LA CHASSE CONTROLEE
DE
L'ORIGNAL A L'INTERIEUR DE CERTAINS PARCS ET RÉSERVES DU ZULBEC DEPUIS 1962paf'
Benjamin R. Simard Service de la Faune
Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche
Depuis ses tous débuts • la •cheese.contrôlée dans les parcs et
réserves de la province à suscité les commentaires les plus variés.
Organisée d'abord dans le parc des Laurentides en 1962, cette chasse s'est ensuite appliquée au parc de la .Vérendrye et à la réserve Matane en 1964, puis h la réserve du Saint-Maurice en 1966.
Depuis 1962,
23,752
jours 4.6 récréation ont été offertsà 5,938
chasseurs choisis au hasard pour participer h la chasse contrôlée dans les parcs et ré-erves du Qnébeo. Au total, 2,166 orignaux dont 5.7% dé veaux ont été prélevés au cours de ces sept saisons de chasse (57% de males et43% de femelles). Le chasseur a dépensé én moYenne $33.00 par jour OU 132.00 pour ses quatre jours; ce qui tait que 795'692.00 ont été dépensés au total;
397
guides ont trouvé 11,880 jours de travai4 soit un minimum de $178,200.00 en salaire qui ont été versés h des travailleurs qui auraient peut-être été sans travail durant cette période.Voilh donc pour les statistiques économiques. Du point de vue de l'aménagiste, tous les détails concernant l'équipe-Ment du chasseur, son comporteMent et son opinion sont d'une extrême importance. Tous les ans les biologistes du service de la Faune ont donc procédé à un interview auprès
•
du chasseur chanceux ou bredouille. Voici donc la compilation des résultats de la saison de chasse 1968 pour los parcs et réserves du Québec.
Le chasseur de la chasse contrôlée est dans 49% des cas un nou- veau client, les anciens clients nous fréquentent aussi et 1.5% dos chasseurs de la saison 1968 ont eu la chance d'être choisis sept ans de suite par le tirage, 17% des chasseurs ont plus de 8 ans d'expérience dans la chasse h l'orignal.
Dans 51% des cas, les chasseurs se présentent équipés de tentes;
cependant les tentes-remorques et les roulottes prennent de plus en plus de popularité. Toujours en 1968, 33% des chasseurs avaient une arme de calibre 308 et 25% un calibre 30-06, 45% de ces armes portaient un télescope.
A leur arrivée dans le parc, 45% des chasseurs avaient l'inten- tion de choisir un mâle pour le trophée mais 22% seulement ont pu effective- ment faire un choix mais pas toujours un trophée.
En 1968 toujours, pour prélever 384 orignaux dans les parcs et réserves du Québec, 1,140 chasseurs ont travaillé en moyenne 18 heures chacun et ont dû tirer 4.3 coups par animal abattu h une distance moyenne de
375
pieds, et 85% des animaux abattus ont été frappés dans une partie vitale dês les premiers coups. Plusieurs autres animaux ont été tirés et probablement blessés, 104 en 1968, nous sommes malheureusement obligés d'ajouter ça nombre
la récolte prise dans les parcs. Prs de 80% des animaux ont été rencon- trés pendant 2 périodes bien définies du jour, soit du lever du soleil h 10.00 heures du matin et de 16.00 heures à une heure aprbs le cou r du so- leil et 53% de ces rencontres ont eu lieu en bordure des lacs et des rivibres.
En ce qui concerne les méthodes de chasse, 25% des animaux ont été abattus
alors qu'ils répondaient h l'appel, tandis que 53% ont été rencontrés au hasard.
En plus des 384 animaux prélevés et des 104 animaux tirés et pro- bablement blessés, si on ajoute les 647 autres animaux vus seulement, le total s'énve h 1,127 animaux aperçus, ce qui fait que 98.8% des chasseurs auraient eu l'occasion de voir un orignal. Comme les chasseurs pratiquent leur sport dans les parcs par groupe de deux, chaque groupe aurait l'occasion de voir 1.9 orignaux pendant son voyage de chasse. Cependant, il ne faut pas oublier que la chance distribue ses faveurs moins uniformément que les statistiques.
Près d'un chasseur sur quatre affirme qu'il ne serait pas allé h la chasse à l'orignal s'il n'avait pas été choisi h notre tirage. Le chas- seur semble adopter un parc en particulier et 21% des chasseurs qui affirment avoir visité un ou plusieurs autres parcs ont toujours ajouté qu'ils en pré- féraient un, mais chaque parc est préféré h tour de rôle pour des raisons diverses.
97% des chasseurs se .déclarent très satisfaits de l'organisation actuelle et
95.3%
désiraient revenir l'année suivante. A tous les chasseurs, interrogés s'ils préféraient la chasse sa lorignal avec ou sans guide, 94%ont répondu avec guide et 88% ont déclaré être satisfaits du guide qui leur était fourni.
A l'avantage du chasseur depuis trois ans, des cours sont donnés aux guides en vue. d'améliorer leur rendement Dans le parc des Laurentides, cette expérience a d'abord commencé par des cours plutôt succints mais en septembre 1968 les cours ont duré deux jours et comportaient les sujets sui-
vants: relation guide-chasseur, comportement de l'orignal, différentes mé- thodes de chasse, débitage de l'orignal selon les situation de l'abattage, pièces anatomiques h récupérer, lecture des cartes topographiques, lois et règlementation de la chasse, premiers soins et finalement visite des diffé- rentes zones de chasse. Ces cours ont contribué énormément h améliorer le plaisir du chasseur et celui-ci a été le premier h le reconnaître.
Maintenant, que s'est-il passé dans le cheptel des parcs depuis 1962? Prenons pour exemple le parc des Laurentides. Considéré comme le la- boratoire de la section de recherche sur l'orignal, les données sont plus complètes pour ce parc aussi le phénomène y est plus frappant. Toutefois, il n'y a pas lieu de craindre pour les autres parcs et réserves car les signes révélateurs des mêmes phénomènes y sont observés.
La moyenne d'âge des animaux récoltés depuis 1962 est passée de huit h cinq ans. Ceci est déjh un indice révélateur d'un certain rajeunis- sement, cependant les courbes d'âge des animaux abattus sont encore plus élo- quentes: en effet en 1962, la population du parc des Laurentides était cons- tituée de 7% d'animaux d'un an et demi alors qu'en 1968, ce segment de la population est passé h.24-% ce qui indique que la productivité du troupeau a plus que triplée. Inversement, le segment de la population formé par les animaux de 15 ans et plus est passé de 11% en 1962 h 3% en 1968, ce qui indi- que un revirement complet de la population. Une autre donnée confirme d'ail- leurs cette transformation: l'infestation parasitaire est directement pro- portionnelle h l'âge de l'animal or, l'incidence des parasites dans le même cheptel du parc est passé de 83% h moins de 40%.
D'autre part, b. chaque année, des inventaires intensifs ont été effectués dans le parc. Or, les résultats obtenus n'indiquent aucune modifi- cation dans la densité totale de la population du parc-, toutefois des mouve_
vements de population ont pu être décelés et des régions ont vu leur densité décliner alors que d'autres l'ont vu augmenter.
Alors, comment expliquer le lent déclin du succès de chasse qui est passé de 83% è 63%? Deux facteurs peuvent expliquer ce phénomène: d'abord, l'effort presque surhumain qui a été déployé les premières années de la chasse par le personnel du service de la Faune pour mousser le succès de l'entrepri- se puis, la sélection qui s'est effectuée progressivement dans le cheptel a rendu les animaux survivants plus nerveux. Donc, la chasse aujourd'hui est aussi difficile dans les parcs qu'ailleurs dans la province mais le succès y est quand même meilleur car la pression de chasse y est contrôlée de près.
J•
Québec, le 3 septembre 1969.