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Sur les interactions des neutrons rapides avec les noyaux

d’uranium

La. Goldstein, A. Rogozinski, R.J. Walen

To cite this version:

(2)

SUR LES INTERACTIONS DES NEUTRONS RAPIDES AVEC LES NOYAUX D’URANIUM Par LA. GOLDSTEIN, A. ROGOZINSKI et R. J. WALEN.

Laboratoire Curie, Institut du Radium.

Sommaire. 2014 Les auteurs étudient

avec une source de Po + Be et au moyen d’une chambre d’ioni-sation à hydrogène sous une pression de 35 atm, la diffusion élastique et inélastique des neutrons rapides par l’uranium. Ils discutent la possibilité de mettre en évidence, par cette méthode, la libération de

neutrons dans la rupture de l’uranium provoquée par des neutrons rapides. Ils concluent que ce mode de rupture est possible, mais les nombres caractérisant ce processus ne peuvent être précisés avant d’avoir des renseignements plus amples sur la diffusion inélastique.

La section totale de diffusion a été trouvée égale à 11. 10-24 cm2 (± = 15 pour 100), nombre plus élevé que celui obtenu par une extrapolation à partir des éléments lourds les plus voisins; cela implique

en particulier que les réactions en chaînes ramifiées, si de telles chaines sont possibles, peuvent être observées avec des masses d’uranium plus faibles que celles qui ont été envisagées.

Introduction. - Avant

d’exposer l’objet

et les résultats de notre

travail,

il nous a paru utile de résumer très brièvement les résultats des travaux concernant la libération de neutrons lors de la

rupture

nucléaire de l’uranium

provoquée

par les neutrons.

Des

expériences

récentes

[1]

ont montré que les noyaux d’uranium et de

thorium,

par suite de la

capture

d’un neutron,

peuvent

être scindés en deux

ou

plusieurs

noyaux avec conservation de la masse

et de la

charge.

Ces

atomes,

formés à la suite de

l’explosion

des noyaux d’U ou

de Th,

sont radioactifs et en

particulier

subissent une série de

transfor-mations

avant d’atteindre un état stable. Dans une

telle

explosion

nucléaire une

quantité

considérable

d’énergie

est libérée

(environ

200

MeV) [2]

dont une

partie

est

emportée

sous forme

d’énergie

cinétique

par les atomes créés dans

l’explosion,

ceux-ci étant

projetés

avec une

énergie qui

peut

atteindre 70 MeV.

Si l’on admet

qu’une

telle

rupture

nucléaire donne naissance à deux éléments

seulement,

situés vers le milieu de la classification des

éléments,

chacun d’eux doit alors contenir

plus

de neutrons que

l’isotope

stable le

plus

lourd

qui

aurait le même nombre de

charge.

Cet excès de neutrons

peut

être résorbé soit par une série de

transformations p successives,

soit par une émission directe de neutrons

pendant

ou

après

la

rupture

du noyau lourd. En

effet,

on

observe un certain nombre de

filiations

parmi

les

produits

de

l’explosion

du noyau d’Uranium. Comme

chaque

transformation g

correspond

à la transformation d’un neutron en

proton,

réduisant

ainsi de

deux,

unités l’excès de neutrons dans le noyau résultant

(par

rapport

aux

protons)

on voit que, tout au moins en

partie,

le bilan

neu-trons-protons

s’équilibre

par un tel processus.

Mais,

comme l’ont

supposé

F. Joliot

[ 3 ]

et N. Bohr

[4],

la

rupture

des noyaux d’U ou de Th

pourrait

donner

naissance,

suivant

l’énergie

des neutrons

qui

les

provoquent,

à différentes combi-naisons de

couples

de noyaux excités. Pour

équilibrer

le bilan

neutrons-protons

de chacun de ces

couples

on

peut

donc

envisager

une combinaison différente des deux processus : transformation

j3

et

départ

des neutrons

(1).

L’hypothèse

de l’émission de neutrons lors de la

rupture

nucléaire de l’uranium a été formulée la

première

fois par von

Halban,

Joliot et Kowarski

[7]

et vérifiée par ces auteurs dans le cas du bombar-dement par neutrons lents

(thermiques). Depuis,

d’autres

expérimentateurs

ont montré

également,

toujours

par neutrons

lents,

la libération de neutrons dans les

explosions

nucléaires de l’U.

Différentes méthodes ont été utilisées pour la détection des neutrons émis lors de telles

ruptures.

L’une

[8]

d’elles a pour

principe

la

production

d’un élément

radioactif,

par une réaction

(n, p)

à l’aide de neutrons d’une

qualité

différente de celle des neutrons

qui provoquaient

la

rupture.

En outre, les neutrons créés sont, au moins en

partie,

de

grande énergie,

la

production

de la

réaction "-S (n, p) ; ~p

utilisée nécessitant en effet des neutrons

d’énergie

au moins

égale

à 2 MeV.

Depuis,

on a réussi à montrer

[9]

que

des neutrons d’une

énergie

allant

jusqu’à

II MeV sont émis par le noyau d’U sous l’action des

neutrons

thermiques.

Une autre méthode utilisée

[Io, II]

consistait à étudier la

répartition

de la densité des neutrons en fonction de la distance détecteur-source dans une solution contenant la source et la substance à étudier.

G. P. Thomson et collaborateurs

[I2]

ont montré par une méthode

analogue qu’un grand

nombre de

neutrons sont émis lors de la

rupture

du noyau d’U

provoquée

tant par neutrons

thermiques

que

rapides.

Ces auteurs n’ont

cependant

pas

analysé

rigoureu-sement la

répartition

de la densité des neutrons en

(1) Il faut cependant signaler que Bjerge, Brostrom et

Koch [5] n’ont pu mettre en évidence aucune différence de

forme dans les courbes de décroissance globale des produits de la rupture d’U ou de Th provoquée soit par neutrons

rapides, soit par neutrons lents. Ce qui cependant, d’après Frisch [6] n’est pas en contradiction avec l’hypothèse folmulée

(3)

fonction de la distance du détecteur de la source, ce

qui

rend leurs conclusions incertaines.

C.

Haenny

et A.

Rosenberg [13]

ont étudié le

phénomène

à l’aide d’une chambre d’ionisation à hexane

liquide.

J. Rotblat

[ 14] a

étudié

également,

mais par un

dispositif

difficile à

analyser,

la variation d’intensité d’un faisceau de neutrons

lorsque

celui-ci traverse

UsOg,

Al et CuO étant choisis comme corps

de référence.

Von

Droste [r5],

Szilard et Zinn

[ 6],

utilisant des chambres d’ionisation à He et

H2

en

compteurs

proportionnels,

ont montré

qu’en

provoquant

la

rupture

de l’U par des neutrons

thermiques,

des neutrons de

grande énergie cinétique

sont émis

(i

à 2 par

rupture).

Aucun de ces travaux n’a fourni avec certitude la preuve d’une émission de neutrons

lorsque

la

rupture

des noyaux d’U est

provoquée

par des neutrons

rapides

(2).

On a d’autre

part

envisagé,

au cas où le nombre de neutrons émis en moyenne par

rupture

serait

supérieur

à un et en tenant

compte

des sections efficaces pour la diffusion et

l’absorption

de ces

neutrons

rapides

par

l’U,

la

possibilité

de la

multi-plication

des neutrons

rapides,

permettant

la

produc-tion de réacproduc-tions nucléaires en chaînes ramifiées

[17].

La section efficace pour la diffusion des neutrons

rapides

par

l’U,

qui

n’avait pas été déterminée

expérimentalement,

n’a pu être évaluée que par

extrapolation

dans les travaux cités. Or les

diver-gences

qui

existent sur les données

expérimentales,

d’ailleurs peu

nombreuses,

concernant les sections efficaces de diffusion en

général,

rendent une telle

extrapolation

incertaine.

L’un des

objets

de ce travail est de discuter la

possibilité

de montrer une éventuelle émission

neutronique

lors de la

rupture

des noyaux

d’U,

provoquée

exclusivement par neutrons

rapides.

Nous nous sommes

également

proposé

- et c’est

l’autre but de ce travail - l’étude

quantitative

des sections efficaces pour la diffusion

élastique

et

inélastique

des neutrons

rapides

par l’uranium. Conditions

expérimentales.

- Dans ces

expé-riences deux chambres d’ionisation furent

employées

comme

appareils

détecteurs de neutrons.

1. Une chambre d’ionisation

cylindrique

à

parois

en fer de 1 cm

d’épaisseur remplie

de

H 2

sous une

pression

de 35 atm. Ses dimensions étaient : 6,5 cm de diamètre et 20 cm de hauteur. Elle était entourée

ou non suivant les

expériences

de 2 cm de

plomb.

(2) On a pu néanmoins montrer qu’une émission neutro-nique différée suit la rupture des noyaux d’ U et de Th par les neutrons lents et les neutrons rapides. La section efficaces pour ce processus est de l’ordre de ?s cm2 Dans toutes les expériences relatives à l’émission de neutrons de rupture, cette section efficaces se trouve intégrée dans toutes celles qui sont relatives aux neutrons de rupture.

2. Une chambre d’ionisation à

diélectrique liquide

[hexane]

] [19].

Les sources de neutrons

rapides

utilisées étaient : 10 Rn - Be

(200-300

mC)

et z Po + Be N 3 mC

équivalent (Rn

+

Be).

Les sources de

Rn +

Be ne nous ont servi que pour des essais

préliminaires,

car les fortes

épaisseurs

d’absorbant nécessaires pour atténuer les effets du

rayonnement

y, même dans la chambre à

H2,

rendaient les résultats difficilement

analysables.

Aussi avons-nous eu recours dans les

expériences

définitives

uniquement

à une source de Po +

Be,

dont le

rayonnement

y a pu être

négligé,

et

qui,

malgré

sa faible intensité s’est encore avérée

suffi-sante,

après

que nous eûmes notablement accru la sensibilité des

appareils

de mesure.

Nous étions néanmoins

obligés

d’utiliser des

conditions

géométriques

défavorables

(grands angles

solides)

entraînant

quelques

difficultés dans

l’analyse

des courbes obtenues.

L’électrode isolée de la chambre d’ionisation était connectée à la

grille

d’une

lampe

électromètre

compensée,

qui,

suivant la sensibilité

exigée

pour les mesures, était munie d’une résistance de fuite de 1011 ou de I012 ohms. La

compensation

de la

lampe

électromètre a été réalisée soit suivant le

principe

indiqué

par l’un de nous

[20],

soit par un

montage

en

pont.

Le

galvanomètre

était muni d’un enrou-lement

d’amortissement,

indépendant

de l’enroule-ment de mesure,

permettant

de diminuer à volonté les oscillations du

spot

résultant des fluctuations du

courant, sans

changer

la sensibilité de l’instrument. Dans la

plupart

de nos

expériences

les courants mesurés étaient

produits

par une trentaine de

protons

rapides projetés

par seconde dans le gaz de la chambre. Ceci

implique,

avec une constante de

temps

du circuit de

grille

de

1,5

sec, des fluctuations

attei-gnant

25 pour 100 du courant moyen. La

précision

de la mesure du courant d’ionisation était

supé-rieure à i pour 100

malgré

la forte fluctuation du

courant :

chaque

valeur de l’intensité était la moyenne d’au moins 5o mesures effectuées de 10 en o sec. La sensibilité au

potentiel

des

montages

était

de 8 ooo divisions de l’échelle par volt. Avec une

résistance de fuite de

grille

de 1011

ohms,

la sensibilité

au courant était donc

I, 2. I 0-15

A =

3,6.10- 6

U. E. S.

par division. L’intensité des courants mesurés variait de 10-5 à 5 . ~ o-~ U.E.S.

Essais

préliminaires.

-- Nous avons effectué

quel-ques essais

préliminaires

avec des sources Rn + Be. Ces essais se sont montrés très

difficiles,

car il était nécessaire de

disposer

sur le

trajet

direct du rayon-nement des

épaisseurs

supérieur

à 25 cm de Pb pour

que le courant mesuré soit

dû,

en

majeure

partie,

aux neutrons. Ces

épaisseurs

diminuent considéra-blement l’intensité en neutrons, en en

changeant

la

composition spectrale,

et en

pratique

la source

(4)

479

diffuse constituée par toute la masse de

plomb

entourant la source.

Ces effets de filtration sont encore

plus

accentués

avec la chambre à hexane pour

laquelle

le

rapport

courant v

t ’ ,j- r ’ 1 est à peu

près

dix f ois

plus

courant y neutrons) es a peu IX OIS P us

fort que pour la chambre à

H2.

C’est ainsi que, par

exemple, après

une filtration

de io

cm de

Pb,

le

rapport

en

question

est

égal

à

75

pour 100 dans le cas de la chambre à

H2,

et n’est que due 15 pour 10oo dans le cas de la chambre

à hexane

(conditions

de

l’expérience

de C.

Haenny

et A.

Rosenberg) [13].

De

plus,

tout diffuseur

placé

sur le

trajet

direct ou latéralement

change

encore la

quantité

de

photons

tombant sur la chambre. Nous estimons que, contrairement à ce

qu’implique

le travail de ces auteurs, aucune mesure se

proposant

de déceler des différences

faibles,

entre des courants dus aux

neutrons,

ne nous

paraît

alors

possible.

Étude

de la diffusion des neutrons

rapides

(Po

+

Be).

- Nous avons cherché les

expériences

dont

l’analyse

fait intervenir dans

l’expression

donnant le courant d’ionisation des combinaisons différentes des sections de diffusion

élastique

et

inélastique

0" e)

et de

rupture

(o~,~)

éventuellement

accompagnée

de neutrons

(en

moyenne ),. neutrons par

rupture).

Nous nous sommes arrêtés aux deux

expériences

suivantes :

io

Expérience

de

diflusion.

- Le

dispositif

géomé-trique

est

représenté

par la

figure i.

La substance

Fig. i. Fig. 2.

diffusante et la chambre sont

disposées

de

part

et d’autre de la source dont la distance à cette dernière est invariable. Le

rayonnement

direct n’est donc pas modifié.

2~

Expérience d’absorption.

- La

source est

placée

ici au centre de la matière à étudier

(fig. 2).

Ces deux

expériences

font intervenir au

point

de

vue du calcul deux combinaisons différentes des

sec-tions

efficaces,

dont nous

parlerons

plus

loin et

qui

permettent

ainsi l’élimination de l’une d’elles. Pour l’uranium il intervient trois sections

efficaces,

et il n’est pas

possible

d’isoler la section a-,

qui

nous intéresse sans connaître au moins l’une des sections de

diffusion,

car

figure toujours

dans une expres-sion contenant soit 7,, soit 7i.

Expériences

de diffusion. - Les résultats des

expériences

sont montrés dans les courbes de la

figure

3

qui

représentent,

en fonction de

l’épaisseur x

des substances diffusantes à

étudier,

l’accroissement relatif

Q (x)

du courant,

produite

par les neutrons en

présence

du

diffuseur,

sur le courant en absence du diffuseur

(3).

Fig. 3.

La chambre d’ionisation ne faisant aucune

distinc-tion entre les neutrons au

point

de vue de leur

qualité,

nous devons voir d’abord la

signification

de la section efficace de diffusion que nous donnera

l’expérience.

a7T sera dans ce

qui

suit une

grandeur, exprimée

en centimètres

carrés,

et déterminée par le courant d’ionisation que donnent les neutrons diffusés dans une chambre d’ionisation

identique

à celle

qui

mesure le faisceau

direct,

et

identiquement disposée

par

rapport

aux neutrons à mesurer.

Signification

de - Le courant d’ionisation

mesuré dans la chambre et

rapporté

à un neutron est une fonction de

l’énergie

de ce neutron.

Appelons

(3) On voit que les courbes Q (x) présentent à partir de 6 à 7 cm d’épaisseur une apparence de palier due surtout à l’éloignement de ces couches aussi bien de la source que de

la chambre d’ionisation. Nous n’avons pas pu utiliser la donnée numérique précise que constitue ce palier n’ayant

(5)

donc

k~

un facteur d’efficacité de la chambre pour un neutron

d’énergie

En, kE

étant

proportionnel

au

courant d’ionisation. Soient ai, va les sections efficaces de chocs avec un noyau, ce choc étant

respectivement élastique,

inélastique

ou,

plus

géné-ralement

(7,)

ce choc conduisant à un processus a

(transmutation,

capture, rupture);

soient

ke, ki,

k~l les facteurs d’efficacité de la chambre pour le neutron

ayant

subi le choc

élastique

ou

inélastique,

ou

résultant du processus a

(en particulier lorsqu’il

s’agit

d’un processus de

simple disparition

du neutron :

capture,

transmutation, k«

=

o).

D’après

ces définitions on voit que :

....

Si nous posons, par

définition,

que pour les neutrons directs k =

i, nous aurons aussi k, = i, car la

diffusion

élastique

ne

change

pas

appréciablement

l’énergie,

sauf pour les corps très

légers.

Pour les corps autres que

l’uranium,

nous aurons

ainsi o-y = (Je -f-

ki a-i.

Pour

l’uranium,

en notant al’ la

section efficace moyenne pour la

rupture

par neutrons

rapides,

et si vr est le nombre moyen de neutrons éventuellement réémis par

rupture,

ceci donnera :

17 T = 6Q + kiai+

Facteur

d’efficacité

de la chambre. - Nous avons

calculé ce facteur de la

façon

approximative

suivante :

Ayant

assimilé la chambre d’ionisation à une

sphère

du même volume et de rayon r,

chaque

neutron rentrant dans la chambre

possède

une

probabilité

de

projeter

un

proton

égale

à CFp section

effi-cace de

choc,

1~l nombre d’atomes par centimètre

cube,

1

trajet

moyen

ll

= 4 r .

Le

trajet moyen l’

contenu dans la chambre et offert au

proton

projeté

avant que celui-ci ne rencontre la

paroi

est à peu

près

r.

~ Fig. 4.

Partant de la courbe donnant la

perte

d’énergie

des

protons,

nous avons calculé

graphiquement :

io utilisation moyenne d’un

proton

d’énergie

donnée et naissant au hasard dans la chambre; 2° courbe de l’utilisation des neutrons

d’énergie

En

(fig.

4),

en

1 observant la

proportionnalité de ap

à

(E12) -:!

et la

distribution

angulaire qui

donne pour des neutrons

d’énergie

En un

spectre

de

protons

allant de zéro

à

En.

La valeur absolue de k est

sujette

à caution car elle est basée sur la

composition

spectrale

des

neutrons de Po +

Be,

dont on

peut

admettre

que 5o pour 10o sont peu

rapides (E,,

l 05

eV)

et

possèdent

un I~ très

petit (k -

0,1 à

o, 2).

Analyse

de la

diffusion.

- Dans

l’analyse

qui va

suivre nous supposons en

première approximation

que les neutrons subissent une

absorption

exponen-tielle.

Ceci,

on le

sait,

n’est pas tout à fait exact. Il faut

cependant

remarquer

qu’il

s’agit toujours

ici

d’absorptions

faibles,

et de ce fait il nous suffit de

connaître de

façon

assez

approchée

ces coefficients

d’absorption.

Nous reviendrons ailleurs sur ce

point.

Fig. 5.

Une autre

approximation,

nécessaire pour le

calcul,

consiste à assimiler la chambre d’ionisation à un

point placé

à une distance D de la source telle

que, en faisant varier la distance de la chambre

à la source, le courant d’ionisation soit

représenté

par

*

dans le domaine de distances

qui

nous intéresse.

Nous avons

désigné

par

Q(x, r)

l’augmentation

relative du courant d’ionisation mesuré dans la chambre

(par

rapport

au courant donné par la source

seule)

lorsqu’un

diffuseur

d’épaisseur x

-

x, et limité latéralement à r est

posé

au-dessus de la source.

En écrivant que :

10 Un élément de volume dv dr dx diffuse une

quantité

de neutrons

proportionnelle

à 1 dv

NUT,

où N est le nombre d’atomes par centimètre cube et 7r la section

globale

de

diffusion;

(6)

481

une

part

proportionnelle

à

(4)

;’2

étant le coefficient

d’absorption

de la

couché

traversée sur une

longueur 1’;

nous aurons en valeur absolue

Soit,

en

exprimant

en fonction de x et r,

La donnée

expérimentale

que nous voulons utiliser ici est la

tangente

de la courbe donnant

l’augmen-tation en fonction de

l’épaisseur

du

diffuseur,

c’est-à-dire °

-dx

En

notant x+D=y

et

y2

- X2 =

z2,

et en

pre-nant comme variable 1 =

r2,

on aura

La fonction sous le

signe

somme ne

possède

pas

d’intégrale simple.

Aussi nous avons utilisé un

développement

en série de

l’exponentielle.

En

pratique

nous avons utilisé dans toutes nos

analyses

de courbes la valeur de la

tangente

au

point

x =

Xo + 1

et non la

tangente

à

l’origine

pour des raisons que

nous donnerons

plus

loin.

Numériquement

nous avons trouvé dans ce cas que l’on

peut

se borner au

second terme, et

l’intégrale

que nous avons utilisée donne alors

(4) Tous nos calculs sont basés sur la symétrie sphérique des chocs élastiques et inélastiques, c’est-à-dire pour les noyaux lourds, sur l’isotropie des neutrons diffusés. Dans un

article récent Kikuchi, Aoki et Vf akatuki [21] ] mettent en

doute cette symétrie, particulièrement pour le Pb. Cependant les renseignements sont trop rares sur cette question pour qu’il nous soit possible d’en tenir compte dans nos calculs.

Il est certain que cette assymétrie devrait introduire des éléments différents dans l’analyse.

Nos conditions

numériques

étant pour

nous aurons en

remplaçant

dans

(2)

Dans le cas où le diffuseur est le

plomb

Nous avons

pris

pour fil la valeur o,1, résultant du travail fait par deux d’entre nous

[ 1 g]

sur les neutrons d’une source RdAc

+

0,1 1)

et et tenant

compte

du fait que

l’énergie

moyenne des neutrons de Po + Be est

plus

élevée.

Expérimentalement

nous avons trouvé

pour x =

1,85,

d’où

pour les corps autres que le

Pb,

la formule

(2)

devient

La

présence

de termes contenant ~. de

façon

non

négligeable

constitue une difficulté

importante.

Il

nous semble que ~. doit

dépendre

assez directement de

qui,

comme nous le verrons

plus

loin,

est peu différent de la somme de toutes les sections

efficaces,

c’est-à-dire de la section

globale

de diffusion. Comme nous avons pour le Pb

numériquement:

~, =

nous avons admis comme

hypothèse

de

calcul qu’il

en est de même pour les autres corps. C’est cette détermination

de ~. qui

est la source d’erreur> la

plus importante

pour nos valeurs finales. Ceci nous donne alors la formule que nous avons utilisée en

pratique

Une autre méthode

d’interprétation

dont nous

avons usé pour obtenir ces résultats consistait dans le calcul de la

quantité Q (x

=

xo +

1)’

Cette

"açon

de calculer nous conduit à un résultat

identique,

aux erreurs de la courbe

Q

(x,

r)

près.

(7)

la

plus

sûre à

interpréter

aurait été la

tangente

à

l’origine

de la courbe

Q.

En

effet,

dans

l’équation (2),

on a

équation

où ne

figure

évidemment

plus

le

para-mètre ri-. Il est

cependant

facile de voir

qu’il

est

imprudent

d’utiliser cette donnée. En

effet,

les corrections

d’obliquité,

c’est-à-dire les termes conte-nant

I

, font varier

rapidement

pour les

cos 8 dx

premières

couches. Pour le

plomb

par

exemple,

d’après

le

calcul,

."

varie du

simple

au double pour le

premier

demi-centimètre. Puis cette variation devient

plus

lente pour le reste de la courbe. De ce fait il faudrait un

grand

nombre de

points,

par

exemple

de millimètre en millimètre pour

déter-miner cette

tangente

à

l’origine,

ce

qui

nous a été

impossible

étant donné la très faible valeur de

Q

pour ces

épaisseurs,

et la

grande

erreur commise dans la mesure de la différence de deux courants presque

égaux.

Il faut noter que ces difficultés relatives à l’utilisation de la

tangente

au début seraient

complètement

levées pour r

petit :

Dans ce cas les corrections

d’obliquité

deviennent faibles. Mais l’effet devient alors

petit

et nécessiterait de

plus

fortes sources afin de conserver une

précision

suffi-sante.

Dans le Tableau suivant nous

indiquons

les gran-deurs de

d

(x =

x, +

i)

relevées sur nos

courbes,

et

dx

les UT

qui

en résultent. Les valeurs pour U et 0 ont été calculées en admettant l’additivité des sections

efficaces de U et 0 dans

U02.

Expériences d’ahsorption.

- Ces

expériences

ont été faites avec les

oxydes

de

plomb

et d’ura-nium

Pb02

et

UO2

déjà

utilisés pour des

expé-riences de diffusion. Avant de donner les résultats

nous donnerons ici les

interprétations

des mesures

obtenues. Dans ce

qui

suit nous utiliserons les abréviations suivantes :

Comme

précédemment

en

plus

et

Nous noterons pour la facilité les libres parcours moyens total et

partiels

avec N nombre d’atomes

(ou

de molécules

Pb02

ou

U02)

par centimètre cube.

Lorsque

les

neutrons

°

sortent de la

sphère,

ils

parcourent

dans celle-ci

en moyenne une distance L. Si nous supposons la masse

cubique remplacée

par une masse

sphérique

du même volume et donc de rayon r

= t/ 2013

d,

nous

x

aurons

approximativement

-Numériquement

nous avons utilisé les constantes suivantes dans nos

expériences :

PbO., : N= 1022

(densité

3,8) 1 == 10,8 cm (5),

: 7V = o,g. 1022

(densité

4,0) r == 10,0 cm.

L’analyse

du courant d’ionisation mesurée par la chambre est assez

compliquée,

et nous devons nous borner à faire un calcul

approximatif

pour

fixer le rôle de l’absorbant.

Une correction

importante

dans ce calcul est la correction de distance de la

chambre,

celle-ci étant

disposée

très

près

du diffuseur. Nous

appellerons

dans ce

qui

suit a le facteur de correction pour le

courant d’ionisation donné par les neutrons

diffusés,

,x étant défini par

rapport

au courant que donneraient les mêmes neutrons s’ils

parvenaient

directement de

la source.

Dans le calcul

qui

suit,

nous faisons les

approxi-mations

suivantes,

qui sont justifiées

par les dimen-sions utilisées et par les résultats

numériques.

Nous supposons les sections ai et suffisamment

petites

pour que le nombre de neutrons

qui

subissent d’abord un choc

inélastique puis produisent

une

rupture

puisse

être

négligé,

et de même: 10 pour des neutrons

provenant

d’une

rupture

et subissant ensuite un choc

inélastique;

20 les neutrons subissant deux chocs

inélastiques;

3~ les

neutrons provenant

d’une

rupture

et

provoquant

ensuite une

rupture.

Ceci

posé,

considérons la

sphère

absorbante de rayon r et les neutrons effectuant en moyenne un

chemin L avant d’en sortir.

Nous classerons les neutrons de la

façon

suivante : a. Neutrons sortant de la

sphère

sans avoir

_ r ,

effectué de chocs :

proportion

e "

(donc

sans correc-tion de

distance);

b. Neutrons

ayant

effectué un ou

plusieurs

chocs :

l’

proportion i -e

(ceci

avec correction de

dis-tance).

Pour que le chemin moyen soit

L,

cette seconde classe de neutrons devra

posséder

un chemin moyen L’ tel que

(8)

483

c’est-â-dire :

Avec le chemin L’ainsi

défini,

les

probabilités

d’effectuer un choc

inélastique

ou une

rupture

seront

respectivement

pour ces neutrons :

Le restant de ces neutrons soit

n’aura effectué que des chocs

élastiques.

Le bilan des neutrons sortant de la

sphère

sera

donc,

en

consi-L’ L’ dérant que nous supposons

L

,

et

-

,

petits,

c’est-À I,,,

à-dire les

exponentielles développables

en série

jus-qu’au premier

terme :

Le courant donné par la chambre et

rapporté

au

courant direct de la source sans absorbant sera donc

En

remarquant

que la

quantité

entre crochets est N

(0"

-

nous aurons

Évaluation

de (x. - Considérons une source

placée

au centre d’une

sphère

diffusante,

et entourée d’une chambre d’ionisation de faible

épaisseur

formée de deux

sphères

concentriques (fig.

6).

Nous voyons que : 1° le nombre de neutrons traversant l’unité de surface de la chambre reste le même

quelles

que soient les dimensions de la

sphère,

si l’on suppose que la diffusion est

uniquement élastique;

chaque

neutron traversant la chambre a une efficacité

proportionnelle

à la

longueur

traversée,

c’est-à-dire

proportionnelle

à ’ ;

3° dans ces conditions si l’on COSv

assimile la

sphère

à une source

isotrope

de neutrons

(pareille

en

quelque

sorte à une source lumineuse

Fig. 6.

entourée d’un diffuseur

isotrope

et sans

absorption),

l’efficacité moyenne de la chambre pour les neutrons diffusés sera

0,

étant

l’angle

limite sous

lequel

la chambre voit

le diffuseur.

Le même raisonnement sera valable pour une chambre d’ionisation

quelconque,

en

intégrant

cette

expression

obtenue,

pour un élément de

volume,

pour tout le volume de cette chambre. Comme en

fait il ne

s’agit

pas ici d’une couche

sphérique

«

lumi-neuse », mais d’une masse

sphérique

« lumineuse »

et

absorbante,

les bords de la masse sont moins effectifs et l’on

peut

évaluer une autre limite de oc en

prenant

l’angle moyen 9m

que font les neutrons avec

la

ligne joignant

la source au

point

considéré de la chambre. Nous avons

pris

pour cela un cône

partant

de la chambre et divisant l’absorbant en deux

parties

de masses

égales,

l’une intérieure et l’autre extérieure au cône

(fig. 7).

Ceci est une autre

limite,

car, à masse

égale,

la

partie

extérieure est moins

épaisse,

donc moins absorbante et

plus

effective. Nous aurons de cette

(9)

Nous avons évalué

ainsi,

en considérant en

plus

de

9m

le coefficient

d’absorption

approximatif

des

couches :

Fig. 7.

Résultats

numériques.

-

L’équation

donnant y a

été résolue

graphiquement

en utilisant o-T déterminé par

l’expérience

de diffusion. Ceci nous a donné

Pour

Pb 02

donc

où sont les sections efficaces de choc

inélastique

et de transmutation pour

l’oxygène.

D’après

Aoki

[22],

ui, est

négligeable

par

rapport

à

D’après

des

expériences

faites par l’un de nous

[~3]

sur la transmutation de

l’oxygène

par des neutrons O"tl’O est de l’ordre de

grandeur

de 2

à â . I 0-26 cm2. D’où

(1

----

rv

1,6. Io-24

cm2 pour Pb. Si l’on admet avec

Seaborg

et collabo-rateurs

[24]

que ui

peut

atteindre 3o pour 100 de ~~~,

nous o.

Ceci nous montre que est peu différent de et nous pensons

qu’il

en est de même pour les autres corps,

exception

faite toutefois pour

l’uranium,

pour

lequel

on ne

peut

pas

préjuger

du rôle que

peut

jouer

o-r. Pour ce corps, en

soustrayant

l’action

de 02

au résultat obtenu pour

Uo2,

nous aurons

(1 -

(i -

crr 2t~ o, 8. 1 o-"2- cm2.

De cette

équation

nous ne pouvons tirer vr sans connaître ri, et nous discuterons les éventualités

de certaines

hypothèses

dans le

chapitre

suivant. Discussion et conclusions. -- La

détermina-tion des

caractéristiques ,>,,

et de la

rupture

des noyaux,

accompagnée

d’émission de neutrons, ou

même sa mise en évidence à l’aide d’une chambre

d’ionisation

présente

donc de

grandes

difficultés. En ce

qui

concerne la mise en évidence du

phénomène

il convient de faire une distinction entre les deux cas suivant que la

multiplication

de l’effet est

possible

ou non. Dans le cas où le

phénomène

s’opère

par chaîne

(loc. cil.),

il est évident que,

après

une

épaisseur plus

ou moins

importante

de matière contenant l’uranium ou une autre substance suscep-tible de subir des

ruptures

avec émission de neutrons,

l’effet des termes ),. et vr pourra devenir très

impor-tant. L’allure de la

partie

finale de la courbe

Q

devrait alors être essentiellement différente de celle des courbes

correspondant

à des substances ne

donnant pas lieu au

phénomène

en

question.

Il en est tout autrement

lorsque

le

phénomène

ne se propage pas par chaîne.

L’expression analytique

de la courbe

Q

devient alors extrêmement

compliquée

et rend

pratiquement

impossible

toute

analyse

quantitative

du

phénomène.

Seule la

partie

initiale de la courbe demeure alors utilisable. Mais la déter-mination de

exige

la connaissance

préalable

de la

somme ci +

Or,

celle-ci

pourrait

être

déduite,

par

exemple,

par

extrapolation

de la courbe des ae + vi

en fonction du numéro

atomique,

si l’on avait la certitude que cette courbe ne

présente

pas des

oscil-lations,

comme l’ont

aignalé

Kikuchi et Aoki

[25]

pour la

partie comprise

entre H et Cu. Une déter-mination directe à l’aide d’une chambre d’ionisation de ai + a-, au

voisinage

de l’U

présente

également

des difficultés à cause soit de la rareté des

éléments,

soit de leur forte radioactivité

qui

devient un facteur

perturbateur

dans les mesures.

On

peut

dire

qu’en

l’état actuel de nos connaissances sur la diffusion il est

impossible

de

séparer

quanti-tativement les sections efficaces de

rupture

avec émission de neutrons, d’au moins l’une des sections de

diffusion,

et l’on est réduit à des

hypothèses

plus

ou moins

plausibles

ou à des

recoupements

plus

ou moins

justifiables,

pour fixer une valeur de la

somme des sections efficaces de diffusion.

’ C’est ainsi que, en se basant sur la valeur des

quelques

éléments que nous avions

déterminés,

et en

extrapolant

jusqu’à

l’U,

on trouve une

valeur de o~~ ~-

ki

ai rv 6. 1 o-21 cm2. Il en résulte que cm2.

Or,

si l’on admet que les neutrons de

rupture

sont des neutrons

rapides

et

affectés,

par

conséquent,

d’un k, notable,

nous

pourront

poser, pour fixer les

idées,

~f,,N I~5 et v r(J,. rv 2,6. IO-2~ crn 2.

En ce

qui

concerne la valeur de la section de

rupture

yr, on trouve de

grandes divergences

suivant la nature de la source de neutrons utilisée. Pour une source de Rn + Be

[31,

J

= I

cm2,

tandis

que,

d’après

un travail récent

[26]

ar est une

fonc-tion croissante de

l’énergie

En des neutrons incidents à

partir

de o,5

jusqu’à

2 MeV. Pour E,t = 2 à 3

MeV,

les auteurs cités

[26]

trouvent 7,. == cm2. Pour

(10)

485

de

Rn + Be,

il faut admettre que a,. est très faible pour les go pour 10o de neutrons,

d’énergie

infé-rieure à 05

eV,

que

comprend

le

spectre

de cette

source. La section de

rupture

pour les neutrons d’une source de

Po +

Be n’a pas été directement déterminée

jusqu’à présent.

Mais,

comme la

propor-t. neutrons de d

tion p -

neutrons

de

de cette source neutrons de

est

beaucoup plus

élevée

(p

l)

que pour la source

de

Rn +

Be

(p

~

o, ),

il est

probable

que le Ür

corres-pondant

sera

plutôt plus

voisin de 5.1o-~e cm2 que de 1. 10-2’) cm 2. Les courbes

(fig. 8)

montrent

Fig. 8.

suivant la valeur admise pour an

quel v,,

il faudrait attribuer au

phénomène

de

rupture

examiné

ici,

et

puis (fig. g)

la valeur du

rapport 5

qui

en résulte ?

lorsqu’on

tient

compte

en

plus

du résultat de la

seconde

expérience.

C’est ainsi que, par

exemple,

OE,, = 3. io-25 cm2 conduit à ’)1’ == 10.

Ce nombre nous

obligerait

à admettre que la

plus

grande partie

de l’excès des neutrons dans les noyaux formés par

rupture

devrait se résorber par émission de neutrons et non par émission

p.

Mais il a été montré

théoriquement

que d’une

part

la destruction des états excités des noyaux pour les

énergies

d’exci-tation intervenant dans les

ruptures

et telles

qu’on

peut

les déduire à

partir

des données

énergétiques

de ce

phénomène,

est

beaucoup plus

probable

par

émission P

que par émission de neutrons. D’autre

part,

le nombre de noyaux radioactifs formés par

rupture

s’oppose

également

à la

possibilité

de l’émis-sion d’un nombre moyen de neutrons aussi élevé.

La validité de

l’extrapolation

semble donc être douteuse dans ce cas. La valeur de ar = 3. 10-25

cm2,

en admettant ki = o, 2,

implique

ai =

6,2. 1 o-~¡

cm!.

Fig. g.

Or ce chiffre

[Iparaît ;beaucoup

trop

élevé,

car il

entraîne > i,

inégalité

inverse de toutes les subs-a

tances

examinées

jusqu’ici.

Ces contradictions se trouveront levées si l’on admet pour la somme des sections de diffusion de l’U un chiffre

plus

élevé que celui donné par

l’extrapo-lation.

Ces considérations montrent

quelle prudence

s’impose

dans

l’extrapolation jusqu’à

l’uranium de la courbe des sections de diffusion des autres éléments.

Soulignons

également

que la difficulté de mise en évidence des neutrons de

rupture

sont d’autant

plus

grandes

que les deux domaines

d’énergie

des neutrons incidents et créés sont

plus

voisins.

Inversement,

les conditions deviennent d’une manière

générale plus

favorables,

lorsque

ces deux domaines sont

séparés

par un

large

intervalle. Elles

sont

optima

dans le cas extrême où les neutrons incidents sont

thermiques,

ne donnant

pratiquement

aucun courant

d’ionisation,

et où les neutrons créés ont une

énergie

suffisante pour donner un courant

appréciable.

La preuve de la réalité du

phénomène

de

rupture

avec émission de neutrons deviendrait

alors manifeste dans les

expériences

du second

type

décrites

ici,

car les mesures feraient alors

apparaître

une

augmentation

absolue du courant d’ionisation

lorsqu’on

entoure la source de neutrons par l’uranium. En définitive il résulte de ces

expériences

faites avec les neutrons de Po + Be que la somme des

sections efficaces al, + al -+- al’ pour le noyau d’ura-nium est I I, I X i o-21 cm2

(+

15

pour 100).

Ce résultat

implique

un parcours moyen dans

l’uranium

plus

court que celui admis

jusqu’ici,

ce

qui

permet

d’envisager

pour la mise en évidence des

(11)

moins

importantes

que celles

qui

furent calculées par F. Perrin .

[17].

Nous remercions M.

Debierne,

Directeur du

Labo-ratoire,

pour les ressources du laboratoire

qu’il

a bien voulu mettre à notre

disposition.

Nous remercions M. et Mme Joliot-Curie pour les discussions que nous avons eues avec eux, ainsi que pour la source de Po + Be et les

quantités

impor-tantes

d’oxyde

d’urane.

Manuscrit déposé le o aoùt ig3g.

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[24] G. F. SEABORG, G. E. GIBSON et D. C. GRAHAM, Phys. Rev., 1937, 52, p. 408.

[25] S. KIKUCHI et H. AOKI, Phys. Rev., 1935, 55, p. 108. [26] R. LADENBURG, M. H. KANNER, H. BARSCHALL et

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