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Mines Maths 1 MP 2014 — Corrigé

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Academic year: 2021

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 1/20

Mines Maths 1 MP 2014 — Corrigé

Ce corrigé est proposé par Sophie Rainero (Professeur en CPGE) ; il a été relu par Sadik Boujaida (Professeur en CPGE) et Benjamin Monmege (ENS Cachan).

Ce sujet d’algèbre linéaire a pour finalité de démontrer que toute matrice A appartenant àMn(C), pournentier naturel non nul, peut s’écrire sous la formeB eB BMn(C). Il se compose de quatre parties.

Dans la première partie, on démontre que ce résultat est vrai pour n = 1, c’est-à-dire que pour tout nombre complexeλil existeµCtel queλ=µeµ.

On s’intéresse ensuite dans la deuxième partie à des matrices particulières appelées blocs de Jordan, qui ont la forme suivante :

Jn(µ) =

µ 1 0 . . . 0 0 . .. ... ... ...

... . .. ... ... 0 ... ... ... 1 0 . . . . 0 µ

µest un complexe.

Après des résultats classiques sur les matrices nilpotentes, en utilisant la pre- mière partie, on démontre que tout bloc de Jordan peut se mettre sous la formeM eMavecMMn(C).

Dans la troisième partie, on prouve que toute matrice nilpotente est semblable à une matrice diagonale par blocs, dont les blocs sont des blocs de Jordan nilpotentsJp1(0), . . . ,Jpr(0), avecp1, . . . , pr des entiers naturels non nuls.

Enfin, dans la quatrième partie, qui se compose de deux questions assez longues, on s’intéresse au cas général : démontrer que toute matriceAMn(C)admet un antécédent par l’application B 7−→ B eB. À cette fin, on commence par

« jordaniser » la matriceA, ce qui signifie trouver une matrice semblable à A, diagonale par blocs, dont les blocs sont des blocs de Jordan. On fait ensuite appel aux résultats de la deuxième partie.

Ce sujet est intéressant et bien construit, les parties s’y enchaînent de façon logique pour arriver au résultat annoncé en début de problème. Il comporte de nom- breuses questions classiques, en particulier sur les matrices nilpotentes, qu’il est im- portant de traiter rapidement et rigoureusement, mais aussi des questions demandant davantage de réflexion. C’est un bon exercice de révision sur la réduction, qui peut être traité dès que ce chapitre a été vu en classe.

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(2)

© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 2/20

Indications

Partie B

4 Pour démontrer que (X,NX, . . . ,Nn1X)est libre, se donner une relation de dé- pendance linéaire et la multiplier à gauche par une puissance bien choisie deN.

5 En notantul’endomorphisme canoniquement associé àN, utiliser la question pré- cédente pour définir une base deCnde la forme(un1(x), . . . , u(x), x)xCn. 6 Remarquer que eJn(0) est polynomiale en Jn(0) et en déduire que ces deux ma-

trices commutent.

7 Se servir de l’égalité (PJn(0)P1)k = PJn(0)kP1, valable pour tout entier na- turelk, après l’avoir justifiée. Appliquer le résultat de la question 5 à la matrice Jn(0)eJn(0).

8 Faire appel au résultat de la question 3.

9 Le raisonnement est similaire à celui de la question 7, s’en inspirer.

Partie C 10 Procéder comme aux questions 4 et 5.

11 Que vaut le produitTXTX?

12 Suivre l’indication de l’énoncé puis définirXligne par ligne, en commençant par la première, chaque ligne étant construite en fonction des précédentes.

13 En notantv l’endomorphisme canoniquement associé àA, remarquer que, pour toutk[[p+ 1 ;n]], v(ek)Vect (ep, . . . , , en)puis

v2(ek)Vect (ep1, . . . , en), . . . , vp1(ek)Vect (e2, . . . , en)

14 Procéder par récurrence forte. Dans l’hérédité, discuter selon l’indice de nilpotence et utiliser les résultats des questions 5 et 13.

Partie D

15 Penser aux théorèmes de décomposition des noyaux et de Cayley-Hamilton.

16 Afin de démontrer qu’une matriceAquelconque dansMn(C)admet un antécédent par cette application, commencer par justifier queAest semblable à une matrice de la forme obtenue à la question 15. Appliquer ensuite le résultat de la question 14 à chaque bloc nilpotent. On est ensuite amené à utiliser le résultat de la question 9.

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 3/20

A. Préliminaire sur la représentation zez dans C

1 Soient retRdansR

+,αetθ dansR. Posonsw=reiα etz= R eiθ. zez=w ⇐⇒ R eiθ exp (R cosθ+ i R sinθ) =reiα

⇐⇒ R exp(R cosθ) ei (θ+R sinθ)=reiα

Puisque r, R et l’exponentielle réelle sont strictement positifs,R exp(R cosθ)> 0.

Par identification des modules et arguments, on obtient

zez =w ⇐⇒

( R exp(R cosθ) = r θ+ R sinθ α[2π]

d’où zez=w ⇐⇒

( R exp(R cosθ) = r

R sinθ αθ [2π]

2 La fonction sinus ne s’annulant pas sur ] 0 ;π[, la fonction ϕ est bien définie.

Précisons ses limites aux bornes de son intervalle de définition.

Étude en0+. Quandθ tend vers0+, αθ tend versα >0,cosθ tend vers1 etsinθ tend vers0+. Donc, par produit et quotient,

θlim0+

αθ

sinθ =+ et lim

θ0+θ)cosθ sinθ =+ Puisque lim

x+ex=+∞, il s’ensuit par composition lim

θ0+exp

θ)cosθ sinθ

=+

On conclut à l’aide d’un produit de limites que

θlim0+ϕ(θ) =+

Étude enπ. Quand θ tend vers π, αθ tend vers απ > 0, cosθ tend vers−1 etsinθ tend vers0+. On en déduit, par produit et quotient, que

θlimπθ)cosθ sinθ = En outre, lim

xxex= 0par croissances comparées, donc

lim

θπθ)cosθ sinθ exp

θ)cosθ sinθ

= 0

Il s’ensuit, en divisant parcosθ qui tend vers−1,

θlimπϕ(θ) = 0

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(4)

© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 4/20

Soitrun réel strictement positif fixé. La fonctionϕest continue sur] 0 ;π[, tend vers+en0+et vers0enπ, donc, en vertu d’un corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, il existe un réelθ] 0 ;π[tel que ϕ(θ) =r.

Pour toutr >0, il existeθ] 0 ;π[tel queϕ(θ) =r.

Il est également possible d’utiliser directement le théorème des valeurs inter- médiaires, c’est-à-dire de redémontrer le corollaire employé ici. Par définition des limites, il existe un réel θ0] 0 ;π[tel que

∀θ] 0 ;θ0] ϕ(θ)6 r 2 et un réel θ1] 0 ;π[tel que

∀θ>θ1 ϕ(θ)>2r Ainsi,θ0< θ1 et ϕ(θ0)< r < ϕ(θ1)

Commeϕest continue sur[θ0;θ1], il existe un réelθ]θ0;θ1[appartenant donc à ] 0 ;π[ tel queϕ(θ) =r.

3 Démontrons à l’aide des questions précédentes que la fonction g est surjective.

SoitwC; prouvons quewadmet un antécédent pargdansCen distinguant 2 cas.

Premier cas :w= 0. Par définition,0D etg(0) = 0 e0= 0 =wdoncwadmet bien un antécédent parg dansD.

Second cas :w6= 0. Il existe alorsr >0etα[ 2π; 4π[tel quew=reiα. Notons qu’il est licite de choisirα dans cet intervalle car il est de longueur et contient une de ses bornes. L’image de0 pargétant égale à0, cherchons un antécédent dew dansDr{0}. Soit alorszDr{0}. Il existeR>0et θ] 0 ;π[tel quez= R eiθ. D’après la question 1, il suffit de disposer des égalités

( R exp(R cosθ) = r R sinθ = αθ

pour quewsoit égal àg(z). Puisque θ] 0 ;π[,sinθ est non nul et donc ( R exp(R cosθ) = r

R sinθ = αθ ⇐⇒

( R exp(R cosθ) = r R = αθ

sinθ

⇐⇒

αθ

sinθ exp αθ

sinθ cosθ

= r

R = αθ sinθ ( R exp(R cosθ) = r

R sinθ = αθ ⇐⇒

ϕ(θ) = r R = αθ

sinθ

D’après la question 2, il existeθ ] 0 ;π[ tel que ϕ(θ) =r. Le système précédent admet donc une solution(R, θ)R×] 0 ;π[. En outre,α−θ >0carα[ 2π; 4π[et θ] 0 ;π[, etsinθ >0. Par conséquent, il existe une solution(R, θ)dansR+×] 0 ;π[ et donc un complexezD tel queg(z) =w.

Conclusion : La fonctiongest surjective.

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