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Les SIC à l’épreuve du digital et des Humanités : des origines, des concepts, des méthodes et des outils

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21/11/2017 Les SIC à l’épreuve du digital et des Humanités : des origines, des concepts, des méthodes et des outils

Revue française des sciences de l’information

et de la communication

8 | 2016 :

Humanités Numériques et Sciences de l’Information et de la communication

Dossier

Les SIC à l’épreuve du digital et des Humanités : des

origines, des concepts, des méthodes et des outils

F

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ORMERAIS

, O

LIVIER

L

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Résumés

FrançaisEnglish

Ce texte examine plusieurs pistes qui expliquent le positionnement des SIC par rapport aux humanités digitales en considérant que leur rôle est à la fois de comprendre (approche théorique) et d’entreprendre (approche pratique), d’observer (approche descriptive), mais aussi de créer (approche pragmatique) avec les instruments de la connaissance. Le temps des humanités digitales implique une position qui ne peut se limiter à l’étude des usages mais nécessite une stratégie renouvelée qui consiste à s’emparer et à produire des recommandations pour la création de nouveaux instruments et dispositifs. Nous présentons une proposition d’orientation voire un programme pour les SIC en trois parties : replacer les SIC dans la perspective pluridisciplinaire de ses origines ; mettre les SIC et ses concepts dans l’orbite d’une nouvelle critique et dans un environnement de données  ; dynamiser les SIC par l’engagement d’une R&D outillant les SHS par le tournant numérique.

This paper examines several tracks that explain the positioning of the french disciplinary field of information science and communication studies in connection with the digital humanities. We show that its role is both to understand (theoretical approach) and undertake (practical approach), observe (descriptive approach) but also created (pragmatic) with instruments of knowledge. The time of digital humanities implies a position that cannot be limited to the study of uses but requires a renewed strategy to produce recommendations for the creation of new instruments and devices. We present a proposal or a policy program for information science and communication studies into three parts: replace information science and communication studies in the multidisciplinary perspective of its root ; put its ideas into the orbit of a new critical and Data Environment ; energise the commitment of R&D equipping the humanities for the digital turn.

Entrées d’index

Mots­clés : sciences de l’information et de la communication, humanités digitales, histoire des SIC

Keywords : information science, communication studies, digital humanities

Texte intégral

Introduction

Les SIC entre plurisdiciplinarité et transdisciplinarité

Les sciences de l’information et de la communication (SIC) sont une discipline scientifique récente. Leur épistémologie les place de façon adéquate pour appréhender le mouvement des humanités digitales et les enjeux autour des mutations du savoir et des lieux de transmission. La position qu’elles occupent à la croisée des disciplines leur a valu régulièrement des critiques voire a suscité des divisions internes du fait d’une vision française majoritaire qui envisage une alliance entre les sciences de l’information et les sciences de la communication. Nos collègues anglo-saxons, à l’inverse, ont préféré séparer ces sciences en deux entités distinctes. Cependant, le choix français présente davantage de sens dans le contexte du «  tournant digital  »1 qui requiert de traiter les aspects informationnels et communicationnels de concert. Le chercheur en SIC,

intéressé par les études digitales en général et les humanités digitales en particulier, ne peut ignorer les filiations originelles des fondateurs de la discipline, reconnue en 1975. S’inscrire à la fois dans les apports de Robert Escarpit et de Jean Meyriat permet en effet de mieux comprendre que les recherches actuelles sur les humanités digitales ne sont pas aussi nouvelles qu’on pourrait le croire. À l’inverse, les positions de rejet du digital dans les sciences humaines et sociales (SHS) montrent l’existence2 d’une relation difficile à penser avec les techniques.

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Ce texte examinera plusieurs pistes qui expliquent le positionnement des SIC par rapport aux humanités digitales en considérant que leur rôle est à la fois de comprendre (approche théorique) et d’entreprendre (approche pratique), d’observer (approche descriptive), mais aussi de créer (approche pragmatique) avec les instruments de la connaissance. Le temps des humanités digitales, pour cette raison, implique une position qui ne peut se limiter à l’étude des usages mais nécessite une stratégie renouvelée qui consiste à s’emparer et à produire des recommandations pour la création de nouveaux instruments et dispositifs de recherche. C’est donc dans un état de majorité (Simondon, 1989) vis-à-vis de la technique que se retrouvent les SIC afin de répondre aux imaginaires d’une innovation permanente (Gras et Musso, 2013). Elles permettent de proposer une troisième voie entre nostalgiques d’une université traditionnelle et prophètes des « révolutions à répétition » du web. À l’heure où les humanités digitales produisent des mutations dans les manières de faire de la recherche, dans les façons d’enseigner, mais aussi dans les formes organisationnelles des milieux de savoir (Liu, 2013), l’heure est peut-être venue de formuler les axes programmatiques de notre démarche.

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Notre réflexion sur la position des SIC s’appuie sur de nombreux projets qui viennent enrichir les humanités digitales, en France et à l’étranger, et participent au développement de notre discipline. Nous présentons ici une proposition d’orientation pour les SIC. Cette proposition se présente en trois parties : replacer les SIC dans la perspective pluridisciplinaire de ses origines ; mettre les SIC et ses concepts dans l’orbite d’une nouvelle critique et dans un environnement de données ; dynamiser les SIC par l’engagement d’une R&D outillant les SHS par le tournant numérique. 3

Les SIC ont pu correspondre avant l’heure à une forme d’humanités digitales tant le cadre initial de leur formation était fortement inscrit dans une approche pluridisciplinaire revendiquée par Robert Escarpit (Laulan, 2007), on y abordait les lettres, les arts, la culture et les techniques. La nécessité d’une légitimité disciplinaire des SIC a fait parfois oublier ce terreau fertile dont on perçoit encore les traces dans le foisonnement de compétences qui se côtoient dans les laboratoires en SIC. Sans tenter de vouloir réécrire ici l’histoire des SIC, il faut rappeler que pour Escarpit, « Nous étions tous conscients qu’il y avait un trou dans la recherche française. Un trou ou des trous qui n’étaient pas comblés parce qu’il y avait toujours ce vieux préjugé Sciences/Littérature ».3 C’est cette situation qu’Escarpit tente de combler en créant les IUT en 1967 pour les disciplines

dites « littéraires », peu habituées à considérer la question technique et professionnelle. Cet écart est en fait un espace qui permet d’étudier des objets et des médias qui prennent alors une place importante dans la société des années soixante. Les SIC ne sont pas les seules bien évidemment à s’interroger sur ces questions.

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21/11/2017 Les SIC à l’épreuve du digital et des Humanités : des origines, des concepts, des méthodes et des outils

Les SIC et la nouvelle critique à l’âge des technosciences

Tableau n° 1 – Les SIC et la mutation de l’épistémè

La question de la structuration du sens par les dispositifs et appareils d’écriture et de lecture, de l’économie de la communication, du processus de subjectivation, mais également les questions du classement, de l’archivage et de l’archéologie des connaissances au cœur des mutations organisationnelles  : voilà autant de thèmes qui préoccupent les humanités digitales actuellement et les SIC depuis longtemps. Ce n’est pas seulement le sens à travers la sémiologie et la sémiotique qui préoccupe les SIC, mais également la question du document avec la documentologie de Paul Otlet (Otlet, 1934), concept qu’ont également soulevé Meyriat (Meyriat, 1981) et Escarpit (Escarpit, 1976). Quelques décennies plus tard, cette interrogation se manifeste dans le collectif de Roger Pédauque autour du document numérique (Pédauque, 2007). Des travaux de recherche soulignent le rôle central du document, des supports et des archives dans l’appréhension de la complexité organisationnelle. Nous songeons notamment aux recherches sur l’indexation et la catégorisation menées dans le cadre de la science de l’information (Le  Coadic, 2004) dans sa relation étroite avec les outils et les mesures, telles qu’ont pu les envisager Paul Otlet avec la bibliométrie (1934). Puis, quelques décennies plus tard, Vasily Nalimov dans le projet scientométrique d’une science de la science que l’on retrouve dans une série de travaux en SIC autour de la fouille de textes (Ibekwe-San Juan, 2007) et des différentes métries (Lafouge et al., 2002).

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En ce sens, Jean-Max Noyer pointait l’intérêt des métries (Noyer, 1995) pour observer les flux, mais aussi les réseaux d’agents humains et non humains. Les SIC ont donc pressenti très tôt l’intérêt d’une approche mêlant filiations diverses et réconciliant différentes traditions pour fabriquer des perspectives conjointes au domaine du rationnel dans sa calculabilité et au raisonnable dans sa compréhension critique du monde. Cette hybridation nous conduit à privilégier la traduction du mot anglais Digital par digital plutôt que par numérique, tant il s’agit de prendre en compte les possibilités de calcul et d’accès au document, les dimensions socioculturelles des outils et des interfaces, pour ne pas négliger la relation historicisée entre le corps et l’esprit (Le Deuff, 2015). Les dispositifs et les appareils techniques sont également étudiés comme partie prenante d’un écosystème de normes et de formes (Le Moenne, 2013) qui interrogent les questions de pouvoir en jeu dans les architextes (Jeanneret, Souchier, 1999) implémentés des logiciels.

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Quand on aborde la dimension organisationnelle des écosystèmes, l’étude des médias (media studies) permet d’élargir l’horizon des humanités digitales à la communication de masse. Presse, radio, télévision, publicité, mais également toutes les formes issues du web vont susciter des travaux de recherche. Cette historicité des études médiatiques fait écho à un courant qui replace les médias dans une histoire : l’archéologie des médias4.

Alors que souvent les discours cherchent à produire une rupture par le renouvellement des objets sous un vocable révolutionnaire qui vise à casser les filiations, les SIC à l’inverse autorisent des arrêts et des retours pour mieux appréhender les forces en action. Les SIC s’inscrivent pleinement dans une archéologie des médiations. L’étude des individuations personnelles et organisationnelles dans le contexte contemporain relie de façon indissociable la question techno-scientifique des problématiques de l’humanisme (Hayles, 2012).

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Les SIC interrogent avec les humanités digitales les concepts et le statut contemporain de l’humanisme et son épistémè. Nous ne souhaitons ni adopter les thèses posthumanistes qui annoncent un devenir cyborg de l’espèce (Besnier, 2013) ni nous contenter d’un humanisme conservateur et gardien des traditions. Nous entendons plutôt placer les SIC dans la lignée d’une culture digitale qui suppose une nouvelle critique, c’est-à-dire un processus de réflexivité distanciatrice situé au cœur des processus digitaux. Cette critique interroge l’héritage de la modernité par une co-interprétation de l’évolution de la société ; ceci dans un soutien à la transformation des rapports à l’archive, aux corpus, à la culture (Carayol et Morandi, 2015).

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La première opération de cette généalogie consiste à relier différents types de savoir dans la recherche d’un accord qui s’interroge sur la conditionnalité du sens, véritable marque d’une évolution du travail interprétatif (Cormerais, 2015). Au-delà du grand partage des sciences dites « dures » et « molles », il convient de mieux cerner de nouvelles opérations du savoir contemporain (cf. tableau 1).

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Étude Transmission Valeur Critique Appareil

sciences de la nature expérimenter/ vérifier loi de la nature neutralité axiologique critique du dogmatisme idéal d’une science sans appareil

sciences humaines décrire/critiquer expérience du monde régime

d’engage­ment critique sociale société sans appareillage sciences de l’information et de la communication modéliser/simuler modes d’existence (humain et machinique) Praticabilité du savoir critique interdisciplinaire et transdisciplinaire science et société appareillées

Le tableau met en relief des mutations dans cinq sphères pour rendre compte des « révolutions scientifiques » (Parrochia, 1997). Dans chaque sphère se livre, par comparaison, la compréhension du tournant digital qui inscrit les plis du renouvellement de la connaissance contemporaine. Tentons d’éclairer, de manière heuristique, les enjeux d’une telle transformation dans chacune des sphères mobilisées.

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Les conditions dans lesquelles s’organisent les études digitales modifient la conception même du travail intellectuel (Cormerais et Le Deuff, 2014). Les grandes démarches du développement de l’intelligence reposent sur un changement de paradigme et de méthode. Comme les sciences expérimentales ont bouleversé les conceptions de la nature et du cosmos, les sciences humaines se sont intéressées au langage, à la biologie et à l’économie pour changer le statut de la connaissance par l’établissement de rapports entre les sciences et leur discours (Foucault, 1966). Aujourd’hui, les SIC font dialoguer les sciences du signe, du signal et du calcul (Galinon-Mélénec et al., 2015). Les conditions du transmettre sont également modifiées. Ce n’est plus tant la découverte des lois d’une nature éternelle que la fabrication d’une nouvelle nature qui devient l’enjeu d’une artificialité. La transformation expérientielle du monde se livre alors dans l’articulation des modes d’existence des objets et des collectifs humains. La reconnaissance d’un milieu technique favorise l’attention portée aux choix techno-scientifiques qui engagent le futur dès à présent (Cormerais, 2015b).

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Les conditions de la valorisation se modifient aussi. C’est autour de la praticabilité du savoir que se jouent les grandes orientations des programmes de recherche. Il ne s’agit pas tant de confondre la recherche fondamentale et la recherche appliquée, mais de souligner les implications négatives d’une séparation imperméable entre deux registres.

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Les conditions d’une nouvelle critique rendent possible l’établissement de nouveaux critères pour la décision. C’est du dialogue dans les disciplines et entre les disciplines que peut surgir une façon d’aborder des problématiques et leurs critériologies. L’importance des données obtenues à condition d’en établir la validité (Kitchin, 2014), en passant à travers le filtre des disciplines, peut venir éclairer et proposer des orientations originales. Le dépassement du clivage entre posture négative et positive rend envisageable un autre régime de la performativité du savoir qui assure un statut épistémologique au « trans » (Cormerais, 2015) et à « l’inter » à travers un dialogue des disciplines que les SIC peuvent favoriser.

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Les conditions de l’appareillage transforment l’appréhension du réel. Cette situation n’est pas nouvelle, seulement la prise de conscience de leur importance revient sur le statut mineur des instruments du savoir. Les SIC aujourd’hui reconnaissent l’importance des technologies tout en évitant l’écueil du déterminisme technique matrice du techno-utopisme. La position des SIC présentée dans le tableau se conçoit dans un dialogue entre formalisme et critique. Cela suppose un nouvel esprit scientifique : dépasser les oppositions binaires ; abaisser les frontières et ouvrir les portes du monde académique entre disciplines  ; mais aussi, à l’extérieur, collaborer avec des acteurs aujourd’hui trop loin des humanités. Cet esprit scientifique s’organise à l’aide des données dans une transdisciplinarité, où le partage de problèmes communs, au prisme de constructions et de méthodes hétérogènes, pourrait faire évoluer les questions et les solutions novatrices. Il ne s’agit pas de proclamer la fin des disciplines (illusion du postdisciplinaire), mais au contraire de promouvoir des méthodes ou approches interprétatives nouvelles, qualitatives et quantitatives (Stiegler et al., 2014). Le digital autorise par la puissance calculatoire une mise en commun des connaissances autour des corpus hétérogènes et complexes. Les masses de données échappent à tout « principe de raison » sans une nouvelle science de l’interprétation qui serait aussi une critique des data scientists et de leur affirmation de la suffisance des algorithmes (Cardon, 2015).

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Dans ce contexte, la reconfiguration des savoirs rencontre la crise d’un système académique qui a peu évolué dans sa structure depuis le modèle allemand de Von Humboldt au début du XIXe siècle. Deux siècles plus tard, la mathématisation est une modalité d’un monde qui se complexifie

dans ses structures se virtualisant (Berry, 2012). Ainsi s’impose un nouveau modèle de la recherche, modèle qui ne reste pas dans l’illusion d’un savoir désincarné, désintéressé et indépendant de la société. La confrontation contemporaine des limites de la nature, de la finitude des organisations humaines et des nouveaux horizons du calcul informatisé incarne, au contraire, une certaine instabilité des savoirs, c’est-à-dire la fin d’une progression linéaire de la connaissance. La complexité rend indispensable l’association des connaissances vernaculaires, des méthodologies critiques et des langages formels, des mémoires du passé et des sauts prospectifs. En fait, il s’agit de s’interroger pleinement sur la posture d’enseignant chercheur  : d’affirmer une position forte de la critique dans une société digitalisée, où les technosciences s’imposent comme une évidence, souvent sans débat.

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21/11/2017 Les SIC à l’épreuve du digital et des Humanités : des origines, des concepts, des méthodes et des outils

Les SIC à l’épreuve des études digitales : l’appareillage et les cartes

du savoir

Une épistémologie de la donnée pour assurer la rigueur des études

digitales

Une analyse multivariée des corpus

Conclusion : les SIC, une démarche pour une connaissance mieux

partagée

Bibliographie

C’est dans le contexte d’une culture, ouverte (de type open source), que les projets de recherche dans les SIC qualifiés d’humanités digitales forment un creuset. Une taxonomie est d’ailleurs développée actuellement pour répertorier les différentes activités de recherche réalisées lors de projets (Tadirah5). L’immense production de signes numériques couplée à un archivage automatique est une opportunité pour les chercheurs en

SIC qui souhaitent étudier la pluralité des formats de l’éditorialisation sur Internet6. Sites web, blogs, magazines en ligne, réseaux sociaux,

accompagnent l’accessibilité des outils de publication, sans toujours proposer une grande précision méthodologique. L’espace médiatique qui sous-tendait l’espace public (et les études média) repose sur des formes renouvelées par les réseaux (Stenger et Coutant, 2011). Ceci pose un problème de représentation de la société quand un grand nombre d’internautes s’exprime sur le web en produisant une archive complexe à localiser, à analyser, à conserver et à interpréter. Le recueil et la constitution des données deviennent ainsi une des priorités pour les chercheurs.

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Le défi des données passe d’abord par l’élaboration d’appareils ou plateformes variées. Les méthodologies qu’elles embarquent doivent être sujettes à la disputatio et à la critique7. Ces dispositifs, qui sont en charge de gérer des masses importantes de données, s’appuient sur une logique

de crowdsourcing. En relation avec l’industrialisation de la production et de la lecture de masse des données, il convient de s’intéresser aux capacités de traitement contributif au sein d’équipes nationales et internationales. Les grands projets de la recherche exigent des protocoles. Distinguons deux orientations nettes actuellement à l’œuvre :

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Le triptyque document-support-archive met les chercheurs en SIC en position de renouveler les techniques de l’enquête traditionnelle ou l’observation directe :

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Comment être capable d’explorer d’immenses quantités de données en un temps rapide à travers une pluralité de format et d’expression hétérogènes ?

Comment concevoir des modalités d’extraction paramétrables et transparentes à travers des agents intelligents de type crawler, afin de constituer des échantillons de discours représentatifs de populations difficilement repérables ?

Véritable renouveau de l’enquête, le traitement des données (nettoyage, recodage, encodage et annotation) implique une réflexion sur les normes documentaires. Une connaissance plus précise des données, dans une perspective herméneutique (Rastier, 2011), permet d’embarquer les agents algorithmiques sur la voie de la lecture automatique des corpus, de l’analyse automatique du discours. Ceci afin de contextualiser le sens, d’en comprendre l’économie de production et le contexte d’émergence.

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L’étude des corpus ouvre plusieurs champs à la cartographie de données (Plantin, 2014) issues du web avec des instruments de crawl comme le navicrawler (devenu aujourd’hui Hyphe) développé au medialab de l’IEP Paris8 à l’initiative de Franck Ghitalla. L’ensemble de la qualification des

données dégage des modèles de corpus statistiques qui renouvellent les notions d’auteur et d’éditorialisation. L’attribution et l’identification restent l’enjeu majeur de l’analyse communicationelle sur internet (Lakel, 2007). A partir de set de données reliées, l’analyse multivariée et la méthode des profils, le traitement des corpus «  similaires  », la sociotypie de la pragmatique discursive s’appuyant sur des discours vivants (en opposition à l’enquête représentative), permettent des analyses de l’économie discursive sur Internet. Ainsi peuvent se mesurer les positions sociales stratégiques des acteurs.

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La notion de « relation » peut être explorée de multiples façons dans la mise en rapport d’éléments de corpus via les théories des graphes pour tenter de mesurer les effets de viralité. Couplée à l’exploration visuelle des grandes masses de données, l’analyse relationnelle produit des effets dont il faut remarquer la portée scientifique avec prudence et intérêt, mais nous aurions tort de rejeter l’utilité heuristique d’une lecture dite « à distance » (Moretti, 2013). Ce sont encore les appareils de la recherche qui relancent la question de la sémiologie de données. Le concept avait été consacré par la graphique en opposition au graphisme (Bertin, 2013). Depuis 10 ans un engouement pour la data et sa mise en forme a permis un flot d’innovations techniques. La visualisation de données est un passage dans la gestion et l’interprétation des grandes masses de données (Drucker, 2011). Au-delà de la dimension nécessaire, l’exploration graphique des corpus depuis le premier tri à plat a toujours été l’élément essentiel de l’analyse et de l’interprétation des objets de recherche. Il faut développer, en marge de l’innovation permise par les outils, de nouveaux modèles qui puissent faire sens au-delà d’un simple enthousiasme esthétique. En effet, les outils de cartographie comme Gephi requièrent le développement d’une logique interprétative qui ne se contente pas d’une visualisation figée qui serait explicite d’elle-même.

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Situé au point de convergence de ces deux orientations, le projet My Web Intelligence9, proposé par Amar Lakel, est un exemple d’une

recherche-action en cours dans le cadre des SIC ; il dote la communauté des chercheurs, mais aussi de professionnels du numérique, d’une plateforme open-source ouverte à l’intégration des méthodes d’analyse des corpus numériques. Avec cette application développée à l’université Bordeaux-Montaigne, la recherche sur la production de contenu en ligne peut mieux gérer les phases préliminaires du traitement des données et des hypothèses dans une étude. Elle ouvre surtout la perspective d’un ensemble d’application partagé par la discipline.

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Les SIC ont travaillé ces dernières années autour des usages (Jauréguiberry et Proulx, 2011). Cette position d’observation doit être complétée tant il s’agit de comprendre les textes et les choses, les hommes et les réseaux, à l’aide de l’analyse des datas comme archive vivante. Une archéologie des savoirs en SIC liées aux humanités digitales et plus généralement aux études digitales constitue un beau défi, notamment afin de rappeler que dans ses fondements il s’agissait de se saisir des espaces oubliés ou jugés non légitimes. Désormais, il est question de compléter cette démarche en l’articulant à une logique projet qui mêle une pluralité d’approches et de méthodologies pour construire des outils et un appareillage critique qui réalise par des concepts de nouvelles modélisations, de nouvelles façons d’écrire la science et de décrire le monde. L’enjeu est donc d’élaborer de nouvelles littératies parmi les chercheurs, étudiants et futurs chercheurs (Le Deuff, 2012) ; il faut se rappeler que le contexte d’émergence des SIC était également lié à un besoin de formation (Miège, 2000). Le mouvement des médialabs puis des métalabs offre des perspectives pour expérimenter et se former. Au-delà d’un signe des temps, s’organise là une façon de faire qui met en jeu la nouvelle praticabilité du savoir.

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AKRICH Madeleine et al., Sociologie de la traduction textes fondateurs, Paris, Presses de l’École des Mines, 2006. BERRY David, Understanding Digital Humanities, Palgrave Macmillan, 2012.

DOI : 10.1057/9780230371934

BERTIN Jacques. Sémiologie graphique : Les diagrammes, les réseaux, les cartes, Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 2013 BESNIER Jean-Michel, Demain les posthumains : Le futur a­t­il encore besoin de nous ?, Paris, Fayard/Pluriel, 2012

BOLTANSKI Luc et THEVENOT Laurent, De la justification les économies de la grandeur, Paris, Gallimard, 1991 BOLTANSKI Luc et CHIAPPELO Eve, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999

CALLON Michel et al., Agir dans un monde incertain essai sur la démocratie technique, Paris, Éditions du Seuil, 2001 CARDON Dominique, A quoi rêvent les algorithmes : Nos vies à l’heure des big data, Paris, Seuil, 2015

CORMERAIS Franck, «  Humanités digitales, transdisciplinarité et entretrextualité. Éléments pour une organisation des corpus partagés  », in CARAYOL Valérie et MORANDI Franck (sous la dir. de), Le tournant numérique des sciences humaines et sociales, Bordeaux, Maison des sciences d’Aquitaine, 2015, p. 55-65.

CORMERAIS Franck, «  Humanités digitales et Ré/orgnanisation du savoir  », in LE DEUFF Olivier (sous la dir. de), Le  temps  des  Humanités  digitales, Limoges, fyp éditions, 2015a

CORMERAIS Franck, « Hyperville, éléments pour un design contributif et digital », in SEVERO Martha et ROMELE Alberto, Traces numériques et territoire, Presses des Mines, Paris, 2015b, p. 163-177

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21/11/2017 Les SIC à l’épreuve du digital et des Humanités : des origines, des concepts, des méthodes et des outils

Notes

1 Voir la journée organisée à Bordeaux sur le sujet  : http://mica.u-bordeaux3.fr/index.php/en/actu/manifestations/784-journees-etudes-humanites-digitales. À Bordeaux, nous avons voulu développer, au cœur d’un programme transversal sur les humanités digitales du laboratoire MICA, soutenu par l’Université Bordeaux Montaigne, l’Institut des Humanités digitales de Bordeaux (IHDB) pour fédérer les problématiques épistémologiques, méthodologiques et pratiques des chercheurs qui travaillent dans le champ de l’éditorialisation (et de ses archives) numérique. Après une période de réflexion ouverte aux acteurs de la recherche en Aquitaine (2010-2014), l’IHDB s’appuie aujourd’hui sur une stratégie de fédération des acteurs de la recherche autour de projets concrets. C’est dans cette logique de projet orientée R&D que se pense aujourd’hui un travail de réflexivité des SIC aux défis de la communication numérique.

2 Collectif. A l’université, l’illusion numérique. Tribune du 14  juin 2015. Disponible sur  : http://www.liberation.fr/societe/2015/06/14/a-l-universite-l-illusion-numerique_1329517

3http://www.uni-bielefeld.de/lili/personen/rwolff/interview%20Escarpit.htm

4 Le chercheur finlandais, Jussi Parikka (Parikka, 2012°) définit l’archéologie des médias « comme une manière de réfléchir aux nouvelles cultures médiatiques en

profitant des intuitions tirées des nouveaux médias du passé, souvent en mettant l’accent sur les appareillages, les pratiques et les inventions oubliées, bizarres, improbables ou surprenantes. […] L’archéologie des médias considère les cultures médiatiques comme sédimentées en différentes couches, selon des plis du temps et de la matérialité au sein desquels le passé peut soudain être redécouvert d’une façon nouvelle, alors même que les nouvelles technologies deviennent obsolètes à un rythme de plus en plus rapide.» Jussi Parikka, What Is Media Archaeology ?, Cambridge, Polity, 2012, p. 2-3. Traduction par Yves Citton dans l’article : Les

lumières de l’archéologie des médias. http://www.yvescitton.net/wp-content/uploads/2014/09/CITTON-LumieresArcheoMedia-DHS2014-2P.pdf 5 Taxonomy of Digital Research Activities in the Humanities. http://tadirah.dariah.eu/vocab/index.php

6 Le séminaire international sur l’éditorialisation existe depuis 2011 à l’initiative notamment de l’IRI : http://www.iri.centrepompidou.fr/evenement/nouvelles-formes-editorialisation/

7 Nous songeons ici aux possibilités offertes pour partager et améliorer un logiciel, son code et ses fonctionnalités comme sur GitHub par exemple. https://github.com/ 8http://hyphe.medialab.sciences-po.fr/ 9http://mywebintelligence.net

Pour citer cet article

Référence électronique Franck Cormerais, Olivier Le Deuff, Amar Lakel et David Pucheu, « Les SIC à l’épreuve du digital et des Humanités : des origines, des concepts, des méthodes et des outils », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 8 | 2016, mis en ligne le 23 mars 2016, consulté le 21 novembre 2017. URL : http://rfsic.revues.org/1820 ; DOI : 10.4000/rfsic.1820

Auteurs

Franck Cormerais Professeur des Universités. Laboratoire MICA, EA 4426. Docteur en philosophie (Paris 1), Docteur en science de l’information et de la communication (Paris 13). Responsable de l’axe prioritaire Humanités Digitales de l’Université Bordeaux­Montaigne. Ses recherches portent sur l’anthropologie des techniques et sur les pratiques herméneutiques des TIC. Co­responsable d’un séminaire international sur les Humanités digitales à l’école Doctorale de l’Université Bordeaux Montaigne. Responsabilités scientifiques récentes dans des projets : réseau européen des Digital Studies (depuis 2015), Musée virtuel de la pensée (2014). Derniers ouvrages publiés : La société éclatée, le retour de l’objet local, éd. de L’Aube, 2014 ; Poétique du numérique 3, Éditions de l’Entretemps, 2015. Co­ fondateur de la revue Études Digitales chez Classiques Garnier. Articles du même auteur Six thèses pour une approche communicationnelle d’un tournant [Texte intégral]

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21/11/2017 Les SIC à l’épreuve du digital et des Humanités : des origines, des concepts, des méthodes et des outils Paru dans Revue française des sciences de l’information et de la communication, 10 | 2017 Olivier Le Deuff Olivier Le Deuff est maître de conférences en Sciences de l’information à l’Université Bordeaux Montaigne, responsable du DUT information numérique dans les organisations. Ses recherches portent sur les humanités digitales, les cultures numériques, la formation à l’information, l’histoire de l’information et de la documentation. Il a notamment dirigé l’ouvrage Le Temps des Humanités digitales chez Fyp éditions, et a publié La Documentation dans le numérique aux Presses de l’Enssib. Articles du même auteur Anatomie et nouvelle organologie de l’édition ouverte [Texte intégral] Paru dans Revue française des sciences de l’information et de la communication, 8 | 2016 Les tubes de la pornosphère : des logiques documentaires entre information et déformation [Texte intégral] Paru dans Revue française des sciences de l’information et de la communication, 5 | 2014 Amar Lakel Amar Lakel est maître de conférences en Sciences de l’information à l’Université Bordeaux Montaigne. Ses recherches sur la mutation de l’espace public par la communication numérique l’ont amené à développer une théorie de la gouvernance de la communication dans un système complexe et ouvert. Il développe depuis 5 ans une méthodologie d’étude des espaces numériques à travers l’invocation de l’analyse des graphes et des analyses multivariées afin de constituer un à objet empirique observable. Il est responsable du projet My Web Intelligence. David Pucheu David Pucheu est maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication, ses travaux de recherches portent essentiellement sur les imaginaires technologiques et leur rapport au processus d’innovation. Par ailleurs spécialiste du design de l’Interaction Homme­Machine, il a investi ses questionnements au service des usages éducatifs des TIC dans le cadre de l’EA TECHNE de l’Université de Poitiers avant de rejoindre l’équipe du MICA.

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