CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DE LA «VALEUR SÉLECTIVE » ASSOCIÉE
A QUELQUES GÈNES CHEZ LA POULE DOMESTIQUE
I. —
DIFFÉRENCES
QUANTITATIVES LIÉES AU GÉNOTYPE INDIVIDUELP. MÉRAT
Station de
Recherches avicoles,Centre national de Recherches
zootechniques,
78 -Jouy-en-Josas
SOMMAIRE
Nous avons recherché les différences
quantitatives
pouvant être associées à trois loci de lapoule domestique :
R/r(crête
en rose-crêtesimple) ; C/c (présence-absence
de mélanines dans leplu- mage) ; K/k (emplumement
tardif ouprécoce
despoussins).
L’allèle cité enpremier
est dominantet le dernier locus est lié au sexe.
La
population principale analysée
était maintenue enségrégation
à ces loci. Pour chacun, nousavons formé des
couples
de frères ou soeurs des deuxgénotypes
à comparer(par exemple,
l’un Cc,l’autre
cc),
nés le mêmejour
et élevés ensemble, etcomparé
les moyennes par la « méthode descouples
».Les observations
enregistrées
concernent la croissance, le nombre d’ceufspondus,
les caracté-ristiques
des oeufs, le taux d’éclosion et de mortalité, lespoids
de certains organes.Les
génotypes
Rr(crête
enrose)
et yr(crête simple)
diffèrent, dans notrepopulation
etproba-
blement aussi dans deux autres, pour les
poids
descoquelets
à 8 semaines et lepoids
des oeufs desjeunes poules :
lespoulets
à crêtesimple
ont unpoids
moyen un peuplus
élevé(de
10g environ, soit1 ,
4p. 100) que leurs frères à crête en rose, et les
poulettes
dupremier
typepondent
des oeufs unplus
lourds(i
g, soit environ 2p.100 )
que celles à crête en rose. Par contre, la ponte, le taux d’éclo- sion, la mortalité sont semblables.Il existe une différence de « valeur sélective » entre les femelles RR et Rr, se traduisant par un
défaut des
premières parmi
lesreproductrices.
Parmi lespoules
à crête en rose issues du croisementRr X Rr et ayant eu des descendants à la
génération
suivante, il y abeaucoup
moinsd’homozygotes
que la
proportion
prévue de 1/3. Nous n’avons puanalyser
encore les causes del’inégalité
entre cesdeux
génotypes,
mais elle ne semble résider ni dans le taux de ponte, ni dans la vitesse de croissance.Au locus C, la mortalité
embryonnaire après
18jours
d’incubation est un peuplus grande
pour les zygotes colorés(Cc)
que pour les blancs(cc).
Peut-être y a-t-il une différence de sens inverse dans lapériode précédente,
car laproportion
des deuxphénotypes
à l’éclosion est très voisine del’égalité.
Cette différence du taux de mortalité se
prolonge pendant
le début de la vie dupoussin,
maisn’existe
plus
chez lespoules adultes,
où ellepourrait
même êtrelégèrement
inversée.Les
poulets
colorés sontplus
lourds à 8 semaines que leurs frères ou soeurs àplumage
blanc(de
13g envrron, soit 1,5 p. 100). Ceci est
particulièrement significatif
chez les poulettes(probabilité
inférieure à i p. iooo).
Ce résultat est en accord avec ceux d’autres chercheurs.Les
poules
Cc adultes, ont, dansl’ensemble,
unpoids corporel
un peusupérieur (de
40g)
à celuide leurs soeurs non
pigmentées.
Ellespondent
des oeufs d’un gramme(soit
2p.100 ) plus
lourds enmoyenne.
Par contre, le
rythme
de la ponte n’est pas différent.Le
poids
desthyroïdes
chez lesjeunes
sembleplus
élevélorsque
leplumage
est coloré.Enfin, le rendement alimentaire des
pondeuses
ccparaît
meilleur que celui de leurs sœurs nonblanches. A ponte,
poids corporel
etgain
depoids égaux,
un échantillon despremières
a consommé4 p. 100de moins que les secondes.
Quant
auxgénotypes
CC et Cc, nous n’avons trouvé entre eux aucune différence,qu’il s’agisse
de lacomparaison
directe de leursperformances, lorsqu’elle
étaitpossible,
ou de laproportion
desreproductrices
issues du croisement Cc X Cc.Au locus
K,
nous n’avons pas trouvé d’écart entre lesreprésentants
des diversgénotypes,
pourles critères
envisagés,
àl’exception
d’unehétérogénéité plus grande
des mâleshétérozygotes
Kk,comparés
auxhomozygotes
kk, pour la croissancepondérale.
La
signification
des résultats estdiscutée,
dupoint
de vue de lapossibilité
d’effetspléiotropiques
de ces
gènes,
des divers aspects de la « valeur sélectiven qui
leur est associée en sélection artificielle,et des
applications pratiques
éventuelles.INTRODUCTION
Plusieurs dizaines de
gènes
létaux ouresponsables
d’anomaliesmorphologiques
sont connus chez la
poule.
Ils fournissentl’exemple
leplus
évident degènes
identifiéspar un effet
visible,
mais influant sur tout lecomportement physiologique
de leurpossesseur. On a
précisé,
pourcertains,
l’incidence sur des critèresquantitatifs.
Ainsi,
legène
« absence decroupion
» diminue la fertilité desaccouplements,
l’actiondu
gène
«frisé » (F)
sur larégulation thermique
serépercute
sur la vitalité des ani-maux
(HuTT, 1949).
En dehors de ces cas où les
effets
«secondaires
» dugène
sontplus
ou moinsprévisibles,
ce sontles loci
de groupesanguin
dont on a leplus largement
recherchéles associations
possibles
avec la vitalité ou lesperformances. BRIBES,
ALLENetG
I
t,MOUR
ont été lespionniers
dans ce domaine.Plusieurs
articles desynthèse (G IL -
MouR,
I g6o ;
BRILES,19 6 3 )
montrent, dansl’ensemble,
lasupériorité
deshétérozy-
gotes
à certains loci pour diversaspects
de lacapacité d’adaptation (fitness),
ou du
rendement ;
deplus,
ces loci restent souvent non fixés mêmeaprès
une consan-guinité
intense. Des recherchesparallèles
débutent à propos d’autrespolymorphismes biochimiques
à déterminisme mendélien(par exemple
MoRTON etal., 19 65).
Pour les
gènes
à effetvisible,
coloration oumorphologie,
PuNN!ETT( 1930 )
cher-chait déjà
à en utiliser comme « marqueurs » derégions chromosomiques influençant
la
ponte. Cependant,
lamajorité
des résultats actuels concerne les relations de cesloci avec la
croissance pondérale,
soit par effetpléiotropique,
soit par suite delinkages.
Parfois,
deslignées consanguines
enségrégation
sontemployées (S MI T H
etN ORDSKOG , 1959
),
mais ce n’est pas le casgénéral.
Dans
l’ensemble,
les résultatspubliés paraissent
offrir unecertaine
concordance pourplusieurs loci, compte
tenu des donnéesparfois
peunombreuses,
aveclesquelles
des différences relativement faibles
peuvent
passerinaperçues.
Deux groupes de chercheurs trouvent, pour le
poids
à 8 ou 9semaines,
un avan-tage
à l’allèle C parrapport
au « blanc récessif » c(JE ROM E
etH UN T SMAN ,
1959 ; SM y T
H et
Fox, 19 6 1 , 19 6 3 ).
Plusieurs autres notent unesupériorité
des animaux colorés ü vis-à-vis desporteurs
du « blanc dominant » I. C’est le casde JAA P
et GRIMES( 195
6); J EROME et a!., ( I g56); COLLINS et HUBBARD, ( 195 8),
SMITHetNORDSKOG(1963),
BoHR!N et
J ON ES ( I g6q.),
observent un résultatsignificatif
ou non suivant les souchesalors que Br,ACxwooD et al.
( 19 62),
LowE et al.( 19 65),
HUTT( 19 6 4 )
ne mettentpas de différences en évidence. Pour le locus
K, W ARR E N
et PAYNE( I g45),
PLUMARTet MUELLER
( I954 )
concluent à unecroissance
un peu meilleure despoulets
àemplu-
mement
rapide,
alors que d’autres n’aboutissent pas un résultatpositif (H AYS
etS
P E AR
,
IgSI ; GODFREYetF ARNSWOR T H ,
Ig52 ; HURRYetN ORD S KO G,
zg53 ;HALE,
1954; SAEKI et
K ATSURA Gr, I g6 I ; WE S SEL S , I g6 3 ).
Pour le
gène
P(crête
enpoids/crête simple),
les auteurs notent, dansl’ensemble,
un
poids plus
élevé des animaux à crêtesimple,
cettesupériorité
semblant variablesuivant
lapopulation
considérée(K AN
etal., 1959 ; C OLLINS
etal., 19 6 1 , I g6 3 ; SM
ITH
, 19 6 1 ). SWG!r,
et DUDLEY( 19 6 3 )
notent,parallèlement,
des variations dans la dominancesociale
relative des deuxtypes
d’animaux suivant les conditions am-biantes.
Quelques
chercheurssuggèrent
des différences liées aux loci B(S MITH
et NORD-s KO
C,
19 6 3 )
et S(G R ŒS BA C H , I g6 I ; J AAP
etGRIMES, I g56 ; W!ss!!,s, 19 63).
Unrésultat
négatif,
relatif au locus R, estindiqué
par SMITHet NoRDSxoG( I g6 3 ).
Uneinvestigation
a été faite par Buss( 19 6 0 )
sur desgènes
de coloration du dindon.Mais c’est pour la fertilité que la différence la
plus importante
est observée.Il
s’agit
de la mauvaiseaptitude
à féconder des coqs RRhomozygotes
pour lacrête
en rose, découverte par COCHEZ
(1 951 )
et confirmée par CRAWFORDet M!RRrTT(196 3 ).
En même
temps,
lafréquence
desaccouplements
est moindre(Fox
etal., I g6 4 ;
CR A
wxoRD et
S MI T H , I g65),
lapersistance
de lafertilité après
uneinsémination
estplus
faiblepour
les mâles RR(CRAw!oRD
etS MITH , 19 6 4 ) ; enfin,
lamotilité
de leursspermatozoïdes après
conservation est très nettementinférieure (PET I T J E AN
et Co-C HEz,
1966).
Un autre
effet,
surl’éclosion
cettefois, dépend
dugène
Ed’extension
du noir.H UT
T
( 1951 )
aremarqué
que lespoussins
entièrement noirs éclosent moins bien que les autres. Ceci serait lié à leur duvetplus
court,qui
rendrait difficiles leurs mouvements de retournement. BERNIERet COONEY( 1954 ) ont,
d’autrepart,
montré que les besoins de cesembryons
en riboflavine sont accrus.Il est
possible qu’une
différence d’éclosion existe suivant larapidité d’emplu-
mement des
zygotes (G REDINA ,
citée parL ANDAUER , 19 6 1 ),
mais celaresterait
àconfirmer. McDoNAr,D
( 195 8) indique
des besoins différents encystine
pour les pon- deuses àemplumement
lent et pour celles àemplumement rapide.
Il estpossible, quoique
nonprouvé, qu’il s’agisse
d’uneffet pléiotropique.
CocK
( 195 6)
a noté le maintien enségrégation
deplusieurs gènes
de coloration danscertaines lignées ayant subi
uneconsanguinité prolongée.
Cecisuggère
desdifférences de
valeur
sélective liées aux allèlescorrespondants.
Nous réserverons une discussion
plus complète
de ces résultatsaprès l’exposé de
nos propresdonnées.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
La
population principalement
étudiée, issue d’un croisement deplusieurs
races fait en 1954(MÉ RAT
,
1958,19 6 2 )
est maintenue non fixée à divers loci,parmi lesquels R,
C et K, avec enségré- gation, respectivement,
les allèles R et r (crête en rose, crêtesimple),
C et c(présence-absence
demélanines dans le
plumage), K
etk (emplumement
lent ourapide
despoussins, gène
lié ausexe).
Rappelons qu’à
ces trois loci, il y a dominancecomplète, respectivement,
des allèles R, C et K.Cette
population
estreproduite
avec un minimum de sélection pour les critères deproduction,
et en évitant toute
consanguinité systématique.
Elle est subdivisée en deux troupeauxreproduits
l’un auprintemps,
l’autre à l’automne. Le nombre dereproducteurs,
àchaque génération,
est voisinde 20mâles et 160 femelles.
L’augmentation
du taux deconsanguinité
par année est donc faible.Tous les
accouplements
réalisés sontpédigree,
avec un seul coqaccouplé
à unepoule
déterminée, et 8 à 10poules
par coq.Pour
chaque
locus, nous avons étudié les différencesquantitatives
dans les familles de frèreset soeurs dont un parent était
hétérozygote
et l’autrehomozygote
récessif.La
comparaison
des moyennes des deuxgénotypes
est faite sur descouples
de frères ou soeursnés le même
jour
et élevés ensemble.Ceci vaut pour les critères à variation
pratiquement
continue. Pour les critères « tout ou rien »(taux
d’éclosion ou demortalité),
tous les animaux des famillesprésentant
laségrégation
étudiéesont
pris
enconsidération,
et uneanalyse du X I
est faite, les facteurs contrôlés étant legénotype
au locus en cause, et la
génération.
Les caractères extérieurs étudiés
(forme
de la crête,pigmentation, emplumement)
sont observésà l’éclosion,
puis
àl’âge
de 8 semaines. Les deuxpremiers
ne présententjamais d’ambiguïté, le
dernieren comporte dans un faible pourcentage des cas. Le sexe est identifié à 8 semaines, vérifié à 10, ainsi que sur les
poussins
morts avant cetâge
et dontl’autopsie
a pu être faite, cecidepuis
ig5g inclusi- vement.Les
ségrégations
à ces trois loci sont suivies enpartie
sur les mêmes familles : cela negêne
pas l’identification desphénotypes,
et permet l’étude des interactions entregènes
non allèles, dont nousparlerons
dans un autre article(MÉ R AT,
1967a).
Les
jeunes
sont élevés au sol, avec une densité de l’ordre de la par mètre carré,jusqu’à
10se-maines
d’âge.
Lespoulettes
sont alors transférées enpoulaillers
de ponte, leurproduction
d’oeufs estcontrôlée au
nid-trappe jusqu’à l’âge
de io mois. Les animauxhétérozygotes
et les récessifs sont,nous l’avons dit, élevés dans les mêmes locaux.
Les critères
quantitatifs
considérés ici sont lepoids
à 8 semaines, comme indice de croissance ; le nombre d’oeufspondus
par lespoulettes
vivantes à 10mois ; lepoids
moyen des oeufs et lepoids
des
poules
à cetâge.
Nous yajouterons,
pour les dernières années, lepoids
dupoussin
à l’éclosionrapporté
aupoids
de l’oeuf dont il est issu, des mensurationscorporelles,
certainescaractéristiques
des oeufs
(épaisseur
decoquille,
hauteur du « blancépais
sr perte depoids
au cours del’incubation),
le
poids
d organes internes ou tissus(foie,
rate,thyroïde,
bourse de Fabricius,graisse abdominale),
ainsi que des observations relatives à la consommation alimentaire
(PROD’HO M ME
et MÉRAT,19 6 5 ).
Quant
aux critères « tout ou rien », ce sont les taux de fertilité, d’éclosion, de mortalité avant etaprès l’âge
de 8 semaines.Pour les deux
premiers envisagés
en tant quecaractéristiques
desreproducteurs,
nous discu-terons les résultats
par
ailleurs(MÉ R A T ,
1967 b) sous l’angle des effets « maternels ,!.Nous ne mentionnerons que les résultats
globaux,
sur l’ensemble desgénérations
étudiées(de
1955à
19 6 4 ),
pourchaque couple
d’allèles.Certaines
parties
de nos résultats ont faitl’objet
depublications
ou notes(MÉRAT,
1962, 1965 a, b etc).
Nous lesreprendrons
ici avec l’ensemble des données.RÉSULTATS
I. - I,OCUS R : 1
COMPARAISON DES
GÉNOTYPES
Rr ET rrNous donnerons successivement ces résultats pour chacun des critères quan- titatifs
envisagés.
1
.
Éclosion et
mortalitéLe
tauxd’éclosion comparé d’embryons
degénotypes
Rr et rr(à
crête en roseet à
crête simple respectivement)
nepeut
être connudirectement qu’auxderniers
stades du développement :
nous ne l’avonsdéterminé qu’après
le 18ejour
d’incubation Les résultatscorrespondants
seront mentionnés dans un autre article(MÉ RAT ,
souspresse). Aucune différence
d’éclosion n’a pu être mise en évidence( 1 ) :
Les anomaliesobservées dans le
rapport
deségrégation, analysées
en détail dans cetarticle,
ne sont pasdûes,
selon toutevraisemblance,
à des différences de mortalitéembryonnaire.
Il
n’y
a pas nonplus
dedifférence
décelable dans la mortalitépost-embryonnaire, qu’il s’agisse
despoussins (avant 8 semaines)
ou de lamortalité juvénile
etadulte.
Pour la mortalité avant
8 semaines d’âge,
en réunissant les résultats relatifs à ladescendance
des deuxcroisements réciproques
Ry Xyr et rr XRr,
sur lespoussins
dont le sexe a pu être
déterminé (de 195 8
àzg6 4 ),
on obtient cequi
suit(tabl. i).
I,es
différences,
par sexe ou sur letotal,
ne sont passignificatives. Quant
à lamortalité
despoulettes après
8semaines,
autotal,
sur8 7 6 poulettes
Rr vivantesau
départ, 1 8 3
sont mortes avant io moisd’âge
pour des causes diverses(non
acci-dentelles),
soit20 ,8 9
p. 100 ; sur8 33 poulettes
!y, 151 sont mortes dans les mêmes conditions etpendant
le mêmetemps,
soit1 8, 12
p. 100. LeX 2
decontingence
estégal
à 2,072(P
<0 , 10 ). La légère
tendance à une mortalitéplus faible
chez lespoulettes
à crêtesimple n’est
donc passignificative
au seuil 5 p. 100.Suivant
lesannées,
la différence est d’ailleurs tantôt dans un sens, tantôt dansl’autre.
2
. Critères à variation « continue »
a)
Poids à 8 semaines.Comme nous l’avons
indiqué
antérieurement(MÉ RAT , 19 65 c),
lepoids
à 8 se-maines des
coquelets hétérozygotes
pour la crête en rose(Rr)
estlégèrement (de
10g),
mais
significativement,
inférieur à celui des mâles à crêtesimple.
Par
contre,
chez lesfemelles, la
faible différencequi
existe dans le même sensn’est pas
significative (tabl. 2 ).
( 1
) Sur deux souches étudiées : Jouy et L 22.
Les taux d’éclosion de la descendance des coqs Rr et des coqs rr ne différaient d’ailleurs pas de façon appré- ciable, ce qui s’accorde avec l’hypothèse d’une viabilité
identique
pour les embryons de ces mêmes génotypeset concorde aussi avec les données de CRAWFORDet MERRITT (1963).
Les variances intra-années ne diffèrent pas sensiblement pour les deux
types
de crête
(F
=1 , 0 6
pour 114 6
et 114 6 degrés
de liberté chez lesmâles ;
F = 1,03 pour i xz4 et i 114degrés
de liberté chez lesfemelles ;
nonsignificatif).
Il
n’y
apas,
nous l’avonsdit,
de différence visible dans la mortalitéembryonnaire
des
zygotes
Ry et rr, au moins aux derniers stades del’incubation,
ni dans lamortalité
desjeunes.
Il n’est donc pasvraisemblable
que la différence depoids
constatée pro- vienne d’uneélimination préférentielle
des mâlesqui
auraient eu laplus
mauvaisecroissance, parmi
ceux àcrête simple.
Sur
deux
autres souchescomportant
uneségrégation
au locus R(l’une
issued’un croisement de
Leghorns
et deWyandottes, désignée
par L22,
l’autre étantune
Wyandotte
non fixée pour la crête enrose),
une différence depoids
existaitaussi à 8 semaines entre mâles à crête en rose
(Rr
ouRR)
et à crêtesimple,
à l’avan-tage
de ces derniers(tabl. 3 ).
b)
Nombred’oeufs
etâge
auPremier oeuf.
Il
n’y
a pas dedifférence
entrepoulettes
à crêtesimple
ouhétérozygotes
à crêteen rose, concernant le nombre d’oeufs
produits pendant
lespremiers
mois deponte
ou
l’âge
à laponte
dupremier oeuf :
Les nombres moyens d’oeufs sontrespectivement
de
q. 4 , 2
et q.2,5oeufs
sur6 35 couples,
et lesâges
aupremier
oeuf de1 66,6
et1 6 7 ,6 jours
sur
72 8 couples.
Un échantillon limité de la
souche
L 22suggère
la même conclusion.des 3 années
19 6 2 , 19 6 3
et19 6 4 ,
le nombre des femellesreproductrices
des deuxçatégories ayant
eu au moins 10 enfants étaitrespectivement
de 20etIl 8,
alors que les nombres calculés sont4 6
et 92. Lex 2
de conformité entre cesproportions
observéeset
théoriques
estégal
à 22,041 pour idegré
de liberté(P
<o,ooo i).
Il y a donc undéfaut
systématique important d’homozygotes parmi
les animaux retenus commegéniteurs.
La raison n’en est pasévidente,
car, sur depetits effectifs,
où une compa- raison étaitpossible
entre animaux RR et Rr issus des mêmesfamilles,
iln’apparaît
pas de différence sensible pour les
performances enregistrées :
Poids à 8semaines,
nombre
d’ceufs, poids
des oeufs. On nepeut, naturellement,
tester directement le taux demortalité,
mais iln’apparaît
pasparticulièrement
élevé dans les familles oules souches où tous les individus sont à crête en rose. On
peut
se demander sil’expli-
cation ne réside pas dans les
proportions
anormales décelées au stadegamétique (MÉ
RAT
, 19 6 3 ).
Sur une autre souche
(J 55),
élevée au domaine duMagneraud,
des croise-ments Rr X Rr étaient
également
réalisés en19 6 3
et19 6 4 .
Les nombres de filles révéléeshomozygotes
RR ouhétérozygotes
Rrd’après
leurdescendance,
sont, autotal,
de 4 et 31respectivement.
Nous retrouvons un défautd’homozygotes
parrapport
à laprévision (x 2
=7 ,6 12 ,
P <o,oi).
Lephénomène paraît
doncgénéral.
RÉSULTATS
II. - LOCUS C :
COMPARAISON ENTRE LES
GÉNOTYPES
Ce ET ceI
.
Éclosion et
mortalitéa) Éclosion.
Il est
possible
dereconnaître,
àpartir
du 18ejour d’incubation,
lesembryons
à blanc récessif
(cc)
des colorés(Cc),
mais ceci n’est suffisamment sûrqu’en présence
du
gène
spermettant
lapigmentation
rouge, car notrepopulation
nepossède
pas legène
E(noir étendu),
et lapigmentation
noire despoussins
Cc y est assez restreinte.Les nombres
d’embryons
morts observés à ce stade danschaque catégorie
sontles suivants
(tabl. 5 ).
Les nombres de
survivants,
comme nousl’indiquons plus loin,
sont à peuprès
égaux
pour les blancs et les colorés dans les deuxpremiers types
de croisement. Ilc)
Caractère despoules
adultes et desoeufs.
I,es poids
moyens d’oeufs despoules âgées
de 10 mois ont étécomparés
pour descouples
depondeuses
constitués comme il estindiqué précédemment.
Les résultats de lacomparaison
sur l’ensemble descouples
des diverses années sont les suivants(tabl. 4).
Dans la souche L
22,
unéchantillon
de 27couples
depoulettes
de io moisindique également
unelégère supériorité
dugénotype rr
parrapport
àRr,
pour lepoids
des oeufs à cet
âge (5 2 ,6
g, contre 51,4g).
Cette différencedans
lepoids
des oeufsne reflète pas une différence
parallèle du poids
du corps. Dans2 8 4 couples de poules
à crête en rose et à crête
simple ayant
10mois,
lespoids
moyens à cetâge
sont res-pectivement
de 1941g et 1 g43 g.Les
variances,
tant dupoids
des oeufs que dupoids corporel adulte,
ne sont passignificativement
différentespour
lesdeux catégories.
La conformation des
poules
adultes neprésente
pas dedivergences sensibles ;
en
particulier, l’angle
depoitrine (angle
que font entre elles les surfaces externes des musclespectoraux, apprécié
avec unappareil spécial : R ICARD , ig6i)
ne diffèrepas
significativement
pour lespoules
Ry(6 0 ,6 grades
enmoyenne)
et pour les rr(6 1 , 1
grades)
sur 3g7couples
mesurés à 10 mois.d)
Conclusion.L’interprétation
de ces résultats serareportée
à la fin de cettepremière partie.
Otx
peut
remarquer, dèsmaintenant,
que les différencesquantitatives
observées nedoivent pas
s’expliquer
par des éliminationsnaturelles,
différentes chez les indi- vidus Rr et rr,puisque
nous avons trouvé à tous lesstades
un taux de mortalitééquivalent.
Comparaison
desgénotypes
RR et Rr.Il est
plus
difficile de comparer, sur des effectifssuffisants,
les deuxgénotypes
RRet
Rr, puisqu’ils
nepeuvent
êtredistingués que
par un test de descendance.Nous
n’avons
pas dedonnées,
à cesujet,
sur lapopulation principale
étudiéeici,
mais la souche L22, déjà citée,
contenait des croisements dutype
Rr X Rr.Parmi les enfants à crête en rose des
familles correspondantes,
desreproducteurs
étaient
choisis,
sans test de descendancepréalable. En
l’absence de toutepression
de sélection favorisant
l’un
ou l’autregénotype,
ilsavaient
uneprobabilité z/ 3
d’êtrehomozygotes RR,
et uneprobabilité 2/3
d’êtrehétérozygotes
Ry.Or,
sur l’ensembleapparaît
donc une mortalitéplus grande
desembryons
colorés en fin d’incubation : Des erreurs de classificationexpliqueraient
difficilement la différence deproportion
observée.
L’examen
desproportions
despoussins
blancs et colorés à l’éclosion constitueune indication indirecte : en l’absence de sélection sur les
gamètes
et d’une différence dans la mortalitéembryonnaire globale,
lesproportions
fournies par les croisements Cc X cc et cc X Cc ne doivent pas s’écarter sensiblement de 50p. 100.Or,
les effectifs observés sur l’ensemble des années par croisement sont les suivants(tabl. 6).
Les deux
premiers types
de croisement neprésentent
nullepart
d’écartsigni-
ficatif vis-à-vis des
proportions prévues.
Par contre, le troisième montre un certainexcès de
poussins
blancs(x.2
=7 ,o8i,
P <o,oi)
sur le total des deux sexes.Cet excès n’est pas attribuable au fait que
quelques
mères Ccn’ayant
eu que des enfants colorés auraient pu être écartées de nos résultats. Eneffet,
pour éviterce
risque d’erreur,
nous avons éliminé des donnéesprécédentes
132 enfants colorés et 52 blancsprovenant
de familles de frères-soeurs d’effectif inférieur ouégal
à m,la
probabilité
très faible d’erreur sur legénotype
de la mère nepouvant
causer deperturbation
sérieuse pour des effectifssupérieurs.
Il reste6 47 o
enfants colorés pour 22g4blancs,
sexesgroupés,
d’oûun X 2 égal
à6, 45 6 (P ri o,oi).
Comme les
proportions
des deux autres croisements sontnormales,
nous sommes conduits à supposer que la mortalitéplus grande
deszygotes
Cc dans les derniersstades de l’incubation doit être
compensée, vraisemblablement,
par une survie meilleurependant
lapériode
antérieure. Ceci semble confirmé par l’absence de diffé-rence nette du taux d’éclosion entre
pères
degénotypes
différents au locusC, accouplés
à des mères de même
génotype.
Si,
d’autrepart,
laproportion
anormale observée dans le dernier croisementcorrespond
à une survieembryonnaire différentielle,
il faudraitpeut-être
supposerune éclosion un peu moins bonne des
zygotes
CC.BE RXI E
R et COONF;Y
( 1954 )
ont montré que les besoins en riboflavine des em-bryons
fortementpigmentés (à
noirétendu)
sontplus importants
que ceux desembryons
àpigmentation mélanique plus restreinte ;
ceci entraîne une éclosion moins bonne despoussins
noirs enprésence
d’unequantité
limitée de cette vitamine.On
peut
se demander si cesphénomènes
n’interviennent pas ici aussi sous forme atténuée.b)
Mortalité.La mortalité en
poussinière,
de o à 8semaines,
pour lespoussins
colorés etblancs,
ne
présente
pas de fluctuations trèsimportantes
suivant l’année. Le tableau 7 con- tient les résultats sur l’ensemble desgénérations.
La différence du taux de mortalité entre blancs et colorés est sensiblement la même dans les deux croisements
réciproques
Cc X cc et cc X Cc. En lesgroupant,
le
x a
decontingence
entre les deuxgénotypes
pour ce taux estégal
à6, 315
pour idegré
de liberté
(P ri 0 , 01 ). L’avantage
despoussins
blancs est doncsignificatif.
Quant
à la mortalitéjuvénile
et adulte(de
8 semaines à m moisd’âge),
nosdonnées se
limitent,
comme pour le locusR,
au sexe femelle. Nous avonsdéjà signalé (MÉ
RA
T, 19 6 2 )
que lespoulettes
à blanc récessifavaient,
dansl’ensemble,
un taux de mortalitélégèrement plus élevé, quoique
cecin’atteigne
pas le seuil 5 p. 100 designification.
2
. Critères à variation continue
a)
Poids à 8 semaines.Dans les deux sexes, on constate au total un
poids supérieur
pour les animauxcolorés,
mais ceci estplus
net chez lespoulettes
oû la différence est hautementsignificative (MÉ R AT, 19 62, 1965 a).
Le tableau 8
précise
cette constatation.Les variances intra-années ne diffèrent pas
significativement
pour les deuxtypes
de
plumage :
F =1 , 0 6
chez les mâles pour7 6 3
et7 6 3 degrés
deliberté ;
F = 1,04 chez les femelles pour 73g et 739degrés
deliberté,
pour l’ensemble des croisements Cc X cc et cc X Cc.Les résultats
présents apparaissent
en accord avec ceux deJ EROME
et HUNTS-MAN
( 1959 ),
de SMyTx et Fox( 19 6 1 , 1963).
On
peut
se demander si la différence depoids
moyen observéepourrait s’expliquer
par une mortalité
embryonnaire
oupost-embryonnaire frappant plus spécialement
les
poussins possédant
desgènes
de «petite
taille o,parmi
lescolorés, puisque
lamortalité des
poussins
se révèlelégèrement plus
élevée chez ces derniers. Il estdifficile,
pourl’instant,
derépondre
avec certitude à cettequestion.
b) Age
au 1eroeuf
et nombred’oeufs.
La maturité
sexuelle,
évaluée parl’âge
à laponte
dupremier oeuf,
et le nombred’oeufs
produits pendant
lespremiers
mois deponte,
en diffèrent passignificativement
pour les
poulettes
blanches(cc)
ou colorées(Cc).
Les valeurs moyennes sontindiquées
par le tableau 9.
c)
Poids despoules adultes, poids
moyen desoeufs et
autresca y actéristiques
desoeufs.
Les
poules
coloréesont,
dansl’ensemble,
unpoids corporel
un peusupérieur
à celui de leurs soeurs non
pigmentées.
Le tableau 10 montre que la différence est, dansl’ensemble, significative
au seuil 5 p. 100. Les variances intra-années sont,elles,
du même
ordre.
Ceci
explique
sans doute que lespoids
moyens des oeufspondus
au mêmeâge,
sur une
période
de 2semaines,
soient eux aussisupérieurs
d’un peu moins d’un gramme, pour lespoules colorées,
les variancesintra-années,
trèsvoisines,
n’étantpas mentionnées ici
(tabl. 11 ).
Quant
à la hauteur du blancépais
de l’oeuf cassé et étalé sur uneplaque
horizon-tale,
elle estsignificativement supérieure
pour les oeufs de 21poules
colorées com-parées
par la méthode descouples
à 21poules blanches
soeurs despremières :
lerésultat est
explicité dans
le tableau 1Z.Les
épaisseurs
decoquilles,
mesurées sur les mêmes oeufs des mêmespoules,
ne
présentent
pas de différenceappréciable.
d)
Poidsd’organes.
En
19 6 4 ,
sur 19couples
decoquelets
ou depoulettes
depoids voisin,
l’uncoloré,
l’autre
blanc,
à 8 semainesd’âge,
lesthyroïdes
ont étépesées.
Leurspoids
moyens sont,respectivement,
deg6, 4
et8 0 , 4
mg chez les mâles colorés et chez les blancs(t
=1 , 5 8) ;
lespoids correspondants
chez lesfemelles,
sont 73,4 et66,o
mg(t
=0 ,6 7 ).
Deux autres séries observées à l’automne
19 6 4 , portaient respectivement
sur 21et 13
couples
de frères à 8semaines,
dont lepoids corporel,
cettefois, n’était
pashomogène.
Lepoids des thyroïdes
et celui dessurrénales, exprimés
en p. 100, sontles suivants
(tabl. 13 ).
La série 2 recevait un
aliment enrichi
enprotéines,
cequi
ne semble pas avoirinflué sur les
poids
considérés.Dans
l’ensemble,
un faitparaît digne d’attention ;
lepoids
desthyroïdes
estconstamment
plus élevé
pour les animaux colorés. La différence n’est passignifi-
cative dans
chaque comparaison prise isolément,
mais sarépétition
neparaît
pas être un hasard. I,adifférence
dupoids
des surrénales est dans le même sens dans les séries 2 et 3 ets’approche
de lasignification
dansla série
2.e)
Consommation et rendement adimentaire.Aux indications
qui précèdent,
onpeut ajouter
un résultat concernant le ren-dement alimentaire de
poules pondeuses
colorées(Cc)
et à blanc récessif(cc) (P ROD -
HOMME et
MÉRAT, I965).
Comparaison
desgénotypes
CC et Cc.De même que pour le locus
R,
nous avons cherché le nombre dereproductrices,
issues du croisement Ce x
Cc,
dont legénotype
s’était révéléhomozygote
CC ouhétérozygote,
sur l’ensemble des années étudiées.Ces nombres sont,
respectivement,
de 51 CC et 73Cc,
alors que les nombresthéoriques (avec
laproportion
iCC/ 2 Cc)
seraient 4r,3 et8 2 , 7 .
Lex 2 corrigé
corres-pondant
estégal
à 3,073 et l’écart n’est passignificatif (P
>o,o 5 ).
Pour les croisements Cc X CC ou
CC
XCc,
nous n’avons pas fait uncalcul analogue,
car ces croisementsétaient identifiés, spécialement
lesseconds, uniquement d’après
laprésence
dedescendants
révéléshétérozygotes
parl’apparition
d’uneségrégation
chez leurs enfants : Les cas où l’on ne décelait pas dedescendants hétéro- zygotes
étaientomis,
et ils devaient être assezfréquents
du fait despetits
nombresde
reproducteurs
testés parfamille,
de sortequ’en
fin decompte,
laproportion
appa- rente deshétérozygotes
Cc parrapport
auxhomozygotes
CCdevait,
de cettefaçon,
être surestimée.