• Aucun résultat trouvé

Solidification/stabilisation des vases à base de chaux et additifs. Concepts comportementaux et lixiviation

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Solidification/stabilisation des vases à base de chaux et additifs. Concepts comportementaux et lixiviation"

Copied!
7
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: hal-03181586

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03181586

Submitted on 25 Mar 2021

HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

Solidification/stabilisation des vases à base de chaux et additifs. Concepts comportementaux et lixiviation

Francis Rey, Daniel Levacher, Jean-Louis Quenec’h

To cite this version:

Francis Rey, Daniel Levacher, Jean-Louis Quenec’h. Solidification/stabilisation des vases à base de chaux et additifs. Concepts comportementaux et lixiviation. Environnement, Ingénierie &

Développement, Episciences, 2000, N°18 - 2ème trimestre 2000, pp.27-32. �10.4267/dechets-sciences- techniques.400�. �hal-03181586�

(2)

Devant la situation actuelle préoccupante du devenir des matériaux vasards contaminés, le traitement par Solidification/Stabilisation (S/S) est une solution pouvant permettre leur valorisation en génie civil.

Après une étude qui a permis d’identifier les méca- nismes physico-chimiques clefs responsables des évo- lutions physico-mécaniques complexes de ce type de composites, une étude de lixiviation a été conduite afin d’étudier l’efficacité et le type d’immobilisation des métaux lourds au sein des matrices. Les résultats nous amènent à considérer différents potentiels d’immobi- lisation suivant les métaux considérés.

Sludge materials pose a problem for harbour and coastal engineers in respect with the environment rules. The stabilisation/solidification (S/S concept) constitutes one way to reuse them as civil construc- tion materials. After détermination the fundamental mechanisms governing the complex physical-chemi- cal evolutions of this composites, lixiviation tests were improved in order to study the efficiency and type of contaminants mobility. The results allow to consi- der different mobility potentials according to the stu- died metals.

INTRODUCTION

Les activités de dragage génèrent annuellement des volumes de matériaux vasards considérables (environ 50 millions de m3en France ; Alzieu 1999). Les gestions traditionnelles de ces matériaux semblent condamnées à plus ou moins court terme du fait de la raréfaction des sites de dépôts terrestres et suite à l’évolution de la réglementation pour les immersions en mer (Géode 1994). En effet, une impor- tante part de ces matériaux contient des quantités non négli- geables de contaminants, ce qui représente des risques pour le milieu marin. Devant cette situation la valorisation après traitement de S/S est une solution alternative attrayante.

Plusieurs études ainsi que des projets industriels, notam- ment au Japon (Kamon et al. 1990) et au Canada (Stegeman 1991) semblent confirmer l’intérêt de la technique.

Dans ce cadre, des travaux visant à définir les propriétés mécaniques, physiques et environnementales des matériaux après une technique de solidification/stabilisation ont été menés. Parmi ceux-ci, le traitement des vases à la chaux plus additifs est une approche intéressante.

L’ajout de chaux vive à la vase brute et remaniée en sortie du dragage, confère rapidement aux vases une structure grumeleuse organo-minérale sitôt que la réaction fortement exothermique d’extinction a eu lieu. Les opérations de mani- pulation, stockage ou transport, sont alors simplifiées. À ce stade, l’obtention d’un matériau monolithique, susceptible de répondre aux exigences mécaniques et environnementales liées, par exemple, à une utilisation en construction routiè- re, passe par l’ajout d’un liant et un compactage. Cette méthode permet de constituer un matériau monolithique, insoluble et le moins poreux possible.

CARACTÉRISTIQUES ET POLLUTIONS DES VASES UTILISÉES

Les vases utilisées proviennent du port autonome du Havre (Seine-Maritime) et du port de plaisance de Dives-sur-Mer (Calvados). Les vases du Havre sont issues d’un dragage mécanique à godets alors que la vase de Dives provient d’un dragage hydraulique. In situ, les matériaux ont une teneur en eau (masse d’eau/masse sèche) variant ordinairement de 130 à 160 %. Cette variation est essentiellement due à l’état de consolidation de la vase alors que le moyen de prélève- ment aura une influence considérable dans un second temps.

Les principales caractéristiques physico-chimiques des pré- lèvements sont résumées dans le tableau 1.

Les deux vases sont semblables d’un point de vue granulo- métrique et minéralogique. Les phases majoritaires sont le quartz et les carbonates. Dans les deux cas également, les minéraux phyliteux sont peu présents. Ces caractéristiques sont une spécificité des sédiments côtiers de la baie de Seine. La solution interstitielle contient des sels dissous pro- venant de la nature marine des matériaux. La valeur du car- bone organique total (COT) suffit à donner un caractère net- tement organique au produit en constituant un gel organo- métallique noir-brun caractéristique des matériaux vasards et de leurs propriétés particulières de consolidation et de

À BASE DE CHAUX ET ADDITIFS

CONCEPTS COMPORTEMENTAUX ET LIXIVIATION

Francis Rey* et **, Daniel Levacher*, Jean-Louis Quénec’h**

Upres A 6143 Caen - École supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction de Caen

(3)

D’après la recommandation Géode (1994), la vase de Dives, pour ces métaux, est faiblement nuisible pour l’environne- ment marin dans la mesure où la contamination est comprise entre le bruit de fond « géologique » (BdF) et le niveau 1 de cette grille. Pour la vase du Havre, la situation est bien dif- férente. Les teneurs en Cd, Cr, Cu et Pb sont comparati- vement bien supérieures à la vase de Dives tout en étant supérieures au niveau 1. Dans ce cas, l’immersion compor- te un risque, d’autant plus que le cadmium (Cd) qui est par- ticulièrement toxique, semble présent à une teneur supé- rieure à 3 fois le BdF. Pour ce site, trouver une solution alter- native à l’immersion est donc une priorité. Le sédiment étudié est, de plus, plutôt représentatif de la moyenne des vases draguées et ne constitue en rien un échantillon parti- culièrement pollué.

PARAMÈTRES DU PROCÉDÉ DE S/S ET CONFECTION DES ÉPROUVETTES Pour cette étude, deux types d’ajouts ont été employés : un ciment CPJ CEM II A/32,5 R courant et des cendres volantes (CV) de houille de centrale thermique.

Avec ces deux types d’ajouts, employés séparément, il a été possible d’apprécier l’effet distinct des deux familles de liants courants appliqués à la solidification/stabilisation. Le CPJ est un liant hydraulique à prise rapide où la formation des composés cimentiers dépend de l’hydratation des éléments anhydres du clinker, alors que la formation des composés pouzzolaniques semblables dépend initialement de la lente dissolution et diffusion interstitielle des phases plus ou moins amorphes de l’ajout.

Les travaux de Boutouil (1998) sur la solidification/stabilisation des vases à base de ciment et additifs ont montré que le type et la classe de ciment (CPJ 32,5 ; CPA 52,5 ; CPA PM 52,5), à dosages modérés, avaient peu d’influence sur la résistan- ce des composites vase-ciment. Le choix s’est donc porté sur le plus économique. Les cendres volantes retenues se caractérisent essentiellement dans leur composition par l’absence de chaux. Ainsi, en ajout au mélange vase-chaux, l’effet pouzzolanique attendu sera catalysé par la chaux qui est déjà, dans le mélange initial, théoriquement en excès.

Le malaxage des constituants est réalisé en deux fois afin de bénéficier au maximum des propriétés d’absorption et d’éva- poration d’eau de la chaux ainsi que de la floculation orga- no-calcique qui transforme radicalement les boues et mini- mise les interférences SH-liant. Le mélange de la vase avec la chaux précède donc (1/2 journée) celui réalisé avec l’ajout.

Le dosage en chaux (x) est un rapport pondéral par rapport à la masse de vase brute. Le dosage en ajout (y) est expri- mé par rapport à la masse de mélange vase-chaux après maturation (voir tableau 3).

Immédiatement après le malaxage avec l’ajout, des éprouvettes sont réalisées par compactage quasi statique dans des moules cylindriques suivant un mode opératoire analogue à celui de la norme NF P 98-230-2 sur les sols traités. Les éprouvettes, de 38,6 ±0,1) mm de diamètre sur 77 ±1) mm de hauteur ont, après extrusion, une masse volumique équivalente ±1 %) à viscosité. La matière organique est principalement constituée

de substances humifiées (SH) dont les constituants sont l’humine (insoluble et fortement associée à la phase miné- rale), les acides humiques (solubles en milieu alcalin) et les acides fulviques en solution. Ces composés, qui sont des polymères complexes de structures non définies à noyaux aromatiques, ont de fortes propriétés de complexation avec les éléments et particules chargées (Busnot 1991). Ils consti- tuent de ce fait les principaux agents de concentration et de rétention des contaminants au sein du matériau vasard après floculation/coagulation et décantation des agrégats minéra- lo-organiques.

La teneur totale des contaminants métalliques est obtenue après minéralisation totale de l’échantillon conformément à la norme NF X 31-151. Le dosage est ensuite réalisé après reprise des cendres par spectrométrie d’absorption ato- mique four. Les résultats sont présentés dans le tableau 2.

Solidification/stabilisation des vases

Caractéristiques physico-chimiques Dives Le Havre

Teneur en eau : w (%)* 170-182 128-134

Densité de la phase solide : d* 2,65 2,63

Indice de plasticité : Ip(%)* 5 55

Argile (< à 2μm) (%)** 23 31

Silt (2 à 64μm) (%)** 73 67

Sable (> à 64μm) (%)** 4 2

Indice de floculation : If(%)*** 60 46

Quartz (%) 40 43

Carbonates (%) 42 38

Feldspaths et micas (%) 5,5 3

Argiles (%) 3 3

Chlorures (%) 3,08 2,40

Sulfates (%) 0,41 0,17

COT (%) 2,88 3,23

Tableau 1 : Caractéristiques des vases utilisées

* Pour un séchage à 105 °C

** Matériau défloculé (H2O2et hexamétaphosphate de sodium)

*** If= 100. (d50, vase brute- d50, vase déloculée)/d50, vase brute

Métaux* (mg/kg sec) Cd Cr Cu Ni Pb Zn

Dives 0,72 75 35 23 57 195

Le Havre 1,64 109 56 23 102 209

BdF** 0,5 45 35 20 47 115

Niveau 1** 1,2 90 45 37 100 276

Tableau 2 : Teneurs en métaux lourds des vases

* : As, Hg, Se et PCB : polluants non-dosés

** : Recommandation Géode 1994

(4)

saturer la capacité d’échange cationique des SH. Les futures interférences sur les liants sont ainsi réduites. La chaux est également susceptible de développer une réaction pouzzo- lanique avec les minéraux naturels résultant de la mise en solution de fines particules minérales peu ou non cristalli- sées suite à l’attaque de la solution calcobasique (Le Roux 1969). Ceci conduit normalement, à plus ou moins long terme, à la formation, entre autres, de silicates de calcium hydratés (CSH) stables semblables à ceux formés par les ciments et aboutit donc à une solidification. Cependant à court et moyen terme le caractère nettement organique des vases inhibe totalement ce type de réaction (Rey et al.

1998). Outre les effets physico-chimiques inhibiteurs pré- cédemment cités, il faut ajouter le rôle de membrane pro- tectrice que constitue l’humine autour des minéraux.

Physiquement, le dosage en chaux est la cause de la flocu- lation immédiate d’agrégats structuraux minéralo-organiques par complexation multiples SH-Ca-SH. Ceux-ci viennent ini- tialement jouer le rôle de « granulats visco-élasto-plas- tiques» dans les composites alors que les flocons formés sont d’autant plus denses que le milieu est asséché par la formation de portlandite (CH).

Minéralisation/transformation graduelle des SH

celle obtenue préalablement après un essai Proctor modifié (NF P 94-093). Ainsi les caractéristiques mécaniques et phy- sico-chimiques des éprouvettes sont déterminées pour une consistance correspondant à une énergie de compactage constante et faisant référence dans les travaux routiers.

Notons également que les dosages minimaux employés, et particulièrement celui en chaux, sont une conséquence direc- te de cette méthodologie de confection et notamment de la faisabilité de réalisation de l’essai de compactage dynamique Proctor. Les éprouvettes sont ensuite conservées en moules quasi hermétiques à 20 (± 2) °C.

Les valeurs du FCV montrent systématiquement, qu’à dosages identiques, les composites avec ajout de CV sont moins compressibles que ceux obtenus avec un ajout de type ciment. Ceci est la conséquence de la densité absolue plus élevée du ciment et de son hydratation avant compac- tage alors que les CV sont à considérer à très court terme comme une poudre inerte.

PROBLÉMATIQUE DU TRAITEMENT ET CONCEPTS PHYSICO-MÉCANIQUES Interférences des SH sur les cinétiques de formation des composés de cimentation Lors du traitement des vases avec les liants hydrauliques, les substances humiques (SH) interfèrent fortement sur les processus d’hydratation ou de formation des phases cimen- tières. Les composés organiques agissent comme des agents retardateurs de prise : adsorption sur les surfaces anhydres, complexation avec les ions en solution (Jolicoeur et al. 1998).

Ils agissent également ici par immobilisation physiquement des ions dans le gel organique. Ces interférences sont très importantes et font considérablement chuter la résistance des matériaux à court et moyen terme (Kujala et al. 1996).

L’action du dosage préliminaire en chaux joue un rôle déter- minant dans la cinétique de ce processus retardateur (voir figure 1 : Rey 1999).

Chimiquement la forte concentration en Ca2 +, conduit à

Vase Chaux Ajout FCV* FCV* Légendes des figures x(%) y(%) Ciment CV

Dives 49 - 52 7 1,09 1,15 D-52-7-C D-52-7-CV Dives 49 - 52 17 1,15 1,28 D-52-17-C D-52-17-CV Dives 49 - 52 29 1,28 1,37 D-52-29-C D-52-29-CV Dives 42 18 1,12 1,18 D-42-18-C D-42-18-CV Dives 36 27 1,14 1,24 D-36-27-C D-36-27-CV Le Havre 38 - 40 7 1,07 1,10 H-39-7-C H-39-7-CV Le Havre 38 - 40 17 1,12 1,19 H-39-17-C H-39-17-CV Le Havre 38 - 40 29 1,21 1,33 H-39-29-C H-39-29-CV Le Havre 33 18 1,13 1,20 H-33-18-C H-33-18-CV Le Havre 27 27 1,17 1,26 H-27-27-C H-27-27-CV Tableau 3 : Dosages et facteurs de changement de

volume (FCV) du procédé de S/S

* Facteur de changement de volume = Vol. composite/Vol. vase brute

Figure 1 : Évolution des résistances en compression simple Influence du dosage en chaux et de la cinétique de réaction

H-39-17-C H-39-29-C H-33-18-C H-27-27-C

H-39-17-CV H-39-29-CV H-33-18-CV H-27-27-CV 0 28 56 84 112 140 168 196

Jours

Figure 1a : Composites ciment

0 56 112 168 224 280 336 392 Jours

Figure 1b : Composites CV

Rc (MPa)

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0

Rc (MPa)

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0

(5)

Solidification/stabilisation des vases

La solution calcobasique des matrices conduit à l’oxydation des SH ce qui entraîne leur solubilisation/minéralisation pro- gressive. Cette transformation a de nombreuses consé- quences et entre autres :

– une libération des éléments complexés (Ca, Al, Fe…) ainsi que des polluants ;

– une disponibilité des anions constitutifs des matières orga- niques (CO32-; SO42-…) ;

– une déstructuration des agrégats minéralo-organiques for- més initialement.

Physiquement, la minéralisation/transformation des SH se tra- duit par des pertes plus ou moins importantes de matières sèches (Rey 1999).

Ainsi, peu à peu, l’activité chimique pour la formation des CSH peut se développer dans le cas où celle-ci serait ini- tialement entravée. Ceci conduit alors à une solidification effi- cace du matériau : insolubilité dans l’eau et résistance de plu- sieurs MPa. Ce matériau devient alors potentiellement uti- lisable en génie civil (construction routière).

Interférences structurelles des SH

La formation de la matrice minérale se fait malgré tout en présence de forte concentration en polymères humiques. Les composés organiques, restent donc piégés dans les amas de précipitation et altèrent structurellement les produits d’hydratation (Jolicoeur 1998). La cinétique de réaction du liant est alors en interaction avec celle de la minéralisa- tion/transformation des SH, ce qui a d’importantes consé-

quences.

La disparition des polymères humiques conduit à la dispari- tion de l’armature polymérisée des structures minéralo- organiques et ainsi, peu à peu, à une déstructuration des agré- gats organo-calciques. Dans la mesure où une structure coalescente minérale rigide les réunissait (dans le cas d’un liant à développement rapide des CSH) des faiblesses internes apparaissent. Ceci est probablement la cause des chutes des caractéristiques mécaniques à long terme (voir figu- re 2). Dans le cas d’un développement lent des CSH, ce mécanisme semble ne plus exister. En effet, aux membranes organiques des minéraux et aux liens organo-calciques se sub- stituent probablement graduellement des liens CSH au cœur des structures floculées. La pérennité des caractéristiques mécaniques est alors assurée (voir figure 2).

Dans cette hypothèse, l’utilisation de liants et d’additifs sus- ceptibles d’aboutir à un développement rapide des CSH semble donc à proscrire. L’emploi d’un liant pouzzolanique est par conséquent intéressant si l’on ne recherche pas une rigidification rapide. Une combinaison des deux types de liant semble néanmoins la plus intéressante dans le cas cou- rant.

SPÉCIFICITÉS PHYSICO-CHIMIQUES DES MATRICES ET ÉTUDE

ENVIRONNEMENTALE

Développement des phases chloroaluminates L’étude physico-chimique révèle qu’il y a une précipitation initiale de monochloroaluminates de calcium hydratés (CAClH) et que celle-ci se poursuit probablement très long- temps dans le temps au fur et à mesure que la minéralisa- tion/transformation des SH s’opère. En effet, suivant les concentrations interstitielles respectives de CaCl2, CaSO4, H2CO3, et Al2O3, la libération de divers éléments rend de nouveau possible la formation des chloro (sulfo, calco) alu- minates de calcium hydratés. La formation de monochloro- aluminates est longtemps la plus probable. Les sulfoaluminates n’ont pas été détectés par DRX et la présence de chlorures

Figure 2 : Évolution des résistances en compression simple - Influence du dosage en liant et de la cinétique de réaction

H-39-7-C H-39-17-C H-39-29-C D-52-7-C D-52-17-C D-52-28-C

D-52-7-CV D-52-17-CV D-52-29-CV H-39-7-CV H-39-17-CV H-40-28-CV 0 28 56 84 112 140 168 196

Jours Figure 2a : Composites ciment

0 56 112 168 224 280 336 392 Jours

Figure 2b : Composites CV

Rc (MPa)

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0

Rc (MPa)

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0

Figure 3 : Modes porosimétriques des matrices H-39-29-C :

n = 29,5 %

H-39-29-Cv : n = 38,7 %

CSH CH CAClH Capillaire

0,00 0,01 0,10 1,00 10,00

dp (mm) 0,2

0,15

0,10

0,05

0,00

DV/DLog(dp) (ml/g/mm)

(6)

dans la solution interstitielle rend leur présence improbable (Capmas 1994). À long terme, après épuisement des chlo- rures et minéralisation des SH, leur formation devient théo- riquement de nouveau possible. Ces formations tardives sont nuisibles dans le cas où leur mode porosimétrique (principal diamètre intrinsèque des pores de la formation) serait supérieur au principal mode de la matrice déjà formée.

Ceci est le cas pour les CAClH dans les matrices CH (voir figure 3), ce qui entraîne de faibles gonflements à très long terme.

Porosité des matrices

En ce qui concerne la porosité intrinsèque des matrices, l’étude porosimétrique au mercure (voir figure 3) a révélé que celle-ci était trimodale et correspondait probablement à l’emboîtement des systèmes minéraux CSH-CH-CAClH.

Cette porosité possède un volume poreux maximum pour le système CH, ce qui est en rapport avec les dosages impor- tants en chaux. Le système CSH est peu présent ce qui vient des faibles dosages en ajouts. Une macroporosité capil- laire est présente dans le cas où la matrice ne s’ef- fondrerait pas sur elle-même suite aux pressions de succion qu’entraîne l’auto-dessiccation. Dans le cas de l’ajout CV, ce mode porosimétrique semble provenir principalement de la désagrégation des sphérules de verre au sein de la matrice. Cette macroporosité capillaire est, par conséquent, bien plus faible dans le cas de la matrice chaux-ciment.

Pour les composites vase-chaux-CV, et par rapport au composite avec ajout de ciment, il a par ailleurs été constaté un léger décalage et un élargissement des modes porosimétriques attribués aux structures CH et CAClH. Ces variations, avec la porosité totale un peu plus élevée des composites CV, sont liées à l’au- to-dessiccation initialement moins importante du milieu au moment du compactage. Les valeurs de porosité totale, pour un même dosage en chaux, se classent normalement dans l’ordre des dosages en ajout mais le dosage en chaux reste déterminant pour cette valeur qui est contrôlée par la baisse de la teneur en eau du matériau.

Mode d’immobilisation et lixiviation des métaux

L’importance de la porosité des matériaux va avoir une influence sur la lixiviation des polluants solubles dans la solution interstitielle par l’intermédiaire de la per- méabilité. Dans le cas où la fixation chimique minérale des polluants serait peu efficace, comme cela est pro- bablement le cas à court et moyen terme pour les métaux lourds restés complexés avec les SH, les com- posites vase-chaux-CV se révéleront moins efficaces que les composites avec ajout de ciment du fait de leur porosité plus importante avec un mode capillaire éga- lement plus élevé.

Des essais de lixiviation font apparaître que pour le cuivre et le nickel, métaux sensibles à la solubilisa-

tion des complexes en milieu basique (Calmano et al.1983), cette tendance semble vérifiée. En effet, à dosages sem- blables, la lixiviation sur éprouvette monolithique des com- posites CV est toujours légèrement plus importante que pour le ciment. De plus, nous constatons que l’immobilisa- tion physique de ces métaux est peu efficace dans la mesu- re où la lixiviation sur monolithe est assez proche de la lixi- viation sur agrégats.

Le plomb et le zinc sont par contre mieux immobilisés phy- siquement, comme la différence des deux modes de lixivia- tion le laisse penser (voir figure 4). Ces métaux semblent de plus insensibles aux différences de porosité des matrices. Ces deux éléments sont, a priori, immobilisés par les phases alu- minates (CAClH), qui sont particulièrement aptes aux sub- stitutions avec Pb et Zn (Capmas et al. 1994). Néanmoins, on constate que la fixation chimique avec l’ajout ciment est meilleure.

Enfin, il a été établi que la lixiviation des chlorures était bien corrélée avec la porosité totale des composites (Rey 1999), ce qui suggère que la lixiviation des espèces solubles soit

Figure 4 : Résultats des lixiviations des composites et corréla- tion Porosité - Chlorures lixiviés

0 0,1 0,2 0,3

Agrégats : Cu (mg/l) 0,3

0,2

0,1

Monolithe: Cu (mg/l) 0

0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 Agrégats : Ni (mg/l) 0,5

0,4 0,3 0,2 0,1 Monolithe: Ni (mg/l) 0

0 0,1 0,2 0,3

Agrégats : Pb (mg/l) 0,3

0,2

0,1

Monolithe: Pb (mg/l) 0

0 5 10 15 20

Agrégats : Zn (mg/l) 0,5

0,4 0,3 0,2 0,1 Monolithe: Zn (mg/l) 0

30 35 40 45 50

Porosité totale (%) (pycnomètre azote) 70

60 50 40 30

Monolithe: Cl (mg/l)

H-39-7-C H-39-7-CV H-39-17-C H-39-18-CV H-39-29-C H-39-29-CV Limite de validité dosage

Composites ciment 90 jours de cure Composites CV 180 jours de cure Lixiviation de 24 heures (L/S = 10) (NF X 31-151 et dosages photométriques)

(7)

Solidification/stabilisation des vases

effectivement contrôlée par celle-ci et que l’importance de la porosité capillaire (« macroporosité ») a peu d’influence sur ce phénomène.

CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES

Nous conclurons en précisant que le traitement des vases de dragage portuaires par solidification/stabilisation à base de chaux pour constituer des composites cimentiers ou/et pouzzolaniques susceptibles de répondre à une utilisation dans le domaine du génie civil se heurte à certains facteurs comportementaux et économiques. Cependant, en tenant compte de la synthèse des conclusions phénoménologiques de cette étude, certaines possibilités s’ouvrent pour améliorer ces critères :

– d’une part l’étude d’un prétraitement des vases pour mini- miser l’influence des matières organiques sur le procédé de S/S (processus d’oxydation accéléré) ;

– d’autre part l’utilisation d’un liant spécifique adapté à la double problématique forte teneur en eau - matériau orga- nique (liant pouzzolanique sulfo-alumino-calcique).

* Daniel Levacher, Francis Rey,

Upres A 6143 Morphodynamique continentale et côtière - Groupe de recherche en génie civil - Université de Caen - 24, rue des Tilleuls - 14000 Caen

** Jean-Louis Quénec’h, Francis Rey,

École supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction de Caen - 1, rue Pierre et Marie Curie - 14610 Epron

Bibliographie

• Alzieu C., 1999. Dragage et environ- nement marin - État des connaissances.

Ed. IFREMER, 224 p.

• Boutouil M., 1998. Traitement des vases de dragage par solidification/stabilisation à base de ciment et additifs. Thèse de Doctorat, Le Havre, 258 p.

• Busnot I., 1991. Les substances humiques : complexants naturels. Thèse de Doctorat, Caen, 202 p.

• Calmano W., Förstneru, Kersten M., Kraus D., 1983. Behavior of dredged mud after stabilisation with different additives.

Sci. Total Environ., pp 737-747.

• Capmas A. et Sorrentino F., 1994.

Étude des mécanismes de solidification- stabilisation des déchets solides par liants hydrauliques - cas des Refiom.

Environnement et Technique, n° 136, pp.

50-53.

• Geode, 1994. Dragage dans les ports français. Rapport de synthèse Sogreah, 113 p.

• Jolicoeur C. et Simard M.-A., 1998.

Chemical admixture-cement interactions : phenomenology and physico-chemical concepts. Cement and Con. Comp., n° 20, pp. 87-101.

• Kamon M. et Nontananandh S., 1990.

Contribution of stainless steel slag to the development of strength for seabed hedo- ro. Japanese Society of Soil Mechanics and Foundation Eng., Vol. 30, n° 4, pp.

63-72.

• Kujala K. et Mäkikyrö M., 1996. Effect of humus on the binding reaction in sta- bilized soils. Grouting and Deep Mixing, Ed. Yonekura Terashi et Shibazaki, Rotterdam, pp. 415-420.

• Le Roux A., 1969. Contribution à l’étu- de du traitement à la chaux des maté- riaux argileux. Thèse de Doctorat, Paris, Orsay, 105 p.

• Rey F., Levacher D., Bennabi A., Quenec’h J-L., 1998. Étude du compor- tement mécanique et des conditions de mise en œuvre de composites vase-chaux.

16èmesRencontres universitaires de génie civil, Reims, pp 122-129.

• Rey F., 1999. Étude physico-mécanique et environnementale du composite vase- chaux et additifs. Thèse de Doctorat, Caen, 271 p.

• Stegemann J.A. et Cote P.L., 1991.

Programme conjoint d’étude de méthodes d’essais pour l’évaluation des déchets soli- difiés. Environ. Canada SPE3/HA/8, 131p.

Déchets Design

Les ambassadeurs du futur

Gérard Bertolini

Rapprocher déchet et design peut paraître singulier.

Pourtant, le déchet intervient comme mécanisme de rappel ; au-delà, il interpelle les desi- gners, et plus largement les créateurs. De plus en plus, ils devront avoir une démarche prospective, anticipatrice, pré- ventive, remettre en cause la conception des produits pour mieux tenir compte de l’après- usage et des préoccupations environnementales, qui consti- tuent des valeurs d’avenir.

Et puis, une fois n’est pas assez. Réemploi, réutilisation, recyclage, boucles et cascades, les produits doivent devenir des re-produits, les créateurs des re-créateurs.

Enfin, le produit doit être efficace dans sa mission, ainsi que dans sa démission. Pour les déchets ultimes (à réduire autant que possible), leur concours peut là encore être pré- cieux.

Pour libérer l’avenir, le design doit investir le champ du déchet nous dit Gérard Bertolini, économiste, directeur de recherche au CNRS et spéculateur sur l’avenir des déchets.

Format 15,5*24 - 204 pages - 179 F TTC franco de port (169,67 F HT - TVA 5,5 % : 9,33 F)

Société Alpine de Publications

Société Alpine de Publications (SAP)

A LA RECHERCHE

DU VÊTEMENT ÉCOLOGIQUE

Gérard Bertolini,

économiste, directeur de recherche au CNRS, Pierre Melquiot,

Docteur ingénieur en génie industriel et environnement, responsable de projets au Cetih (Centre technique des industries de l’habillement),

Informer et éclairer le consommateur ainsi que les indus- triels concernés ; sensibiliser à l’éco- logique ; verdir les productions et les achats (pro mouvoir à la fois l’offre et la demande), faire de l’écologie un argu- ment de vente…

Format 16*21 - 164 pages - 1999 - 180 F TTC franco de port (170,62 F HT - TVA 5,5 % : 9,38 F)

Références

Documents relatifs

vpage@univ­ag.fr    Vincent Pagé Université Antilles Guyane Pour ce résultat : Positionnement et CSS Positionnement : marges et centrage #entete{

Les métaux et métalloïdes toxiques (As, Pb, Cr, Cd) généralement suspectés comme facteur de risque environnemental dans les TSA ont été dosés dans les cheveux

Les premiers essais sur des solutions synthétiques d'eau de Drauh dopées par des teneurs variables en fluorure de sodium ont permis de montrer l'efficacité de la précipitation

Alors que, les individus de la station (S2) ont tendance à accumuler des teneurs élevées en Ni dans la partie aérienne, et en Ca, Cu dans les deux compartiments de la plante,

E t nous les avons logés et entretenus dans notre grand bâtim ent syndical, à East- court, dans le Northamptonshire, où ils ont pu jouir du plus large confort..

Les pertes en nitrate de 11 successions à base de colza, de blé et de pois, incluant ou non des repousses de colza, et une CIPAN après le pois, ont été estimées

composantes de moyenne fréquence, de périodes comprises entre 7 et 16 mois Elles engendrent des pics sur les spectres des prix de l'étain et du plomb pour les observations de

Le problème de segmentation d’image peut être considéré comme étant un problème d’optimisation, il y’a plusieurs méthodes pour résoudre ce problème