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Orientation d’une courbe paramétrée

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Théorie des courbes planes

(2)

Représentation explicite

La représentation explicite d’une courbe plane par une équation y = f(x) impose une restriction géométrique importante.

Une telle courbe ne peut intersecter en plus d’un point toute droite parallèle à l’axe des y.

On peut résoudre le problème de découpant la courbe en morceaux, chaque morceau pouvant être représenté par une équation y = f(x).

Exemple:

• le cercle de rayon a et centré à l’origine est représenté par 2 morceaux, définis pour −a ≤ x ≤ a:

y = p

a2 − x2 et y = −p

a2 − x2

x y

O a

−a

• Cependant pour une courbe aussi simple qu’une droite parallèle à l’axe des y, on ne peut pas trouver une telle représentation.

x y

O xo

(3)

Représentation implicite

On décrit la courbe par une équation de type Φ(x, y) = 0.

Exemple: le cercle de rayon a et centré à l’origine:

Φ(x, y) = x2 + y2 − a2 = 0

Exemple: Toute ligne droite dans le plan a une équation implicite de la forme Φ(x, y) = ax + by + c = 0

a, b, c étant des constantes; a et b n’étant jamais nuls en même temps.

Le cas b = 0 donne les droites parallèles à l’axe des y: x = −c/a

La description implicite a le désavantage qu’il faut résoudre l’équation Φ(x, y) = 0 pour un x donné.

(4)

Représentation paramétrique

Au lieu de considérer une des coordonnées comme fonction de l’autre coordonnée, on considère les 2 coordonnées comme fonction d’une 3ieme variable indépendante (appelée paramètre), notée, par exemple, par t.

Le point de coordonnées (x, y) décrit la courbe quand t varie dans un intervalle.

En général, une représentation paramétrique d’une courbe plane s’écrit de la forme:

x = x(t) = Φ(t); y = y(t) = Ψ(t) a ≤ t ≤ b

On supposera que Φ et Ψ possèdent des dérivées continues.

(5)

Exemple:

Cercle de rayon a et centré à l’origine:

x = acost; y = asint,

0 ≤ t ≤ 2π x

y

a t

(6)

Exemple:

Ellipse de demi-grand axe a et de demi-petit axe b.

Représentation implicite:

x2

a2 + y2

b2 = 1

Représentation paramétrique:

x = acost, y = b sint 0 ≤ t ≤ 2π

a b

θ x

y

tan(θ) = b

a tan(t)

(7)

Orientation d’une courbe paramétrée

A une représentation paramétrique x = x(t); y = y(t) d’un arc simple C correspond une orientation de C: celle de la direction de t croissant.

On peut aussi représenter des courbes fermées compliquées.

(8)

Cycloïde

x = a ( t − sin t ); y = a (1 − cos t ) 0 ≤ t ≤ 2 π

t x y

0 0 0

π aπ 2 a

2π 2aπ 0

0 1

00 11 0

1

2a π a π

a y

0

t

t x

C’est une courbe plane, trajectoire d’un point fixé à un cercle qui roule sans glisser sur une droite.

(9)

Cycloïde

x = a(t − sint); y = a(1 − cost)

0000 1111

00 11 00

11

2aπ aπ

a y

0

t

t x

cost = a − y

a ; sint = ± r

1 − a − y a

2

donc

x = aarccosa − y a

± p

a2 − (a − y)2 = aarccosa − y a

± p

(2a − y)y

x = g(y) est une fonction compliquée !

(10)

Dérivées, tangente et normale en représentation paramétrique

Soit la courbe C de représentation paramétrique suivante:

x = x(t) = Φ(t), y = y(t) = Ψ(t) On note les dérivées avec un ˙(comme Newton)

˙

x = dx

dt = ˙Φ; y˙ = dy

dt = ˙Ψ

( ˙x,y)˙ sont souvent appelées composantes de la vitesse du point P se déplaçant sur la courbe C.

Remarque: le vecteur vitesse de composantes ( ˙x,y˙) est tangent à la courbe.

(11)

Remarque: le vecteur vitesse de composantes ( ˙ x, y ˙ ) est tangent à la courbe.

Soit −→

X = −−→

OP vecteur de composantes [x(t), y(t)]

−→dX = −−−−−−→

X(t + dt) − −−→

X(t) est tangent à la courbe

O X(t+dt)

X(t) dX

P(t+dt)

P(t)

−→ dX

dt vecteur de composantes [ ˙ x, y ˙ ] est tangent à la courbe

(12)

Si x˙ 6= 0, on peut représenter la courbe localement par une équation y = f(x) en calculant t en fonction de x à l’aide de la 1iere équation, puis en écrivant y = Ψ(t(x)

On obtient donc:

dy

dx = dy dt

dt

dx = y˙

˙ x

On note α l’angle entre la tangente et l’horizontale:

tanα = dy

dx = y˙

˙ x

x x+dx y+dy

y α

(13)

Equation de la tangente à la courbe au point P ( x, y )

Soit un point M(ξ, η) sur la tangente à la courbe au point P(x, y).

On a tanα = η − y

ξ − x avec tanα = dy

dx = y˙

˙ x.

00 11

O

P

M

ξ η

x

y α

L’équation de la tangente peut donc s’écrire:

(ξ − x) ˙y − (η − y) ˙x = 0

(14)

Equation de la normale à la courbe au point P ( x, y )

Soit un point N(ξ, η) sur la normale à la courbe au point P(x, y).

On a tan(π

2 − α) = η − y

x − ξ = 1 tan(α).

00 11

O

P N

x

y α

η

ξ

L’équation de la normale peut donc s’écrire:

(ξ − x) ˙x + (η − y) ˙y = 0

(15)

Exemple: Tangente et normale au cycloïde

x(t) = a(t − sint), y = a(1 − cost)

˙

x(t) = a(1 − cost), y(t) =˙ asint

• en t = π, on a

x(π) = aπ, y(π) = 2a,x(π˙ ) = 2a,y˙(π) = 0

00 11

00 11 0000

1111

2aπ aπ

a y

0

t

t x

x=a π

y=2a

Equation de la tangente en t = π [ξ − x(π)] ˙y(π) − [η − y(π)] ˙x(π) = 0

[ξ − aπ]0 − [η − 2a]2a = 0 η = 2a

Equation de la normale en t = π x(π)] ˙x(π) + [η y(π)] ˙y(π) = 0

aπ]2a+ [η 2a]0 = 0 ξ =

(16)

Longueur d’une courbe

La longueur d’une courbe est la limite de la longueur de polygones construits sur la courbe.

On suppose la courbe représentée sous la forme x = x(t), y = y(t), α < t < β

Dans l’intervalle entre α et β, on choisit des valeurs intermédiaires

α = to ≤ t1 ≤ .... ≤ tn = β

On rejoint les points Po, P1 ..., Pn−1, Pn sur la courbe correspondant à ces valeurs ti par des seg- ments de droite, obtenant ainsi un polygone.

P0 P1

P2

Pn−1 Pn

t0 t1

tn

(17)

La longueur de ce polygone dépend des points choisis Pi. Si on augmente le nombre de points (n → ∞) de

sorte que la longueur de l’intervalle le plus grand (ti+1, ti) tende vers zéro, alors la longueur de la courbe est définie comme la limite des périmètres de ces polygones inscrits.

P0 P1

P2

Pn−1 Pn

Pi+1 Pi

t0 t1

ti ti+1

tn

La longueur du polygone s’appuyant sur (Po,... ,Pn ) est:

Sn =

n−1

X

i=0

PiPi+1 =

n−1

X

i=0

p[x(ti+1) − x(ti)]2 + [y(ti+1) − y(ti)]2

(18)

On suppose que x(t)˙ et y(t)˙ existent et sont continues pour α ≤ t ≤ β. On pose ∆ti = ti+1 − ti.

La longueur du polygone s’appuyant sur (Po,... ,Pn ) est:

Sn =

n1

X

i=0

PiPi+1 =

n1

X

i=0

p[x(ti+1) − x(ti)]2 + [y(ti+1) − y(ti)]2

On utilise le théorème de la valeur moyenne:

∃ξi, ti ≤ ξi ≤ ti+1 tel que x(ti+1) − x(ti) = ˙x(ξi)∆ti

∃ηi, ti ≤ ηi ≤ ti+1 tel que y(ti+1) − y(ti) = ˙y(ηi)∆ti

Donc

Sn =

n1

X

i=0

p[ ˙x(ξi)]2 + [ ˙y(ηi)]2∆ti

quand n → ∞, Sn → L = Z β

α

p[ ˙x(t)]2 + [ ˙y(t)]2 dt

(19)

Exemple: Longueur d’un cycloïde

Un cycloïde est représenté par

x(t) = a(t sint), y = a(1 cost) On a

˙

x(t) = a(1 cost), y(t) =˙ asint

(1 cost) = 2 sin2 t 2

00 11

00 11 00

11

2aπ aπ

a y

0

t

t x

La longueur du cycloïde entre 0 et α est:

L(α) = Z α

0

q

[ ˙x(t)]2 + [ ˙y(t)]2dt = a Z α

0

q

((1 cost)2 + sint2dt = a Z α

0

2 2 costdt

L(α) = a Z α

0

r

4 sin2 t

2dt = a Z α

0

2 sin t

2dt = 2ah

2 cos t 2

iα

0 = 4a(1 cos α

2 ) = 8asin2 α 4

(20)

Invariance de la longueur quand on change de paramètre

La longueur L de la courbe ne peut pas dépendre de la représentation particulière utilisée pour paramétrer C.

Si on introduit un nouveau paramètre τ, fonction de t, avec dt > 0 (même orientation de la courbe), la formule intégrale obtenue pour L donne la même valeur que les paramètres t ou τ soient utilisés.

On a

r dx dt

2

+ dy dt

2

=

r dx dτ

dτ dt

2

+ dy dτ

dτ dt

2

=

r dx dτ

2

+ dy dτ

2 dτ dt donc la longueur L de la courbe comprise entre α et β est

L = Z β

α

q

( ˙x(t)2 + ( ˙y(t))2 dt = Z β

α

r dx

2

+ dy

2

dt dt = Z b

a

r dx

2

+ dy

2 où on a posé: τ(α) = a et τ(β) = b

(21)

Cas d’une courbe donnée par une fonction y = f ( x ) avec a ≤ x ≤ b

On peut introduire x comme paramètre.

La longueur de la courbe en- tre x = a et x = b est

L =

Z

b a

r

1 + dy dx

2

dx

x x+dx y+dy

y dx

ds dy

(22)

Représentation d’une courbe en coordonnées polaires.

Soit une courbe représentée par la fonction r = f(θ), α ≤ θ ≤ β.

On a x = r(θ) cos(θ), y = r(θ) sinθ.

Choisissant θ comme paramètre, on a:

dx

dθ = dr

dθ cos θ − rsinθ et dy

dθ = dr

dθ sinθ + rcos θ Donc

L = Z β

α

r dx dθ

2

+ dy dθ

2

dθ = Z β

α

r dr dθ

2

+ r2

Exemple: le cercle de rayon a et centré à l’origine r(θ) = a:

On a

L =

Z 2π

0

r dr dθ

2

+ r2dθ =

Z 2π

0

adθ = 2πa L est la longueur totale du cercle.

(23)

Additivité des longueurs

Soit C une courbe donnée par x = x(t), y = y(t), α ≤ t ≤ β où les fonctions x˙ et

˙

y sont continues.

Soit γ une valeur comprise entre α et β alors:

Z β

α

p( ˙x(t))2 + ( ˙y(t))2dt = Z γ

α

p( ˙x(t))2 + ( ˙y(t))2dt + Z β

γ

p( ˙x(t))2 + ( ˙y(t))2dt

• Les intégrales à droite de l’égalité représentant les longueurs des deux portions de la courbe en lesquelles la courbe C est divisée par le point correspondant à t = γ.

• La longueur de la courbe est donc égale à la somme des longueurs de ces portions.

• Il n’est pas nécessaire que x˙ et y˙ soient des fonctions continues. x˙ et y˙ peuvent avoir des sauts (la courbe présente des coins).

La longueur totale est la somme des longueurs des portions continues.

(24)

L’abscisse curviligne comme paramètre

• Une courbe peut avoir de multiples représentations paramétriques x = x(t), y = y(t).

Toute fonction monotone de t peut être choisie comme paramètre à la place de t.

• Dans de nombreux cas, il est intéressant d’utiliser un

"paramètre standard" défini de façon géométrique : ce paramètre sera la longueur de la portion de courbe comprise en P et un point fixe Po.

• Soit une représentation paramétrique de la courbe C x = x(t), y = y(t), avec α ≤ t ≤ β

t

s(t)

P

Po to

On introduit l’abscisse curviligne s par l’intégrale:

s = s(t) = Z t

to

p( ˙x(t))2 + ( ˙y(t))2dt avec α ≤ to ≤ β, α ≤ t ≤ β

(25)

s = s(t) = Z t

to

p( ˙x(t))2 + ( ˙y(t))2dt avec α ≤ to ≤ β, α ≤ t ≤ β Donc pour toutes valeurs t1 et t2 dans

α, β

s(t2) − s(t1) =

Z t2

t1

p( ˙x(t))2 + ( ˙y(t))2dt

est la longueur de la portion de courbe située entre les points correspondant à t = t1 et t = t2, si t1 < t2 (Si t1 > t2, on aura: - longueur de la portion de courbe).

t1

t2

s(t2)−s(t1)

On a donc

ds dt =

r

dx dt

2

+ dy dt

2

s est l’abscisse curviligne mesurant la position d’une particule se déplaçant sur la courbe, s˙ = dsdt est la vitesse de la particule.

(26)

Vecteur tangent

• Le vecteur −→ T =

−→dX

ds de composante dxds, dyds

est un vecteur tangent à la courbe au point

x(s), y(s) .

• On a la relation dx

ds 2

+ dy ds

2

= 1

par définition de l’abscisse curviligne (ds2 = dx2 + dy2).

⇒ −→

T est donc normé.

O dX

P(s+ds)

P(s)

X(s+ds)

X(s)

dx

ds = dx dt

dt

ds = x˙

p( ˙x)2 + ( ˙y)2 , dy

ds = y˙

p( ˙x)2 + ( ˙y)2

(27)

Exemple: le cycloïde

Le cycloïde est représenté par

x(t) = a(t − sint), y = a(1 − cost) avec x(t) =˙ a(1−cost), y(t) =˙ asint et donc

ds

dt = p

( ˙x(t))2 + ( ˙y(t))2 = 2asin t 2

Vecteur tangent au cycloïde T~: Tx = dx

ds = sin t

2, Ty = dy

ds = cos t 2

T~(0) = [0,1]; T~(π) = [1,0]; T~(2π) = [0,−1]

πa 2a π x

y

0

(28)

Courbure, Rayon de courbure

Courbure

La courbure est un paramètre qui décrit le comportement local d’une courbe au voisinage d’un point.

x y

P α

Soit α: l’angle d’inclinaison de la courbe en un point P. La courbure de la courbe est

K = dα ds

(29)

Remarque:

La courbure de la courbe est

K = dα ds

K > 0 la fonction est convexe

K < 0 la fonction est concave.

(30)

• Cas d’une représentation paramétrique x = x(t), y = y(t): tan(α) = y˙

˙

x donc α = arctany˙

˙ x

+ nπ, n fixe

dt = x˙y¨ − x¨y˙

( ˙x)2 + ( ˙y)2 (Rappel : [arctan(f(x))] = f(x) 1 + f(x)2 )

Or ds

dt = p

( ˙x)2 + ( ˙y)2 donc dα

ds = K = x˙y¨ − x¨y˙ [( ˙x)2 + ( ˙y)2]3/2

Exemple: le cycloïde

K = − 1

4asin 2t < 0 ∀t ∈ [0,2π]

La courbe est concave

(31)

• Si x est le paramètre utilisé:

tan(α) = dy

dx donc α = arctandy dx

+ nπ, n fixe ⇒ dα dx =

d2y dx2

1 +

dy dx

2

Or

ds dx =

r

1 + dy dx

2

donc dα

ds = K =

d2y dx2

h1 + dydx2i3/2

(32)

Exemple

Soit la courbe définie par y = x3. Sa courbure est

K = 6x

(1 + 9x4)3/2

Pour x < 0 la fonction est concave Pour x > 0 la fonction est convexe.

(33)

• Si s est le paramètre utilisé:

tan(α) =

dy ds dx ds

⇒ d

ds tan(α) =

dx ds

d2y

ds2dds2x2

dy ds

dx ds

2

Or d

ds tan(α) = dα

ds [1 + tan2(α)] = dα ds

ds dx

2

On a donc

ds = K = dx ds

d2y

ds2 − d2x ds2

dy ds

(34)

Rayon de courbure

Soit ρ = K1 ; |ρ| est appelé rayon de courbure au point considéré.

En tout point P de la courbe, on peut tracer un cercle tangent à la courbe en P et ayant le même rayon de courbure que la courbe. Le cercle est appelé cercle de courbure de la courbe C au point P. Son centre est le centre de courbure de la courbe C au point P.

0000 1111 00

1101

0 1

x y

(ξ,η) Q

P α

O

C

x y

P α

Q (ξ,η)

Le centre de courbure Q(ξ, η) est situé sur la normale à la courbe en P.

(35)

Exemple: le cycloïde

• Courbure:

K = − 1

4asin 2t < 0 ∀t ∈ [0,2π]

• Rayon de courbure:

|ρ| = 4asin t 2

En t = π, |ρ| = 4a

Q 0

−2a 2a

2a x

y

π

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