PRÉSENTATION DE FILMS ET ATELIER
Le 2 juin 2005, de 20 h à 21 h 30 Université Victoria à l’université de Toronto
Joignez-vous à l’un des producteurs acclamés pour le visionnement d’un film primé, précédé d’une introduction et suivi d’un débat.
It’s a Girl’s World Salle VC 323
Auteure/réalisatrice : Lynn Glazier Producteur : Gerry Flahive
67 minutes
www.nfb.ca/itsagirlsworld/
Juvies Salle VC 115
Réalisateur : Leslie Neale Producteur : Traci Odom 66 minutes
www.juvies.net
2 IT’S A GIRL’S WORLD
Fim documentaire sur l’intimidation sociale
À quoi ressemble la vie sociale d’une fillette de dix ans? À première vue, elle est remplie de sauts à la corde, de parties de chat perché, de fêtes d’anniversaire et de secrets partagés entre amies. Mais, derrière cette façade de délicatesse se cache une culture de méchanceté qui oppose les enfants les uns aux autres.
It's A Girl's World nous fait découvrir les relations tumultueuses d’une bande de jeunes filles populaires de classe moyenne à Montréal. Au fil du son, des images et de
l’actualité alarmante d’un cas d’intimidation sur un terrain de jeu, il se dégage un portrait perturbant qui illustre comment les filles se servent de leurs plus proches amies pour se blesser mutuellement. Elles brandissent toutes les armes secrètes de leur arsenal - fuite, murmures et regards mesquins – pour s’emparer du pouvoir social au sein du groupe. En même temps, leurs parents luttent à grand renfort de déni et d’incrédulité pour accepter et faire face aux conséquences graves d’un tel comportement.
Le suicide d’une adolescente à Mission, en Colombie-Britannique, vient rappeler qu’une telle situation peut s’aggraver et dégénérer. La jeune Dawn-Marie Wesley, âgée de quatorze ans, s’est tuée après avoir supporté des mois durant des rumeurs
malveillantes et des menaces verbales. Ce qui est tragique, c’est qu’elle croyait n’avoir aucun autre moyen d’échapper au tourment social constant que lui faisaient subir ses amies. Enfin, It's a Girl's World fait voler en éclats le mythe selon lequel l’intimidation sociale chez les filles est une attitude acceptable qui fait partie de la croissance.
Documentaires radio : IT'S A GIRL'S WORLD
Produits, réalisés et écrits par Lynn Glazier
Producteur exécutif de l’émission Ideas de la chaîne radiophonique CBC/Radio- Canada : Bernie Lucht
L’intimidation sociale en bref
Les filles ont tendance à prendre leurs amies pour cible; les garçons ont tendance à prendre leurs connaissances pour cible.
L’idée consiste à se sentir mieux dans sa peau au détriment de quelqu’un.
Les mots et le langage corporel (tourner le dos, chuchoter et faire des commérages) sont des armes courantes.
Elle a pour but de faire du mal.
Les filles disent que c’est plus douloureux que de se faire frapper ou bousculer.
Les affrontements durent plus longtemps, parce que les filles ont peur de se confronter les unes aux autres.
Des psychologues ont étudié pendant plus de 30 ans l’intimidation physique chez les garçons. Ce n’est toutefois que depuis la dernière décennie qu’ils ont porté leur attention sur les tactiques plus secrètes et subtiles qu’affectionnent les filles, tactiques aussi appelées agression relationnelle, agression sociale et agression indirecte ou de substitution. Des études menées dans le monde entier ont donné des résultats remarquablement similaires. L’intimidation sociale semble dépasser les frontières du pays, la race, la religion et le statut socio-économique.
L’intimidation sociale augmente avec l’âge, et tant les filles que les garçons s’y
adonnent, bien que ces derniers continuent d’utiliser l’agression physique tard dans leur adolescence. Les filles adoptent des tactiques d’intimidation sociale pour obtenir ce qu’elles veulent et, ce, dès le jeune âge de trois ans. Le comportement peut inclure des phrases du type : « Si tu ne fais pas ce que je dis, tu n’es plus mon ami(e) », ce qui est courant chez les jeunes enfants et peut évoluer à l’adolescence jusqu’à la propagation de fausses rumeurs qu’il est impossible d’arrêter.
Les filles qui en intimident d’autres se servent de leurs amitiés comme d’un champ de bataille psychologique pour maintenir leur statut social aux dépens de quelqu’un d’autre.
L’intimidation sociale n’est pas un quiproquo. C’est un acte délibéré qui a pour but de faire du mal et qui est perpétré lorsqu’il y a un déséquilibre du pouvoir entre son auteur et sa cible et lorsque ce comportement est répétitif. Les filles, en particulier, affirment que c’est très douloureux.
Prix :
Festival international du film 2004 de Chicago, INTERCOM Competition, plaque d’argent, catégorie film pédagogique
Le Silver Chris Award du Festival international du film et du film vidéo de Columbus Prix d’excellence pour les médias et la technologie pédagogiques au Canada (commandité par l’université Laurentienne)
4 JUVIES
Il y a quatre ans, Duc, étudiant au secondaire, est arrêté pour avoir conduit une voiture d’où un coup de feu a été tiré. Bien que personne n’ait été blessé, que Duc n’ait pas été membre d’une bande, qu’il n’ait aucun antécédent et qu’il n’ait que seize ans, il est condamné à une peine d’emprisonnement allant de 35 ans à perpétuité.
Anait, une immigrante arménienne de quatorze ans, reçoit de ses parents une voiture en cadeau. Elle dépose en voiture deux garçons jusqu’à une école secondaire. Les garçons se battent avec un autre, puis en tuent un troisième qui tentait de s’interposer. Parce qu’Anait était au volant de la voiture « en fuite », elle est accusée de complicité de meurtre au premier degré. Risquant une peine d’emprisonnement de 20 ans, elle a accepté un arrangement et sa peine a été réduite à sept ans.
Punir le crime est une chose, mais il en est tout autrement de juger des enfants en tant qu’adultes et de prononcer des sentences brutales disproportionnées comparativement à l’infraction commise. La plupart des Américains diraient qu’une telle chose ne peut se produire ici, mais, pour des milliers de jeunes, c’est pourtant la réalité. Le système judiciaire actuel a renié sa mission initiale de protéger les jeunes et expédie maintenant chaque année plus de 200 000 enfants dans le système judiciaire pour adultes.
Du cinéaste et auteur du film documentaire primé (Road to Return), Leslie Neale, nous parvient ce regard fascinant sur un monde que peu d’entre nous sera amené à voir : le monde des contrevenants juvéniles qui purgent d’incroyables sentences
d’emprisonnement pour des crimes qu’ils n’ont soit pas commis ou auxquels ils n’ont que peu participé. Pendant deux ans, Neale a donné un cours de production vidéo au Los Angeles Central Juvenile Hall à douze jeunes qui ont été jugés comme des adultes.
Juvies est le produit de ce cours, qui a été une véritable expérience d’apprentissage tant pour les jeunes que pour leur enseignant et qui le devient pour nous tous, tandis que nous entendons les histoires déchirantes d’enfants abandonnés par leur famille et par un système qui s’est désintégré en une sorte de distributeur automatique de justice.
© Ara Oshagan, tous droits réservés
Narré par l’acteur Mark Wahlberg, lui-même un ancien contrevenant juvénile, le film Juvies suit la vie d’un groupe de jeunes qui passeront la majeure partie de leur vie, sinon toute, derrière les barreaux. Les jeunes parlent des erreurs qu’ils ont commises et
de ce qu’ils feraient s’ils avaient la chance de s’y prendre différemment. Ils font preuve de courage dans les conditions les plus navrantes et nous obligent à nous interroger :
« Pourquoi une telle situation? Pourquoi avons-nous permis qu’une telle chose se produise? Et que pouvons-nous faire pour changer des lois on ne peut plus draconiennes, que nous, citoyens, avons permis d’édicter? »
Viennent s’intercaler entre les témoignages des jeunes des entrevues avec des
spécialistes des bandes et du système judiciaire pour les jeunes, et avec des personnes bien connues, telles que l’ancien procureur de Los Angeles, Gil Garcetti, qui, dans une scène incroyable, admet que des sentences comme celle que Michael Duc Ta a reçue (pendant le mandat de Garcetti au poste de procureur) sont injustes et ne devraient jamais avoir été prononcées.
Que s’est-il passé avec notre système judiciaire pour les jeunes? Peut-il être changé avant que les vies d’autres jeunes soient détruites à jamais? Le film Juvies ne donne pas de réponses simples, mais il vous fera réfléchir sérieusement sur le véritable sens de la démocratie et de la justice.