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SUPPLÉMENT AU N° 665 5 AVRIL 2008 L ’ U N I V E R S I T É S Y N D I C A L I S T E C L A S S I Q U E M O D E R N E T E C H N I Q U E SNES (FSU)S Y N D I C A T N A T I O N A L D E S ENSEIGNEMENTS DE SECOND DEGRÉ

Grève le 15 mai

Tous à Paris le 18

Après les puissantes manifestations parisiennes du début avril, les zones A et B ont pris le relais des mobilisations en cette période de vacances par zone.

Xavier Darcos de son côté, visiblement nerveux, alterne déclarations provocatrices dans la presse et affichage de dialogue social, mais n’offre aucune réponse aux attentes des personnels et des élèves. Dans le même temps, ses services sortent sans aucune concertation la circulaire de rentrée 2008 dont nous publions ici l’intégralité.

Dans un tel contexte, le SNES appelle à la poursuite et au développement des actions et propose en convergence avec les organisations lycéennes d’amplifier l’action au plan national dès la semaine de rentrée de la dernière zone (le 5 mai).

D’ores et déjà, le SNES appelle à la grève le 15 mai dans le cadre d’une journée d’action intersyndicale de toute l’éducation et avec l’ensemble des fonctionnaires des trois fonctions publiques :

• pour le rétablissement des postes supprimés à la rentrée 2008, en particulier par la transformation des heures supplémentaires en emplois, le maintien des enseignements dispensés aux élèves, l’amélioration des conditions d’études ;

• pour la consolidation des trois voies de formation au lycée, l’arrêt de la généralisation des bacs professionnels en trois ans qui conduirait à la disparition des sections de BEP ;

• pour l’ouverture de véritables négociations sur la revalorisation des métiers de l’éducation quel que soit l’établissement d’exercice.

Le 18 mai, il organise avec toute la FSU une grande manifestation nationale à Paris. Il s’agit, par cette initiative de donner toute la visibilité de l’ampleur de la contestation et contribuer à la démonstration de la détermination des personnels pour une autre politique. De nombreux trains, bus, TGV sont affrétés. Toutes les sections départementales FSU prennent des dispositions pour assurer le transport d’un maximum de manifestants.

Au lendemain de cette initiative il s’agira en fonction des réponses gouver- nementales de décider des modalités de la poursuite de l’action. Le 24 mai rendez-vous est déjà pris pour des initiatives dans les départements avec les parents d’élèves. Mais au-delà, nous devrons collectivement

débattre de l’action dans les établissements pour la fin de l’année scolaire.

Heures mensuelles d’information syndicale, réunions avec les parents, les lycéens sont plus que jamais d’actualité pour mobiliser et discuter de la suite. Vous trouverez dans ce numéro des éléments d’argumentation, des affiches, un tract pour aider chacun à les organiser. N’hésitez pas à faire remonter les réactions des collègues.

L’Université Syndicaliste, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second degré (FSU),

46, avenue d’Ivry, 75647 Paris Cedex 13 Directeurs de la publication : Serge Chatelain, Gérard Anthéaume

Compogravure : CAG, Paris Imprimerie : RPN, 93 Livry-Gargan N° CP 0108 S 06386 - ISSN n° 0751-5839

L’ U S

Claudie Martens cosecrétaire

générale

COURRIER DE S1 NUMÉRO 10

ACTIONS

ON CONTINUE

S O M M A I R E

2 à 4

Face aux discours ministériels : les propositions du SNES

5 à 12 Circulaire de rentrée 2008

9 à 16 Affiches 21 Des outils à disposition des S1

22-23 Livre Blancsur l’avenir de la fonction publique

24 Tract

(2)

1. Les principaux points de désaccord

• Le refus du ministre de revenir sur les suppressions de postes pour la prochaine rentrée.

Xavier Darcos refuse d’envisager toute évolution du cadre budgétaire fixé. Il renvoie le choix de transformer les heures supplémentaires en heures postes à la décision de chaque recteur, sans s’engager à leur envoyer un message dans ce sens.

• Son exigence de discuter des évolutions du métier d’enseignant dans le cadre de la réforme à venir du lycée.

Le ministre avait annoncé l’ouverture de discussions sur le métier enseignant en février, immédiatement après la remise du rapport « Pochard » (le 4 février). Depuis plus rien, jusqu’à ce 17 avril ou il entend lier la négociation sur le sujet au projet de réforme du lycée dont on ne connaît aujourd’hui que le calendrier (Seconde à la rentrée 2009, Première pour 2010 et Terminale pour 2011). Il élimine ainsi de la réflexion tous les collègues exerçant en collège.

• Son exigence d’inscrire cette réforme dans le cadre budgétaire des suppressions d’emplois prévues d’ici 2012.

Rappelons les prévisions : entre 17 000 et 20 000 emplois supprimés par an de 2009 à 2012 dans l’Éducation natio- nale, essentiellement dans le second degré. Ces chiffres, qui correspondent à l’objectif du non-remplace-

ment d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, ont été confirmés par André Santini, ministre de la Fonction publique, la semaine der- nière sur RTL. La réforme des lycées ne peut dès lors qu’être pilotée par cette contrainte qui oblige à jouer tout à la fois sur une diminution du nombre de lycéens scolarisés (donc une sortie massive vers l’apprentissage pour les plus bas niveaux de qualification, une baisse des horaires des élèves, une augmentation du temps de tra- vail et de la flexibilité des enseignants par une modification du statut.

2. De drôles de méthodes

À l’occasion de cette audience, les représen- tants du SNES ont exigé des signaux forts préalables à toute ouverture de négociation : sur la rentrée 2008 et sur le pouvoir d’achat via des annonces en terme de carrières par exemple. Le ministère s’est engagé à rédiger une « feuille de route » de discussion avec le SNES dans la semaine suivant l’audience sur la réforme du lycée et le métier enseignant.

Mais au moment ou nous imprimons (28 avril) aucune feuille de route n’a été envoyée au SNES. Par contre, le ministère multiplie les discours caricaturaux sur les revendications

les propositions du SNES

Le SNES a rencontré Xavier Darcos le 17 avril dernier pour discuter officiellement de trois sujets : la rentrée 2008, la réforme des lycées, la revalorisation du métier enseignant. La discussion a mis en évidence des points de désaccord importants. Depuis, le ministre se répand dans les médias sur les thèmes des horaires excessifs des lycéens, du coût trop lourd du second degré français au regard de ses résultats et n’a de cesse de jouer la division entre lycéens et syndicats d’enseignants qui les manipuleraient. En face, le SNES contre- argumente et fait des propositions.

des lycéens comme des personnels, tout en jouant la division au travers de propositions sur les lycées faites discrètement aux syndicats lycéens.

3. Le SNES argumente et propose

L’audience du 17 avril a été l’occasion de remettre au ministre les propositions du SNES sur la revalorisation du métier au travers d’une douzaine de fiches déclinant les revendications sur les salaires, les services, la car- rière, la mobilité, la formation...

(3)

fier et de consolider l’ensemble des dépenses consa- crées au collège, mais insistent néanmoins sur une augmentation sensible (+ 33 % sur 15 ans) du coût moyen d’un collégien, passant notamment de 6 413 en 1995 à 7 401en 2004.

Au lycée

Dans l’audit sur la grille horaire des enseignements au lycée, on peut lire « un horaire hebdomadaire et un horaire annuel parmi les plus lourds de tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) » ?

L’horaire obligatoire d’un élève de lycée est variable suivant les séries et les niveaux et oscille de 28 à 30,5 heures hebdomadaires en Seconde (dont 12 h 30 dédoublées dans le cas des 30 h 30 !) et de 24 h 30 en Terminale-spécialité LV1 à 30 h 30 en Terminale S-SI (dont 13 dédoublées). Pour mémoire, l’horaire hebdo- madaire d’un élève de Terminale E était de 33 heures jusqu’en 1990, date à laquelle il est passé à 30 heures.

La réforme de la STG a diminué l’horaire élève d’une heure environ...

Le temps de présence obligatoire d’un élève en cours est un élément parmi d’autres dans sa semaine de travail scolaire. La perception de ce temps et la fatigue ressentie est aussi fonction des conditions d’enseignement et plus particulièrement de la lourdeur des effectifs.

Par ailleurs, il est admis qu’en moyenne un élève consacre l’équivalent d’environ un quart de ce temps à des activités scolaires en dehors de l’École (travail à la maison, soutien scolaire...). Ce temps est variable sui- vant les séries et il est admis que les dans les séries ayant les effectifs les plus lourds, en particulier les séries technologiques, le temps de travail en dehors du cours est souvent moindre. Les élèves sont alors beau- c o u p p l u s e n c a d r é s e t a c c o m p a g n é s , e t c e t t e approche des apprentissages est une des clés de la réussite des séries technologiques. C’est donc bien le temps de l’élève dans sa globalité qu’il faut interroger.

Les résultats du sondage CSA SNES sur les attentes des personnels lui ont également été remis ainsi que les propositions sur les lycées, les horaires et plus lar- gement le temps de l’élève.

Nous vous en proposons ici quelques extraits pour argumenter lors de réunions syndicales ou avec les p a r e n t s d ’ é l è v e s . L ’ e n s e m b l e d e c e s f i c h e s , l e sondage, sont disponibles en ligne sur www.snes.edu, rubrique actualité éducation, rapport Pochard.

4. Horaires élèves, coût du second degré, résultats : la vérité sur les chiffres

Au collège : les résultats de l’audit (réalisé conjoin- tement par le ministère des Finances et l’Éducation nationale en 2006).

Les horaires élèves sont considérés comme plutôt stables avec même une baisse en Sixième et Cin- quième entre 1977 et 2006 (moins deux heures hebdo- madaires). Avec 830 heures à 940 heures par an selon les âges, les enseignements obligatoires en France se situent seulement « un peu au-dessus de la moyenne » e u r o p é e n n e ( r e s p e c t i v e m e n t 8 0 4 h e u r e s e t 8 8 4 heures). La proportion d’enseignements dispensés en groupe tend à diminuer (19,3 %). On note enfin des disparités importantes de dotations d’enseignement selon les académies et les territoires.

En se fondant à la fois sur les évaluations internatio- nales et des indicateurs nationaux, le rapport dresse un bilan plus positif et équilibré des résultats des élèves. Ne pouvant stigmatiser ces résultats, les rap- porteurs ne focalisent pas sur la moyenne des pays de l’OCDE (au-dessus de laquelle la France se situe, la plupart du temps) mais de « résultats en deçà des pays les plus efficaces », d’où « une performance qui reste à démontrer ».

Les rapporteurs prennent des précautions sur la ques- tion du coût et indiquent notamment que « les chiffres de la Dépense Intérieure d’Éducation (DIE) sont à inter- préter avec prudence » parce qu’il est difficile d’identi-

Couple Horaire Horaire Total Total

d’enseignements classe dédoublé hors avec

de détermination entière option une option

LV2-SES 20,5 7,5 28 31

LV2-IESP 18,5 10 28,5 31,5

LV2-Arts 21,5 7 28,5 31,5

LV2-

Langue ancienne 21,5 7 28,5 31,5

LV2-LV3 20,5 7,5 28 31

Latin-

Grec ancien 22,5 6,5 29 32

LV2 et info de gestion 19,5 9 28,5 31,5

LV2 et autre option techno 18,5 10 28,5 31,5

Couple technologique avec SVT 16,5 12,5 29 32

Couple technologique sans SVT 16 11 27 30

LV2-EPS 22,5 8 30,5 33,5

Seconde générale et technologique Tous les horaires de Première sont comptés hors TPE (deux heures par élève)

Série ES Première

• Enseignement de détermination SES, mathématiques ou LV1 : 22 + (4,5) soit 26,5 heures hors options.

• Enseignement de détermination LV2 : 23 + (4,5) soit 27,5 heures hors options.

Terminale

• Spécialité SES, Mathématiques ou LV1 : 23 + (3,5) soit 26,5 heures hors options.

• Spécialité LV2 :

24 + (3,5) soit 27,5 heures hors options.

Série S Première

• Enseignement de SVT dans le tronc commun : 19 + (7,5) soit 26,5 heures hors options.

• Enseignement de SI dans le tronc commun : 19 + (11,5) soit 30,5 heures hors options Terminale

• Enseignement de SVT dans le tronc commun : 9,5 + (8,5) ou 17,5 + (10,5) soit 28 heures hors options.

• Enseignement de SI dans le tronc commun : 17,5 + (13) soit 30,5 sans spécialité et hors options.

(4)

5. Nos priorités pour le lycée (extraits) Un fort attachement aux trois voies de formation (générale, technologique et professionnelle) pour conjuguer diversité et égalité :

• diversité des choix de disciplines dominantes et des options facultatives ;

• diversité des approches pédagogiques selon les voies ;

• diversité des activités proposées ;

• diversité des programmes de disciplinaires selon les voies de formation.

Les trois voies des lycées sont au centre d’enjeux sociaux importants et sont une réponse au besoin croissant de qualification.

La classe de Seconde générale et technologique, classe de tous les espoirs et de tous les dangers est la plus mal traitée en ce qui concerne les effectifs. Son architecture doit être repensée pour en faire vraiment une classe de détermination, où le temps soit donné pour une meilleure appropriation des disciplines qui y sont poursuivies, et une place importante accordée aux enseignements nouveaux et aux pratiques construisant une meilleure autonomie, en tenant compte de la diver- sité des élèves qui y accèdent.

La série L est la série de la voie générale qui doit être revalorisée en priorité. Nous affirmons qu’elle a un avenir pour peu que la réflexion sur sa construction, ses débouchés post-bac soit mené.

Les évolutions de la voie technologique sont nécessaires et importantes pour les jeunes et pour le développement économique et social. Une attention particulière devrait être portée sur ces formations et leur qualité. La voie technologique s’est construite his- toriquement sur la double finalité d’insertion profes- sionnelle au niveau du baccalauréat et de poursuites d’études. Cela a conduit à un système riche et diversi- fié qui permet à chaque élève d’y trouver ses princi- pales sources de motivation. Incontestablement, cela a permis la réussite de beaucoup de jeunes. Aujourd’hui, environ 90 % des bacheliers technologiques poursui- vent leurs études, l’insertion professionnelle au niveau

du bac a disparu, mais l’outil demeure. Compte tenu de ces évolutions, depuis plusieurs années les différents ministères ont mené la réflexion sur l’évolution des séries technologiques. Des processus de réforme sont mis en œuvre.

Le SNES prend acte de cette volonté de réforme, mais dans le même temps met en garde le ministère contre la tentation de rationalisation purement budgétaire de ces formations.

Le baccalauréat repère majeur pour les jeunes et leurs familles

Se satisfaire du nombre de bacheliers actuels qui stagne à 61 % d’une classe d’âge depuis 1995, c’est ignorer les prévisions des besoins de recrutement pour 2015 (il faut pour y répondre augmenter de six points en dix ans ce pourcentage selon le BIPE).

Les formations supérieures des lycées accueillent plus de 30 % des bacheliers. Plus de 90 % des étu- diants de lycée valident leurs deux années de formation par l’obtention du diplôme (par exemple BTS), par l’entrée dans une grande école ou par l’accès en troi- sième année de licence à l’Université.

Le ministère de l’Éducation nationale doit rester le pilote, depuis la définition des diplômes jusqu’aux phases de certification des formations. Cela implique un travail conjoint avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Il faudrait profiter de l’existence de ces for- mations charnières entre second degré et supérieur pour activer des synergies entre ces deux domaines, que ce soit au niveau de l’offre de formation supérieure dans les lycées, les universités, les IUT et des investis- sements en matériel.

L’apprentissage

Une forme de dualité est en train de se construire : apprentissage en perte de vitesse sur les bas niveaux de qualification, apprentissage d’excellence sur les plus hauts. L’État et le ministère n’ont que très peu de prise sur cette évolution pilotée au niveau local.

Pour permettre une réelle réussite des jeunes et surtout de vraies possibilités de poursuite de formation, l’Édu- cation nationale devrait reprendre le pilotage et s’enga- ger vers une « rescolarisation » de l’apprentissage.

Terminale

Enseignement LV2 dans le tronc commun Latin dans le tronc commun

de spécialité Horaire Total hors options Horaire Total hors options

LV1 22 + (2,5) 24,5 24 + (1,5) 25,5

LV2 23 + (2,5) 25,5 23 + (2,5) 25,5

LV3 23 + (2,5) 25,5

Langue ancienne 23 + (2,5) 25,5 Grec uniquement : 25 + (1,5) Grec uniquement : 26,5

Arts 24 + (3,5) 27,5 26 + (2,5) 28,5

Enseignement LV2 dans le tronc commun Latin dans le tronc commun

obligatoire au choix Horaire Total hors options Horaire Total hors options

LV1 17,5 + (6) 23,5 19,5 + (5) 24,5

LV2 18,5 + (6) 24,5 18,5 + (6) 24,5

LV3 18,5 + (6) 24,5

Langue ancienne 18,5 + (6) 24,5 Grec uniquement : 20,5 + (5) Grec uniquement : 25,5

Arts 19,5 + (7) 26,5 21,5 + (6) 27,5

(5)

Ainsi, rien n’est dit sur les contenus, la mise en œuvre des réformes (ST2S par exemple), le bilan des dernières réformes (STG par exemple).

Le collège ne fait l’objet d’aucune orientation spécifique. Mais il est invité à devenir plus inéga- litaire et ségrégatif en mettant en place à la fois des dispositifs d’excellencepour les meilleurs élèves (extension des classes bilangues en Sixième dans l’orientation n° 2, développement important des classes à horaires aménagés dans l’orientation n° 3), et des dispositifs qui favo- risent l’éviction du collège pour les élèves les plus en difficulté (orientation n° 4).

Rien n’est dit, non plus, sur la classe de Seconde pour la rentrée 2008, ni en matière d’effectifs ni en ce qui concerne son organisation. C’est pourtant une classe difficile et aux enjeux forts pour les élèves, et c’est la classe la plus chargée du système (75 % de classes de 30 élèves et plus dans l’enseignement public dont 18 % à 35 élèves et plus ; données 2006-2007 MEN). Elle va prendre de plein fouet les suppressions de postes (au prétexte d’une légère baisse démographique), pour ce qui est des effectifs comme pour les choix possibles d’options. On peut être d’autant plus inquiet sur les conditions de sa réforme, annoncée par le ministre pour la rentrée 2009.

Il est rappelé dans la circulaire que 80 % des « jeunes » doivent atteindre le niveau du baccalauréat et 50 % obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur. Il s’agit là des pourcentages avancés dans la loi sur l’éducation de 2005, mais aucune proposition nouvelle n’est faite pour y parvenir, alors qu’actuellement le nombre de diplômés du supérieur peine à dépasser les 40 % (13 % de bac +2 et 28 % de bac +3 et plus) pour une classe d’âge.

La liste des annexes, dont le rôle est de rappeler les références des textes réglementaires utiles, ne contient pas les textes concernant les conditions précises de mise en œuvre des enseigne- ments à la rentrée 2008.

Dans les établissements, la définition des services doit se faire sur les mêmes bases que pour la rentrée 2007 : le rétablissement des décrets de 1950, suite à la lutte de la profession tout au long de l’année 2006-2007, avait été accompagné de l’assurance ministérielle d’appliquer tous les principes qui avaient présidé aux préparations des rentrées précédentes (première chaire, heure de vaisselle, heure de labos, heures de chorale, refus réglementaire de plus d’une heure supplémentaire...).

Le Courrier de S1 n° 8 de janvier 2008 (https://www.snes.edu/private/s1/IMG/pdf_CS1_

N_8_PDF_BD.pdf) rappelle toutes les dispositions réglementaires. Roland Hubert Publiée au BOn° 15 du 10/04/2008, la circulaire de rentrée n’a fait l’objet d’aucune concertation. Totalement inscrite dans les choix idéologiques du désengagement de l’État et de la réduction des dépenses publiques, elle rompt avec l’équilibre habituel entre orientations politiques et recommandations pratiques en passant totalement sous silence le deuxième aspect.

Elle se contente de décliner dix priorités, sans référence aux financements et sans recommandation pour les réaliser.

Les établissements sont donc invités à s’affranchir de la réglementation en vigueur, en matière de statut ou d’obligations réglementaires, pour faire avec les moyens dont ils disposent dans le contexte de suppressions massives d’emplois.

Par ailleurs, certaines orientations relèvent de l’effet d’affichage.

Circulaire de rentrée 2008

Texte officiel et

commentaires du SNES

Les dix priorités

La présente circulaire de préparation de la rentrée scolaire 2008 est structurée autour de dix grandes orientations prioritaires:

scolariser les élèves handicapés ;

clarifier les objectifs de l’école primaire. Mieux apprécier les résultats des élèves ;

développer l’éducation artistique et culturelle ;

découvrir les métiers et les formations pour mieux s’orienter ;

assurer l’égale dignité des différentes voies de formation en rénovant la voie professionnelle ;

améliorer l’efficacité de l’éducation prioritaire pour plus d’équité scolaire ;

assouplir la carte scolaire

pour renforcer l’égalité des chances ;

généraliser l’accompagnement éducatif ;

lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie ;

développer l’ouverture à l’Europe dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne.

Tout est dit !

Le dialogue de gestion et de performance entre l’administration centrale et les recteurs, dont le format et le contenu ont été renouvelés en 2007, permettra d’aborder l’ensemble des points évoqués ci-dessus, aussi bien du point de vue de l’efficacité que de la mobilisation des moyens.

Il est donc indispensable que des outils de suivi et de pilotage des différents dispositifs soient mis en place afin que le ministre puisse rendre compte au Parlement des réformes qu’il a initiées.

De manière plus générale, l’effort de maîtrise des dépenses publiques doit se traduire par des choix qui, à tous les niveaux, doivent reposer sur des critères d’évaluation les plus objectifs possibles.

INTRODUCTION DE LA CIRCULAIRE

CONCLUSION DE LA CIRCULAIRE

Ont participé à la réalisation de ce document : Bruno Auer, Mireille Breton, Sandrine Charrier, Monique Daune, Roland Hubert, Catherine Remermier et Thierry Reygades

(6)

Scolariser les élèves handicapés

S’il est louable de rappeler le droit à la scolarisation des élèves handicapés, il ne suffit pas d’énoncer cinq « actions fortes » non financées pour que la qualité de la scolarisation de ces élèves à besoins particuliers soit garantie.

Le paragraphe ne dit rien de la réalité et de la manière dont se passe la scola- risation des jeunes handicapés :

• nomination de PE référents néotitulaires car il n’y a pas de volontaires ;

• absence d’AVS ;

• absence de SESSAD correspondant pour prendre en charge la partie soins.

Le déploiement des enseignants référents

Il n’y a là rien de contraignant : nous continuons d’exiger que le nombre d’en- seignants référents ne soit pas laissé à l’appréciation des IA et recteurs, en fonction de leur bonne volonté ou de leurs moyens disponibles, mais précisé dans une grille nationale pour qu’il soit vraiment partout à la hauteur des besoins.

Un accompagnement de qualité

Simple effet d’affichage ! On sait déjà que le nombre d’AVS est très inférieur aux besoins.

La couverture de tout le territoire par des UPI

Là encore, il n’y a rien de contraignant ! Cela relève une fois de plus d’un effet d’affichage.

C’est le seul objectif chiffré (fixé par la loi Fillon) pour cette première orien- tation. Mais, cette année encore, il ne pourra être atteint que par redéploie- ment des moyens.

D’autre part, il ne suffit pas de vouloir « informer » les enseignants, il faut leur donner du temps car les réunions sont nombreuses et le travail de prise en charge très lourd. Il faut aussi en profiter pour exiger que les conséquences des objectifs de la loi de 2005 soient pris en compte pour permettre des décharges horaires et des créations de postes de CO-Psy indispensables si l’on veut créer les conditions pour que les enseignants puissent s’impliquer.

En outre, multiplier le nombre d’UPI sans prévoir tous les moyens nécessaires pour que l’intégration ne tourne pas au cauchemar pour les collègues et pour les jeunes est contre-productif.

Quidde l’insertion professionnelle des jeunes handicapés après tout ça ? Que font les entreprises ?

Clarifier les objectifs de l’école primaire Mieux apprécier les résultats des élèves

2.1. Des mesures nouvelles pour l’école primaire

Les nouveaux programmes de primaire sont dénoncés par les enseignants, les parents d’élèves et nombre de chercheurs... La phrase « lisibles et compréhensibles par tous... » est démagogique, écrite pour les nostal- giques du « apprendre à lire et à compter ». La réaffirmation de la liberté péda- gogique s’accompagne de celle d’évaluer les maîtres en fonction des progrès des élèves.

L’évaluation diagnostique nationale en Sixième, dont la suppression avait été annoncée sans concertation dans la circulaire de rentrée 2007, est donc main- tenue une année de plus. Curieusement, on l’apprend dans un paragraphe qui concerne l’école élémentaire ! En fait, on maintient une évaluation diagnostique au début du collège parce que l’évaluation bilan en fin de premier degré n’est pas prête. Pourtant les deux types d’évaluation ont des objectifs pédagogiques différents.

2.2. Assurer la continuité école-collège

Le livret de connaissances et de compétences n’entrera finalement pas en vigueur dans les collèges à la rentrée 2008. Pour l’école primaire, les choses semblent également retardées puisqu’on nous annonce un « livret scolaire national » seulement élaboré dans le courant de l’année 2008-09. Cela confirme ce qui nous est remonté du « terrain » qui l’a expérimenté : ce livret constitue une véritable usine à gaz !

2.

1. Scolariser les élèves

handicapés

Il s’agit d’abord de faire en sorte que le droit à la scola- risation des élèves handicapés soit garanti. Pour cela, tout doit être mis en œuvre pour réussir leur scolarisation et pour assurer la continuité de leurs parcours de formation.

On s’appuiera sur cinq actions fortes.

Un projet personnalisé de scolarisation pour chaque élève handicapé

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) qui organise la scolarité de l’enfant est une obligation pour tous les élèves handicapés. Un document, remis aux familles qui sont associées sans réserve à toutes les phases de l’éla- boration du projet, formalise les décisions relatives à la scolarisation de l’élève et prises par les instances de la

« maison départementale des personnes handicapées ».

Le déploiement des enseignants référents Il convient de prendre les mesures qui permettront d’ajus- ter au mieux le nombre d’emplois consacrés à cette fonction avec les besoins constatés.

Un accompagnement de qualité

La convention signée le 10 octobre 2007 par le ministre et les associations représentant les personnes handicapées doit prendre sa pleine mesure et permettre de développer les formations dont les auxiliaires de vie scolaire ont besoin.

Chacun d’entre eux doit se voir offrir une formation, qu’il s’agisse des personnels recrutés sur contrats d’assistants d’éducation ou de ceux recrutés sur contrats aidés.

Un effort croissant de formation des enseignants L’appui et l’aide pédagogique aux enseignants qui accueillent dans leur classe des élèves handicapés sont une priorité.

La couverture de tout le territoire par des UPI Pour atteindre le nombre total de 2000 UPI en 2010, le plan d’ouverture de 200 UPI par an est poursuivi. L’effort devra notamment porter sur les ouvertures d’UPI dans les lycées professionnels, dans le cadre d’une offre de for- mation concertée et cohérente.

Enfin, tous les parents d’élèves doivent avoir connais- sance du numéro de la plate-forme téléphonique « Aide handicap école » qui est pérennisée : 0810 55 55 00, courriel : [email protected].

Clarifier les objectifs de l’école primaire.

Mieux apprécier

les résultats des élèves

L’École doit se donner comme premier objectif la maî- trise par tous les élèves de la langue française, pivot de tous les apprentissages et condition de toute expression démocratique.

2.1. Des mesures nouvelles pour l’école primaire Recentrer l’école sur les fondamentaux et donner plus de responsabilité aux maîtres par de nouveaux programmes

Dès la rentrée, de nouveaux programmes pour les écoles maternelles et élémentaires entrent en application. Recentrés sur les objectifs fondamentaux, ils font nettement apparaître les contenus à enseigner et fixent ce qui est attendu des élèves à la fin de chaque cycle. Le langage en maternelle, le français et les mathématiques en élémentaire font l’ob- jet de progressions annuelles. Afin de garantir une bonne arti- culation entre les objectifs visés en fin de grande section et ceux du cours préparatoire, la maîtrise de la langue française et le développement d’attitudes propices aux apprentissages sont les axes essentiels de l’école maternelle.

Lisibles et compréhensibles par tous, ces programmes facilitent le dialogue entre les parents et les enseignants.

Les nouveaux programmes sont respectueux de la liberté pédagogique que la loi garantit aux enseignants dans le cadre du projet d’école. Cette liberté réaffirmée va de pair

2.

1.

COMMENTAIRES DU SNES

(7)

La poursuite du plan de rénovation de l’enseignement des langues vivantes

Pour le ministère, l’apprentissage des LV doit commencer de plus en plus tôt. Plusieurs problèmes demeurent dans l’enseignement des LV en primaire : son objectif ainsi que la formation et l’accompagnement des professeurs des écoles qui doivent être renforcés pour améliorer l’effica- cité du dispositif. Rien n’est proposé pour assurer la diversité de l’offre linguistique en primaire, tout au contraire : comment éviter le « tout anglais » dans les écoles, et comment assurer la possibilité de poursuivre au collège une LV autre que l’anglais commencée à l’école ? Les Commis- sions académiques des langues vivantes (CALV), mises en place pour améliorer la diversité de l’offre linguistique, ne sont dans la plupart des cas que de simples chambres d’enregistrement !

L’idée des classes bilangues peut être séduisante. Mais on notera que le dispositif prévu a pour but de rassurer sur l’enseignement de l’anglais, pas d’aider à la diversification ! La circulaire de rentrée ne dit rien sur le nombre d’heures qui seront octroyées pour ce dispositif. Lors du Conseil des ministres du 20 février 2008, le ministre a déclaré que « L’enseignement des deux langues sera fixé à 5 heures hebdomadaires. » Autrement dit, une diminution horaire importante (actuellement les élèves de Sixième ont 4 heures de LV1 par semaine) !

Le ministère persiste dans sa volonté de faire enseigner les langues en groupes de compétences ! Nous attendons toujours un bilan national qui prouve l’efficacité de ce mode d’organisation en termes des résultats scolaires des élèves. D’autant que le 20 février, Xavier Darcos renforce la confusion entre « groupes de compétences » et « groupes de niveau » en déclarant au Conseil des ministres : parmi les « mesures qui seront prises afin de renforcer l’efficacité de l’apprentissage des langues : les élèves seront regroupés, pour l’enseignement des langues, en fonction de leur niveau ».

Or les travaux jusqu’ici effectués en contestent l’efficacité.

Sur le terrain, ces groupes sont souvent difficiles à mettre en place pour l’ad- ministration et pour les enseignants, et entraînent l’éclatement du groupe classe et une surcharge de travail.

Rien dans cette circulaire sur la validation du niveau A2 en LV alors que rien n’est réglé : formation des enseignants, modalités d’évaluation, articulation A2/B1 pour la LV1, statut de l’« attestation » figurant à la fin du livret de compétences... La demande de moratoire formulée par le SNES et soutenue par la vaste majorité des acteurs du terrain (vœu exprimé au CSE en mars 2008) reste plus que jamais d’actualité ! (Voir pétition sur le site du SNES.)

Développer l’éducation artistique et culturelle

L’enseignement de l’histoire des arts fait son apparition dans la circulaire de rentrée (rentrée 2008 pour l’école primaire et rentrée 2009 pour le collège).

Le texte se veut prudent sur la mise en œuvre au collège en évitant de parler des 50 % d’éducation musicale et d’arts plastiques dévolus à ces ensei- gnements d’après les annonces de Darcos, ou des 25 % en histoire géogra- phie. Quant à l’épreuve au brevet déjà annoncée par le ministre, elle devient la « perspective d’une épreuve au brevet ». La protestation du SNES et de l’ensemble de la profession à ce sujet aurait-elle un peu freiné les annonces ? Le développement des pratiques artistiques et culturelles

Affichant l’objectif « d’offrir au plus grand nombre la pratique d’un art », la circulaire prévoit de multiplier par quatre en cinq ans les classes à horaires aménagés, classes étendues aux domaines du théâtre et des arts plas- tiques. Si l’extension des classes CHAM à d’autres domaines que la musique et la danse peut être positive, prétendre réaliser cet objectif par le biais des CHAM n’est pas sérieux. Tout d’abord, le ministre semble ignorer que tous les élèves pratiquent actuellement deux arts au collège, de manière obliga- toire. De plus, les classes CHAM ne sont pas un modèle de démocratisation des arts : elles s’adressent plutôt à des établissements de centre ville (proxi- mité de conservatoires ou d’écoles de musique et de danse), à des élèves sans difficultés scolaires particulières , qui pratiquent déjà un art à l’extérieur de l’école, puisque les horaires des élèves sont aménagés pour leur permettre de suivre des cours au conservatoire ou dans une école de musique et de danse. Par ailleurs, quelles structures artistiques sont capables d’accueillir

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avec une responsabilité accrue car l’efficacité de l’école comme celle de ses maîtres ne se conçoit qu’au regard des progrès réalisés par les élèves.

Mesurer régulièrement les résultats des élèves par un nouveau dispositif d’évaluation

L’évaluation des progrès des élèves doit être régulière et précise. C’est pourquoi, de nouveaux protocoles nationaux d’évaluation en CE1 et en CM2 sont proposés aux maîtres. Ils permettent de dresser un bilan des acquis des élèves en CE1 et en CM2, premiers paliers du socle commun. Ils sont construits en référence aux connaissances et compétences fixées par les pro- grammes. Le résultat de ces évaluations sera commu- niqué aux familles qui pourront ainsi mieux suivre les progrès de leurs enfants.

Ces nouveaux protocoles nationaux d’évaluation étant mis en place durant l’année scolaire 2008-2009, les évaluations nationales en Sixième seront maintenues à la rentrée 2008.

Les résultats scolaires des élèves seront un élément essentiel du pilotage.

Aider par un dispositif efficace les élèves qui en ont le plus besoin

Les difficultés repérées par le professeur sont traitées dans le cadre de la classe. Si elles sont plus lourdes, elles don- nent lieu à une prise en charge spécifique, dans le cadre des programmes personnalisés de réussite éducative.

La modification des horaires de l’école primaire à 24 heures d’enseignement pour tous les élèves permet dès la rentrée scolaire de disposer de deux heures d’en- seignement par semaine pour aider les enfants qui en ont le plus besoin. L’aide est effectuée en très petits groupes, avec le cas échéant la mise en place d’un programme per- sonnalisé de réussite éducative.

Il conviendra de se référer à la circulaire d’organisation de ces aides personnalisées.

Dans cette même perspective, les maîtres proposeront aux parents des élèves de cours moyen qui éprouvent des dif- ficultés en français et en mathématiques des stages de remise à niveau de 15 à 30 heures pendant les périodes de vacances scolaires.

2.2. Assurer la continuité école-collège

Une évaluation des connaissances et compétences des élèves tout au long de la scolarité obligatoire L’expérimentation du livret de connaissances et de com- pétences conduite au cours de l’année scolaire 2007- 2008, sera suivie par l’élaboration d’un livret scolaire national dans le courant de l’année scolaire 2008-2009.

Ce livret permettra aux élèves et aux parents de suivre les progrès constatés dans l’acquisition des connais- sances et des compétences composant le socle commun.

La poursuite du plan de rénovation de l’enseignement des langues vivantes

L’enseignement des langues vivantes à l’école primaire doit continuer à s’étendre au CE1 et commencer, lorsque c’est possible, dès le CP. La mise en œuvre de cet enseignement implique une continuité avec le collège.

Actuellement, les classes bilangues contribuent à répondre à cet objectif. Elles ont notamment permis aux élèves qui ne pouvaient bénéficier d’un enseignement d’anglais à l’école primaire de commencer cette langue dès la classe de sixième. Leur extension sera poursuivie.

Afin de renforcer l’efficacité de l’apprentissage des langues, l’enseignement sera, dans la mesure du possible, dispensé en groupes de compétences.

Pour les langues étrangères (allemand, anglais, arabe, chi- nois, espagnol, hébreu, italien, portugais et russe), le programme du palier 2 entre en application en classe de quatrième.

Pour les langues régionales (basque, breton, catalan, corse, occitan-langue d’oc, langues régionales d’Alsace et des pays mosellans), les programmes de l’école pri- maire et du palier 1 du collège entrent en application.

COMMENTAIRES DU SNES

RENTRÉE 2008 - LE BO

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Développer l’éducation artistique et culturelle

L’introduction d’un enseignement de l’histoire des arts L’histoire des arts est intégrée dans les programmes de l’école primaire applicables à la rentrée 2008 et dans les nouveaux programmes du collège applicables à la rentrée 2009.

L’enseignement d’histoire des arts porte sur l’ensemble du champ artistique et culturel. Il a pour objectif l’acquisition par les élèves de repères historiques et méthodologiques indispensables à la compréhension des œuvres, et prend appui sur le contact direct avec celles-ci. Les corps d’ins- pection veilleront à la mise en place effective de cet ensei- gnement, dans toutes les écoles primaires. Les plans académiques de formation prévoiront des actions de for- mation en s’appuyant sur le programme d’histoire des arts ainsi que sur la perspective d’une épreuve au diplôme national du brevet, à compter de sa session 2010.

Le développement des pratiques artistiques et culturelles, le développement des partenariats Parallèlement à l’enseignement d’histoire des arts, les pra- tiques artistiques doivent être renforcées dans un objec- tif de généralisation à l’ensemble des cycles de formation et des champs artistiques et culturels. Afin d’offrir au plus grand nombre la possibilité d’approfondir la pratique d’un art, le nombre de classes à horaires aménagés sera multiplié par quatre en cinq ans et étendu aux domaines du théâtre et des arts plastiques, conformément aux objectifs qui ont été fixés à chaque académie.

En complément des enseignements artistiques inscrits dans le temps scolaire, la pratique artistique et culturelle sera proposée dans tous les établissements concer- nés par l’accompagnement éducatif. La pratique artis- tique et culturelle est également encouragée dans le cadre des dispositifs existants : classes à projet artistique et culturel, ateliers de pratique artistique, ateliers scien- tifiques et techniques, pratique vocale et chorale, « École, collège et lycéens au cinéma », etc. Chaque école, chaque collège et chaque lycée doivent s’engager dans un partenariat avec des structures culturelles et des col- lectivités territoriales pour définir les objectifs à atteindre et les moyens permettant de généraliser l’éducation artistique et culturelle.

À la rentrée 2009, les projets d’établissement du second degré intégreront un volet culturel concernant tous les élèves et élaboré en concertation avec les institutions culturelles et les collectivités territoriales.

Du collège au lycée, découvrir les métiers et les formations pour mieux s’orienter

Le service public de l’orientation s’inscrit dans des objectifs de politique publique clairement affirmés : tout jeune doit atteindre au moins une certification de niveau V, 80 % le niveau du baccalauréat et 50 % obte- nir un diplôme de l’enseignement supérieur. L’année 2008-2009 devra marquer une avancée significative pour la parité filles-garçons dans les séries scienti- fiques et techniques du baccalauréat, prévue à l’horizon 2010. Enfin, 5 % des meilleurs élèves de chaque lycée pourront rejoindre, s’ils le souhaitent, une classe pré- paratoire, un grand établissement ou une université technologique. La prochaine Présidence française de l’Union européenne, au second semestre 2008, a retenu la question de l’orientation comme axe stratégique dans le domaine de l’éducation.

Au collège, l’orientation de chacun se prépare dorénavant par le parcours de découverte des métiers et des for- mations, à partir de la classe de 5ème, qui sera expéri- menté à la rentrée 2008 dans les collèges volontaires, avant d’être généralisé en 2009.

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des élèves en arts plastiques ou en théâtre dans des conditions analogues 3.

aux conservatoires ?

Il est rappelé que chaque école, collège, lycée doit s’engager « dans un partenariat avec des structures culturelles et des collectivités territoriales ».

Attention, les enseignants sont les garants de la validité du contenu péda- gogique du dispositif éventuellement mis en œuvre et ne doivent pas se laisser imposer des projets « clé en main » de plus en plus souvent proposés aux établissements (le versement de certaines subventions à ces structures est subordonné à leur implication dans un projet avec un établissement scolaire).

Concernant les projets d’établissement, rien de bien nouveau : depuis la rentrée 2005 (BO du 30 janvier 2005), un volet d’éducation artistique et culturelle doit être inscrit dans chaque projet d’école et d’établissement. Mais pour la rentrée 2008 ce volet artistique et culturel concerne tous les élèves.

C’est une mesure intéressante, mais dans le contexte de la généralisation de l’accompagnement éducatif à tous les collèges, le risque est grand d’un amal- game entre les dispositifs de pratiques artistiques qui existent déjà, prolon- geant les enseignements, relevant du temps scolaire, assurés par des professeurs (chorales, ateliers, classes à PAC, etc.) et d’éventuels disposi- tifs d’accompagnement éducatif relevant du hors temps scolaire et pouvant être assurés par des intervenants extérieurs, des associations. Il faudra être vigilants et exiger un volet d’éducation artistique et culturelle des établissements distinct des éventuels dispositifs de pratiques artistiques de l’accompagnement éducatif. Pour le SNES, il faut exiger qu’il y ait une rubrique spécifique « accompagnement éducatif », en dehors du volet d’édu- cation artistique et culturelle du projet d’établissement (voir ).

Du collège au lycée, découvrir les métiers et les formations pour mieux s’orienter

Le titre est fort contestable : ce n’est pas la découverte des métiers qui peut permettre aux élèves de mieux s’orienter, mais la mise en place des condi- tions de la réussite et du développement maximal des potentialités de chacun. Nous contestons la conception de l’orientation que sous-tend ce texte (vision simpliste et linéaire de la construction des projets des élèves, logique adéquationniste formation/emploi, risques réels de filiarisation à partir de la classe de Cinquième, absence quasi-totale des CO-Psy dans la circulaire, mythification des stages en entreprise). Pour le SNES, l’orientation des élèves et des étudiants reste de la responsabilité du service public d’orien- tation de l’EN constitué du réseau des CIO et des CO-Psy, et DCIO.

La circulaire demande qu’une « avancée significative » soit réalisée en 2008- 2009 « pour la parité filles-garçons dans les séries scientifiques et techniques du baccalauréat ». Cet objectif reste au niveau de la simple injonction, de l’af- fichage, car rien n’est suggéré pour avancer dans ce sens. Tout au contraire, les choix gouvernementaux en matière d’emploi, d’action sociale, de choix de société, etc., risquent de peser dans le sens inverse. Les filles sont 45 % en S, mais 8,6 % en STI, plus de 60 % en STG et 95 % en ST2S. Rien n’est dit sur la série L où la parité est pourtant mise à mal également : moins de 20 % de garçons. En l’absence de toute proposition concrète et alors qu’au- cune visibilité n’est donnée pour l’avenir des séries et en particulier de la série STI, ces affirmations risquent de rester lettre morte, voire d’être l’occasion d’orientations non désirées. Surtout lorsque l’on apprend que le gouverne- ment vient de faire voter au Parlement, dans un texte de loi destiné à lutter contre les discriminations, une disposition permettant « d’organiser les enseignements des élèves en fonction de leur sexe » sous prétexte d’une directive européenne.

Une meilleure connaissance de l’entreprise

On ne peut que contester le postulat selon lequel la connaissance de l’en- treprise serait nécessaire pour donner tout son sens à l’orientation :

• l’orientation est avant tout une projection dans l’avenir et une recherche d’identité avant de repérer la bonne entreprise dans laquelle on aurait furieu- sement envie d’aller travailler en priant pour qu’elle ne soit pas fermée ou délo- calisée ;

• l’orientation, c’est ensuite la projection dans une formation scolaire et/ou professionnelle ;

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8.

COMMENTAIRES DU SNES

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• qui sont ces « chargés de mission École-entreprise », nouveaux VRP des métiers ? Seront-ils chargés d’évaluer les actions des profs dans la décou- verte professionnelle par exemple ou de vérifier qu’ils présentent bien des métiers en Première ou Terminale ?

Nous avions fortement critiqué le projet de circulaire relatif au « parcours de découverte des métiers et des formations ». Une fois de plus, on nous annonce la généralisation d’un dispositif avant même que son « expéri- mentation » n’ait commencé, ce qui augure mal de la sincérité du bilan qui pourra en être tiré.

Un nouveau dispositif d’initiation aux métiers en alternance (DIMA) La circulaire fait rentrer par la fenêtre ce que nous avions réussi à faire sortir : l’apprentissage junior !

Ce nouveau dispositif (DIMA) ne fait l’objet, pour l’instant, d’aucun texte de cadrage national particulier. Entre ces dispositifs DIMA, les classes ou dispositifs d’alternance élaborés localement pour les élèves de 14 ans, et les Troisièmes d’insertion qui ont été maintenues malgré la création des Troi- sièmes à découverte professionnelle 6 heures, le nombre d’élèves qui échappent à la formation commune du collège risque de s’élever de façon considérable. Au moment où les LP sont invités à développer les bacs pros en trois ans, on peut craindre qu’ils ne soient pas très nombreux à se porter volontaires pour accueillir ces adolescents de 15 ans en grande difficulté. Les DIMA risquent donc d’être surtout implantés en CFA.

Des entretiens personnalisés

Les entretiens personnalisés représentent visiblement un moyen incontour- nable pour assurer l’orientation des élèves (Troisième, Première, Terminale, Seconde pro, Terminale pro, noter qu’on ne parle plus de BEP ni de CAP).

C’est même un axe essentiel de la refonte de la voie pro et de la lutte contre le décrochage. Il nous faut redire que le travail des professeurs prin- cipaux ne saurait remplacer celui des CO-Psy. L’attention des enseignants est en effet centrée sur les résultats scolaires au regard des souhaits formulés par l’élève et/ou sa famille. Les CO-Psy les prennent en compte mais ont un autre positionnement et sont capables de relier le développement psychologique de l’adolescent avec le projet qu’il énonce et son rapport aux études et à l’avenir. Nous ne saurions nous contenter d’un « en tant que de besoin » comme il était écrit dans la circulaire 2007.

Au lycée général et technologique

La présentation du travail sur l’orientation au lycée est là encore simplifiée à l’extrême (rien sur l’absence d’harmonisation entre les universités, sur les modalités de traitement des avis très différentes, ni sur l’absence de trans- parence quant aux critères choisis). Il faut dénoncer cette procédure qui ne présente que peu d’avantages par rapport aux effets négatifs observés (traitement inégalitaire des demandes, effets dissuasifs sur les jeunes de milieu populaire, renforcement de la hiérarchie des bacs, qualification très dispa- rate des gens qui formulent les avis, manque de temps ce qui génère des réponses automatiques).

Assurer l’égale dignité des différentes

voies de formation en rénovant la voie professionnelle Doubler le nombre de lycées des métiers labellisés

Non, le lycée des métiers ne permet pas une meilleure identification des établissements, au contraire, le label met systématiquement dans l’ombre une partie des formations dispensées dans l’établissement.

Il n’est pas fédérateur mais entraîne au contraire des conflits de par la mixité des publics dans les sections. Il est à l’opposé d’une démarche qualité puisque les critères sont flous et variables et les indicateurs inexis- tants. Pour le reste, c’est de la cuisine rectorale...

Développer l’expérimentation du baccalauréat professionnel en trois ans Cette mesure « essentielle de valorisation de l’enseignement professionnel » est contestée par tous : élèves, enseignants, certaines branches profes- sionnelles au sein des CPC. Le MEDEF lui-même déclare avoir un « avis réservé » (CIC 31 avril 2008).

L’égale dignité des voies ne passe pas par un allégement des temps de formation mais par une égale chance de réussite au diplôme : aujourd’hui, moins

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Une meilleure connaissance de l’entrepriseest néces- saire pour donner tout son sens à l’orientation des élèves et surtout pour favoriser leur insertion professionnelle. Les chargés de mission école-entreprise devront, en concer- tation avec les services académiques et les corps d’ins- pection, animer et coordonner les actions de partenariat entre l’école et les milieux professionnels, ainsi qu’éva- luer, mutualiser et valoriser ces actions.

Un nouveau dispositif d’initiation aux métiers en alternance(DIMA) sera mis en place. Complémentaire aux dispositifs en alternance offerts en collège aux élèves de Quatrième âgés d’au moins 14 ans, il permettra à des élèves de collège de découvrir un ou plusieurs métiers par une formation en alternance d’une année scolaire, tout en poursuivant l’acquisition du socle commun de connais- sances et de compétences. Ce dispositif pourra être ouvert dans les lycées professionnels ou dans les centres de formation d’apprentis et se substituer ainsi à l’ap- prentissage junior abrogé, et aux classes préparatoires à l’apprentissage. Il s’adressera à des élèves volontaires, à condition qu’ils soient âgés de 15 ans à la date d’entrée dans le dispositif.

Des entretiens personnalisés seront réalisés par les pro- fesseurs principaux, avec l’appui des conseillers d’orien- tation-psychologues, en classes de Troisième, de Première et de Terminale des LGT (le plus tôt possible dans l’an- née), ainsi qu’en lycée professionnel. La présence des parents sera systématiquement recherchée lors des entretiens personnalisés.

Au lycée général et technologique,le programme annuel ou pluriannuel d’information sur l’orientation com- portera un volet relatif à l’orientation active vers l’ensei- gnement supérieur. Il importe que l’accueil des nou- veaux bacheliers dans l’enseignement supérieur soit préparé par une action déterminée d’information, de conseil et d’orientation menée de façon concertée par les établissements d’enseignement supérieur et les lycées.

L’information donnée aux lycéens s’appuiera sur les sta- tistiques élaborées par les établissements d’enseignement supérieur concernant les indicateurs de réussite aux exa- mens et aux diplômes, de poursuite d’études et d’inser- tion professionnelle des étudiants.

Au lycée professionnel, les entretiens personnalisés prennent une dimension nouvelle dans la refonte en cours de la voie professionnelle. En première année, l’entretien personnalisé est un élément essentiel dans l’ac- tion collective et prioritaire contre le décrochage sco- laire et les sorties sans qualification. En terminale, il est l’occasion d’approfondir les connaissances sur l’offre spécifique des filières supérieures, notamment les condi- tions d’accès vers les sections de techniciens supérieurs.

Assurer l’égale dignité des différentes voies de formation en rénovant la voie professionnelle

Doubler le nombre de lycées des métiers labellisés Dans la mesure où l’attribution du label permet une meilleure identification des établissements comme lieu fédérateur des quatre voies d’accès à la certification, la démarche qualité de labellisation devra être résolu- ment relancée.

D’ici à trois ans, un total de 800 établissements sur le territoire national sera labellisé. Une synthèse des critères nationaux et des étapes de la procédure est consultable sur le site Éduscol. Chaque site académique consacrera une rubrique au lycée des métiers afin que les outils réalisés puissent être mis à disposition des autres académies et que les données académiques soient ren- dues accessibles au niveau national via le site Éduscol.

S’agissant de la publication de la liste des établisse- ments labellisés, il est rappelé que la publication a doré- navant lieu par année civile, en janvier de chaque année.

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RENTRÉE 2008 - LE BO

COMMENTAIRES DU SNES

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