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CAPES interne 2010 de Mathématiques CORRIGÉ

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(1)

CAPES interne 2010 de Mathématiques

CORRIGÉ

Martial LENZEN

[email protected]

. . . . Les mathématiques sont une gymnastique de l’esprit et une préparation à la philosophie−Isocrate

(2)

Problème 1

Ce problème a pour objet l’étude d’une courbe de Gauss et l’approximation d’une intégrale.

Toutes les fonctions considérées sont des fonctions de la variable réelle, à valeurs dans R.

Partie I - Inégalités des accroissements finis

Soient m et M deux nombres réels tels que m6M.

Soit I un intervalle de R (non vide et non réduit à un point) et g une fonction définie et dérivable sur l’intervalle I telle que, pour tout nombre réel x de l’intervalle I, on a :

m6g(x)6M.

On fixe un nombre réel a dans l’intervalle I et on introduit les fonctions ϕ et ψ définies sur l’intervalle I par :

ϕ(x)=g(x)g(a)m(xa), ψ(x)=g(x)g(a)M(xa).

I.1 Étudier le sens de variation des fonctions ϕ et ψ sur l’intervalle I.

Les fonctionsϕetψsont dérivables surI comme combinaisons linéaires de fonctions dérivables.

Ainsi, pour tout réelxdeI, on a

ϕ(x)=g(x)−m et ψ(x)=g(x)−M.

La double inégalitém 6g(x)6M implique alors à la fois queϕ(x)=g(x)−m>0 et ψ(x)= g(x)−M60 pour tout réelxde l’intervalleI, c’est-à-dire que la fonctionϕest croissante surI et la fonctionψest décroissante surI.

I.2 En déduire que, pour tous nombres réels a et b appartenant à l’intervalle I et tels que a6b, on a la double inégalité suivante :

m(ba)6g(b)g(a)6M(ba).

Lorsqueaetbsont deux nombres réels deItels queb>a, la question précédente permet d’affir- mer que

ϕ(b)>ϕ(a) (ϕcroissante)

⇔ 06ϕ(b)ϕ(a)

| {z }

=0

⇔ 06g(b)−g(a)−m(ba)

m(ba)6g(b)−g(a).

ψ(b)6ϕ(a) (ψdécroissante)

ψ(b)ψ(a)

| {z }

=0

60

g(b)−g(a)−M(b−a)60

g(b)−g(a)6M(b−a).

En combinant ces deux inégalités, on trouve la réponse attendue : m(ba)6g(b)−g(a)6M(b−a).

(3)

Partie II - Étude d’une fonction gaussienne et de sa courbe représen- tative

Soit f la fonction définie sur R par : f(x)=ex22.

II.1 Étudier la parité de la fonction f et son sens de variation sur l’intervalle [0 ;+∞[. Pour toutx∈ [0 ;+∞[, on a :

f(−x)=e(−2x)2 =ex22 =f(x) et f(x)= −|{z}x

60

ex22

|{z}

>0

60.

On en déduit que la fonction f est paire et qu’elle est décroissante sur l’intervalle [0 ;+∞[.

II.2 Dresser le tableau de variation de la fonction f sur R, en indiquant les limites de f en +∞ et en −∞.

Puisque lim

x→−∞x2

2 = lim

x→+∞x2

2 = −∞, on a que lim

x→−∞f(x)= lim

x→+∞f(x)=0.

De plus, la question précédente nous permet d’affirmer que f atteint son maximum enx=0, et celui-ci vaut f(1)=e0=1. Ces informations nous permettent alors de tracer le tableau de varia- tions de la fonction f surR:

x −∞ 0 +∞

1

f * HHHj

0 0

II.3 Étude de la fonction f

II.3.1 Montrer que f est solution de l’équation différentielle linéaire y+x y=0. On a :

f+x f = −xex22 +xex22 =0,

doncf est bien solution de l’équation différentielle linéairey+x y=0.

II.3.2 En déduire que la fonction f est dérivable sur R et que, pour tout nombre réel x, sa dérivée f′′ vérifie la relation suivante :

f′′(x)=(x21)f(x).

L’égalité précédente s’écrit aussi f(x)= −x f(x), ce qui permet de dire que la fonction fest dérivable surRen tant que produit de fonctions dérivables surR. Par conséquent, pour tout réelx, on a :

f′′(x)= −x f(x)+(−1)f(x)II.3.1= −x¡

x f(x)¢

f(x)=(x2−1)f(x).

(4)

II.3.3 En déduire le sens de variation de la fonction f sur l’intervalle [0 ;+∞[.

D’après le tableau de variations de la fonction f réalisé à la question II.2, on a f(x)>0 pour tout réelx. Faisons alors un tableau de signes et de variations :

x −∞ −1 1 +∞

x2−1 + 0 − 0 +

f + + +

f′′ + 0 − 0 +

f * HHHj *

II.4 Montrer que, pour tout nombre réel x tel que 06x61, on a : 16f′′(x)60.

Sur l’intervalle [0 ;1], la fonction f est décroissante (II.1). Par conséquent, 06x610<f(1)6 f(x)6 f(0)=1. Par ailleurs, la fonctionx7→x2−1 est croissante sur cet intervalle, d’où 06x6 1⇒ −16x2−160. On en déduit, par multiplication de cette dernière inégalité par un nombre positif non nul et plus petit que 1, que :

−16(x21)f(x)60, c’est-à-dire −16f′′(x)60.

II.5 Montrer que pour tous nombres réels a et b tels que 06a6b61, on a : f(b)(ba)6f(b)f(a)6f(a)(ba),

et que pour tous nombres réels a et b tels que 16a6b, on a : f(a)(ba)6f(b)f(a)6f(b)(ba).

Il suffit de reprendre les questions de la partie I. On considèreI=[a;b]⊂[0 ;1]. D’après la question II.3.3, la fonction fest décroissante sur [0 ;1] (donc sur I), donc xIa 6x6bf(b)6 f(x)6 f(a). D’après la question I.2 (que l’on pourrait appliquer pour tous nombres c et d de l’intervalleI, alors autant choisirc=aetd=btout de suite !), on a alors que

f(b)(b−a)6f(b)f(a)6f(a)(ba).

De la même manière,fest croissante sur l’intervalle [1 ;+∞[, d’où en prenantI=[a;b]⊂[1 ;+∞[, on auraxIa6x6b f(a)6f(x)6f(b). La même question I.2 permet alors de conclure que

f(a)(b−a)6f(b)−f(a)6f(b)(b−a).

Dans toute la suite du problème, on munit le plan euclidien d’un repère orthonormal (O;~ı,~), et on note Γ la courbe représentative de la fonction f dans ce repère.

(5)

II.6 Étude des tangentes à la courbe Γ

Soit a un nombre réel. On note Ta la tangente à la courbe Γ au point de coordonnées

¡a,f(a)¢ .

Pour tout nombre réel x, on note désormais u(x) l’ordonnée du point de Ta d’abscisse x.

II.6.1 Expliciter une expression de u(x).

Rappelons que, puisquef est dérivable, la tangenteTaà la courbeΓau point d’abscisseaest la droite d’équationy=f(a)(x−a)+f(a). D’où, avec les notations de l’énoncé,

u(x)=f(a)(x−a)+f(a)= −aea22(x−a)+ea22 =ea22(a2+1−ax).

II.6.2 On suppose ici que le nombre réel a appartient à l’intervalle ]0 ;1[. Démontrer que pour tout nombre réel x de l’intervalle [0 ;1], on a :

f(x)6u(x).

Interpréter graphiquement ce résultat.

Rappelons que dans la question II.5, on a vu que pour tous nombres réelsa et b tels que 06a6b61, on a :

f(b)(b−a)6f(b)f(a)6f(a)(ba).

La casx=aest trivial : en effet, dans ce cas, on a f(x)=u(x) et l’inégalité est donc vérifiée.

Soit alors un nombre réelx∈[0 ;1]. On a alors :

a6x

II.5f(x)(xa)6f(x)−f(a)6f(a)(x−a)

f(x)6f(a)(x−a)+f(a)

f(x)6u(x).

x6a

II.5f(a)(a−x)6f(a)−f(x)6f(x)(ax)

f(x)6f(a)(a−x)+f(a)

f(x)6f(a)(x−a)+f(a)

f(x)6u(x).

Dans tous les cas, l’inégalitéf(x)6u(x) est bien vérifiée.

Graphiquement, cela signifie que sur l’intervalle ]0 ;1[, la tangente à la courbe se trouve tou- jours au-dessus de la courbe.

II.6.3 On suppose ici que le nombre réel a appartient à l’intervalle ]1 ;+∞[. Démontrer que pour tout nombre réel x de l’intervalle [1 ;+∞[, on a :

f(x)>u(x).

Interpréter graphiquement ce résultat.

La casx=aest trivial : en effet, dans ce cas, on a f(x)=u(x) et l’inégalité est donc vérifiée.

Soit alors un nombre réelx∈[1 ;+∞[. On a alors :

(6)

a6x

II.5f(a)(x−a)6f(x)−f(a)6f(x)(xa)

f(x)>f(a)(x−a)+f(a)

f(x)>u(x).

x6a

II.5f(x)(ax)6f(a)−f(x)6f(a)(a−x)

f(x)>f(a)(a−x)+f(a)

f(x)>f(a)(x−a)+f(a)

f(x)>u(x).

Dans tous les cas, l’inégalitéf(x)>u(x) est bien vérifiée.

Graphiquement, cela signifie que sur l’intervalle ]1 ;+∞[, la tangente à la courbe se trouve toujours en-dessous de la courbe.

II.6.4 Déterminer le signe de f(x)u(x) selon les valeurs du nombre réel x dans le cas où a=1.

Interpréter le résultat graphiquement.

Lorsquea=1, la question II.5, qui autorise aussi le casa=1 pour ses deux doubles inégalités, permet de déduire (en l’utilisant respectivement comme dans la question II.6.2) que f(x)6 u(x) lorsquex6aet que f(x)>u(x) lorsquex>a.

Graphiquement, la tangente à la courbe au point d’abscisse 1 traverse la courbe : la tangente est au-dessus avant 1 et en-dessous après 1.

II.7 Étude des cordes de la courbe Γ

Soient a et b deux nombres réels tels que a<b. On note Da,b la droite passant par les points de coordonnées ¡a,f(a)¢

et ¡b,f(b)¢ .

Pour tout nombre réel x, on note désormais v(x) l’ordonnée du point deDa,b d’abscisse x.

II.7.1 Expliciter une expression de v(x).

Le coefficient directeur de cette droite est donné par le quotient f(b)−f(a)

ba .

On trouve alors facilement l’ordonnée à l’origine en résolvant une équation d’une seule in- connue (la droite passant par exemple par le point de coordonnées ¡

a,f(a)¢

). On trouve alors, avec les notations de l’énoncé, que :

v(x)= f(b)−f(a)

ba x+f(a)− f(b)−f(a)

ba a= f(b)−f(a)

ba (x−a)+f(a).

II.7.2 On suppose que les réels a et b vérifient 06a6b61.

(7)

II.7.2.1 Montrer qu’il existe un réel c appartenant à [a;b] tel que f(x)v(x)=0. La fonction f est continue sur [a ;b] et dérivable en particulier sur ]a ;b[. D’après le théorème des accroissements finis, il existe un nombre réelc strictement compris entre aetbtel que

f(c)= f(b)−f(a)

baf(c)−v(c)=0.

II.7.2.2 Démontrer que pour tout nombre réel x de l’intervalle [a;b], on a : f(x)>v(x).

Interpréter graphiquement ce résultat.

Le résultat de la question II.6.2 nous permet d’affirmer que f est une fonction concave sur [a;b]. Par propriété des fonctions concaves, on a directement que (et c’est l’interpré- tation graphique) la partie de courbe située entre les points d’abscissesaetbse trouve au-dessus de droite formée par ces deux points. Autrement dit, pour tout réel de l’inter- valle [a;b], on a :

f(x)>v(x).

II.7.2.3 Démontrer de façon analogue que, si les nombres réels a et b appartiennent à l’intervalle [1 ;+∞[, on a pour tout nombre réel x de l’intervalle [a;b] :

f(x)6v(x).

Interpréter graphiquement ce résultat.

On raisonne de manière exactement analogue à la question précédente, sauf que f est convexe au-delà du point d’abscisse 1.

II.8 Tracer, dans la plan muni d’un repère orthonormal d’unité graphique 5 cm, la courbe Γ ainsi que les tangentes T0, T1

2, T1, T2 et les droites D0,1 et D1,2.

~ı

~

O

Γ T0

T1 2

T1

T2 D0,1

D1,2

(8)

Dans toute la suite du problème, f désigne encore la fonction définie dans la partie II.

Le fait que f soit continue sur R justifie l’existence, pour tous nombres réels a et b, de l’intégrale Rabf(t)dt. On pose : A=R1

0 f(t)dt, c’est-à-dire : A=

Z1

0 et22dt.

Les trois parties III, IV et V suivantes proposent de déterminer des valeurs approchées de A.

Partie III - Table de la loi normale centrée réduite

On admettra que l’on définit un probabilité P sur R en posant, pour tout nombre réel x : P¡

]− ∞;x]¢

= 1 p

Zx

−∞

f(t)dt= 1

p lim

α→−∞

Zx α

f(t)dt. On pourra écrire en particulier :

]− ∞;+∞[¢

= 1 p

Z+∞

−∞

f(t)dt=1.

Cette probabilité P est celle de la loi normale centrée réduite.

III.1 Préciser la valeur de P¡]− ∞;0]¢ .

Nous avons déjà déterminé à la question II.1 que la fonctionf était paire. Par conséquent,R0

−∞f(t)dt= R+∞

0 f(t)dt. Il s’en suit que Z+∞

−∞

f(t)dt= Z0

−∞

f(t)dt+ Z+∞

0 f(t)dt=2 Z0

−∞

f(t)dt ⇔ Z0

−∞

f(t)dt=1 2

Z+∞

−∞

f(t)dt. Au final,

]− ∞;0]¢

= 1 p2π

Z0

−∞

f(t)dt=1 2

p1 2π

Z+∞

−∞

f(t)dt=1 2.

III.2 Exprimer A en fonction de P¡

]− ∞;1]¢ . On a :

A = Z1

0 f(t)dt= Z1

−∞

f(t)dt− Z0

−∞

f(t)dt

= p 2π

µ 1 p2π

Z1

−∞

f(t)dt− 1 p2π

Z0

−∞

f(t)dt

= p 2π³

]− ∞;1]¢

−P¡

]− ∞;0]¢´

= p 2π

µ P¡

]− ∞;1]¢

−1 2

¶ .

(9)

III.3 Dans une table de la loi normale centrée réduit, on lit : P¡

]− ∞;1]¢

0,8413 (arrondi au dix-millième).

En déduire une approximation de A à 10−3 près.

D’après la question précédente, et en utilisant la calculatrice, on trouve que : A≈p

2π(0,8413−0,5)≈0,85551.

Une approximation deAà 10−3près est doncA≈0,856.

Partie IV - Approximation par une somme d’aires de rectangles

Le but de cette partie est de déterminer un encadrement de A qui permette d’en fournir une valeur décimale approchée à 10−2 près.

On considère la suite (un)n∈N définie de la façon suivante :

pour tout entier naturel n strictement positif, un= 1 n

Xn k=1

f µk

n

.

IV.1 Soit n en entier naturel non nul.

IV.1.1 Démontrer que pour tout entier naturel k tel que 16k 6n, et pour tout nombre réel t de l’intervalle £k−1n ;kn¤

, on a : f

µk n

6f(t)6f

µk1 n

. L’inégalité 16k6nimplique que 06k−1

n 6k

n61. D’après la question II.2, la fonction f est décroissante sur [0 ;+∞[, donc en particulier sur [0 ;1]. Par conséquent :

t

·k−1 n ;k

n

¸

k−1

n 6t6k

nf

µk n

6f(t)6f

µk−1 n

¶ .

IV.1.2 En déduire que pour tout entier naturel k tel que 16k6n, on a : 1

n f µk

n

¶ 6

Znk

k−1 n

f(t)dt6 1 n f

µk1 n

.

La double inégalité précédente étant valable pour tout nombre réeltde l’intervalle£k1

n ;nk¤ , on peut intégrer cette double inégalité sur cet intervalle afin d’obtenir :

Zkn

k−1 n

f µk

n

¶ dt6

Zkn

k−1 n

f(t)dt6 Zkn

k−1 n

f µk−1

n

¶ dt

⇔ µk

nk−1 n

f

µk n

¶ 6

Zkn

k−1 n

f(t)dt6 µk

nk−1 n

f

µk−1 n

⇔ 1 n f

µk n

¶ 6

Zk

n k−1

n

f(t)dt6 1 n f

µk−1 n

¶ .

(10)

IV.2 Déduire de la question précédente que, pour tout entier naturel n non nul, on a les inégalités :

un6A6 1

n+un1 np

e.

La double inégalité précédente étant valable pour tout entierkcompris entre 1 etn, on a : 1

n f µk

n

¶ 6

Zkn

k−1 n

f(t)dt6 1 n f

µk−1 n

⇒ Xn k=1

1 n f

µk n

¶ 6

Xn k=1

Zk

n k−1

n

f(t)dt6 Xn k=1

1 n f

µk−1 n

Chasles

⇔ 1

n Xn k=1

f µk

n

¶ 6

Z1

0 f(t)dt6 1 n

nX1 k=0

f µk

n

un6A6 1 n Ã

f(0)−f(1)+ Xn k=1

f µk

n

¶!

un6A6 1 n µ

1− 1

pe+n un

un6A6 1

n+un− 1 npe.

IV.3.1 Déduire de la question précédente un encadrement de un, valable pour tout entier naturel n non nul.

Pour tout entier naturelnnon nul, la seconde inégalité de la réponse ci-dessus donne : A6 1

n+un− 1

npe ⇔ A−1 n+ 1

npe6un.

Combinée à la première inégalité de la réponse ci-dessus, nous obtenons l’encadrement suivant : A−1

n + 1

npe 6un6A A1 n µ

1− 1 pe

6un6A.

IV.3.2 Justifier que la suite (un)n∈N est convergente et préciser sa limite.

Posons, pour tout entier naturelnnon nul,vn=An1

³1−p1e

´etwn=A. On a alors :

vn+1vn = A− 1 n+1

µ 1− 1

pe

A+1 n µ

1− 1 pe

= µ

1− 1 pe

¶µ1 n− 1

n+1

= 1

n(n+1)

| {z }

>0

µ 1− 1

pe

| {z }

>0

>0.

La suite (vn)n∈Nest donc strictement croissante. De plus,wn+1wn=060, prouvant que la suite (wn)n∈N est décroissante. Enfin, la différence

wnvn=AA+1 n µ

1− 1 pe

= 1 n µ

1− 1 pe

(11)

converge clairement vers 0 lorsquen→ +∞.

Les deux suites (vn) et (wn) sont alors par définition adjacentes, et une propriété nous permet alors d’écrire qu’elle ont la même limite qui, grâce à l’expression de (wn), est sans nul douteA. Le passage à la limite dans la double inégalité de la question précédente permet alors de conclure :

n→+∞lim un6 lim

n→+∞un6 lim

n→+∞wnA6 lim

n→+∞un6A lim

n→+∞un=A.

IV.4 En utilisant les inégalités établies à la question IV.2, déterminer une valeur de n telle que un soit une valeur approchée par défaut de A à 10−2 près. (On ne demande pas de calculer ici cette valeur approchée.)

Pour obtenir une valeur approchée par défaut à 10−2près, il faut que les membres de gauche et de droite de la double inégalité de la question IV.2 soit séparés d’au plus 2 centièmes. Il s’agit donc de résoudre l’inéquation suivante :

1

n+un− 1

npe−un<10−2 ⇔ 1 n− 1

npe <10−2 ⇔ 1 n µ

1− 1 pe

| {z }

>0

<10−2

⇔ (0<)1

n < 102

1−p1en>

1−p1e

10−2 ≈39,34693404

n>40

Même si cela n’est pas demandé, précisons que l’on obtient dans ce cas l’encadrement 0,85067443466 A60,8605111682, permettant d’affirmer que

A≈0,85.

Partie V - Approximation par une somme d’aires de trapèzes

On se propose dans cette partie d’obtenir une autre valeur approchée de A, en utilisant des résultats établis dans la partie II.

Pour cela, on considérera les suites (vn)n∈N et (wn)n∈N définies par : pour tout n de N, vn= 1

2n f(0)+1 n

nX1 k=1

f µk

n

¶ + 1

2n f(1) et wn= 1 n

Xn k=1

f

µ2k1 2n

.

Soient a et b deux nombres réels de l’intervalle [0 ;1] tels que a<b.

V.1 Justifier que la partie de la courbe Γ située entre les droites verticales d’équation x=a et x=b est située en-dessous de Ta+b

2 et au-dessus de Da,b.

Puisque a etb sont deux nombres de l’intervalle [0 ;1], et que par conséquent, la demi-somme de aetbse trouve dans l’intervalle [0 ;1], la question II.6.2 nous permet d’écrire queΓse trouve au-dessus deTa+b

2 et la question II.7.2.2 permet de conclure cette question en affirmant queΓse trouve au-dessus deDa,b.

(12)

V.2 Démontrer la double inégalité suivante : (ba) f(a)+f(b)

2 6

Zb

a

f(t)dt6(ba)f

µa+b 2

. PuisqueΓest « comprise » entreDa,b etTa+b

2 , l’aire située sous la courbeΓsera comprise entre celle sous la droiteDa,b et celle sous la droiteTa+b

2 (ce que l’on entend paraire sous la courbeest en fait l’aire délimité par la courbe, l’axe des abscisses et les deux droites d’équations x =a et y =b). Rappelons que l’aire d’un trapèze de petite baseb, de grande baseB et de hauteurh est donnée par la formule

h B+b 2 . Par conséquent,

(b−a) f(a)+f(b)

2 6

Zb

a

f(t)dt.

Pour la deuxième inégalité, il faut savoir que l’aire sous la droiteTa+b

2 (donc celle d’un trapèze) peut être calculée comme l’aire du rectangle de largeurbaet de longueur f¡a+b

2

¢du fait que la tangente est prise au point dont l’abscisse est la demi-somme deaetb. Par conséquent,

Zb a

f(t)dt6(ba)f

µa+b 2

¶ . Nous obtenons ainsi la double inégalité demandée :

(b−a) f(a)+f(b)

2 6

Zb

a

f(t)dt6(ba)f

µa+b 2

¶ .

V.3 En déduire que pour tout entier naturel n non nul, on a : vn6A6wn.

La double inégalité précédente étant vraie pour tous nombresaetb de l’intervalle [0 ;1] tels que a<b, on peut l’appliquernfois sur les intervalles£k−1

n ;kn¤

pourk∈{1,...,n} : 1

n

f(0)+f(n1)

2 6

Z1n

0 f(t)dt 6 1 n f

Ã0+n1 2

!

1 n

f(n1)+f(n2)

2 6

Z2n

1 n

f(t)dt 6 1 n f

Ã1

n+n2 2

!

...

1 n

f(n−1n )+f(1)

2 6

Z1

n−1 n

f(t)dt 6 1 n f

Ãn−1

n +1 2

!

En additionnant membre à membre cesnégalités, on obtient finalement la double inégalité sui- vante :

1

2n f(0)+1 n

nX1 k=1

f µk

n

¶ + 1

2n f(1)6 Z1

0 f(t)dt6 1 n

Xn k=1

f

µ2k−1 2n

vn6A6wn.

(13)

V.4 Expliciter v3 et w3, puis donner une valeur décimale approchée à 103 près par défaut de v3 et une valeur décimale approchée à 103 près par excès de w3.

En déduire une valeur décimale approchée de A à 10−2 près.

D’une part, nous avons :

v3 = 1

6 f(0)+ X2 k=1

f µk

n

¶ +1

6 f(1)

= 1 3

µ1

2+e181 +e29+1 2e12

¶ . D’autre part,

w3 = 1 3

X3 k=1

f

µ2k−1 6

= 1 3

³

e721 +e18+e2572´ .

Une valeur décimale approchée par défaut à 103près dev3est donc 0,849 et une valeur appro- chée par excès à 10−3près dewnest alors 0,859. On en déduit alors une valeur décimale approchée de Aà 10−2près :A≈0,85.

V.5 Convergence des suites (vn)n∈N et (wn)n∈N

V.5.1 En intégrant par parties Rab+b

2 (tb)f′′(t)dt, montrer que : f(b)=f

µa+b 2

+(ba) 2 f

µa+b 2

− Zb

a+b 2

(tb)f′′(t)dt.

Posonsu(t)=tbetv(t)=f′′(t), de sorte queu(t)=1 etv(t)=f(t). Toutes ces fonctions sont de classeC1sur l’intervalle £a+b

2 ;b¤

(continues, dérivables et de dérivées continues).

On peut ainsi intégrer par parties : Zb

a+b 2

u(t)v(t)dt=£

u(t)v(t)¤b

a+b2 − Zb

a+b 2

u(t)v(t)dt

⇔ Zb

a+b 2

(t−b)f′′(t)dt=£

(t−b)f(t)¤b

a+b2 − Zb

a+b 2

f(t)dt

⇔ £ f(t)¤b

a+b2

(t−b)f(t)¤b

a+b2 − Zb

a+b2

(t−b)f′′(t)dt

f(b)−f µa+b

2

= − µa+b

2 −b

f

µa+b 2

− Zb

a+b2

(t−b)f′′(t)dt

f(b)=f

µa+b 2

+(b−a) 2 f

µa+b 2

− Zb

a+b2

(t−b)f′′(t)dt.

V.5.2 Montrer de même que : f(a)=f

µa+b 2

(ba) 2 f

µa+b 2

− Za+b2

a

(at)f′′(t)dt.

(14)

Posons maintenantu(t)=at, de sorte queu(t)= −1. Avec les fonctionsv etv définies ci-dessus, toutes ces fonctions sont de classeC1 sur l’intervalle£

a ;a+2b¤

. On peut ainsi à nouveau intégrer par parties :

Za+2b

a

u(t)v(t)dt=£

u(t)v(t)¤a+b2

a

Za+2b

a

u(t)v(t)dt

⇔ Za+b2

a

(a−t)f′′(t)dt=£

(a−t)f(t)¤a+2b

a

Za+b2

af(t)dt

⇔ £

f(t)¤a+b2

a

(a−t)f(t)¤a+b2

a − Za+b2

a

(a−t)f′′(t)dt

f(a)−f

µa+b 2

= µa+b

2 −b

f

µa+b 2

− Zb

a+b 2

(a−t)f′′(t)dt

f(a)=f

µa+b 2

−(b−a) 2 f

µa+b 2

− Za+2b

a (a−t)f′′(t)dt.

V.5.3 En utilisant II.4, justifier que l’on a :

• pour tout réel t de £a+2b ;b¤

, 06(tb)f′′(t)6(bt);

• pour tout réel t de £a;a+b2 ¤

, 06(at)f′′(t)6(ta).

Rappelons le résultat de la question II.4 : pour tout nombre réelxde l’intervalle [0 ;1], on a

−16f′′(x)60.

Soit alors un réelt de l’intervalle£a+b

2 ;b¤

⊂[0 ;1] (notons quet6bimpliquetb60). En appliquant cette double inégalité, on trouve :

−16f′′(t)60 (tb)>(tb)f′′(t)>0 06(tb)f′′(t)6(bt).

Soit maintenant un réeltde l’intervalle£

a;a+2b¤

⊂[0 ;1] (notons quea6timpliqueat60).

En appliquant cette double inégalité, on trouve :

−16f′′(t)60 ⇔ −(a−t)>(a−t)f′′(t)>0 ⇔ 06(a−t)f′′(t)6(t−a).

V.5.4 Déduire de V.5.1, V.5.2 et de V.5.3 que : 06f

µa+b 2

f(a)+f(b)

2 61

8(ba)2.

La question précédente permet d’écrire : 06

Zb

a+b2

(t−b)f′′(t)dt6 Zb

a+b2

(b−t)dt=b2 2 −b

µa+b 2

+(a+b)2 8 et

06 Za+b2

a

(a−t)f′′(t)dt6 Za+b2

a

(t−a)dt=(a+b)2

8 −a

µa+b 2

¶ +a2

2 .

(15)

On en déduit, après quelques calculs, que 06

Zb

a+b 2

(t−b)f′′(t)dt+ Za+2b

a (a−t)f′′(t)62(ab)

2

8 .

Les égalités des questions V.5.2 et V.5.3 additionnées membre à membre permettent alors de conclure :

f(a)+f(b)=2f

µa+b 2

− Za+b2

a

(a−t)f′′(t)dt− Zb

a+b2

(t−b)f′′(t)dt

f

µa+b 2

f(a)+f(b)

2 =1

2 ÃZa+b2

a

(a−t)f′′(t)dt+ Zb

a+b2

(t−b)f′′(t)dt

!

⇒ 06f

µa+b 2

f(a)+f(b)

2 6(ba)

2

8 .

V.5.5 Montrer que, pour tout entier naturel n non nul : 06wnvn6 1 8n2. On utilise les travaux de recherche effectués à la question V.3 pour déterminer que :

wnvn = 1 n

Xn k=1

f

µ2k−1 2n

− 1

2n f(0)−1 n

n−1X

k=1

f µk

n

− 1 2n f(1)

V.3= 1 n f

Ã0+n1 2

!

− 1 n

f(0)+f(n1)

2 + ··· + 1 n f

Ãn−1

n +1 2

!

−1 n

f(n−1n )+f(1)

2 .

Puisque la double inégalité de la question précédente est valable pour tous nombres réels a etbcompris entre 0 et 1, et que tous les nk (pourk∈{1,...,n}) sont des nombres compris entre 0 et 1, on peut alors écrire : pour toutk∈{1,...,n},

06 1 n f

Ãk−1

n +kn 2

!

−1 n

f(k−1n )+f(kn)

2 6 1

8n µk

nk−1 n

2

= 1 8n3.

Par addition de ces doubles inégalités pour tous lesk∈{1,...,n}, on trouve finalement que 06 1

n f Ã0+n1

2

!

−1 n

f(0)+f(n1)

2 + ··· + 1 n f

Ãn−1

n +1 2

!

−1 n

f(n−1n )+f(1)

2 6n 1

8n3

⇔ 06wnvn6 1 8n2.

V.5.6 En utilisant V.3 et V.5.5, justifier que l’on a, pour tout entier naturel n non nul : 06Avn6 1

8n2 et 06wnA6 1 8n2. En déduire que les suites (vn)n∈N et (wn)n∈N convergent vers A.

(16)

Pour tout entier naturelnnon nul, la question V.3 nous affirme quevn6A6wn. À partir de là,

vn6A6wn

⇔ 06Avn6wnvn

V.5.5

⇒ 06Avn6 1 8n2,

vn6A6wn

vnwn6Awn60

⇔ 06wnA6wnvn

V.5.5

⇒ 06wnA6 1 8n2.

Le théorème des gendarmes permet alors de conclure que AvnetwnA convergent vers 0, c’est-à-dire

n→+∞lim vn= lim

n→+∞wn=A.

V.6 Estimation plus fine de l’erreur commise par défaut

V.6.1 En intégrant par parties Rab(ta)(tb)f′′(t)dt, montrer que : Zb

a

f(t)dt= f(a)+f(b)

2 (ba)+1 2

Zb

a

(ta)(tb)f′′(t)dt.

Posonsu(t)=(t−a)(tb) etv(t)= f′′(t), de sorte queu(t)=2t−(a+b) et v(t)= f(t).

Ces fonctions étant toutes de classeC1sur l’intervalle [a;b], nous pouvons procéder à une intégration par parties :

Zb

a

(t−a)(tb)f′′(t)dt = £

(t−a)(tb)f(t)¤b

| {z a}

=0

− Zb

a

¡2t−(a+b)¢

f(t)dt

= −2 Zb

a

t f(t)dt+(a+b) Zb

a

f(t)dt

= −2 µ£

t f(t)¤b

a− Zb

a

f(t)dt

+(a+b)£ f(t)¤b

a

= −2¡

b f(b)−a f(a)¢ +2

Zb

a

f(t)dt+(a+b)¡

f(b)−f(a)¢ . L’avant-dernière égalité a été obtenu avec une nouvelle intégration par parties en posant u(t)=tetv(t)=f(t), de sorte queu(t)=1 etv(t)=f(t), en sachant que ces quatre fonc- tions sont de classeC1sur l’intervalle [a;b].

L’égalité précédente s’écrit alors : Zb

a

f(t)dt = ¡

b f(b)−a f(a)¢

−1

2(a+b)¡

f(a)+f(b)¢ +1

2 Zb

a

(t−a)(t−b)f′′(t)dt

= 1 2

¡b f(b)−a f(a)−b f(b)+b f(a)¢ +1

2 Zb

a

(t−a)(tb)f′′(t)dt Zb

a

f(t)dt = f(a)+f(b)

2 (b−a)+1 2

Zb

a

(t−a)(tb)f′′(t)dt.

(17)

V.6.2 En utilisant II.4, justifier que pour tout réel t de [a;b] : 06(ta)(tb)f′′(t)6(ta)(bt).

Rappelons la résultat de la question II.4 : pour tout nombre réelxcompris entre 0 et 1, on a

−16f′′(x)60. Ainsi, pour tout nombre réelt∈[a;b]⊂[0 ;1], on a :

−16f′′(t)60

ta>0

⇒ −(t−a)6(ta)f′′(t)60

t−b60

⇒ 06(ta)(tb)f′′(t)6(ta)(tb)

⇔ 06(ta)(tb)f′′(t)6(ta)(bt).

V.6.3 En utilisant V.6.1, déduire que : 06

Zb

a

f(t)dt−f(a)+f(b)

2 (ba)6 1

12(ba)3.

On a :

Zb

a

f(t)dt− f(a)+f(b)

2 (b−a)V.6.1= 1 2

Zb

a

(t−a)(tb)f′′(t)dt

V.6.2

⇒ 06 Zb

a

f(t)dt− f(a)+f(b)

2 (b−a)61 2

Zb a

(t−a)(bt)dt

⇔ 06 Zb

a

f(t)dt− f(a)+f(b)

2 (b−a)61 2

·

t3

3 +(b+a)t2 2 −ab t

¸b a

⇔ 06 Zb

a

f(t)dt− f(a)+f(b)

2 (b−a)61 2

µa3b3

3 +(b+a)b2a2

2 −ab(ba)

⇔ 06 Zb

a

f(t)dt− f(a)+f(b)

2 (b−a)61 2

µb3 6 −a3

6 −ab2 2 +a2b

2

⇔ 06 Zb

a

f(t)dt− f(a)+f(b)

2 (b−a)61 2

µb3−3b2a+3ba2a3 6

=(b−a)3 12 .

V.6.4 Montrer que, pour tout entier naturel n strictement positif : 06Avn6 1 12n2. Nous utilisons à nouveau le raisonnement effectué dans la question V.3 :

Avn = Z1

0 f(t)dt− Ã 1

2n f(0)+

n−1X

k=1

f µk

n

¶ + 1

2n f(1)

!

= Xn k=1

"Zkn

k−1 n

f(t)dt− 1 2n f

µk−1 n

− 1 2n f

µk n

¶#

= Xn k=1

"Zk

n k−1

n

f(t)dt− f¡k−1

n

¢+f¡k

n

¢ 2

µk

nk−1 n

¶#

V.6.3

6 Xn k=1

1 12

µk

nk−1 n

3

= 1 12

Xn k=1

1 n3= 1

12n2.

(18)

V.6.5 À partir de quelle valeur de n est-on sûr que vn soit une valeur approchée de A à 103 près ?

On sera sûr que vn soit une valeur approchée de A à 103 près lorsque les trois premiers chiffres après la virgule seront les mêmes, donc lorque

Avn610−4 ⇒ 1

12n2 610−4n2>10

4

12 ⇒ n>28,87 ⇒ n>29.

V.6.6 En notant p la valeur de n trouvée à la question précédente, déterminer une valeur approchée de vp à la précision de la calculatrice. Ce résultat est-il en accord avec l’approximation à 10−3 près de A obtenue à la partie III par lecture de la table de la loi normale centrée réduite ?

Posons doncp=29. Avec la précision de la calculatrice, on trouvev29≈0,8555642891. Par conséquent, une valeur approchée deA(donc dev29) à 103près est doncA≈0,856.

Ce résultat est ainsi en accord avec celui trouvé dans la partie III, puisqu’il s’agit du même.

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