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Averroès aux multiples facettes

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Averroès aux multiples facettes

C’est Ernest Renan, grand érudit violemment rabroué par l’Eglise, qui a été le premier, pourrait-on dire, à offrir une nouvelle existence à Averroès (Ibn Rochd). Il a été aussi le dernier, me semble-t-il, à juger le travail d’Averroès à sa juste valeur.

Les arabophones et les musulmans, aussi bien en Afrique du Nord qu’ailleurs, l’avaient complètement oublié. Et pour cause : le monde géocentrique d’Aristote ne tournait pas rond. Les géomètres, depuis l’Antiquité jusqu’aux concitoyens d’Averroès (c’est à dire habitant la même cité), l’avaient remis en cause tout autant que les théories de son adepte et grand commentateur d’Aristote qu’est notre Averroès.

Dans « Averroès et l’averroïsme », livre qui a ressuscité cette légende arabo-andalouse du Moyen-âge, Ernest Renan nous dit d’emblée que « Le XIIe siècle vit définitivement échouer la tentative des Abbassides d’Orient et des Omeyyades d’Espagne pour créer dans l’islamisme un développement rationnel et scientifique. Quand Averroès mourut, en 1198, la philosophie arabe perdit en lui son dernier représentant, et le triomphe du Coran sur la libre pensée fut assuré pour au moins six cents ans. » . Et aujourd’hui, nous pouvons ajouter deux siècles à ce constat et confirmer, avec beaucoup d’amertume, que le monde de l’islam, qu’on nommait « islamisme

» à l’instar de « christianisme », végète encore, les yeux voilés, recroquevillé sur lui-même, confiné dans l’enclos étroit du Coran, allergique aux lumières et à l’air libre que pourraient lui insuffler une pensée libérée. Ses faméliques chances résident aujourd’hui dans les héritiers de la facette d’Averroès qui renvoie quelque lumière. Ces héritiers qui, contre vents et marées, résistent encore à la déferlante d’un obscurantisme triomphant, dopé par des pétrodollars bien

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abondants.

Mais qu’en est-il au fait de l’Averroès que nous révèlent les recherches les plus récentes ?

1 – Ses aspects positifs et prometteurs

Il faut rappeler que notre auteur avait reçu la charge d’expliquer l’œuvre d’Aristote. C’est le sultan almohade lui- même qui lui en avait passé commande. Le souverain voulait connaître l’avis d’Aristote au sujet du ciel, ou plutôt des cieux . Comme nous le verrons, le choix d’Aristote à cette époque précise n’était nullement anodin. Averroès est considéré par les spécialistes, et à juste titre, comme le Commentateur par excellence. Ils lui reconnaissent une honnêteté et une acuité intellectuelle tout à fait exceptionnelle. Mais n’allez pas penser pour autant, comme j’ai pu l’imaginer étant jeune, que les lettrés andalous du XIIe siècle étudiaient le grec et lisaient Aristote dans le texte. Ils vivaient en réalité sur l’héritage hellénistique conservé en bonne partie grâce aux chrétiens et aux juifs arabes du Moyen-Orient byzantin, lequel héritage a été récupéré par de nouveaux potentats de la région. Le marché des manuscrits étant devenu prospère et lucratif au cours du IX siècle, des traducteurs musulmans s’y sont aussi mis avant que des savants arabophones n’enrichissent ce legs durant cinq siècles environ. Leur contribution indéniable à la science de leur époque ne peut être remise en cause.

Averroès est, à n’en pas douter, un logicien hors normes.

Comme d’autres péripatéticiens arabophones avant lui, il invitait les souverains à introduire cette branche de la philosophie dans l’enseignement de son temps. Ce faisant, Averroès n’a pas hésité à s’attaquer vigoureusement à l’obscurantisme mystique (soufisme) qui a toujours consisté à vider les mots de tout sens, y compris ceux des textes sacrés, pour leur affecter le sens ésotérique d’un Maître. C’est une des raisons pour lesquelles son contemporain andalous et grand

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soufi, Ibn ‘Arabi, se méfiait de lui. Mais force est de constater que grâce à sa mystique, très poétique par ailleurs, Ibn ‘Arabi a fait et fait toujours plus d’adeptes que les rationalistes.

Averroès avait très bien compris que la tournure prise par la pensée musulmane à partir de Ghazali (XIe siècle), était un verbiage et une somme d’élucubrations incohérentes (tahâfut), contraires à tout esprit scientifique et logique tel qu’il a pu voir le jour chez les anciens Grecs, dont Aristote est un bon spécimen.

De ce point de vue, Averroès aurait pu devenir un sérieux point d’appui pour une renaissance des humanités gréco- romaines. Mais les sultans et les princes de l’époque n’étaient ni dupes ni suicidaires : ils avaient très bien compris qu’une telle entreprise serait fatale, non seulement pour le mysticisme, mais aussi pour toute la pensée religieuse ancienne, fondement même de leur pouvoir dont la pièce maîtresse était le coran et ses prescriptions. Dans le monde arabophone et musulman, cela n’a pas changé depuis. Si les régimes d’Afrique du Nord cultivent aujourd’hui un retour à la spiritualité soufie, c’est précisément pour partager le pouvoir avec quelques Maîtres en manipulation mentale et jouer encore une fois un mauvais tour de passe-passe à toute émergence de la rationalité dans ces pays.

2 –Aspects négatifs et handicapants de la pensée d’Averroès

En bon connaisseur de l’œuvre d’Averroès, mais aussi de sa postérité en Europe, ce qu’on appelle l’averroïsme, Ernest Renan énonce un jugement éclairé que d’aucuns jugent sévère par certains côtés : « Averroès est en quelque sorte le Boèce de la philosophie arabe, un de ses derniers venus compensant par le caractère encyclopédique de leurs œuvres ce qui leur manque en originalité, discutant, commentant, parce qu’il est

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trop tard pour créer, derniers soutiens en un mot d’une civilisation qui s’écroule… » . Et en effet, même si Boèce, le Romain du Ve siècle, avait lui aussi embrassé la doctrine d’Aristote, commenté ses ouvrages et introduit la logique dans ses traités de théologie chrétienne, cela n’a pas empêché les brillantes civilisations byzantine et romaine de céder la place à un très long Moyen-âge.

Je crois que l’échec d’Averroès et de toute la pensée du Moyen-âge aussi bien musulmane, juive que chrétienne était dû au fait qu’elle avait renoncé à deux socles de la pensée grecque : la distinction entre mythes et discours logique et puis l’adoption d’une devise inscrite au fronton de l’Académie : « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre ». Sans grand risque d’erreur, nous pouvons dire qu’Averroès ne pratiquait la philosophie que pour mieux la domestiquer et la mettre au service de la foi, donc du pouvoir islamique. Tous les géomètres, plus ou moins confirmés, depuis Archimède jusqu’à Maimonide en passant par Ptolémée, avaient définitivement démontré que la physique géocentrique et sphérique d’Aristote était totalement incompatible avec les phénomènes, observés à ciel ouvert et à l’œil nu. Si Maimonide, contemporain d’Averroès et Cordouan comme lui, a eu le courage d’expliciter cette incompatibilité en consacrant tout un chapitre à la « difficulté d’une astronomie fondée sur Aristote » (chapitre 24 de la deuxième partie du Guide des égarés, Editions Verdier, 1979, p.317). Averroès, par contre, a plutôt cherché à dissimuler cette difficulté (il ne l’évoque que vaguement) et d’en atténuer la portée en renvoyant aux calendes grecques la solution de ses contradictions. On peut légitimement se demander pourquoi des philosophes de la nature, bien instruits de la faillite d’Aristote, s’accrochent à sa physique. Voici la clé de l’énigme tel que nous la donne Maimonide :

« Il est donc démontré que le moteur premier de la sphère céleste,…, ne peut être nullement ni un corps, ni une force dans un corps ; de sorte que ce moteur n’a point de

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mouvement…n’est susceptible, ni de division, ni de changement, comme il a été dit dans la septième et cinquième proposition [de la physique d’Aristote]. Et c’est là Dieu – que son nom soit glorifié !- je veux dire, qu’il est la cause première qui met en mouvement la sphère céleste »

Les géomètres du Moyen-âge, aussi bien juifs, chrétiens que musulmans savaient que les sphères d’Aristote ne tournaient pas rond, tout en avouaient, pour les plus honnêtes d’entre eux, qu’ils ont besoin d’Aristote, caution scientifique, neutre en quelque sorte, qui leur offrait sur un plateau l’idée d’un Premier Moteur inobservable faisait tout mouvoir sans bouger le petit doigt. C’est ce que j’appelle le Grand Stator, halo magique qui enveloppe l’univers et le meut.

N’allez surtout pas croire qu’il a disparu : de nos jours, il s’est transformé en énergie très concentrée qui a fait grand bruit, un big bang qui a mis l’univers en branle. Les théories changent, le big Stator ou le Grand bang reste.

Revenons au Moyen-âge ! La guerre sainte que les Almohades avaient menée aussi bien en Afrique du Nord qu’en Andalousie était fondée sur une terrible idéologie concoctée par un illuminé : Ibn Tumart. Sa doctrine consistait à expliquer à ses contemporains, qui en doutaient certainement, que la foi était fondée non seulement sur une adhésion plus ou moins libre, mais sur une irréfutable conviction, ce qui justifiait donc la coercition à l’égard de ses adversaires. Il manquait à cette idéologie une caution et une confirmation scientifique.

Ce sera Averroès, contraint par le Sultan de s’en référer, et certainement aussi à s’en tenir, à Aristote et sa théorie du ciel. Si tous les géomètres de son temps, comme ceux qui les avaient précédés, en doutaient fortement, Averroès ne désavoue pas clairement le premier Moteur. Le fiasco de la philosophie naturelle du Moyen-âge tient donc en peu de mots : même s’il était bancal, tout le monde avait besoin du Premier Moteur pour tenir son monde.

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Conclusion

Nous savons que le verre d’Averroès est en partie plein, mais aussi en bonne partie vide. On pourrait affirmer que les dignes héritiers de la bonne partie d’Averroès ont été nos concitoyens européens. Ils ne s’y sont pas trompé : il ont compris que la renaissance de la rationalité grecque et des humanités, comme on dit, est la seule chance de faire reculer le Moyen-âge judéo-islamo-chrétien. Mais l’autre partie, totalement creuse et rétrograde, est celle qui prévaut toujours dans la majeur partie du monde musulman.

Positivons et ne soyons pas totalement ingrats : disons qu’il nous faut renouer avec la logique d’Aristote et avec son grand commentateur Averroès !

Pascal Hilout

Peut-on rendre la justice devant un crucifix et un voile islamiste ?

Les laïques ont suivi, depuis 2005, la bataille du juge Luigi Tosti, cet iconoclaste, pour avoir refusé de rendre la justice sous un crucifix, a été menacé d’une forte amende, et de prison.

[http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=1009->http ://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=1009]

Grâce à Michel Naud, libre-penseur de la région nantaise, a n i m a t e u r d u s i t e « L e s B r i g h t s » ,

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[http://brightsfrance.free.fr/->http://brightsfrance.free.fr/]

, nous avons pu suivre, depuis lors, les évolutions de ce procès d’un autre siècle. Nous vous joignons un courrier, où le juge nous informe des derniers méandres de cette affaire qui montre encore la capacité de nuisance de l’Eglise catholique contre nos libertés.

Cher Michel,

Je te signale que la chaîne de télévision canadienne CBC a fait une émission sur mon cas. Le film se trouve aussi sur le site de Richard Dawkins. Voici les liens :

[http://www.cbc.ca/mrl3/8752/news/features/murray-church-state -071204.wmv->http://www.cbc.ca/mrl3/8752/news/features/murray- church-state-071204.wmv ]

[http://richarddawkins.net/article,1963,Riding-with-Rocinante- I t s - m e - o r - t h e -

crucifix.CBC->http://richarddawkins.net/article,1963,Riding-wi th-Rocinante-Its-me-or-the-crucifix.CBC]

Je te signale par ailleurs que du site de Radioradicale peut être téléchargé l’enregistrement audio de l’audience qui s’est tenue au Conseil Supérieur de la Magistrature le 7 décembre passé, au cours de laquelle j’ai eu la possibilité d’affirmer que « l’Eglise Catholique est la plus grande association de délinquants, la plus grande bande de faussaires de l’Histoire. » Voici le lien :

[http://www.radioradicale.it/scheda/242173/manifestazione-in-s o s t e g n o - d e l - m a g i s t r a t o - d o t t o r - l u i g i -

tosti->http://www.radioradicale.it/scheda/242173/manifestazion e-in-sostegno-del-magistrato-dottor-luigi-tosti ]

A la fin de cette procédure disciplinaire délirante j’ai été condamné à la sanction (minimale) de « l’avertissement » pour avoir osé écrire dans une lettre adressée au Ministre de la Justice que « en ma qualité d’accusé je me serais refusé de me

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présenter dans des salles de tribunaux montrant une partialité catholique à cause de l’exposition de crucifix. » Après la condamnation à la prison infligée par le tribunal de l’Inquisition à Galileo Galilei, en l’année 1633, pour avoir osé affirmer la vérité, moi aussi, en l’année de grâce 2007, je suis condamné pour « outrage mensonger », c’est-à-dire pour avoir exprimé une opinion juridique qui a, d’ailleurs, été affirmée par la Cour de Cassation italienne, par le même Conseil Supérieur de la Magistrature, par les Cours Constitutionnelles allemande et suisse et, enfin, par la Cour Européenne des droits de l’Homme

Un vrai délire qui démontre – s’il en était encore besoin – quel est le niveau de criminalité qui connote la persécution judiciaire appliquée à mon égard.

Remerciement et salut à tous mes amis Brights de France Ciao

Luigi Tosti

Rappelons qu’il y a quelques années, en France, un avocat, Daniel Delrez, se battait, lui aussi, pour faire décrocher un crucifix de 3,50 mètres de haut sur 1,50 mètre de large, au tribunal de Metz.

[http://www.lutte-ouvriere-journal.org/index.php?act=artl&num=

1681&id=15->http://www.lutte-ouvriere-journal.org/index.php?ac t=artl&num=1681&id=15]

En janvier 2002, une avocate du barreau de Sarreguemines, Nadia Weiler-Strasser, a adressé une motion de protestation au président de la Conférence des bâtonniers de France contre le port d’un foulard islamique par une élève avocate de Nancy. « Cette pratique me paraît tout à fait contraire aux lois de la République et à celles régissant la profession d’avocat », précise l’avocate mosellane. Cela n’empêcha pas, quelques années plus tard, la même avocate de qualifier, dans une revue

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d’une association laïque, l’action de Fanny Truchelut de

« raciste ».

Lors du procès de la propriétaire du gîte, au tribunal d’Epinal, la plaignante, Horia Demiati, put prêter serment et témoigner en étant voilée.

J’avoue que je ne comprends pas comment on peut, à juste titre, refuser de rendre la justice sous la pression du Christ, et accepter de la rendre sous la pression de l’uniforme de l’islam politique.

Jeanne Bourdillon

Faut-il vraiment construire de nouvelles mosquées ?

Le 16 octobre dernier, j’étais invité à débattre, à Marseille, à l’invitation de la Fédération des Bouches-du-Rhône des jeunes UMP, sur le thème de la laïcité au 21e siècle. C’était pour moi une première, mais il y a un début à tout. Après un exposé de trente minutes sur les principes laïques, le débat a rapidement tourné autour de la nouvelle Grande Mosquée promise par Gaudin à la communauté musulmane, et sur la question du voile intégral dans la rue.

J’ai été très surpris par l’agressivité de quelques militantes, qui m’expliquaient qu’elles étaient pour la liberté, pour toutes les libertés, et que la vue de burkas dans les rues de Marseille ne les dérangeait absolument pas.

Je me permis de leur dire que leur discours sur la liberté économique sans limite épousait parfaitement leur discours sur la liberté religieuse sans contrainte, et qu’elles étaient totalement dans la logique anglo-saxonne.

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Le débat, assez vif, s’est ensuite cristallisé autour de la construction de la nouvelle mosquée, d’autant que j’avais écrit un article, avec mon ami Philippe Isnard, intitulé « Gaudin Akbar », qui était disponible dans la salle (même si on a v a i t c h a n g é l e t i t r e p o u r l a c i r c o n s t a n c e ) : [http://laicite.free.fr/html/grande-mosquee-marseille.html->ht tp://laicite.free.fr/html/grande-mosquee-marseille.html]

L’argument essentiel des militants UMP (à l’exception de quatre ou cinq, qui vinrent me dire leur accord, à la fin du débat) était qu’ils étaient pragmatiques, et que nous étions dogmatiques. Pragmatiques, ils l’étaient, puisque, selon eux, la construction de mosquées était le remède contre deux fléaux de notre société : la délinquance, et la montée de l’intégrisme. S’il fallait financer avec de l’argent public pour enrayer ce danger, ils préféraient payer, quitte à ce que cela heurte d’affreux laïques dogmatiques comme mes amis et moi.

Bien sûr, il fut facile de leur montrer que l’existence de la Grande Mosquée de Lyon n’avait pas empêchée Khaled Kelkal de devenir un terroriste dans les années 1995, ni les discours intégristes de l’imam Benchellali, ni les actions terroristes de ses fils. Bien que les événements de Villiers-le-Bel, où il y a une mosquée, n’aient pas encore eu lieu, il ne fut pas plus difficile de démontrer que la construction de nouveaux lieux de culte ne faisait pas baisser la délinquance chez les musulmans, qui occupent 60 % des prisons françaises, selon un r e p o r t a g e d e F r a n c e 3 : [http://fr.youtube.com/watch?v=PjD6fAbveGw->http://fr.youtube.

com/watch?v=PjD6fAbveGw ] .

Le danger de la notion d’égalité des religions

Au-delà de ce débat, toute la gauche, y compris les associations se réclamant de la laïcité, a tendance à soutenir

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la construction de nouvelles mosquées, au nom du droit des musulmans à pratiquer leur religion dans des conditions décentes. Bien souvent, on les entend dire : « Les catholiques ont bien leurs Eglises, pourquoi les musulmans n’auraient-ils pas leur mosquée ? ».

Je me souviens du flop, dans un débat, que provoqua un intervenant, lorsque nous menions la bataille pour une loi contre les signes religieux à l’école. Devant un public bien chaud, il asséna ces propos : « Nous sommes contre le voile islamique à l’école publique, et pour la construction de mosquées dans l’espace privé ». Un silence glacial accueillit la fin de sa phrase. Instinctivement, le public, et surtout les femmes, sentaient que quelque chose n’allait pas dans ce discours, il les dérangeait.

Pourtant, cet homme, responsable d’association laïque, était convaincu, en parlant ainsi, de se protéger de l’accusation classique des islamistes : vous êtes islamophobe, donc raciste

! Chahdortt Djavann, romancière française d’origine iranienne, dans son dernier livre « A mon corps défendant l’Occident » (éditions Flammarion) ne s’embarrasse pas de pareilles précautions.

Elle met les pieds dans le plat, dans un chapitre entier consacré à cette question. Elle cite cette phrase de Khomeiny, qu’elle prend très au sérieux : « Nous exporterons l’islam dans le monde entier ». Elle explique pourquoi, à son avis, la multiplication de constructions de mosquées en France, qui est dans cet esprit, n’est pas une bonne idée du tout. Elle tord le cou d’abord à l’idée que c’est « l’islam des caves » qui favoriserait l’islamisme. C’est parce qu’ils sont intégristes qu’ils se rassemblent dans les mosquées des sous-sols, et l’intégrisme n’est pas soluble dans une nouvelle architecture moderne.

Mon ami Simon Blumental, président d’ »Algérie Ensemble », me faisait remarquer, dernièrement, que, depuis l’indépendance,

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en Algérie, le pouvoir avait fait construire 12.000 mosquées, soit la moyenne d’une par jour. Il expliquait que c’est dans nombre de ces mosquées était affichée la liste des gens à abattre, dans les années 1990, et que les prêches y encourageaient le terrorisme. Les dramatiques attentats qui ont encore ensanglanté Alger démontrent que l’édification de plein de mosquées n’est pas un remède contre le terrorisme.

Chahdortt n’évacue pas le contexte international, et ne croit pas une seule seconde à la belle histoire d’un « islam de France » qui, tel le nuage de Tchernobyl, préserverait notre pays de l’objectif conquérant des islamistes, partout dans le monde. En ce sens, elle affirme que la construction de mosquées, et l’offensive du voile sont des marqueurs du signe d’une reconquête, voulue par les prédicateurs et les fanatiques islamistes.

Elle ose affirmer que l’érection de minarets, dans les grandes villes de France, ce n’est pas l’histoire de notre pays. Elle considère aujourd’hui les Eglises comme des monuments historiques, davantage visités par des curieux que fréquentés par des croyants. Bien évidemment, derrière les mosquées se profilent les demandes de construction de temples protestants nouveaux, demandés par l’église protestante, à présent dirigée par les évangéliques. Ils exigent de la République les mêmes dérogations financières, baux emphytéotiques et associations culturelles masquant des activités cultuelles, que celles accordées aux musulmans. Et d’autres, y compris les mouvements sectaires, attendent de s’engouffrer dans la brêche.

Nous risquons ainsi, au nom de la dangereuse théorie de l’égalité des religions, de voir un paradoxe, en France. Alors que les Français, y compris d’origine arabo-musulmane, sont de moins en moins croyants, il risque d’y avoir de plus en plus d’édifications de différents lieux cultuels, qui vont envahir l’espace public. De nombreuses villes ne sont pas équipées, à proximité, d’un crématorium qui permettrait à ceux qui le souhaitent d’être incinérés. De même, il manque cruellement,

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dans les communes, des lieux de recueillement pour les personnes souhaitant des obsèques civiles.

Peut-on pour autant considérer que les seuls lieux de culte autorisés seraient ceux qui existent aujourd’hui, et qu’on doive, à présent, ne plus en construire, et donc priver des citoyens de lieux de prières ? Remarquons d’abord qu’on peut faire ses prières dans l’intimité, et qu’on n’a pas obligatoirement besoin de lieux de culte pour cela.

Concernant les mosquées, seule une minorité en réclame la construction, la majorité des populations arabo-musulmanes ont davantage besoin de logements de qualité et de travail que de lieux de culte, où une minorité s’y rend. Dans ce chapître, Chahdortt Djavann, qui se revendique athée, ouvre une piste, que sans doute beaucoup contesteront, de l’oecuménie revendiquée des religions, et propose un usage commun des différents lieux de culte existants.

Protéger au mieux la laïcité et le droit des femmes de l’agression des islamistes

En osant poser la question de la pertinence de la construction de mosquées, Chahdortt Djavann, qui ressemble beaucoup à Ayaan Hirsi Ali par sa virulence de la critique de l’islam, lance un débat que tout le monde fuit.

– Les élus nationaux qui, derrière Nicolas Sarkozy, veulent favoriser la construction de mosquées, et les financer, au nom de la mise en avant d’un soi-disant islam de France spécifique.

– Les élus locaux qui, de droite comme de gauche, veulent acheter leur prochaine élection en promettant des mosquées à toutes les communautés musulmanes qui les demandent.

– Les organisations laïques qui entendent « raison garder », comme on l’a lu lors de l’affaire du « Gîte des Vosges ».

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Refusant de voir la réalité de la montée de l’islam en France, certaines continuent à s’accrocher à un discours philosophique totalement déconnecté des réalités du terrain. Tout comme elles ont défendu Horia Demiati contre Fanny Truchelut, elles défendront le droit de Boubakeur et Sarkozy de construire des mosquées dans toute la France, puisque cela sera, selon leur dogme, dans la sphère privée, et que leur seule limite sera que l’Etat ne les finance pas.

Le résultat est que, bien souvent, seules les organisations d’extrême droite s’opposent à la construction de mosquées, comme ce fut le cas dernièrement à Marseille ou à Montreuil.

Dans cette dernière commune, l’extrême droite n’a pas protesté contre les dérogations accordées à la communauté religieuse juive, elle n’a attaqué que la mosquée. Par ailleurs, cette partition convient à tout le monde.

Les islamistes disent que ceux qui s’opposent à l’islam sont racistes, et la gauche et certains laïques disent qu’ils ne peuvent pas s’associer avec l’extrême droite. Résultat, tout le monde vote pour les baux emphytéotiques, et pour les constructions de mosquées !

Après la scandaleuse condamnation de Fanny Truchelut, le livre de Chahdortt Djavann devrait au moins obliger l’ensemble du monde politique et associatif à oser débattre de questions qui ne sont pas taboues, et qui tournent autour d’une évidence : l’islam politique est le fer de lance d’une attaque sans précédent contre la laïcité et le droit des femmes, en France et dans le monde.

Quel bilan peut-on faire, dans les communes, suite à l’édification d’une mosquée ? Cela a-t-il favorisé une meilleure intégration, ou occasionné un repli communautariste encore plus fort ? Cela a-t-il contribué à faire comprendre que la loi de la République est-elle considérée supérieure à l a l o i d i v i n e ( v o i r c e l i e n : [http://www.youtube.com/watch?v=EJTC1RAcTro->http://www.youtub

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e.com/watch?v=EJTC1RAcTro]) ? La mixité a-t-elle progressé, ou bien régressé ? Les refus de manger de la viande à la cantine progresse-t-elle ? Cela a-t-il fait diminué le nombre de voiles et de burkas, ou au contraire a-t-il augmenté ? Le nombre de commerces s’est-il diversifié dans le quartier, ou au contraire les boutiques halal et les librairies Tahwid sont-elle apparues encore plus nombreuses ?

Pourquoi ne peut-on pas envisager la mise en place d’une commission parlementaire qui, telles les commissions Debré et Stasi, avaient ouvert les yeux aux élus, et aux Français, en 2003, sur les conséquences de l’offensive du voile et de l’islam politique, dans de nombreux secteurs de la société.

Posons la vraie question : quels moyens le pays de la séparation du politique et du religieux peut-il se donner pour se protéger au mieux de l’offensive politico-religieuse et communautariste des islamistes, et quelle place la construction de mosquées occupe-t-elle dans cette stratégie ? Pierre Cassen

Kadhafi : pourquoi ce silence sur son inquiétant prosélystisme religieux ?

Il est de bon ton de tirer à boulets rouges sur Sarkozy au motif qu’il a de cordiales relations avec des dirigeants étrangers dont le moins que l’on puisse dire est que ce ne sont pas des démocrates. Après les félicitations à Poutine, le scandale est à son comble avec la visite de Kadhafi à Paris.

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Il est vrai qu’un chef d’Etat qui prend publiquement position pour le terrorisme reçu avec tous les honneurs, ça fait désordre ! Néanmoins il me semble que le parti socialiste n’est pas le mieux placé pour donner des leçons, lui qui se prépare à voter le traité de Lisbonne, qui constitue un déni de démocrate absolu, une atteinte au droit des peuples. Il me semble également que les responsabilités politiques amènent, à tort ou à raison, à remiser la question des droits de l’homme, sauf à remettre en question le libéralisme qui prévaut sur notre planète, solution qui aurait nos préférences mais n’est pas encore majoritaire parmi nos concitoyens, c’est peu de le dire. Enfin, il serait nécessaire de ne pas se tromper de combat quand on critique le leader libyen.

D’abord, si le respect des droits de l’homme l’emportait vraiment, on ne devrait plus recevoir à l’Elysée grand monde, dirigeants africains, asiatiques, russes, d’Amérique du Sud et encore moins ceux des U.S.A., qui, ouvertement ( Irak ) ou en sous-mains (Chili d’Allende ) depuis des dizaines d’années, se permettent d’assassiner, de faire des dictateurs ou défaire des démocrates, d’envahir des pays et d’y générer guerres civiles, quand il ne s’agit pas de créer et soutenir des Talibans ! Quelle différence avec Kadhafi ? Ils mentent, cachent leurs exactions et font semblant de respecter les droits de l’homme chez eux pour mieux assassiner et déclencher des guerres civiles ou imposer des dictatures partout ailleurs pour préserver leurs intérêts politiques et économiques.

On rappellera pour la bonne bouche qu’Idriss Déby, le Président du Tchad, ayant ordonné tortures, assassinats et massacres de population fut reçu à Matignon par Jospin et à l’Elysée par Chirac en 1997 ; que Denis Sassou Nguesso, r e s p o n s a b l e d e l a d i c t a t u r e , d e s m i l i c e s e t d e l a paupérisation de la population du Congo fut reçu en 2004 par Chirac ; que le même Chirac a remis la légion d’honneur à Poutine en 2006 ; que Mitterrand reçut Arafat en 1989 et Castro en 1995 mais que la palme revient ans doute à Omar

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Bongo, du Gabon : soupçonné de fraudes électorales, d’assassinats d’ ennemis personnels et de tentatives d’assassinats d’opposants politiques, il fut reçu par De Gaulle en 1968, par Mitterrand en 1984, par Sarkozy en 2007 qui l’avait déjà consulté pendant la campagne électorale, tout comme Bayrou et Le Pen !

On dira que la politique a des raisons que la raison ne connaît pas, que l’on peut faire avancer les choses ( ce fut le choix de Mitterrand avec Arafat, reçu à la condition de déclarer caduque la charte de l’OLP revendiquant la lutte armée), ou être opportuniste politique et/ou économique, et, comme le disait cyniquement Mitterrand à ceux qui lui reprochaient Castro : « il ne resterait pas grand monde, si la France ne devait avoir de relations diplomatiques qu’avec les pays respectueux des droits de l’homme ! » On peut aussi se dire qu’après tout on a plus de chance d’éviter terrorisme et guerres aveugles si on tisse des liens que si on met les têtes pensantes des extrémistes au ban des nations. Enfin, on ne peut pas vouloir créer un grand partenariat Europe- Méditerranée sans nouer le dialogue avec les dirigeants africains, quels qu’ils soient. Réalisme ou pragmatisme ? Peu importe, et Sarkozy l’a bien compris.

Evidemment, il serait bien de moraliser les échanges politiques. On aurait effectivement des chances de voir progresser les droits de l’homme. On sait que c’est possible, on se rappelle que la pression internationale a fini par avoir raison de l’apartheid en Afrique du Sud. Alors pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de cette logique humaniste et éthique ? C’est que, hélas, ceux qui fustigent actuellement l’accueil fait à Khadafi sont aussi ceux qui défendent l’Europe libérale, la mondialisation, l’OMC, etc. Ce sont ceux qui veulent la circulation totale et sans entraves des marchandises, de l’argent et de l’or noir et des hommes (pour mieux casser notre droit du travail) sur la planète, ce qui conduit à assumer serrements de mains, félicitations,

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réceptions … cette prostitution étant le prix à payer pour que l’on continue d’avoir du gaz, du pétrole, des commandes d’Airbus (montés ailleurs mais peu importe !), du pouvoir, de l’entregent, pour que l’on continue à manger, pour ne pas être mangé par les Chinois ou les Indiens …

L’argent n’a pas d’odeur et est roi ? Acceptez-en les conséquences : nous devons vendre notre âme pour quelques milliards de contrat. Vous ne voulez pas ? Bravo, allez jusqu’au bout, défendez le repli derrière nos frontières, nos valeurs et nos acquis sociaux. Vous levez les bras au ciel ? Ça n’est pas possible ? Alors soyez plus mesurés dans vos critiques. D’autant plus que les socialistes donneurs de leçons ont déjà oublié les gesticulations de leur candidate sur la grande muraille de Chine, championne des droits de l’homme, ou ses apparitions successives aux côtés du Hezbollah, du Hamas et des Sionistes lors de son voyage au proche Orient ! Tous ces gens, comme on le sait, défendent les droits de l’homme et de la femme !

Quant au problème stricto sensu Kadhafi, il serait bien de lui faire un procès équitable ; certes son discours, sans langue de bois, est ouvertement et scandaleusement pro-terroriste, (on notera quand même que l’extrême-gauche, qui hurle quand Sarkozy le reçoit, absout régulièrement les terroristes qui se font sauter avec des innocents en affirmant, comme le leader libyen, que c’est la seule arme des pauvres dans un monde dominé par le diable américain) ; c’est un manipulateur (pauvre Sarko, accusé d’avoir menti – on rigole bien, on n’a pas tout perdu -) et un dictateur (de nombreux prisonniers auraient disparu des geôles libyennes) … mais, comme tous les coupables, il a droit à l’évolution et à la rédemption et s’opposer à sa venue parce qu’il aurait, il y a vingt ans, fait sauter un avion ou exercé une tentative de viol il y en trente, quelle que soit l’émotion, compréhensible, des victimes, semble peu réaliste.

D’ailleurs il faut accorder à la vérité qu’il a le dos large

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et qu’il a endossé de nombreux faits dont il était vraisemblablement innocent, comme l’attentat de Lockerbie en 1988 ; je vous renvoie à l’émission de France-Inter « Rendez- vous avec X » du 6 décembre 2007, dont voici la présentation : » C’est un véritable rebondissement ! La Libye ne serait sans doute pas impliquée dans l’attentat contre le Boeing 747 qui a explosé en 1988 au-dessus de l’Ecosse, à Lockerbie exactement…

Ce que disait déjà Monsieur X en 1998. Aussi, je vous propose de réécouter intégralement cet enregistrement. Mais d’abord, j’ai demandé à mon interlocuteur pourquoi l’agent secret libyen, qui était considéré jusqu’à aujourd’hui comme le principal instigateur de cet acte terroriste qui a provoqué la mort de 270 personnes, sera rejugé et peut-être innocenté… », la C.I.A. aurait monté de toutes pièces l’accusation ; c o m p l é m e n t s s u r c e t t e a f f a i r e : [http://www.afrik.com/article12365.html->http://www.afrik.com/

article12365.html] ; bref, entre les attaques des Etats-Unis sur son palais en 1986 et les représailles économiques et politiques qu’il a encourues et le terrorisme qu’il a diligenté, on ne sait plus si c’est la poule qui a fait l’oeuf ou l’œuf qui a fait la poule ! On pourrait même mettre à son actif une conception de la femme un peu moins restrictive que celle de bien d’autres pays musulmans, avec son opposition aux mariages arrangés, l’âge du mariage porté à vingt ans, l’éducation gratuite pour tous et toutes, le travail des femmes et une certaine ouverture à la société occidentale, qui bénéficie à celles-ci, encouragés… Voir « Courrier

I n t e r n a t i o n a l »

[http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=80518 ->http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=8051 8].

Néanmoins, le personnage reste plus que dangereux ; on ajoutera, et c’est moins glorieux, qu’il encourage vivement les femmes, à Bagdad comme à Gaza, à piéger leurs vêtements, les valises et les jouets de leurs enfants pour les faire exploser à la tête des soldats ennemis et, surtout, hic et

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nunc, en ce qui concerne la France, lui donner l’occasion de parader à Paris sans exiger qu’il nuance ses prises de positions sur l’Islam, accepter qu’il parle de la condition faite aux immigrés, c’est conforter les revendications religieuses et identitaires dont la France et les Français issus de l’immigration souffrent tant et c’est inadmissible.

En effet, le leader libyen clame à qui veut l’entendre que l’islam est la seule et vraie religion, qu’elle va conquérir l’Europe et s’y imposer, que tout le monde devrait devenir musulman et même que l’Europe et l’Amérique « devraient accepter de devenir islamiques, au fil du temps, ou alors déclarer la guerre aux musulmans. » Lors de son séjour en France, il a complaisamment expliqué que nous vivions sur un malentendu, que Jésus n’avait pas été crucifié… bref, personne ne l’a remis en place en lui expliquant que la France était peuplée d’une majorité d’athées ou d’agnostiques qui ne se sentaient pas concernés par la querelle des vrais prophètes qu’il voulait induire. Je vous renvoie

à l’extrait d’un discours hallucinant prononcé par Kadhafi d i f f u s é l e 1 0 a v r i l 2 0 0 6 : [http://www.dailymotion.com/visited/Tazda/video/x3fca_2006-04- 1 0 - d i s c o u r s - d e -

gagadhafi_news->http://www.dailymotion.com/visited/Tazda/video /x3fca_2006-04-10-discours-de-gagadhafi_news].

Alors que pas une voix, à gauche, ni à droite, n’ose stigmatiser ce discours religieux, empreint d’un prosélytisme agressif dans un pays laïque laisse pantois. Peut-on imaginer Sarkozy en Algérie ou en Libye prendre publiquement la parole pour dire à la population qu’il est temps qu’elle envoie promener sa religion, dépassée, et que celle-ci repose sur une erreur historique ? Las ! Il en est des visites officielles comme des lâchetés quotidiennes du type de l’affaire du gîte des Vosges, il devient interdit de parler de religion, il devient interdit de défendre des principes laïques. Et c’est là que Sarkozy commet une grave erreur, il se devait, il nous

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devait, de rappeler, poliment et publiquement à Kadhafi, aux Français et aux immigrés, que la religion, en France, est une affaire privée qui n’a rien à faire dans des échanges politiques et économiques.

Au lieu de cela, notre Président, soucieux de ne pas faire de vagues, a avalé des couleuvres, a accepté la rencontre surréaliste de Kadhafi et de deux cents femmes (on hésite entre le fou rire et l’appel aux mânes de Beauvoir ) et, beaucoup plus grave, a laissé ( ordonné au ? ) le Préfet de Paris interdire une manifestation organisée par le Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad, qui souhaite avoir des explications sur la disparition de son président en Libye en 2002, sous prétexte de risque de trouble à l’ordre public lié à une possible contre-manifestation … On ne sait pas si Kadhafi aura retenu les leçons de Sarkozy quant aux droits de l’homme, mais il nous reste à espérer que Sarkozy ne lui a pas demandé ses recettes …

Ainsi, comme d’habitude, la gauche et les organisations des droits de l’homme se sont trompées de combat ! Comme d’habitude, elles ont joué les pucelles effarouchées sur des faits passés et, hélas, habituels dans la jungle politique mondiale, pour mieux laisser le discours religieux porter…Pour le reste, c’est peu de dire que je n’aimerais pas être à la place du chef de l’Etat, avoir à vendre mon âme au diable.

Mais s’il veut des marchés pour les entreprises françaises, s’il veut faire cette Union Méditerranéenne qui lui tient à cœur, s’il veut faire progresser les droits de l’homme et la démocratie de l’autre côté de la Méditerranée et appliquer sa politique migratoire, il ne peut laisser de côté Kadhafi.

Sarkozy est un libéral, il a été élu sur un programme libéral, il se donne les moyens de le réaliser en utilisant, aussi, la politique étrangère. Quoi d’étonnant ? Il se donne même le luxe de donner des leçons : « Si nous n’accueillons pas des pays qui prennent le chemin de la respectabilité, que devons- nous dire à ceux qui prennent le chemin inverse ». On

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rappellera que ni Bayrou ni Royal n’avaient promis – au contraire ! – de rupture avec le libéralisme débridé dans leur programme. Or ce serait la seule façon de retrouver la liberté d’agir, d’être et de défendre les droits de l’homme pour notre pays. Voeu pieux ? Certes, jusqu’à la catastrophe prévisible, l’emballement de l’économie virtuelle, des jeux d’écriture ou la révolte des opprimés … Pour demain ?

Christine Tasin

[http://christinetasin.over-blog.fr->http://christinetasin.ove r-blog.fr]

Ton oxymore me démange

Notre cerveau s’accoutume mieux aux oxymores religieux que notre cul aux oxyures. Et pourtant, ça devrait nous gratter un coin du cerveau cette juxtaposition des mots islamisme et modéré.

Il ne peut pas exister d’islamisme modéré. Tout islamisme, parce qu’il met la religion au- dessus de tout, est un système idéologique totalitaire, que les tenants de celui-ci utilisent directement les armes ou ne les utilisent pas. En dernier ressort, c’est les fous de religion qui oppriment.

L’islamisme est une pratique religieuse qui va au combat. Elle place sa religion au dessus des lois civiles qui organisent les hommes et elle les combat pour s’imposer. Dans l’islamisme, la religion est la clef de voûte de l’édifice humain cimenté par le dieu. L’édifice est entretenu et organisé par le clergé installé par les héritiers du prophète.

Hors cette conception, point d’existence. Modéré ou terroriste, l’islamisme est une idéologie qui prône la

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nécessité de donner aux religieux le pouvoir final. C’est un système exclusif qui ne reconnaît que ce qui le sert pour atteindre son but et qui rejette toute autre conception. Il nie tout autre acteur jusqu’à le détruire.

La nuance qui consiste alors à différencier des types d’islamisme qui seraient modéré ou intégriste, selon la forme que prend le combat mené par l’idéologie, est totalement superfétatoire. Pire, cela sert de prétexte aux « modérés » pour avancer voilés : seule la finalité, c’est-à-dire la victoire du religieux, les intéressent. Peu importe le moyen pour y parvenir : prosélytisme voilé ou les armes à la main.

Il est donc patent que chercher à dialoguer avec l’islamisme modéré en lui reconnaissant une place d’acteur de la société, c’est alimenter la démarche et la finalité de l’islamisme.

C’est l’aider vers sa victoire finale : tout le pouvoir au religieux.

Certes, l’avancement dans le temps est différent : à savoir pour les islamistes intégristes une violence immédiate contre les états laïques et les mécréants (attentats de New York, de Londres, de Madrid), tandis que les « modérés » utilisent initialement les lois de la République pour influer et accéder au pouvoir, imposer progressivement ses pratiques sur la vie sociale (séparation homme-femme, discrimination, etc.) et ensuite semer la terreur et imposer son diktat ( le Hamas a utilisé le cadre des élections à Gaza).

Accepter cette nuance de forme pour qualifier de façon différente l’islamisme est néfaste à terme car elle sous-tend de traiter différemment ce qui est similaire dans les visées : imposer la loi religieuse à la société. Quand on commence à mettre le pied à l’étrier à l’islamisme en réservant des journées pour les femmes dans les piscines, quand on accepte que les filles ne côtoient pas les garçons lors des cours de gymnastique, quand on admet qu’une nourriture bénie de telle ou telle façon soit fournie à l’école, alors on ouvre la brèche à l’acceptation pour la collectivité de pratiques

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religieuses de plus en plus exigeantes, contraignantes et discriminantes puisqu’elles s’imposent au collectif dans son ensemble.

C’est ainsi que les « modérés » utilisent, par retournement de sens, le droit à la différence pour exiger de la République que leur soit concédé le droit d’exercer leurs pratiques discriminatoires envers les femmes et les mécréants. Jusqu’à présent, le droit à la différence ne peut s’appliquer, au sein de la République, que s’il s’insère dans le cadre des droits fondamentaux qui sont le socle de notre vivre ensemble (égalité quels que soient le sexe, l’origine ou les croyances). Or, l’islamiste soumet l’ensemble de ces droits à la croyance et à son idéologie. Par cette démarche, il s’avère fondamentalement antirépublicain, qu’il soit modéré ou fondamentaliste. Une confusion est volontairement instiguée par les islamistes qui crient qu’on leur renie le droit à leur croyance. Non, ce droit est et demeure entier.

Tout être a le droit d’être musulman, chrétien ou athée. Mais la religion ne peut s’appliquer que sur la sphère personnelle.

Le droit au respect de la croyance de chacun ne peut pas autoriser de s’octroyer celui d’imposer à autrui les règles et pratiques de sa croyance. La croyance ne peut pas sortir de la sphère privée pour rejoindre la sphère publique et miner les principes universels sur lesquels repose notre contrat de vivre ensemble, dans le respect de tous.

A propos des musulmans modérés, l’analyse est identique : si le musulman est modéré au sein de sa sphère privée, c’est-à- dire qu’il s’applique modérément les préceptes de vie de sa religion, c’est son affaire personnelle et personne n’a à intervenir sur ses choix. Si ce musulman est modéré dans son intervention sur le champ social, la question est de déterminer si cette intervention s’effectue pour la religion ou pour lui-même. Mais s’il cherche à imposer son mode de vie, il devient ipso facto un islamiste « modéré ».

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Derrière le voile, les armes de l’oppression

Même sans bombe sous le turban, avec un islamisme « modéré », le voile est un outil de propagande, de prosélytisme qui, quand il s’étend et se généralise, stigmatise les femmes non voilées. Elles deviennent alors la cible de la communauté dont elles refusent l’oppression et son symbole de soumission.

C’est pour les soumettre à la loi divine que l’on jette de l’acide au visage de femmes dont on perçoit une mèche de cheveux. Certes cela se pratique loin de nous, là-bas. Et les jeunes filles qu’on arrose d’essence avant d’y mettre le feu, c’est loin ? La banlieue, c’est si loin des faiseurs de phraséologie ?

Le voile est à la religion ce que l’uniforme est à la guerre : une provocation, un symbole d’appartenance, une règle d’uniformité et d’obéissance sans conscience. Frontière infranchissable entre les hommes et les femmes dans l’espace p u b l i c , l e v o i l e e s t l ’ e x p r e s s i o n d e l ’ e x i g e n c e inconditionnelle de l’obéissance.

De nombreuses religions de par le monde ont des pratiques similaires de refus de toute forme de prise en mains de sa propre destinée, d’indépendance de choix de vie. L’église catholique refuse aux femmes le droit à disposer de leurs corps. Le droit à l’avortement est encore interdit dans certains pays d’Europe dont le système politique est sous influence religieuse. Les créationnistes défient la science et l’histoire aux USA et maintenant en Europe. Les croisades ont imposé un choc des civilisations sur les ruines duquel se repaissent encore tant les nostalgiques des colonies que les Indigènes de la république en France.

L’esprit communautariste se développe sur ce terreau. La démarche communautariste couvre un large spectre qui va de la lepénisation des pratiques d’une fange importante de la classe

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politique illustrée par ce ministère de l’identité nationale, à une menace clairement exprimée par les communautaristes sur les institutions (« n’oubliez pas que les personnes issues de l’immigration peuvent faire et défaire un maire » comme l’a exprimé et revendiqué un Mouloud Aounit à plusieurs reprises, rejoignant ainsi Dieudonné).

Dans le cadre d’une Europe où l’approche anglo-saxonne par lobbying des groupes de pressions communautaires est prégnante dans une majorité de pays, il est essentiel de préserver, en la redynamisant, une spécificité française autour du citoyen acteur de l’égalité pour le bien de tous collectivement. Ce contrat social est à revivifier si nous ne voulons pas assister à des affrontements de blocs à blocs ou un groupe impose, au nom de ses croyances, sa façon de vivre à l’autre.

Il est temps d’arrêter de se payer de mots, de commémorations en commémorations, et d’agir concrètement, tous ensemble, autour des valeurs qui nous unissent. Il est temps de se réapproprier l’espace qui nous est commun, il est temps de se réapproprier le libre usage de nos corps, il est temps de reconstruire nos libertés hors du joug des règles des religieux, il est urgent de réinventer de nouveaux circuits, partageables par tous, de circulation des idées et des pratiques. La meilleure défense de notre Cité est de la re- créer, ouverte sur le monde…et sur elle-même. N’enterrons pas une seconde fois Voltaire.

Alain CALLES

Halde-là : 2. Après la

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défense des Lolita du porno, l’acharnement contre une mémé de 97 ans

Notre précédent article sur la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité décortiquait une curieuse « délibération » de son « Collège » sur une histoire de recrutement d’actrices porno (1). Cette interprétation arbitraire et non argumentée de la HALDE nous avait laissé un goût amer, puisque la délibération bottait en touche la demande de la requérante âgée de seulement 29 ans. Y aurait-il une ségrégation entre les victimes ou les responsables de discriminations, en particulier sur un critère d’âge ?

Heureusement, nous avons trouvé une autre délibération de la HALDE, élaborée deux mois après celle sur les « Lolita blondes

», qui démontre que ce n’est pas le cas, et que la HALDE effectue sa « mission » avec acharnement, même avec une vieille dame de 97 ans à qui elle réserve un traitement qui dépasse celui décidé par la justice républicaine. Il s’agit de la délibération n° 2006-137 du 19 juin 2006.

En introduction, la HALDE nous résume l’affaire :

« Une candidate locataire s’est vu refuser un appartement situé dans le parc locatif privé au motif qu’elle est de confession musulmane. La propriétaire a en effet déclaré devant témoin « qu’elle ne louerait jamais à des musulmans ».

La réclamante a porté plainte. Le Parquet a procédé à un classement sans suite en opportunité « en raison du grand âge de la propriétaire ». Le Collège de la haute autorité a décidé d’informer la propriétaire de la discrimination relevée, tout en lui rappelant les termes des dispositions applicables en matière de fourniture de biens et de services. » (2)

Mais l’examen attentif de la délibération complète révèle

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quelques aspects de l’affaire que ce résumé élude un peu rapidement. Nous vous invitons à télécharger cette délibération et à la lire avec attention (3).

« Aurait », « aurait », « aurait »

Nous voyons tout d’abord que l’assertion affirmative du résumé (« Une candidate locataire s’est vu refuser un appartement situé dans le parc locatif privé au motif que (…) ») s’appuie sur les déclarations de la plaignante basées uniquement sur une conversation qu’elle « aurait » eu avec la propriétaire âgée, et sur une autre conversation entre celle-ci et la collègue de Yasmine. C’est à dessein que je mets le conditionnel, car la délibération de la HALDE raconte aussi la version de Yasmine sur le mode conditionnel d’un bout à l’autre :

« Le 12 août 2005, Yasmine accompagnée d’Eva, une amie, de Claire et de la propriétaire, aurait procédé à la visite de l’appartement. (…) que la visite se serait bien passée et que la propriétaire aurait même insisté (…) Elle n’aurait à aucun moment (…) Le 25 août 2005, la réclamante aurait pris contact par téléphone avec la propriétaire (…) « [lui aurait fait]

répéter son nom trois fois …et [lui aurait] demandé [son]

origine ainsi que [sa] religion». La réclamante lui aurait répondu qu’elle était française, ce à quoi la propriétaire lui aurait dit (…)Yasmine lui aurait alors dit (…) La propriétaire lui « aurait demandé (…) ». La réclamante lui aurait rappelé (…) La propriétaire aurait répondu (…) Elle aurait demandé ensuite (…) La réclamante lui aurait répondu (…) Elle indique qu’elle aurait rappelé à la propriétaire (…) Cette dernière lui aurait répondu (…) La propriétaire lui aurait enfin expliqué (…) [elle lui aurait demandé] (…) [lui aurait demandé de reconnaître] que les musulmans envahissent la France. »

La réalité de tous ces détails de la supposée conversation téléphonique ne tient qu’à la bonne foi de la plaignante, d’où ce conditionnel récurrent et prudent de la HALDE. Nulle part,

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il n’est dit que la propriétaire confirme ou infirme cette version des faits, et on verra que celle-ci n’a donné aucun motif de refus de location lors de l’instruction judiciaire.

Dès lors pourquoi utiliser l’affirmatif dans le résumé : « une candidate locataire s’est vu refuser un appartement situé dans le parc locatif privé au motif qu’elle est de confession musulmane » ? Il n’y a eu ni aveux, ni procès, et la HALDE peut affirmer le « motif » de la supposée discrimination selon les dires d’une seule des parties ?

Nous dénoncions dans notre article d’introduction le fait que l a H A L D E b é n é f i c e d e p o u v o i r s e x t r a - p o l i c i e r s e t extrajudiciaires étonnants dans un pays de droit, et qu’elle puisse être à la fois juge et partie (ou juge et procureur), mais là c’est encore plus fort : la chose est « jugée vraie » sans jugement et sans débats contradictoires, avec le même arbitraire que dans le cas de l’actrice porno.

« Témoignage » ou non ?

Le résumé de la délibération appuie son « jugement » par la phrase suivante : « La propriétaire a en effet déclaré devant témoin « qu’elle ne louerait jamais à des musulmans ». On apprend dans la délibération que le témoin en question est une collègue de la plaignante, ancienne locataire du logement, et donc qu’elle n’est neutre dans l’affaire. Voyons comment la délibération explicite ce « témoignage » : « La réclamante précise s’être rendue le soir même chez sa collègue. Cette dernière lui a alors expliqué que la propriétaire l’avait appelée et lui avait dit : « pourquoi [m’avez vous] envoyé une musulmane pour l’appartement, je n’en veux pas, vous avez fait une grosse erreur ».

On s’aperçoit alors que l’expression « a déclaré devant témoin

» utilisée par la HALDE est quelque peu hasardeuse, d’autant plus qu’on utilise ici l’affirmatif et non le conditionnel. La citation du résumé prêtée entre guillemets au témoin («

qu’elle ne louerait jamais à des musulmans ») ne correspond

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pas à la déclaration supposée du témoin rapportée par la délibération. Les guillemets induisent donc en erreur en faisant croire à une citation exacte entendue par le témoin.

L’expression entre guillemets est tirée de la conversation téléphonique entre Yasmine et la propriétaire (« aurait demandé si elle est musulmane car [elle] ne louerait pas aux musulmans»), conversation qui s’est déroulée sans témoin.

La HALDE prétend que la propriétaire a « déclaré devant témoin

» quelque chose de précis, alors que le témoin ne rapporte pas les propos cités qui sont tirés d’une autre conversation téléphonique dont elle était absente. On peut être surpris par une telle légèreté dans l’établissement de la vérité !

Et enfin, le récit du témoin est rapporté par qui ? Par le témoin elle-même ou par Yasmine ? On comprend seulement que la

« collègue » a « expliqué » à Yasmine sa supposée conversation téléphonique avec la propriétaire, mais la HALDE ne dit pas par qui cette conversation a été rapportée à la HALDE ou au juge d’instruction. La « déclaration devant témoin » paraît être une déclaration de la plaignante qui cite sa collègue.

Rien ne permet de faire état d’une réelle « déclaration devant témoin ». Tout comme pour le « motif », la HALDE semble bien vite établir comme vérité un témoignage qui n’en est pas vraiment un, et qui de plus n’est pas le fait d’une personne neutre.

Sherlock Halde contre Mémé la Centenaire

La HALDE nous explique la suite des événements : « Le 29 août 2005, la réclamante a porté plainte au commissariat. Par courrier en date du 17 janvier 2006, le procureur de la République a informé la haute autorité de sa décision de classer sans suite le dossier « en grande partie en considération de l’âge de l’auteur né en 1909 ». »

Donc on apprend que la propriétaire a environ 96 ans au moment des faits supposés et 97 ans au moment de la délibération de

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la HALDE. On apprend aussi que le procureur (le vrai, celui de la République) a classé tout ça sans suite. Mais ce traitement judiciaire ne plaît pas à la HALDE, qui insiste lourdement sur la culpabilité qu’elle continue de prêter à la vieille dame :

« Au demeurant, les éléments du dossier paraissent suffisants pour caractériser l’acte discriminatoire pénalement répréhensible. »

Nous avons vu quel est le degré de « suffisance » de ces « éléments du dossier » !

La HALDE avoue que la « coupable » n’a pas avoué

Et cerise sur le gâteau : la HALDE avoue que la propriétaire n’a jamais craché le morceau, car elle dit dans sa délibération : « Au cours de l’instruction, la propriétaire n’a pas répondu de manière exhaustive aux demandes d’information du service juridique de la haute autorité. La propriétaire n’a pas indiqué le motif du refus de la candidature de Yasmine et n’a pas transmis le dossier de candidature de la personne qui a été retenue. »

Quel aveu ! Autrement dit, la propriétaire, même près de fêter ses cent printemps, n’a pas été assez gâteuse ou idiote pour dire au juge d’instruction sous la pression de la HALDE : « je ne veux pas de locataires musulmans ». Ce qui contrarie fortement la HALDE qui insiste sur ce manque d’aveu de l’accusée.

Et il est surprenant que le « service juridique » de la HALDE s’indigne que « la propriétaire n’a pas indiqué le motif du refus de la candidature de Yasmine », ce qui traduit une méconnaissance du droit applicable en l’espèce : un propriétaire ou un locataire peut contracter ou non avec qui il veut sans avoir à donner de « motif » d’acceptation ou de refus (4). Au demeurant, il n’y a pas que dans le domaine contractuel que l’absence de motifs exprimés peut écarter une

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accusation de discrimination : en étudiant d’autres décisions de la HALDE, nous verrons dans des articles à venir que même dans les offres de biens ou de services commerciaux, bénévoles ou étatiques, les articles 225-1 et 225-2 du code pénal ne peuvent s’appliquer que si l’on démontre l’intention discriminatoire directe ou indirecte de telle ou telle offre (5).

La HALDE apprend à Mémé à camoufler ses « motifs »

Dans le cas de cette vieille dame de 97 ans, qui peut raisonnablement croire que le fait que la HALDE insiste pour lui demander un « motif » qu’elle n’a pas à donner, va d’une quelconque manière changer sa façon de considérer les musulmans ? L’acharnement de la HALDE risque tout au contraire d’irriter davantage cette vieille dame, et de lui apprendre à être moins prolixe dans ses conversations téléphoniques.

Très contrariée par la décision judiciaire du Parquet, la HALDE décide de faire un rappel à la loi à la quasi centenaire : « Le Collège de la haute autorité a décidé d’informer la propriétaire de la discrimination relevée, tout en lui rappelant les termes des dispositions applicables en matière de fourniture de biens et de services. »

A 97 ans, la propriétaire sera sans doute très flattée de cette sollicitude pédagogique de la HALDE !

Plus sérieusement, je pense qu’elle n’en tirera qu’une leçon : ne pas dire à l’avenir le « motif » du refus de location de son appartement au téléphone, puisque ça lui attirerait des ennuis. Comment croire à l’efficacité des rappels à la loi de la HALDE en matière de discriminations, et encore moins des éventuelles peines infligées ? Supposons que cette dame ou un autre propriétaire dans son cas soient condamnés à une amende, est-ce qu’ils changeraient d’avis sur les musulmans pour autant ? Il est à craindre que ce soit l’effet inverse qui se

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produise, puisqu’ils accuseront lesdits musulmans (supposés ou réels) de leur causer des préjudices financiers et moraux en plus de ce qu’ils leur reprochent par ailleurs. Et si la justice forçait ces bailleurs à louer à Yasmine ou à des gens qu’ils ne veulent pas, vous imaginez l’ambiance entre propriétaire et locataire ou entre voisins ! Dans tous les cas, ça risque d’augmenter les ressentiments entre communautés au lieu de les réduire.

Persevere diabolicum

Etrangement, le rappel à la loi évoqué dans le résumé de la décision de la HALDE contre la nonagénaire ne se retrouve pas dans le texte intégral de la délibération. On y relève une toute autre décision du Collège de la HALDE : « le Collège de la haute autorité invite le Président à appeler l’attention du procureur Général près la Cour d’appel territorialement compétente sur les motifs qui ont conduit. »

Autrement dit, la HALDE appelle en termes feutrés son président à appeler le procureur de la cour d’appel à… faire appel du classement sans suite décidé par le premier procureur. Pourquoi la HALDE n’interjette-t-elle pas appel directement ? Quel courage !

On peut tout de même s’étonner de l’attention et de l’acharnement pédagogique et juridique de la HALDE envers une vieille dame de 97 ans, alors qu’on comprend aisément le classement sans suite d’un dossier aussi peu convaincant. Mais la légèreté de la HALDE dans l’établissement de la vérité des faits contraste curieusement avec sa sentence et sa persévérance à l’encontre de la propriétaire.

Cet exemple nous montre également que la HALDE ne se satisfait pas de la justice ordinaire de la République française : elle use de ses pouvoirs pour aller au-delà de la décision d’un Parquet et prendre ses propres décisions.

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Et Yasmine dans tout ça ?

Dans notre précédent article, nous avons vu que la délibération de la HALDE n’apportait aucune aide réelle à la plaignante, « Mademoiselle T ». Qu’en est-il pour Yasmine, sa consort en protestation auprès de la HALDE ? Yasmine explique, selon la HALDE, que la vieille propriétaire lui aurait demandé son origine et sa religion suite à l’énoncé de son patronyme, qui a laissé supposer que Yasmine est d’origine ou de confession musulmane. Donnons-lui crédit de ses dires, et après ? En quoi la délibération de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité qui la concerne, n° 2006-137 du 19 juin 2006, peut l’aider dans son problème de discrimination au logement ?

Très concrètement, il y a peu de chances qu’une cour d’appel remette en cause le classement sans suite, à moins de faire avouer par l’aïeule sous la torture un « motif » que le droit français n’oblige nullement à donner. Quant au rappel à la loi, il ne modifiera pas l’opinion de la propriétaire sur les musulmans réels ou supposés.

La HALDE n’a donc apporté aucune aide à Yasmine. La mission de

« lutte contre les discriminations » a échoué, et l’« égalité

» de Yasmine dans la recherche de logement n’a pas avancé d’un pouce. Tout au contraire, cette délibération montre un acharnement contre une très vieille dame qui ne fait que la victimiser, et fait apparaître Yasmine comme « de confession musulmane et pratiquante », comme elle le déclare elle-même.

Et c’est justement la pratique islamique plus que l’origine ou la foi qui suscite généralement la méfiance des bailleurs, à cause de la pratique radicale de certains musulmans, allant du port du voile militant dont beaucoup de gens ont horreur, jusqu’au prosélytisme de principes incompatibles avec les mœurs ou les lois françaises.

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La HALDE enterre ou attise les problèmes de discrimination

Yasmine dit que la nonagénaire prétendrait qu’il y a « trop de musulmans en France », qu’ils « sont tous des intégristes » ou qu’ils « prient dehors devant tout le monde ». Mais qui lui donne cette image, et qui l’invite à une méfiance généralisée envers les musulmans ?

C’est la question qu’aurait dû se poser la HALDE, si elle voulait vraiment aider Yasmine et ses coreligionnaires. La vraie cause de la réaction de la vieille dame ne tient pas à un « racisme » supposé, puisque, selon Yasmine, elle argumenterait « qu’elle a loué l’autre appartement à un Congolais » (6). Elle tient à l’image de l’islam qu’a la propriétaire, une image générée par les musulmans intégristes.

Par sa délibération, la HALDE ne changera pas cette image chez cette dame ou chez d’autres bailleurs, qui continueront à refuser de louer à des Yasmine. La HALDE, en participant activement à l’acharnement judiciaire contre une dame âgée de 97 ans, ne fait que rendre encore plus méfiants ces bailleurs et leur apprendre à mieux dissimuler leurs motifs de discriminations.

La HALDE, payée par les contribuables français, n’a pas davantage résolu le problème de logement de Yasmine que le problème professionnel de « Mademoiselle T ». Dans les deux cas, elle a seulement contribué à mieux enfouir ces problèmes.

Dans le cas de Yasmine, elle a même attisé le conflit. Comme « lutte contre les discriminations et pour l’égalité », on peut faire mieux. Et on doit faire mieux, quand on est un service public d’Etat qui a des comptes et des résultats à rendre aux Français.

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Comment aider « Mademoiselle T » et Yasmine ?

Que devait faire la HALDE dans ces deux cas de figure ? Qu’aurions-nous fait à la place ?

Pour « Mademoiselle T », la HALDE esquisse une solution en considérant qu’« il n’est pas illégitime » en gros, d’exiger certaines caractéristiques physiques pour certains rôles cinématographiques. Elle aurait dû être encore plus claire, et faire comprendre explicitement à « Mademoiselle T » qu’il est inutile de postuler à des emplois de « lolita blondes » si elle est une « brunette mature » (et inversement). Ou alors, c’est un problème de reconversion professionnelle ou de maquillage de CV, ce qui ne ressort ni de l’objet social ni la compétence de la HALDE. Celle-ci pouvait alors orienter « Mademoiselle T » vers des personnes qui répondent à ce type de besoins, par exemple les consultants de l’ANPE en gestion de carrière et en présentation de candidature.

Quant à Yasmine, la discrimination dont elle se dit victime est bien du ressort de la HALDE, mais celle-ci pose un mauvais d i a g n o s t i c e t e n c o u r a g e Y a s m i n e d a n s u n e d é m a r c h e conflictuelle et désastreuse. Un traitement efficace de cette affaire mérite un article entier à venir, où nous expliquerons que la HALDE pouvait tenter une réelle médiation. Même si cette médiation avait peu de chance de réussir, elle aurait ouvert les yeux à Yasmine sur sa part de maladresse et d’agressivité dans le conflit. Cela pouvait la préparer (et préparer d’autres personnes dans sa situation) à la prise en compte du problème de fond dans ses futures recherches de logement, par un comportement et un discours qui désamorcent tout amalgame entre les islamistes et elle-même (7).

Roger Heurtebise ( 1 )

[http://www.ripostelaique.com/spip.php?article338->http://www.

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