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TATAU. V..M.., V..M.. D honneur et vous tous mes F.. en vos grades et qualités.

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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“TATAU”

V.°.M.°., V.°.M.°. D’honneur et vous tous mes F.°. en vos grades et qualités.

Tatau, quel est donc ce mot… Il nous provient du dialecte Tahitien et signifie tatouage.

Sa racine vient de “Ta” qui se traduit par “dessin” et “Atau” qui lui veut dire “esprit ou dieu”

et dérive de l’expression “Ta-Atouas”.

C’est le Dr Berchon, traducteur du célèbre Capitaine Cook qui emploiera pour la première fois le mot “Tatoo” en 1772 lors de la deuxième expédition du Capitaine dans le Pacifique Sud et plus particulièrement en Polynésie.

Vous allez peut-être vous demander, pourquoi un tel choix ?

Il est vrai que ce n’était pas mon premier sujet choisi, mais lors d’une discussion avec des FF.°., je leur exprimais mon inquiétude sur le choix du sujet que j’allais aborder, ceci m’ont dit “Parle de ce qui te touche, te tiens à cœur, le plus important ce que tu y prennes du plaisir et que cela parle de toi”.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour que je pense au tatouage, bien que là aussi j’ai hésité, en effet, un F.°. d’une autre L.°. a traité du même sujet l’an dernier. Mais n’ayant pas eu la chance d’entendre ou de lire cette planche, je me suis dit cela serait mon interprétation personnelle et mon ressenti du tatouage, donc dilemme résolu !

Origine :

Il est extrêmement difficile de remonter à l’origine du tatouage, car en effet, très peu d’historiens se sont penchés sur le sujet, surement du fait qu’on le retrouve de partout au travers du monde, des époques et des civilisations.

On est sûr que sa pratique date au moins de l’ère néolithique, plus précisément en Eurasie, car les tatouages les plus anciens, ont étaient découvert sur Ötzi l’homme des glaces retrouvé en 1991, gelé, dans les Alpes italo-autrichiennes et dont le passage au carbone 14 estime sa mort à 3500 ans avant Jésus Christ.

Il arborait des tatouages représentant des lignes et des pointillés, sur des parties du corps bien précises, comme les articulations ou le long de certains muscles.

Il en a était déduit que c’était à but thérapeutique, comme pour soulager l’arthrose.

On retrouve ensuite la trace du tatouage en 2000 avant J.C, cette fois ci en Egypte, sur 3 momies de sexe féminin découvertes dans la vallée de Thébes, puis par la suite dans la région de l’ancienne Nubie.

On le découvre encore sur d’autres momies, mais cette fois-ci dans une autre région du monde, le bassin de Tarim en Chine et elles aussi datées de la fin du II éme millénaire avant notre ère.

Les 3 plus célèbres momies proviennent de l’AltaÏ et sont, L’Homme de Pazyryk, L’homme d’Ukok et la Femme d’Ukok qui pour la première fois arborent des motifs Zoomorphes à la place des lignes, pointillés et autres formes géométriques.

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Le zoomorphisme étant la tendance d’attribuer une attitude, une caractéristique humaine à des animaux et qui nous vient de certaines religions et surtout de la mythologie.

Puis arrive le judaïsme, qui lui interdit tout type d’inscription et de modification corporelle car il ne faut point modifier l’apparence que dieu a donné à l’homme car il le veut à son image et il ne fallait surtout pas contrarier les écritures dites “Saintes“

Au VII ème siècle, le Pape Adrien 1er bannit le tatouage et toute marque d’origine païenne, c’est depuis cette époque que dans la culture occidentale le tatouage est mal vu, mais surtout mal interprété, donc incompris.

Il n’est guère plus apprécié chez nos amis Nippon, qui pourtant excelle en la matière et son maître dans l’art du tatouage.

Cela est du en parti qu’au V éme siècle, le tatouage servait à marquer les criminels et les voleurs, au même titre que de leur amputer une main ou une oreille.

Par la suite ceux sont les prostituées japonaises qui au XVII éme siècles reprirent la pratique du tatouage, sur elles-mêmes, dans le but d’être reconnues par les potentiels clients, le tatouage est donc dans ces deux cas le symbole de l’appartenance à une certaine classe sociale, un certain clan, ou une certaine caste, qui permettait aux individus de s’identifier, de se reconnaître.

Il fût aussi interdit dans ce même Japon par l’empereur Matsuhito en 1872, même si ce tabou ne tiendra pas longtemps.

De nos jours, il est autant mal vu, mais tellement célèbre, et cela principalement à cause (ou grâce) aux Yakusas, qui en ont fait ”leur Symbole” de reconnaissance bien sûr, mais qui symbolise surtout le courage, car plus le tatouage recouvrera leur corps, plus cela signifiera que leur courage est grand. Mais il symbolise aussi la loyauté, car il est irréversible, une fois piqué dans la chair c’est jusqu'à la mort, comme quand il rentre dans une Triade et jure de protéger leur maître et leurs frères (en plus de toutes les activités pas très catholiques aux quelles ils peuvent s’adonner) … Tiens donc, ne serions nous mêmes, F.°.M.°. les Yakusas de la laïcité, de la philosophie, du symbolisme et de la concorde universelle !!!

Le tatouage sert donc de code, de signe de reconnaissance, comme nous mêmes avons nos attouchements, notre signe et nos mots de passe secrets…

En Europe, ce n’est qu’au début des années 1770 que le tatouage refait son apparition, grâce aux explorations du capitaine James Cook dans le Pacifique Sud et tout naturellement aux marins qui sont les premiers à se faire tatouer.

D’ailleurs le motif, non, le symbole qui sera le plus répandu chez eux, est le crucifix piqué sur tout le dos. Dans ce cas là, ce n’était pas pour montrer leur appartenance ou leur croyance mais tout simplement pour se prémunir de la flagellation car encore une fois, à cette époque où la religion prévalait sur tout le reste, il était bien évidemment interdit de défigurer une image pieuse… Personnellement, je trouve l’idée brillante car c’est un joli pied de nez fait à l’église et son pontife, que de se servir d’une interdiction, représentant une image pieuse pour se protéger d’un châtiment biblique...

Il servit aussi à marquer les esclaves afin qu’ils soient reconnus par leurs maîtres et que s’ils venaient a s’échapper, il était plus facile de les identifier.

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Pour l’anecdote, des personnalités politiques se feront “piquer“ comme on dit, tout comme le Tsar Nicolas II arborant une épée sur la poitrine, les rois de la Couronne Britannique Edouard VII et George V, ainsi que leur homologue Danois Frédéric IV qui lui avait un dragon chinois sur torse. Le dirigeant Russe Staline se fit faire une tête de mort, Winston Churchill une ancre de marine sur le bras gauche et le président américain Franklin Delano Roosvelt un écusson familial.

Comme quoi il n’y a pas que les mauvais garçons qui se font tatouer, quoi que…les hommes politiques sont-ils des saints a qui nous pouvons donner le Bon Dieu sans confession n’ayant rien à se reprocher, cela reste un autre débat !!

Le tatouage que nous observons de nos jours, connaîtra un véritable engouement dans les années 1990, grâce aux artistes, stars de cinéma, de télévision et autres chanteurs qui s’en servirent pour se faire remarquer et qui devint par la suite un effet de mode, un embellissement corporel, dont les dessins représentés n’avaient aucune signification et ne servaient qu’à se démarquer du reste de la population.

En 2016, 14% de la population française est tatouée, dont 16% de femmes pour 10%

d’hommes, contre 23% aux États Unis qui est encore loin devant nous sur ce sujet.

Quel est le but du tatouage :

Dans les cultures tribales, que ce soit en Polynésie, en Asie, en Afrique, et même dans certaines religions, on y distingue plusieurs significations, et cela en fonction des cultures et des croyances.

Une des significations qui est commune à plusieurs ethnies, et qui m’a le plus interpellé, est que le tatouage servait et sert toujours de rite initiatique ou de passage vers, un monde, un niveau, une fonction ou un grade supérieur.

Il marque le début d’une nouvelle vie, d’une nouvelle fonction, d’une spiritualité nouvelle, le passage à autre chose.

Le tatouage est associé à la douleur, qui devient dans ce cas là une source d’honneur, car le nouvel initié en surmontant la part physique mais aussi psychologique de cette douleur qu’on appelle souffrance, démontre son courage, son engagement et sa remise en question, car qu’est ce que la souffrance ? Si ce n’est une douleur psychique, une remise en question de notre égaux, un désaccord avec nous même pour nous faire réagir afin de passer un cap, pour y voir plus clair, pour être éclairé.

Il sert aussi à différencier le rang social au sein de la tribu, en fonction de la partie du corps tatoué. Plus le tatouage se rapproche du haut du corps, du visage, plus le rang hiérarchique est élevé, qui représente alors la force, la sagesse, le savoir.

J’y vois là, un parallèle fort avec la F.°.M.°., notre initiation, est notre rite initiatique de passage des ténèbres vers la lumière, notre naissance en tant qu’homme éclairé, comme l’adolescent

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qui accède a l’âge adulte. Nos outils et symboles sont des tatouages spirituels qui marquent à jamais notre esprit et notre âme, car si le tatouage est indélébile sur la peau, le symbolisme qui nous guide et nous fait évoluer, l’est tout aussi dans notre esprit.

Plus nous avançons sur notre chemin maçonnique, plus nous polissons notre Pierre, plus nous nous imprégnions des symboles qui nous entourent, comme l’encre imprègne la peau de celui qui reçoit les piqures du maître tatoueur.

Je viens de prendre conscience en faisant cette planche, que lorsque j’ai fais mon premier tatouage à mes 18 ans et quelques jours, je vécus là, ma première initiation, celle du passage à l’âge adulte, car cela a été ma première décision d’homme, sans attendre l’accord ou la bénédiction de qui que soit, une marque aussi bien physique que spirituelle de liberté absolu, vu que le choix de me faire tatouer n’engageait que moi, mon corps, mon âme, sans me soucier du regard des autres, car on ne juge pas un homme à son apparence, ni à sa couleur, à son rang social ou encore à sa fortune, la seule chose qui compte sont les valeurs et les principes que nous avons et le fait d’essayer de les mettre en œuvre et de persévérer, pour apporter notre pierre à l’édifice, sans se soucier du regard que certaines personnes peuvent avoir sur nous.

Je sens bien par moment que mes tatouages dérangent en fonction des lieux ou des gens avec qui je me trouve, mais ils font partis de moi, ils sont moi….

Les tatouages que je porte, encrés au plus profond de ma chair, de mon cœur, de ma peau, sont propre a mon interprétation et a la signification que je leur confère, je ne me suis pas fait tatouer par effet de mode, comme bien des personnes ou pour vu et reconnu, bien que je ne juge pas car chacun a ses propres motivations pour se faire tatouer, et en me disant “ tiens, on commence à en voir de partout, c’est branché, ça donne un style, donc je vais être un mouton de Panurge en me faisant piquer un glaive avec un serpent s’enlaçant autour ou une toile d’araignée sur un de mes coudes” car ces motifs reviennent fréquemment a la télévision ou dans les magasines.

En plus quand on connait la signification de ces dessins cités plus haut, qui ont eu un succès fou fin des années 1990 on y réfléchi à deux fois, mais pour cela valait-il pousser la réflexion plus loin que de voir le modèle sur book du tatoueur… Le tatouage doit être un acte réfléchi, ce qui a été le cas pour ma part, c’est quelque chose d’important, un engagement, comme lorsque que l’on jure sur notre constitution lors de notre initiation, car il marque physiquement, mais aussi notre esprit, et quand, cela arrive, on ne supporte plus son tatouage un mal être profond s’installe et peux durer tout au long d’une vie.

Je vois une autre analogie, parmi tant d’autre entre l’art du tatouage et la F.°.M.°., qui de plus correspond parfaitement avec le grade d’A.°. , ce sont les deux outils traditionnels dont se servait les maîtres tatoueurs et que l’on peut encore retrouver dans certaines sociétés tribales du pacifique ou bien d’Asie.

Le premier était le plus souvent fabriqué à base d’ossements et avait soit la forme d’un peigne, soit celle d’un poinçon qu’on venait tremper dans l’encre, tout ceci fixé dans le prolongement d’un manche et servait à faire pénétrer cette même encre au plus profond du derme et de l’épiderme.

Encre qui a l’époque était obtenue à partir de charbon, qui lui même provient du feu et que l’on rencontre lors de nos trois voyages initiatiques et qui symbolise la purification.

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Le deuxième était un morceau de bois cylindrique avec une extrémité un peu plus large et servait à taper sur le peigne.

Et bien moi j’y vois là, les outils que l’on nous donne, à nous apprenti F.°.M.°. afin de tailler notre pierre, qui sont le ciseau et le maillet.

En effet, le peigne du tatoueur agit sur la peau tel le ciseau du M.°. sur la pierre brute, qui symbolise l’idée, la pensée arrêtée prête à être apposée, gravée, imprégnée.

Et le manche de bois, comme le maillet est, et représente l’énergie, la volonté nécessaire à la réalisation de cette pensée et qui dans ce cas là est le tatouage en lui même.

Tout mes tatouages ont une signification, tels des symboles, certes peut être pas les mêmes que l’on découvre et utilise en F.°.M.°. , mais ils me guident, m’empêchent d’oublier ce en quoi je crois, ce qui compte pour moi et tout simplement qui je suis, comme le symbolisme que je découvre et dont je m’imprègne peu à peu, depuis que j’ai vu la Lumière.

Je taille ma pierre, la polis, mais je l’orne aussi grâce aux symboles présents sur ma peau et dans mon âme.

Le tatouage ne marque pas que le corps dans sa chair mais aussi l’esprit, car toute douleur provoqué volontairement transforme à jamais la mémoire de celui qui la ressent, tout comme le ciseau taille et sculpte la pierre… Par le fait de la modification extérieure du corps, il en découle une métamorphose de l’esprit.

De même que le symbolisme qui m’entoure, que je perçois, que je ressens et qui s’encre dans mon esprit, telle l’encre du tatouage pénétrant dans ma peau, sont les outils permettant la transformation de mon esprit, de mon être et me mettent sur le long chemin où je peux tailler ma pierre.

Se faire tatouer est peut-être aussi une façon de se sentir vivant, en effet la douleur subie volontairement au cours d’une séance n’est pas anodine.

On constate souvent une addiction au tatouage, ce qui explique chez certaines personnes cette envie irrépressible de se faire piquer cycliquement et que j’éprouve moi même à l’instant !!!

Entre autre la libération d’endorphine qui est la réaction naturelle du corps à la douleur, qui je dois bien vous l’avouez est extrêmement agréable voir même ”planante” si les séances sont très longues, je me suis rendu compte qu’à chaque fois que je me suis fais piquer, cela à correspondu à des phases d’introspections importantes chez moi comme si je rentrai dans une transe, surement du fait que les séances sont effectuées avec un rituel bien précis.

Le tatoueur qui prépare son matériel toujours de la même manière, chaque récipient d’encre posé toujours au même endroit, les aiguilles toujours montées de la même façon sur le dermographe, la pose du calque sur la peau, le bruit de la machine qu’il est en train de régler afin de trouver la bonne vitesse, tout ça conditionne un moment bien particulier, puis les aiguilles plongent dans l’encre, s’approchent de la peau, c’est le contact, la séance démarre.

À chaque fois j‘ai le sentiment d’entrer dans un autre univers, comme lors nos Tenues après que le Temple ai été dressé, que tout le monde ai pris place sur les colonnes et que les travaux démarrent.

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Avec le recul, je dirai que lors de mes séances de tatouages, pour ne pas penser à cette douleur physique, je suis descendu au plus profond de moi même et j’ai fait inconsciemment mes premières introspections même si à l’époque je ne me suis pas forcément rendu compte de ce travail effectué sur mon âme et qui sont pour moi, similaire aux introspections nécessaire a tout F.°.M.°. afin que le travail symbolique qu’il effectue soit tatouer a jamais dans son esprit, l’encre et ce qui fait ressortir le tatouage de la peau comme les symboles font apparaître le F.°.M.°. en nous… tiens ne serait ce pas là une analogie avec l’outil de notre second surveillant…je pourrais continuer encore longtemps cette planche sur le tatouage, mais nous avons un temps imparti comme sur cette terre, je m’arrêterai ici.

Quoi qu’il en soit, la seule chose qui est sûre, malgré toutes mes réflexions, est que j’emporterais mes tatouages avec moi quand je passerai à l’Orient Eternel, qu’ils continueront à me guider au commencement de ce qu’il vient après, car oui la mort n’est pas la fin mais le début, et puis, ce qui est en bas est comme ce qui est en haut donc il n’y a pas de raison qu’ils ne me suivent pas.

J’ai dit Vénérable Maitre.°.

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