L’animal et l’homme : de l’exploitation à la sauvegarde
Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques
Le cheval, entre animal de travail et animal de loisir : l’exemple de l’exploitation agro-industrielle d’Avoise à Radon (Orne) de 1860 à 1960
Patrick Birée
DOI : 10.4000/books.cths.15605
Éditeur : Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques Lieu d’édition : Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques Année d’édition : 2021
Date de mise en ligne : 5 octobre 2021
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques EAN électronique : 9782735508822
http://books.openedition.org Référence électronique
BIRÉE, Patrick. Le cheval, entre animal de travail et animal de loisir : l’exemple de l’exploitation agro- industrielle d’Avoise à Radon (Orne) de 1860 à 1960 In : L’animal et l’homme : de l’exploitation à la
sauvegarde [en ligne]. Paris : Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021 (généré le 08 octobre 2021). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/cths/15605>. ISBN : 9782735508822. DOI : https://doi.org/10.4000/books.cths.15605.
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Le cheval, entre animal de travail et animal de loisir : l’exemple de
l’exploitation agro-industrielle d’Avoise à Radon (Orne) de 1860 à 1960
Patrick Birée
Un centre de production agro-industrielle de grande ampleur
1 Une gravure illustrant le rapport de 1872 de Jules-César Houël (fig. 1) ainsi qu’un cliché aérien du site en 1950 (fig. 2) sont évocateurs d’Avoise et de son évolution1. Les bâtiments ont été commencés, pour les plus anciens, à partir de 1858 et sont tous construits au début des années 18602. Le domaine domine l’espace environnant, notamment le bourg de Radon, en contrebas de la forêt d’Écouves.
Fig. 1 – gravure représentant Avoise, rapport de 1872.
AD 61, 56 J, 1950.
Fig. 2 – Vue aérienne du site en 1950.
Collection privée. Patrick Birée ©.
2 Les dispositions d’origine sont encore bien visibles au milieu du XXe siècle :
une distribution spatiale en cour fermée présentant une disposition rationnelle dans la même enceinte de 3 hectares et 13 ares, des espaces décisionnels, des espaces liés à la
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gestion humaine : restauration, logements, hygiène (salle de bains, lavoirs, buanderie, toilettes, espaces liés au traitement agricole des animaux et des cultures, etc.) ;
Un grand domaine d’au maximum 365 hectares, dont les terres, toutes pratiquement situées dans l’environnement immédiat, ont été remembrées dès la seconde moitié du XIXe siècle.
3 Un bosquet remplace cependant les anciennes fosses à purin. En 1879, le changement du type d’exploitation amène l’abandon de certaines structures prévues à l’origine pour la fabrication d’alcool de betteraves :
la distillerie, réutilisée comme lieu de stockage ;
la machine à vapeur dans un local spécifique avec une cheminée en briques, de 32 mètres de haut, encore visible sur une carte postale datée de 1906 ;
les 12 fosses prévues pour le stockage de la pulpe de betteraves sont soit conservées pour un autre usage, soit rebouchées pour 3 d’entre elles.
4 Si le parc au second plan a perdu de sa superbe, le site garde sa majesté et son ampleur, éléments qui marquent les visiteurs : la grange au centre de la photographie impose sa masse, le château, au centre droit présente toujours sa fine silhouette aux proportions équilibrées, la bouverie, à droite, à l’origine prévue pour l’engraissement de 120 bovins apparaît un peu trop vaste pour le troupeau d’une trentaine de vaches laitières.
Deux systèmes de production caractéristiques
5 Le tableau suivant décrit la composition du site de production agro-industrielle de 1858 à 1879 (avec en premier poste la production d’alcool), puis uniquement agricole de 1879 à 1960 (viande, lait, céréales, cidre, etc.) (tabl. 1).
Tabl. 1. – Les deux systèmes de production (1858-1960).
1858-1879 1879-1960
Usine-ferme avec production d’alcool (1er poste), engraissement de bœufs (2nd poste) pour la vente et de vaches laitières pour l’exploitation
Ferme de polyculture à élevage dominant (surtout bœufs, puis quelques vaches), avec production de céréales (blé et avoine), de plantes fourragères et de produits laitiers
Achat/stockage de matières premières : ● betteraves (1er poste) ● plans de céréales (2nd poste)
Achat/stockage de matières premières : ● plans de céréales (1er poste)
Travail de la terre Travail de la terre
Récolte des betteraves Transformation en alcool
Récolte des céréales Récolte des céréales
Engraissement des bœufs en étable Engraissement des bœufs en prairies
Vente de produits : ● Alcool ● Bœufs Vente de produits : ● Bœufs ● Céréales ● Produits laitiers
Doc. P. Birée.
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6 Sur le cliché de 1950 (fig. 2), on note la présence d’un tracteur Allis-Chalmers sur la gauche, qui marque la motosrisation en cours. C’est une des nouvelles problématiques de l’époque : comment concilier la modernité (le tracteur), tout en s’appuyant sur la tradition (le cheval de trait) ?
Le cheval dans l’exploitation
Des bâtiments spécifiques
7 Jusqu’en 1950, les témoignages et l’étude historique (fig. 3) montrent l’omniprésence du cheval dans l’exploitation agricole, mais aussi de l’âne (ce dernier est notamment visible sur la gravure de 1872 le montrant tirant un wagonnet)3. Le cheval est utilisé comme bête de trait pour la traction des machines agricoles ou des engins de transport, concurrencé, il est vrai, après guerre, par les engins motorisés, les tracteurs4.
Fig. 3. – Plan de l’exploitation joint au rapport de 1872.
AD 61, 56J.
8 Dès le début de l’aventure agro-industrielle en 1858, une large place est prévue pour cet animal : un certain nombre de bâtiments construits tout autour de l’enceinte lui sont réservés. Plusieurs éléments montrent l’importance que tient le cheval à Avoise : les écuries et autres bâtiments vastes et bien équipés, le matériel en grand nombre, le personnel spécifique.
9 Les structures mises en place pour les chevaux vers 1860 ne sont guère modifiées par la suite : une grande écurie pour les chevaux de trait (à l’origine prévue pour 20 chevaux), une écurie de quatre boxes pour les chevaux de maître, demi-sang et sang. D’autres bâtiments techniques complètent le dispositif : une sellerie, une bourrellerie, une
maréchalerie, une remise pour véhicules. Un dortoir pour les palefreniers, donnant accès à l’écurie de maître, est situé au-dessus de la sellerie (tabl. 2).
Tabl. 2. – Les bâtiments destinés aux chevaux en 1924.
Types d’activités Bâtiments Animaux
Travail de la terre et transport
Une écurie pour 20 chevaux 20 juments de travail de race percheronne
Une autre écurie 4 chevaux d’attelage et de monte 2 ânes
Reproduction Deux boxes plusieurs étalons percherons
Écurie de selle Deux écuries à quatre boxes
chacune 3 à 4 chevaux de selle
Doc. P. Birée.
L’écurie des chevaux de travail
10 Elle est contiguë à l’étable et communique avec elle au moyen d’une porte coulissante montée sur rail (fig. 4). Ses dimensions au sol sont de 8 mètres sur 29. Une mangeoire unique est établie sur toute la longueur du bâtiment côté prairie. Elle est surmontée d’un râtelier en bois. Pour le dosage des rations de nourriture, un coffre à avoine est fixé au mur5. Ce coffre en bois se termine par une goulotte munie d’une tirette en fer6. L’écurie des chevaux de travail abrite entre 13 et 16 chevaux occupés aux travaux agricoles entre 200 et 281 jours par an. Ce sont essentiellement des juments percheronnes qui portent un nom bien identifié7. La modernité est de mise dans les installations comme le montre le distributeur automatique d’avoine dans cette écurie datant des années 1860 (fig. 5).
Fig. 4. – Vue de l’écurie de travail.
© Cliché P. Birée, 2016.
Fig. 5. – Vue du distributeur automatique d’avoine.
© Cliché P. Birée, 2016.
Le cheval de trait
11 En 1924, un matériel très fourni est utilisé à Avoise. Son utilisation est conditionnée à la présence de la traction animale. Ce tableau reproduit le fonctionnement mis en place depuis 1858 dans le cadre de différentes tâches (tabl. 3)8.
Tabl. 3. – Matériel aratoire et véhicules de transport utilisés à Avoise en 1924.
Travail de la terre (labour,
travaux de surface) :
instruments aratoires
5 charrues – 2 scarificateurs – 2 extirpateurs – 2 canadiens – 3 jeux de herses articulées – 2 ou 3 herses rigides (servant à peine) – 2 rouleaux – 1 émotteuse – 1 houe – 1 butteur – 2 épandeurs d’engrais à hérisson
Ensemencement, récolte et transformation des produits : machines
2 semoirs en ligne – 3 faneuses – 3 râteaux mécaniques – 2 faucheuses – 1 moissonneuse-lieuse MacCormick, coupe à droite 1,80 m – 1 moissonneuse-lieuse MacCormick, coupe à gauche 1,80 m – 1 javeleuse – 1 moteur Gardner 6 HP qui actionne 3 hache-pailles – 1 coupe-racines – 2 aplatisseurs d’avoine, 1 moteur Charles à gaz pauvre (remplaçant en 1924 un Gardner 10 HP) – 1 batteuse (société de Vierzon) – 1 dynamo pour recharger les accus
Transport des produits : véhicules agricoles
8 charrettes à 2 roues – 10 tombereaux – 2 tonneaux à purin – 1 carriole – 1 voiture à commission – brouettes et civières – wagons à fourrage
Diverses tâches : transmission, pesée, stockage de l’eau et d’autres produits, pompage, petits travaux aratoires et d’entretien… (machines et outils)
2 treuils pour 200 kg, 2 palans de 1 000 kg avec élingues, 1 palan différentiel – cribles – tarares – bascules – 6 bacs à eau de 10 m3 chacun – 1 pompe à purin et 1 pompe à eau – 1 pompe à incendie et d’autres machines actionnées par le moteur Gardner 6 HP – petits outils agricoles
Doc. P. Birée.
12 Déjà avant 1914, les bœufs ne sont plus utilisés dans la culture de la ferme (les terres labourées ont diminué en forte quantité passant de 185 à 36 hectares) et on trouve à leur place une vingtaine de chevaux de la variété de grande taille (la plupart de ces individus ont la robe gris pommelée, caractéristique de la race primitive) (fig. 6).
Fig. 6. – Les attelages de chevaux de trait dans les années cinquante.
Coll. Privée Y. Lebert ©.
13 Dans les années cinquante, selon un fonctionnement établi depuis plusieurs décennies, toutes les juments ainsi que l’étalon de pure race sont inscrits au Stud-Book9 percheron.
Tous ces animaux ont été élevés sur la ferme et viennent de juments nées dans la ferme, sauf les étalons qui sont achetés dans le Perche. Les juments sont saillies tous les ans ; elles continuent de travailler jusqu’à ce que l’époque du terme soit proche, et alors mises dans des boxes côté ouest pour éviter les accidents avec les autres juments. Les étalons sont placés dans d’autres boxes au sud. D’autres sont destinés au sevrage des poulains. Quelques jours après la mise bas, les juments reprennent leur travail, et elles retrouvent leurs petits quand ils ont acquis de la force. Ils sont sevrés vers 5 ou 6 mois.
Les mères retournent dans l’écurie de travail et leurs poulains conservent leur box.
Entre 6 et 10 mois, on les habitue à la présence de l’homme et on leur apprend à se laisser brider et conduire en leur passant simplement un licol en sangle, et on les promène en main dans la cour de la ferme. Cette opération, répétée chaque jour, nécessite, au moins dans les débuts, la présence d’un charretier aidé d’un homme de ferme, du cocher et du palefrenier de la maison.
14 C’est aussi durant cet hiver passé à la ferme que les marchands viennent voir les mâles et discutent de leur valeur. Vers un an, on conduit les pouliches que l’on garde pour reconstituer l’écurie plus tard, dans le grand herbage de 15 hectares environ situé au bout de la propriété au milieu des terres et entièrement clos de haies. Là, elles restent un an ou deux, pouvant s’abriter dans une écurie toujours ouverte. Outre l’herbe de la prairie, elles reçoivent du foin l’hiver. En cas de problème, elles sont provisoirement rapatriées à la ferme. Lorsque les pouliches ont atteint 30 mois ou trois ans et que l’on en réforme certaines âgées, on les ramène à la ferme et elles commencent à travailler.
En général, le dressage se fait sans difficulté et souvent, l’année suivante, elles peuvent tracter la moissonneuse-lieuse.
Le cheval de loisir
15 Les bâtiments pour les chevaux de monte et d’attelage sont plus luxueux que ceux dévolus aux chevaux de travail ; par exemple, la sellerie est lambrissée, l’écurie de selle comporte quatre boxes et des aménagements en métal (grilles travaillées, râteliers).
L’écurie des chevaux de luxe, la sellerie et la remise
16 Ces trois espaces sont un peu à part, puisqu’ils ne concernent pas l’activité agricole et industrielle d’Avoise (dimensions au sol : 8,50 mètres sur 4,75). Ils se situent sur l’aile ouest et se présentent en enfilade. L’écurie des chevaux dits « de luxe » est réservée à l’usage de la famille Houel. Elle possède quatre boxes séparés par des cloisons en bois surmontées de barreaux métalliques10. Un distributeur de nourriture est prévu pour les rations. Le sol est pavé de briques. On remarque une petite fenêtre qui appartient aux logements des cochers à l’étage, rendant la surveillance des bêtes à toute heure de la nuit plus confortable.
17 La sellerie est entièrement lambrissée en châtaignier et équipée de supports (fig. 7). Le matériel que l’on y trouve est prévu pour une écurie de 4 à 6 chevaux pour la monte ou la traction de véhicules attelés (filets, harnais simples et doubles, palonniers, selles, étriers, mors). Les deux niveaux supérieurs servent de logements aux cochers.
Fig. 7. – L’écurie de selle.
© Cliché P. Birée, 2010.
18 Le cheval, c’est aussi l’animal de loisir pour la monte ou l’attelage, non dans le cadre de la production, mais dans celui du cadre familial et sociétal des propriétaires11. Au moment de la transformation en prairies d’une partie des terres, vers 1879, on développe l’élevage du demi-sang en achetant plusieurs juments de très bonne origine, dont cinq ayant remporté des succès dans des épreuves hippiques. L’on obtient alors quelques bonnes pouliches dont plusieurs sont récompensées dans la région (haras du Pin, Chartres, Sées, etc.). Les mâles se vendent au sevrage ainsi que les pouliches de 4 ans non conservées pour la reproduction. Un arrangement avec un éleveur local
spécialisé dans le dressage et l’entraînement des chevaux de demi-sang permet de ne pas être obligé de monter une écurie de course au trot.
19 Cette activité est complétée, probablement pendant ou après la Première Guerre mondiale, par celle de pur-sang, mais sur une moins grande échelle. Dans les années vingt, 4 ou 5 poulinières sont d’ailleurs vendues à la vente des yearlings à Deauville.
Quelques étalons ont eu de beaux succès sur les champs de courses. Mais, selon J. Duchaussoy, l’écurie de sang est :
« Un élevage assez dangereux, il ne compte pas dans la ferme. »
20 Cette activité s’arrête à la Seconde Guerre mondiale. Quelques plaques apposées au- dessus de la porte de l’écurie attestent de ces activités jusqu’en 1939 (Alençon, Dinard, Cabourg) (fig. 8). La gestion financière de cette spéculation est liée à celle de l’exploitation agricole, mais rien n’indique que celle-ci, uniquement d’agrément, n’ait apporté le moindre bénéfice réel à l’exploitation.
Fig. 8. – Plaques de concours dans les années trente toujours apposées à l’entrée de l’écurie de selle.
© Cliché P. Birée, 2012.
21 Un certain nombre de véhicules d’attelage sont au fil du temps entreposés dans les remises. L’inventaire après décès de Jules-César Houël en 1876 dresse une liste de sept véhicules : un coupé, un grand break, un panier, une victoria, une berline de voyage, une tapissière, un petit panier. Entre 1901 et 1940, quelques chevaux sont toujours gardés pour l’usage des propriétaires, Monsieur et Madame Garin, 3 ou 4 chevaux de selle et un de voiture, toujours choisis parmi les grands poneys anglais.
22 L’activité équestre de loisir garde une place toujours importante avant 1960 au niveau de la chasse à courre, pratique habituelle dans la région. Avoise est un lieu important de rassemblement pour la vénerie (fig. 9). Les entrées des équipages se font par l’arrière du domaine.
Fig. 9. – M. et Mme Garin lors d’un rallye en forêt d’Écouves en 1927.
M. Garin est à gauche au premier plan avec un cor autour du cou, Mme Garin est au second plan au centre droit de la photo en vêtements gris. © Cliché P. Birée.
23 Le site d’Avoise représente une remarquable réalisation caractéristique de la dynamique industrielle du Second Empire. Dès le début de cette aventure agro- industrielle, vers 1860, le cheval, en tant que force de traction, est associé au système de production. Dans le même temps, le cheval de loisir, cheval de selle, élevage du demi-sang ou écurie de chevaux pour la chasse à courre, est associé à l’entreprise, en lien avec la position sociale des propriétaires. Des bâtiments distincts sont construits pour ces deux spéculations. Si le cheval de travail existe dans la démarche de production jusqu’en 1960, le cheval de loisir disparaît avant la Seconde Guerre mondiale. Deux facettes bien différentes concernant le cheval ont donc coexisté pendant plusieurs décennies, l’un à l’ombre du labeur, l’autre à la lumière des champs de courses ou de la chasse à courre.
BIBLIOGRAPHIE
BARRIÈRE-BIRÉE Delphine, BIRÉE Patrick, BODENÈS Joëlle, BRUNET Pierre, « Avoise à Radon, de la ferme industrielle (1858-1879) à l’exploitation agricole (1879-1987) », Bulletin trimestriel de la Société historique et archéologique de l’Orne, tome CXXX – 3e-4e trimestres, septembre-décembre 2011.
BOURDIN Gérard, La révolution aux champs, l’agriculture ornaise de 1800 à 1940, catalogue d’exposition, Archives départementales de l’Orne, 1998.
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BRAUDEL Fernand et LABROUSSE Ernest, Histoire économique et sociale de la France, tome III, vol. 2.
BRUNET Pierre, « Essai sur l’évolution de l’agriculture dans le département de l’Orne (1800-1940) », Bulletin de la SHAO, tome CXX, septembre 2001, p. 5-20.
BRUNET Pierre, « Les fermes modèles du XIXe siècle en Basse-Normandie », dans La maison rurale en pays d’habitat dispersé, de l’Antiquité au XXe siècle, actes du colloque de Rennes en 2002, PUF, Rennes, 2005.
CROUZET François, « Agriculture et révolution industrielle », Cahiers d’histoire, tome XII, 1967, no 1.
DUCHAUSSOY Jacques, Domaine d’Avoise, thèse agricole, Beauvais, 1924.
DUVAL Arthur, Rapport de stage à Avoise, tapuscrit non édité, Angers, 1950.
HOUEL Jules-César, Mémoire sur l’exploitation agricole d’Avoise pour concourir à la prime d’honneur du département de l’Orne en 1873, Paris, Lahure, 1872.
HOUEL Jules-Gervais, Mémoire sur l’exploitation agricole d’Avoise pour concourir à la prime d’honneur du département de l’Orne en 1898, Alençon, 1897.
JOUBERT Séverine, « L’agriculture ornaise au cours de la seconde moitié du XIXe siècle », Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne, tome CXX, septembre 2003, p. 39-60.
VIVIER Michel, « L’agriculture du département de l’Orne 1939-1970 : des conséquences de la guerre à l’agriculture intensive », Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne, tome CXXII, mars-juin 2003, p. 47-72.
NOTES
1. Cet article spécifique sur le cheval élaboré pour le colloque de Rouen est composé à partir de deux ouvrages relatifs à ce site : P. Birée, Mémoires d’Avoise à Radon, 1930-1960, et D. Barrière-Birée et alii, Avoise à Radon, de la ferme industrielle (1858-1879) à l’exploitation agricole (1879-1987). Cette étude s’appuie notamment sur les archives d’Avoise déposées aux Archives départementales de l’Orne dans la sous-série 56 J.
2. La construction d’Avoise, au cours du XIXe siècle, est liée à celle de Briante sur Colombiers et de la Normanderie à Ménil-Erreux, œuvre « d’agriculteurs industriels » selon l’expression de Pierre Brunet. D. Barrière-Birée et al. « Avoise à Radon, de la ferme industrielle (1858-1879) à l’exploitation agricole (1879-1987) », p. 24.
3. Les sources et témoignages mentionnent aussi l’usage de l’âne comme animal de trait jusqu’en 1960.
4. Cette tâche était aussi dévolue aux bœufs d’engraissement entre 1858 et 1879.
5. Arch. dép. Orne, Fonds des plans d’Avoise, cote 57Fi 178.
6. En avril 2011, ce coffre est toujours en place.
7. Arch. dép. Orne, inventaire après décès, 4E 73/423, mai 1876. L’inventaire de maître Halbout évoque : Pelote, Bleue, Chardelle, Poule, Frosine, Marianne, Rosette, Mignonne, Bijou et Charlotte.
8. Tous ces éléments sont issus des rapports de Jules-César Houël (1872), de Auguste- Gervais Houël (1898), de Jacques Duchaussoy (1924), D’Arthur Duval (1950), ainsi que des témoignages d’Yves Lebert (ancien régisseur de 1949 à 1960).
9. Le Stud-Book (percheron) et le Herd-Book (normand) sont des livres de généalogie pour les élevages.
10. En avril 2011, deux boxes sont encore en place, ainsi que le distributeur de nourriture.
11. Quatre générations de propriétaires issues de la même famille se succèdent : Jules- César Houël (1858-1876), Auguste-Gervais Houël (1876-1901), Hélène Garin (1901-1950), Ghislaine Jousset (1950-1960).
RÉSUMÉS
La ferme agro-industrielle d’Avoise à Radon dans le bassin d’Alençon (Orne) a été édifiée vers 1860. Répondant à une demande intérieure de production d’alcool, elle est conçue pour la distillation du jus de betteraves. Dès l’origine, le cheval y tient une part prépondérante, utilisé comme animal de trait des charrettes, charrues et autres véhicules ou instruments aratoires. Une quinzaine de juments percheronnes sont recensées en 1872 sur cette exploitation qui compte alors 360 hectares, dont les deux tiers en terres labourables. Ce rôle va perdurer jusqu’à l’entre- deux-guerres. Mais parallèlement, les propriétaires investissent dans les chevaux de monte, pour la chasse à courre et l’élevage demi-sang puis sang, participant à de nombreux concours régionaux. Des espaces spécifiques, écurie pour chevaux de trait et écurie pour chevaux de luxe, coexistent dans l’exploitation. Images donc en miroir pour cette même structure, cheval de travail et cheval de loisirs…
AUTEUR
PATRICK BIRÉE
Secrétaire de la Société historique et archéologique de l’Orne, docteur en histoire moderne et contemporaine, université Caen-Normandie