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Academic year: 2022

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HAL Id: tel-02155228

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02155228

Submitted on 13 Jun 2019

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transmission non linéaire structurée en super réseau et simulant un neurone myélinisé

Guy-Merlin Nkeumaleu

To cite this version:

Guy-Merlin Nkeumaleu. Propagation d’informations le long d’une ligne de transmission non linéaire structurée en super réseau et simulant un neurone myélinisé. Traitement du signal et de l’image [eess.SP]. Université Bourgogne Franche-Comté, 2019. Français. �NNT : 2019UBFCK006�. �tel- 02155228�

(2)

Ecole doctorale n°37´

Sciences Pour l’Ing ´enieur et Microtechniques

Doctorat d’Informatique

par

GUY-MERLIN

NKEUMALEU

Propagation d’informations le long d’une ligne de transmission non lin ´eaire structur ´ee en super r ´eseau et simulant un neurone my ´elinis ´e.

Th `ese pr ´esent ´ee et soutenue `a Dijon, le 17/01/2019 Composition du Jury :

AILLERIEMICHEL Professeur `a l’Universit ´e de Lorraine et CentraleSup ´elec, 1erRapporteur de la th `ese

Pr ´esident

DOSSANTOS SERGE Maˆıtre de Conf ´erences HDR

`a Blois `a l’INSA Centre Val de Loire

Rapporteur

BILBAULTJEAN-MARIE Professeur `a l’Universit ´e de Bourgogne Franche-Comt ´e

Directeur de th `ese NGUETCHOTCHAKOUTIOA. S. Professeur `a l’Universit ´e de

Maroua au Cameroun

Codirecteur de th `ese

N X X X

(3)
(4)

Universit ´e Bourgogne Franche-Comt ´e 32, avenue de l’Observatoire 25000 Besanc¸on, France

Titre : Propagation d’informations le long d’une ligne de transmission non lin ´eaire structur ´ee en super r ´eseau et simulant un neurone my ´elinis ´e.

Mots-cl ´es :Ligne ´electrique 1, Equations aux d ´eriv ´ees partielles 2, Soliton 3, Transmissivit ´e 4, Simulation 5.

R ´esum ´e :

Les syst `emes non lin ´eaires sont d ´ecrits g ´en ´eralement avec des ´equations aux d ´eriv ´ees partielles qui les caract ´erisent, comme la chaine de pendules coupl ´es, la chaine de prot ´eines comportant des mol ´ecules avec liaisons hydrog `ene, les r ´eseaux atomiques...etc. Ces mod `eles comportent le plus souvent des interactions inter particulaires anharmoniques et des potentiels de substrat d ´eformables. En effet, aux cons ´equences importantes dues `a la non lin ´earit ´e et `a la dispersion, l’anharmonicit ´e et la d ´eformabilit ´e ajoutent d’autres propri ´et ´es de propagation des ondes solitaires telles que les compactons, les kinks et les antikinks, les peakons , . . . ainsi qu’ `a la capacit ´e du syst `eme `a transmettre un signal. Nous utilisons ici la m ´ethode de bifurcation pour tracer les diff ´erents portraits de phase obtenus par variation des param `etres

du syst `eme. Nous mettons en ´evidence l’influence du facteur d’anharmonicit ´e du couplage et celle du facteur de d ´eformation du potentiel de substrat sur la transmissivit ´e et la bistabilit ´e du syst `eme. Il en ressort que l’amplitude du signal d’entr ´ee qui produit la bistabilit ´e d ´epend de la valeur absolue du coefficient d’anharmonicit ´e et de l’ ´epaisseur du milieu non lin ´eaire `a traverser. En tenant compte des propri ´et ´es importantes g ´en ´er ´ees par de tels syst `emes, il nous a paru int ´eressant de construire une ligne ´electrique caract ´eris ´ee par les m ˆemes

´equations, c’est `a dire un super r ´eseau qui simule un neurone my ´elinis ´e. Les types de solitons obtenus semblent mieux adapt ´es pour d ´ecrire le signal

´electrique qui caract ´erise l’influx neuronal localis ´e dans l’espace avec un support compact.

Title:Propagation d’informations le long d’une ligne de transmission non lin ´eaire structur ´ee en super r ´eseau et simulant un neurone my ´elinis ´e.

Keywords:Electrical line 1, Partial differential equation 2 , Soliton solution 3, Transmissivity 4 , Simulation 5.

Abstract:

Nonlinear systems are generally described with partial differential equations which characterize them, such as the chain of coupled pendulums, the chain of proteins comprising molecules with hydrogen bonds, the atomic networks, etc. These models most often comprise interactions between anharmonic particularities and deformable substrate potentials. Indeed, with significant consequences due to nonlinearity and dispersion, anharmonicite and deformability lead to other propagation properties of solitary waves such as compactons, kinks and antikinks, peaks, ... as well as the ability of the system to transmit a signal. We use here the method of bifurcation to draw the different phase portraits obtained by variation of the parameters

of the system. We highlight the influence of the anharmonicite factor and the deformation factor on the transmissivity and bistability of the system. It follows that the amplitude of the input signal that produces the instability depends on the absolute value of the anharmonicite coefficient and the depth of the nonlinear medium to cross. Taking into account the important properties generated by such systems, it seemed interesting to build a transmission line characterized by the same equations, ie a super network that simulates a neuron with myelin. The types of solitons obtained seem to be better adapted to describe the electrical signal characterizing the localized neuronal impulse in space with a compact support.

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Je d ´edie ce travail `a mes parents TAGNI NKEUMALEU JOSEPH et MAGNI LEUSSI MADELEINE qui se sont sacrifi ´es pour ma r ´eussite.

v

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(8)

Je remercie le Seigneur Dieu Tout Puissant pour sa bont ´e infinie dans ma vie.

Je remercie tous ceux qui ont accompagn ´e ce travail et les diff ´erents acteurs qui ont contribu ´e de proche ou de loin `a sa r ´ealisation. Ainsi je ne saurai achever cette rubrique sans porter mes distingu ´es remerciements :

Je remercie l’ ´equipe formidable d’encadreurs que j’ai rencontr ´ee au laboratoire Le2i de l’Universit ´e de Bourgogne, principalement mon encadreur Le Professeur Jean-Marie BILBAULT pour son suivi m ´ethodique et le soutient apport ´e durant mon s ´ejour `a Dijon.

Je remercie Le Professeur Serge Aurelien NGUETCHO TCHAKOUTIO pour le privil `ege qu’il m’a offert `a travailler avec cette ´equipe formidable et pour sa large disponibilit ´e accord ´ee pour le suivi de ce travail.

Je remercie les membres du jury qui ont accept ´e d’apporter leurs appr ´eciations `a ce travail.

Je remercie tous les membres de l’ ´equipe du laboratoire d’ ´electronique d’imagerie et Je remercie le Seigneur Dieu Tout Puissant pour sa bont ´e infinie dans ma vie.

Je remercie tous ceux qui ont accompagn ´e ce travail et le diff ´erents acteurs qui ont contribu ´e de proche ou de loin `a sa r ´ealisation. Ainsi je ne saurai achever cette rubrique sans porter mes distingu ´es remerciements :

Je remercie l’ ´equipe formidable d’encadreurs que j’ai rencontr ´ee au laboratoire Le2i de l’Universit ´e de Bourgogne, principalement mon encadreur Le Professeur Jean-Marie BILBAULT pour son suivi m ´ethodique et le soutient apport ´e durant mon s ´ejour `a Dijon.

Je remercie Le Professeur Serge Aurelien NGUETCHO TCHAKOUTIO pour le privil `ege qu’il m’a offert `a travailler avec cette ´equipe formidable et pour sa large disponibilit ´e accord ´ee pour le suivi de ce travail.

Je remercie les membres du jury qui ont accept ´e d’apporter leurs appr ´eciations `a ce travail.

Je remercie tous les membres de l’ ´equipe du laboratoire d’ ´electronique d’informatique et d’imagerie qui ont sacrifi ´e leurs temps pour mon encadrement.

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Je remercie mon ´epouse CAROL NKEUMALEU qui m’a toujours soutenu pendant la pr ´eparation de ce travail.

Je remercie HERVE et HEIDI CHOMENI pour le soutien et la confiance dont ils m’ont accord ´es.

Je remercie tous mes coll `egues du lyc ´ee classique de Maroua ainsi que ceux de la d ´el ´egation r ´egionale des enseignements secondaires de l’Extr ˆeme Nord du Cameroun.

je remercie la famille NGUETCHO de MAROUA pour le soutien inestimable.

je remercie la grande famille NKEUMALEU du Cameroun.

Je remercie la famille KUE de Yaound ´e.

Je remercie la grande famille Chr ´etienne de l’Eglise Evang ´elique du Cameroun de Maroua HARDE pour le soutien qu’ils m’ont apport ´e.

Je remercie KAMOGNE ROGER pour tout ce qu’il a fait pour moi pour cette Th `ese.

Je remercie tous mes coll `egues du lyc ´ee classique de Maroua ainsi que ceux de la d ´el ´egation r ´egionale des enseignements secondaires de l’Extr ˆeme Nord du Cameroun.

Je remercie tous mes camarades du laboratoire d’ ´electronique pour l’esprit de solidarit ´e dont ils ont fait preuve.

(10)

1 Introduction 1

1.1 Contexte . . . 1

1.2 Objectifs de la th `ese . . . 2

1.3 Plan de la th `ese . . . 4

2 G ´en ´eralit ´es 5 2.1 Introduction . . . 5

2.2 Le neurone my ´elinis ´e . . . 5

2.2.1 Description du neurone . . . 5

2.2.2 Fonctionnement du neurone . . . 5

2.2.3 Codage des messages nerveux . . . 7

2.2.4 Le neurone vu comme super r ´eseau ´electrique . . . 7

2.3 Chaˆıne de pendules coupl ´es . . . 9

2.4 Le transfert du proton dans les chaines mol ´eculaires . . . 12

2.5 Ligne ´electrique non lin ´eaire . . . 13

2.6 Conclusion . . . 14

3 Mod `ele th ´eorique 17 3.1 Introduction . . . 17

3.2 Les ´equations du mouvement . . . 20

3.3 Bifurcations et solutions de l’ENLSE . . . 22

3.3.1 Dynamique des solitons de gap . . . 22

3.3.1.1 Equation d’ ´evolution . . . 22´

3.3.1.2 Trajectoires de phase et solutions . . . 25

3.3.2 Dynamique des solitons dans la bande des fr ´equences permises . . 42

3.3.2.1 Equation d’ ´evolution . . . 42´

3.3.2.2 Trajectoires de phase et solutions . . . 43

3.3.2.2.1 Trajectoires de phase et solutions pourk=±2π/3 44 3.3.2.2.1.1 Portraits de phase et solutions dans le cas o `u f2(φ)n’a pas de z ´ero . . . 45

ix

(11)

3.3.2.2.1.2 Portraits de phase et solutions dans le cas o `u f2(φ)a une racine double. Dans ce cas,

φe1e2e eth1 =h2. . . 46

3.3.2.2.1.3 Portraits de phase et solutions dans le cas o `u f2(φ) a deux racines r ´eelles distinctes φe1 etφe2, avecφe1 > φe2 . . . 48

3.3.2.2.2 Trajectoires de phase et solutions pour un nombre d’ondek quelconque . . . 54

3.3.2.2.2.1 Portraits de phase et solutions dans le cas o `u f3(φ)a une racine triple . . . 54

3.3.2.2.2.2 Portraits de phase et solutions du syst `eme pour c2 , 0 quand f3 admet une racine double . . . 59

3.3.2.2.2.3 Portraits de phase et solutions du syst `eme pourc2 , 0quand f3 admet trois racines distinctes et positives . . . 71

3.4 Conclusion . . . 105

4 Transmissivit ´e, bistabilit ´e au voisinage du gap 107 4.1 Introduction . . . 107

4.2 Equation de Schrodinger non lin ´eaire . . . 107

4.3 M ´ethode `a deux ondes . . . 108

4.4 Conditions de continuit ´e . . . 109

4.5 Fonction de transfert du syst `eme . . . 110

4.5.1 Expression analytique de la transmissivit ´e . . . 110

4.5.1.1 Traitement de l’ ´equation (4.12) en consid ´erant v comme param `etre . . . 112

4.6 Caract ´eristique de la transmissivit ´e en fonction deVi . . . 115

4.6.0.1 Fonction de transfert pour certaines valeurs fix ´ees des pa- ram `etres . . . 115

4.6.0.2 Influence de l’anharmonicit ´e sur la fonction de transfert . . 115

4.6.0.3 Influence de la largeur du milieu non lin ´eaire sur la fonc- tion de transfert . . . 115

4.7 Conclusion . . . 116

5 Construction d’un super r ´eseau simulant un neurone my ´elinis ´e 117 5.1 Introduction . . . 117

5.2 Structure et fonctionnement du neurone . . . 117

5.2.1 le neurone . . . 117

(12)

5.2.2 Fonctionnement du neurone . . . 117

5.3 Quelques mod `eles ´electroniques connus du neurone . . . 118

5.3.1 Mod `ele de Hodgkin-Huxley . . . 119

5.3.2 Mod `ele de Fitzhugh-Nagumo . . . 121

5.3.3 Mod `ele propos ´e pour le dip ˆole non lin ´eaire . . . 123

5.4 Construction de la ligne de transmission non lin ´eaire . . . 125

5.4.1 Ligne de transmission diffusive lin ´eaire . . . 125

5.4.2 Mod `ele ´electronique d’une ligne de transmission de diffusion non lin ´eaire. . . 127

5.4.3 Ligne de transmission non lin ´eaire sans att ´enuation . . . 129

5.4.4 Ligne de transmission non lin ´eaire avec anharmonicit ´e et substrat d ´eformable (voir figure (5.11)) . . . 131

5.4.5 Construction d’un super-r ´eseau simulant un neurone my ´elinis ´e . . . 135

5.5 Conclusion . . . 138

6 Conclusion g ´en ´erale 139

(13)
(14)

I NTRODUCTION

1.1/ C

ONTEXTE

De nos jours, les syst `emes de transmission sont diversifi ´es et tr `es r ´epandus. Nous pou- vons par exemple citer :

— la transmission du son dans un milieu mat ´eriel, qui trouve des applications en imagerie m ´edicale, dans les sonars,...

— le transfert d’ ´energie dans les cellules animales et v ´eg ´etales (la production de l’ad ´enosine triphosphate (ATP) utilis ´ee comme source d’ ´energie chimique pour les cellules),

— le transfert des protons dans les syst `emes mol ´eculaires `a liaison hydrog `ene pouvant expliquer la duplication de l’ADN, la dynamique mol ´eculaire dans les prot ´eines,

— l’illustration exp ´erimentale de la propagation de solitons le long d’une chaˆıne de pendules coupl ´es,

— certaines r ´eactions chimiques industrielles,

— la transmission des informations dans les lignes ´electriques et les r ´eseaux neuro- naux, ...

Le processus de transmission du signal ou de l’information dans les syst `emes, no- tamment nonlin ´eaires, est assez complexe `a maˆıtriser, interpr ´eter et comprendre, car cela n ´ecessite une connaissance approfondie de nombreux domaines. Le ph ´enom `ene de la dynamique des syst `emes nonlin ´eaires se trouve en fait `a l’interface de plusieurs disciplines : physique, chimie, ´economie, informatique, biologie, industrie, etc. Ceci in- duit sa nature pluridisciplinaire. Il s’agit plus pr ´ecis ´ement d’ ´etudier et de chercher `a comprendre des ph ´enom `enes naturels nonlin ´eaires pour lesquels est d ´evelopp ´ee une mod ´elisation th ´eorique [1, 2, 3], suivie de simulations num ´eriques, et enfin dans cer- tains cas confirm ´ee par des exp ´eriences sur des d ´emonstrateurs ´electroniques r ´ealis ´es en laboratoire. Ce domaine connaˆıt actuellement un essor consid ´erable en raison tant de son int ´er ˆet fondamental que de ses applications technologiques [4, 5]. Les interac- tions entre les sciences biom ´edicales, l’ ´electronique, l’informatique et les math ´ematiques appliqu ´ees sont en pleine expansion et leurs retomb ´ees en termes de sant ´e publique suscitent de nombreux espoirs. Des programmes de recherche internationaux ambi- tieux ont ´et ´e lanc ´es, en particulier aux Etats-Unis mais aussi dans le reste du monde [6, 7], pour promouvoir le d ´eveloppement d’instrumentations ´electroniques ainsi que de mod `eles biomath ´ematiques et bioinformatiques permettant l’analyse des donn ´ees mas- sives en biologie mol ´eculaire et cellulaire (Programme Virtual Cell), ainsi qu’en physio- logie [8]. Le d ´eveloppement de ce secteur de recherche a ´et ´e rendu possible par les

1

(15)

avanc ´ees majeures r ´ealis ´ees ces derni `eres ann ´ees dans la mod ´elisation et la simula- tion des ph ´enom `enes complexes [9, 10, 11], en particulier ceux r ´egis par des ´equations aux d ´eriv ´ees partielles. Les mod `eles universels qui peuvent ˆetre utilis ´es pour d ´ecrire une grande vari ´et ´e d’effets ou de ph ´enom `enes physiques diff ´erents sont rares ; Ils sont pourtant d’une importance capitale. De tels mod `eles attirent une attention particuli `ere en pouvant ˆetre utilis ´es pour d ´ecrire les concepts physiques de base de la mani `ere la plus simple. Un mod `ele simple d ´ecrit une chaˆıne de particules (atomes) harmonique- ment coupl ´ees `a leurs proches voisins et assujetties `a un potentiel p ´eriodique (potentiel de substrat). Les lignes ´electriques nonlin ´eaires constituent un syst `eme exp ´erimental assez simple et suffisamment r ´ealiste pour l’observation et l’ ´etude quantitative de la propagation et des propri ´et ´es d’excitations nonlin ´eaires [12], les propri ´et ´es de trans- mission nonlin ´eaire des bi-r ´eseaux (r ´eseaux constitu ´es de deux sous-r ´eseaux de ca- ract ´eristiques diff ´erentes), des super-r ´eseaux (constitu ´es d’un grand nombre de couches diff ´erentes) et autres syst `emes nonlin ´eaires. Ces derni `eres ann ´ees, c’est m ˆeme devenu un des mod `eles fondamentaux et universels de la physique nonlin ´eaire. Bien qu’un lien avec le mod `ele classique ne soit pas souvent ´enonc ´e de mani `ere explicite dans un cer- tain nombre d’applications, la plupart des probl `emes nonlin ´eaires impliquant la dyna- mique des chaˆınes non lin ´eaires discr `etes sont en fait bas ´es sur la formulation classique pr ´esent ´ee dans un premier temps par Frenkel et Kontorova [13, 14, 15, 16, 17, 18], puis dans un second temps par Klein et Gordon [16, 17, 18, 19]. Ces mod `eles id ´eaux peuvent ˆetre compar ´es `a une approximation de l’ ´equation de Toda [20] et peuvent permettre avec des transformations judicieuses, d’obtenir d’autres grandes familles d’ ´equations comme celles de Korteweg-de Vries (KdV) [16, 17, 21], de Schr ¨odinger non lin ´eaire (SNL) [16, 17, 18, 22], Boussinesq [16], ... et de ce fait fournissent une bonne garan- tie d’applications. Ils mettent surtout en ´evidence la flexibilit ´e des mod `eles `a s’adapter `a plusieurs autres syst `emes r ´eels. Leur ´etude qui, en quelques ann ´ees, a pris une ampleur assez consid ´erable, rencontre encore d’ ´enormes difficult ´es, notamment en raison de la complexit ´e des processus en ce qui concerne les ph ´enom `enes biologiques et industriels, la physique mol ´eculaire, la neurophysique, pour les probl `emes de corrosion, dans les tentatives d’interpr ´etation ou de compr ´ehension. Il apparaˆıt donc clairement que la des- cription fournie par ces mod `eles est encore insatisfaisante et qu’elle n ´ecessite beaucoup d’am ´eliorations.

1.2/ O

BJECTIFS DE LA THESE

`

La majeure partie des r ´esultats rigoureux obtenus jusqu’ `a pr ´esent avec les mod `eles cit ´es ci-dessus le sont sous l’hypoth `ese que les interactions inter-particulaires sont simplifi ´ees

`a l’extr ˆeme, c’est- `a dire repr ´esent ´ees par des fonctions harmoniques ou des fonctions d’une nonlin ´earit ´e assez simple. Elles souffrent ainsi d’une certaine insuffisance car les

´etudes exp ´erimentales montrent que ces interactions sont de formes bien plus com- plexes. De m ˆeme, les potentiels de substrat dans les m ˆemes mod `eles sont g ´en ´eralement pris sous une forme rigide ou quasi rigide (par exemple sine Gordon ou phi4), ce qui veut dire qu’ils ne prennent pas en compte les diff ´erentes formes et ´evolutions des perturba- tions ext ´erieures (pression, temp ´erature, champ ´electromagn ´etique, ... et/ou g ´eom ´etrie du syst `eme).

Selon tous les travaux men ´es ces derniers ann ´ees sur des mod `eles anharmoniques o `u il est montr ´e que l’anharmonicit ´e du mod `ele et la d ´eformabilit ´e du potentiel de substrat

(16)

conduisent `a de nouveaux effets non d ´ecrits dans les ´equations ant ´erieures [23, 24], il apparaˆıt clairement que la description fournie par ces syst `emes d’ ´equations reste tr `es insatisfaisante vis- `a-vis des ph ´enom `enes physiques r ´eels. Il nous a donc paru int ´eressant de prendre en compte une nonlin ´earit ´e forte (de type cubique-quartique) afin d’approcher au mieux les potentiels r ´ealistes comme ceux de Toda ou de Morse, elle-m ˆeme plong ´ee dans un environnement o `u l’influence des effets ext ´erieurs ne serait plus constante. Pour cela, nous utiliserons la forme d ´eformable du substrat telle que propos ´ee par Peyrard et Remoissenet [13, 17], et dont le sine-Gordon est un cas particulier.

Par ailleurs, parmi les ph ´enom `enes non lin ´eaires, un grand int ´er ˆet a ´et ´e port ´e aux pro- pri ´et ´es de transmission des syst `emes non lin ´eaires. En r ´egime lin ´eaire, la propagation des ondes dans les bi-r ´eseaux (r ´eseau constitu ´e de deux sous r ´eseaux altern ´es de caract ´eristiques diff ´erentes) est d ´ecrite par une relation de dispersion pr ´esentant des bandes de fr ´equences interdites appel ´ees gap. Ainsi, toutes les ondes lin ´eaires dont les fr ´equences appartiennent au gap ne peuvent se propager dans de tels syst `emes. On parle alors d’onde ´evanescente, ce qui implique une transmission tr `es faible `a travers un syst `eme de longueur finie. En r ´egime nonlin ´eaire par contre, une onde dont la fr ´equence est comprise dans le gap lin ´eaire peut ˆetre transmise dans le super-r ´eseau. En effet, ses propri ´et ´es peuvent ˆetre modifi ´ees en fonction de l’amplitude de l’onde de l’excitation qui lui est appliqu ´ee (effet Kerr en optique par exemple : l’indice de r ´efraction d ´epend ainsi de l’intensit ´e du champ). L’augmentation de l’amplitude (ou de la puissance) du signal incident peut faire passer le syst `eme d’un ´etat non transparent vers un ´etat transparent, d’une fac¸on souvent brutale : c’est le ph ´enom `ene de bi-stabilit ´e. Ce ph ´enom `ene, qui s’ac- compagne d’hyst ´er ´esis, a ´et ´e ´etudi ´e th ´eoriquement et num ´eriquement par bon nombre d’auteurs. Il peut ˆetre ´egalement li ´e `a l’existence de solitons de bande interdite, ou soli- tons de gap. Il nous a paru int ´eressant de regarder les effets de la nonlin ´earit ´e forte et la d ´eformabilit ´e du substrat sur la naissance et l’existence des diff ´erents types de solutions

”soliton” dans le gap, et sur leur dynamique.

Pour la r ´esolution des ´equations complexes issues de ces nouveaux mod `eles, nous met- trons sur pied et utiliserons la technique de bifurcation. Celle-ci pourra nous permettre, non seulement de mettre en ´evidence les param `etres clefs et effectifs (param `etres de bifurcation) de cette dynamique, mais ´egalement d’ ´etudier et de regarder l’apport r ´eel de chacun des termes (nouveaux comme anciens) du mod `ele math ´ematique obtenu apr `es la traduction du ph ´enom `ene r ´eel ´etudi ´e. En plus, la m ´ethode de bifurcation, par son ana- lyse qualitative, nous permettra, pour un mod `ele math ´ematique donn ´e, de faire sans trop de calculs l’inventaire complet de tous les types de solutions et de leurs diff ´erentes condi- tions d’existence.

Il existe `a notre connaissance peu d’articles sur l’observation exp ´erimentale des modes localis ´es dans un mod `ele `a interaction du type cubique-quartique et plong ´e dans un milieu ext ´erieur o `u les forces sont variables. Il semble donc aussi important d’avoir une meilleure connaissance de ces modes localis ´es dans les r ´eseaux non lin ´eaires r ´eels, afin de compl ´eter les r ´esultats d ´ej `a obtenus essentiellement sous formes th ´eorique et num ´erique.

(17)

1.3/ P

LAN DE LA THESE

`

Cette th `ese s’articule autour de quatre chapitres. Elle commence par des pr ´esentations g ´en ´erales des syst `emes non lin ´eaires avec quelques exemples :

— Un neurone

— Une chaˆıne de pendules coupl ´es

— Un processus de transfert des protons dans les syst `emes `a liaisons hydrog `ene

— Et enfin une ligne ´electrique non lin ´eaire.

Le troisi `eme chapitre portera sur l’ ´etude dynamique de l’ ´equation g ´en ´erale issue des mod `eles o `u sont prises en compte simultan ´ement : les interactions inter-particulaires de type cubique-quartique et les actions des forces ext ´erieures. Une attention sera port ´ee s ´epar ´ement sur le comportement dynamique au voisinage du gap et `a l’int ´erieur de la bande passante permise.

Une fois les solutions trouv ´ees, le quatri `eme chapitre analysera la transmissivit ´e et la bistabilit ´e ainsi que le ph ´enom `ene d’hyst ´eresis de quelques r ´eponses aux excitations au voisinage du gap. Dans ce chapitre, nous ´etablirons l’expression de la transmissivit ´e de notre syst `eme non lin ´eaire `a l’aide de la m ´ethode des deux ondes.

Sur la base des r ´esultats pr ´esent ´es dans les premiers chapitres, sur l’existence et la dynamique des solutions les plus marquantes, le cinqui `eme chapitre proposera de construire un super r ´eseau simulant un neurone my ´elinis ´e, c’est- `a-dire un mod `ele

´electronique du neurone avec une ligne ´electrique r ´egie par le mod `ele math ´ematique

´etudi ´e ci-dessus. Cette ligne pourrait ˆetre par la suite utilis ´ee pour constituer les ´el ´ements du super r ´eseau.

(18)

G ´ EN ERALIT ´ ES ´

2.1/ I

NTRODUCTION

La propagation de l’information se fait `a l’aide des chaˆınes de transmission (milieux mat ´eriels) ou sans support (ondes hertziennes). Une chaˆıne de transmission est l’en- semble de dispositifs permettant le transport d’une information sur des distances sou- vent importantes. Elle comprend trois ´el ´ements essentiels : un ´emetteur, un canal de transmission et un r ´ecepteur.

Le message `a transmettre est converti en signal par l’ ´emetteur. La dynamique de cer- taines chaˆınes de transmission est tr `es complexe et pr ´esente plusieurs particularit ´es.

De ce fait, il est n ´ecessaire de concevoir des mod `eles relativement simples pour mieux maˆıtriser leurs comportements dynamiques. Nous allons donner quelques exemples de propagation de l’information dans les chaˆınes de transmission qui pr ´esentent une dyna- mique tr `es vari ´ee et complexe. Le mod `ele que nous mettons en place pourra s’appliquer non seulement au neurone, mais `a plusieurs autres syst `emes physiques r ´eels tels que des chaˆınes m ´ecaniques, des syst `emes biologiques, des lignes ´electriques...

2.2/ L

E NEURONE MYELINIS

´

E

´

2.2.1/ DESCRIPTION DU NEURONE

Le neurone est la plus petite partie du syst `eme nerveux responsable du traitement et de la transmission de l’information. Il est constitu ´e de dendrites, du noyau, du cytoplasme, de l’axone, de la gaine de my ´eline, des nœuds de Ranvier et des synapses (cf. Fig. 2.1).

2.2.2/ FONCTIONNEMENT DU NEURONE

Les ´el ´ements responsables de la transmission du message nerveux sont :

— La membrane plasmique

— Les stimuli externes

— Les ions

— Les transporteurs membranaires 5

(19)

FIGURE2.1 – Sch ´ema d’un neurone. (https ://www.futura-sciences.com)

MEMBRANE PLASMIQUE

Elle est constitu ´ee d’une double couche de phospholipidiques qui l’entoure. C’est une barri `ere s ´elective qui laisse traverser les mol ´ecules non polaires et hydrophobes ; par contre, les mol ´ecules polaires et les ions ne peuvent pas la traverser directement.

La membrane d’une cellule nerveuse pr ´esente une diff ´erence de potentiel due `a la r ´epartition in ´egale des charges ´electriques entre l’int ´erieur et l’ext ´erieur de la mem- brane. Par ailleurs, un transfert d’ions s’effectue entre l’int ´erieur et l’ext ´erieur de la mem- brane, gr ˆace `a la pression osmotique et au champ ´electrique transmembranaire. Ceci permet de conserver un gradient de concentration de part et d’autre de la membrane contrebalanc¸ant la diffusion osmotique des esp `eces ioniques au travers des canaux lorsque ceux-ci s’ouvrent, l’ensemble ´etant d ´ecrit par la loi de Nernst.

Lorsque la membrane n’est soumise `a aucune excitation, le syst `eme constitu ´e de la membrane, du milieu extra cellulaire et du milieu intracellulaire atteint un ´equilibre. Nous pouvons alors mesurer une diff ´erence de potentiel. Cette diff ´erence de potentiel prend toujours pour r ´ef ´erence le milieu exocellulaire et porte le nom de potentiel de repos.

Le neurone r ´eagit aux stimuli externes. Ils peuvent ˆetre physiques (lumi `ere, son, pres- sion, temp ´erature,...etc), chimiques (neurotransmetteurs). La pr ´esence des stimuli induit une r ´eaction de d ´epolarisation de la membrane par ouverture des canaux `a sodium (chi- miod ´ependants ou d ´ependant du stimulus sensoriel) .

Les canaux ioniques sont voltage d ´ependants, autrement dit leur perm ´eabilit ´e d ´epend de la diff ´erence de potentiel entre les milieux extra et intracellulaire. Les propri ´et ´es de perm ´eabilit ´e de ces prot ´eines s ´electives donnent naissance `a un ph ´enom `ene ´electrique se propageant le long de l’axone : c’est le potentiel d’action (PA).

Le r ˆole principal du neurone est de transmettre diff ´erentes informations nerveuses. Mais ces informations n’ ´etant pas identiques, il est n ´ecessaire de les diff ´erencier par des codes.

(20)

2.2.3/ CODAGE DES MESSAGES NERVEUX

Pour un neurone donn ´e, l’amplitude du potentiel d’action ne varie pas pendant sa propa- gation et la vitesse de propagation est constante le long de l’axone.

L’information `a transmettre est cod ´ee par :

— Le nombre de potentiels d’action ´emis

— Leur fr ´equence

— Leur organisation en salves

— La dur ´ee du message.

Le nombre de potentiels d’action ´emis et la dur ´ee du message sont g ´en ´eralement en rap- port avec la quantit ´e d’informations `a transmettre. Ainsi, une fibre sensorielle ou motrice peut d ´echarger pendant plusieurs minutes et ´emettre des centaines, voire des milliers de potentiels d’action `a la suite d’une stimulation prolong ´ee ou pour soutenir une contrac- tion musculaire. Mais ce n’est pas toujours le cas. Certains r ´ecepteurs sensoriels, par exemple, s’adaptent tr `es vite et cessent de d ´echarger au bout de quelques secondes alors que la stimulation est maintenue.

La fr ´equence, qui s’exprime en nombre de potentiels d’action par seconde, est elle aussi en rapport avec la quantit ´e d’informations `a transmettre. Ainsi, plus l’information est im- portante, plus la fr ´equence augmente, jusqu’ `a une limite impos ´ee par la structure biolo- gique.

L’organisation en salves est un ph ´enom `ene complexe qui varie en fonction des structures concern ´ees et des messages v ´ehicul ´es. Les potentiels d’action d’un m ˆeme message peuvent en effet ˆetre ´emis sous forme de salves, plus ou moins espac ´ees dans le temps, dont la dur ´ee, le nombre de potentiels et la fr ´equence diff `erent d’une salve `a une autre.

On parle ´egalement de rafales, de trains de potentiels ou de bouff ´ees d’activit ´e (voir figure 2.2).

2.2.4/ LE NEURONE VU COMME SUPER RESEAU´ ELECTRIQUE´

La fonction d’un neurone est de transmettre l’information sous la forme d’un signal

´electrique se propageant le long de l’axone sans att ´enuation [26]. Nous nous proposons de concevoir une ligne de transmission ´electrique qui se rapproche du neurone my ´elinis ´e du point de vue de la propagation du signal ´electrique.

Avant de proposer un nouveau mod `ele de ligne ´electrique, il est n ´ecessaire d’examiner les mod `eles de lignes d ´ej `a r ´ealis ´es pour mod ´eliser le neurone. Dans le milieu ext ´erieur du neurone, les porteurs de charge ´electrique sont des ions qui se d ´eplacent facilement.

Donc ce milieu ext ´erieur est un conducteur ´electrique. La membrane neuronale emp ˆeche les ions de migrer vers l’ext ´erieur, comme un isolant ´electrique. C’est elle qui s ´epare les milieux int ´erieur et ext ´erieur, et on peut la repr ´esenter par un condensateur.

Lors d’une excitation du neurone, il y a cr ´eation d’une diff ´erence de potentiel due `a la diff ´erence de concentration entre les milieux int ´erieur et ext ´erieur du neurone. Le neurone doit expulser les charges positives depuis l’int ´erieur vers l’ext ´erieur de la cellule gr ˆace `a des pompes. Les pompes ioniques `a travers les canaux expulsent en effet certains ions de la cellule vers l’ext ´erieur (en consommant de l’ ´energie sous la forme d’ATP) et donnant donc un courant ´electrique.

Donc la ligne ´electrique mod ´elisant l’axone d’un neurone peut ˆetre sch ´ematis ´ee comme

(21)

FIGURE2.2 – Codage de l’information dans un message nerveux. Echelles : 1ms/cm et 2,5mV/cm [25] (https ://www.mcdubysvt.fr)

sur la figure (2.3) o `u les canaux ioniques sont repr ´esent ´es par la r ´esistance membranaire rm, l’isolant s ´eparant les milieux int ´erieur et ext ´erieur par le di ´electrique du condensateur de capacit ´e Cm et la r ´esistance longitudinale `a la circulation des ions `a l’int ´erieur de la membrane parrl .

A partir des lois de Kirchhoff, l’ ´equation caract ´erisant la propagation du potentiel d’action est de la forme :

rm

rl (Vn+1+Vn−1−2Vn)=rmCmdVn

dt +Vn. (2.1)

C’est une ´equation diff ´erentielle avec un laplacien discret (assimilable `a une d ´eriv ´ee seconde par rapport `a l’espace) et une d ´eriv ´ee premi `ere par rapport au temps. Cette

´equation lin ´eaire ne pr ´esente pas une grande richesse pour son ´etude dynamique. C’est une ´equation de diffusion qui a ´et ´e obtenue lors de la mod ´elisation d’un neurone sur son plan comportemental et non sur le plan de la transmission de signal ´electrique. Par ailleurs, lors de la propagation d’un signal sans amortissement, chaque point de la ligne reproduit le m ˆeme signal que la source avant de revenir `a son ´etat initial dans un neurone.

Ce n’est pas le cas pour cette ligne.

Entre autres, les canaux ioniques par lesquels les ions passent du milieu int ´erieur vers le milieu ext ´erieur ont ici une r ´esistance constante not ´ee rm. Pourtant les canaux sont `a ouverture variable et la r ´esistance d’un conducteur caract ´erise l’opposition au passage du courant ´electrique. L’ouverture et la fermeture des canaux entraˆınent une variation de la section du canal, ce qui implique une variation de la r ´esistance du canal qui ne peut donc pas ˆetre constante.

(22)

FIGURE2.3 – Circuit ´electrique d’un axone (https ://www.unic.cnrs-gif.fr)

L’action des pompes ioniques entraˆıne un d ´eplacement longitudinal des ions, d’o `u un courant longitudinal d ´ependant de la tension ´electrique qui est fonction de la concentra- tion des ions `a l’int ´erieur du neurone. Or ce courant longitudinal est li ´e `a la r ´esistance rl suppos ´ee constante. Pourtant le courant longitudinal d ´epend des concentrations du milieu int ´erieur, ce qui signifie que la r ´esistance longitudinale doit ˆetre variable.

Nous constatons que ce mod `ele pr ´esente des insuffisances pour d ´ecrire comment le neurone peut transmettre des signaux. Le neurone ´etant une chaˆıne de transmission ca- pable de transmettre plusieurs types d’informations, il doit poss ´eder une grande richesse de comportements dynamiques. Nous pensons donc qu’un bon mod `ele ´electrique d’un neurone doit ˆetre capable d’en reproduire la riche dynamique et de produire la grande diversit ´e d’excitations qu’un vrai neurone peut avoir.

2.3/ C

HA

ˆ

INE DE PENDULES COUPLES

´

Soit la chaˆıne de pendules coupl ´es suivante : les pendules de massemet de longueurl sont mobiles autour d’un m ˆeme axe de rotation. Chaque pendule est reli ´e `a son voisin le plus proche par un ressort de constante de raideurk(voir Fig. 2.4). Le moment d’inertie de chaque masse par rapport `a son axe de rotation estI. Les pendules successifs sont s ´epar ´es par le pasdet sont assujettis `a rester dans un m ˆeme plan vertical.

Le moment du couple de torsion qui agit sur chaque pendule est −Cθn o `u C est la constante de torsion etθnle petit angle de rotation autour de l’axezaffectant la particule

(23)

FIGURE2.4 – Pendules coupl ´es.

n. Le moment du poids de chaque pendule par rapport `a l’axe de rotation est−mglsinθn. Le point mat ´erielAn de massema pour coordonn ´ees

An









lcosθn

lsinθn

nd









(2.2)

et son voisin le plus proche a pour coordonn ´ees

An+1









lcosθn+1

lsinθn+1

(n+1)d









. (2.3)

Leur distance est

dn= p

l2(cosθn−cosθn+1)2+l2(sinθn−sinθn+1)2+d2 (2.4) d’o `u

dn= r

d2+4l2sin2

θn+1−θn

2

∼d+ l2

2d(θn+1−θn)2· (2.5) L’allongement du ressort reliant An etAn+1 est, si on appelle d0 la longueur du ressort `a vide :

∆dn = dn−d0 ' d−d0+ l2

2d(θn+1−θn)2·

(24)

La force exerc ´ee par la particuleAn+1 surAn est :

→Fn+1 =k∆dn→−e

o `u

→e = 1 dn

−−−−−−→ AnAn+1 = 1

dn









xn+1−xn

yn+1−yn d









et son moment par rapport `a l’axezest k∆dn

dn









0 0 xnyn+1−xn+1yn









. Commexnyn+1−xn+1yn' l2n+1−θn), ce moment peut s’ ´ecrire encore :

Mn+1,n(z)=

kl2 d−d0+ l2

2d(θn+1−θn)2

!

d+ l2

2d(θn+1−θn)2

n+1−θn)= k(d−d0)l2

d (θn+1−θn)+kd0l4

2d3n+1−θn)3·

Donc

Mn+1,n(z)0n+1−θn)+λ1n+1−θn)3, (2.6) avecλ0 = k(d−d0)l2

d etλ1 = kd0l4

2d3 . De m ˆeme, le moment exerc ´e par la particuleAn−1 sur la particuleAnsera

Mn−1,n(z)0n−1−θn)+λ1n−1−θn)3. (2.7) En appliquant la relation fondamentale de la dynamique sur la particule au point An, de moment d’inertieI, on aura dans la limite des faibles oscillations :

Id2θn

dt2 =−Cθn−mgl(θn− θ3n

6)+λ0n+1n−1−2θn]+λ1h

n+1−θn)3−(θn−θn−1)3i

, (2.8) soit encore :

d2θn

dt2 =Cln+1+θ n−1−2θn)+Cnl

h(θn+1−θn)3−(θn−θn−1)3i

−ω20n+µθ3n), (2.9) avecCl = λ0

I ; Cnl = λ1

I ; ω20 = C+mgl

I ; µ=− mgl 6Iω20.

C’est une ´equation qui se ram `ene `a celle de Klein- Gordon anharmonique. Cl est le coefficient d’interaction harmonique etCnlest le coefficient d’interaction anharmonique.

L’ ´energie potentielle correspondant est : Ep= 1

2C(θ2n−θ20)+mgl(cosθn−cosθ0), (2.10)

(25)

o `u θ0 est l’amplitude correspondant `a la position d’ ´equilibre. Nous remarquons que l’ ´equation caract ´erisant la chaˆıne de pendules coupl ´es pr ´esente des interactions de type anharmonique avec pr ´esence des termes du substrat ind ´eformable, c’est `a dire que les interactions entre particules ont un caract `ere non lin ´eaire marqu ´e par l’importance rela- tive des param `etresλ0etλ1.

Nous allons aborder par la suite les syst `emes mol ´eculaires `a liaison hydrog `ene ca- ract ´eris ´es par des interactions semblables.

2.4/ L

E TRANSFERT DU PROTON DANS LES CHAINES MOLECULAIRES

´

C’est la liaison hydrog `ene qui d ´etermine la structure d’un tr `es grand nombre de sub- stances cristallis ´ees, comme le cas de la glace qui pr ´esente une forme tr `es stable. Dans sa structure, chaque atome d’oxyg `ene se trouve au centre d’un t ´etra `edre r ´egulier dont les quatre autres sommets sont occup ´es par quatre atomes d’oxyg `ene. La glace doit sa stabilit ´e aux liaisons hydrog `ene ; `a chaque atome d’oxyg `ene correspond deux atomes d’hydrog `ene pour la formation de la mol ´ecule d’eau. Lorsqu’un champ ext ´erieur est ap- pliqu ´e sur la glace, un atome d’hydrog `ene se dissocie de sa mol ´ecule d’eau pour se transformer en un proton H+; et le proton se d ´eplace le long de l’axe O− H−O pour arriver `a une mol ´ecule d’eau voisine o `u il forme l’ionH3O+en laissant derri `ere lui un ion OH. Ensuite, l’hydrog `ene de l’ion H3O+ form ´e se dissocie `a l’arriv ´ee d’un autre proton H+se d ´eplac¸ant de la m ˆeme fac¸on que le pr ´ec ´edent.

Le transfert du proton dans les syst `emes `a liaison hydrog `ene peut ˆetre repr ´esent ´e par une chaˆıne unidimensionnelle compos ´ee de deux sous - r ´eseaux coupl ´es o `u on distingue les interactions fortes et les interactions faibles [27, 28, 29, 30]. Parmi les interactions fortes, nous avons les interactions proton- proton. Un petit atome d’hydrog `ene (H) de massemsitu ´e entre deux grands atomes (X)de masse (M) peut se mouvoir entre deux positions d’ ´equilibre ´energ ´etiquement ´equivalentes. Le potentiel de substrat li ´e au pro- ton est celui d’un double puits qui a deux positions d’ ´equilibre stable s ´epar ´ees par une position d’ ´equilibre instable. Or il n’est pas facile de trouver une forme appropri ´ee de ce potentiel double puits. Dans la litt ´erature, nous pouvons citer le double - Morse, le double- sine-Gordon, etc. Ces potentiels poss `edent les caract ´eristiques de d ´ecrire le transfert de proton dans les liaisons hydrog `ene, ils prennent en compte les variations de la hauteur du potentiel double puits. Mais la position de ses minima ne permet pas d’obtenir facilement les solutions analytiques du syst `eme.

Le potentiel le mieux adapt ´e est le potentielφ4. Il est d ´efini comme suit :

V(θ)=V0





1− θ2n θ20







2

. (2.11)

Le d ´eplacement dun`emeproton par rapport au centre de la paire d’ions lourds estθn. V0 est la barri `ere de potentiel et2θ0est la distance entre les deux minima du potentiel double puits. Le potentiel d’interaction interparticulaire est de la forme anharmonique du fait du changement de d ´eplacement des atomes lourds r ´esultant de la vibration des protons et des interactions entre protons voisins. Il est d ´efini par la relation :

(26)

Vint=X

n

"

1

2mC02n+1−θn)2+ 1

4mCαn+1−θn)4

#

, (2.12)

o `u Cα est le param `etre qui contr ˆole l’anharmonicit ´e entre les protons voisins et θn

repr ´esente le d ´eplacement dun`eme proton entre la paire d’ions lourds de masse(M) qui l’entourent. Le dernier terme de cette ´equation est l’interaction anharmonique. En tenant compte de l’ ´energie cin ´etique du r ´eseau de protons, l’Hamiltonien du r ´eseau s’ ´ecrit :

H =X

n





 1 2m dθ

dt

!2

+V(θn)+ 1

2mC20n+1−θn)2+ 1

4mCαn+1−θn)4





. (2.13) L’expression de l’Hamiltonien montre l’anharmonicit ´e des interactions intermol ´eculaires et la pr ´esence du potentiel de substrat dans ce syst `eme de mol ´ecules `a liaison hydrog `ene.

L’ ´equation qui caract ´erise ce syst `eme est analogue `a la Chaˆıne pr ´ec ´edente (H

2.3.). Ce sont des syst `emes m ´ecaniques non lin ´eaires. Nous allons examiner le cas des syst `emes constitu ´es de lignes ´electriques dans le but de mieux appr ´ecier le comportement de la propagation d’un signal ´electrique.

2.5/ L

IGNE ELECTRIQUE NON LIN

´

EAIRE

´

Soit une ligne ´electrique non lin ´eaire dont la capacit ´e d ´epend de la tension.

FIGURE2.5 – Ligne ´electrique nonlin ´eaire Nous avons

C(V)=C0

1−2a1V+3a2V2+− − −

(2.14) Si les amplitudes des tensions appliqu ´ees sont faibles, nous aurons :

C(V)'C0(1−2a1V) (2.15)

La chargeQn port ´ee par le condensateur de la cellule n, est d ´efinie par :

(27)

dQn=C(Vn)dVn

et en int ´egrant , nous obtenons

Qn=C0

Vn−a1Vn2

(2.16) L’ ´equation r ´egissant la ligne de transmission non lin ´eaire s’ ´etablit ainsi :

d2Vn(x,t)

dt2 =−ω20V(x,t)−u20(2Vn−Vn−1+Vn+1)+a1d2Vn2

dt2 (2.17)

Dans cette ´equation, les premiers termes au second membre repr ´esentent la dispersion et le dernier la nonlin ´earit ´e. Ces deux effets se compensent pour donner naissance `a une onde appel ´ee ”soliton”. En cherchant une ´eventuelle solution sous la forme d’une onde plane monochromatique :

Vn(t)=V0exp j(kn−ωt)+c.c, (2.18) o `u c.c repr ´esente le complexe conjugu ´e du terme pr ´ec ´edent, la relation de dispersion lin ´eaire reliantωetkest donn ´ee par ;

ω220+4u20sin2 k

2, (2.19)

tandis que les termes non lin ´eaires ont pour effet de modifier cette relation de dispersion.

2.6/ C

ONCLUSION

Nous avons pr ´esent ´e quelques syst `emes physiques non lin ´eaires repr ´esentant un neu- rone my ´elinis ´e, une chaˆıne de pendules coupl ´es, une chaˆıne mol ´eculaire `a liaison hy- drog `ene. A chaque fois, l’ ´etude du mod `ele conduit `a une ´equation de type propagation ou diffusion, avec de la dispersion et de la nonlin ´earit ´e.

L’objectif de la th `ese est d’am ´eliorer les connaissances sur un neurone my ´elinis ´e, et notamment les propri ´et ´es de transmission d’ondes `a travers un r ´eseau `a caract ´eristiques p ´eriodiques (les nœuds de Ranvier sont p ´eriodiquement espac ´es).

Dans l’ ´etude de la transmission de l’information d’un neurone `a l’autre sous la forme de salves de potentiels d’action, on sait [4] que ces derniers communiquent principa- lement entre eux par l’interm ´ediaire d’interactions synaptiques chimiques et ´electriques provoquant les modifications de l’activit ´e d’une cellule `a l’autre. Consid ´erant un neurone sous une forme ´epur ´ee telle que seule son activit ´e ´electrique soit prise en compte, nous sommes amen ´es `a la notion de neurone ponctuel. Du point de vue de la mod ´elisation, la communication inter-neuronale r `egle la r ´eponse d’un neurone en fonction des messages d’informations qu’il rec¸oit, c’est `a dire que la dynamique peut ˆetre caract ´eris ´ee par des salves successives d’impulsions. Nous reparlerons des diff ´erents types de mod `eles de neurones dans le chapitreV.

(28)

Nous avons ensuite pr ´esent ´e la chaˆıne de pendules coupl ´es. Cette chaˆıne, utilis ´ee en d ´emonstration de cours au niveau master pour pr ´esenter une exp ´erience exotique illus- trant les effets non lin ´eaires, a surtout comme int ´er ˆet de mettre l’accent sur le fait que consid ´erer des interactions uniquement harmoniques(Cnl = 0)est insuffisant pour bien d ´ecrire le comportement du syst `eme. C’est donc une justification de la suite de notre travail o `u nous consid `ererons les interactions sous une forme anharmonique.

L’utilisation du mod `eleΦ4pour d ´ecrire le type de potentiel d’interaction dans une chaˆıne mol ´eculaire `a liaison hydrog `ene renforce encore notre d ´emonstration tendant `a critiquer l’utilisation de couplage uniquement harmonique. Ici encore, il est primordial de tenir compte de l’anharmonicit ´e par le terme enCαdans (2.13).

Enfin, nous avons rappel ´e l’universalit ´e de la mod ´elisation analogique de tout syst `eme de transmission par une ligne de transmission.

En am ´eliorant encore ce mod `ele par la prise en compte dans un premier temps, d’une nonlin ´earit ´e plus forte, c’est `a dire beaucoup plus complexe, et ensuite en tenant compte des diff ´erentes variations des forces ext ´erieures, nous pensons obtenir de meilleurs r ´esultats et ˆetre capables de mieux expliquer ou d’apporter des explications `a certains ph ´enom `enes qui jusqu’ici n’ ´etaient pas bien pris en compte ou interpr ´et ´es.

(29)
(30)

M OD ELE TH ` EORIQUE ´

3.1/ I

NTRODUCTION

La particularit ´e et l’originalit ´e d’un bon mod `ele physique r ´eside tant dans sa simplicit ´e que dans son universalit ´e. Bien que crucial dans la description et la compr ´ehension d’une grande vari ´et ´e de ph ´enom `enes physiques r ´eels, les mod `eles dits universels sont tr `es rares, d’o `u l’importance de la mod ´elisation dans la compr ´ehension des ph ´enom `enes na- turels et/ou li ´es `a la vie. Ces mod `eles universels sont notamment de tr `es grande valeur

´educative. Un exemple de tels mod `eles non lin ´eaires est celui de Klein-Gordon (NKG) [31, 32]. Le mod `ele NKG est devenu tr `es populaire dans de nombreux domaines de la physique et de la vie. Le mod `ele standard NKG d ´ecrit une chaˆıne d’atomes coupl ´es et soumis `a un potentiel p ´eriodique externe. Son Hamiltonien est donn ´e par la relation :

H =T +U. (3.1)

T etU sont respectivement les ´energies cin ´etique et potentielle.U est constitu ´e du po- tentiel externe le long de la chaˆıne encore appel ´e potentiel de substrat et not ´e iciUe, ainsi que des interactions interparticulaires de forme g ´en ´eraleUc.

Puisqu’il a ´et ´e montr ´e que, dans les syst `emes physiques r ´eels, la forme du substrat s’ ´ecarte toujours des formes sinuso¨ıdales ou quasi-rigides trop souvent utilis ´ees, af- fectant fortement ainsi les propri ´et ´es dynamiques du syst `eme, le mod `ele que nous pr ´esenterons ici g ´en ´eralisera les mod `eles NKG classiques, avec un potentiel de sub- strat dont la forme non lin ´eaire s’adapte `a divers types d’interaction et aux diff ´erents degr ´es de libert ´e. Pour cela, nous utilisons les potentiels de Peyrard et Remoissenet (PR) [13, 14, 15, 24, 33],

Ue(xn, σ)=U0W(xn, σ)=U0 tan2

πxn

a

σ2+tan2 πxn

a

, (3.2)

o `u σ est le param `etre qui module la forme du substrat (encore appel ´e param `etre de d ´eformabilit ´e) et est pris dans l’intervalle [0;+∞[. Il est li ´e au coefficient s introduit par Peyrard et Remoissenet par σ = (1+s)/(1−s). A σ = 1, le potentiel Ue(xn, σ) a une forme sinuso¨ıdale, alors que pourσ >1, les puits sont larges et s ´epar ´es par des barri `eres de potentiel ´etroites et que, pourσ <1, les puits sont ´etroits et s ´epar ´es par des barri `eres larges avec des flancs `a pente limit ´ee (voir Fig. 3.1).aest la p ´eriode spatiale du potentiel du substrat, alors que le param `etre U0 contr ˆole ou ajuste la profondeur des barri `eres

17

(31)

´energ ´etiques de ce potentiel (U0 peut par exemple repr ´esenter l’ ´energie d’activation lors de la diffusion d’un adatom isol ´e dans un adsystem).xn(t)d ´esigne la position de la cellule du sitenavec une signification qui d ´epend du syst `eme physique consid ´er ´e.

0 a 2a

xn 0

0.5 1 1.5 2

U e (x n)

= 0.05

= 0.5

= 1

= 1.85

= 12

FIGURE3.1 – Repr ´esentation du potentiel de substratUe(xn)pour diff ´erentes valeurs du param `etre de d ´eformabilit ´eσet pourU0=2.

La mod ´elisation du potentiel d’interaction Uc(xn) de la ni `eme particule a eu un impact consid ´erable et crucial lors des premi `eres ´etudes sur la dynamique des r ´eseaux non lin ´eaires. Elle a montr ´e l’existence de diff ´erents types d’excitations solitoniques et a r ´evolutionn ´e la science [11, 16, 17, 20, 23, 34, 35, 36, 37]. Ensuite, les recherches ont essay ´e dans un premier temps de d ´eterminer les possibilit ´es et conditions d’existence de ces nouveaux types d’excitations dans les chaˆınes m ´ecaniques, et d’autre part de d ´eterminer leurs propri ´et ´es dynamiques. Ces ´etudes ont ´et ´e d’une importance capitale car leur extension `a des travaux de recherches dans plusieurs autres domaines comme celui de l’optique, la biophysique, de l’imagerie ultra sonore pour agents de contraste [32], ... d ´epend fortement de la qualit ´e des r ´esultats obtenus dans les chaˆınes m ´ecaniques.

Avec des r ´esultats assez probants, la plupart des travaux se sont concentr ´es sur des mod `eles avec des formes simples de potentiel interatomique Uc(xn) entre proches voi- sins, alors qu’ils essayaient de d ´ecrire ou de comprendre des ph ´enom `enes r ´ealistes et donc tr `es complexes. Il est pourtant bien connu que de nombreuses propri ´et ´es phy- siques des syst `emes r ´eels sont directement li ´ees aux effets non lin ´eaires dus aux inter- actions anharmoniques. Les potentiels anharmoniques r ´ealistes, comme ceux de Toda, Born-Mayer, Coulomb, Lennard-Jones et Morse [11, 12, 16, 20, 34, 38, 39], poss `edent une forte non lin ´earit ´e cubique dans leurs d ´eveloppements en s ´erie de Taylor autour de la position d’ ´equilibre. Il devient donc n ´ecessaire de consid ´erer les excitations non- lin ´eaires dans le r ´eseau avec des anharmonicit ´es pouss ´ees. Pour cela, dans cette th `ese, nous ´etablissons un lien avec le d ´eveloppement de Taylor du potentiel Uc(xn) autour de la position d’ ´equilibre (xn = 0) en une s ´erie de puissances des d ´eplacements jus- qu’au quatri `eme ordre. On obtient ainsi un potentiel de type k2 −k3 −k4 approximatif [20, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46] d ´efini pour leni `emesitenpar :

Uc(xn)= 1

2k2(xn−xn−1)2+ 1

3k3(xn−xn−1)3+ 1

4k4(xn−xn−1)4 (3.3) o `u k2 > 0,k3 et k4 sont toutes les trois des constantes qui contr ˆolent les forces de cou-

(32)

plage harmonique, cubique et quartique, respectivement. Il a ´et ´e d ´emontr ´e que l’inclu- sion de l’anharmonicit ´e dans l’ ´etude des mod `eles de r ´eseaux peut produire des effets nouveaux qualitativement et quantitativement [40, 41, 42, 43, 47, 27, 7]. Par ailleurs, du- rant ces derni `eres d ´ecennies, un int ´er ˆet pour les excitations localis ´ees dans les r ´eseaux non lin ´eaires a ´et ´e renouvel ´e gr ˆace `a l’identification de nouveaux types de modes loca- lis ´es anharmoniques. Par cons ´equent, une grande attention a ´et ´e port ´ee aux solitons de gap dans les r ´eseaux nonlin ´eaires. Dus aux effets de nonlin ´earit ´e, les modes de soli- tons de gap peuvent apparaˆıtre sous forme d’excitations localis ´ees avec une fr ´equence de vibration situ ´ee en dehors des bandes permises du spectre lin ´eaire. Comme ces so- litons de gap apparaissent dans des r ´eseaux atomiques parfaits avec une sym ´etrie de translation discr `ete, ils ont ´et ´e baptis ´es ”anharmonic gap mode” ou ”intrinsic gap mode”

[48, 49, 40, 46]. L’Hamiltonien d ´efini dans l’ ´equation (3.1) o `u

U(xn)=Ue(xn, σ)+Uc(xn), (3.4) devient

H=AP

n





 1 2

n

dt

!2

+

"

1

2G2n−Θn−1)2+ 1

3G3n−Θn−1)3+ 1

4G4n−Θn−1)4

# + ω20W(Θn, σ)o

,

(3.5)

o `uΘn= 2πxn/aest le d ´eplacement adimensionn ´e de la particule,Gi =ki/m (i=2,3,4), tandis que A = m(a/2π)2. Les param `etres G2 et ω0 sont respectivement la vitesse et la fr ´equence caract ´eristique du syst `eme, avec ω20 = 4π2U0/ma2 et m, la masse de la particule en mouvement.

Dans la plupart des cas, cette ´equation (3.5) peut conduire `a plusieurs versions ´etendues ou modifi ´ees de la tr `es c ´el `ebre ´equation non lin ´eaire de Schr ¨odinger (S NL) avec plusieurs termes suppl ´ementaires, expliquant les d ´ependances spatiales et/ou temporelles des co- efficients non lin ´eaires qui s’identifient essentiellement `a quelques mod `eles particuliers et bien pr ´ecis. En utilisant des approximations telle que la ”rotating wave approximation”

combin ´ees aux simulations num ´eriques, Kiselev et al. ont montr ´e l’inexistence des modes localis ´es intrins `eques, tandis qu’un mode optique non lin ´eaire au seuil de la fr ´equence de coupure basse peut ˆetre consid ´er ´e comme une caract ´eristique g ´en ´erale des r ´eseaux non lin ´eaires avec des interactions de type cubique-quartique [50, 51, 52, 53]. De plus, il a ´et ´e d ´emontr ´e num ´eriquement que, pour de tels mod `eles, il existe des seuils critiques pour les param `etres non lin ´eaires au-dessus desquels les modes optiques disparaissent. Cela rev ˆet une importance particuli `ere car le seuil num ´erique permet de d ´efinir l’existence ou non de modes localis ´es.

Cependant, pour un syst `eme physique r ´eel, il serait tr `es int ´eressant de d ´eterminer analy- tiquement les modes localis ´es car cela permettrait une interpr ´etation plus fine et ´etendue de la dynamique de tels syst `emes. G ´en ´eralement apr `es une mod ´elisation, on arrive tr `es souvent `a des mod `eles math ´ematiques et la principale difficult ´e est d’ ˆetre capable d’in- terpr ´eter l’apport de chaque param `etre (repr ´esentant chacun une grandeur physique, un ph ´enom `ene, une action, ou de mani `ere g ´en ´erale, ayant une signification physique) de l’ ´equation sur le ph ´enom `ene `a ´etudier. Alors il existe plusieurs m ´ethodes th ´eoriques pour ´etudier l’existence ou la naissance des excitations localis ´ees non lin ´eaires dans

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