans le cadre des missions qui lui sont confiées, la Direction Générale de l’Economie (DGE) a en son sein une direction lui permettant de développer l’action économique tant intérieure qu’extérieure à la Côte d’Ivoire, de promouvoir les intérêts économiques ivoiriens et de réaliser des études pertinentes dans l’objectif de faciliter la prise de décision du Gouvernement.
Cette direction centrale dénommée Direction des Etudes et de la Promotion Economique (DEPE), suivant le décret n° 2001-222 du 7 septembre 2011 portant organisation du Ministère de l’Economie et des Finances, est une référence en matière de diffusion de l’information économique, financière et commerciale, de promotion économique, de veille et d’intelligence économique et d’étude sur le potentiel économique national ainsi que des entités territoriales décentralisées.
La DEPE, dans son fonctionnement, est composée de trois (3) services rattachés et de quatre (4) sous-directions qui sont :
-
- le Service Qualité et Suivi-Evaluation ;
- - le Service Administratif, Budget et Moyens Généraux ; - - le Service Juridique ;
-
- la Sous-direction des Etudes Stratégiques et de Développement ;
- - la Sous-direction du Développement des Activités Economiques en Régions ; - - la Sous-direction des Services de Promotion Economique Extérieure ;
- - la Sous-direction de l’Information Economique, Financière et Commerciale.
C’est la Sous-direction de l’Information Economique, Financière et Commerciale qui nous a accueillis dans le cadre de ce stage.
Introduction Générale - 1 -
Introduction Générale
Contexte et justification
Depuis la fin de la crise consécutive aux élections présidentielles d’octobre 2010, le Gouvernement ivoirien a mis en place une politique de relance économique dont le cadre de référence est le Plan National de Développement (PND) 2012-2015. Le résultat global attendu au terme de la mise en œuvre du PND 2012-2015 est d’établir des fondements socio- économiques durables qui permettront à la Côte d’Ivoire d’être un pays émergent à l’horizon 2020. L’un des résultats stratégiques majeurs attendus de ce programme est de repositionner la Côte d’Ivoire sur la scène régionale et internationale. Cela passe par une diplomatie internationale rayonnante, le retour des Investissements Directs Etrangers (IDE) et une diversification des partenaires économiques et commerciaux tant des pays du Nord que du Sud.
Les efforts entrepris par le Gouvernement ivoirien à ces différents niveaux semblent porter ses fruits. Ainsi, la Côte d’Ivoire a occupé la présidence de la CEDEAO de 2012 à 2014, enregistrant ainsi d’importants résultats dans l’avancée de la démocratie dans la sous-région ouest-africaine, notamment au Mali et en Guinée-Bissau. Aussi, on constate un maintien du rythme des investissements dans le pays, caractérisé par un taux d’investissement de 16,5% du PIB en 2013, après un niveau de 13,7% en 2012. Cette hausse relative des investissements a contribué au maintien de la dynamique économique avec un taux de croissance de 9,1% en 2013, contre 9,6% en 2012 (DCPE, 2013). En ce qui concerne la diversification des partenaires économiques, le Gouvernement ivoirien, à travers le Ministère auprès du Premier Ministre, chargé de l’Economie et des Finances (MPMEF), envisage l’installation de vingt (20) Services de Promotions Economiques Extérieures (SPEE) d’ici à 2015. Ces services ont pour principale mission de présenter, aux pays hôtes, les atouts et opportunités économiques de la Côte d’Ivoire au niveau des investissements privés et des échanges commerciaux.
En vue de diversifier ses clients, de travailler étroitement avec les pays de l’Afrique australe et de bénéficier des potentialités du marché sud-africain, les autorités ivoiriennes ont ouvert, en 2013, un SPEE à Johannesburg en Afrique du Sud. L’ouverture de ce service fut l’expression d’un intérêt certain de la Côte d’Ivoire pour ce pays.
Introduction Générale - 2 -
Cependant, les relations économiques et commerciales entre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud semblent peu significatives malgré l’existence d’une relation historique entre ces deux (02) nations depuis les années 60. A titre d’illustration, la Côte d’Ivoire n’a été que le 59ème fournisseur de l’Afrique du Sud en 2012 (Dti, 2014). La Côte d’Ivoire pourrait tirer plus d’avantages du marché sud-africain. En effet, l'Afrique du Sud est une économie émergente et constitue de ce fait un grand marché de consommation de plus de 51 millions d’habitants dont pourraient profiter les produits ivoiriens. Les actions entreprises par la Côte d’Ivoire s'inscrivent dans ce cadre et ont pour ambition d'intensifier les relations économiques et commerciales avec l’Afrique du Sud.
Existe-il des potentialités pour les exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud et qui seraient encore inexploitées ? Quel est le niveau de ce potentiel commercial et surtout comment l’évaluer ? Existe-il des complémentarités commerciales entre ces deux pays ? Quels produits devrait-on alors promouvoir en priorité ?
Objectifs
L’objectif de cette étude est d’évaluer le potentiel des exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud à travers une analyse des informations commerciales des deux (02) pays. Plus spécifiquement, cette étude entend :
- - estimer le potentiel commercial de la Côte d’Ivoire en Afrique du Sud ;
- - identifier les secteurs porteurs des exportations ivoiriennes vers l’Afrique du Sud ; -
- faire des recommandations pouvant guider les décideurs ivoiriens sur le plan des opportunités commerciales existant en Afrique du Sud.
Méthodologie
La méthodologie adoptée pour la réalisation de la présente étude se décline en trois (03) étapes : une revue documentaire une collecte des données qualitatives et quantitatives et une analyse descriptive et économetrique.
Introduction Générale - 3 -
Etude documentaire
Elle a consisté à recenser les ouvrages et publications officielles du MPMEF et des documents portant sur le commerce international en général et le commerce ivoiro-sud-africain en particulier. Les documents portant, également, sur les méthodes d’analyse des relations commerciales et les méthodes d’estimation du potentiel commercial ont été consultés.
L’objectif recherché à cette étape est de décrire les relations de la Côte d’Ivoire avec l’Afrique du Sud, et de se faire une idée sur la meilleure façon d’agencer les informations, les données et outils pour réussir l’étude.
Collecte de données quantitatives et qualitatives
Cette étape a consisté à collecter les données quantitatives relatives aux échanges commerciaux de la Côte d’Ivoire avec l’Afrique du Sud et d’autres données à caractère économique, géographique et démographique. Ces données sont issues des bases de données de la Direction Générale de la Douane, de la Direction de la Conjoncture et de la Prévision Economiques, du Department of Trade and Industry South Africa et de la base de données du UN Comtrade.
Pour ce qui concerne les données qualitatives, elles ont été collectées à travers des entretiens effectués auprès des agents de l’ambassade de l’Afrique du Sud en Côte d’Ivoire et du DGE spécialisés dans les relations extérieures de la Côte d’Ivoire. Ici, l’objectif est de collecter des informations qualitatives, justificatives et qui sont complémentaires aux chiffres recueillies sur les relations entre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud.
Analyses descriptive et économétrique
Ces deux (02) analyses se sont appuyées sur les données collectées. L’analyse descriptive est fondée principalement sur une approche graphique visant à étudier l'évolution du commerce ivoiro-sud-africain entre 1993 et 2012. L’analyse économétrique a permis de construire un modèle gravitationnel pour estimer le potentiel des exportations ivoiriennes vers l’Afrique du Sud.
La suite de cette étude est organisée de la manière suivante : Le chapitre 1 présente les concepts et la revue de littérature. Il définit les concepts clés de l’étude, délimite le champ d’analyse et retrace les études liées au potentiel commercial. Le chapitre 2 est consacré à une analyse descriptive du commerce de la Côte d’Ivoire, de celui de l’Afrique du Sud ainsi que du commerce entre ces deux (02) pays. Le chapitre 3 expose la démarche économétrique utilisée ainsi que l’estimation du potentiel commercial entre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud. Les recommandations et opportunités sont présentées dans le chapitre 4.
Introduction Générale - 4 -
Définitions et Concepts
Cette section définit les concepts clés de la présente étude.
Importations
Les importations désignent, en économie, l’ensemble des achats de marchandises à l’extérieur d’un pays, qu’il s’agisse de biens destinés à la consommation (biens de consommation) ou de biens destinés à servir à l’investissement (biens de capital).
Exportations
Elles font référence à l’ensemble des ventes de marchandises à l’extérieur d’un pays. Les exportations représentent également les biens et les services dont un pays doit se priver pour financer ses importations, dont certaines sont indispensables à l’activité économique (matières premières, biens d’équipement).
Commerce international et commerce bilatéral
Le commerce international fait référence à l’ensemble des échanges internationaux de biens et de services. Il est mesuré par la somme des exportations mondiales de biens et de services, qui est naturellement égale à la somme des importations.
Sont inclus dans la notion de commerce international les concessions de licences et les Investissements Directs Etrangers (IDE).
Le commerce bilatéral, quant à lui, se définit comme l’ensemble des échanges de biens et services entre deux pays. Il est donc égal à la somme des exportations entre les deux pays ou à celle des importations entre eux.
Potentiel commercial
Le potentiel commercial est défini comme le commerce qui pourrait être atteint à une frontière du commerce optimal avec la libéralisation des échanges étant donnés le niveau actuel de commerce, de la modernité du transport et des institutions, (Miankhel, Thangvelu, Kaliappa;
2009). En d’autres termes, le potentiel commercial est le maximum de commerce possible entre deux (2) pays, ayant libéralisé les restrictions commerciales, étant donnés les déterminants de
Introduction Générale - 5 -
commerce. Selon Fontagne, Pajot et Pasteels (2002), plus simplement, il est la fraction du commerce «normal» - déterminé par les conditions macro-économiques des pays considérés.
Dans l’étude présente, le maximum des exportations ivoiriennes possible vers l’Afrique du Sud est recherché afin de le comparer aux exportations observées et d’identifier, s’il en existe, des opportunités d’exportation inexploitées.
Secteurs (ou produits) à fort potentiel
Il s’agit des secteurs ou groupes de produits qui présentent des opportunités significatives pour le commerce (Touka, 2008) ou qui favorisent le développement économique d'un pays (PACIR, 2012).
L’intérêt de cette étude est d’identifier les secteurs ou groupes de produits qui présentent des opportunités d’exportation de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud.
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 6 -
CH I. Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain
I.1. Revue de littérature
La présente étude envisage d’évaluer le potentiel des exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud. Cependant, elle n’est pas la première à s’intéresser au commerce bilatéral.
Aussi, les études portant sur les opportunités commerciales et l’évaluation du potentiel commercial particulièrement pour les PVD ou pays en transition sont nombreuses. La partie suivante présente des travaux récents portant sur l’évaluation du potentiel des échanges commerciaux dont s’est inspirée la présente étude.
Modèle de gravité
La méthode la plus utilisée pour estimer le potentiel commercial est le modèle de gravité. A l’origine, les travaux étaient effectués sur les échanges entre les pays développés. Mais, depuis les années 1990, des modèles sont construits pour les pays en voie de développement. , Il s’agit principalement des études de (Ogunkola (1998)2, Simwaka (2011)3, Breytenbach et Jordaan (2012) et du Bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA-AN, 2013).
Le modèle de gravité utilise le concept de force gravitationnelle de la loi de Newton pour expliquer le volume de commerce, le flux de capital et la migration entre deux (02) pays. Le CEA-AN retrace la première application de la loi de Newton aux comportements humains à Carey dans les années 60 avant qu’elle ne soit largement utilisée dans les sciences sociales.
Quant à son application au commerce international, Tibergen (1962) a réalisé une étude empirique utilisant ce modèle bien qu’il n’y avait aucune explication de l’usage du modèle, ni de la manière dont il est relié aux explications théoriques du commerce international (Kouassi, 2012).
Anderson (1979) apporte les premières justifications théoriques au modèle en y intégrant des facteurs de résistance au commerce tel que les prix multilatéraux, les coûts de transports et les
2 Ogunkola, E.O. 1998. An Empirical Evaluation of Trade Potentiel in The Economic Community of West African States
3 Simwaka K. 2011. An Empirical Evaluation of Trade Potentiel in Southern African Development Community
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 7 -
coûts divers supportés par les consommateurs. Suite à l’étude d’Anderson, d’autres travaux ont montré que le modèle de gravité a des bases théoriques. Kouassi cite Deardorff (1998) qui a montré qu’un modèle de gravité peut résulter d’une théorie traditionnelle de proportions de facteurs du commerce et a dérivé d’elle une relation de type gravitaire. Eaton et Kortum (2001) ont tiré une équation de type gravitaire d'un modèle du type ricardien. Anderson et van Wincoop (2003) l'ont tiré d’un modèle de concurrence monopolistique à produits différenciés et Helpman et al. (2004) l’ont montré à partir d’un modèle théorique de commerce international à produits différenciés avec hétérogénéité des entreprises.
Fontagne, Pajot et Pasteel (2002) affirment que le modèle gravitationnel des échanges est devenu un outil standard de modélisation du commerce. L'ITC (2003)4 cite quatre (04) utilisations de ce modèle : (i) estimation du coût de la frontière, (ii) explication de la structure des échanges, (iii) identification des effets du régionalisme, (iv) estimation du potentiel commercial.
L'ITC utilise TradeSim, un modèle économétrique de gravité construit spécialement pour l’analyse du potentiel commercial des pays en voie de développement et des économies en transition pour l'analyse du potentiel commercial. Ce modèle de gravité explique les exportations bilatérales en tenant compte de la distance entre les pays, leurs PIB et leurs populations. L’échantillon des pays importateurs est choisi dans le modèle TradeSim de sorte que chaque pays de l’échantillon se rapproche de son potentiel commercial avec le pays exportateur. L’équation spécifiée est utilisée pour simuler le commerce naturel entre une paire de pays. Ces simulations sont comparées avec les exportations observées pour déduire les potentiels d'exportations bilatérales. Cette méthodologie peut être appliquée soit au niveau global, soit au niveau sectoriel. Le modèle de l’ITC prend comme variables indépendantes le PIB, la densité de la population, l’intensité du conflit, l’IDE, le taux d’alphabétisation, la diversité de la langue, la densité des lignes téléphoniques, la distance entre deux pays qui échangent, le partage d’une même frontière, la mesure bilatérale d’accès au marché, la mesure de culture commune.
4 TradeSim (second version), a gravity model for the calculation of trade potentials for developing countries and economies in transistion - explanatory notes.
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 8 -
Les notes de l’ITC constituent un jalon, entre autres, pour la méthodologie et l’échantillonnage de la présente étude, car cette dernière porte effectivement sur des pays en transition.
Fontange, Pajot et Pasteel (2002) ont proposé dans un article sur les modèles de gravité des principes de calcul du potentiel d’échange pour les économies hétérogènes en se basant sur le modèle TradeSim. L’équation de base qu’ils utilisent pour chacun des secteurs et pour le total a comme facteurs explicatifs les variables suivantes : les revenus par habitants des pays exportateur et importateur, le PNB du pays exportateur (prix courant), le PNB du pays importateur (prix courant), la distance géographique relative entre le pays exportateur et le pays importateur, un vecteur de variables muettes capturant les accords commerciaux préférentiels, et une variable binaire qui capture le partage d’une langue commune ou de liens historiques.
Pour calculer le potentiel commercial proprement dit, les auteurs procèdent à un ajustement en deux (02) étapes. D’abord, ils calculent des flux simulés ajustés à partir des flux simulés.
Ensuite, ils calculent la moyenne des flux simulés bruts et des flux simulés ajustés, ce qui donne les potentiels commerciaux. Le potentiel de création d'échanges est donc la différence entre la moyenne et les exportations observées.
Breytenbach et Jordaan (2012) ont utilisé un modèle de gravité pour calculer le potentiel des exportations de l’Afrique du Sud au niveau global et sectoriel. L’échantillon est constitué des cinquante (50) pays vers lesquels l’Afrique du Sud a exporté le plus entre 1980 et 2000. Les variables explicatives utilisées dans ce modèle sont les suivantes : le taux d’échange, la distance, le PIB par tête, le PIB divisé par la superficie du pays, un indice évaluant l'infrastructure du pays et le taux effectif de protection des exportations. Les résultats de l’analyse globale font ressortir que : (i) une dépréciation du taux d’échange conduit les exportations observées à être supérieures aux exportations potentielles; (ii) le coût du transport mesuré par la distance a un impact négatif sur les exportations de certains biens ; (iii) les exportations sont d’autant plus élevées que le ratio PIB/ superficie l’est; (iv) si le PIB par tête d’un pays augmente, les exportations sud-africaines vers ce même pays augmenteraient aussi;
(v) Plus un pays dispose d’infrastructures, plus ses importations en provenance de l’Afrique du Sud sont élevées et finalement; (vi) un taux élevé de protectionnisme impact négativement les exportations de l’Afrique du Sud.
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 9 -
Pour l'analyse sectorielle, cinq (05) secteurs prioritaires ont été choisis, à savoir le secteur du textile, de la chimie, du transport, de l'agriculture et des mines. Cette analyse mesure non seulement les exportations, mais aussi d'autres indicateurs de spécialisation et de compétitivité.
Autres méthodes
L’avènement des nouvelles théories est dû à la transformation du commerce mondial. Cette transformation se manifeste principalement par l’élargissement de la participation géographique aux échanges et par l’essor de la production dans le cadre des chaînes d’approvisionnement internationales (Lamy, 2013). De plus en plus, les pays sont incités à diversifier non seulement les produits qu’ils échangent, mais aussi leurs partenaires commerciaux. L’identification des opportunités commerciales, à l’aide des techniques diverses, fait donc l’objet de plusieurs études.
Touka (2008) a réalisé une étude sur les opportunités commerciales en Afrique Centrale. Pour déterminer les produits à fort potentiel, il a fait des analyses statistiques sur les groupes de produits exportés et importés durant cinq (05) années pour chacun des pays de cette sous-région de l’Afrique. Ces analyses permettent de distinguer les produits dynamiques, stagnants ou en déclin, et d’en déduire les produits ou groupes de produits qui présentent des opportunités significatives pour le commerce interrégional. Ensuite, il croise les importations et exportations les plus significatives pour chaque sous-région et il choisit les produits présentant un potentiel à l’export ou à l’import. Ce croisement met en évidence les complémentarités commerciales qui peuvent être transformées en opportunités commerciales. Enfin, il fait des évaluations du potentiel de la demande et de l’offre qui se font à travers une analyse du niveau de la demande et de l’offre et des réseaux de distribution. La démarche fait ressortir que les produits qui offrent les meilleures opportunités commerciales intra-régionales sont, à l’import, le riz et les épices (poivre, piments), les ouvrages en textile de toutes sortes, les gadgets électroniques, les matériels agricoles et motocycles. Pour chaque produit, il présente d’abord le potentiel que représente le marché sous-régional. Il décrit ensuite le marché et tente enfin d’esquisser une stratégie commerciale pouvant permettre aux opérateurs de s’implanter sur ce marché. A l’export, c'est le pétrole brut et raffiné, le bois transformé, le coton brut, les autres minerais notamment le manganèse, l’aluminium, les diamants et les métaux (fer, acier). Dans ce cas,
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 10 -
pour chaque produit ou groupe de produits, le potentiel de l’offre est évalué et les stratégies qui pourraient contribuer à développer le commerce interrégional sont proposées.
La méthode utilisée par Touka, basée sur l’analyse des échanges commerciaux, pour identifier les opportunités commerciales est relativement simple en ce sens qu’avec seulement des données sur les échanges commerciaux sur une période de cinq (05) ans, elle fait ressortir les potentiels aux échanges.
D’autres approches qui visent à sélectionner les groupes de produits à fort potentiel exigent plus de données et d'analyses. Par exemple, celle qui est proposée par l’ITC et exploitée par le Programme d’Appui au Commerce et à l’Intégration Régionale de la Côte d’Ivoire (PACIR, 2012) pour identifier les produits ivoiriens à fort potentiel d'exportation. La méthodologie conduit à un classement des produits d’exportations ivoiriens selon leur potentiel à l'exportation. Elle est basée sur une combinaison d’indicateurs statistiques relatifs à la performance actuelle à l’exportation et aux tendances de la demande mondiale pour chacun des secteurs d’exportation. A travers un indice composite de potentiel à l’exportation, deux (02) dimensions sont considérées pour faire le classement : 1) la performance à l’exportation qui prend en compte à la fois la taille sur le marché mondial, le dynamisme sur le marché mondial et le niveau de spécialisation (la balance commerciale), et 2) la dynamique de la demande mondiale qui regroupe à la fois la taille du marché mondial et l’accroissement de la demande mondiale. Le travail a permis de présélectionner des produits agricoles, agroalimentaires transformés, d’extraction et de l’industrie chimique, de l’industrie du bois et papeterie, du coton, de l’industrie textile, habillement et chaussures.
Avant d’évaluer le potentiel des exportations de la Côte d’Ivoire sur le marché sud-africain, il est nécessaire de faire un état des lieux des échanges commerciaux des deux pays, notamment le commerce bilatéral entre ces deux pays.
I.2. Le commerce extérieur de la Côte d’Ivoire
I.2.1. Accords commerciaux de la Côte d’Ivoire
Les accords de libre échange et d’accès commerciaux préférentiels existant entre la Côte d’Ivoire et ses partenaires commerciaux sont les suivants :
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 11 -
Régime UEMOA et CEDEAO
Ces deux régimes permettent l’accès libre en exonération de droit et sans contingent sur les marchés de l’UEMOA, pour les produits remplissant les conditions d’origine et sur le marché ivoirien, pour les produits de l’UEMOA remplissant les conditions d’origine pour les pays membres de ces deux (2) unions.
Depuis 2000, les droits et taxes en vigueur dans l’espace UEMOA sont définis par le Tarif Extérieur Commun (TEC). L’architecture du TEC a servi à bâtir le TEC CEDEAO qui a été validé en 2013 à Dakar par les commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA. Ce nouveau TEC entrera en vigueur en 2014 dans la zone CEDEAO et remplacera le TEC UEMOA.
Accords de partenariat économique (APE)
Il s’agit d’un accès libre en exonération de droit et sans contingent sur les marchés de l’UE, pour les produits remplissant les conditions d’origine et accès libre en exonération de droit et sans contingent au marché ivoirien, pour certains produits de l’UE.
La Côte d’Ivoire a signé en 2008 un APE intérimaire et en 2014, avec les autres pays de la CEDEAO, elle a adopté l’APE.
Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA)
Accès au marché des États-Unis en franchise de droits et de contingent pour plus de 6400 produits, y compris certains produits agricoles et textiles, sauf les vêtements.
Système Généralisé de Préférences (SPG)
Accès préférentiel sur les marchés des pays offreurs de préférences dans le cadre du SGP5.
Régime Nation la plus favorisée(NPF)
Les importations extracommunautaires, c’est-à-dire celles provenant du reste du monde se voient appliquer le TEC de l’UEMOA lequel correspond en réalité au régime NPF6.
5 Le SPG est un programme mis en place en 1968 dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) qui a été adoptée en 1979 dans le cadre du GATT et habilite les pays développés membres à accorder un traitement différencié et plus favorable aux pays en développement.
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 12 -
I.2.2. Evolution du commerce de la Côte d’Ivoire
Les exportations et les importations ivoiriennes, entre 1993 et 2012, avaient une tendance générale à la hausse. Les exportations ont toujours été plus importantes que les importations sur cette période. En 1993, les exportations avoisinaient les 3,2 milliards de dollars US et les importations, les 2,9 milliards de dollars US. En 2012, les valeurs des exportations et des importations se situent respectivement à 10,8 et 9,7 milliards de dollars US. Ceci indique une croissance annuelle moyenne de 6,5%. Deux (02) grands évènements ont marqué le commerce ivoirien durant ces 20 dernières années. Il s’agit de la dévaluation du franc CFA en 1994 et de la crise militaire de septembre 2002 et des différentes crises politiques et économiques qui ont suivi.
Le graphique 1 donne un aperçu des tendances observées au cours de cette période. L'économie ivoirienne est devenue plus compétitive avec la dévaluation du franc CFA. En effet, entre 1994 et 1995, les valeurs des exportations et des importations ont accru respectivement de 36% et de 55%. Le niveau de ces échanges a augmenté nettement au fil des années. Cependant, les crises récurrentes suite au coup d’état de 1999 ont déstabilisé l'économie ivoirienne.
Les échanges commerciaux en ont été significativement impactés. Ainsi, la valeur des exportations a subi une baisse de 8% en moyenne, et celle des importations, une baisse de 6%
entre 1999 et 2001. En dépit de l’instabilité qui régnait, il y a eu une relance des échanges qui pourrait être attribuée aux actions mises en place par le gouvernement en vue de cerner l'impact de la crise et de relancer le tissu économique. De 2001 à 2012, les valeurs et les parts dans le PIB des exportations et des importations ont enregistré une augmentation tendancielle avec des phases de baisse en raison des crises successives. En 2001, la part des exportations dans le PIB était de 35% et, en 2012, de 44%. Quant aux importations, leur part dans le PIB est passée de 24% à 44%.
6Le droit NPF (Nation la plus favorisée) est un droit normal non discriminatoire appliqué aux produits importés (à l'exclusion des droits préférentiels appliqués dans le cadre d'accords de libre-échange et d'autres arrangements ou des droits appliqués dans les limites d'un contingent)
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 13 -
Graphique 1: Evolution des importations et exportations ivoiriennes (1993 - 2012)
en millions de $US
Les années de baisse connues sont 2007 et 2010 pour les exportations et 2006, 2009 et 2011 pour les importations. En 2012, avec la sortie de crise post-électorale, les importations sont passées de 6,7 milliards dollars US à 9,7 milliards de dollars US, soit une augmentation de 45%.
Exportations de la Côte d’Ivoire
La structure des échanges, en 2012, reflète la diversification des partenaires économiques de la Côte d'Ivoire. Elle échange de plus en plus avec d'autres pays que ceux de l’Union Européenne.
Cette dernière est le principal marché traditionnel de la Côte d’Ivoire, mais son importance dans les exportations globales connait une baisse depuis les années 90. En effet, une analyse de la valeur des exportations montre qu’en 1996, l’UE a reçu 58% des exportations ivoiriennes, et, en 2012, cette part a relativement baissé pour se situer à environ 35%. Cette baisse est principalement due à un détournement des ventes de certains produits vers l’Afrique (notamment la CEDEAO) et l’Asie. Les graphiques 2a et 2b, présentant la destination des exportations de la Côte d’Ivoire en 1996 et en 2012, révèlent que la part de leur valeur dans ces exportations est passée, respectivement, de 24% (dont 19% vers la CEDEAO) et 4% à 35%
(dont 26% vers la CEDEAO) et 10%. Sur cette même période, la part des exportations vers
0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000
Exportations Importations
Source : Banque Mondiale, 2014 et DGD/DCPE, 2014
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 14 -
l’Amérique (du Nord et du Sud) a fluctué entre 8% et 20% (voir annexe 1 pour les 20 premiers clients de la Côte d’Ivoire en 2012).
Les cinq (05) premiers clients de la Côte d’Ivoire en 2012 étaient les Pays-Bas, les Etats-Unis, le Nigéria, l'Allemagne et la France. En valeur, ils ont reçu au total, en cette même année, plus d’un quart des exportations du pays.
Source : DGD/ DCPE, 2014
En 2012, la composition des produits ivoiriens exportés, en valeur, est dominée par les produits agricoles. La moitié de la valeur des exportations totales est composée du cacao fève, des produits pétroliers et du pétrole brut (tableau 1). Les Etats Unis, les Pays-Bas et la Belgique ont constitué, à eux seuls, la moitié du chiffre d’affaires lié aux exportations du cacao fève. En valeur, le Nigéria a perçu 37% des produits pétroliers, l’Allemagne et le Canada, plus que 60%
du pétrole brut.
Graphiques 2a et 2b : Destination des exportations de la CI (1996 et 2012)
23% 58%
11%
4% 4%
1996
35%
35%
14%
10% 6%
2012
Source : DGD/ DCPE, 2014
en millions de FCFA
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 15 -
Tableau 1: 10 premiers produits exportés par la Côte d’Ivoire (2012)
Rang Produits Part dans les
exportations totales
1 Cacao fèves 21,41%
2 Produits pétroliers 17,53%
3 Pétrole brut 11,56%
4 Cacao transformé 9,69%
5 Caoutchouc 7,45%
6 Or 5,90%
7 Noix de cajou 3,02%
8 Huile de palme 2,51%
9 Coton en grumes 2,05%
10 Bois transformé 1,65%
Source : DGD/ DCPE 2014
Importations de la Côte d’Ivoire
L’analyse de la structure régionale des importations, en termes de valeur, montre que la part des importations ivoiriennes fournie par l’Union Européenne est passée de 50% en 1996 à 25% en 2012. Cette baisse, comme au niveau des exportations, est au profit de l’Afrique (notamment la CEDEAO) et l’Asie. Leurs parts passent, respectivement, de 23% (dont 20% en provenance de la CEDEAO) et 13% en 1996 à 33% (dont 28% en provenance de la CEDEAO) et 25% en 2012 (graphiques 3a et 3b). La part de l'Amérique (du Nord et du Sud) reste autour de 10% pendant cette période. L'analyse des importations de 2012 par pays partenaires révèle que le Nigéria est le premier fournisseur de la Côte d’Ivoire. Le Nigeria fournit un peu plus d’un quart des importations totales ivoiriennes et 87% de ses importations totales du pétrole brut. La France qui suit le Nigéria est le premier fournisseur européen de la Côte d'Ivoire.
en millions de FCFA
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 16 - Source : DGD/ DCPE, 2014
L’annexe 2 présente les vingt (20) premiers fournisseurs de la Côte d’Ivoire. On observe que, de loin, le premier produit importé par la Côte d’Ivoire est le pétrole brut. Il constitue 28% des importations ivoiriennes. Les autres produits comme le riz, les machines mécaniques, les matériels de transports et les poissons frais, pris individuellement, constituent moins de 10%
des importations (tableau 2).
Tableau 2 : 10 premiers produits importés par la Côte d’Ivoire (2012)
Rang Produits Parts dans les
importations totales
1 Pétrole brut 28,16%
2 Riz 7,00%
3 Machines 6,81%
4 Autres matériels de transport 4,11%
5 Poissons frais 3,41%
6 Plastiques 3,32%
7 Matériels électriques 3,29%
8 Médicaments 2,99%
9 Matériels de transport routier 2,84%
10 Produits pétroliers 2,79%
Source : DGD/ DCPE, 2014
Graphiques 3a et 3b : Provenance des importations de la CI (1996 et 2012)
51%
23%
10%
13%
3%
1996
25%
10% 33%
25%
7%
2012
en millions de FCFA
en millions de FCFA
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 17 -
I.3. Le commerce extérieur de l’Afrique du Sud
I.3.1. Accords commerciaux de l’Afrique du Sud
Les accords commerciaux de l’Afrique du Sud avec le reste du monde se présentent comme suit :
Union douanière de l’Afrique Australe (SACU)
Libre circulation de tous les produits sur les marchés des pays membres (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Namibie and Swaziland) et tarif commun pour les biens extracommunautaires.
Accord de libre-échange de la Communauté de développement de l’Afrique Australe
Accès libre de 85% du commerce intra-régional.
Accord de commerce, de développement et de coopération (TDCA)
Libéralisation de 95% des taxes sur les produits d'origine sud-africaines (2010) et de 85% des taxes sur les produits de l’Union Européenne.
Association européenne de libre-échange - SACU (EFTA-SACU)
Réduction tarifaire sur des biens sélectionnés qui sont échangés entre les pays du SACU et l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.
Accords de préférence commerciaux SACU- Marché commun de l’Amérique du Sud (Mercosur)
Réduction tarifaire sur des biens sélectionnés.
Accord commercial bilatéral Zimbabwe - Afrique du Sud
Taux préférentiel, rabais et contingents des biens échangés entre les deux (02) pays.
Accords commercial non-réciproques - SPG
- AGOA
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 18 -
Evolution du commerce sud-africain
Les échanges commerciaux de l’Afrique du Sud se sont accélérés avec les changements structurels notables au niveau de l’environnement politique. Le graphique 4 présente l’évolution des exportations et des importations de l’Afrique du sud sur la période 1993 à 2012. Pendant l’apartheid, les produits sud-africains étaient sous embargo imposés par la communauté internationale. Les échanges avec l’extérieur n'étaient donc pas très élevés. Les valeurs des exportations et des importations étaient respectivement autour de 24,1 et 22,4 milliards de dollars US, en 1993 ; ce qui représentait, respectivement, 16% et 17% du PIB. Avec la fin de l’apartheid en 1994, l’Afrique du Sud a considérablement amélioré ses relations politiques, économiques et commerciales avec le reste du Monde. La levée de l’embargo sur les produits sud-africains lui a permis de réintégrer le marché mondial. Ainsi, les échanges avec le reste du monde se sont intensifiés au fil du temps.
Graphique 4: Evolution des importations et exportations sud-africaines (1993 - 2012)
en millions de $ US
Source : Dti South Africa, 2014
Malgré la fin de l’apartheid en 1994, les échanges sud-africains sont restés stables entre 1995 et 2001. La valeur moyenne des exportations pendant cette période était de 27,2 milliards de dollars US et 29,4 milliards de dollars US pour les importations. A partir de 2002, les échanges commerciaux avec le reste du monde ont connu une croissance accélérée. En effet, le taux de croissance annuel moyen entre 2002 et 2008 est de 18% pour les exportations et de 20% pour
0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 120 000
Exportations Importations
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 19 -
les importations. En 2009, la récession mondiale7 a atteint son sommet et, pour la première fois depuis 2002, les exportations et les importations ont respectivement baissé de 11% et de 36%
entre 2008 et 2009. La baisse des échanges de l'Afrique du Sud avec l'extérieur a été encore observée en 2012 au niveau des exportations, due aux instabilités8 de son secteur minier. En 2012, les exportations se sont retrouvées à 103,7 milliards de dollars US et les importations à 99,9 milliards de dollars US. Elles représentaient de façon respective, 26% et 27% du PIB, soit un taux de croissance annuel moyen de 8% entre 1993 et 2013 pour les deux flux.
Exportations de l’Afrique du Sud
Les partenaires commerciaux de l’Afrique du Sud sont plus diversifiés depuis qu’elle échange librement sur le marché mondial. L’Europe était son principal partenaire commercial avant la fin de l’apartheid en 1994 et même des années après. En 1994, les pays européens ont reçu la plus grande part des produits sud-africains, cette part dans la valeur des exportations globales était de 42%. L’Asie en deuxième position avec 27%.
En ce qui concerne la valeur des exportations de l’Afrique et du continent américain, leurs parts étaient à moins de 15% malgré le fait que les Etats-Unis étaient le premier client de l'Afrique du Sud cette même année (graphique 5a et 5b). Deux décennies après, la tendance a changé.
Depuis le début du troisième (3ème) millénaire, au moment où l’Asie devient un marché progressivement plus important pour les produits sud-africains, l’Afrique est restée une destination moins privilégiée mais seulement jusqu’en 2009. Ceci du fait que l’Asie prenait de l’envergure sur le plan international, ce qui n’est pas le cas de l'Afrique. En 2002, 2007 et 2012, la part de l’Asie était respectivement de 22%, 30%, et 31%. L’Afrique, de 2008 à 2009, est passée de 14% à 27% du montant total des exportations de l’Afrique du Sud suivie d’une légère baisse en 2010 et en 2011. Ainsi, elle s’est retrouvée avec 28% des exportations sud africaines en 2012. On note la présence de trois pays africains parmi les principaux clients de l’Afrique du Sud en 2012, à savoir les pays voisins que sont le Botswana, la Namibie et la Zambie. L’Europe, par contre, à cause de la crise de 2009 et la diversification des destinations des produits sud-africains, de 2008 à 2009, est passée de 32% à 24%. En 2012, avec une part qui valait un cinquième, l’Europe était devenue troisième clients de l’Afrique du Sud.
7 La récession de 2009 qui est une conséquence de la généralisation de la crise économique de 2008.
8 Grève des miniers
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 20 -
Source : The Dti South Africa, 2014
La structure des produits qu’exporte l’Afrique du Sud n’a pas changé dans le temps. En effet, de 1994 jusqu’en 2012, les produits miniers ainsi que les produits électroniques, les machines, le fer et quelques produits agricoles comme les céréales et les fruits dominent les exportations sud-africaines. Malgré une baisse de 4 points de pourcentage de leur part dans les exportations, les perles fines ou de cultures et les métaux précieux sont les produits les plus exportés en 1994 et en 2012. L’économie sud africaine qui était autrefois plus axée sur le secteur primaire a subi des changements, ce qui a probablement eu comme conséquence une baisse de la part des produits agricoles dans les exportations. L’exemple le plus frappant illustrant ce fait est le suivant : les céréales et les fruits, ensemble, faisaient 5,45% des exportations en 1994 et étaient parmi les 10 premiers produits exportés, mais en 2012, les fruits comestibles étaient septième (7ème) et les céréales, dix-septième (17ème). Ensemble, leurs valeurs constituaient 3,1% des exportations (Annexe 3 : principaux produits exportés par l’Afrique du Sud - 1994 et 2012).
Importations de l’Afrique du Sud
Une analyse de la valeur des importations de l’Afrique du Sud révèle que les principaux fournisseurs de l'Afrique du Sud en 1994 étaient les Européens ; ils contribuaient à hauteur de 49% à la valeur des importations sud-africaines. Onze ans après, cette part est passée à 40% et
Graphiques 5a et 5b : Destination des exportations de l’Afrique du Sud (1994 et 2012)
14%
14% 42%
27%
3%
1994
28%
20%
11%
31%
10%
2012
en Rand Sud-Africain
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 21 -
ils demeuraient le premier fournisseur de l'Afrique du Sud. L'Allemagne est passée du rang de premier (1er) fournisseur en 1994 à celui du deuxième (2ème) en 2012 et le Royaume Uni de celui de deuxième (2ème) à celui du huitième (8ème).
L'Asie a pris la place de l'Europe en 2006 avec une occupation de 40,1% du marché sud- africain, alors qu’elle était auparavant le deuxième (2ème) fournisseur de l’Afrique du Sud. En 1994, sa part dépassait légèrement un quart des importations sud-africaines. Sa part a donc cru d’un taux de croissance annuel moyen de 3,9% sur les dix-huit (18) ans. Cette situation est due à l’avancée technologique du continent asiatique, poussant ses économies à la recherche de nouveaux débouchés. Aussi, la Chine, en 2012, était le principal fournisseur de l’Afrique du Sud (fournissant 14% de ses importations).
La part que détenait le continent américain a lentement décru depuis 1994, année à laquelle elle était de 16%. A contrario, celle de l’Afrique a augmenté, passant de 3% en 1994 à 12% 2012.
(Graphiques 6a et 6b)
Source : The Dti South Africa, 2014
L’Afrique du Sud importait une diversité de produits en provenance du reste du monde en 1994 et en 2012. En effet, ces produits étaient, entre autres, pharmaceutiques, agricoles, électroniques et mécaniques (annexe 4 : 10 premiers produits importés par l’Afrique du Sud - 1994 et 2012).
Graphiques 6a et 6b : Provenance des importations de la Afrique du Sud : 1994 et 2012
3%
49%
16%
28%
4%
1994
12%
29%
12%
45%
2%
2012
en Rand Sud-Africain
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 22 -
I.4. Commerce entre l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire
L’analyse des échanges d’un pays avec le reste du monde permet d’apprécier son poids et sa place dans le commerce international. L’analyse des échanges bilatéraux, quant à elle, apporte plus de finesse dans l’étude des interactions commerciales en ce sens qu’elle se focalise sur seulement deux (02) pays. Cette étude s’intéresse aux opportunités de débouchés des biens ivoiriens en Afrique du Sud, donc il s’avère nécessaire de faire une analyse descriptive portant sur leurs échanges. Cette analyse, en termes de la valeur des exportations et des importations, se fait du point de vue de la Côte d’Ivoire.
I.4.1. Relations économiques et commerciales entre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud
Depuis son indépendance, la Côte d’Ivoire entretient des relations avec l’Afrique du Sud. Déjà, pendant les années 1970, la politique qu’a adopté la Côte d’Ivoire envers l’Afrique du Sud allait à l’encontre des mesures antiapartheid. Le pays, sous la direction du Président Houphouët- Boigny, a préconisé le dialogue avec l’Afrique du Sud. Aussi, malgré l’interdiction du commerce des produits sud-africains en Côte d’Ivoire, quelques uns étaient-ils librement disponibles sur les marchés ivoiriens. Par ailleurs, en 1987, la Côte d’Ivoire a accordé, à South African Airways, des droits d’atterrissage pour ses vols entre Johannesburg et l’Europe. L’Etat ivoirien est ainsi devenu l’un des premiers pays que l’Afrique du Sud a reconnu comme partenaire officiel.
Aujourd’hui, il existe trois (03) grandes sociétés sud-africaines installées en Côte d’Ivoire, à savoir :
MTN, un géant de la télécommunication mondiale qui s’est installé en Côte d’Ivoire en 2005 avec le rachat, par le groupe sud-africain M-Cell de Loteny Telecom (Telecel) ;
Randgold Resources, une société d’extraction et d’exploration minière, qui a démarré l’exploration en Côte d’Ivoire en 1993 et a commencé à exploiter la mine de Tongon en 2010 ; et
South African Airways, première compagnie aérienne africaine, qui a repris ses vols à destination d’Abidjan en 2012.
Revue de littérature et Analyse descriptive du commerce ivoirien et sud-africain - 23 -
En plus de cela, les entreprises sud-africaines commencent à s’engager de plus en plus dans des projets d’investissement en Côte d’Ivoire. En 2014, Megatron, une entreprise sud-africaine exerçant dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l'eau et de la construction, en partenariat avec la Société Ivoirienne de Construction et de Gestion Immobilière (SICOGI), participera à la construction de logements sociaux en Côte d’Ivoire.
Malgré tout cela, les relations commerciales entre ces deux (02) pays n’ont jamais été vraiment intenses. Les analyses du commerce ivoirien et de celui sud-africain font comprendre que ni l’Afrique du Sud, ni la Côte d’Ivoire n’apparaissent parmi les principaux partenaires commerciaux de l’un et de l’autre.
La revue des différents accords commerciaux de ces deux (02) pays permet de conclure qu’il n’existe aucun accord commercial bilatéral entre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud.
Cependant, ces deux (02) pays appartiennent à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
La Côte d’Ivoire a installé à Johannesburg, en Afrique du Sud, un service de promotion économique. Ce service a pour mission de traiter des questions économiques et commerciales qui affectent l’économie ivoirienne et les entreprises ivoiriennes en Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, Mozambique, Namibie, Swaziland et Zimbabwe.
Les grands objectifs du service sont de (i) générer des investissements directs vers la Côte d’Ivoire à partir de l’Afrique du Sud et les autres pays et fournir le soutien nécessaire aux investisseurs ivoiriens en Afrique du Sud et dans les autres pays cités ci-dessus ; (ii) promouvoir les exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud et les autres pays ; (iii) identifier les politiques et partenariats et les efforts éco-diplomatiques qui pourraient être entrepris pour soutenir efficacement les intérêts des entreprises ivoiriennes en Afrique du Sud et dans les autres pays.
I.4.2. Evolution des échanges entre la Côte d'Ivoire et l’Afrique du Sud Entre 1996 et 2010, la part des exportations de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique du Sud dans les exportations ivoiriennes totales ne dépassait pas 1%. Mais, en 2011, cette part est passée à 5%, puis à 4% en 2012. Cette augmentation significative est le résultat de l’exportation de l’or ivoirien. En effet, l’exportation de ce produit vers l’Afrique du Sud est constatée depuis 2010.