ENTROPIE DE LA DESCRIPTION D’UNE POPULATION ( 1 )
M. GILLOIS
Station centrale de
Génétique
animale,Centre national de Recherches
zootechniques, %8-Jouy-en-Josas
La relation d’identité et de non-identité entre
gènes homologues (M. G ILLOIS , i
9
6q)
et la relation dedépendance
absolue etd’indépendance
entre deuxgènes homologues (M. G ILLOIS , 19 6 5 ) permettent
de mieux définir ladescription
d’unepopulation.
I,’identité entregènes homologues
entraîne leurdépendance absolue, puisque
la connaissance de la nature de l’un nousapporte
toute l’information néces- saire pour déterminer la nature de l’autre. L’identité entregènes homologues est incompatible
avec leurindépendance.
I,a non-identité entregènes homologues
estcompatible
aussi bien avec leurdépendance
absoluequ’avec
leurindépendance.
Deux
gènes homologues, non-identiques
mais en état dedépendance absolue,
sonttels que la connaissance de la nature de l’un nous
apporte
toute l’information pour déterminer la nature del’autre ;
ces deuxgènes homologues, non-identiques pouvant appartenir
ou non à la même classe d’isoaction. Par contre, si ces deuxgènes
homo-logues, non-identiques,
sont en étatd’indépendance,
la connaissance de la nature de l’un ne modifie pas notredegré
d’incertitudequant
à la nature de l’autre. Ces remarques ouvrent une voie naturelle pourprésenter
ladescription
d’unepopulation
en utilisant la théorie de l’information.
Toute
population,
toutegénération
est décrite par l’énoncé de ses classes d’iso- action et desprobabilités qui
leur sontattachées,
par ladescription
des situations d’identité et des coefficientsd’identité,
par la connaissance des coefficients d’incer- titudezygotique
dont nousjustifierons plus
loin la dénomination. L’ensemble deces critères traduit en termes condensés un état ou une structure
génique.
Il nefaut pas confondre cette structure
génique
avec la structured’appariement.
Seulesles
populations
- même réduites à deuxgénérations
successives- peuvent posséder
une structure
d’appariement : panmixie, homogamie,
etc. Décrire la structuregénique
d’unepopulation
c’estpouvoir
décider si deuxgènes homologues
d’unzygote J, pris
au hasardparmi
tous leszygotes,
sontidentiques
ounon-identiques,
si l’un d’eux
appartient
à une classe d’isoactionparticulière,
si ces deuxgènes
homo-logues, supposés non-identiques,
sont absolumentdépendants
ouindépendants.
( 1
) Communication faite aux Journées d’Études de la Commission de Génétique de la Fédération européenne de Zootechnie. La Haye, juin 1965.
Il
s’agit
là de trois événements aléatoiresqui
nous donnent une certitudeplus
oumoins
grande quant
augénotype
de cezygote J.
Étudions l’entropie ( 1 )
d’uneexpérience qui
consiste à décider dugénotype
d’un
zygote J pris
au hasard dans un groupe ou unegénération possédant
deuxclasses d’isoaction
A 1
etA,,
deprobabilités a Priori et
q, etayant
un coefficient deconsanguinité f.
Soit A lesymbole
dugène représentant
de la classe d’isoactionA i
et soit a celui du
représentant
de la classe d’isoactionA 2 . L’expérience
a trois issuespossibles,
lesgénotypes pouvant
être[.4A!, [Aa], [aa].
Soient P,2Q ,
R lesprobabilités
de ces trois
issues,
endésignant
par Hl’entropie
dusystème
nous avons : H = Pcolog 2
P +2Q colog 2 2Q
+ Rcolog 2
R.L’entropie
seramaximum,
et donc l’incertitude laplus grande,
pour P =2Q
= R=
1/3 .
Hs’annule,
si l’une des troisprobabilités
estégale
à un et les deux autressont
égales
àzéro ;
ce cas est celui de la certitude.Il est
possible d’exprimer
P,2Q ,
R en fonction desprobabilités
apriori (
f
i,
i― ! =
q, y, i - y = y*A
i -f
=f * ) (M. Gii,i,ois, i 9 6q).
Cesexpressions
ne font intervenir aucune
hypothèse
concernant le moded’appariement
deszygotes
de lagénération parentale.
Les valeurs
de fi et
def * y * qui
rendent maximum H, doncl’incertitude,
sont :Si la
génération,
ou le groupe, est tel quey * = p
=1/2 ,
alorsf
* =2/3
et le coeffi-cient de
consanguinité f égale 1/3 .
Ce raisonnement nepermet
pas de déterminer les valeurs def
et de y.Nous allons déterminer
quelles
valeursparticulières f et
y* doivent simul- tanémentprendre
pour rendrel’entropie
H maximumlorsque !
est considéré commeun
paramètre.
Nous avonsprécédemment
montré quel’expérience qui
consiste àdécider du
génotype
d’unzygote J pris
au hasard dans unegénération possédant
deux classes d’isoaction
A i
etA 2’ peut
êtredécomposée
en troisexpériences E,, E!, E,.
Lesexpériences E i
etE 2
sontindépendantes :
L’expérience E 3
estdépendante
desexpériences E l
et!2 :
&dquo;I,’expérience E l
consiste à décider si les deuxgènes homologues
duzygote J
sontidentiques
ounon-identiques.
(
1) L’entropie H d’une expérience ayant ni issues possibles de probabilité pi est H =
L
Pi C01092Pi.i
L’expérience E 2
consiste à décider de la nature de la classe d’isoaction de l’un deces deux
gènes homologues.
I,’expérience E 3
consiste à décider de la nature de la classe d’isoaction d’ungène
sachant que les deux
gènes homologues
sontnon-identiques
et connaissant la nature de la classe d’isoaction de l’un d’entre eux.En considérant
p
comme unparamètre, f, f * ,
y, y*, z, z* comme desvariables,
cher-chons les valeurs de ces dernières
qui
rendentl’entropie
H maximum. Utilisons la méthode desmultiplicateurs
deI,agrange
en introduisant la fonction auxiliaire telle que :avec
L’ensemble des valeurs des
variables, qui
rendent l’incertitude H maximum sachantque P
est unparamètre
estEn
particulier
il vientf * y * == 1/3 ,
valeurprécédemment
trouvéequand p
=1/2 . Pour fi
= z etpour p =
o,l’entropie
H s’annule et iln’y
a que deux cas de certitude.Puisque l’entropie
Hs’exprime
en fonctionde !
et def * y *
nousappelons
laquantité f * y *
lecoefficient
d’incertitudezygotique.
La notion de coefficient d’incertitude
peut
être étendue au cas du multi- allélisme. C’est cettequantité qui
est atteinte dans le cas de l’estimation de para- mètres de la structuregénique
d’unepopulation quand
l’informationapportée
est le
décompte
desgénotypes
ou desphénotypes.
Reçu pour
publication
en novembre 1965.SUMMARY
ENTROPY OF POPULATION DESCRIPTION
Describe the
genic
structure ofpopulation implies
to be able to decide :W Whether two
homologous
genes from a zygote I, taken at random among all zygotes, are identical or non-identical.2
° Whether one of them
belongs
to aparticular
class of isoaction.3
° And whether these two genes,
supposed
non-identical, areabsolutely dependant
or inde-pendant.
Here are 3 hazardous events because of which we cannot be sure of the nature of genotype
ofthiszygotei.
This
uncertainty
can be reckonedby
the usual formula :(pi
is theprobability
of each hazardous event).An
application
to the case of two classes of isoaction is described and discussed.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
BxtLLOUtN L., Il)S6. Science and information Theory. Academic press Inc., N. Y.
C
ILLOIS v., i96!. La relation d’identité en nénétique. Thèse Fac. Sciences Paris, 294 h.