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Submitted on 1 Jan 1874
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Discussion de la méthode des coïncidences
Bichat
To cite this version:
Bichat. Discussion de la méthode des coïncidences. J. Phys. Theor. Appl., 1874, 3 (1), pp.369-374.
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369
DISCUSSION DE LA MÉTHODE DES COÏNCIDENCES;
PAR M. BICHAT,
Professeur au lycée de Versailles.
De
Mayran, qui
aimaginé
la méthode des coineidence a sup-posé implicitement qu’une prcluière
coneidence pouvaittoujours
avoir lieu et
qu’après
un certain intervalle de temps elle l:t.lit né- cessairement suivie d’une autre, et ainsi de suite.Borda,
Biull’t lesautres
expérimentateurs
ontaccepté
lasupposition
de de-Nlayran.
L’expérience, d’ailleurs,
ne semble laisser a cetégard
aucun doute :quand
onapplique
laméthode,
on voit ungrand
nombre de coïnci- dences semanifester,
et, mêmequand
les deuxpendules
sont à peuprès égaux
etqu’une
d’ellesapparait,
ungrand
nombre d autres s’observent, non pasaprès plusieurs
oscillationsnouvelle,
maisimmédiatement,
sansintcrruptiom
à la suite de lapremière.
Puisles
pendules
marchent endésaccord,
et,après quelque
temps une nouvelle série de coïncidences a lieu. Mais cegrand
nombre decoïncidences successives
qu’aperçoit
l’observateur n’est pas une preuvequ’elles
s’effectuent réellement : il montrel’imperfection
des moyens d’observation.
Dans ces
conditions,
on s’estproposé
de rechercher : i"si,
enadmettant
qu’il y
ait unepremière colileideiice,
il y en aura une infinitéd’autres;
2°à quelles
conditions cettepremiere
coineidencepeut
s’effectuer;
3°pourquoi,
même dans les cas Oll aucune com-cidence ne se
produit,
on peut, aupoint
du v ucexpérimental,
admettre
qu’elle
a lieu.Fig. 1.
I. Considérons deux
pendules simples OA,
OA’ oscillant 1 un devant l’autre : il y a coïncidencelorsque
les deuxpendules
passentArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018740030036900
en même temps dans la v erticale avec des vitesses de même sens et
du sens de la flèche. C’est la définition de la coïncidence telle
qu’elle
a été donnée par de Mavran et
adoptée
parBorda, puis
par Biot.Considérons d’abord le cas d’une
amplitude
infinimentpetite.
On sait que, dans ce cas, si l’on
développe
l’arc décrit par le pen- dule suivant uneligne droite,
etsi,
sur cet arcdéveloppé,
on décritune
demi-circonférence ,
on pourratoujours
supposer sur cette demi-circonférence un mobile animé d’une vitesse telle que, àchaque
instant, laprojection
de cette vitesse sur la droite soitégale
à celle du
pendule
aupoint correspondant
de l’axe décrit. Si nous avons un secondpendule
se mouvant devantl’autre,
nous aurons une seconde deini-circonférenceanalogue
à lapremière,
et lescoïncidences des mobiles des demi-circonférences auront lieu en
même temps que les coïncidences des
pendules
dans la verticale.Supposons
maintenantl’amplitude quelconque.
On sait que, dansce cas, la force
qui produit
le mouvement estproportionnelle
à sin
x l,
xdésignant
la distancecomptée
surl’arc,
dupoint
où setrouve le
pendule
aupoint milieu,
et 1représentant
lalongueur
dupendule. Or,
si l’ondéveloppe,
encore cet arc suivant uneligne droite,
on pourratoujours
trouver une infinité de courbes telles que, un mobile se mouvant sur l’une de ces courbes d’un mouvementuniforme,
laprojection
de ce mobile sur laligne
droite se meuvesous l’action d’une force
proportionnelle
à sinx l, x désignant la
distance de la
projection
aupoint
milieu de la droite. Nous voici donc amenés à étudier les coïncidences de deux mobiles se mouvantd’un mouvement uniforme sur deux courbes de formes et de lon- gueurs données.
Il est presque inutile de faire remarquer que les résultats aux-
quels
nous serons conduitss’appliqueront intégralement
au cas dedeux
pendules composés quelconques.
Considérons donc deux
lignes quelconques
droites ou courbesAB,
A’B’
(fig. 2),
dont les milieux sont en o et o’ et surlesquelles
semeuvent deux mobilcs animés de vitesses constantes
parfaitement
déterminées. Nous supposerons d’abord que les mobiles sont en
coïncidence,
et nous nous proposerons de chercher s’il y en aurad’autres,
et, dans ce cas, de déterminer la diiférence des nombres d’oscillations exécutées par les deux mobiles entre deux coïncidences37I successives. Le
premier
faisant lllle oscillationsimple.
l’autre enfait
(1
+p p),pq
étant, dans le cas leplus général ,
une fraction i r- réductible.Fig. 2.
Lorsque
lepremier
aura fait noscillations,
le second en aura fait(
+np q).
La diférence A entre les nombres d’oseillations execu-tées par les deux
pendules
seraPour que, à ce moment,
il y
ait une nouvelle coïncidence. il faut que n soit un nombrepair
etque à
soit zcn nombre entier etpair (d’après
la définition de lacoïncidence).
Il faut donc d’ahord que q divise leproduit
np , et, comme il estpremier
avecp, il doitdiviser n; n est donc un
multiplc
de cl.Supposons
d’abord n = q. Lepremier
mobile aura fait fI oscilla- tions et le second( p +q). Or,
si q estpair,
p estimpaire,
etrécipro-
quement ; par
conséquent,
dans tous les cas,(p
+q)
estiinpair
et,par
suite, il n’y
a pas de coïncidencepossible. L’hypothèse n
= q doit donc êtrerejetée.
Supposons
maintenant n =2q. Leprcmier
mobile aura fait2 q
oscillations,
et lesecond 2 (p
+q) .
Ces deux nombres sont en-tiers et
pairs;
donc il y a coïncidence et, dans ce cas, l a différence A estégale
à 2 p. Il en scrait de même pour 114 fI..
m -hy....,
n =
2 k q .
Donc,
dans le cas que nous avonssuppôt.
en admettantq’il y ait
coïncidence,il y
en aura uneinfinité
d’autre, et ladiffé-
renee entre les nOlllbres d’oscillations exécutées par les deux mo-
biles entre deux coïncidences sllccessives est constante et
égale
à 2p. De
plus,
il est facile de voirque le
rapport entre ces nombres d’oscillations est constant et égale à q -.,
Dans le cas
particulier
où lafraction "-
peut être mise sous laforme I- f,
et dans ce casseulement,
la différence entre les nombresd’oscillations exécutées par les deux mobiles est
égale
à deux. Nouspouvons remarquer encore que, si la
fraction p
esttrès-faible,
c’est-à-dire
si p
esttrès-petit
par rapport à q, les coïncidences n’auront lieuqu’après
un nombretrès-grand
n =2q d’oscillations exécutées par l’un desmobiles,
lepremier
parexemple.
Si l’on suppose
alors p =
i et, parsuite,
si l’onprend 0
== 2,au lieu de
prendre A
= 2 p, on commettra une erreur relative2(p-I) 2q= p-I q d’autant
plus
faible que p seraplus
voisin del’unité et
plus petit
par rapport à q.II. Nous avons
supposé,
dans cequi précède, qu’il
y a une pre- mièrecoïncidence ;
nous allons chercher maintenantquelles
sont lesconditions nécessaires et suffisantes pour que cette
première
coïnci-dence
puisse
avoir lieu.Supposons
l’un des mobiles aupoint
o, l’autre en unpoint M quelconque
à ume distance dupoint
o’ queje représente
par ),.Sup-
posons de
plus qu’ils
marchent dans le sens desflèches,
la vitesse du second étantplus grande
que la vitesse dupremier. Après chaque
oscillation
double,
lepremier
mobile se retrouve aupoint
o dansFig. 3.
les mêmes conditions
qu’au
commencement du mouvement, tandis que le second mobile serapproche
peu à peu dupoint
o d’unequantité toujours
lamême,
et queje représente
par 1. Lepremier
mobile ayant fait n oscillations
doubles,
c’est-à-dire ayant parcouruun chemin
2 nl ,
le second aura parcouru un chemin 2nl’ + nO.Pour
qu’à
ce moment il y aitcoïncidence,
il faut que l’on aitou,
plus généralement,
03BC étant un nombre entier. La valeur de n, tirée de cette
équation,
373 devant être entière, il faudra que A ; 2ul’ soit un
multiple
de0’l
cequi
n’arrivera pas forcément.Il faut donc conclure que,
généralement,
iln’y
aura pas coïnci- dence.Nous pouvons remarquer en passant que si ù est extrêmement
petit,
c’est-à-dire si les v itesses des deux mobiles sonttrès-peu
dif-férentes l’une de
l’autre,
il pourra se fairequ’après
un certainnombre
d’oscillations,
facile àdéterminer,
le second mobile sctrouve à une distance
insignifiante
dupoint
o, distanceq’il
seraitdifficile,
sinonimpossiblc, d’apprécier,
même anec les instrument lesplus grossissants.
Il semblerait alors non-seulementqu’il
y acoïncidence,
mais encore que cette coïncidence se continuependant
un certain nombre d’oscillations.
Ce
qui précède s’appliquant
aupendule,
nous pouvons conclure : I°Lorsque
deuxpendules
se meuvent l’un devantl’autre, il n’y
aura pas nécessairement
coïncidence;
2° Dans le cas où le rapport entre les nombres d’oscillations exé- cutées entre les deux
pendules
dans le même temps peut être mis, sous la formc
T
s’il y a unecoïncidence,
il y en aura une infi-I+ p q
nité,
et la différence entre les nombres d’oscillations exécutées par les deuxpendules
entre deux coïncidences successives sera con- stante etégale
à 2 p. Cette diilércnce ne seraégale
à 2 que dans lecas
particulier où p
= 1.III. Dans tous les cas
enfin,
pourvu que les durées d’oscillation des deuxpendules
soient infiniment peudifférentes,
on pourra, aupoint
de vueexpérimental,
admettrequ’il
y atoujours coïncidence, puisqu’il
seraimpossible
de constater le contraire. même au moyen d’une lunette. Dans ce cas, si l’on admet que 4à + 2, on commettra une erreurqui
seratrès-faible,
comme il est facile de s’en rendre compte en considérant encore le cas de deux mobiles se movementd’un mouvement
uniforme,
l’un faisant I oseillation et 1 autre enfaisant 1 + p
E ou
Lien qSupposons,
eneffet, q q = f + r p,
r’ p, et supposons dt.plus
que l’onnéglige
lafraction r p.
Alors A=2 . On commet une erreurabsolue s, qui
a pour valeurAu bout de n oscillations exécutées par le
premier mobile,
l’erreurcommise sur le nombre d’oscillations du second sera
Les mobiles étant en coïncidence au commencement du mouvement, la seconde coïncidence aura lieu pour n =
2 f,
et alors l’erreur seraerreur
insignifiante
sif
esttrès-grand,
cequi
est le cas desexpé-
riences de Borda et de celles de Biot.
DU MOUVEMENT SOUS-HORIZONTAL DES LIQUIDES DANS LES TUBES CAPILLAIRES ET DANS LES CORPS POREUX;
PAR M. C. DECHARME.
Après
avoir observé le mouvement ascendantspontané
desliquides
dans les tubescapillaires (1),
sous toutes lesinclinaisons, j’ai
continué l’étude du mouvement pour les diversespositions
destubes au-dessoits de l’horizontale. En voici un aperçu :
En joignant
par deslignes
continues les extrémités deslongueurs capillaires correspondant
à des tempségaux,
pour un mêmeliquide
et un mêmetube,
il en est résulté un ensemble de courbessynchrones formant,
pour ainsidire,
les ondescapillaires,
deseconde en
seconde,
courbes dont lespremières
surtout se rap-prochent
de la formecirculaire,
et telles que la nappe inférieure à l’horizon n’estpoint symétrique
de la nappesupérieure;
et cela seconçoit, puisque
la pesanteur v ient icis’ajouter
à lacapillarité,
aulieu
d’agir
en senscontraire,
comme dans le mouvement ascendant.La différence entre ces deux nappes est d’autant
plus grande
que le diamètre du tube estplus large,
latempérature plus
élevée et leliquide plus
fluide. C’est ce que montre le tableausuivant,
à l’aide(1) Journal de Physique, t. II, p. 25.