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F\ÏENCES. Conception graphique : Patrick Legrand - Jean Lochu. MASSIN ÉDITEUR

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F \ Ï E N C E S

DOMINIQUE DRE/FUS

Président de l'Association des Collectionneurs d'anciennes Faïences et Emaux de Longwy.

Responsable du département Emaux et Faïences au Musée municipal de Longwy.

Photographies : Bernard et Vincent Flamion.

Conception graphique : Patrick Legrand - Jean Lochu.

MASSIN ÉDITEUR

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SOMMAIRE

Avant-propos 3

Les faïences des premières périodes 5

Les objets religieux 10

L'impression sur faïence 14

Les assiettes parlantes 16

Les services de table 26

Les services à dessert et à thé 41

Les services de toilette 45

Les pièces ornementales 49

Les statuettes 62

Les majoliques industrielles 67

Les barbotines vernissées 75

Les émaux de grand feu et brocatelles ornementales 84

Les bleus de Sèvres 86

Les carrelages 88

Les pièces publicitaires 90

Les fantaisies sur faïence 92

Du même auteur :

- LA BELLE HISTOIRE DES ASSIETTES A HISTOIRES Editions Serpenoise - Metz ;

- LONGWY, LES MARQUES, LES SIGNATURES Autoproduction ;

- ÉMAUX DE LONGWY

Editions Charles Massin - Paris.

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Ava nt-propos

Depuis près de deux siècles, le mot Longwy est synonyme de céramiques, et essentiellement aux yeux du public d'émaux cernés, dont la vogue non démentie dure depuis cent vingt années.

Mais la production est comparable à un iceberg.

Sa partie émergée et connue du public consiste en d'admirables émaux aux colorations vives ou douces, aux multiples motifs floraux, géométriques, animaliers, aux formes quasi infinies ou vases - n'en démontre-t-on pas six cents modèles - coupes, assiettes, services... qui font la joie de milliers de collectionneurs à la recherche de la pièce rêvée.

Comme dans tout iceberg, la partie immergée, non visible est plus importante. Ici à Longwy, ces œuvres moins connues du grand public sont extrêmement attachantes et les collectionneurs frissonnent à l'idée de dénicher une technique rare ou peu usitée, ou de compléter un service. Leur richesse et leur variété sont incommensurables.

Longwy fut et reste un gigantesque laboratoire où des émules de Bernard Palissy ont produit ou tentent de produire selon les techniques les plus variées.

De la pièce utilitaire d'un service de table ou de toilette, à d'amusantes assiettes parlantes, ou popularisme d'objets religieux, à la somptuosité des barbotines, sans doute la technique la plus aboutie, au charme de

statuettes, à l'immense variété de pièces ornementales de grand et petit feu, à la profondeur des glaçures majoliques, il n'est guère de techniques auxquelles la faïencerie de Longwy ne se soit essayée.

Production de masse en immenses séries, ou pièces uniques d'artistes en renom, la possibilité de production de Longwy est immense, jonglant de l'industrie de la fin du XIXe siècle à l'artisanat et au goût du travail bien fait dont les mérites ont été reconnus lors de toutes les Expositions Universelles de Paris.

C'est le plaisir sans cesse renouvelé de la découverte et de l'impulsion. Souvent c'est sur un coup de cœur que l'on achète une faïence ; le critère appréciatif est primordial. Car comment pourrait-on établir une échelle de valeurs pour ces rares techniques où les pièces sont souvent uniques ? Comme toute cote, la valeur attribuée

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est artificielle car le

remplacement est inestimable vu le caractère unique. Bien sûr, le collectionneur acquiert une idée de la somme à investir, car si le marché des émaux existe, celui des faïences est loin d'être négligeable, et les ventes et échanges sont nombreux.

Nul ne peut prétendre, ni en émaux, ni en faïence, faire un inventaire exhaustif de l'immense production de Longwy ; mais la fierté du collectionneur et son plaisir de chineur sont ainsi

intarissables, renouvelant sans cesse le plaisir de découvrir ou d'inventer comme des trésors de nouvelles pièces, d'où

l'émulation n'est pas absente.

Au fil de ces pages, on navigue entre tous ces trésors, on s'étonne de l'abondance et de la variété de la production de Longwy, malgré l'idée parfois réductrice qu'on peut s'en faire.

On apprécie le travail si soigné de la Lorraine, région ô combien riche en arts.

Et Longwy ne fut-il pas aussi le berceau de l'orfèvrerie des Fauconnier, de la statuaire de Paul Aube, et des arts du feu ? Ce feu que le Pays-Haut maîtrisa si bien dans sa sidérurgie. Que la tradition de la céramique de Longwy depuis près de deux siècles se perpétue pour notre plus vif plaisir !

A mon ami Michel Bellamy.

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Le décor dit "au chrysanthème"

est le plus répandu à Longwy jusque vers 1850. Ici une rare pièce de forme, de seconde période, quand la manufacture était administrée par M. Boch de Nothomb (1815-1835).

Eentourent deux assiettes de même décor ; on perçoit ici les variantes dues à l'exécution manuelle des fleurs. Lassiette octogonale est plus recherchée des collectionneurs que la ronde.

Les faïences des premières périodes

Il était une fois un cheval qui souffrait d'un œil. La scène se passe en Angleterre à Dunstable vers 1780. Son propriétaire, Astbury, potier de son état est contraint de faire une halte dans une auberge ! Cette introduction peut sembler saugrenue, elle n'est pas le début d'un conte enfantin oublié mais l'acte de naissance de la faïence fine ! Notre guide Edouard Garnier nous narre dans son dictionnaire de la céramique (1893 - Librairie de l'Art) cet événement qui en changea la face. Alex Brongniart en 1877 fut aussi narrateur de l'événement (Traité des Arts céramiques).

L'aubergiste conseille à Astbury d'utiliser du silex calciné.

"Astbury remarqua que le silex, noir avant la calcination, a pris une belle couleur blanche ;

il pense, avec juste raison, qu'il peut blanchir la pâte de sa poterie en y introduisant cette matière" (E. Garnier).

C'est là une alternative primordiale pour la céramique, destinée à remplacer les faïences à base d'étain.

Ce nouveau type de faïence plus facile à fabriquer connaît vite le succès, en Angleterre.

avec les frères Green à Leeds et surtout grâce à Josiah

Wedgwood. Des lois

protectionnistes (16 août 1740 et 12 mars 1749) en limitent l'entrée en France.

Le 20 septembre 1786 un coup fatal, contraire aux intérêts de la France, est porté par la signature du Comte de

Vergennes au bas d'un traité de libre concurrence. Dès lors, il convient de s'organiser en France afin de lutter contre ces

"terres d'Angleterre".

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Cette assiette de première période (1798-1815) à double guirlande est fort rare. Outre deux filets, la bordure de la pièce est décorée de points irréguliers, et d'une guirlande dite à l'épi. Ce complexe décor a pourtant été produit longtemps puisqu'il figure sur un plat d'échantillonnage de l'époque "d'Huart de Nothomb"

(postérieur à 1835).

C'est dans ce contexte que Longwy voit naître en 1798 sa faïencerie en bordure des rivières Chiers et Moulaine.

Le couvent des Carmes, vendu comme bien national après la Révolution française, abrite cette industrie naissante.

La fabrique de terre de pipe fine produit des services de table imités des grands centres céramiques tels Chantilly, Tournai... Les décors sont toujours peints à la main avec les variantes inhérentes au mode de décoration : fleurs de chrysanthème, myosotis des champs, brindilles ou simples guirlandes en relief ou florales en sont les précieux

témoignages. Tous sont cuits en grand feu avec décoration sous-émail.

La première chance de Longwy date du 18 Vendémiaire an III (10 octobre 1804). Napoléon avait quitté Boulogne le 21 août

pour une tournée qui le mena à Bruxelles, Aix-la-Chapelle, Cologne, Coblence, Mayence, Kaiserslautern, Trèves.

Le 9 octobre, il quitte Luxembourg pour Paris via Stenay. Sur sa route il fait étape à Longwy inspectant les fortifications de Sébastien Vauban en compagnie du commandant de la place, Laveleine.

La notoriété naissante de la faïencerie l'incite à y commander un service, à l'élégant relief moulé, destiné aux Maisons de la Légion d'Honneur.

Le rapport du Comité d'installation céramique à l'Exposition internationale de

1900 (Belin Frères, St-Cloud) décrit la soupière de ce service.

"La décoration en relief est inspirée uniquement de divers emblèmes impériaux : aigles éployées servant d'anses, semis d'abeilles à la partie inférieure, couronne impériale formant le bouton du couvercle, et bordures d'aigles posées sur des draperies étoilées".

Un exemplaire figure au Musée municipal de Longwy, un autre au Musée national de la Céramique de Sèvres.

Toutes les productions de première période portent une marque incisée au moyen d'un stylet dans la pâte encore molle, et souvent le numéro de l'ouvrier. Peu de décors de cette période sont connus.

D'après observation sur des pièces de collectionneurs, il semble que les deux services

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les plus répandus, le myosotis et le chrysanthème, existaient sur formes ronde et octogonale.

Le développement de la faïencerie date de sa reprise en main en 1815 au lendemain du siège prussien de Longwy par Jean-Antoine de Nothomb, époux de Marie-Christine Boch, fille de faïenciers.

Septfontaines, près de Luxembourg avait été créé par les frères Boch. L'impératrice Marie-Thérèse lui avait accordé le titre de "Manufacture impériale et royale".

En 1795, lors de l'invasion française à Luxembourg, la fabrique située près de la forteresse doit être

abandonnée. Pierre-Joseph Boch obtient du général Davout l'autorisation de déménager l'outil de travail.

Avec son fils, frais émoulu des cours de Vauquelin à Paris, il crée une faïencerie à Mettlach sur les bords de la Sarre en 1809.

La faïencerie de Vaudrevange, près de Saarlouis fondée en

1789 par Nicolas Villeroy, devient la propriété des Boch par l'association de Messieurs Villeroy et Boch-Buchmann.

Forte de son expérience, Marie- Christine Boch et son mari dynamisent la faïencerie. Ils diversifient la production tout en continuant celle de services de table de l'époque antérieure.

Ils estampent les pièces d'un poinçon "Boch de Nothomb à Longwy" ; cette marque en creux est la première apparition d'un usage de cachet.

Cette saucière à la glaçure plombifère éburnéenne date de la première période de production de Longwy. On apprécie la finesse du galbe du col de cygne, prouvant la dextérité des mouleurs de Longwy. Le même biscuit fut réutilisé en grande période industrielle, à la fin du XI Xe siècle, mais la magie de son élégance primitive a disparu.

En 1823, une médaille de bronze de première classe leur est accordée eu égard à la qualité des produits et de leurs prix.

En septembre 1828, ils obtiennent une médaille d'argent lors de l'exposition des produits de l'industrie du département.

C. Clauteaux dans son Essai sur l'histoire de Longwy (1829 Verronnais, Metz) donne une longuç liste des produits de la faïencerie : "assiettes, pots à eau, cuvettes, (...) écuelles à café, moutardiers, corbeilles à fruits (...), beurriers, bénitiers, salières"... Clauteaux précise que la manufacture emploie de 90 à 100 personnes. La production est de très belle qualité, résistant au feu, et très bon marché.

Chaque faïencerie apporte des variantes quant à la

composition de sa pâte. La Situation de la faïencerie de Longwy pendant l'an IX donne la liste des composants utilisés.

Argile provenant de Cutry, Haucourt, aux environs de

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Rares sont les pièces de forme de première période (1798- 1815). Ici soupière et assiette sont décorées d'un motif dit

"au colibri" ; parfois un papillon remplace l'oiseau. Le même décor existe à la manufacture Boch à Luxembourg et à Echternach.

Longwy, quartz de Rambervillers, chaux carbonatée argileuse de Moselle, cobalt, soude et plomb oxydé de Paris.

A cette époque, les débouchés commerciaux sont les départements de la Moselle, des Fôrets, des Ardennes, de la Seine et les Pays-Bas.

Le réseau s'organise, séduit par la qualité de cette jolie

céramique couverte d'un émail particulièrement résistant.

La fille du couple, Stéphanie dite Fanny, épouse le 24 septembre 1832 le baron Henri-Joseph d'Huart. Au décès de J.-A. de Nothomb en 1835, sa fille et son gendre reprennent la faïencerie.

C'est sous l'impulsion de H.-J. d'Huart que la manufacture prend son véritable essor

commercial. L'exposition de Metz en 1837 couronne leurs efforts d'amélioration des pâtes.

A côté des terres de pipe et des cailloutages, ils innovent avec l'arrivée de pâtes perfectionnées.

Les demi-porcelaines, improprement nommées porcelaines opaques ou porcelaines anglaises, sont très dures grâce à l'adjonction de kaolin dans la pâte et de borax dans la glaçure.

Outre les services de table créés avec la naissance de la faïencerie en 1798 qui sont toujours en fabrication, il est fabriqué une diversité étonnante de produits céramiques utilisant en outre un grand nombre de techniques.

Des décors à l'éponge dans le goût d'Apt sont utilisés.

Mais la grande innovation que

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@ Copyrigth : Tous droits de traduction, de reproduction, et d'adaptation réservés pour tous pays.

Éditions Charles Massin. Paris I.S.B.N. 2-7072-0195-2.

Aubin Imprimeur, 86240 Ligugé. — D. L. avril 1992 — Impr. P 39930 Reliure par la SIRC à Marigny-le-Châtel

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