EPAC / CAP / 2016 Omar CHABI 0
REPUBLIQUE DU BENIN ---
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
---
UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI ---
ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY-CALAVI (EPAC) ---
CENTRE AUTONOME DE PERFECTIONNEMENT (CAP) ---
RAPPORT DE FIN DE FORMATION DE LICENCE PROFESSIONNELLE EN PRODUCTION ANIMALE
THEME
TCHAOUROU
Présenté et soutenu par: Sous la direction de:
Omar CHABI Issaka YOUSSAO ABDOU KARIM Professeur Titulaire de Zootechnie
Année académique 2015-2016
CONSANGUINITE ET GESTION DES RESSOURCES BOVINES DANS LES ELEVAGES TRADITIONNELS DE LA
COMMUNE DE TCHAOUROU
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Dédicace
Je dédie ce travail:
à DIEU qui, nuit et jour guide mes pas et a permis la réalisation de ce rapport;
à mon père Mamadou CHABI, pour tous les sacrifices consentis;
à ma mère Clotilde CHABI, pour son grand amour maternel et ses sacrifices pour donner un sens à ma vie;
à ma fiancée Aïcha METO, qui m’a toujours soutenu avec abnégation.
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Hommages
A mon cher Maître Professeur Issaka YOUSSAO ABDOU KARIM, Professeur Titulaire de Zootechnie, Enseignant-Chercheur au Département de Production et Santé Animales de l’École Polytechnique d’Abomey-Calavi, pour n’avoir ménagé aucun effort dans la supervision de ce travail. Je garderai en esprit votre enthousiasme que vous avez toujours généré en moi en me transmettant vos connaissances, ainsi que la rigueur que vous avez appliquée durant toute ma formation. Recevez ici mes hommages et l’expression de ma profonde gratitude;
Au président et aux membres du jury, pour avoir accepté de juger ce travail malgré vos multiples occupations;
Aux enseignants du Département de Production et Santé Animales pour votre disponibilité. Vos méthodes pragmatiques m’ont toujours émerveillé. Sincères remerciements.
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Remerciements
Mes remerciements vont à l’endroit:
de toutes les autorités de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi en général et en particulier du Centre Autonome de Perfectionnement, pour la formation académique et professionnelle d’une part et d’autre part pour avoir facilité la réalisation de ce rapport;
du corps enseignant, pour la qualité de la formation et les multiples conseils et enseignements reçus;
du DocteurKévin KASSA, pour son accompagnement dans le cadre de la rédaction de ce rapport;
de tout le personnel du SCDA et des éleveurs de la commune de Tchaourou, qui m’ont assisté sous toutes les formes pour la réussite de cette enquête.
de Madame Elisabeth BOUKARI, pour son soutien indéfectible;
de mes frères et sœurs: Rachid CHABI, Malick CHABI et Yasmine CHABI pour leur soutien et leur fraternité.
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Table des matières
Dédicace ... 1
Hommages ... 2
Remerciements ... 3
Table des matières ... 4
Liste des tableaux ... 6
Liste des figures ... 7
Liste des sigles et abréviations ... 8
Résumé ... 9
Abstract ... 10
Introduction ... 11
PREMIERE PARTIE: SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE ... 13
1.1. Races bovines ... 14
1.1.1. Races bovines du Bénin ... 14
1.1.1.1. Taurins ... 14
1.1.1.1.1. Taurins à longues cornes ... 14
1.1.1.1.1.1. Race N’dama ... 14
1.1.1.1.1.2. Race Pabli ... 15
1.1.1.1.2. Taurins à courtes cornes ... 15
1.1.1.1.2.1. Race Lagunaire ... 15
1.1.1.1.2.2. Race Somba ... 16
1.1.1.2. Zébus ... 17
1.1.1.2.1. Zébu M’bororo ... 17
1.1.1.2.2. Zébu Azawak ... 17
1.1.1.2.3. Zébu White Fulani ... 18
1.1.1.2.4. Zébu Goudali ... 18
1.1.1.3. Bovins de race Borgou ... 19
1.1.1.4. Bovins métis ... 20
1.1.1.4.1. Métis Azawak x Lagunaire... 20
1.1.1.4.2. Métis Zébu x Borgou ... 20
1.1.2. Races bovines exotiques élevées au Bénin ... 21
1.1.2.1. Race Girolando ... 21
1.1.2.2. Race Gir ... 23
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1.2. Systèmes d’élevage ... 23
1.2.1. Système d’élevage extensif ... 24
1.2.1.1. Système d'élevage extensif sédentaire ... 25
1.2.1.2. Système d'élevage extensif semi-transhumant ... 26
1.2.1.3. Système d'élevage extensif transhumant ... 26
1.2.1.4. Système d’élevage extensif nomadique ... 27
1.2.2. Système d’élevage semi-intensif ... 28
1.2.3. Elevage commercial ou système d’élevage intensif ... 28
1.3. Consanguinité et paramètres indicateurs dans les cheptels bovins ... 30
1.4. Conséquences de la consanguinité dans les cheptels bovins ... 31
DEUXIEME PARTIE: MATERIEL ET METHODES ... 32
2.1. Cadre d’étude ... 33
2.2. Méthodologie ... 35
2.3. Traitement des données ... 35
TROISIEME PARTIE: RESULTATS ET DISCUSSION ... 37
3.1. Résultats ... 38
3.1.1. Identité des éleveurs de la commune de Tchaourou ... 38
3.1.2. Structure et mode de constitution des cheptels bovins de la commune de Tchaourou .. 40
3.1.3. Habitats et alimentation des cheptels bovins de la commune de Tchaourou ... 41
3.1.4. Paramètres de reproduction des troupeaux bovins de la commune de Tchaourou ... 43
3.1.5. Pathologies rencontrées dans les troupeaux bovins de la commune de Tchaourou ... 45
3.1.6. Performances de production laitière des bovins dans la commune de Tchaourou ... 47
3.2. Discussion ... 48
3.2.1. Identification des éleveurs de bovins ... 48
3.2.2. Constitution des cheptels bovins ... 48
3.2.3. Habitats et alimentation des troupeaux bovins ... 49
3.2.4. Reproduction des cheptels bovins ... 49
3.2.5. Pathologies et performances de production des troupeaux bovins ... 49
Conclusion et suggestions ... 51
Références bibliographiques ... 52
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Liste des tableaux
Tableau 1: Identification des éleveurs de la commune de Tchaourou ... 39 Tableau 2: Structure et mode de constitution des cheptels bovins de la commune de Tchaourou ... 40 Tableau 3: Habitats et mode d'alimentation des troupeaux bovins dans la commune de Tchaourou ... 42 Tableau 4a : Paramètres de reproduction des cheptels bovins de la commune de Tchaourou. 44 Tableau 4b: Evaluation des paramètres de reproduction dans les cheptels de la commune de Tchaourou ... 45 Tableau 5: Pathologies rencontrées dans les cheptels de la commune de Tchaourou ... 46
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Liste des figures
Figure 1: Taurin Lagunaire (Salifou, 2013) ... 21
Figure 2: Taurin Somba (Youssao, 2015) ... 21
Figure 3: Taurin Borgou (Kassa, 2011)... 21
Figure 4: Zébu White Fulani (Kassa, 2011) ... 21
Figure 5: Bovin Girolando (Kassa, 2011) ... 22
Figure 6: Carte de localisation géographique de la commune de Tchaourou ... 34
Figure 7: Taille et structure des cheptels bovins de la commune de Tchaourou... 41
Figure 8: Production de lait des vaches consanguines et non consanguines dans les cheptels de la commune de Tchaourou ... 47
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Liste des sigles et abréviations
FEO: Ferme d’Elevage de l’Okpara FAO: Food and Agriculture OrganizationFind : Coefficient de consanguinité d’un individu FIS: Indice de Fixation Individu-Sous-population ICP: Intervalle de Confiance d’un Pourcentage PIB : Produit Intérieur Brut
SAS: Statistical Analysis System SAU: Surface Agricole Utile
SFP: Surface Fourragère Principale
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Résumé
La gestion des ressources génétiques bovines est problématique au Bénin. Ainsi, pour des mesures correctives, cette étude a pour but d’évaluer la consanguinité et la gestion des ressources bovines dans les élevages traditionnels de la commune de Tchaourou. A cet effet, 31 éleveurs ont été enquêtés. Ces éleveurs ont été sélectionnés en fonction de leur accessibilité et de leur disponibilité. Une fiche d’enquête a été conçue et concernait l’identité des éleveurs, la structure et le mode de constitution des cheptels, l’habitat et le mode d’alimentation des bovins, les paramètres de reproduction des troupeaux, les performances de production laitière des bovins consanguins et non consanguins et les pathologies rencontrées au sein des élevages. Un programme d’entretien a été établi en accord avec ces éleveurs. Il en résulte que plus de la moitié (56,67%) des éleveurs de la commune de Tchaourou sont des Bariba. Les éleveurs enquêtés ont soit un niveau primaire (51,61%) ou sont non scolarisés (32,26%). La majorité (77,42%) de ces éleveurs pratique à la fois l’élevage et l’agriculture. Les troupeaux enquêtés sont constitués en moyenne de 43 bovins regroupant principalement les vaches, les veaux et les velles généralement des zébus Peulh. Dans la plupart (93,55%) des cas, le système d’élevage est de type extensif sédentaire. La nuit, les bovins sont tous regroupés et attachés à l’air libre aux piquets (77,42%). La monte est libre (83,87%). Parmi les pathologies rencontrées au sein des cheptels enquêtés figurent celles liées à la consanguinité. Les pathologies et symptômes fréquents chez les individus consanguins sont le retard de la croissance (60%), les malformations néonatales (40%) et l’amaigrissement (60%). Par ailleurs, les taux de fertilité et de fécondité sont respectivement de 91,5% et 82,75% pour une moyenne de 8 femelles reproductrices par cheptel. De même, les vaches non consanguines ont une production du lait significativement (p<0,05) supérieure à celle des vaches consanguines. La consanguinité a une incidence négative sur les performances zootechnique des bovins dans la commune de Tchaourou.
Mots clés:
bovins, élevage, consanguinité, Tchaourou.EPAC / CAP / 2016 Omar CHABI 10
Abstract
The management of cattle genetic resources is problematic in Benin. Thus, for corrective measures, this study aims to assess the inbreeding and management of cattle resources in the traditional farms of the province of Tchaourou. To this end, 31 breeders were surveyed. These breeders were selected according to their accessibility and availability. A survey form was drawn up with regard to the identity of breeders, the structure and method of establishment of livestock, the habitat and cattle mode of feeding, herd reproduction parameters, milk production performance of consanguineous and non-consanguineous cattle, and the pathologies encountered in the farms. A interview has been established in agreement with these breeders. As a result, more than half (56.67%) of the breeders in the commune of Tchaourou are Bariba. The breeders surveyed either have a primary level (51.61%) or are not gone in school (32.26%). The majority (77.42%) of these breeders practices both breeding and agriculture. Each of the herds surveyed have a mean of 43 White Fulani cattle composed mainly of cows and calves. In most (93.55%) of the cases, the breeding system is of the sedentary extensive type. At night, the cattle are all grouped together and attached to the open air to the stakes (77.42%). Riding is free (83.87%). Among the pathologies encountered in the herds surveyed, we have those related to consanguinity. Common pathologies and symptoms in inbred individuals include delayed growth (60%), neonatal malformations (40%) and weight loss (60%). In addition, fertility and fecondity are 91.5% and 82.75% respectively for a mean of 8 cows per livestock. Similarly, normal cows had significantly (p<0.05) higher milk production than inbred cows. Inbreeding has a negative impact on cattle zootechnical performance in province of Tchaourou.
Key words: cattle, breeding, inbreeding, Tchaourou.
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Introduction
L’élevage constitue au Bénin, la deuxième activité agricole après l’agriculture. Il contribue pour 17,2% au PIB au Produit Intérieur Brut contre 32,7% pour l’agriculture (Countrystat/Benin, 2017). En effet, le sous-secteur de l’élevage béninois, regorge une importante ressource génétique animale composée de bovins (2.111.000 têtes), d’ovins (842.000 têtes), de caprins (1.678.000 têtes), de porcins (398.000 têtes), de volaille (16.941.000 têtes), de léporidés (25.000 têtes) et d’aulacodes (52.000 têtes) (Countrystat/Benin, 2017). Ces animaux sont généralement élevés dans un système de type traditionnel. Le système d’élevage traditionnel est caractérisé par l’inexistence de logements pour des animaux qui vivent toute l’année sur des parcs non entretenus. Les pâturages naturels constituent alors les seules sources d’alimentation des animaux et la reproduction est basée sur la monte naturelle avec une quasi-inexistence d’un plan de prophylaxie. Ce système est très dépendant de l’environnement et des aléas climatiques (Renoux, 2009). Les principales races bovines élevées au sein de ce système sont les races taurines Somba, Lagunaire, Borgou et les zébus (Peulh, Goudali et M’Bororo). Ces différentes races bovines fournissent la majeure partie de la production locale de lait et de viande au Bénin (Kassa, 2017). Dans le souci d’améliorer la productivité du cheptel national bovin, certains travaux ont été réalisés sur la lutte contre les pathologies du bétail. Il s’agit essentiellement des tiques et les maladies liées aux tiques, des maladies infectieuses, des helminthoses, des trypanosomoses, etc. (Farougou et al., 2007; Doko Allou et al., 2010; Farougou et al.,2012; Farougou et al., 2013; Biguezoton et al., 2016a; Chabi Toko et al., 2016;
China et al., 2016).D’autres travaux ont porté sur l’amélioration des performances zootechniques des bovins (Youssao et al., 2007; Kountinhouin et al., 2009; Youssao et al., 2009; Kountinhouin et al., 2010; Salifou et al., 2012a; Salifou et al., 2013b;c;
Youssao et al., 2013; Chabi Toko et al., 2016; China et al., 2016; Kassa et al., 2016a;b;c;d ). Par contre, très peu d’informations scientifiques sont disponibles sur la lutte contre la consanguinité dans les troupeaux bovins. Les informations scientifiques disponibles à ce sujet, renseignent uniquement sur les indices de fixation (FIS) chez les zébus Peulh, les bovins de race Borgou, Lagunaire et Somba respectivement dans la zone péri-urbaine de Parakou, à la ferme d’élevage de l’Okpara, à la ferme d’élevage
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de Samiondji et dans la commune de Boukombé (Kassa, 2017). Ces résultats ne ressortent pas l’effet de la consanguinité sur les paramètres zootechniques et l’état sanitaire dans les élevages bovins. De même, cette recherche se limite à des aires géographiques bien précises du territoire national. Dans cette optique, la présente étude a pour but d’évaluer la consanguinité et la gestion des ressources bovines dans les élevages traditionnels de la commune de Tchaourou. Il s’agit spécifiquement de:
évaluer les paramètres de reproduction dans les cheptels traditionnels bovins de la commune de Tchaourou;
déterminer l’effet de la consanguinité sur la production du lait des bovins des élevages traditionnels de la commune de Tchaourou;
ressortir les pathologies fréquentes chez les bovins consanguins et non consanguins en élevage traditionnel dans cette commune;
Ce travail s’articulera autour de trois points. Après une introduction, la première partie abordera la synthèse bibliographique, la deuxième concernera le cadre d’étude, le matériel utilisé et les méthodes adoptées et la troisième partie prendra en compte les résultats obtenus qui seront discutés. Enfin, une conclusion sera tirée et des suggestions seront formulées.
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PREMIERE PARTIE: SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
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1.1. Races bovines
1.1.1. Races bovines du Bénin
Le cheptel national bovin est composé principalement, des bovins possédant une bosse
«Bos indicus» (Zébus), ceux qui n’ont pas de bosse apparente «Bos taurus» (taurins) et ceux qui ont une bosse intermédiaire communément appelés «Borgou». Il existe également des métis issus de différents croisements entre les types de bovins précités.
1.1.1.1. Taurins
On rencontre au Bénin deux types de taurins: ceux à longues cornes (bos taurus longifrons) et ceux à courtes cornes (bos taurus brachyceros).
1.1.1.1.1. Taurins à longues cornes
Les taurins à longues cornes sont représentés au Bénin par la race N'dama et la race Pabli.
1.1.1.1.1.1. Race N’dama
Le mot N’dama signifie dans plusieurs ethnies africaines notamment guinéennes «de petite taille, court sur pattes» (Lekeux, 2006). Originaire du Fouta Djallon, la race bovine N’dama est localisée dans le Département du Borgou au Bénin, à la Ferme d’Elevage de l'Okpara (FEO) où elle a été introduite pour la première fois vers 1952 (Youssao et al., 2000). Elle se retrouve également au Mali, dans le cercle de Yanfolila, frontalier avec la République de Guinée (Cissé, 2000). Son aire de distribution géographique s’étend en Côte d’Ivoire et au Sénégal (Bouyer, 2006). Elle est caractérisée par une robe essentiellement fauve et parfois pie, avec des cornes en forme de lyre et un poids moyen variant entre 275 et 350 kg pour un rendement à l’abattage de 41-53% (Adjou, 2006; Bouyer, 2006). Le rendement à l’abattage peut varier entre 54 et 55% (FAO, 2003). La hauteur au garrot est de 113,6 ± 0,8 cm chez la femelle et 116,4 ± 1,6 cm chez le mâle (Bouyer, 2006). Les taureaux atteignent parfois 420 kg (Cissé, 2000). En milieu villageois, le poids à la naissance des N’dama varie de 15 à 17 kg, à 12 mois le poids atteint 84,4 kg, à 24 mois la moyenne pondérale oscille
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entre 120 et 123 kg (FAO, 2003). En station à Boké en Guinée, le poids à la naissance des bovins N’dama est de 18 à 19 kg, 100 à 110 kg à 12 mois, 111 à 144 kg à 18 mois et 148 à 190 kg à 30 mois (FAO, 2003). Dans cette station, les bovins N’dama ont des gains moyens quotidiens respectifs de 217,8 g/j et 228,4 g/j en saison sèche et en saison pluvieuse (FAO, 2003). Les vaches N’dama de cette ferme guinéenne produisent en moyenne 163 et 301 litres en 4 mois de lactation au cours des saisons sèche et pluvieuse, soit des productions moyennes journalières de 1,36 litres et 2,51 litres (FAO, 2003). Sur 6 mois de lactation, la vache N’dama produit 183 à 453 litres de lait (Ezanno et al., 2005). En milieu paysan, la quantité du lait produit par jour et par vache N’dama est de 0,4 à 0,5 litre dans les zones de transhumance de la basse Guinée, 0,4 litre par jour sur le plateau central du Fouta Djalon et 0,6 à 0,8 litre dans la zone pré-forestière (FAO, 2003). C’est une race trypanotolérante (Cissé, 2000;
Yaokorin, 2007). Elle est rustique et caractérisée par sa capacité d’adaptation et de valorisation des pâturages naturels (FAO, 2003). Les bœufs de ce type génétique sont utilisés pour la culture attelée (Cissé, 2000).
1.1.1.1.1.2. Race Pabli
La race Pabli est une race bovine du Nord Bénin plus précisément de la haute vallée du fleuve Pendjari à l'Est de l'Atacora (Youssao, 2013). Elle est en voie de disparition à cause du métissage anarchique dont elle est victime (Youssao, 2013). Elle serait un produit du croisement de la race Borgou avec le taurin Somba (Youssao, 2013). Ses traits morphologiques sont proches de la N'dama (Adjou, 2006).
1.1.1.1.2. Taurins à courtes cornes
Les taurins à courtes cornes sont représentés par les races Lagunaire et Somba.
1.1.1.1.2.1. Race Lagunaire
Principal bétail du Sud du Bénin, cette race encore appelée «Lagune» (figure 1)vit le long du système lagunaire du golfe de Guinée, dans les régions maritimes de la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Bas Congo (Belemsaga, 2000). D'une manière générale, le nom Lagunaire est utilisé pour les bovins nains des régions côtières d'Afrique de
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l'Ouest et d'Afrique Centrale. Les Départements de l’Ouémé-Plateau représentent le berceau de cette race au Bénin. Elle se retrouve aussi dans le Mono, le Couffo, l’Atlantique, le Littoral et son aire d’extension secondaire est le Zou (Adjou, 2006).
C’est une race caractérisée par une robe à dominance noire, parfois pie-noir, une rareté des robes rouges et pie-rouges avec des muqueuses, des paupières et des onglons noirs (Lekeux, 2006). Elle est bréviligne, ellipométrique et possède de courtes cornes effilées, parfois absentes; sa taille au garrot est de 80 à 100 cm et son poids moyen est de 142,30 kg à 200 kg chez le mâle et 160 kg chez la femelle (Adjou, 2006; Salifou et al., 2012). La vache Lagunaire a une faible production du lait qui est 0,36 litre par jour en moyenne à la Ferme d’Elevage de Samiondji (Kassa et al., 2016b). Son rendement brute à l’abattage est de 48,59% et le rendement vrai est de 57,20% (Salifou et al., 2012). Les bovins de race Lagunaire ont une bonne trypanotolérance (Adjou, 2006).
1.1.1.1.2.2. Race Somba
La race Somba (figure 2) est une race taurine trypanotolérante à courtes cornes d’Afrique de l’Ouest (Adanléhoussi et al., 2003). Leur élevage fait l’apanage des Temberma (Togo) ou Tammari (Bénin). Généralement, la race se retrouve au Togo et au Bénin entre 9° 38’ et 10° 38’ de latitude Nord. Selon Kassa et Moutouama (2009), la robe la plus fréquente est la pie-noire (20,25%), suivie respectivement des robes noire (18,73%), noir-pie (12,66%), blanche (12,41%), rouge-pie (10,38%), pie-rouge (9,87%) et rouge (7,85%). Les robes noir-rouges ont été rarement rencontrées (2,28%), il en est de même pour les robes grises (2,28%), froment (1,77%) et rouge-noire (1,27%). Les cornes dominantes sont les cornes horizontales symétriques (53%), viennent ensuite les cornes courtes symétriques (32%), les cornes relevées symétriques (8%), les cornes tombantes symétriques (6%) (Kassa et Moutouama, 2009). La race bovine Somba est un animal rectiligne, ellipométrique, bréviligne. Elle possède une tête massive avec de petites cornes horizontales en forme de croissant; dans une moindre mesure, on note des animaux à cornes flottantes. La longueur scapulo-ischiale est de 101,87 cm chez le mâle adulte et de 96,07 cm chez la femelle (Kassa et Moutouama, 2009). La hauteur au garrot est de 104 cm et de 97 cm, respectivement chez le mâle et la femelle adulte (Kassa et Moutouama, 2009). Le poids adulte varie de
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165 à 187 kg (Adanléhoussi et al., 2003). Ils sont utilisés dans la culture attelée et leurs productions de viande et de lait restent limitées. La vache Somba produit en moyenne 476,38 ml de lait par jour en élevage traditionnel dans la Commune de Boukombé (Kassa et Moutouama, 2009). Le rendement à l’abattage est de 49%
(Youssao, 2013).
1.1.1.2. Zébus
Les principaux zébus rencontrés au Bénin sont: les zébus M’bororo, Azawak, Peulh et Goudali.
1.1.1.2.1. Zébu M’bororo
Les aires de concentration géographique du zébu M’bororo sont les Départements du Borgou (Parakou) et de l’Alibori plus précisément dans les Communes de Malanville, Karimama, Kompa (Youssao, 2013). Son aire d’extension secondaire est le Département de l’Atacora (Adjou, 2006). Son berceau est l’empire du Macina du XVIIIè siècle et s’étend du Nigéria, Niger, Tchad jusqu’au Cameroun (Youssao, 2013).
Haut sur pattes avec des cornes très longues et en lyre, le zébu M’bororo a une robe brune ou noire, sa hauteur au garrot est de 140 à 150 cm et son poids moyen est de 300 à 400 kg chez le mâle et de 250 à 300 kg chez la femelle (Youssao, 2013). La vache M’bororo produit en moyenne 1,5 à 2 litres de lait par jour et a un rendement boucher de l’ordre de 50% (Adjou, 2006).
1.1.1.2.2. Zébu Azawak
Le zébu Azawak est originaire de la vallée de l’Azawak au Niger (Cissé, 2000). Son aire de dispersion s’étend sur les plateaux du Sahel Nigérien, Malien et Burkinabé (Youssao, 2013). Au Bénin, cette race se rencontre dans les Communes de Malanville et de Karimama (Youssao, 2013). L’Azawak est de taille moyenne: 1,20 à 1,45 m chez le taureau; 1,10 à 1,20 m chez la vache avec un poids moyen de 300 kg chez le mâle et 250 kg chez la femelle (Adjou, 2006). Il appartient au type rectiligne, bréviligne, eumétrique et possède des cornes courtes, insérées hautes en forme de croissant, de couleur grise (Youssao, 2013). La robe est généralement fauve et à lunettes noires
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(Adjou, 2006). Le zébu Azawak est leader en Afrique de l’Ouest en matière de production laitière (Cissé, 2000). La vache Azawak produit en moyenne 3 à 6 litres de lait par jour en élevage extensif (Adjou, 2006). Dans des conditions améliorées d‘élevage, la production journalière moyenne peut atteindre 7 à 8 litres et même 12 litres en station (Cissé, 2000). C’est un bon animal de portage, apte à l’embouche avec un rendement carcasse entre 48-50% (Youssao, 2013).
1.1.1.2.3. Zébu White Fulani
Le zébu Peulh (figure 4) est rencontré dans les zones sahéliennes et soudano- sahéliennes (Kassa, 2011). On le rencontre dans le Macina, les régions de Nara, Nioro, dans la boucle du Niger et sur le plateau central nigérien (Cissé, 2000). De format moyen avec une taille de 1,15 m à 1,40 m, le zébu Peulh se rencontre dans l’Alibori au Bénin (Kassa, 2011). Ce zébu appartient au type rectiligne, sublongiligne, eumétrique, caractérisé par une bosse assez développée et une croupe inclinée avec un poids de 346,48 kg pour le mâle et 250 kg pour la femelle (Kassa, 2011; Salifou et al., 2012).
Haut sur pattes et réputé bon marcheur, le zébu Peulh a une robe à dominance grise, grise claire et possède des muqueuses noires, des cornes de longueur moyenne en lyre, fortes à la base et dirigées en avant (Kassa, 2011). Ils supportent des disettes alimentaires assez longues, sont sensibles à l’humidité et à certaines pathologies comme la trypanosomiase (Kassa, 2011). Le zébu Peulh a un rendement boucher brute de 51,95% et un rendement vrai de 61,07% (Salifou et al., 2012). Sa production moyenne du lait est de 1,45 litre par jour dans la zone péri-urbaine de Parakou (Kassa et al., 2016c). C’est un bon animal de trait et efficace au labour (Kassa, 2011).
1.1.1.2.4. Zébu Goudali
Zébu d'Afrique de l'Ouest, le Zébu Goudali est originaire du Nigéria où il est encore appelé Zébu Sokoto (Meyer, 2014). Il se retrouve également au Niger, au Cameroun et en République de Centre Afrique (Meyer, 2014). Localisé dans les Départements du Borgou et de l’Alibori au Bénin, le zébu Goudali a une couleur blanche, pie ou pie- rouge, parfois, la robe est entièrement rouge avec une bosse très développée dans les deux sexes et de courtes cornes ou moyennes (Youssao, 2013; Meyer, 2014). Le taureau
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pèse en moyenne 563 kg et la vache 335 kg (Youssao, 2013). En élevage intensif, dans la zone péri-urbaine de Bobo-Dioulasso, les poids à la naissance des Goudali sont de 25,7 kg pour les mâles et de 24,6 kg pour les femelles (Marichatou et al., 2005). Ce type de bovin à une assez bonne vitesse de croissance avec des gains moyens quotidiens de 243 g, 306 g, 327 g, 211 g par jour respectivement entre les âges types de 0 à 3 mois, de 3 à 6 mois, de 6 à 9 mois et de 9 à 12 mois (Marichatou et al., 2005). La vache Goudali produit en moyenne 600 à 1200 kg de lait pour une durée de lactation de 7 à 10 mois (Cirad, 2002; Marichatou et al., 2005).
1.1.1.3. Bovins de race Borgou
La race Borgou (figure 3) est issue d’un croisement stabilisé lointain entre le Zébu White Fulani et les taurins à courtes cornes d’Afrique Occidentale principalement Somba et accessoirement Lagunaire (Kassa, 2011). Les bovins de race Borgou se retrouvent un peu partout au Bénin maïs son berceau est le Département du Borgou dont elle porte le nom (Kassa, 2011). Son aire de distribution géographique s’étend au Togo, au Burkina Faso (Méré) et au Nigeria (Kassa, 2011). Race trypanotolérante, haute sur pattes (hauteur au garrot variant entre 1 m et 1,10 m pouvant atteindre 1,15 à 1,22 m chez les femelles et 1,26 m chez les mâles), la race Borgou représente 51% de l’effectif national bovin (Adjou, 2006; Kassa, 2011). Sa robe dominante est de couleur blanche (pie intégrale) ou grise, quelque fois pie-noir, et les muqueuses sont généralement noires (Lekeux, 2006). La race Borgou est une race utilisée à trois (03) fins: viande, lait et travail (Adamou-N’Diaye et al., 2001).La vache Borgou produit en moyennes0,99 litre de lait par jour dans la zone péri-urbaine de Parakou (Kassa et al., 2016c). Les bovins de race Borgou ont un poids vif moyen de 287,67 kg, un rendement brute de 49,35% à 56% et un rendement vrai de 58,12% et fournissent généralement plus de la moitié de la viande consommée au Bénin (Adamou-N’Diaye et al., 2001; Salifou et al., 2012).
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1.1.1.4. Bovins métis
1.1.1.4.1. Métis Azawak x Lagunaire
Ce métis est issu du croisement entre le bovin Azawak et le bovin Lagunaire. Il bénéficie de la complémentarité des deux races car la résistance aux maladies surtout à la trypanosomiase vient de la race Lagunaire et l’aptitude à la production du lait est donnée par l’Azawak (Gandonou, 2013). Ce croisé possède des traits morphologiques propres au Lagunaire et à l’Azawak: rectiligne, eumétrique et bréviligne avec une couleur de la robe dominée par le noir, le froment foncé et le pie-noir. Ce bovin possède également une ébauche de bosse avec des cornes courtes et légèrement tombantes. La production du lait chez la vache est en moyenne de 0.69 litre par jour en élevage semi-amélioré (Kassa et al., 2016b).
1.1.1.4.2. Métis Zébu x Borgou
Il s'agit d'un type de bovin de plus en plus fréquent dans les élevages et issu du croisement entre les zébus White Fulani et la race Borgou ou entre les Zébus Goudali et la race Borgou; ces métis sont très prisés par les éleveurs de nos jours et il est difficile de les distinguer des Borgou «purs»; la race Borgou se trouve donc menacée par ce nouveau type de métissage (Adjou, 2006).
EPAC / CAP / 2016 Omar CHABI 21 Figure 1: Taurin Lagunaire
(Salifou, 2013) Figure 2: Taurin Somba (Youssao, 2015)
Figure 3: Taurin Borgou (Kassa, 2011)
Figure 4: Zébu White Fulani (Kassa, 2011)
1.1.2. Races bovines exotiques élevées au Bénin
Outre les races précédemment citées et dites races locales, il existe sur le territoire béninois des races exotiques. Ces races doivent leur présence à un programme d'amélioration de la production laitière des races locales par métissage. On rencontre ainsi à la Ferme d’Elevage de Kpinnou (Sud Bénin) et à la Ferme d’Elevage de l’Okpara (Nord Bénin) des bovins de races Gir, Girolando (importées du Brésil) et les métis Borgou x Girolando, Borgou x Gir et Borgou x Holstein (Adjou, 2006). Ces races produisent en moyenne 5,5 litres de lait par jour (PDE, 2008).
1.1.2.1. Race Girolando
La race bovine Girolando (figure 5) est une race laitière d’origine Brésilienne, bonne laitière, résultant du croisement entre le zébu indien Gir rustique (race à viande) et la race bovine européenne Holstein réputée très bonne laitière (Byishimo, 2012). Les Girolando sont réputés pour produire du lait et de la viande (Byishimo, 2012). Ils sont généralement de robe noire, mouchetée, pie-noir ou fauve (FEK, 2010). Les mâles ont une grande capacité d’adaptation (capacité de se servir au pâturage, une relative résistance aux maladies et aux parasites, une croissance pondérale très rapide); ils ont une performance comparable à bien d’autres races à viande. Les Girolando sont des
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animaux hauts sur pattes avec une hauteur au garrot variant entre 1,30 et 1,60 m et peuvent atteindre 1,40 m chez les femelles et 1,65 m chez les mâles (Anato, 2013).
Le poids vif moyen à l’âge adulte est de 450 kg et peut atteindre 800 kg chez les femelles et 900 à 1000 kg chez les mâles (Anato, 2013; Byishimo, 2012). Les femelles Girolando sont des animaux mal proportionnés ayant un profil convexiligne, des cornes dirigées en croissant vers le haut, légèrement en avant du chignon (Anato, 2013). Elles ont un tronc volumineux et une poitrine élargie (Anato, 2013). Les côtes et les cuisses sont bien développées (Anato, 2013). En général, les femelles Girolando sont longilignes et hypermétriques (Anato, 2013). Quant aux mâles, ce sont des animaux très robustes. Le profil de la tête est semblable à celui de la femelle (Anato, 2013). La tête du mâle est plus épaisse, les muscles de l’encolure et de l’épaule sont très bien développés (Anato, 2013). Le corps est large, avec un dos long et concave (Anato, 2013). La poitrine est très solide. Ajoutons qu’au niveau de la tête, les cornes sont généralement absentes à cause de l’écornage réalisé à bas âge (Anato, 2013). Mais quand elles existent, elles sont souvent noires et lisses (Anato, 2013). Les oreilles sont moyennes, légèrement pendantes en s’écartant latéralement de la tête (Anato, 2013). Ces animaux ont aussi un fanon bien développé qui commence du menton et finit au poitrail (Anato, 2013). En ce qui concerne leurs aptitudes, les Girolando ont une prédisposition physiologique à la production, qui est principalement basée sur le lait (Anato, 2013). La vache Girolando produit en moyenne 4,77 litres de lait par jour, à la Ferme d’Elevage de Kpinnou(Kassa et al., 2016b). Dans son berceau (au Brésil), la production moyenne journalière à la première lactation varie de 7 à 13 litres avec une production totale de 3600 kg par lactation de 270 à 300 jours (Hestin, 2012).
Figure 5: Bovin Girolando (Kassa, 2011)
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1.1.2.2. Race Gir
La race bovine Gir est l’une des races les plus importantes de l’Inde. Considérée comme race d’aptitude viandeuse à production laitière importante, elle est élevée avec beaucoup d’appréciation dans les régions de Rayputana, Baroda et aussi dans la région de Kathiawar, où se trouvent les hautes montagnes couvertes par la forêt de Gir. Elle est sélectionnée exclusivement pour la production de lait en Inde. L’entrée du Gir au Brésil fut en 1906, mais c’est seulement après la deuxième guerre mondiale que les éleveurs ont commencé effectivement à s’intéresser à la race, qui était utilisée à deux fins: lait et viande. La race se caractérise par un profil ultra convexe, avec le faux- toupet bien lancé vers l’arrière, le front large et lisse, les cornes sont orientées vers le bas et en arrière. Les oreilles sont typiquement de longueur moyenne et pendante. Les pelages sont variés, pouvant être rouges ou jaunes dans toutes leurs nuances, ou encore peuvent présenter de petites taches de couleurs standards au fond blanc ou des taches blanches au fond standard. La race bovine Gir écornée, classée comme autre race, présente le même biotype. La race Gir a une énorme participation et importance dans l’élevage laitier brésilien, soit en étant élevée comme race pure ou à travers de nombreux croisements, comme par exemple avec la race hollandaise Holstein. La production moyenne de lait est de 3777 kg en 305 jours de lactation soit une production journalière de 12,38 kg de lait. Les femelles sont de très bonnes mères et les veaux ont besoin de peu de soins. Les mâles sont des animaux de taille moyenne et de muscles compacts. Les femelles atteignent à 48 mois 520 kg et les mâles plus de 750 kg.
1.2. Systèmes d’élevage
Le système d'élevage pratiqué dépend de nombreux facteurs dont le plus important est le régime des précipitations (Adjou, 2006). Ainsi, en fonction de la disponibilité en eau, en fourrages, ressources et infrastructures d’élevage, on note des types particuliers d'élevage (Adjou, 2006). Les différentes races bovines font donc l'objet de modes d'exploitation variés (Adjou, 2006). Suivant le mode de conduite et d’alimentation des animaux, trois (03) systèmes peuvent être différenciés : le système d’élevage extensif,
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le système d’élevage intensif et le système d’élevage semi-intensif qui est intermédiaire entre les deux premiers systèmes (Bonnier et al., 2004). Le système extensif était le plus dominant, mais depuis plusieurs années les systèmes semi-intensif et voire intensif ont émergés, exploitant les races exotiques hautes productrices du lait (N’diaye, 2006).
1.2.1. Système d’élevage extensif
Le système extensif de production animale peut être défini comme une méthode d’élevage sur de vastes surfaces, avec de faibles investissements, une faible densité du cheptel et une faible productivité par hectare Renoux (2009). Selon cet auteur, plus un élevage est extensif, plus la quantité d’intrants est faible et se caractérise également par l’inexistence de logements pour les animaux qui vivent toute l’année sur des prairies naturelles non entretenues. Les fourrages naturels constituent alors la seule alimentation des animaux et la reproduction est basée sur la monte naturelle avec une quasi-inexistence d’un plan de prophylaxie (Renoux, 2009). Le système d’élevage extensif est très dépendant de l’environnement et des aléas climatiques (Renoux, 2009). Ce type d’élevage exploite les races bovines locales; il est caractérisé par une alimentation exclusive au pâturage et l'absence de bâtiments d'élevage; l'objectif premier de cet élevage n'est ni la production laitière ni la production de viande; c'est un patrimoine collectif ou familial; dans cet élevage, les animaux sont peu exploités; la vente d'animaux est très rare et l'animal constitue une épargne dont les propriétaires ne prélèvent que dans de rares cas de besoin d'argent; les animaux servent beaucoup plus à l'occasion des cérémonies comme les funérailles, le mariage, les sacrifices et à l'occasion des fêtes de Tabaski (Yaokorin, 2007). L'élevage extensif ou pâturage extensif est une méthode d'élevage souvent caractérisée par une faible capacité de charge; les animaux élevés en système extensif sont généralement rustiques, c'est-à- dire adaptés au milieu dans lequel ils vivent. La production s’organise principalement autour des pâturages, des points d’eau; les animaux exploitent la végétation de la saison des pluies, la paille peu nutritive en saison sèche (Kamuanga, 2005). Les troupeaux sont en constante divagation et la reproduction est peu ou pas du tout contrôlée; les performances productives du système sont globalement faibles et
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soumises aux facteurs environnementaux notamment les aléas climatiques (N’diaye, 2006; Hamadou et Sanon, 2006). Les pâturages naturels fournissent la quasi-totalité de l'alimentation et la contrainte majeure se situe en saison sèche quand les herbacées se lignifient et perdent leur valeur nutritive (Hamadou et Sanon, 2006). L’élevage extensif est également axé autour de l’autoconsommation familiale (N’diaye, 2006).
La main d'œuvre est exclusivement familiale (Pacheco, 2006). Ce système est très répandu en Afrique notamment au Bénin et peut être réparti en 4 principaux types: le système d’élevage extensif sédentaire, le système d’élevage extensif semi- transhumant, le système d’élevage extensif transhumant et le système d’élevage extensif nomadique.
1.2.1.1. Système d'élevage extensif sédentaire
Dans ce type d'élevage, le cheptel reste fixe toute l'année; ce mode d'élevage se rencontre surtout dans les zones plus ou moins humides, agropastorales; il concerne surtout les bovins de races Lagunaire, Somba, Borgou et de plus en plus les métis Zébu x Borgou et Zébu x Lagunaire (Adjou, 2006). Ici, les troupeaux sont de petite taille, en moyenne un effectif variant entre 10 à 80 têtes (Adjou, 2006). Une étude menée par Youssao et al. (2013) dans les Départements du Borgou, de l’Alibori et de l’Atacora montre que l’élevage extensif sédentaire est caractérisé par des habitats (parcs de nuit) construits en bois avec des piquets à l’intérieur, auxquels les animaux sont rattachés la nuit. Les animaux sont nourris essentiellement au pâturage naturel et sont complémentés parfois par des résidus de récolte, le sel et le tourteau de coton (Babatoundé et al., 2009; Youssao, 2013). Les animaux sont conduits au pâturage entre 9 h et 9 h 30 mn et sont de retour entre 17 h 30 mn et 18 h 30 mn. Pendant la saison sèche, les éleveurs vont au pâturage entre 7 h et 8 h et sont de retour entre 17 h 30 mn et 19 h; les animaux passent assez de temps au pâturage pendant la saison sèche à cause du manque de fourrages (Youssao et al., 2013). Au Maroc, Sraïri et al. (2003) distingue deux types d’élevage extensif sédentaire dans le périmètre irrigué du Gharb:
les élevages allaitants de race locale et les petites exploitations sans terre. Dans les élevages allaitants de race locale, les troupeaux d’un effectif moyen (50 vaches de race Brune de l’Atlas) vont paître sur une Surface Agricole Utile (SAU) de 10 ha. La
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Surface Fourragère Principale (SFP) couvre toute la Surface Agricole Utile. Les apports de concentrés sont occasionnels et 22% des charges du troupeau sont liées à l’alimentation. La production du lait occupe une petite place dans ces exploitations (7%). Le rendement laitier par lactation de référence (305 jours) d’une vache est de 450 kg. Les éleveurs investissent très faiblement. Les aléas climatiques et les fluctuations des rendements en viandes sont de véritables problèmes. En ce qui concerne les petites exploitations sans terre, elles sont caractérisées par une Surface Agricole Utile (SAU) de 0,5 ha, un effectif moyen de 4 vaches de race Brune de l’Atlas, l’inexistence de Surface Fourragère Principale (SFP). Les apports de concentrés sont occasionnels et 13% des charges du troupeau sont liées à l’alimentation. La production du lait occupe une infime place dans ces exploitations (3%). Le rendement laitier par lactation (305 jours) d’une vache est de 150 kg. Les éleveurs investissent très peu (rareté des capitaux) et les aléas climatiques sont un frein à l’élevage.
1.2.1.2. Système d'élevage extensif semi-transhumant
Les troupeaux de ce mode d’exploitation, ont une taille variant entre 40 et 100 têtes;
les éleveurs pratiquant ce système vivent en général dans des zones où durant certaines périodes de l'année, l'eau et le fourrage manquent (Adjou, 2006). L'éleveur dispose d'un point d'ancrage fixe mais une fois la saison sèche venue, il procède à une partition du troupeau; une partie reste au campement principal, l'autre se déplace sans retour quotidien, vers des zones plus riches en pâturages (Adjou, 2006). Les déplacements effectués peuvent atteindre 10 à 30 km, parfois plus de 30 à 50 km; une fois la période de soudure passée, le troupeau est réuni au campement d'origine (Adjou, 2006). Les races exploitées sous ce mode sont la race bovine Borgou, les métis Zébu x Borgou, quelques zébus et rarement les Lagunaire et les Somba (Adjou, 2006).
1.2.1.3. Système d'élevage extensif transhumant
Le système d'élevage extensif transhumant est caractérisé par le déplacement saisonnier et cyclique des troupeaux; il est essentiellement pratiqué par les éleveurs de zébus et très rarement par ceux possédant des taurins et métis Zébu x Borgou; ce
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déplacement à la recherche de meilleurs pâturages et breuvage durant la saison sèche se fait sur des distances allant de 200 à 300 km avec parfois des mouvements transfrontaliers; ce déplacement peut durer 5 à 6 mois selon la durée de la période de soudure (Adjou, 2006). Dans ce système, le cheptel est de grande taille: 100 à 300 têtes (Adjou, 2006). Le schéma de transhumance est donc essentiellement fonction des besoins hydriques et nutritionnels du bétail; les besoins socio-culturels sont aussi non négligeables; les éleveurs transhumants (peulhs) possèdent tout de même, des campements permanents où quelques membres de la famille, les personnes âgées généralement, et quelques vaches allaitantes restent toute l'année, tandis que les autres s'en vont et remontent en début des saisons de pluies (Dehoux et Hounsou-Ve, 1993).
1.2.1.4. Système d’élevage extensif nomadique
Le nomadisme est le changement de région ou de pays selon les saisons pour des raisons beaucoup plus alimentaires. Le nomadisme est plus précisément le déplacement de tout un groupe constitué du bétail et des personnes; parfois, le déplacement semble être effectué au hasard, sans que l’on puisse discerner de circuits particuliers; les nomades se déplacent d’une zone à une autre, sans conserver le même campement d’une année à l’autre (Youssao, 2014). Le nomadisme est un déplacement acyclique dans les territoires très vastes (Youssao, 2014). L’élevage nomade se caractérise donc par les déplacements fréquents et sur de longues distances (plus de 300 km) des éleveurs et de leur troupeau en fonction de la disponibilité des ressources en eau et en fourrages (Etamé, 2014). Ces derniers n’ont pas de camps fixes. Ce type de système, connu sous le nom de système pastoral, se rencontre surtout dans les zones subdésertiques au Nord du Sénégal (Adrar, Azawad, Azawak et Tilemsi), dans les régions du Nord du Sahel chez les Gourma et les Hodh, ainsi qu’au Mali. Les races bovines qui font l’objet de ce système sont les zébus Maure et les Touareg. Le lait est produit principalement par les bovins et secondairement par les chèvres et les chamelles. Cependant la quantité du lait produite est insuffisante et consommée directement ou en fromages (Agri-guide, 2014).
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1.2.2. Système d’élevage semi-intensif
Le système de production semi-intensif est un système de production qui consiste en une amélioration du système traditionnel (extensif) de production notamment la conduite des animaux et l’organisation de la production par le biais de l’alimentation, la santé, la génétique (Ferrari, 2013). L’objectif principal de production dans le système semi-intensif est d’assurer une production continue en toute saison; la production intervient principalement comme source de revenus monétaires pour l’exploitant; le système semi-intensif est aussi caractérisé par la complémentation, la médication et l’amélioration du potentiel génétique des races locales (N’diaye, 2006;
Yaokorin, 2007). L’expression «élevage semi-intensif» se réfère à des systèmes d’élevage «marqués par un niveau d’investissements souvent assez faible en bâtiments et équipements d’élevage et par un recours plus ou moins important aux intrants alimentaires et vétérinaires; les animaux sont moins dépendants des ressources naturelles et de l’espace que ceux qui sont élevés dans un système extensif; ils ne s’éloignent pas du lieu de production» (INSD, 2009). Le système agro-pastoral a tendance à se rapprocher de ce système grâce au potentiel important en sous-produits agricoles et agro-industriels dont il dispose (N’diaye, 2006). Pendant la saison sèche et après les périodes de récoltes, les animaux sont dans les champs de culture; ils s’alimentent à base de résidus de récolte (fanes d’arachide, pailles de maïs, graines de coton…); en saison des pluies, les animaux sont conduits dans la journée sur les pâturages naturels et le soir ils sont parqués (N’diaye, 2006). Dans ce type d'élevage, les bâtiments d'élevage sont le plus souvent construits en murs de ciment couverts de tôles ou bien sur piquets couverts et entourés de tôles (Yaokorin, 2007).
1.2.3. Elevage commercial ou système d’élevage intensif
L’élevage intensif est un élevage utilisant un environnement généralement amélioré, d'où une forte charge à l'hectare (densité), une importante main d’œuvre et un gros capital par unité élémentaire de production (Meyer, 2012). Il est aussi appelé élevage
«moderne», en opposition à l’élevage dit «traditionnel» (Ferrari, 2013). L'élevage intensif est une forme d'élevage qui vise à augmenter le rendement de cette activité, notamment en augmentant la densité des animaux sur l'exploitation. C'est le système le
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plus rare, le plus structuré et ayant un ou des objectif (s) de production; le troupeau est individuel pour cet élevage; les infrastructures sont constituées de clôtures ou parcs en dur, hangars, puits, magasins, etc (Yaokorin, 2007). La race exploitée est le plus souvent importée et sélectionnée (Yaokorin, 2007). Le système de production intensive se caractérise également par un niveau élevé d’utilisation d’intrants notamment alimentaires (concentrés, complexes minéralo-vitaminés, fourrages cultivés…) (N’diaye, 2006). L'alimentation des animaux est assurée au pâturage et complétée à l'étable par les compléments alimentaires; le complément minéral est régulièrement distribué sous forme de pierre à lécher tant en saison des pluies qu’en saison sèche (Yaokorin, 2007). Ce système est moins dépendant des aléas climatiques et diminue de manière importante les risques liés aux germes transmissibles. Les animaux bénéficient également d’un suivi sanitaire; ils sont déparasités et vaccinés régulièrement contre les principales maladies (Hamadou et Sanon, 2006). Les niveaux de production sont supérieurs à ceux des autres systèmes de production et la production est essentiellement destinée aux consommateurs et aux industriels de transformation (N’diaye, 2006). En Europe, deux types d’élevage bovins intensifs se distinguent: les élevages bovins de production du lait et les élevages bovins de production de viande (Chatellier et al., 2000). Les élevages bovins laitiers sont dominants dans les pays d’Europe du Nord. Plus des trois-quarts des exploitations herbivores en Allemagne, en Autriche, en Finlande, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suède sont de ce type. Les exploitations de type «bovinslait» se caractérisent par une production moyenne annuelle de lait de 166 100 kg, une Superficie Agricole Utile de 42 hectares et 1,9 unité de travail agricole annuel (rapport entre le nombre de jours de travail observés et le nombre de jours de travail théoriques qui est de 275 jours).
Ces exploitations ont en moyenne 29 vaches laitières et assurent une production brute totale de 91400 euros. Les élevages de type «bovins viandes» représentent la moitié des exploitations herbivores en Irlande, en Angleterre et un tiers des exploitations en France, en Belgique et au Danemark. Elles possèdent chacune en moyenne une Superficie Agricole Utile de 57 hectares. Ces exploitations regorgent chacune, une moyenne de 20 vaches allaitantes. Elles ont un revenu d'exploitation faible (17100 euros contre 25600 euros).
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1.3. Consanguinité et paramètres indicateurs dans les cheptels bovins
Un animal est dit consanguin si ses deux parents sont apparentés (Mattalia et al., 2006). C’est la probabilité qu’un individu reçoive, à un locus quelconque, deux allèles parentaux identiques provenant d’un ancêtre commun à ses deux parents (Robie, 2011). La compréhension de la consanguinité nécessite une bonne connaissance des gènes et des allèles. Les bovins possèdent 30 paires de chromosomes et chaque gène possède un emplacement (locus) sur chaque chromosome. Un gène peut se présenter sous plusieurs formes appelées allèles. Lorsqu’un animal possède des allèles identiques, il est homozygote pour ce gène, alors que les animaux avec des allèles différents d’un gène sont considérés hétérozygotes. Les animaux avec des ancêtres communs ont plus de chances d’avoir hérité le même allèle de chaque parent pour chacun de leurs gènes que ceux de parents non apparentés. De ce fait la probabilité que l’animal ait hérité le même gène de ses deux parents, augmente lorsque les parents ont des ancêtres communs (Van Doormaal et Chesnais, 2008).La consanguinité peut être évaluée par l’analyse de la gestion de la reproduction au sein des cheptels. Elle peut être mesurée en déterminant le coefficient de consanguinité (FInd) et/ou l’indice de fixation individu-sous-population (FIS):
FInd= ∑ (1/2)ni (1 + FAnc)(Youssao, 2017).
Il s’agit de la somme des contributions de chaque chaîne de parenté avec ni le nombre d’éléments relatifs à chaque chaîne de parenté et FAnc est le coefficient de consanguinité ancestral(Youssao, 2017).
FIS(I pour individus et S pour sous-population) estime l’écart à la panmixie (croisement au hasard) dans une sous-population. Il exprime la variabilité génétique au sein des individus par rapport à la sous-population. Il mesure l'excès ou le déficit d'hétérozygotie à l'intérieur de chaque population. Ses valeurs varient de -1 (excès en hétérozygotes) à +1 (déficit en hétérozygotes) (Takween, 2016)
(Takween, 2016).
A titre illustratif, au sein des troupeaux bovins Somba dans le département de l’Atacora, l’indice de fixation (FIS) moyen est égalà 0,10. Cette valeur est supérieure à
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zéro, ce qui indique la présence de la consanguinité au sein de ces cheptels(Kassa, 2017).
1.4. Conséquences de la consanguinité dans les cheptels bovins
La consanguinité diminue la variabilité génétique intra-race, ce qui ralentit le progrès génétique à long terme (Schenkel, 2012). Elle réduit les performances zootechniques des animaux. Cette réduction est appelée «dépression de performance due à la consanguinité». La consanguinité baisse la production laitière, la fertilité, la fécondité et la longévité. La consanguinité allonge également les intervalles entre vêlages et réduit l’âge de réforme des bovins (Van Doormaal et Chesnais, 2008). Elle favorise la vulnérabilité face aux pathologies (brucellose, Cardiomyopathie...), altère le comportement animal et provoque des malformations physiques et congénitales (Robie, 2011). La consanguinité baisse également les rendements en gras et en protéines du lait et entraine des dystocies fœtales (Van Doormaal, 2008). L’ensemble de ces effets impacte négativement sur la rentabilité globale des vaches et des troupeaux (Van Doormaal et Chesnais, 2008).
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DEUXIEME PARTIE: MATERIEL ET METHODES
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2.1. Cadre d’étude
L’enquête sur la consanguinité et la gestion des ressources bovines dans les élevages traditionnels a été réalisée dans la commune de Tchaourou (figure 6). La commune de Tchaourou est située au Nord-Est du Bénin, dans le département du Borgou. Elle est limitée au Nord par les communes de Parakou, Pèrèrè et N’Dali, au Sud par la commune de Ouèssè, à l’Est par la République Fédérale du Nigéria et à l’Ouest par les communes de Bassila et Djougou. Elle est située entre 8°45' et 9°20' de latitudeNord et 2°10' et 3°40 delongitude Est(INSAE, 2016). Elle couvre une superficie de 7256 km2 et est subdivisée en 07 arrondissements que sont: Tchaourou, Tchatchou, Kila, Sanson, Bétérou, Alafiarou et Goro. Sa population est de 106.852 habitants dont 49,8%
d’hommes et 50,2 % de femmes pour une densité de 14 habitants/km2 (Countrystat/ben, 2017). Les principaux groupes socio-culturels sont les Bariba (34,2%), les Peulh (18,9%) et les Nago (15,8%). A ces groupes s’ajoutent les Otammari (12,9%), les Yom-Lokpa (10,9%), les Fon et les Adja (4%). La commune de Tchaourou a un climat de type sud-Soudanien, caractérisé par une saison sèche (mi- octobre à mi-avril) et une saison pluvieuse (mi-avril à mi-octobre). Cette commune est également soumise à l’harmattan (vent froid et sec) qui souffle de décembre à janvier entraînant parfois une amplitude thermique de 9,5°C. Dans cette commune, la pluviométrie moyenne annuelle est 1150 mm et la température moyenne est 28°C. Le relief de la commune de Tchaourou est constitué de plaines et de plateaux surmontés par endroit de collines culminant parfois à plus de 300 m d’altitude (cas de massifs de Wari-Maro). La végétation est de type savaneux avec quelques forêts et galeries forestières. La zone de savane est de type arboré et arbustif. On y rencontre quelques forêts classées à savoir: la forêt de Nano, la forêt de Wari-Maro, la forêt de TchatchouGokanna, la forêt de Tchaourou et la forêt d’Alafiarou-Bétérou.La structure du sol est de type ferrugineux et lessivé. Le réseau hydrographique est essentiellement dominé par les affluents des fleuves Ouémé et Okpara (Kora, 2006).
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Figure 6: Carte de localisation géographique de la commune de Tchaourou
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2.2. Méthodologie
La présente enquête a été réalisée auprès de 31 éleveurs de bovins de la commune de Tchaourou. Ces éleveurs ont été sélectionnés en fonction de leur accessibilité et de leur disponibilité. Dans cette optique, une fiche d’enquête a été conçue. Cette fiche concernait l’identification des éleveurs, la constitution des troupeaux, l’habitat et le mode d’alimentation des bovins, les paramètres de reproduction, les performances de production du lait des bovins et les pathologies rencontrées au sein des cheptels. Un programme d’entretien a été établi en accord avec ces éleveurs. En effet, l’identification des éleveurs prenait en compte le nom et les prénoms de l’éleveur, le sexe, l’âge, l’ethnie, la religion, la situation matrimoniale, le niveau d’instruction, la profession, l’expérience et les principaux objectifs poursuivis, dans la pratique de l’élevage bovin. La constitution des cheptels était relative à la taille et à la structure des troupeaux ainsi qu’à la race bovine concernée et leur provenance. L’habitat et le mode d’alimentation se rapportaient respectivement aux abris des bovins et au système d’élevage pratiqué. En outre, les paramètres de reproduction regroupaient les informations sur le mode d’accouplement adopté, les liens de parenté, les critères traditionnels de choix d’un reproducteur, la gestion des reproducteurs mâles et les conséquences de la consanguinité sur la reproduction. Par ailleurs, les performances de production laitière des bovins consanguins et non consanguins ont été évaluées et les pathologies fréquentes chez ces bovins ont été enregistrées.
2.3. Traitement des données
Les données issues de l’enquête ont été dépouillées, encodées et enregistrées dans une base de données Excel. Ces données ont été analysées à l’aide du logiciel SAS (Statistical Analysis System, 2006). Les fréquences ont été calculées par la procédure Proc freqet les moyennes ont été calculées par la procédure Proc means. Les différences globales entre les pourcentages intra-classes ont été déterminées suite au test de Chi-Carré et les comparaisons deux à deux ont été faites à l’aide du test de Z.
L’analyse de variance a été réalisée à l’aide du test de F pour ressortir l’effet du type de vache (vache consanguine, vache non consanguine) sur la production laitière et la comparaison deux à deux a été faite par le test de t.
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L’intervalle de confiance à 95% a été calculé en appliquant la formule ci-dessous:
(1 )
1, 96 P P
ICP N
P est la fréquence relative et N la taille de l’échantillon.
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TROISIEME PARTIE: RESULTATS ET DISCUSSION
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3.1. Résultats
3.1.1. Identité des éleveurs de la commune de Tchaourou
Tous les éleveurs de la commune de Tchaourou sont des hommes âgés de 52 ans en moyenne. Ils pratiquent l’élevage des bovins depuis 11 ans en moyenne. Parmi ces éleveurs, certains (56,67%) sont Bariba et d’autres sont Gando (16,67%) ou Peulh (16,67%). La majorité (93,55%) de ces éleveurs sont mariés et la plupart (86,66%) d’entre eux sont musulmans. Plus de la moitié (51,61%) des éleveurs ont un niveau primaire et dans 32,26% des cas, ils sont non scolarisés. Dans cette commune, les éleveurs pratiquent majoritairement aussi l’agriculture (77,42%). Les principales raisons qui les amènent à élever les bovins sont : la commercialisation (64,52%) et l’épargne (19,35%). Les informations relatives à l’identification des éleveurs de bovins de la commune de Tchaourou sont données au tableau 1.
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Tableau 1: Identification des éleveurs de la commune de Tchaourou
Variables Effectif total Fréquence (%) IC (%)
Sexe Hommes 31 100 0,00
Ethnie
Bariba 30 56,67a 17,73
Dendi 30 3,33b 6,42
Gando 30 16,67b 13,34
Gourmantché 30 3,33b 6,42
Nago 30 3,33b 6,42
Peulh 30 16,67b 13,34
Religion
Musulman 30 86,66a 12,17
Chrétien 30 6,67b 8,93
Animiste 30 6,67b 8,93
Athée 30 0b 0,00
Situation matrimoniale Célibataire 31 6,45b 8,65
Marié 31 93,55a 8,65
Niveau d'instruction
Non scolarisé 31 32,26a 16,46
Alphabétisé 31 6,45b 8,65
Primaire 31 51,61a 17,59
Secondaire 31 6,45b 8,65
Universitaire 31 3,23b 6,22
Profession
Agriculteur 31 6,45b 8,65
Eleveur 31 9,68b 10,41
Agro-éleveur 31 77,42a 14,72
Fonctionnaire 31 0b 0,00
Secteur informel 31 6,45b 8,65
Raisons d'élever les bovins
Autoconsommation (lait, viande) 31 0c 0,00
Prestige 31 16,13b 12,95
Epargne 31 19,35b 13,91
Commercialisation 31 64,52a 16,84
Les pourcentages intra-classes affectés des lettres différentes sont significativement différents au seuil de 5%; IC: Intervalle de confiance.