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REMERCIEMENTS

A mes parents et ma sœur, sans qui rien de cela n’aurait été possible.

A mon Guillaume, pour ton soutien incommensurable (et pour ton PC).

A Annie, Guy, Leslie, Alix-Anne et Elisa, ainsi que toute la famille ODRI pour votre présence.

A chacune de mes patates.

A mes amis de La Source et de Dreux.

A Monsieur le Professeur Philippe Rosset, pour me faire l’honneur de présider cette thèse. Je n’oublierai jamais vos qualités humaines et chirurgicales.

A Monsieur le Professeur Luc Favard, pour me faire l’honneur de juger cette thèse, et pour votre dynamisme et votre expérience pratique et théorique.

A Monsieur le Professeur Jean Brilhault, pour me faire l’honneur de juger cette thèse. Votre connaissance et votre dextérité m’auront été précieuses d’enseignement.

A Monsieur le Docteur Jacky Laulan, pour me faire l’honneur de juger cette thèse. Votre passion pour la chirurgie, votre recherche de l’excellence ainsi que votre disponibilité sont pour moi des exemples à suivre.

A Monsieur le Docteur Louis-Romée Le Nail, pour m’avoir confié ce travail et m’avoir guidé dans sa réalisation. J’ai apprécié travailler à tes côtés, sois assuré de ma reconnaissance.

A mes amis, collègues, chefs et cointernes, merci pour tout.

(8)

TABLE DES MATIERES

Résumé ………p 8

Abstract ………p 9

Introduction ………p 10

Matériel et méthode ………p 12

Résultats ………p 13

Discussion ………p 16

Conclusion ………p 20

Références ………p 21

Tableaux et figure ………p 23

Annexe ………p 24

(9)

Étude épidémiologique rétrospective de 688 tumeurs de la main et du poignet chez l’adulte de 2009 à 2019.

RESUME

Introduction

Les tumeurs de la main et du poignet sont des lésions fréquemment rencontrées, en consultations de chirurgie de la main. Les données épidémiologiques de ces tumeurs sont peu nombreuses dans la littérature. Le CHU de Tours est à la fois centre de référence des tumeurs de l’appareil locomoteur, ainsi que centre de chirurgie de la main. Grâce à ces 2 compétences, nous avons pu réaliser une étude épidémiologique rétrospective sur les tumeurs bénignes et malignes de la main et du poignet.

Matériel et méthode

Nous avons étudié 688 tumeurs de la main et du poignet opérées dans le service de 2009 à 2019. Les patients étaient colligés grâce à la recherche par mots-clés dans les comptes-rendus opératoires, et à la recherche par codes diagnostics dans le logiciel de codage par CCAM (Classification commune des actes médicaux). Les données recueillies étaient l’âge, le sexe, le côté, la topographie anatomique et la nature histologique.

Résultats

Notre série comportait 688 tumeurs chez 668 patients dont 411 femmes (61,5%) et 257 hommes (38,5%), l’âge moyen était de 51,8 ans (+/- 18 ans). Nous avons retrouvé 406 tumeurs localisées aux doigts (62%

de la série), 144 au poignet (22%) et 104 à la main (16%). 653 tumeurs étaient localisées dans les tissus mous (94,9%) et 35 tumeurs relevaient du tissu osseux (5,1%). Les tumeurs les plus fréquentes étaient les kystes ou pseudokystes (358 cas,52% de la série). Une tumeur maligne a été diagnostiquée dans 18 cas (2,6%).

Conclusion

Nos données ont confirmé que les tumeurs de la main et du poignet sont majoritairement des lésions bénignes des tissus mous. Néanmoins, l’exérèse ne devra être réalisée qu’en cas d’absence d’élément clinique et d’imagerie suspect. En cas d’atypie ou de doute, une biopsie préalable à tout traitement sera indispensable. Il incombe au chirurgien de reconnaître les lésions qui doivent être orientées vers un centre de référence pour avis et/ou prise en charge.

Mots-clés : tumeur de la main, épidémiologie, kyste synovial, tumeurs osseuses, enchondrome

(10)

Retrospective epidemiological study of 688 tumors of the hand and wrist in adults from 2009 to 2019.

ABSTRACT

Introduction

Hand and wrist tumors are frequently encountered in consultations for hand surgery. There are few epidemiological data on these tumors in the literature. Tours University Hospital is both a reference center for tumors of the musculoskeletal system, as well as a center for hand surgery. Thanks to these 2 skills, we were able to carry out a retrospective epidemiological study on benignant and malignant tumors of the hand and wrist.

Material and method

We studied 688 hand and wrist tumors operated in our department from 2009 to 2019. The patients were collected using the research by keywords in the operative reports, and the research by diagnostic codes used by CCAM (Common Classification of Medical Acts). Data collected were age, sex, side, anatomical topography and histological nature.

Results

Our study reported 688 tumors in 668 patients, 411 women (61.5%) and 257 men (38.5%), the mean age was 51.8 years (+/- 18 years). We found 406 tumors located on the fingers (62%), 144 on the wrist (22%) and 104 on the hand (16%). 653 tumors were localized in soft tissues (94.9%) and 35 tumors were in bone tissue (5.1%). The most frequent tumors were cysts or pseudocysts (358 cases, 52% of the series). A malignant tumor was diagnosed in 18 cases (2.6%).

Conclusion

Our data confirmed that tumors of the hand and wrist are predominantly benign soft tissue lesions.

However, excision should only be performed in the absence of clinical evidence and suspicious imagery. In case of atypia or doubt, a biopsy prior to any treatment will be essential. It is the surgeon's responsibility to recognize lesions that should be adressed to a referral center.

Keywords : hand tumor, epidemiology, synovial cyst, bone tumors, enchondroma

(11)

INTRODUCTION

Le terme tumeur est défini par le Collège français des Pathologistes comme une prolifération cellulaire excessive aboutissant à une masse tissulaire ressemblant plus ou moins au tissu normal homologue (adulte ou embryonnaire), ayant tendance à persister et à croître, témoignant de son anatomie biologique. [1]

Les tumeurs malignes peuvent, contrairement aux tumeurs bénignes, aboutir spontanément au décès du patient. Il existe de nombreux caractéristiques macroscopiques et histologiques qui différencient les tumeurs malignes des tumeurs bénignes. (Tableau 1) Néanmoins, la

distinction bénin/malin peut être difficile dans certaines situations, notamment lorsque les caractéristiques de la tumeur ne correspondent pas à l’évolution de la tumeur. [1]

Tumeurs bénignes Tumeurs malignes

Bien limitée Mal limitée

Encapsulée Non encapsulée

Histologiquement semblable au tissu d’origine (bien différenciée)

Plus ou moins semblable au tissu d’origine

Cellules régulières Cellules irrégulières (cellules cancéreuses)

Croissance lente Croissance rapide

Refoulement sans destruction des tissus voisins Envahissement des tissus voisins

Pas de récidive locale après exérèse complète Exérèse complète difficile. Récidive possible après exérèse supposée complète

Pas de métastase Métastases

Tableau 1 : tableau récapitulatif des caractéristiques bénins/malins des tumeurs

Les tumeurs de la main et du poignet peuvent concerner plusieurs sièges tissulaires, du tégument en superficie jusqu’au tissu ostéo-articulaire en profondeur. Ces lésions peuvent occasionner une gêne fonctionnelle ou esthétique, en faisant alors un motif de consultation régulier. Néanmoins, le

recensement exact est difficile étant donné que ces lésions peuvent être prises en charge par plusieurs disciplines médicales ou chirurgicales telles que la chirurgie orthopédique, la chirurgie plastique, la dermatologie, la rhumatologie… Les données épidémiologiques sont alors peu nombreuses dans la littérature. [2]–[6]

(12)

Or, les données épidémiologiques permettent au praticien d’orienter sa prise en charge. En effet, une tumeur de la main, au diagnostic évident, sans caractère inquiétant ne nécessite pas de biopsie ni d’étude histologique ; au contraire en présence de toute atypie clinique ou radiologique, il est recommandé de se diriger vers un centre de référence pour avis ou prise en charge. [7]–[9]

Notre service a l’avantage d’être à la fois un centre de référence pour les tumeurs de l’appareil locomoteur avec une réunion de concertation pluridisciplinaire autonome et un centre de référence de la chirurgie de la Main.

Il nous est alors paru intéressant d’étudier les tumeurs de la main et du poignet prises en charge chirurgicalement dans notre service, bénéficiant ainsi de la double voie d’orientation de patients.

En 2009, F. Marty avait recensé 623 tumeurs de la main et du poignet opérées dans le service de 1980 à 2008. [10]

Mon travail a consisté à recueillir toutes les tumeurs de la main et du poignet opérées dans le service de 2009 à 2019. Ces données ont alors été comparées à celles de F. Marty et à celles de la littérature.

Ainsi, nous avons cherché à montrer les résultats les plus pertinents pour la pratique médicale quotidienne.

(13)

MATÉRIEL ET MÉTHODE

Toutes les tumeurs de la main et du poignet opérées dans notre service entre le premier janvier 2009 et le 31 décembre 2019 ont été inclus.

Les patients étaient colligés à l’aide de 2 sources : les comptes-rendus opératoires et codages.

Parmi les comptes-rendus opératoires informatisés du service, une recherche par mots-clés a été effectués. Ces mots-clés étaient : tumeur et doigt, tumeur et main, tumeur et poignet, biopsie et doigt, biopsie et main, enfin, biopsie et poignet.

De plus, une seconde recherche a été effectuée sur le logiciel de codage des patients opérés, comportant les codes CCAM suivants : MDHA001 (biopsie d’un os et/ou d’une articulation de la main, par abord direct), MJFA008 (exérèse de lésion fasciale et/ou sous fasciale des tissus mous de la paume de la main), MHFA002 (exérèse de kyste synovial ou mucoïde d’une articulation ou d’une gaine fibreuse de la main), QZFA002 (biopsie sous cutanée sus aponévrotique de moins de 3cm), et MZFA006 (exérèse partielle d’un os du membre supérieur sans interruption de la continuité, par abord direct).

Ces deux sources ont été additionnées pour constituer la base de données définitive.

Lorsqu’un patient avait plusieurs lésions distinctes, elles ont été prises en compte séparément.

N’ont pas été inclus les patients pris en charge dans l’hôpital pédiatrique.

Les données épidémiologiques et histologiques ont été recueillis : l’âge du patient au moment de la chirurgie, le sexe, le côté la topographie anatomique de la lésion, la nature histologique de la lésion, dont on a pu déduire le caractère bénin ou malin, et le caractère primitif ou secondaire en cas de lésion maligne.

Les données ont été recueillies à l’aide d’un tableur Excel. L’analyse a été effectué avec le logiciel JMP11.0 (SAS Inc). Les comparaisons de moyennes ont été réalisées à l’aide d’un test de Student ou un test ANOVA, et la comparaison de distribution de variables qualitatives à l’aide d’un test de Khi2. Les différences étaient statistiquement significatives lorsque p<0.05.

(14)

RÉSULTATS

La recherche par codage a retrouvé 718 cas. 185 cas non concernés par l’étude ont été exclus, soit parce qu’il s’agissait des lésions survenues sur une localisation anatomique non concernée par notre étude, soit parce qu’il s’agissait des lésions infectieuses.

La recherche par les comptes rendus opératoires a colligé 155 cas supplémentaires.

Au total, 688 tumeurs de la main et du poignet ont été étudiées chez 668 patients, 411 femmes (61,5%) et 257 hommes (38,5%). L’âge moyen était de 51,8 +/- 17,9 ans, de 15,3 à 90,9 ans.

Les lésions étaient situées au côté droit pour 365 cas (53%), et au côté gauche pour 323 cas (47%).

427 lésions étaient localisées au niveau des doigts (62,1%), 149 au niveau du poignet (21,6%) et 112 au niveau de la main (16,3%).

Les tumeurs du poignet survenaient chez des patients de 43 ans en moyenne, alors que celles du doigt survenaient chez des patients plus âgés, d’âge moyen de 55 ans. Cette différence était significative (p

< 0,0001). Elle était d’autant plus marquée avec les lésions de l’interphalangienne distale (âge moyen 63 ans) ou celles de l’interphalangienne du pouce (âge moyen 65 ans) (p < 0,0001).

Il y avait 653 tumeurs du tissu mou (94,9%) et 35 tumeurs du tissu osseux (5,1%). Toutes les tumeurs sont listées dans l’annexe 1.

Parmi les tumeurs du tissu mou, les tumeurs les plus fréquentes étaient des lésions kystiques et pseudokystiques (362 cas, 52,6%), dont 133 kystes synoviaux (19,3%), 134 kystes et pseudokystes mucoïdes (19,4%), 53 pseudokystes (7,7%), 36 kystes épidermiques (5,2%) et 6 kystes indéterminés (0,9%).

Il a été noté que les kystes synoviaux survenaient chez des patients de 46 ans en moyenne, alors que les kystes mucoïdes survenaient chez des patients de 64 ans en moyenne. Cette différence était significative à p < 0,0001.

(15)

Les autres tumeurs du tissu mou les plus fréquemment retrouvées étaient : tumeurs à cellules géantes (TCG) des gaines synoviales (60 cas, 8,7%), lésions vasculaires bénignes (61 cas, 8,9%), lipomes (31 cas, 4,5%), tumeurs glomiques (20 cas, 2,9%) et schwannomes (15 cas, 2,2%).

Quant aux tumeurs du tissu osseux, les lésions retrouvées étaient : enchondromes (13 cas, 2%), chondrosarcomes (5 cas, 0,7%), exostoses (5 cas, 0,7%), ostéochondromatoses synoviale (4 cas, 0,6%), ostéomes ostéoïdes (2 cas, 0,3%), tumeurs à cellules géantes (2 cas, 0,3%), néoformations ostéocartilagineuses bénignes (2 cas, 0,3%), ostéosarcome extra squelettique (1 cas, 0,15%) et kyste anévrismal solide (1 cas, 0,15%).

Nous avons observé 670 lésions bénignes (97,38%) et 18 lésions malignes (2,62%). Parmi les lésions malignes, il y avait 12 tumeurs de tissus mous et 6 tumeurs de tissu osseux. Parmi les tissus mous, il y avait 6 carcinomes épidermoïdes (0,8%), 2 sarcomes à cellules claires (0,3%), 1 sarcome à cellules pléiomorphes, 1 sarcome épithéloïde, 1 adénocarcinome papillaire et 1 mélanome acral.

Parmi le tissu osseux, il y avait 5 chondrosarcomes (0,7%) et 1 ostéosarcome extra squelettique.

Les lésions les plus fréquentes classées par localisation anatomique étaient les suivantes (figure 1) : - Phalange distale (57 lésions) : 9 kystes mucoïdes (15,8%), 9 TCG des gaines synoviales

(15,8%) et 8 tumeurs glomiques (14%).

- Interphalangienne distale (96 lésions) : kystes et pseudokystes mucoïdes (61,5%) - Phalange intermédiaire (61 lésions) : 12 lésions vasculaires bénignes (20%), 11 kystes

épidermiques (18%)

- Interphalangienne proximale (41 lésions) : 17 kystes synoviaux et pseudokystes (41,5%), 7 TCG des gaines synoviales (17%)

- Phalange proximale (66 lésions) : 16 kystes synoviaux et pseudokystes (24%), 9 lésions vasculaires bénignes (13,6%), 7 TCG des gaines synoviales (10%), 6 enchondromes (9,1%) et 3 exostoses (4,6%)

- Métacarpophalangienne (92 lésions) : 34 kystes synoviaux et pseudokystes (40%), 13 kystes et pseudokystes mucoïdes (14%) et 7 TCG des gaines synoviales (7,6%)

- Métacarpien (50 lésions) : 8 lipomes (16%), 5 kystes épidermiques (10%), 5 lésions vasculaires bénignes (10%), 4 enchondromes (8%), 3 sarcomes de tissu mou (6%), 2 chondrosarcomes (4%)

- Carpien (65 lésions) : 34 kystes synoviaux et pseudokystes (52,3%), 11 kystes et pseudokystes mucoïdes (17%) et 2 amyloses (3,1%)

- Poignet (102 lésions) : 60 kystes synoviaux ou pseudokystes (58,8%), 11 kystes ou pseudokystes mucoïdes (10,8%), 7 Schwannomes (6,9%), 5 TCG des gaines (4,9%). Les 2 TCG intra osseuses étaient situées au niveau du radius distal (1,96%)

(16)

- Interphalangienne du pouce (26 lésions) : 13 kystes mucoïdes (50%), 4 kystes synoviaux (15,3%)

- Éminence thénarienne (8 lésions) : 2 fibromatoses (25%)

- Éminence hypothénarienne (10 lésions) : 3 lésions vasculaires bénignes (30%), 3 lipomes (30%)

Figure 1 : les types histologiques les plus fréquents en fonction de la localisation

Kystes mucoïdes (15,8%)

TCG des gaines synoviales (15,8%) Tumeurs glomiques (14%)

Kystes et pseudokystes mucoïdes (61,5%) Kystes synoviaux et pseudokystes (17,7%) TCG des gaines synoviales (9,4%)

Lésions vasculaires bénignes (20%) Kystes épidermiques (18%)

Kystes synoviaux et pseudokystes (41,5%) TCG des gaines synoviales (17%)

Kystes synoviaux et pseudokystes (24%) Lésions vasculaires bénignes (13,6%) TCG des gaines synoviales (10%) Enchondromes (9,1%)

Exostoses (4,6%)

Kystes synoviaux et pseudokystes (40%) Kystes et pseudokystes mucoïdes (14%) TCG des gaines synoviales (7,6%)

Lipomes (16%)

Kystes épidermiques (10%) Lésions vasculaires bénignes (10%) Enchondromes (8%)

Sarcomes de tissu mou (6%) Chondrosarcomes (4%)

Kystes synoviaux et pseudokystes (52,3%) Kystes et pseudokystes mucoïdes (17%) Amyloses (3,1%)

Kystes synoviaux ou pseudokystes (58,8%) Kystes ou pseudokystes mucoïdes (10,8%) Schwannomes (6,9%)

TCG des gaines synoviales (4,9%) TCG intra osseuses (1,96%) kystes mucoïdes (50%)

4 kystes synoviaux (15,3%)

(17)

DISCUSSION

Notre étude a porté sur 688 cas survenus de 2009 à 2019. Notre centre hospitalo-universitaire a la particularité d’être le centre de référence dans deux domaines : celui des tumeurs de l’appareil locomoteur et celui de la chirurgie de la main. Cette double compétence permet de bénéficier de deux voies de recrutement des patients expliquant cette importante base de données.

Dans cette étude, seuls les patients opérés dans le service ont été inclus. N’ont pas été tenus en compte les cas discutés en réunion de concertation pluridisciplinaire de l’appareil locomoteur mais non opérés ou orientés dans un autre établissement, ni les patients vus en consultation mais non opérés.

Nous avons fait le choix d’inclure toutes les tumeurs de la main pour être le plus exhaustif, pour rester dans la pratique d’un chirurgien face à un patient qui consulte pour une tuméfaction de la main et du poignet.

L’analyse des données ont montré plusieurs aspects intéressants.

Les tumeurs retrouvées étaient majoritairement de tissus mous, comme les autres auteurs l’ont déjà soulignés. La lésion la plus fréquente était alors les lésions kystiques qui représentaient près de la moitié des tumeurs. Cette prédominance avait déjà été rapportée dans la littérature. [5], [8], [11]

Dix-huit tumeurs malignes ont été retrouvées, dont 12 de tissus mous et 6 de tissu osseux. Dans la littérature, la prévalence de tumeurs malignes varie entre 1 et 3%. [4], [5], [11] Si les types histologiques sont très variés pour les tissus mous, ceux des tumeurs du tissu osseux sont peu nombreuses, la tumeur osseuse maligne la plus fréquente étant le chondrosarcome. [2], [11]–[13]

Nous n’avion aucune lésion secondaire. En fait, les tumeurs métastatiques localisées à la main décrites dans la littératures sont exceptionnelles, variant de 0,007% à 0,4%. [14]–[16] Outre le caractère exceptionnel, il est possible que ce type de lésion ait été vu en consultation mais non opéré, donc non inclus dans notre étude.

Nous avons remarqué que certaines tumeurs ont des localisations préférentielles.

C’est le cas des kystes mucoïdes qu’on a retrouvé le plus souvent en interphalangienne distale, survenant chez des patients plus âgés, alors que les lésions kystiques du poignet étaient plutôt des kystes synoviaux, survenant chez des patients plus jeunes. Cette distribution s’explique par le

(18)

développement naturel du kyste mucoïde, qui se développent à partir d’une articulation arthrosique sous-jacente. [17]

Les métacarpiennes et les phalanges proximales étaient des sites anatomiques intéressantes. En effet, les tumeurs du tissu osseux y étaient préférentiellement situées, ainsi que quelques tumeurs malignes.

Au niveau métacarpien, on a retrouvé 4 enchondromes (soit 31% des enchondromes), 2

chondrosarcomes (40% des chondrosarcomes), le seul kyste anévrismal solide et 3 sarcomes de tissu mou. Sur la phalange proximale, on a retrouvé 6 enchondromes (soit 46% des enchondromes), 3 exostoses (60% des exostoses), ainsi qu’un chondrosarcome et un carcinome épidermoïde.

De nombreux auteurs ont déjà noté que les tumeurs osseuses les plus fréquentes étaient les

enchondromes, et qu’ils étaient préférentiellement situés au niveau de métacarpien ou de phalange proximale. [2], [11], [18]

Enfin, nous n’avons pas retrouvé de différence significative de prévalence des tumeurs entre les sexes et les côtés opérés.

Dans l’étude de F. Marty en 2010, il avait décrit 623 tumeurs chez 620 patients. [10]

Nous avons recueilli un nombre de cas similaire sur 10 ans par rapport à l’étude de F. Marty faite sur 28 ans. Cela représente 68,6 cas par an dans notre étude, et 21,8 cas par an dans celle de F. Marty.

Cette augmentation de l’échantillon s’explique par le mode de recrutement : développement du réseau des tumeurs de l’appareil locomoteur et celui du SOS Main.

L’évolution démographique a pu contribuer à cette augmentation, puisque la population dans la métropole de Tours a augmenté de 13%, passant de 255 867 habitants en 1982 à 293 035 habitants en 2017 (sources INSEE).

Le ratio femme/homme était similaire. En effet, F. Marty avait un sex ratio de 1,5 (372 femmes et 248 hommes), et dans notre étude le sex ratio était de 1,6 (411 femmes et 257 hommes) (p=0,61).

L’âge moyen était pour F. Marty de 48 ans (de 16 à 94 ans), alors qu’il était de 51,8 ans (de 15,2 à 90,9 ans) dans notre étude. Notre population était plus âgée de manière significative en test Khi2 (p<0,0001).

F. Marty avait 525 tumeurs de tissus mous (84,1%), 70 tumeurs du tissu osseux (11,4%) et 28 tumeurs du tissu cutané (4,5%). Nous avons trouvé moins de tumeurs du tissu osseux (35 cas, 5,1%), et plus de

(19)

tumeurs des tissus mous y compris cutanés (653 cas, 94,9%). Cette distribution avait une différence significative en test Khi2 (p<0,0001).

Notre étude étant réalisée sur une durée 3 fois inférieure à celle de F. Marty, cette différence dans la distribution est probablement un des reflets indirects de l’augmentation des effectifs.

D’ailleurs, nous avons retrouvé 56 types histologiques alors que F. Marty en comptait 38. Parmi les types histologiques, l’amylose était une des lésions les plus fréquentes pour F. Marty avec 47 cas (7,5%), tandis qu’elle a été retrouvée seulement à 3 reprises dans notre étude (0,4%). Cette diminution s’explique probablement par l’amélioration de la prise en charge des maladies systémiques

responsables de ces dépôts.

La prévalence des tumeurs malignes est passée de 1,3% à 2,8% entre l’étude de F. Marty et la nôtre.

Bien qu’une différence significative n’a pas été retenue en test Khi2 (p=0,084), on peut constater une tendance à l’augmentation. Cette augmentation concerne aussi bien les tissus mous que les tissus osseux. Elle s’explique certainement par une meilleure orientation dans la région par développement des réseaux de tumeurs de l’appareil locomoteur et de SOS main.

Concernant les tumeurs des tissus mous, nous avons retrouvé plus de tumeurs situées aux doigts et moins de tumeurs situées au poignet. En effet, nous avions 406 tumeurs de doigt (62%) et 144 tumeurs du poignet (22%) alors que F. Marty avait 181 tumeurs de doigt (34,5%) et 268 tumeurs du poignet (51%). Les tumeurs localisées à la main avait une prévalence de 14,5% en 2010 et de 16% dans notre étude.

En 2009, les types histologiques du tissu osseux les plus fréquemment retrouvés étaient : chondrome (43 cas, 6,9%), exostose (17 cas, 2,8%), ostéochondrome (6 cas, 1,0%) et ostéome ostéoïde (4 cas, 0,6%). En 2019, ils étaient : chondrome (13 cas, 1,9%), chondrosarcome (5 cas, 0,7%), exostose (5 cas, 0,7%) et ostéochondromatose (4 cas, 0,6%).

Il est intéressant de noter que parmi les tumeurs osseuses, nous avions 6 cas de tumeurs malignes, alors que F. Marty n’en avait aucune. Cependant, étant donné que l’étude est faite sur une durée 3 fois inférieure à celle de F. Marty, il est difficile de savoir s’il s’agit d’une réelle variation de prévalence ou s’il s’agit de l’effet temps.

F. Marty avait comparé ses données à celles de la littérature, notamment avec celle de Haber et de Leclercq avec respectivement 2321 et 1952 patients. [6], [19] Depuis 2010, quelques articles à effectifs moindres ont été publiés. [3]–[5]

(20)

Initialement, l’étude était réalisée dans l’objectif de recenser toutes les tumeurs de la main et du poignet opérées dans le service, dans la continuité de l’étude de F. Marty, sur 39 dernières années.

Néanmoins, il s’est avéré que les données de notre étude et celles de F. Marty n’étaient pas

comparables, comme résumé dans le tableau 2. La simple addition des échantillons n’aurait pas été représentative de la population actuelle.

Données de F. Marty Données de cette étude p

Echantillons Total 623 688

Patients 620 668

Sexe Femmes : 372 (60%)

Hommes : 248 (40%)

Femmes : 411 (61,5%) Hommes : 257 (38,5%)

0,61

Âge moyen 48 +/- 15 ans (de 16 à 94 ans) 51,8 +/- 17,9 ans (15,3 à 90,9 ans)

<0,0001

Tissus d’origine Tissu mou / tissu osseux

553 (89%) / 70 (11%) 653 (94,9) / 35 (5,1%) <0 ,0001

Tissus mous dont cutanés

Total 553 (89%) 653 (94,9%)

Localisation Poignet : 289 (52,3%) Doigt : 187 (33,8%) Main : 77 (13,9%)

Poignet : 144 (22%) Doigt : 406 (62%) Main : 103 (16%)

<0,0001

Types histologiques Kyste synovial : 221 (35,5%) TCG des gaines : 67 (10,8%) Amylose : 47 (7,5%) Kyste mucoïde : 44 (7,1%)

Kyste synovial : 192 (29,4%)

Kyste mucoïde : 134 (20,5%)

TCG des gaines : 60 (9,2%) Kyste épidermique : 36 (5,2%)

<0,0001

Tissu osseux Total 70 (11%) 35 (5,1%)

Localisation Phalanges : 38 (54,3%) Métacarpiens : 14 (20%) Carpe : 4 (5,7%) Radius distal : 3 (4,3%)

Phalanges : 22 (62,9%) Métacarpiens : 9 (25,7%) Carpe : 2 (5,7%) Radius distal : 2 (5,7%)

0,053

Types histologiques Chondrome : 43 (6,9%) Exostose : 14 (2,2%) Ostéochondrome : 6 (1,0%) Ostéome ostéoïde : 4 (0,6%)

Chondrome : 13 (1,9%) Chondrosarcome : 5 (0,7%) Exostose : 5 (0,7%) Ostéochondrome : 4 (0,6%)

Tumeurs malignes Total 8 (1,3%) 18 (2,8%) 0,084

Localisation Tissus mous dont cutanés : 7 (87,5%)

Métastase osseuse : 1 (12,5%)

Tissus mous : 12 (66,7%) Tissu osseux : 6 (33,3%)

Tableau 2 : comparaison des données de F. Marty et celles de notre étude

(21)

CONCLUSION

Nous avons revu 688 tumeurs de la main et du poignet prises en charge chirurgicalement dans notre service, avec un recul de 10 ans.

Les tumeurs les plus fréquentes étaient les kystes synoviaux (192 cas, 29,4%) et les kystes mucoïdes (134 cas, 20,5%). Nous avons retrouvé 35 tumeurs du tissu osseux, soit 5,1% des tumeurs étudiées.

Parmi ces 35 lésions, il y avait 13 chondromes et 5 chondrosarcomes. La prévalence des tumeurs malignes était de 2,8%, soit 18 cas sur 688.

Bien que les tumeurs de la main et du poignet soient majoritairement bénignes, la règle de la prise en charge tumorale doit être soigneusement appliquée. Ainsi, devant toute tumeur douteuse, le chirurgien devra adresser le patient en centre de référence pour avis ou prise en charge.

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RÉFÉRENCE

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TABLEAUX ET FIGURE

Tableau 1 : tableau récapitulatif des caractéristiques bénins/malins des tumeurs Tableau 2 : comparaison des données de F. Marty et celles de notre étude

Figure 1 : les types histologiques les plus fréquents en fonction de la localisation

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ANNEXE

Annexe 1 : liste des tumeurs classées par types histologiques

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Références

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