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CARTONS ROUGES ET PLAN D’ACTION

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CARTONS ROUGES ET PLAN D’ACTION

VERS LA GRÈVE EN DÉCEMBRE

ÉDITO

L’HEBDOMADAIRE DU SYNDICAT NATIONAL DES ENSEIGNEMENTS DE SECOND DEGRE

DIMANCHE CONTRE LE RACISME

SORTIR DU BINAIRE

ACTION 2-3

LOI D’ORIENTATION,

MOUVEMENT, HORS-CLASSES

Le point sur ces dossiers et les actions en cours. Avec ce numéro, un supplément spécial sur les mutations 2005.

SALAIRES 4

NÉGOCIATIONS MAL ENGAGÉES

Lundi 8 a eu lieu la première rencontre avec le ministre de la Fonction publique. À son issue, les sept fédérations ont unanimement rejeté la proposition d’une nouvelle réunion technique et exigé l’ouverture de véritables négociations dans les délais les plus brefs.

ACADÉMIE 7

NANCY-METZ

Une académie en panne scolaire.

Les personnels et les parents préparent des États généraux de l’école.

MÉTIER 8-9

ANGLAIS INTERNATIONAL ?

La proposition du rapport Thélot provoque un débat dans l’opinion. Quelques éléments de réflexion du SNES.

SOMMAIRE

608 10 NO VEMRE 2004

L e Nouvel Observateur du 28 octobre, une fois n’est pas coutume, consacre une pleine page au SNES. Citations approximatives en dépit des guillemets, propos tronqués, assertions non vérifiées. On est loin du journalisme d’investigation et il est permis d’avoir une autre idée du journalisme d’opinion. Le propos est simple. Il s’agit d’accréditer l’idée que le SNES « expert dans l’art du freinage », « révolutionnaire pour ne pas être réformiste », voulant « tout changer » pour que

« rien ne change » n’aurait pas d’autre objectif que celui de s’opposer à tout changement. Et cela, depuis longtemps, le directeur des enseignements scolaires de Claude Allègre est même appelé à la rescousse pour en témoigner ! Peu importe si l’auteur, tout à sa démonstration, rend, au passage, un hommage, aussi appuyé qu’involontaire, au SNES « machine très efficace », « redoutablement performant pour défendre son personnel », « de toutes les luttes et de toutes les dénonciations, virtuose de l’analyse prospective ». Le propos est là aussi, probablement, excessif. Mais l’essentiel est de faire passer le message que toute cette force est, en fait, au service de l’immobilisme.

L’affaire ne mériterait peut-être pas de s’y arrêter, si cette idée n’était pas reprise, sous des formes moins caricaturales, par d’éminentes personnalités du monde de l’éducation. Le rapport Thélot a en effet suscité une nouvelle vague de pen- sée binaire. Pour ou contre Thélot. Pour ou contre le socle commun. Pour ou contre le changement. Chacun est sommé de choisir son camp, « pédagogues » d’un côté, « républicains » ou « conservateurs » de l’autre. Ou bien, on est pour le refus de l’échec scolaire et des sorties sans qualifications, et du même coup on est pour Thélot. Ou bien, l’on défend l’idée d’ une nouvelle progression de l’accès au bac et à l’enseignement supérieur, et du coup on est contre Thélot. Comme si ces objectifs étaient fatalement contradictoires. Comme si les chiffres ne montraient pas que de 80 à 95 la progression de l’accès au niveau bac a doublé (34 % à 68 % d’une classe d’âge) et que, dans le même temps, les sorties sans qualification se sont réduites de moitié (de 15 % à 8 %). Comme si le vrai problème n’était pas le grippage du système depuis 1995, par rapport aux deux objectifs en même temps. Pour le SNES, la question n’est pas de savoir lequel choisir au détriment de l’autre, ni même d’en privilégier l’un par rapport à l’autre : ils sont indissociables. « Ces objectifs idéaux » sont-ils vrai- ment, comme l’affirme le Nouvel Observateur, « irréalisables » ?

Bernard Boisseau, cosecrétaire général

Forum « Pour l’ambition éducative » congrès extraordinaire académique, vendredi 12 novembre, de 13 h 30 à 17 h, faculté Saint-Charles, Marseille Dans le cadre de la campagne nationale d’information et de mobilisation, le SNES Aix-Marseille organise, sous la forme d’un congrès extraordinaire, le premier des 5 forums nationaux consacrés à la préparation de la Loi d’orientation.

Les propositions du rapport Thélot, en centrant l’effort éducatif sur l’acquisition d’un socle commun indigent, en proposant un alourdissement sans précédent des hiérarchies pédagogiques et administratives, en suggérant à l’État employeur d’accroître notre temps de présence de 4 à 8 h, constituent une base de travail inacceptable. Les notes de service (mutations, hors-classe) prennent d’ores et déjà les devants de la Loi d’orientation et organisent la gestion par les chefs d’établissement des carrières des enseignants. Le budget 2005, et les recrutements prévus pour 2006, préfigurent un second degré rabougri.

Un combat qui nécessite, pour être efficace, la participation de tous

Avec toutes les autres grandes fédérations syndicales et plus d’une centaine d’associations, la FSU a manifesté le 7 novembre contre l’antisémitisme, le racisme, le sexisme et toutes les discriminations, notamment celles liées à l’orientation sexuelle. Notre société a besoin, face à la recrudescence de certains actes (agressions physiques ou verbales, profanations de tombes, inscriptions diverses...), du sursaut citoyen le plus large possible.

La FSU continuera d’affirmer sa volonté de lutter

L es 200 000 premiers cartons rouges signés pour dire non au pro- jet de budget 2005 pour l’Éducation nationale ont été déposés jeudi 4 novembre à l’hôtel Matignon à la veille du débat parlemen- taire sur le budget de l’éducation.

Cette première remise de signatures, recueillies en une quinzaine de jours, manifeste l’importance que les personnels, les parents, les lycéens et plus largement les citoyens accordent à l’avenir de l’École.

Le parlement et le gouvernement devront en tenir compte La FAEN, la FCPE, la FERC-CGT, la FIDL, la FSU, le SGEN-CFDT, l’UNL, l’UNSA-Éducation, la Ligue de l’Enseignement, l’OCCE, l’UNEF, les Éclaireuses et éclaireurs de France, les FRANCAS, les CEMEA, la FOE- VEN, l’ANATEEP se sont réunis dans la soirée du 4 novembre. L’en- semble des organisations présentes ont affirmé une nette volonté de maintenir, dans la durée, le cadre unitaire, mais en même temps, en tout cas pour certaines, de limiter strictement son objet aux questions budgétaires...

Elles appellent à poursuivre la collecte des cartons et invitent leurs structures départementales à organiser leur remise collective auprès des préfectures le 24 novembre. Le SNES et la FSU proposeront dans tous les départements où cela semblera possible d’organiser ce jour-là des rassemblements et des manifestations.

Les organisations du « carton rouge » ont décidé également d’initier un appel proposé dans un premier temps à la signature de person- nalités pour l’avenir du service public d’éducation, pour la réussite de tous les jeunes et qui sera rendu public à l’ouverture du salon de l’éducation.

Le SNES a fait le point de la situation avec les S3 lors d’une télé- conférence qui s’est tenue jeudi 4 novembre au soir en vue

notamment de préparer le Bureau national du mardi 9 novembre.

La plateforme d’action doit intégrer,en soulignant toutes les cohérences des projets gouvernementaux,l’ensemble des dimensions budget,pré- carité, recrutement, mouvement, carrières, Thélot, Loi d’orientation.

Le BN devrait préciser un plan d’action qui pourrait comporter :

La poursuite de la campagne « Thélot-Loi d’orientation » avec les supports que le SNES s’est donné : projet du SNES, brochure grand public, Courrier de S1 (argumentaire pour la tenue de réunions-débats). C’est dans ce cadre que seront organisés les forums de Marseille (12 novembre), Rouen (15 décembre),Tou- louse (début janvier), Orléans et Paris.

L’idée est aussi avancée d’inciter les établissements à prendre tous, un même jour, des heures d’info syndicale pour discuter de ces questions, ce qui permettrait une nouvelle apparition forte dans les médias sur ces questions. Le jour reste à choisir ; il pourrait être fixé en fonction de la date du 18 novembre qui est celle retenue par le ministre pour rendre publiques ses premières orientations (émis- sion « 100 minutes pour convaincre » de France 2).

• Opération carton rouge du 24 novembre.

• Opération précarité « classe dans la rue » si possible intersyndicale et pour l’instant fixée au 24 novembre.

• Des perspectives d’action « carte scolaire » qui pourraient être unitaires au premier trimestre (cela semblait faire l’accord à la réunion du 4 novembre).

Enfin, a été confirmé l’avis du BN du 12 octobre qui était que la grève était nécessaire d’ici décembre, avant l’adoption par le Conseil des ministres du projet de Loi d’orientation, ce qui peut intervenir dès le début janvier. Le SNES fera tout pour que cette grève soit la plus unitaire possible, notamment au niveau de la FSU, et qu’elle soit bien une grève de tous les secteurs de l’éducation. Une décision pour- rait intervenir vers le 15 novembre.

En tout état de cause,chacun a bien conscience que si nous avons des nouvelles rassurantes du côté de la syndicalisation et si nous notons des participations importantes aux réunions,l’implication de la profession dans la grève n’est pas pour autant acquise d’avance, loin de là.

Il est donc impératif de tout faire pour la préparer dès maintenant (débats, réunions, publications, etc.).

Bernard Boisseau, [email protected]

Il est indispensable de se mobiliser

avant l’adoption par le conseil des ministres du projet de loi d’orientation en janvier.

y Nectoux

NOTRE AMBITION POUR L’ÉCOLE

(2)

ÉCHOS

Quelle réussite ?

Plus de soixante personnes à ce stage FSU organisé par la section départementale du Gard. Au programme : le rapport Thélot. Sitôt la présentation faite, les questions fusent et les premières analyses faites par les enseignants du premier et du second degré, assistantes sociales, professeurs de LEP, d’EPS, personnels TOS : « Ainsi un jeune, s’il est en échec, devra ressasser les mêmes enseignements jusqu’à plus soif sans avoir accès à d’autres savoirs ! » École de la régression, tri social : telles sont les remarques récurrentes. Face à la nouvelle conception de l’établissement, dans les écoles, collèges, lycées, l’inquiétude est grande : c’est le pouvoir accru du chef d’établissement, c’est la confiscation de la liberté pédagogique, de l’initiative des personnels.

On dénonce l’atteinte aux statuts et l’alourdissement du service des professeurs du second degré. Le rapport prétend faire réussir tous les élèves. Quelle réussite ? Comment ? Le texte ne répond pas.

Poursuite du stage au second trimestre : propositions de la FSU sur l’école.

En attendant, la journée se continue par un débat public avec Gérard Aschieri.

Les enjeux

Le jeudi 21 octobre 2004, le S3 de Besançon a réuni une soixantaine de collègues pour discuter du rapport Thélot. À cette occasion, Gisèle Jean avait été invitée à venir présenter les grands enjeux de ce rapport ainsi que le contexte (national et européen) dans lequel il s’inscrit.

Les échanges ont été riches et constructifs.

Si les collègues se sont montrés très critiques envers les propositions du rapport Thélot, ils ont abordé les difficultés et les défis auxquels est confrontée l’école aujourd’hui.

Ils ont pointé les insuffisances du rapport, ses contradictions, ses dérives pour mieux souligner la nécessité d’élaborer des propositions qui permettent véritablement la « réussite de tous les élèves », cela sans renoncer à l’ambition d’élévation du niveau global de qualification et sans remettre en cause la spécificité des différents métiers au sein du système éducatif.

Se mobiliser

Le jour même de la remise officielle du rapport, une réunion d’information a pu se tenir au collège Evariste Galois de Nanterre.

Des enseignants et CPE du collège étaient présents, ainsi que des invités (enseignants et personnels ATOSS d’établissements proches) et une conseillère générale des Hauts-de-Seine.

Claudie Martens, du SNES, a d’abord présenté le travail de la commission en s’appuyant sur la synthèse du rapport.

La discussion s’est ensuite engagée entre tous les participants...

Les participants ont souligné la nécessité de s’engager pour faire un travail de sensibilisation auprès des familles et des autres membres des établissements de Nanterre, notamment en s’appuyant sur le Miroir du débat, puisque le rapport ne reprend pas les revendications exprimées en 2003/2004. Une action nationale est aussi envisagée.

D’autre part, le projet de réforme du système de mutation et le budget 2005 avec les suppressions de postes ont aussi été abordés.

L’opération « Carton rouge » a été évoquée, de même que la pétition du SNES.

Le vendredi suivant, une heure syndicale a réuni plusieurs professeurs du collège. Des groupes de travail sur le rapport Thélot ont été constitués.

Besoin d’informations

Depuis début septembre, le SNES de Seine- Saint-Denis s’est donné pour objectif d’informer les collègues sur les propositions de la commission Thélot, en participant à des heures d’information syndicales. Vingt-cinq établissements ont, dans ce cadre, organisé des réunions d’une heure ou deux. Le nombre de participants est variable, mais des camarades qui nous sollicitaient avec le désir de renforcer, voir d’implanter, une section syndicale dans leur établissement, ont pu mobiliser les 2/3 de leurs collègues, bien plus qu’à l’accoutumée.

BESANÇON NANTERRE SEINE-SAINT-DENIS NÎMES

ACTUALITÉ

POUR ANIMER UNE RÉUNION DANS VOTRE ÉTABLISSEMENT

COMMISSION THÉLOT

À MARCHE FORCÉE

LOI D’ORIENTATION

Le rapport Thélot ayant été rendu public le 12 octobre, le Premier ministre recevait avec François Fillon les partenaires sociaux pour entendre

leurs critiques du rapport et leurs premières propositions pour la loi d’orientation.

I ls ont été tous deux d’une très grande prudence, Jean-Pierre Raffarin situant la future loi dans le prolon- gement de celle de 1989, le ministre de l’Éducation nationale indiquant que le socle commun serait présenté parmi d’autres propositions et qu’il avait parfaitement conscience du caractère très sensible de la question des missions des personnels et de leurs services. Les propos des organisations syndicales ont été beaucoup plus tranchées. CFDT (François Chérèque), CFTC, CGC, UNSA, la FCPE, la PEEP ont approuvé sans nuance le rapport Thélot, demandant avec insistance sa prise le compte dans la loi.

D’autres comme le SNALC, la FAEN ou le SNETAA se sont bornés à critiquer le rapport.

De leur côté la FSU, la CGT (Frédérique Dupont, du bureau confédéral), et même d’une certaine façon FO qui était représenté par la confédération, se sont plus centrées sur leurs propositions pour la loi.

Les dispositions suivantes ont été ensuite annon- cées : cinq réunions de concertation thématiques

sont prévues les 2 novembre (finalités de la scola- rité obligatoire), le 4 novembre (ouverture de l’école aux langues vivantes, orientation, partenariats, alternance), le 5 novembre (apprentissages fon- damentaux), le 6 novembre (filières du lycée) et le 16 novembre (métiers de l’éducation).

Le ministre, parallèlement, rencontre des personnali- tés et multiplie les visites sur le terrain autour de quelques grands thèmes (formation des maîtres par exemple).C’est à partir de ce travail préparatoire,mar- qué par une certaine précipitation et un caractère assez formel,que François Fillon estime pouvoir don- ner ses premières orientations,qu’il a choisi d’exprimer

directement à la télévision le 18 novembre dans le cadre de l’émission « 100 minutes pour convaincre ».

C’est seulement ensuite qu’il procédera à des échanges bilatéraux plus globaux avec les organi- sations représentatives des partenaires de l’école.

Le projet de loi doit être examiné par le Conseil des ministres début janvier 2005 et par le parlement à la session de printemps.

Peu de temps et peu d’espace donc pour une concertation de fond pour une loi dont le ministre souligne en toute occasion l’importance.

Bernard Boisseau [email protected]

U n diaporama et une série de 17 fiches en ligne sur www.snes.edu dans la rubrique « espace militant », utilisables dans leur totalité ou au choix selon la durée de la réunion, le public (enseignants ou parents).

Le jeu de 10 diapositives conçues en liaison avec ces fiches facilite la compréhension ou donne des arguments chiffrés à nos affirmations.

Le diaporama en format Powerpoint est téléchar- geable sur notre site dans la rubrique espace mili- tant. Il en est de même pour les fiches en format Word si vous souhaitez les photocopier pour les distribuer.

Dans la plupart des fiches argumentaires, vous trouverez des extraits du rapport Thélot (ils figurent

polyvalence des enseignants (diapositive 4 : schéma extrait du rapport).

• Fiche 7 : les langues vivantes : les propositions de la commission sur l’anglais de communication international dès le CE2 (diapositive 4 : schéma extrait du rapport).

• Fiche 8 : la formation tout au long de la vie : le rapport Thélot renvoie les élèves en échec sco- laire à la fin de la scolarité obligatoire, à une hypo- thétique formation ultérieure dans le cadre de la formation des adultes. Cette fiche montre « l’ar- naque » de la proposition, démontrant que la for- mation des adultes profite à ceux qui ont une for- mation initiale solide (diapositive 5 avec une démonstration chiffrée).

• Fiche 9 : l’organisation générale du lycée vue par la commission Thélot (diapositive 6 : schéma extrait du rapport).

• Fiche 10 : le statut du lycéen professionnel.

• Fiche 11 : l’orientation des élèves.

• Fiche 12 : mixité sociale et ghettos scolaires.

• Fiche 13 : le fonctionnement des établissements.

La commission Thélot propose une nouvelle orga- nisation qui met en place des hiérarchies inter- médiaires, renforce l’autonomie et le fonctionne- ment par contractualisation (diapositive 7 : schéma extrait du rapport).

• Fiche 14 : la fonction du chef d’établissement.

Dans le rapport comme dans les notes de services (sur le mouvement par exemple), le renforcement des pouvoirs du chef d’établissement est un concept très « tendance ».

• Fiche 15 : les personnels de la vie scolaire. La vision de la commission sur le métier et les missions du CPE, les tâches assurées par les assistants d’édu- cation (le rapport ne mentionne pas une seule fois l’existence des étudiants surveillants).

• Fiche 16 : missions service formation des ensei- gnants ; les propositions du rapport (diapositive 8 : sur les services et sur la formation).

• Fiche 17 : le remplacement. La situation actuelle, les propositions de la commission, nos demandes (diapositive 10).

L’ensemble de ces documents, fiches et diaposi- tives seront publiés dans le Courrier de S1 n° 4 (arri- vée dans l’établissement vers le 15 novembre).

Claudie Martens [email protected] en vert dans le texte) notre analyse mais aussi nos

propositions.

Ces propositions sont davantage développées dans la brochure « notre ambition pour l’école », jointe à cette US et livrée en nombre dans chaque établissement à la rentrée des vacances d’au- tomne. N’hésitez pas à la distribuer aux parents d’élèves élus en CA ou délégués de classe. Des exemplaires supplémentaires sont disponibles dans les sections académiques, n’hésitez pas a en demander.

Liste des fiches et diapositives

• Fiche 1 : les demandes issues du débat (il est inter- essant de les reprendre brièvement pour montrer le décalage entre les demandes et les proposi- tions) (diapositive 1 : résumé des demandes qui ont rec- cueilli un large accord).

• Fiche 2 : la mise en pers- pective des propositions de la commission dans le contexte européen auquel il est directement fait allu- sion dans le rapport.

• Fiche 3 : les besoins en qua- lifications. Cette fiche per- met d’argumenter sur notre demande d’élévation des qualifications et d’allonge- ment de la scolarité obliga- toire (diapositive 2 : tableau indiquant les besoins chif- frés dans les 10 ans à venir).

• Fiche 4 : le socle des indis- pensables et des fondamen- taux dans la scolarité obli- gatoire vu par la commission Thélot (diapositive 4:schéma extrait du rapport).

• Fiche 5 : les parcours au col- lège aujourd’hui et tels que proposés par la commission (diapositives 3 et 4 : schémas extraits du rapport).

• Fiche 6 : la place de la sixième dans un cycle asso- cié au premier degré et les propositions concernant la

DR

(3)

ACTUALITÉ

ÉCHO

SEINE-SAINT-DENIS

Les collègues sont donc très intéressés par ce que le SNES a à dire du rapport Thélot et de la loi d’orientation. Le besoin d’information est réel, et les collègues, à l’issue de nos interventions, nous disent y voir plus clair. Même lorsque les discussions sont vives, notre bonne foi et notre désir de défendre et promouvoir l’école ne sont pas mis en doute.

Certains collègues sont sensibles à l’idée d’un « socle commun » garanti. Mais les plus nombreux ont vu d’eux-mêmes la pauvreté de ce socle commun. L’absence de contenu culturel ou de l’histoire et de la géographie scandalise la plupart de nos collègues. Les questions ne portent pas d’abord sur les évolutions du métier, l’autonomie croissante des établissements, le rôle de manager du chef d’établissement ; les collègues mettent sans peine les propositions Thélot en relation avec les mesures actuelles (LOLF, modernisation de la fonction publique, mutation) et les projets antérieurs (y compris des gouvernements de gauche).

Le besoin d’une proposition alternative à celle de la commission Thélot est toujours mis en avant ; les brochures éditées par le SNES sont appréciées. Beaucoup de collègues ont besoin de propositions concrètes. L’étude de Thomas Piketty sur l’effet de la réduction de la taille des classes permet de rappeler une vérité cachée ces dernières années : la lutte contre l’échec scolaire est aussi une question de moyens.

Les collègues n’évacuent jamais la question de l’action. Tous se souviennent de la puissance du mouvement de 2003 dans le département et des maigres résultats obtenus. L’efficacité de la grève est toujours mise en question par un certain nombre de collègues, mais ce ne sont pas les plus nombreux. D’autres, au contraire, réclament vivement un mot d’ordre de grève. La majorité des collègues convient que ce moyen d’action est malgré tout le plus puissant, mais qu’il doit

s’accompagner d’une campagne vers l’opinion.

Au total, les débats ont toujours été riches, et permettent de lier nos conditions de travail avec les conditions d’enseignement des élèves. Le refus d’une libéralisation et d’une évolution à l’anglaise de notre école est très majoritaire.

CNDP : où est passé le projet d’établissement ?

Le 20 octobre 2004, les personnels du CNDP sont venus à 150 environ pour assister à l’ouverture du conseil d’administration par son nouveau président, Jean-François Cervel. Ils tenaient à manifester leurs inquiétudes quant aux modalités d’élaboration du futur projet d’établissement du CNDP et de son réseau – élaboration dont J.-F. Cervel doit également assumer la responsabilité.

Les propos liminaires du président ont vite dissipé les dernières illusions.

Alain Coulon, le très contesté directeur général du CNDP, se voit en effet seul chargé de rédiger une note de synthèse, à partir de documents hétéroclites et souvent partiaux, récusés à plusieurs reprises par les personnels.

Cette note ne donnerait lieu ensuite qu’à des allers-retours avec le ministère pour être soumise, in fine, au réseau SCÉRÉN et aux représentants des personnels du CNDP!

Le tout doit être bouclé en un temps record et ne laisse à l’évidence aucune chance à la construction d’un véritable projet qui respecte les missions, réfléchisse sur la localisation des services et cherche des voies pour « le développement et la modernisation » de l’établissement et de son réseau, comme le prévoit le rapport d’étape du médiateur Pierre Dasté.

Est-ce là la concertation tant attendue et annoncée?

N’est-ce pas plutôt le simulacre de dialogue si cher au gouvernement Raffarin?

Jean-Claude Arrougé

À LA CROISÉE DES CHEMINS

MISSION DES CHEFS D’ÉTABLISSEMENT

LE SNES REÇU PAR FRANÇOIS FILLON MINISTRE DE L’ÉDUCATION

27 OCTOBRE 2004

Depuis 4 ans des évolutions importantes sont à l’œuvre

ou en projet. Ces évolutions visent à renforcer le poids et le champ du rôle hiérarchique du chef d’établissement.

O n doit d’abord constater que les organisa- tions représentatives des personnels d’en- seignement et d’éducation sont le plus souvent totalement tenues à l’écart des discussions sur l’évolution du rôle et des missions des chefs d’éta- blissement, comme si cette question ne les concer- nait pas. Le printemps 2000 a été l’exemple le plus criant. Le ministère, après avoir rédigé un document qui ne visait qu’à donner des instructions au jury du concours de recrutement de chef d’établisse- ment sur les compétences à évaluer, a transformé ce document en un protocole sur les compétences et les missions des chefs d’établissement. Ce n’est que par hasard que nous avons découvert l’évo- lution du statut de ce document. Ce document traitait, excusez du peu, de l’évaluation des per- sonnels de l’établissement, de l’élargissement du recrutement des chefs d’établissement en dehors des corps d’enseignants, de personnels d’éducation et d’orientation, de l’évolution des missions péda- gogiques des chefs d’établissements, etc. Il a fallu un « coup de colère » des organisations syndicales des personnels enseignants et d’éducation pour que le document soit profondément modifié sur plusieurs points. Ni le ministère, ni le principal syn-

dicat des personnels de direction (SNPDEN-UNSA) n’avaient jugé utile d’entamer avec les person- nels un dialogue sur ces questions. Disons-le clai- rement, cela a joué un rôle décisif dans le choix du SNES et de la FSU d’accepter l’association avec la FSU d’un syndicat de personnels de direction (SNUPDEN-FSU).

Aujourd’hui de nombreuses tentatives visent à réintroduire les dispositions inacceptables que nous avions pu faire retirer du protocole. Il s’agit en fait de faire du chef d’établissement un supérieur hiérarchique aux compétences transversales.

C’est d’abord le cas dans le domaine pédago- gique à travers l’évaluation des personnels ensei- gnants. Le chef d’établissement serait le chef d’orchestre de l’évaluation dans toutes ses dimen- sions (rapport Thélot). Proposition absurde donc inacceptable. Absurde car

les chefs d’établissement ne sont pas recrutés sur des compétences pédago- giques. Absurde parce qu’ils n’ont pas la possibilité maté- rielle d’apprécier le travail des enseignants dans leur

classe, perspective qui deviendrait d’ailleurs ubuesque quand il s’agit d’un enseignement en dehors de leur discipline d’origine. Absurde car une part croissante des nouveaux chefs d’éta- blissement ne vient pas de l’Éducation nationale, ce qui pose d’ailleurs de graves problèmes. Bref l’évaluation ne se ferait que sur l’apparence ou au mieux sur une partie infime de l’activité des per- sonnels.

C’est ensuite le cas en ce qui concerne leur rôle

dans la carrière des personnels. Les projets de note de service sur la hors-classe des certifiés sont révé- lateurs : suppression du barème et rôle prépon- dérant de l’appréciation du chef d’établissement pour l’accès à la hors-classe des certifiés ou des CPE.

C’est enfin le cas en ce concerne le lien entre l’éta- blissement et le rectorat.Certains proposent que les missions et la gestion des personnels des collèges et des lycées soient contractualisées avec le recto- rat, à l’image de ce qui va se faire pour les TOS avec la collectivité de rattachement (conseil régional ou général) dans le cadre de la décentralisation (rapport Thélot en particulier).Cela signifierait qu’une partie des règles nationales concernant les missions des personnels enseignants, leurs conditions de ser- vice et d’emploi mais aussi une partie des horaires des élèves pourraient être définis par un accord négocié entre le chef d’éta- blissement et le rectorat.

Le SNES est en total désac- cord avec ces évolutions et ces projets qui visent à faire des chefs d’établissements des « managers » d’entre- prise. Ces projets sont por- teurs d’une conception de l’autonomie des éta- blissements (ou plutôt des chefs d’établissements) que nous avions réussi à remettre en cause lors du mouvement du printemps 2003 sur la décen- tralisation. Certains rêvent de « remettre le cou- vert » lors de la prochaine loi sur l’Éducation natio- nale. Chacun devra clairement se déterminer : nous sommes à la croisée des chemins.

Daniel Robin [email protected]

Le chef d’établissement serait le chef d’orchestre

de l’évaluation dans toutes ses dimensions

(rapport Thélot)

L e SNES (Bernard Boisseau, Gisèle Jean, Claudie Martens, Frédérique Rolet) a été reçu, le 27 octobre par le ministre de l’Éducation nationale.

Le SNES qui avait sollicité d’urgence cette audience a souligné le caractère catastrophique de mesures qui s’abattent depuis 2002 sur le second degré.

Budget 2005 : sur 4 rentrées, de 2003 à 2006, ce sont globalement près de 20 000 postes d’en- seignants qui seront supprimés, en y incluant les 6 000 surnombres du « plan de retour à l’équi- libre ». L’argument démographique ne permet de justifier, si l’on se place dans la logique du ministère, que la moitié de ces suppressions. Pour la rentrée 2005, le ministère semble décidé à supprimer les TPE en Terminale, sans, bien entendu, laisser à la dis- position des établissements les moyens corres- pondants ! Le SNES a rappelé qu’il s’était précisé- ment opposé, à l’origine, au financement des TPE par redéploiement de moyens existants. La réforme des enseignements technologiques (la réduction du nombre des bacs des séries industrielles est envisagée) sera traitée dans le cadre général de la loi d’orientation.

Concernant les personnels d’encadrement édu- catif (MI-SE, Aides-éducateurs et Assistants d’éducation) le nombre d’emplois aura été réduit de 30 000 en 3 ans (2003 à 2005) dans les écoles, collèges et lycées. Les établissements des zones dif- ficiles sont les plus touchés. Le ministre récuse tout rapprochement de cette situation avec la progression des phénomènes de violence.

Précarité : c’est un des problèmes majeurs de la rentrée : 5 000 non-titulaires resteront définitive- ment sans emploi cette année et près de 10 000 le sont à la rentrée. Et surtout un recours de plus en plus systématique aux vacations, inacceptable tant du point de vue de la situation des personnels que de la qualité de l’enseignement (remplace- ments par des vacations successives assurées par des personnels différents). Le ministre reconnaît qu’en dépit des contraintes budgétaires, le sys- tème n’est pas défendable et propose de reprendre la discussion sur la question de la précarité.

Recrutements : déficit de 10 000 recrutements par rapport aux départs prévus sur les rentrées 2005 et 2006. C’est, de plus, un signal très négatif adressé aux étudiants alors que l’on entre dans une période où il faudra recruter massivement (accélération des départs, reprise à terme de la démographie scolaire) dans un contexte de pénu- rie des qualifications. Le ministre indique que la loi d’orientation sera aussi une loi de programma- tion sans dire plus précisément ce que pourrait être

cette programmation.

Note de service mouvement : le SNES reprend ses critiques de fond sur le projet de note de service, tout en prenant en compte les améliorations apportées depuis la version originale du projet, notamment les 1 000 points pour les originaires des DOM. La DPE confirme la sortie de la note pour le 4 novembre. Le ministre se déclare intéressé par de nouvelles discussions sur les affectations des nouveaux recrutés.

Hors-classes : le projet du ministère, sous pré- texte de mise en conformité avec la jurispru- dence, est une véritable remise en cause de ce qui est l’acquis essentiel des accords de 1989 sur la revalorisation, à savoir l’accès à l’échelon terminal de la hors-classe pour le plus grand nombre, acquis confirmé depuis lors par l’ensemble des ministres successifs. Cette opinion est partagée par l’ensemble des forces syndicales du second degré sans exception.

Le SNES précise qu’il ne saurait y avoir de véritable respect des engagements pris dans le cadre de ce qui ne serait que des ajustements marginaux du projet actuel de la note de service. Le ministre énonce clairement son intention de ne pas en res- ter aux seuls aspects juridiques. La parution de la

note de service est retardée, le souci de se donner le temps d’une véritable concertation est affirmé.

Rapport Thélot et loi d’orientation : le SNES rap- pelle ses critiques du rapport Thélot, notamment sur les objectifs de la scolarité, sur le concept de socle commun, le fonctionnement des établisse- ments, l’orientation, les missions des enseignants et leur service. Il fait aussi part de son inquiétude par rapport au caractère très précipité et assez formel de la concertation.

Dans ses réponses, le ministre souligne l’impor- tance qu’il entend donner à son dialogue bilatéral avec les organisations représentatives des per- sonnels. Il insiste sur deux points. Le socle com- mun lui semble, au delà des obscurités du rapport Thélot, une idée intéressante à condition d’en retra- vailler le contenu et le fonctionnement. Sur le métier et le service des enseignants, F. Fillon sou- ligne sa très grande prudence par rapport à un sujet dont il dit qu’il est légitime qu’il soit sensible.

Il affirme ne pas comprendre la façon dont le pro- blème est aujourd’hui posé.Pour lui,l’enseignant est un fonctionnaire qui a un temps de travail dont une partie s’effectue devant les élèves...

Bernard Boisseau [email protected]

200 000 premiers Cartons rouges signés et déposés à Matignon

DR

(4)

ACTUALITÉ

ÉCHOS

Les retraités se mobilisent

À l’appel des unions confédérales de retraités, de la FGR-FP* et, parfois aussi, de la FSU dans certains départements, les retraités se sont mobilisés.

Manifestations, rassemblements, délégations en préfectures ont marqué la journée du 21 octobre dans plus de 80 villes.

Cette journée a été précédée d’une conférence de presse nationale.

Revalorisation des pensions, réindexation sur les salaires, amélioration des pensions de réversion, règlement des contentieux étaient revendiqués.

Les retraités feront de nouveau le compte après le rendez-vous avec le ministre de la Fonction publique début novembre.

De prélèvements sociaux en augmentation des tarifs de toutes sortes, ils nourrissent les plus grandes inquiétudes, tout comme les actifs dont ils préparent aussi l’avenir.

Nul doute qu’ils n’en resteront pas là et continueront à appeler de leurs vœux une initiative généralisée de la fonction publique.

Annie Clavel [email protected]

* Fédération générale des retraités de la fonction publique dont sont adhérents la plupart des syndicats de la FSU.

Fin des masters de l’économie = fin de la publicité à l’école ?

Dans un communiqué publié le 22 mars 2002, le SNES avait protesté

vigoureusement contre une pratique commerciale ayant reçu l’aval du ministère de l’Éducation nationale et qui, par le biais d’un jeu, les « masters de l’économie », prétendant initier les élèves aux mécanismes de la spéculation boursière, autorisait de fait à la banque qui l’avait lancé (le CIC) de mettre en place une démarche publicitaire lui permettant de s’attacher une future clientèle et de se constituer un important fichier « élèves ». Le SNES avait considéré que « non seulement ces pratiques sont moralement condamnables mais elles dérogent aux principes juridiques normalement en vigueur dans l’Éducation nationale, à commencer par le respect du principe de neutralité » et avait rappelé que « l’application des textes existants concernant l’intervention des entreprises en milieu scolaire, aurait dû suffire à interdire ce jeu ». Le SNES n’a alors pas été entendu et il a fallu un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, suite à la requête d’un professeur qui contestait l’utilisation de ce jeu dans son lycée, pour que les masters de l’économie soient enfin interdits. Le SNES ne peut que se réjouir de cette décision. Pour autant, il n’est pas certain que le ministère de l’Éducation nationale en tienne compte à l’avenir dans ses prises de décision. En effet, le SNES vient de s’adresser de nouveau à lui, concernant d’autres pratiques commerciales (dans le domaine de la diffusion

d’informations par Internet), ayant reçu l’aval du ministère, et permettant également à une entreprise privée de se constituer un important fichier « élèves »... Il s’agit donc bien pour le SNES d’une question politique : il faut obtenir d’un gouvernement qu’il cesse de contourner les règles d’éthique qu’il affiche pourtant publiquement. Pour cela, nous aurons besoin de l’appui de l’ensemble des syndiqués.

CPE remplaçants, il n’y en a plus...

À l’occasion d’un congé maladie de CPE non remplacé dans le 93, le rectorat nous a informé qu’il n’y avait plus de TZR disponibles et que le ministère interdisait le recrutement de contractuels CPE.

La proposition de l’administration est d’employer des assistants d’éducation ou des surveillants pour faire fonction de CPE avec à la clef une petite indemnité (sans base légale d’ailleurs pour les assistants

d’éducation).

Les CPE ne peuvent de contenter de cette remise en cause de leur nature même et appellent tous les personnels à se mobiliser dans les établissements où se pose un problème de remplacement de CPE.

S3 du SNES Créteil

PUBLICITÉ CPE RETR AITÉS

R eçues le 21 octobre au cabinet du ministre par R. Jouve, conseiller social, accompagné d’un conseiller technique chargé du second degré et d’un représentant de la Division des person- nels enseignants (DPE) chargé du dossier, toutes les organisations syndicales (SNES, SNEP, SNUEP, SNE- Sup, SGEN-CFDT, SE-UNSA, SN-FO-LC, SNCL-FAEN, UNSEN-CGT, SNETAA-EIL) ont exprimé leur refus d’une régression inacceptable pour nos carrières et exigé le maintien des principes et modalités en vigueur depuis 1989 : garantie du droit à un déroulement de carrière complet incluant la hors- classe pour tous les personnels et maintien d’ un barème national commun à toutes les académies.

Et c’est un front unitaire encore élargi (avec le SNALC-CSEN et le SNE-CSEN) qui a saisi tous les par- lementaires et le Premier ministre et appelé tous les collègues à appuyer leur démarche.

Un second projet de note de service concernant les certifiés, CPE, PEPS, PLP vient d’être adressé aux organisations syndicales. Même s’il porte la marque

des fortes interventions unitaires faites à la veille des congés, ce nouveau projet ne permet tou- jours pas le respect de la parole de l’État et des engagements pris pour assurer l’accès du plus grand nombre de collègues à l’échelon terminal de la hors-classe.

Quelques évolutions sont à enregistrer : cadrage national plus affirmé ; rôle de l’ancienneté de car- rière désormais mieux affiché et, surtout, dispari- tion du pouvoir exorbitant attribué aux chefs d’établissement. Cependant, le choix reste d’ex- clure une partie importante des collègues qui avaient jusque-là la garantie d’accéder à la hors - classe et de faire entrer une part considérable d’arbitraire dans le traitement des dossiers. Aucune nouvelle proposition n’a été faite s’agissant des agrégés.

C’est donc ensemble que toutes les organisations syndicales préparent le groupe de travail sur lequel s’est engagé le cabinet du ministre et elles se réunissent à nouveau. Le SNES a fait connaître au

ministre que le respect des engagements ne pou- vait passer par de simples ajustements des actuels projets de notes de service et que les arguments à caractère juridique (arrêts du Conseil d’État, juge- ments de tribunaux administratifs sur les procé- dures) ne sauraient servir de prétexte. Le ministre a affirmé son souci d’une véritable concertation sur ce dossier. Prévue initialement pour la mi- novembre, la parution des notes de service est donc reportée tant que le groupe de travail ne s’est pas réuni et que les arbitrages du ministre n’auront pas été rendus. Pour l’égalité de traite- ment, la définition dans un barème national de critères objectifs et communs à tous, et pour faire respecter les engagements pris pour nos carrières, des centaines de messages sont déjà parvenus aux parlementaires. Plus nombreux nous serons à nous adresser sans délai aux parlementaires et au Premier ministre (www.snes.edu), plus le ministre devra nous entendre.

Nicole Sergent, [email protected]

LE MINISTRE DOIT

NOUS ENTENDRE VRAIMENT !

HORS-CLASSES 2005 SALAIRES

UNE ACTION FORTE S’IMPOSE

Alors que le pouvoir d’achat des fonctionnaires a accentué sa baisse en 2004, les discussions salariales qui devraient s’ouvrir le 8 novembre s’engagent mal.

S ’il ne peut plus nier la baisse du pouvoir d’achat du point d’indice de la fonction publique (5 % depuis 2000, mais plus de 20 % en net depuis la désindexation de 1982), le ministre tente en effet de faire diversion et avance des pistes dange- reuses.

Diversion, l’argumentation fondée sur la rému- nération moyenne qui évolue « naturellement » avec la structure des emplois et l’ancienneté des personnels. Le ministre nie ainsi les carrières et la rémunération des qualifications. Diversion, l’op- position entre emplois et salaires. Depuis trois années, nous connaissons diminution des emplois et baisse de nos revenus.

Lâcheté politique, l’argumentation du déficit bud- gétaire : ce gouvernement a choisi une baisse inégalitaire des impôts qui l’amène à constater qu’il n’y a plus d’argent pour les services publics et leurs agents.

Piste dangereuse, celle de l’individualisation de la rémunération annoncée par le ministre devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Ce serait un des éléments inscrits dans la loi de réforme de la fonction publique, projetée pour 2005. Ce que certains appellent la « rémunéra- tion de la performance » est porteur de division, de découragement et de baisse du pouvoir d’achat pour le plus grand nombre. C’est sur des

garanties collectives qu’il faut au contraire construire l’attractivité de nos métiers et de nos carrières.

En renonçant à même maintenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires, le gouvernement hypothèque la reprise de la croissance, qui a besoin de la consommation et joue contre l’emploi.

Une action forte s’impose :tel est le constat que font ensemble les sept fédérations de fonctionnaires.

Elles appellent à des initiatives unitaires locales pour marquer la journée du 8 novembre et construire une mobilisation plus importante.Elles se rencontreront de nouveau à l’issue de cette journée.

Audition de Renaud Dutreil, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’État par la commission

des lois de l’Assemblée nationale (20 octobre 2004)

« Les choix politiques du gouvernement (…) conduisent à raisonner dans un objectif de stabilisation des dépenses de personnels de la fonction publique. »

« Un effort particulier doit être apporté en matière de garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires (…) si l’on réfléchit en même temps à une réduction des effectifs. (…) Il pourrait être attendu dans le cadre de cette réduction, des gains de productivité de l’ordre de 2,25 % par an ».

« Une réforme qui impliquerait la mise en place d’une rémunération individualisée. »

« La rémunération moyenne des personnes en place devrait progresser de 3 % en 2004

(1)

. L’érosion du point d’indice affecte ceux qui ne bénéficient ni du GVT

(2)

ni de mesures catégorielles. »

(1) Le point d’indice a, lui, progressé de 0,5 % au premier janvier 2004 après une année 2003 blanche de toute mesure.

(2) Glissement vieillissement technicité : cet indicateur intègre les avancements d’échelon et l’évolution des emplois vers plus de qualification.

La FSU revendique le retour de l’indexation de la valeur du point d’indice de la fonction publique sur les prix, l’apurement des contentieux accumulés, un plan de rattrapage du pouvoir d’achat. Elle traitera, lors du rendez-vous du 8 novembre, du pouvoir d’achat des pensions de retraite.

Elle entend contribuer à la construction d’une action unitaire d’ampleur sur ces revendications.

Si un appel unitaire s’avérait impossible, elle pren- drait ses responsabilités pour construire la mobi- lisation des personnels de son champ.

Anne Féray, [email protected]

LE DESSIN DE LA SEMAINE

(5)

ÉCHO

C OMMUNIQUÉ DE PRESSE

ACTUALITÉ

20 000 participants dont une centaine de camarades de la FSU, ont participé au Forum social européen de Londres. La délégation FSU, la seule à revendiquer la garantie du droit à l’éducation, était bien visible au cours de la

manifestation qui a clôturé le Forum dimanche 17 octobre.

L es premières impressions laissées par le FSE de Londres sont pour le moins contrastées : réussite dans certains domaines comme l’éduca- tion, statu quo dans d’autres comme les services publics, régression pour le thème de la laïcité. Les forums semblent à un tournant.

Les cinq séminaires sur l’éducation ont été constructifs. Ils ont débouché sur un consensus.

Suite à une proposition de la CGIL Scuola italienne, décision a été prise d’une rencontre en décembre pour préparer une journée d’action en faveur de l’école publique.

On a pu relever au FSE de Londres une présence syndicale importante : exemple de la TUC britan- nique à travers la mobilisation de gros syndicats comme ceux des services publics, des transports, de l’éducation ; la CFC belge avec 400 personnes, la CGT, etc. La CES également était présente et

plus directement investie qu’à l’ordinaire. Des confrontations intéressantes sur la Constitution Européenne et des débats sur les services publics ont émaillé le Forum. Mais celui-ci a été davan- tage marqué que les autres par les conditions poli- tiques et sociales du pays où il se déroule. La Grande-Bretagne est une société précarisée où les replis communautaires sont particulièrement prégnants, où l’engagement britannique dans l’in- vasion et l’occupation de l’Irak ont été imposés à une opinion publique massivement hostile à la guerre : d’où la prépondérance des thèmes anti-

guerre et les dérives du « voile ». La problématique londonienne a eu tendance à favoriser les droits privés plutôt que les droits collectifs.

Un bilan sérieux doit être tiré de ce forum, à tous les niveaux, avant de construire le prochain qui devrait avoir lieu à Athènes au printemps 2006.

La délégation française, entre autres, a réussi à imposer une périodicité d’un an et demi : le temps d’une nouvelle respiration nécessaire à l’épanouissement du mouvement.

Dominique Giannotti [email protected]

UN FSE TOUT EN CONTRASTE

LONDRES

NON-TITULAIRES

LE TEMPS DU MÉPRIS

MUTATIONS 2005

DÉFENDRE NOS GARANTIES COLLECTIVES

L e ministère annonce le chiffre de 10 000 non- titulaires au chômage sur deux ans. La DPE a témoigné des grandes difficultés des rectorats à assurer dans la dignité les remplacements, le recours à la vacation rendant les affectations compliquées. Lors de l’audience du 27 octobre, le ministre s’est dit sensible à la question. Le chef de la DPE renvoie la responsabilité aux organisa- tions syndicales accusées de n’avoir pas accepté de s’inscrire dans le projet de décret « ATEN ».

Nous ne pouvons accepter qu’on refasse ainsi l’histoire et qu’on fasse passer nos critiques et nos propositions pour un refus d’ouverture ou d’amélioration de la situation des non-titulaires.

Ce décret « ATEN », qui réapparaît sous la ver- sion Dutreuil du CDD d’un maximum de trois ans ouvrant sur un CDI, continue d’être une véritable lubie pour l’administration.

Or sans réemploi et mesures de titularisation, sans postes et sans crédits, avec des gestions qui n’ont cure d’appliquer les textes, en quoi serait- il favorable aux collègues ? Si c’est l’améliora- tion de la situation des non-titulaires qui est recherchée, pourquoi alors ne pas utiliser les actuels décrets des MA et contractuels plus favo- rables plutôt que recourir à la vacation et répondre à nos propositions de réemploi, de droits sociaux et professionnels identiques aux titulaires, de titularisation ?

La DPE s’occuperait également à recenser les per- sonnels (MA) susceptibles d’être directement.

concerné par le CDI du projet Dutreuil, soit 3 100.

Ce qui choque c’est qu’il n’y a aucun recensement du nombre et de l’ancienneté des autres collègues MA, contractuels, vacataires qui n’ont ni 50 ans ni les 8 ans d’ancienneté.

On ne peut que regretter qu’à tous les niveaux, l’institution se défausse, quand elle n’accompagne pas les mesures de restriction budgétaires : comme le montre aussi l’absence de mesures prises pour faire mieux réussir l’examen professionnel.

Le SNES appelle les non-titulaires à s’investir en dif- fusant les infos dans les formations, en participant aux actions des collectifs et des sections acadé- miques.

Une nouvelle action nationale sera lancée après la réunion intersyndicale, le 10 novembre, à laquelle le SNES convie les autres organisations syndicales.

Changement d’adresse du site d’échanges et d’ac- tion des collec tifs non-titulaires du SNES http://nontitulaires.phpnet.org/rubrique.php3?id_

rubrique=9

Florence Dursapt [email protected]

L a note de service « mouvement 2005 » est parue au BO du 4 novembre. Jusqu’au bout, y compris lors de l’audience accordée par le ministre le 27 octobre dernier, nous avons exercé la pression maximum, appuyée sur le nombre imposant de signataires (plus de 16 000 à ce jour) qui a contraint le ministère à reculer sur des points non négli- geables, concernant principalement la prise en compte des situations individuelles et familiales.

Le dossier intersyndical spécial « mutations 2005 » indique au fil de ses articles les points essentiels sur lesquels les dispositions prises par l’administra- tion cette année sont moins catastrophiques qu’ini- tialement envisagé. Le compte n’y est évidem- ment pas, mais chacun voit bien que sans la campagne de mobilisation que nous avons menée

et à laquelle les collègues ont très bien participé (c’est le plus important nombre de pétitionnaires depuis 1998), nous n’aurions pu imposer quelque recul que ce fût.

Notre analyse est qu’il faut poursuivre dans cette voie, non seulement afin d’endiguer les projets rétrogrades, mais aussi pour dégager des voies d’avenir tant pour le service public que pour la gestion des personnels.

C’est le sens de la lettre ouverte au ministre qui vient de paraître : elle a vocation à servir de support de mobilisation plus large, liant la nécessité de défendre nos garanties communes à la défense et au développement du service public d’éducation nationale, en vue des actions collectives, y compris de grève, qui nous semblent indispensables. Là

aussi, le nombre de signataires sera déterminant : outre la pression exercée sur les projets gouver- nementaux, il permet de briser le sentiment d’iso- lement et d’impuissance, de se sentir plus forts ensemble.

Christophe Barbillat, Xavier Marand, Bernard Collongeon [email protected]

Individuellement ou collectivement,

signez, faites signer, diffusez massivement la lettre ouverte au ministre :

« Pour nos métiers, pour le service public, nous défendons nos garanties collectives ».

Téléchargement et signatures en ligne sur notre site : www.snes.edu Retour des signatures « papier » :

SNES, secteur Emploi, 1, rue de Courty, 75341 Paris Cedex 07 Télécopie : 01 40 63 29 78

Un service du SNES 2005, année de la physique

L’histoire au service des sciences

L’aube de la physique de l’énergie – Helmholtz, rénovateur de la dynamique De la physique de la force à celle de l’éner- gie, une étape décisive, reflet d’une époque.

De Bernard Pourprix et Jacqueline Lubet, sept. 2004,170 pages, 20 euros.

L’aventure de la chimie jusqu’à Lavoisier

Comment artisans et alchimistes ont contri- bué à la connaissance de la matière.

De Claude Lécaille, 300 pages, août 2004, 30 euros.

• Les révolutions de l’optique et l’œuvre de Fresnel

Histoire de l’optique jusqu’à la découverte de la transversalité de la vibration lumi- neuse.

De Jean Rosmorduc, Vinca Rosmorduc et Françoise Dutour, 2004,176 pages, 19 euros.

À commander à ADAPT Éditions, 237, bd St-Germain, 75007 Paris.

Tél : 01 40 63 28 30. www.adapt.snes.edu Viennent de paraître (Vuibert / Adapt)

Le retour des punitions collectives ?

À l’occasion de la mise en conformité avec les décrets de 2004 des dispositions relatives aux procédures disciplinaires, le ministère de l’Éducation nationale a cru devoir revenir sur la question des punitions scolaires.

Une fois de plus, une circulaire paraît au BO sans consultation préalable des organisations représentatives des personnels et des usagers de l’école.

Si le texte rappelle le principe d’individualisation de la punition ou de la sanction, auquel le SNES est fortement attaché, il contient des formulations ambiguës en matière de gestion de la classe.

S’il n’est pas scandaleux qu’un enseignant puisse infliger une punition pour

« sanctionner le comportement d’un groupe d’élèves identifiés » dès lors que chaque élève concerné a bien été clairement identifié (ce que ne précise pas le texte), la possibilité de « donner un travail supplémentaire à l’ensemble des élèves » « quand les circonstances l’exigent » n’est pas sans poser problème. Le texte ouvre la porte à des interprétations multiples qui risquent d’aboutir à des abus. Pour le SNES il est hors de question que soient réhabilitées les punitions collectives.

Une fois de plus le ministre souhaite donner le signe d’une restauration de l’autorité à peu de frais, par voie de circulaire. Toutes les études montrent qu’il y a un lien entre le climat de travail au sein de la classe et les effectifs de celle-ci, la taille de l’établissement, le nombre d’adultes présents, le travail en équipe et la façon dont

les questions éducatives sont traitées en lien avec les familles. La réussite des élèves et la restauration de l’autorité des enseignants supposent donc des mesures autrement plus ambitieuses qu’une simple circulaire.

©DR

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