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Submitted on 10 Mar 2020
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Eve Fourmont Giustiniani. Les blessures de la guerre d’Espagne, 80 ans après. Carto, le monde en
cartes, Areion, 2016. �hal-02488761v2�
Les blessures de la guerre d’Espagne , 80 ans après
Jarama fév. 1937
Minorque
Ibiza
Majorque
Î le s Ba lé ar es sept. 1936
fév. 1937
août 1936 juil. 1936
juin 1937 août 1
937 sept. 1937
juin 1938 avril 1938
mars-a 1938vr.
janv. 1939 janv. 1939
août 1936
août 19 36 Océan Atlantique
Océan Atlantique
Mer Méditerranée Barcelone Burgos
Capitale franquiste Bilbao
Madrid
Valence
Malaga
Carthagène Albacete
Valladolid Oviedo
Ferrol
Cordoue
Cadix
Tanger (FR.) Séville
Ceuta Gibraltar (R.-U.) Salamanque
Ségovie
Avila
Pampelune
Saragosse Vitoria
Alméria
Huelva Grenade
Murcie Badajoz
Jaén
Depuis l’Italie fasciste Depuis l’URSS Depuis l’Allemagne nazie
Melilla
Première garnison insurgée Tétouan
Larache
Las Palmas
Ciudad Real Tolède Cáceres
Castellón de la Plana Torrejón de Ardoz
Paracuellos
Huesca Gérone
La Jonquera
Lérida
La Corogne Gijón
Santander
Zamora
Soria
Cuenca Lugo
Ponferrada Saint-Jacques-
de-Compostelle
Saint-Sébastien
Vigo León
Porto
Alicante
Tarragone
Lisbonne
Palma
Front sud Front central
Front orien
tal Front nord
Guernica 26 avril 1937
Teruel janv. 1938 Brunete
juil. 1937
Belchite août-sept. 1937
juil.-nov. 1938Èbre Sègre avril 1938 - janvier 1939
Guadalajara mars 1937
PROTECTORAT ESPAGNOL DU MAROC
ALGÉRIE (FRANCE) PROTECTORAT FRANÇAIS
DU MAROC PORTUGAL
FRANCE
Carto no 38, 2016 © Areion/Capri
0 100 km
50 km
La guerre civile espagnole (1936-1939)
Fin juillet 1936 Mars 1937
Décembre 1938 Début février 1939
Zone toujours sous contrôle Zone contrôlée par les franquistes
Maquis Garnison ou caserne insurgée (17-18 juillet 1936)
Présence des Brigades internationales Soulèvements populaires
Principales batailles Principaux bombardements par le camp franquiste Exactions et massacres
Principales offensives Aide internationaleAllemagne
et Italie Union
soviétique Franquistes Républicains Principal centre d’appui
Ligne de front en 1937 Îles Canaries
18 juillet 1936 : Franco serend à T étouan
Sources : « Les deux Espagnes », carte parue dans L’Histoire no 427, septembre 2016 ;
La guerre civile (1936-1939)
1
HISTOIR E
L E S G R A N D E S B ATA I L L E S
L a proclamation de la Seconde Répu- blique, le 14 avril 1931, offre aux Espagnols un grand espoir. Ce nouveau régime, instauré après l’abdication d’Alphonse XIII (1886- 1931), monarque discrédité par le recours à un Directoire militaire entre 1923 et 1930, est chargé de la modernisation d’un pays encore ancré dans le passé. Le programme du gouvernement pro- visoire (avril-décembre 1931), puis du premier exécutif (décembre 1931-septembre 1933) de la jeune République est vaste : réforme agraire pour redistribuer aux paysans les terres latifundiaires, refonte d’une armée marquée par ses échecs dans les campagnes coloniales au Maroc, plan de décentralisation, consolidation du droit du tra- vail, laïcisation de l’école et de la société… Le pro- jet, déjà entravé par les difficultés économiques dérivées de la crise de 1929, se heurte aux résis- tances des classes possédantes, des officiers, de la hiérarchie catholique et de l’opinion publique conservatrice. L’œuvre du premier gouverne- ment est bientôt défaite par un exécutif de droite (octobre 1933-février 1936). Et lorsque la gauche remporte les élections du 16 février 1936, sous la bannière du Front populaire, cette Espagne conservatrice se sent menacée par ce qu’elle conçoit comme un danger de « soviétisation ».
DU SOULÈVEMENT MILITAIRE À LA GUERRE CIVILE
Dans l’ombre, les franges les plus radicales de la droite parlementaire, réactionnaire et mo- narchiste, s’allient aux groupuscules fascistes fédérés par la Phalange espagnole, nés dans un contexte de radicalisation et de violence politiques. La conspiration aboutit à un soulè- vement militaire, lancé le 17 juillet depuis Me- lilla par une poignée de généraux, et qui s’étend dès le lendemain à une moitié de la péninsule.
S’il échoue à destituer le gouvernement, ce coup d’État manqué déclenche la guerre civile (cf. carte 1). Dès les premiers jours du conflit, les rebelles contrôlent environ la moitié du terri- toire, essentiellement dans les zones rurales, où
vit un tiers des 24 millions d’habitants du pays.
Mais les grandes villes et les zones industriali- sées restent aux mains du gouvernement répu- blicain, qui tarde à réagir et ne compte dans ses rangs qu’une petite partie de l’armée, la plupart des officiers ayant rejoint le camp des séditieux.
Et tandis que le Front populaire se voit aban- donné par les démocraties occidentales, qui dé- crètent leur non-intervention dans le conflit, les rebelles, autodénommés « nationaux », bénéfi- cient de l’appui financier, logistique et matériel de l’Allemagne nazie (1933-1945) et de l’Italie fasciste (1922-1943).
La ligne de front s’établit entre ces deux Es- pagne, où deux gouvernements coexistent pen- dant toute la guerre. Les rebelles implantent
dans les zones qu’ils contrôlent les rouages d’un « Nouvel État » d’inspiration fasciste, sous le commandement de Francisco Franco (1892- 1975), nommé en septembre 1936 chef du gou- vernement et « généralissime » des armées.
Face à l’organisation militarisée et répressive de la zone franquiste, les républicains peinent à canaliser leur propre camp. Le gouvernement doit armer à la hâte une armée populaire, tout en freinant l’ardeur des milices spontanées (locales mais aussi internationales, avec des brigadistes volontaires venus du monde entier, notamment de France, du Royaume-Uni mais aussi d’URSS et des États-Unis). Il doit aussi faire face à la prolifération des partis politiques (anarchistes, communistes, trotskistes, etc.) et
Le 17 juillet 1936, un coup d’État militaire contre la Seconde République fait plonger l’Espagne dans la guerre civile pendant trois ans. Huit décennies plus tard, cette blessure hante encore la mémoire d’un pays pourtant devenu une démocratie solide. La réouverture des recherches, en septembre 2016, de la dépouille du poète Federico García Lorca (1898-1936) rappelle les nombreux disparus d’un conflit majeur du XX
esiècle.
FRANCE
PORTUGAL
ESPAGNE
MAROC
ANDORRE
MéditerranéeMer Océan
Atlantique
Madrid
Lisbonne
Toulouse
Tanger Braga
Porto
Saint-Sébastien
Carthagène
La Corogne Santander
Pampelune
Valladolid
Grenade Órgiva Víznar
Alicante Oviedo
Murcie
Palma Vitoria
León
Cadix Îles Canaries
Ceuta (ESP.) Gijón
Vigo
Bilbao
Malaga Séville Cordoue
Saragosse
Castellón de la Plana Teruel
Barcelone Bot
Melilla (ESP.)
Valence Griñón Getafe
San Lorenzo de El Escorial
Tolède
Castellón de la Plana 1 652
Valle de los Caídos 33 833
Barcelone 1 730 Saragosse
4 024
Cordoue 2 312
Grenade 3 088
Malaga 5 695 Oviedo
1 317
Madrid 2 124
Griñón 3 180 Tolède
1 458
Órgiva 5 062 Getafe 1 552
Séville 4 008
Víznar 2 028 Teruel 2 916 Gijón
1 327
2 008León
Bot1 194
Les fosses communes de la guerre civile espagnole
N.B. : La taille des cercles est proportionnelle 5 000 33 833
(Valle de los Caídos)
1 000 100
0 100 km
100 km
Sources : R. Sanchez, Las víctimas en fosas del franquismo, ElDiario.es, novembre 2015 ; Ministère de la Justice espagnol, Aplicación de mapa de fosas, consulté le 1er octobre 2016 Carto no 38, 2016 © Areion/Capri
Fosses communes d’où plus de 1 000 corps ont été exhumésMadrid
2 124 Nombre de victimes de la guerre civile
espagnole puis de la répression franquiste qui ont été exhumées des fosses communes, en novembre 2015
Des fosses communes comme mémoire
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