Tout ce que tu dois savoir pour obtenir la ceinture noire
(1 er Dan)
Les épreuves en détail Les techniques à préparer
Les critères de jugement Les pièges à éviter Comment s’entraîner
Nos conseils
Ce document est destiné à t’expliquer en détail comment se déroule le passage de grades pour la ceinture noire 1er dan. Il a été écrit et validé par l’équipe Karaté Expert et il sera mis à jour régulièrement. Il présente les 6 modules et te donne les clés pour réussir chacun d’eux.
Pour aller plus loin dans la compréhension et la visualisation, nous t’invitons à aller dans la rubrique RESSOURCES du Blog, où tu pourras bientôt retrouver des outils pédagogiques et des vidéos pour te guider pas à pas.
Et n’hésite pas à nous dire ce que tu penses de ce guide en laissant un commentaire sur cette page :
Avant de commencer…
Quelques conseils généraux
Valables pour la totalité du passage de grades
L’efficacité dans la règle
Un passage de grades n’est pas un combat de rue. La bagarre en bas de l’immeuble ou en sortie de boite, les fondateurs de ce blog l’ont malheureusement expérimentée : il s’agit d’un tout autre registre et on ne donnerait pas les mêmes conseils pour avoir sa ceinture noire ou se sortir indemne d’un combat improvisé et sans règles.
Que l’on soit clair, ce qu’on va t’apporter ici, ce sont des connaissances et des conseils pour : 1. réussir rapidement et au premier essai le passage de grades en vue de l’obtention de la « Ceinture Noire 1er dan »
2. connaître les critères d’évaluation et de validation utilisés par le Jury.
Les critiques sont les bienvenues mais doivent être émises et appréciées à l’aune de cette règle unique, qui fonde la philosophie de Karaté Expert : l’efficacité dans la règle (telle que rédigée par la FFKDA) !
S’engager pour donner envie au jury
Le jour de l’examen, donne tout et ne sois pas sur la réserve. La notion d’engagement est ici capitale : tu dois vivre avec intensité ton karaté pour donner envie au jury de te donner la ceinture noire.
Le jury est bienveillant ; ça ne veut pas dire qu’il va mettre de côté des critères de jugement essentiels, au premier rang desquels l’engagement total qu’il doit percevoir dans ton karaté.
Ce jour là, chaque technique est exécutée à 100% de tes possibilités techniques et physiques, et ça doit se voir. Une ceinture noire, ça se mérite alors montre au jury que tu la veux vraiment et que tu en es digne : aies une attitude martiale et un karaté engagé !
Ne pas te laisser influencer le jour J
Lors de ce passage, tu es dans ta bulle et tu n’acceptes aucune nouvelle info. Il est trop tard pour changer quoi que ce soit ; alors ne laisse aucun candidat influencer ton passage de grades. Si tu as bossé et si tu as les bonnes infos, tu arrives au passage de grades avec des certitudes et il est dangereux de changer quoi que ce soit, par exemple sur un kata ou un assaut. La moindre info contradictoire peut perturber tout ton passage de grades.
Si ton sensei est sensé, il doit s’abstenir de changer quoi que ce soit au cours du dernier mois qui précède l’examen. Le cerveau n’aura pas le temps d’assimiler des ajustements techniques de dernière minute. A un mois du grand jour, tu dois être prêt et tu as 4 semaines de
répétition pour bien assimiler tout le programme. Selon toi, quel serait l’effet d’un conseil de dernière minute émanant d’une ceinture marron encore plus stressé que toi ?
Se tromper avec autorité
Drôle non ? Et pourtant si utile… Se tromper avec autorité, ça veut dire :
1. assume les erreurs que tu as commises. Il n’y a pas de retour en arrière. Donc même en cas d’erreur, poursuis avec conviction et fais tout à bloc, même si tu sais ou tu sens que tu viens de rater une partie de l’examen. N’oublie jamais qu’il n’y a pas de note éliminatoire et que tout se joue sur la MOYENNE DES NOTES. Même avec un 0 en kata, tu peux sortir du dojo avec ta ceinture noire autour de la taille.
2. cette notion « se tromper avec autorité » est surtout vraie pour les katas, bien qu’elle soit valable pour l’ensemble des six modules. Si tu te trompes, continue avec naturel et fais comme si de rien n’était. A priori le jury l’aura vu et appréciera que tu gardes une attitude martiale et combattante, ce qui minimisera l’erreur. Et il est possible que le jury n’ait rien remarqué. Sauf si tu fais une grimace ou que ton corps s’affaisse : là, le jury va comprendre que tu t’es trompé, même s’il ne l’a pas vu. Voilà pourquoi, si tu te trompes, fais le avec autorité !
3. En cas d’échec, tu ne repasses que les modules où tu n’as pas eu la moyenne, donc chaque module est indépendant et un échec dans l’un d’entre eux ne doit pas te démotiver. Si tu dois repasser ta ceinture noire, ce ne sera que les modules où tu as échoué, donc autant en réussir le maximum.
Voie Traditionnelle ou Voie Compétition ?
Ce document traite des 6 modules de la Voie Traditionnelle. Tu as cependant la possibilité d’opter pour la Voie Compétition. Voici nos conseils.
Pour obtenir la Ceinture noire par la Voie Compétition, tu dois passer et réussir les modules n°1 (Kihon), n°2 (Kata) et n°4 (Kihon Ippon Kumite) et participer à 5 compétitions, soit en Kata soit en combat (tu ne peux pas mixer les deux).
Les compétitions éligibles sont toutes les compétitions du calendrier fédéral (National, ligue régionale, zone interdépartementale ou Départemental). La participation sera le seul critère retenu, quels que soient les résultats obtenus dans ces compétitions.
Ce qu’on pense !
Contrairement à l’idée la plus répandue, ce n’est pas une solution de facilité et ce pour deux raisons majeures.
1. Pas de compétition sans préparation – surtout ne te présente pas en compétition sans une préparation poussée et validée par ton sensei. Il est impensable de s’y présenter sans connaître les règles et sans un entraînement physique et psychique adapté.
Tu dois maîtriser la règle de chaque spécialité : en combat, tu dois être prêt à donner et recevoir des coups et tu dois savoir comment combattre et quels sont les critères de jugement. En Kata, le niveau est élevé et tu dois connaître par cœur le rituel (il y a 6 saluts obligatoires : ne pas en connaître l’ordre et le nombre peut être disqualifiant).
C’est donc un travail probablement plus intense que celui de la voie traditionnelle. Il n’y a là aucune économie de moyens et cette voie demande certainement beaucoup plus d’implication physique et psychologique.
2. Risque Physique & Risque Psychologique – on te met en garde (sans jeu de mots, enfin si…), le combat comporte des risques physiques. Même si c’est rare, tu peux être blessé ou blesser ton adversaire. La possibilité existe et tu dois l’accepter, donc la travailler. En te préparant sportivement pour l’éviter ; en te préparant mentalement pour l’accueillir si la blessure survient.
Quant au risque psychologique, il est loin d’être neutre. Contrairement à la voie
traditionnelle, où il n’y a ni vainqueur ni vaincu, dans la voie compétition entre en jeu la notion de victoire et de défaite. La défaite peut devenir compliquée à gérer
émotionnellement, surtout si tu « en prends plein la courge » ou et si tu t’aperçois que ton niveau est bien en-deçà du niveau global. Bref, ça peut faire mal au moral ! Et à l’ego.
En conclusion
Ne choisis jamais la Voie Compétition par défaut ou par facilité, tu risquerais de subir de graves désagréments. Il faut s’y préparer sérieusement.
Module n°1
Le nom : KIHON
La Note / 20
Le principe : montrer la maîtrise de techniques simples en mouvement et la capacité à reproduire différentes attaques ou défenses sur des séries de 3 pas ou dans différentes directions.
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Nombre de sous-modules : 3
• 1.1 – Le Kihon sur 3 pas en avançant et en reculant, exécuté seul
• 1.2 – Le Kihon multi-directionnel, exécuté seul
• 1.3 – Le Kihon avec plastron, exécuté avec un partenaire
• 1.1 – Le Kihon sur 3 pas
Comment ça se passe ? Bien, super bien ;-)
Le jury t’appelle en même temps que d’autres candidats et l’un des examinateurs ou un membre de la Direction Technique prend le lead. Il a toute liberté de demander la position de départ et les techniques de son choix. Par exemple, il annonce « Ju Kamae » et il faut prendre la position Fudo Dashi (position de combat, jambe gauche devant). Le jury demande alors de produire deux ou trois techniques enchainées, la dernière avec un kiai, incluant un
mouvement vers l’avant. Technique à reproduire 3 fois avec à chaque fois, un pas en avant.
Après 3 techniques, le jury demande un nouvel enchaînement avec kiai en reculant. Ces enchainements peuvent n’inclure que des techniques de bras, ou que des techniques de jambes, ou mixer les deux, que ce soit des attaques ou des défenses.
Sur quoi tu es jugé ?
Une fois que tu as compris ce qu’on te demande, le 2e critère est la maîtrise technique
(réussir les techniques en mouvement, en gardant une posture basse et tonique, conforme aux positions théoriques de karaté). Réussir à enchainer les déplacements tout en préparant chaque frappe et en finissant le mouvement sur la fin du déplacement en ajoutant un kiai…
voilà l’objectif suprême.
Le 3e critère est le Kime… Le quoi ??? Le Kime, l’engagement et l’énergie que tu insuffles à ton karaté (voir sur le Blog l’article qui est consacré au Kime). On peut assimiler ça à la tonicité des mouvements et à l’énergie de l’impact en fin de technique.
Le Kiai prolonge le Kime mais ne s’y résume pas. Tout l’exercice doit être fait à 100% et
Essentiellement ta capacité à comprendre les instructions, donc à transformer des noms des techniques (annoncées en japonais) en mouvements enchainés, sans hésiter et sans avoir trop l’air de calculer dans ta tête.
Il existe une idée très partagée selon laquelle il est préférable de savoir faire les techniques plus que d’en connaître le nom. Chez Karaté Expert, on n’aime pas bien l’idée… Tu imagines un joueur de tennis qui ne saurait pas compter les points (15 / 30 / 40 / Deuce / Jeu) ou qui ignorerait jusqu’au nom de Tie Break, qui ne sait pas quand il faut changer de côté et où se placer pour recevoir le premier point du jeu ? Il a beau avoir un coup droit dévastateur et un revers de feu, il aurait vraiment l’air d’un benêt. Et ce n’est sûrement pas ce que tu veux. Et même s’il n’est pas écrit noir sur blanc dans le règlement de la FFKDA que c’est pénalisant, on te recommande fortement de connaître le nom des techniques de base et des techniques avancées !
Ce que tu dois maîtriser
Pour la posture, une règle et une seule : la colonne vertébrale tenue et droite ; comme si un fil invisible te tirait par le sommet du crâne, ce qui te permet de descendre bas sur tes appuis.
Quand tout ça est en place, ajouter une vigueur à l’exécution devient presque facile.
Ben… le nom des techniques de base (à retrouver dans l’article dédié sur le Blog en lien ici
>>). Avec le stress, capter 3 noms en japonais, les identifier et les transformer en techniques de karaté est finalement assez complexe car cela fait appel à des capacités cognitives bien distinctes. Il faut une concentration extrême, car ça se reproduit au bout de chaque ligne droite. Et s’il y a une hésitation, ça aura un impact négatif sur la posture et l’énergie, qui sont les deux autres points sur lesquels tu ne dois rien lâcher.
Le(s) piège(s) à éviter
Sans hésiter, regarder les autres. C’est juste IN-TER-DIT. Quel que soit le doute que tu puisses avoir, ne le fais pas, ne le fais jamais ! Pourquoi ? Simple. Si tu regardes tes voisins, il y a deux possibilités. Option 1 : ils font comme toi et alors la valeur ajoutée est nulle ; en
revanche, tu es en décalage sur le rythme et ça te déstabilise grave. Option 2 : ils ne font pas comme toi et là le doute t’envahit, la panique monte à bord. Qui a raison ? A ce stade,
impossible de savoir. Il est probable que tu sois dans le vrai et pas eux. Imagine le trouble. Et si c’est eux qui ont raison, tu n’auras pas le temps de modifier sur 3 pas ta technique, ça va trop vite. Donc une seule approche possible : tu écoutes, tu analyses, tu décides, tu agis ! Seul et dans ta bulle.
La vraie difficulté
Connaître le nom des techniques, et savoir les exécuter rapidement, c’est réellement la clé de la réussite. Pour t’aider, nous avons produit un lexique des techniques en vidéo, qui sera bientôt disponible sur le blog dans la rubrique RESSOURCES.
Nos conseils
Ne pas hésiter à solliciter l’examinateur pour qu’il répète une fois le nom des techniques à enchaîner, pour lever un doute. Egalement, produire un karaté propre et engagé. Si une des techniques n’est pas la bonne mais qu’elle est parfaitement exécutée, le jury sera indulgent.
Comment s’entraîner ?
En club en fin de cours, demander à un gradé ou à un pratiquant qui connaît le nom des techniques de te faire enchaîner plusieurs mouvements sur 3 pas.
Chez soi ou dans les transports, en simulant mentalement la demande en en visualisant son exécution. Attention toutefois de ne pas reproduire cet exercice en Comité de Direction ou au beau milieu d’un repas amoureux. Ce n’est pas le bon endroit pour ça.
Comment je l’ai vécu ?
Mal, super mal. J’ai failli abandonner au bout des deux premiers allers/retours. Avec le stress et mon côté dyslexique, c’est vite devenu un cauchemar. D’autant que j’ai voulu regarder mes camarades. Tout ce qu’il ne faut pas faire, je l’ai fait. Heureusement, quelles que soient mes erreurs, elles se sont intégrées dans un karaté engagé, ce qui semble avoir sauvé l’affaire…
Mais je n’étais pas fier.
En conclusion ?
Dans les clubs où je suis passé, c’est l’exercice que l’on travaillait le moins. C’est pourtant une discipline enrichissante et un des « UV » les plus faciles à réussir, pourvu que tu t’entraînes un peu. D’autant qu’il s’agit souvent du 1er exercice. Le réussir permet de gagner en confiance, d’évacuer le stress et d’entrer pleinement dans le passage de grades.
• 1.2 – Le Kihon Multi-directionnel (avec ou sans sursaut)
Comment ça se passe ? Dans tous les sens.
Le jury te demande d’enchainer 2 ou 3 techniques et de les répéter en te déplaçant dans l’espace. C’est finalement assez simple à condition de s’y être préparé. Par exemple tu
enchaines deux coups de poing en avançant d’un pas, puis blocage en reculant et coup de pied avant sur place. Tu te déplaces d’un quart de tour sur la gauche et tu reproduis l’exercice.
Encore deux fois comme ça et tu es revenu à ta position initiale. On te montre ça très vite en vidéo…
Sur quoi tu es jugé ?
Selon les mêmes critères que le Kihon sur une ligne droite + ta capacité à reproduire un enchaînement dans 3 ou 4 directions différentes pour revenir à ta position initiale. L’idée générale est de montrer que tu sais gérer l’espace et que tu peux combattre dans toutes les directions. Il n’y a dans cet exercice AUCUNE difficulté, qui peut surprendre par sa simplicité.
Il est donc important de se concentrer sur la pureté des techniques et le Kime, à chaque répétition.
Ce que tu dois maîtriser
Le déplacement dans l’espace. Etre capable de reproduire une série d’attaques-contres en pivotant entre chaque enchainement.
Le(s) piège(s) à éviter
Changer de garde entre deux enchaînements ou partir du mauvais côté – en général, il est préférable et recommander de tourner autour de ta jambe avant (si c’est ta jambe gauche, tu vas tourner sur la gauche dans un sens antihoraire ; si c’est la droite, tu tournes sur la droite dans le sens horaire).
Le considérer comme une simple chorégraphie – il est important d’imaginer, pendant tout l’exercice, un adversaire face à toi, pour visualiser ce que tu es en train de faire (un peu
comme un kata). Cela va t’aider et rendre ton karaté visuellement plus impactant.
La vraie difficulté
Tout seul en demandant à ton sensei ou à une ceinture noire de te montrer un ou deux enchainements possibles : les mémoriser et les reproduire au club ou chez toi.
Nos conseils
Apprendre à s’adapter plutôt que de faire du par cœur. Le jury peut te demander 1.000 enchaînements différents, donc prépare-toi mentalement à capter sa demande et à la reproduire une fois, puis à la dupliquer en te tournant dans l’espace.
Comment s’entraîner ?
Essentiellement tout seul ou en fin de cours, tu demandes à une ceinture noire de te solliciter sur un enchainement de 4 ou 5 techniques maximum qui peuvent comprendre un pas avant et un pas arrière (pour toujours revenir dans ta position initiale) à dupliquer 3 ou 4 fois dans l’espace. Retour à la position / direction initiales.
Comment je l’ai vécu ?
Super bien car la demande était claire et simple. Pied total…
En conclusion ?
L’exercice est plutôt simple dès lors que tu en as compris l’esprit. Notre vidéo sur ce module pourra t’aider à en comprendre l’essentiel, à retrouver bientôt dans la rubrique RESSOURCES.
• 1.3 – Le Kihon avec plastron
Comment ça se passe ?
Cette épreuve est composée de 5 techniques choisies par le jury, parmi les 7 possibles, exécutées sur cible :
- Mae Geri, de la jambe arrière (de préférence posée derrière), niveau chudan
- Mawashi Geri, de la jambe arrière (de préférence posée derrière), niveau jodan ou chudan - Mae Geri de la jambe avant (avec sursaut ou pas chassé), niveau chudan
- Mawashi Geri, de la jambe avant (avec sursaut ou pas chassé), niveau jodan ou chudan - Gyaku Zuki chudan (coup de poing direct du bras arrière avec sursaut ou pas chassé) - Kizami Zuki/Maete Zuki (coup de poing direct du bras avant), niveau jodan, suivi de Gyaku Zuki (coup de poing direct du bras arrière), niveau chudan
- Oï Zuki (coup de poing en avançant), niveau jodan, retour à l’arrière.
Les deux candidats se font face. Tori est l’attaquant. Uke sert de partenaire en présentant la cible (le plastron). Tori doit démontrer la maîtrise du geste et la maîtrise de la distance en réalisant un mouvement technique simple. Tori adapte sa distance et exécute le mouvement technique avec précision et maîtrise, en répétition (3 fois). C’est Tori qui demande à Uke la hauteur des techniques de jambe pour qu’il place la cible à la bonne hauteur de frappe.
Entre chaque série de 3 attaques, Uke doit se repositionner en faisant un ou deux
déplacements, arrière ou de côté (sans changer de direction s’il y a 2 déplacements). Pendant l’exécution de la technique de Tori, Uke est passif et immobile (mais concentré et tonique et en harmonie énergétique avec Tori). L’exercice se reproduit sur les 5 techniques, qui sont exécutées à droite ou à gauche, au choix du candidat.
Sur quoi tu es jugé ?
Quand tu as le rôle de Tori – Essentiellement sur 3 critères, la bonne exécution des techniques (gestuelle), la précision des attaques (distance) et la capacité à être fort sur l’impact (contrôle). Pour résumer, l’attaque doit avoir la forme requise (par exemple un Mawashi Geri doit être esthétique et parfaitement réalisé), le coup doit être porté au bon endroit (par exemple au visage) et maîtrisé (le contrôle doit être absolu).
Quand tu as le rôle de Uke – Même si tu n’es pas noté, ton attitude doit rester celle d’un guerrier et tu dois aider ton partenaire en pensant bien à casser la distance entre deux techniques, en mettant bien la cible au bon endroit et en restant connecté avec lui, en le regardant avec intensité pour lui faciliter le travail et constituer une vraie cible et pas juste un mannequin mollasson.
Ce que tu dois maîtriser
Bien connaître les 7 techniques et bien gérer la distance : quand tu frappes, tu ne dois pas être en bout de course sur l’impact mais avoir encore de la réserve. Car si tu es au bout de ta technique, elle n’aura aucun effet et sera jugée « hors distance ».
Le(s) piège(s) à éviter
Frapper trop fort : il est tentant de tout donner et de frapper fort dans le plastron pour montrer qu’on est puissant. Ce n’est pas ce qui demandé. Tu dois avoir de la vitesse et de la puissance, certes ; mais Uke n’est pas une cible que tu dois détruire. Tu dois maîtriser l’impact, montrer que tu pourrais faire mal mais que tu décides de contrôler.
Ne pas frapper assez fort : des techniques faiblardes, sans impact ni kime, te vaudront de perdre de précieux points. Trop mou n’est pas plus rémunérateur que trop fort.
La vraie difficulté
Il n’y en a pas vraiment, tout est codifié et connu d’avance. Ah si, trouver le bon équilibre entre puissance et contrôle. Tu peux t’aider d’un Kiai sur chaque attaque, ça renforce le Kime sans te faire prendre de risque de toucher (et donc blesser) Uke.
Nos conseils
Se déplacer entre chaque série – Entre chaque série de 3 attaques, penser à se déplacer pour obliger l’attaquant à travailler sa distance, et ainsi montrer sa maîtrise de la bonne distance d’attaque. Si, pendant l’examen, Uke ne se déplace pas entre les séries, il est vital de penser à le faire quand tu deviens Uke. Ce n’est pas parce que ton partenaire fait une erreur que tu dois faire la même. Quand tu tiens le plastron, déplace-toi pour montrer que tu connais bien la règle.
Sur toutes les techniques, pense à la reprise de distance – C’est la notion de Zanshin (vigilance) ; tu es présent dans l’attaque : avant, pendant et après (souvent là où ça pêche). Tu as d’ailleurs le droit (et le devoir) d’ajuster ta distance après chaque technique si la première n’est pas bonne.
Gérer l’espace ≈pense à te replacer face à ton jury entre chaque série pour ne pas finir l’exercice sur les genoux du jury, sur la table d’à côté ou dans les vestiaires ;-)
Ne pas se précipiter – cet exercice se passe très vite, alors il est important d’entrer dans sa bulle et de bien rythmer l’exercice : calme, lenteur et concentration entre chaque série d’assauts ; explosivité, vitesse et contrôle sur chaque frappe.
Comment s’entraîner ?
Seul et avec un partenaire. Commence à travailler seul les 7 techniques en imaginant et visualisant Uke. Quand tu es prêt(e), travaille au club une fois par semaine avec quelqu’un qui va passer son grade et vous alternez les rôles Tori / Uke.
Comment je l’ai vécu ?
J’ai adoré ! J’avais vraiment bien préparé l’exercice et je me suis régalé : le partenaire était émotionnellement impliqué dans le travail à deux et ça a été un régal, d’autant que j’ai pris le risque de passer tous les Mawashi au niveau du visage et que ça a parfaitement fonctionné.
En conclusion ?
On arrive au bout du Kihon et sa difficulté réside dans ce paradoxe : il demande beaucoup d’énergie et de concentration mais ne représente que 20 points. Pour beaucoup, il est le point d’entrée dans le passage de grades et il donne le ton. Réussi, il te met sur des bases
stratosphériques ; raté, il te met une grosse pression pour la suite. Donc tous les exercices doivent être pratiqués à 100% des tes capacités émotionnelle et physiques. Ne pas chercher à s’économiser est le maître-mot et te permettra de garder un niveau d’énergie optimale sur tous les autres modules.
Module n°2 Le nom : KATA
La Note / 20
Le principe : Exécuter face au jury deux Kata libres, à choisir dans la liste des Katas de 1er Dan de ton style. Le jury peut faire passer l’ensemble des candidats sur le 1er kata puis sur le 2e ; ou bien demander à chaque candidat de les enchaîner avec une pause de 30 secondes entre les deux (nos conseils retiennent prioritairement cette hypothèse).
Comment ça se passe ? Citons la FFKDA :
« Le mot Kata, traduit littéralement, signifie forme. En Karaté, on le traduit par forme
fondamentale ou conventionnelle. Il est primordial de ne jamais oublier qu'un Kata n'est pas un simple exercice de style. Il représente un combat dans ce qu'il y a de plus pur et de plus extrême et, à ce titre, il possède, comme ce dernier, un rythme propre. Ce n'est ni une course de vitesse ni un travail en lenteur. L'expression "vivre son Kata" traduit mieux que toute autre cette capacité que doit posséder le pratiquant, de contrôler tous les paramètres de son exécution, de telle sorte que le jury ressente cette impression de combat au travers de la démonstration qui lui est faite.
Tout comme en Kihon, la "beauté" n'est pas un critère essentiel, mais l'efficacité est incontournable. »
Sur quoi tu es jugé ?
Ici encore, aidons-nous du règlement officiel
>> La présentation : la tenue et le comportement du candidat doivent être impeccables : Karategi propre, ceinture correctement nouée, comportement et attitude générale
irréprochable.
>> Le cérémonial et l'étiquette : le cérémonial (salut, prise de position, présentation) doit être scrupuleusement respecté. Le Kata est annoncé à haute voix, il commence et se termine par le salut.
>> La concentration : Dans sa démonstration, le candidat doit dégager une impression d'unité corps/esprit.
>> L'équilibre et la stabilité : les positions doivent être bien marquées. La position du bassin, de la colonne vertébrale, de la nuque et des épaules bien contrôlée. La maîtrise des déplacements est essentielle et toute perte d'équilibre, glissade ou chute sera « sanctionnée », sans être éliminatoire.
>> Le rythme et le tempo : les techniques enchaînées, les mouvements lents (s'ils existent dans le Kata présenté), les temps morts doivent être placés de manière judicieuse tandis que les Kiaï devront être placés selon les normes communément acceptées.
>> La puissance : les techniques doivent dégager une impression d'efficacité ; le regard doit être empreint de toute la détermination du candidat. Il doit suivre la direction dans laquelle les techniques ou enchaînements sont utilisés.
>> La respiration et le Kiaï : la respiration est le support de l'énergie, elle conditionne les moments de force et de faiblesse de notre organisme. Elle doit être correctement
synchronisée avec les techniques, sauf pour certains Kata dit "respiratoires", elle est inaudible. Un Kata comporte suivant les styles un, deux en général voire trois expirations sonores (Kiaï) qui expriment un dégagement maximum d'énergie.
>> Le respect des techniques et de l’embusen (diagramme original du Kata) : le Kata est exécuté dans sa forme originale, c'est-à-dire en respectant les positions, les techniques et les directions préconisées par le style ou l'école auquel se réfère le candidat.
Ce que tu dois maîtriser
Ce que tu dois maîtriser est simple : l’exécution parfaite des deux katas que tu as sélectionnés. Deux parmi la liste ci-dessous :
Kata n°1 – Heian Shodan Kata n°2 – Heian Nidan Kata n°3 – Heian Sandan Kata n°4 – Heian Yondan Kata n°5 – Heian Godan Kata n°6 – Tekki Shodan
Nous avons la chance de les avoir filmés dans un milieu calme et dédié aux arts martiaux, à voir ici :
https://youtu.be/h5UAm8cRka4
Le(s) piège(s) à éviter
A l’évidence, ne pas connaître son kata. Il est donc essentiel de le répéter mentalement tous les jours te plusieurs fois par jour, comme le font les athlètes de haut niveau qui répètent mentalement les mouvements. Pensez au perchiste qui retrace en lui-même le saut parfait, ou le skieur qui visualise la piste avant de s’élancer.
Autre piège : oublier les Kiaï. Cela arrive fréquemment. Ils sont les « highlights » du kata donc les omettre est lourdement sanctionné.
Dernier impératif : le cérémonial… Ne pas le respecter serait une très mauvaise entrée en matière. Donc on le répète ensemble...
Entrée sur l’aire : salut du jury. Avancer au milieu : Position Yoi. Salut du jury et annonce du nom du Kata (avec une voix forte et affirmée). Exécution du kata.
A la fin retour en position Yoi, le dos droit, le regard vers l’avant, déterminé. Puis nouveau salut du jury. Dernier salut avant la sortie. Si tu visualises le tatami comme « aire de travail », tu salues 4 fois : en entrant de la zone, au début du kata, à la fin du kata et avant de sortir de la zone.
La vraie difficulté
Dans l’hypothèse où on te fait enchaîner les deux katas avec juste 30 secondes de récupération au milieu, la tentation pourrait être grande de ne pas se donner à fond sur le 1er. Ne me dis pas que tu y as pensé ??? Et bien oublie cette pensée. Le 1er à fond. 30 sec de récup. Le 2nd pleines balles !
Nos conseils
Ce qui veut dire qu’en réalité, une fois que tu connais bien chaque kata, durant la dernière phase de révision, tu dois considérer l’ensemble comme un seul et même kata et travailler ce module en un bloc, de sorte que le jour J, ton cerveau a « engrammé » la
séquence totale. Tu entres dans le tunnel Kata en une seule fois et tu en sors une fois les deux katas exécutés.
Conseil essentiel : ne pas s’économiser et prendre des risques, car sinon ça s’appelle de la gestion et ce n’est pas digne de la philosophie des créateurs du karaté. Respecte les, respecte- toi et fais en sorte, non seulement d’avoir ta ceinture noire, mais avec un sentiment de fierté et du devoir accompli.
Dernier truc, prends du plaisir. Le passage de grades 1er dan, ce n’est pas comme l’amour, ça n’arrive qu’une fois dans ta vie (seulement si tu n’échoues pas mais forcément, si tu suis nos conseils, tu l’auras du premier coup). Si tu es tout stressé et que seul le résultat compte, tu rates l’essentiel. Passer ses grades en y prenant du plaisir est tellement jouissif…
Ah si, essentiel aussi, pense à te faire conseiller sur le choix des deux katas. Ton sensei saura te guider vers les deux qui correspondent à tes qualités intrinsèques. Souvent, on choisit un kata qui ne « nous va pas ». Un conseil judicieux permettra de choisir les deux katas les plus adaptés à tes qualités intrinsèques (ou un terrain mouillé…)
Comment s’entraîner ?
Principe n°1 – regarder les vidéos des katas sur Karaté Expert et ailleurs pour voir les différences de style et les points permanents et non modifiables.
Principe n°2 – pratiquer chaque semaine au dojo ou chez toi, à vitesse lente et rapide, en s’imposant de l’exécuter à 100% au moins une fois par semaine.
Principe n°3 – se filmer et observer, en comparant son kata à celui des vidéos réalisées par des experts. Une étape pas facile car peut avoir un problème avec son image. Cependant cette technique est vitale et une fois le choc de se voir passée, on se familiarise avec l’outil et on progresse à pas de géant, notamment sur les détails. Un smartphone suffit et vous pouvez le positionner pour vous filmer seul si besoin.
Principe n°4 – visualiser mentalement comme les font les sportifs de haut niveau pour que votre cerveau engramme la totalité de l’exercice.
Principe n°5 – solliciter la critique des autres pratiquants, ce qui va vous obliger à donner le meilleurs de vous-mêmes, de vous habituer à pratiquer le kata face à des gens qui vous scrutent et vous apporter de précieux conseils.
Principe n°6 – aller au cours spécifiques Kata de ton club, le meilleur moyen de progresser.
Comment je l’ai vécu ?
Plutôt bien. Quand j’ai passé ma ceinture noire, il fallait maîtriser la totalité des 6 katas car on présentait le kata de son choix et le second était tiré parmi les 5 qui restaient. J’avais choisi Heian Sadan pour son côté puissant et il est passé tranquille. Puis j’ai tiré au sort Heian Yondan et je me souviens d’une anecdote. Dans ce kata il y a un passage très intense qui correspond au 1er Kiaï et avec le stress, je suis parti un peu trop près de la table du jury, si bien que sur ce mouvement, je suis arrivé avec le corps super proche de la table et le poing pas très loin du visage d’une fille du jury. Avec le Kiaï balancé avec toutes mes tripes, ça les a bien réveillés… ;-)
En conclusion ? Bosse, bosse, bosse !
Module n°3
Le nom : BUNKAI
La Note / 20
Le principe : mettre en application 3 séquences du Kata et, à l’aide d’un partenaire, les transformer en une phase de combat où ton partenaire t’attaque (1, 2 ou 3 fois selon la séquence) et où tu pares et contres en respectant la forme originale du Kata.
Comment ça se passe ?
Ça ne peut pas être plus simple. Le règlement dit : « Le candidat est évalué avec un partenaire, choisi parmi les candidats, avec un minimum de 3 séquences de son choix issues d’un kata de sa liste. » Il fut une époque où les candidats étaient interrogés sur n’importe quelle séquence de n’importe quel kata parmi les 6 du programme. Il fallait être capable de tout appliquer instantanément, c’était un travail de titan mais ça obligeait à trouver des raccourcis et à improviser dans l’instant. Le Kata est comme un livre de
grammaire et le Bunkai est une dictée préparée : la mise en application de la forme. Tu peux présenter deux katas et une série de 3 bunkai issus d’un autre kata ; la seule règle est que les 3 séquences doivent être issues du même kata. Sache que le jury s’attend à ce que tu choisisses une séquence dans l’un des 2 katas que tu as présentés mais ce n’est pas une obligation.
Donc ton job est le suivant : tu te positionnes et tu demandes à ton partenaire d’adopter une position, par exemple « position de combat jambe avant », puis tu lui donnes les instructions :
« tu m’attaques au visage en avançant d’un pas, Oï Zuki Jodan ». Il t’attaque et là tu pares, puis tu lui demandes une nouvelle attaque : « tu enchaînes avec Mae Giri Chudan puis Maete Zuki Jodan » et là tu finis la séquence du bunkaï. Une fois à vitesse lente en décomposant les attaques ; une fois à vitesse réelle en demandant au partenaire d’enchaîner les deux ou 3 attaques. Tu reproduis ce schéma sur les 3 séquences de ton choix, parmi les katas que tu as présentés.
Sur quoi tu es jugé ?
La maîtrise de ton partenaire – tu dois être capable de le guider de façon simple et efficace, en lui donnant des instructions claires.
Le respect de la forme du kata – comme le kata est un combat imaginaire, le jury doit
« voir » le kata au travers du bunkai.
L’originalité de l’écriture gestuelle – le bunkai est l’occasion idéale de montrer son bagage technique, donc n’hésite pas à insérer des choses plus originales, à imaginer une séquence qui ne soit pas basique et qui sera la même que celle du candidat d’avant. Pour cela, prends les séquences les plus techniques du kata que tu as choisi.
Ce que tu dois maîtriser
Il s’agit d’une leçon que tu dois réciter, donc du dois la connaître par cœur, comme une extension du kata. Il y a 0 difficulté >> le bunkai doit te permettre à 100% d’engranger des points facilement.
Le(s) piège(s) à éviter
Proposer 3 séquences hyper basiques qui ne mettent pas en valeur TON karaté. Il faut que tu écrives ce bunkai en amont, pour qu’il te ressemble. Le jury doit sentir une approche tonique et originale, qui a impliqué un peu de recherche.
Les séquences improbables – il faut que les bunkai soient réalistes. Par exemple, ne demande pas une saisie simple. Si un mec te saisit dans la rue, ce n’est pas pour tester la résistante de ton T-shirt. Il va forcement enchaîner avec un coup de tête ou un coup de poing ou un genou. Il faut que cette saisie soit suivie d’une attaque. Dans le même registre, une saisie au vol d’un coup de poing est totalement irréaliste. En préparant tes bunkai, teste-les en condition réelle et si ça ne passe pas, il faut le modifier.
La vraie difficulté
Maîtriser le partenaire – une grande partie de ta réussite réside dans la façon dont tu vas gérer ton partenaire et lui faire comprendre en quelques mots simples ce que tu attends de lui.
Nos conseils
En demander le moins possible à ton partenaire – L’idée est de simplifier la séquence et d’éviter les situations où il va te mettre en difficulté. Si tu demandes trop de mouvements, il y a risque de confusion et il faut gérer de ton côté les explications + ses attaques.
Bien guider ton partenaire – Pour que ton partenaire soit bien guidé, il faut penser à 2 choses : lui donner des instructions claires en FRANÇAIS (qui peuvent être doublées du nom des déplacements et techniques en japonais) ; montrer avec le doigt ce que tu attends de lui.
Pour reprendre notre exemple: « tu m’attaques au visage en avançant d’un pas, Oï Zuki Jodan », tu montres du doigt sa main arrière et tu la fais venir sur ton visage.
Comment s’entraîner ?
Au club avec un partenaire, idéalement avec quelqu’un qui va passer le même grade le même jour que toi. Vous alternez les rôles Tori / Uke ; ce qui te permettra de t’enrichir de sa façon de faire. Prends aussi un élève du club au hasard et demande lui de t’aider 5 minutes et tu testes l’efficacité de ton bunkai.
Varier les partenaires – dès que tu maîtrises l’exercice, pense à le travailler avec des
partenaires différents, de sexe, morphologie, taille et niveau variés. Ce qui fonctionne avec un grand ne marchera pas forcément avec un petit. Tu dois te préparer à toutes les
EVENTUALITÉS.
Chez toi en mode visualisation, tu répètes les gestes, les instructions, les techniques et le déroulé complet des 3 bunkai. Pour une efficacité totale, je te recommande d’écrire les 3 séquences. Ça peut paraître laborieux mais dès que tu le fais, tout devient clair et s’inscrit durablement dans ton esprit.
Comment je l’ai vécu ?
Quand j’ai passé le grade, c’était au jury de décider du kata et du passage, donc il fallait être prêt sur la totalité des six katas. Le jury ayant eu la gentillesse de m’interroger sur le kata que j’ai choisi, m’a facilité la tâche et voyant que j’avais super bien préparé cet exercice, m’a stoppé au bout de deux séquences. Le pied !
En conclusion ?
Autant de bunkai que de pratiquants – certes, il faut aller chercher son inspiration chez ton prof ou sur Internet, mais il faut avant tout trouver la solution qui te convient. Dans les katas on retrouve des séquences similaires : tes bunkai sont donc « recyclables » et adaptables dans un autre kata. Sois créatif et ne choisis pas des solutions toutes faites qui ne te correspondent pas. Ton karaté va prendre de l’ampleur… Cette UV est finalement facile et si tu la
prépares bien, t’apportera un max de points.
Module n°4
Le nom : KIHON IPPON KUMITÉ
La Note / 20
Le principe : A partir de là, on entre dans le côté combat, les 3 derniers modules étant tous basés sur un travail de type combat avec un partenaire.
Le module Kihon Ippon Kumite est un « combat codifié » avec un partenaire. Chacun est tour à tour Tori puis Uke et l’exercice est identique pour les deux candidats.
Comme pour le bunkai, on est ici dans le « par cœur » et le « zéro risque », dès lors que tu t’es calé sur 10 ripostes à effectuer, quel que soit ton partenaire.
Comment ça se passe ?
Tori et Uke se font face et se saluent. Ils sont à distance de poing. C’est Tori qui guide tout l’exercice : il recule la jambe droite et se met en position d’attaque. Uke reste en Yoi. Tori attaque 10 fois, en exécutant 5 attaques, alternativement 1 fois à gauche et 1 fois à droite.
Chaque technique est annoncée haut et fort avant l’assaut et elle se termine par un kiaï puissant. Entre chaque technique, les deux partenaires reviennent en Yoi dans la position initiale. Voici les 5*2 techniques :
- Oï Zuki Jodan à gauche - Oï Zuki Jodan à droite - Oï Zuki Chudan à gauche - Oï Zuki Chudan à droite - Mae Geri Chudan à gauche - Mae Geri Chudan à droite
- Mawashi Geri Jodan ou Chudan à gauche - Mawashi Geri Jodan ou Chudan à droite - Yoko Geri Chudan à gauche
- Yoko Geri Chudan à droite
Sur chaque attaque, le travail de Uke consiste à parer l’attaque et à contrer frappant et en contrôlant la riposte pour ne pas toucher ni blesser son partenaire. Le contre est net, la position clairement maîtrisée, la riposte est efficace et elle est accompagnée d’un Kiaï.
Quand les 10 techniques sont réalisées, Tori et Uke échangent leurs rôles et l’exercice est répété de la même manière.
Sur quoi tu es jugé ?
Tout d’abord sache que tu es jugé en tant que Tori et en tant que Uke. On pourrait penser que seul le travail de Uke est noté mais pas du tout : si tu attaques n’importe comment, en te trompant de technique ou de niveau, ou sans énergie ni Kime, Uke ne pourra pas bosser et il sera dans l’incapacité de montrer l’étendue de son karaté. De sorte que le rôle d’attaquant est essentiel.
Donc en tant qu’attaquant (Tori) tu es jugé sur le respect de la forme de l’exercice, sur la qualité et la précision de tes attaques, sur la clarté de tes annonces orales et de ton kiaï et sur le Kime que tu vas garder tout au long de l’exercice, en restant connecté, émotionnellement et visuellement, avec ton partenaire.
En tant qu’attaqué (Uke), tu seras jugé sur ton attitude de combattant, ton équilibre, tes
positions, la qualité de tes contres et la richesse / variété / vitesse / puissance de tes attaques.
Idéalement, chaque enchainement contre / attaque doit être différent du côté gauche et du côté droit, pour montrer la diversité de ton potentiel technique. Ce n’est pas obligatoire mais ça fait grimper ta note.
Ce que tu dois maîtriser
La connaissance de l’exercice – que ce soit comme Tori ou Uke, tout est écrit et inscrit en toi.
Zéro surprise. C’est une récitation. La forme de l’exercice est un acquis.
La notion de DISTANCE – cette idée est fondamentale, que ce soit pour Tori ou pour Uke, les attaques doivent être portées dans la bonne distance, c’est-à-dire avec une notion de
RÉSERVE dans les techniques portées : si tu es à bout de bras, c’est que ton attaque n’est pas efficace car hors-distance.
Ton stress et la frousse – tu peux tomber sur un Tori hyper agressif qui va porter chaque technique au max. Si le stress ou la peur te domine, tu es perdu… et en danger. Tout ton travail préparatoire doit inclure cette dimension émotionnelle.
Les 10 enchaînements riposte / contre-attaque – une fois encore, révise en utilisant la visualisation mentale. Pour que les séquences soient gravées en toi.
Le(s) piège(s) à éviter
Se mettre en phase avec l’énergie insuffisante ou négative de ton partenaire – il se peut que le partenaire avec qui tu vas travailler soit mal préparé, froussard ou pas très technique.
Imagine qu’il soit tout mou ou tout stressé : le risque est grand que tu adoptes son attitude mentale et physique. Un peu comme quand quelqu’un parle en chuchotant, tu te mets à chuchoter aussi (l’histoire des neurones miroirs). Donc sois prêt : quelle que soit l’énergie de ton partenaire, la tienne doit être à 100% , en attaque comme en défense.
Oublier les kiaï – avec le stress, ça peut arriver. Sur cette exercice, tu dois donner 20 Kiaï : 10 en tant que Tori ; 10 en tant que Uke. Pas un de plus. Pas un de moins.
Toucher ton partenaire – Les niveaux peuvent être très disparates lors d’un passage de grades : pendant tout l’exercice, veille au contrôle, qui doit être absolu. Toucher ton partenaire, même s’il est fautif, pourra provoquer ta disqualification.
La vraie difficulté
Rester concentré tout au long de l’exercice, rester dans ta bulle tout en te connectant avec ton partenaire. Cet exercice, quand il est réussi, est visuellement très beau et impressionnant.
Nos conseils
Laisser du temps entre l’annonce et l’attaque – Ca aide ton partenaire, vous êtes là tous les deux pour COLLABORER en mode gagnant / gagnant, pour avoir tous les deux le grade. Si tu es réglo et cool avec lui, il y a 95% de changes qu’il fera pareil avec toi.
Zéro pause – Cet exercice, considère-le, du début à la fin, comme une seule séquence.
Exactement comme un kata. Dès que ça commence et tant que ce n’est pas fini, interdis-toi la moindre pause, le moindre relâchement physique ou mental. Même entre deux attaques, tu dois rester droit, martial, concentré, connecté, prêt au combat.
Zéro impro – Tout est préparé donc ne viens pas au passage de grades en te disant que tu trouveras la solution. Avec le stress, c’est mort.
Varie les ripostes – si tu veux augmenter ta note, dans ton rôle de Uke, ce que tu fais de chaque côté est différent. Si tu dupliques en miroir le travail, je considère que tu as fait le job à moitié. Et le jury pourrait me suivre sur ce point.
Comment s’entraîner ?
Evidemment à deux… Même si tout commence, là aussi, par un travail d’écriture. Pose-toi au calme et seul, écris les 10 parades / riposte que tu vas proposer au jury. Apprends-les et commence à les bosser en cours, avec un partenaire. Tu pourras juger de leur efficacité, vérifier qu’ils te conviennent et, au besoin, tu pourras les corriger.
Une technique très efficace est de se filmer pour voir « de l’extérieur » le modèle que tu vas mettre en place. Pas besoin d’une équipe de prod, ton smartphone est parfait pour cela.
Varier les partenaires – dès que tu maîtrises l’exercice, pense à le travailler avec des
partenaires différents, de sexe, morphologie, taille et niveau variés. Ce qui fonctionne avec un grand ne marchera pas forcément avec un petit. Tu dois te préparer à toutes les
EVENTUALITÉS.
Comment je l’ai vécu ?
Comme un tunnel : j’avais l’impression que mon corps bossait tout seul. C’était presque flippant et je sentais que si j’intervenais, tout allait s’écrouler. Je ne conseille pas de se mettre dans cette situation, car j’étais au bord du précipice en permanence. Même si je pense avoir bien bossé ce jour-là. On va dire que c’est passé de justesse. J’ai compris qu’il fallait mieux gérer le stress et garder un peu de recul pour mieux gérer l’exercice.
En conclusion ?
Avec Kihon Ippon Kumité, on entre dans la zone de combat donc il faut considérer cet exercice comme tel. Ce n’est pas une chorégraphie, c’est déjà du combat. Il faut garder ça à l’esprit pour réussir. Se comporter en guerrier impavide est donc la seule option.
Module n°5
Le nom : JIYU IPPON KUMITÉ
La Note / 20
Le principe : On reste dans le combat codifié, qui permet ici de juger le travail de distance et de précision sur 3 assauts. Tori et Uke sont jugés en même temps sur leur travail d’attaque et de défense / riposte. L’exercice donne à voir la capacité de Tori à entrer dans la distance et de surprendre son partenaire ; autant qu’il permet de juger la capacité de Uke à ne pas se laisser mettre la pression et à offrir une parade / riposte efficace.
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Comment ça se passe ?
Le Jury sélectionne 3 attaques parmi la liste suivante : - Oï Zuki Chudan ou Jodan
- Mae Geri Chudan
- Mawashi Geri Chudan ou Jodan - Yoko Geri Chudan
- Gyaku Zuki Chudan - Maete Zuki Jodan
Pour chaque assaut, la technique et le niveau où elle est portée sont annoncés
Au début de l’exercice, Tori et Uke se font face à une distance de 4 à 5 mètres en position Hachi ji Dachi. Puis Tori annonce la technique et son niveau, par exemple : « Oï Zuki Jodan » et il se met en position de combat. Jambe droite ou gauche, à lui de décider. Puis il trouve la distance en se rapprochant de Uke. Uke peut reculer mais pas indéfiniment, sinon l’assaut n’aura jamais lieu. Il doit accepter le combat. Tori attaque en Oï Zuki Jodan (avec kiaï) et Uke exécute une riposte adaptée (blocage / contre-attaque ou esquive / contre-attaque ou contre direct : ce qu’on nomme « senosen », l’attaque dans l’attaque) ; cette riposte se fait avec Kiaï.
Puis les candidats, reculent et reprennent la position Hachi ji Dachi.
Nouvelle séquence. Tori annonce la technique et son niveau, par exemple : « Mae Geri Chudan » et reprend la position de combat, trouve la distance et attaque. Uke pare et contre- attaque.
Puis les candidats, reculent et reprennent la position Hachi ji Dachi.
Nouvelle séquence. Tori annonce la technique et son niveau, par exemple : « Gyaku Zuki Chudan » et reprend la position de combat, trouve la distance et attaque. Uke pare et contre- attaque.
Puis les candidats, reculent et reprennent la position Hachi ji Dachi. Ils inversent les rôles (Tori devient Uke et Uke devient Tori) et repartent pour une série de 3 assauts. Fin de l’exercice.
Sur quoi tu es jugé ?
Toujours sur les mêmes critères que sur le module précédent (Kime, forme & précision de l’attaque, sérénité dans la gestion du combat), avec ici une spécificité : ici Tori est jugé sur sa capacité à trouver la bonne distance d’attaque, puisqu’il part de loin et doit se rapprocher.
Tori et Uke sont jugés tout au long de l’exercice dans leurs rôles respectifs.
Ce que tu dois maîtriser
La distance (Tori) – c’est le point capital. Trop loin et ton attaque est hors distance ou inefficace. Trop près et le jury voit que tu es allé trop près de ton partenaire.
Le stress (Uke) – c’est un exercice où tu vas te sentir en danger, car tu vas subir une attaque réelle et franche.
Le(s) piège(s) à éviter
Venir trop près (Tori) – certes, il faut se rapprocher pour venir dans la distance de combat mais si tu viens trop près, tu es hors sujet et Uke a le droit de te repousser (par exemple avec un mae giri jambe avant) si tu entres dans sa zone de sécurité. Il serait impensable que tu t’approches tellement près que tu sois à quelques dizaines de centimètres de ton partenaire. Il faut rester dans un combat réaliste où ton partenaire peut t’attaquer en premier. Ici ce n’est pas le cas mais j’insiste : si tu entres dans sa zone de sécurité, Uke peut te repousser par une technique simple qui va t’obliger à reculer. Tu dois être capable de surgir comme l’éclair en essayant de surprendre l’autre.
Oublier le Kiaï (Tori & Uke) – on est en combat donc chaque attaque est ponctuée d’un kiaï.
Refuser le combat (Uke) – dans cet exercice, j’ai vu des choses amusantes, Uke reculant à l’infini et ne permettant jamais l’attaque. C’était drôle à mourir… A un moment, Uke doit accepter le combat et se dire mentalement : « à partir de maintenant, je ne recule plus ». Cette technique offre le mérite de déclencher l’attaque de Tori ce qui vous permet de décider de quand l’attaque aura lieu ;-)
Prendre trop de temps – certes, il faut ce temps de prise de distance qui fait partie de l’examen. Mais le jury va se lasser si chaque assaut prend une minute. Si tu es Tori, prends ce temps d’approche pour trouver la bonne distance et n’hésite pas : attaque ! Si tu es Uke, assez rapidement, cesse de reculer et accepte le combat !
La vraie difficulté
Bien entendu, la gestion du stress et de la peur car on est dans une situation de combat réel, donc potentiellement dangereux. Ca suppose du courage et une préparation mentale qui consiste à accepter le risque puis à apprivoiser la peur.
Au 2e dan seul le niveau est annoncé et au 3e… plus rien ! L’attaque est libre. Imaginez la frousse d’avoir un mec hyper entraîné, ceinture noire 2e dan, qui vous attaque librement. Il te faudra affronter cela >> ça te permet de relativiser dans la mesure où la technique et le niveau sont annoncés : le risque est limité.
Nos conseils
Le « par cœur » – bien que l’on soit dans le combat, cette UV peut entièrement se préparer et s’apprendre par cœur. Comme Tori annonce 3 attaques parmi les 5 codifiées, il suffit de préparer les 5 parades / ripostes adaptées et les dérouler comme une leçon apprise.
La méditation – un excellent support pour préparer cet exercice et tout le passage de grades.
Tu trouveras sur Karaté Expert quelques articles qui lui sont consacrés et qui te permettront de gérer la pression, la tension, la peur et le stress.
Le relâchement – la souplesse du corps et de l’esprit seront ici ton meilleur allié. Ne sois pas
« dur », tu risques de te blesser ou de blesser ton partenaire. Le jury n’attend pas de toi que tu mettes OK ton partenaire mais que tu offres un travail dynamique, sérieux et propre.
Comment s’entraîner ?
Là pas de secret, il faut le bosser au dojo dès que tu peux. Plus tu vas le pratiquer, plus tu vas gagner en confiance et en relâchement. Idéalement, trouve un partenaire qui passe la ceinture noire comme toi : il aura la même motivation que toi et jouera pleinement le jeu Tori / Uke.
Varier les partenaires – dès que tu maîtrises l’exercice, pense à le travailler avec des
partenaires différents, de sexe, morphologie, taille et niveau variés. Ce qui fonctionne avec un grand ne marchera pas forcément avec un petit. Tu dois te préparer à toutes les
EVENTUALITÉS.
Comment je l’ai vécu ?
J’étais tellement motivé et préparé que je me suis régalé. Il y a eu une grande peur, mais comme mon partenaire était dans la maîtrise, il m’a mis en confiance et j’ai senti qu’il était là pour me faire bosser, pas pour me casser. Il m’a fait comprendre l’art de cet exercice.
En conclusion ?
C’est un exercice qu’on néglige souvent de préparer car ce qu’il y a à apprendre est déjà tellement volumineux… Comme on est sur du combat, on se dit qu’on va s’en sortir. Là je te mets en garde, cet exercice est noté sur 20 et peut te faire rater ton examen si tu négliges de le préparer.
Module n°6
Le nom : JU KUMITÉ (RANDORI)
La Note / 20
Le principe : 1 combat souple afin d’examiner les qualités techniques des deux candidats. La durée de cet assaut est de 2 mn maximum.
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Comment ça se passe ?
Il s’agit d’un combat maîtrisé où chacun doit démontrer toute l’étendue de son bagage technique. Un juste équilibre entre un engagement intense et le contrôle total des frappes.
L’assaut commence te se termine par un salut et entre ces deux saluts, les techniques sont libres.
Sur quoi tu es jugé ?
La variété et la précision des techniques – il faut essayer de montrer un maximum de choses et développer le plus de choses possible ; coups de pied circulaires ou retournés, frappes mains ouvertes, coups de coude, déplacements variés.
Vitesse & précision – tu es jugé sur ta capacité à être dans la distance, à entrer dans de l’aire de combat et à en sortir rapidement, sur ta gestion des attaques de ton partenaire.
Ta générosité – dans cet exercice, il n’y a ni vainqueur ni perdant. Tu n’es pas sanctionné si tu reçois un coup (contrôlé) : au contraire, tu dois laisser travailler ton partenaire et lui faire de la place dans le combat.
Ce que tu dois maîtriser
Tu dois contrôler tes attaques, être dans l’énergie d’un guerrier mais ne pas considérer ce combat selon les normes d’une compétition sportive.
Ce module est un peu comme un tango. Les deux candidats ne sont pas des adversaires. Ils forment un duo qui doit dégager une harmonie et permettre à chacun de démontrer toute l’étendue de son karaté.
Le(s) piège(s) à éviter
Tomber dans l’agressivité – cette erreur serait lourdement sanctionnée Le candidat n’est pas là pour prendre le dessus sur son partenaire ou se montrer plus fort. Si tu es plus fort, ça se verra naturellement et c’est à toi de mener le combat pour tirer ton partenaire vers le haut.
Etre timoré et donc inefficace – à l’inverse, un randori mou et sans âme va vite endormir le jury et ressembler à une parodie de combat.
La vraie difficulté
Trouver le juste équilibre entre Kime et contrôle pour être en mesure de proposer un panel de techniques riches et variées.
Nos conseils
Aborder ce combat avec sérénité car tu ne peux pas, comme sur un kata ou une phase codifiée, te tromper. C’est le moment de lâcher prise et de donner le meilleur de soi-même, sans crainte ni contrainte. Surtout s’il s’agit de la dernière épreuve du passage de grades.
Important – au maximum enchaîne des séries de techniques, a minima 3. Les stats le
montrent, une attaque isolé ne suffit pas pour déstabiliser l’adversaire, alors pense « série » et pas « one shot ».
Comment s’entraîner ?
En club – Normalement les clubs proposent à chaque cours (ou presque) une phase de combat libre. C’est l’occasion idéale d’apprendre à maitriser le combat souple et à tester des enchaînements originaux. Si ton club ne fait pas la part belle au Randori (combat souple), tu dois, à l’approche du passage de grades, aller dans des stages dédiés ou t’inviter dans d’autres clubs pratiquer cet exercice.
Varier les partenaires – dès que tu maîtrises l’exercice, pense à le travailler avec des
partenaires différents, de sexe, morphologie, taille et niveau variés. Ce qui fonctionne avec un grand ne marchera pas forcément avec un petit. Tu dois te préparer à toutes les
EVENTUALITÉS. Si cela est possible, essaie d’enchaîner 3 combats d’une minute avec 3 partenaires différents : tu verras qu’avec la fatigue, le corps prend le pouvoir et se débrouille tout seul. Grisant…
Sur Internet – Regarde aussi des combats sur YouTube, ça te donnera plein d’idées sur des enchaînements : https://youtu.be/w9uknJyJnZg
Comment je l’ai vécu ?
Faut que je te raconte. Quand je suis arrivé le jour de l’examen, un peu complexé et tendu, le 1er mec que j’ai vu s’échauffer était un mec hyper grand, baraqué comme un demi d‘ouverture et souple comme un gymnaste. Tout avait l’air facile pour lui et il avait manifestement un niveau bien supérieur au mien. J’ai discuté avec lui et il m’a expliqué qu’il était 5e dan dans une autre style et qu’il devait passer cet examen pour des raisons administratives liées à des questions d’enseignement. Bref, une formalité pour lui. Et bien entendu sur qui je suis tombé pour les exercices Combat avec partenaire, sur qui suis-je tombé ? MGN : Monsieur Gros Niveau. Et bien le randori a été top car j’ai dû hisser mon niveau. Même s’il était évident qu’il était supérieur à moi, j’ai livré sans complexes l’un de mes meilleurs combats jusque là.
En conclusion ?
Collaborer et respecter – Même si c’est un combat, on travaille ensemble et on développe ensemble un beau karaté. Ici encore, pas de vainqueur pas de perdant. On gagne ensemble sa ceinture noire. L’essentiel est de montrer de la variété dans les techniques et de la maîtrise dans leur application. Ne cherche surtout pas à toucher sans être touché, ce n’est pas l’objet de cet exercice.
S’éclater – Liberté totale sur la forme, alors lâche les chevaux !
CONCLUSION GÉNÉRALE Prépare déjà la suite…
Le karaté commence vraiment avec la ceinture noire… C’est certainement frustrant de lire ça quand on la prépare mais il faut te dire que ce sera une libération. Jusque là, tu apprends les notes et les gammes ; avec la ceinture noire, tu vas créer ta propre mélodie du combat.
Une fois ceinture noire, tu es libéré et les progrès viennent plus rapidement, un pur bonheur ! Pourquoi dire cela ? Tout simplement pour te motiver et t’aider à mettre ce passage de grades en perspective. Certes, c’est une montagne à gravir mais cette ascension est codifiée, pavée de chemins qui sont faciles à identifier. Il suffit de suivre nos conseils, regarder nos vidéos et de mettre en pratique au quotidien.
Si tu lis ces lignes, c’est que tu veux devenir quelqu’un d’autre, un homme ou une femme fier(e) de son parcours et de son statut de ceinture noire. C’est un rêve, un rêve que nous allons t’aider à devenir réalité, car comme dit mon coach Salif Palm : « le coach, c’est celui qui vous dit ce que vous n’avez pas envie d’entendre, qui vous met face à ce que vous ne voulez pas voir. Le coach, c’est celui qui vous donne les clés pour devenir celui que vous rêvez d’être ».
Alors laisse-toi guider et deviens celui que tu rêves d’être !